Dimanche 25 Février 2018

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Articles de W.Q. Judge

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William Q. Judge (1851-1896) est l'un des trois principaux fondateurs de la Theosophical Society. Il assista Mme Blavatsky dans la rédaction d'Isis Dévoilée, et de La Doctrine Secrète. Il se révéla un collaborateur et disciple dévoué et indéfectible de Blavatsky. Organisateur et créateur inlassable, il fut l'instrument efficace pour répandre la Théosophie aux États-Unis ainsi que dans ld'autres pays anglophones.

Il rédigea de nombreux articles,et fonda les revues The Path et The Theosophical Forum. Les ouvrages les plus connus de lui sont les Échos de l'Orient, l'Océan de Théosophie (en 1893), deux grands classiques théosophiques. Un ensemble de ses lettres furent regroupées par sous le titre Les Lettres qui m'ont aidé.

On lui doit une édition de la Bhagavad-Gîtâ (1890) et une série d'articles parus dans The Path, publiés plus tard sous le titre de Notes sur la Bhagavad-Gîtâ. Il rédige en outre une traduction commentée des Aphorismes du Yoga de Patañjali (1889).

Son engagement théosophique fut sans faille et sa fidélité au programme initial, établi par Mme Blavatsky et ses Maîtres, fut déterminante à certaines périodes particulièrement critiques de l'histoire du mouvement.

Un grand nombre d'articles de Judge sont accéssibles en ligne.

La Bhagavad-Gîtâ ou chant céleste La philosophie de la vie - Sélections

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Sélections choisies de La Bhagavad-Gîtâ

Chapitre 2

« Tu te lamentes pour des êtres sur lesquels il ne faudrait pas se lamenter et tes sentiments sont ceux des commentateurs de la lettre de la Loi. Les sages versés dans les choses spirituelles ne se lamentent ni sur les morts, ni sur les vivants. Jamais il ne fut un temps où moi, ni toi, ni tous ces princes de la Terre, cessâmes d'exister ; et nous ne pourrons jamais cesser d'exister dans l'avenir. Ainsi que le Seigneur de cette dépouille mortelle y éprouve tour à tour l'enfance, la jeunesse et la vieillesse, de même les éprouver a-t-il dans les incarnations futures. Celui qui est convaincu de cette vérité ne peut jamais être troublé, quoi qu'il lui arrive. Les sens, se dirigeant vers les objets qui leur sont appropriés, sont les producteurs de la chaleur et du froid, du plaisir et de la douleur — effets qui se manifestent et disparaissent, et sont brefs et changeants. Supporte-les, ô fils de Bharata ! Car le sage qui n'en est point dérangé, et qui endure d'une âme égale les joies et les douleurs, est prêt pour l'immortalité. Il ne peut y avoir d'existence pour ce qui n'existe pas, ni de non-existence pour ce qui existe. La caractéristique ultime de ces deux modalités est perçue par ceux qui voient la vérité et qui pénètrent les principes des choses. Sache que ce qui fit naître toute chose est incorruptible, et que nul ne peut détruire CELA, l'Inépuisable. Il est dit que ces corps limités, enveloppant les âmes qui les habitent, sont à Lui, l'éternel, indestructible et insondable Esprit qui séjourne dans les corps. C'est pourquoi, ô Arjuna, résous-toi au combat. L'homme qui croit que c'est cet Esprit qui tue, et celui qui pense qu'il peut être détruit, sont également dans l'erreur, car il ne tue pas et ne peut être tué. Il ne s'agit pas ici de quelque chose dont un homme puisse dire : " Cela a été, cela va être, ou cela sera plus tard " ; car l'Esprit est sans naissance et n'encourt pas la mort ; il est ancien, constant et éternel, et il n'est point abattu quand sa dépouille mortelle est détruite. Comment l'homme qui croit l'Esprit incorruptible, éternel, inépuisable et sans naissance, pourrait-il penser qu'il puisse tuer ou être tué ? De même que l'homme se débarrasse de ses vêtements usés pour en revêtir de neufs, ainsi l'habitant du corps, ayant quitté ses vieilles enveloppes mortelles en prend d'autres qui sont neuves. L'épée ne peut le diviser, ni le feu le brûler, ni l'eau le corrompre, ni le vent le dessécher ; car il est indivisible, inconsumable, incorruptible et ne peut être desséché ; il est éternel, universel, permanent, immuable, invisible, inconcevable et inaltérable ; par conséquent, le sachant tel, tu ne devrais pas t'affliger. Mais, si tu crois qu'il est de naissance et de durée éternelles, ou bien qu'il meurt avec le corps, jamais cependant tu n'as le droit de le pleurer. La mort est certaine pour toutes les choses qui sont nées, et la renaissance est certaine pour tous les mortels ; par conséquent, il ne te sied guère de te lamenter sur l'inévitable. L'état prénatal des êtres est inconnu ; l'état intermédiaire est évident ; et on ne peut découvrir leur état après la mort. Y a-t-il là de quoi se lamenter ? Certains considèrent comme une chose miraculeuse l'esprit incarné, d'autres en parlent et d'autres en entendent parler avec étonnement ; mais aucun ne le réalise, même après en avoir entendu la description. Cet esprit ne peut jamais être détruit dans l'enveloppe mortelle qu'il habite, il est donc indigne de toi d'être troublé pour tous ces mortels » (versets 12 – 30).

Chapitre 3

« Rapportant tout acte à moi et concentrant ta méditation sur le Soi Supérieur, résous-toi à combattre, sans espoir, exempt d'égotisme et libéré de l'angoisse » (verset 30).

Chapitre 4

« Cherche cette sagesse en servant, par une puissante recherche, au moyen de questions et de l'humilité ; les sages qui voient la vérité te la communiqueront et, la connaissant, jamais, ô fils de Bharata, tu ne retomberas dans l'erreur. Par cette connaissance tu verras toutes choses et toutes créatures en toi-même d'abord et ensuite en moi. Même si tu étais le plus grand des pécheurs, tu parviendrais à traverser l'océan des péchés sur la barque de la connaissance spirituelle. Tel le feu naturel, ô Arjuna, réduit le bois en cendres, de même le feu de la connaissance réduit en cendres toutes les actions. Il n'existe ici-bas nul purificateur comparable à la connaissance spirituelle ; et celui qui est parfaitement consacré verra, dans le cours des temps, la connaissance spirituelle jaillir spontanément en lui. L'homme qui a discipliné ses sens et ses organes et possède la foi obtient la connaissance spirituelle et, l'ayant obtenue, ne tarde pas à atteindre à la suprême tranquillité » (versets 34 – 39).

Chapitre 5

« L'assimilation à l'Esprit Suprême est des deux côtés de la mort pour les hommes libérés du désir et de la colère, qui sont tempérés, dont les pensées sont soumises et qui connaissent le Soi véritable » (verset 26).

Chapitre 6

« Lorsque l'homme a renoncé à toute intention, lorsqu'il est exempt de tout attachement à l'action en rapport avec les objets des sens, il est considéré comme ayant atteint à la méditation. [5] Il doit élever le soi par le Soi, sans jamais souffrir l'avilissement du Soi ; car le Soi est l'ami du soi, et également le soi est son propre ennemi » (versets 4 – 5).
« L'homme qui possède la connaissance spirituelle et le discernement, qui se tient imperturbable sur la hauteur et a vaincu les sens, pour qui la pierre et l'or sont d'égale valeur, cet homme est considéré comme consacré ». (Verset 8).

Chapitre 7

« Je suis la vie dans toutes les créatures et, en ceux dont le mental est fixé sur l'Esprit, je suis la faculté de concentration. » (Verset 9).
« Lorsque, discipliné par la pratique du Yoga, en repos et percevant le Soi par le soi, il est satisfait ; lorsque, connaissant la béatitude illimitée qui est indépendante des objets des sens, il atteint l'état d'où rien ne peut le détacher de la réalité ; lorsqu'il a acquis ce qu'il considère comme supérieur à tout, et que, s'y trouvant établi, il ne peut en être délogé même par la plus grande souffrance » (Versets 20-21).

Chapitre 8

« Quiconque médite sur l'Omniscient qui est sans commencement, le Souverain Suprême, plus infime que l'atome, le Soutien de tout, à la forme incompréhensible, brillant comme le soleil au-delà des ténèbres, s'il médite ainsi, avec un mental inébranlable, en s'identifiant à la consécration, en concentrant le pouvoir de sa méditation à l'heure de la mort, ses forces vitales étant placées entre les sourcils, il atteint à ce Divin Esprit Suprême » (versets 9-10). 
« Celui qui ferme toutes les portes de ses sens, qui emprisonne son mental dans son cœur, qui concentre ses pouvoirs vitaux dans sa tête et, fermement fixé dans la méditation, [13] en répétant la monosyllabe OM, persiste ainsi au moment de quitter le corps, celui-là va au but suprême. » (Versets 12-14).

Chapitre 9

« À toi qui écoutes sans esprit de critique, je vais maintenant révéler la connaissance la plus mystérieuse, en lui associant un aspect de sa réalisation et, lorsque tu l'auras connue, tu seras délivré du mal. Cette connaissance est la science royale, le souverain mystère, le purificateur par excellence ; elle est clairement compréhensible, conforme à la loi sacrée, facile à mettre en pratique et inépuisable. Ceux qui ne croient pas à cette vérité, ô persécuteur de tes ennemis, ne me trouvent pas ; attachés à la roue de la renaissance, ils retournent dans ce monde, demeure de mort (versets 1-3).
« Je suis le père et la mère de cet univers, le procréateur originel et le préservateur ; je suis le Saint, l'objet de la connaissance, la syllabe mystique purificatrice OM, le Rig, le Sâman, le Yajur et tous les Veda. Je suis le but, le Consolateur, le Seigneur, le Témoin, le lieu de repos, l'asile et l'Ami ; je suis l'origine et la dissolution, le réceptacle, le dépôt et l'éternelle semence. Je produis la lumière, la chaleur et la pluie ; j'émets et absorbe tour à tour ; je suis la mort et l'immortalité ; je suis la cause invisible et l'effet visible. » (Versets 18-19). 
« Je suis le même pour toutes les créatures ; je ne connais ni haine, ni préférence ; mais ceux qui me servent avec amour demeurent en moi et moi en eux. » (Verset 29).

Chapitre 10

« Je suis l'Ego qui réside dans le cœur de tous les êtres ; je suis le commencement, le milieu et la fin de toutes les choses existantes » (verset 20).
« Je suis, ô Arjuna, la semence de toutes les choses existantes, et il n'y a rien, tant animé qu'inanimé, qui soit exempt de moi. Mes manifestations divines sont infinies, ô persécuteur de tes ennemis ; toutes celles que je viens de mentionner n'en sont que des exemples. Sache que toute créature permanente, favorisée du sort ou puissante, est issue également d'une fraction de mon énergie. Mais qu'as-tu à faire, ô Arjuna, de tant de connaissances ? J'ai établi cet univers entier avec une seule fraction de moi-même et je reste inchangé. » (Versets 39 à 42).

Chapitre 11

« Celui qui consacre toutes ses actions à moi seul, qui me considère comme le but suprême, qui est uniquement mon serviteur, détaché du fruit de l'action et sans inimitié envers quelque créature que ce soit, celui-là vient à moi, ô fils de Pându. » (Verset 55).

Chapitre 12

« Est cher à mon cœur celui de mes fidèles qui est sans inimitié, bienveillant envers toutes les créatures, miséricordieux, entièrement exempt d'orgueil et d'égoïsme, le même dans la souffrance et dans la joie, patient dans l'injustice, satisfait, d'un zèle constant, maître de soi, ferme dans ses résolutions et dont le cœur et la pensée sont fixés exclusivement sur moi. Est aussi mon bien-aimé celui qui n'inspire pas de crainte aux hommes et ne craint pas les hommes ; qui est affranchi de la joie, de l'abattement et de la crainte du mal. Celui d'entre mes fidèles qui ne vit pas dans l'attente de quelque chose, qui est pur, juste, impartial, sans peur et qui a renoncé à tout intérêt pour les résultats de l'action, celui-là est cher à mon cœur. Est digne aussi de mon amour celui qui ne se réjouit ni ne critique, qui ne se lamente ni ne convoite et qui, étant mon serviteur, a abandonné tout intérêt aux bons comme aux mauvais résultats. Est aussi mon serviteur bien-aimé celui qui est d'esprit égal envers l'ami et l'ennemi, le même dans l'honneur et l'opprobre, le froid et le chaud, le plaisir et la douleur et qui n'est pas préoccupé par l'aboutissement des choses ; pour qui le blâme et la louange sont identiques, qui mesure ses paroles, est satisfait quoi qu'il arrive, qui n'a pas d'habitation fixe et dont le cœur, tout à la dévotion, est fermement établi. Mais les plus chers d'entre mes fidèles sont ceux qui cherchent cette ambroisie sacrée — la religion de l'immortalité — telle que je viens de l'expliquer, ceux qui ont une foi ardente, qui aspirent à moi par-dessus tout et qui se sont identifiés à la consécration. » (Versets 13-20).

Chapitre 13

« Comme l'Akâsha au mouvement universel, grâce à sa subtilité, pénètre partout sans être modifié, ainsi l'Esprit, bien que présent dans tous les corps, n'est pas attaché à l'action et n'en est pas affecté. De même qu'un seul soleil illumine le monde entier, ainsi l'Esprit Unique illumine chaque corps, ô fils de Bharata. » (Versets 32-33).

Chapitre 15

« II y a deux espèces d'êtres dans le monde, l'une divisible, l'autre indivisible ; la divisible comprend toutes choses et toutes les créatures, l'indivisible est appelée Kûtastha — qui se tient imperturbable sur la hauteur. Mais il existe un autre esprit appelé l'Esprit Suprême — Paramâtma — qui pénètre et soutient les trois mondes ». (Versets 16-17).

Chapitre 18

« Il y a dans le cœur de chaque créature, ô Arjuna, le Maître — Îshvara — qui, par son pouvoir magique, cause la rotation de toutes les choses et de toutes les créatures sur la roue universelle du temps. Prends refuge en lui seul, ô fils de Bharata, et de toute ton âme ; par sa grâce tu obtiendras le bonheur suprême, le lieu éternel. Ainsi, je t'ai communiqué cette connaissance qui est un mystère plus secret que le secret lui-même ; approfondis-le avec ta raison ; agis comme il te semblera le mieux. Mais écoute encore les paroles suprêmes, les plus mystérieuses, que je vais maintenant te révéler pour ton bien parce que tu es mon bien-aimé. Place ton cœur en moi tel que je me suis révélé, sers-moi, ne sacrifie qu'à moi, ne t'incline que devant moi et tu viendras à moi ; je le jure car tu m'es cher. Abandonne toute autre religion et prends-moi comme seul refuge ; ne t'afflige pas, car je te délivrerai de tous les péchés. » (Versets 61-66).

Extraits de La Bhagavad-Gîtâ – Éd.. Textes Théosophiques.

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La Théosophie comme guide dans la vie

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Nous sommes dans une époque de bon sens, et chaque système de pensée ou chaque théorie doit donner la preuve de son utilité. On reproche fréquemment aux Églises, de fidéliser sur la base d’une simple croyance si peu profitable. Leurs multiples crédos ont évolué constamment au cours des siècles au grè des controverses théologiques ou du progrès de la science, et aujourd’hui elles se présentent en sectes divisées, chacune ayant un attirail de réponses bigotes sur tout. Une proportion, non des moindres, de ces sujets concerne des thèmes éloignés de la vie pratique, et vérifiables. Ces sujets concernent des questions comme le nombre et la nature des Êtres Divins, le caractère et la portée de la Volonté Divine, l’immuabilité de la vie future, les meilleures formes de sacrements ecclésiastiques, etc. – peu de preuves sont données, et s’ils sont démontrés, ils n’ont pas d’application pratique. De plus, qu’il y ait, un ou trois Dieux, prédestination ou pas, que les méchants soient condamnés à une peine éternelle ou temporaire, que le baptême soit efficace pour gagner le pardon, il est évident que toutes ces sectes n’ont pas fait de cette terre un lieu digne de recevoir l’influence divine ou de nous libérer des maux dont c’est pourtant leur rôle de nous délivrer. Les Églises sont assurément en échec dans leur rôle de propager la morale, combattre le mal, et régénérer la société. Hélas, pratiquement plus personne ne pense qu’elles puissent régénérer la société. La multiplication des petites sectes n’a rien fait pour enrayer cette dérive.
Les choses étant ainsi, il est évident qu’ajouter une nouvelle croyance ne changera rien. Le philanthrope et le croyant dévoué sont tous deux intéressés par le progrès humain, mais si une solution de progrès leur est présentée, ils rappellent qu’une simple croyance ne suffit pas. Ils disent, avec beaucoup de vérité, que nous n’avons pas besoin d’une nouvelle tribune ou Église, mais de quelque chose de nouveau et d’une impulsion fraîche. Si la Théosophie ne peut proposer de but meilleur que les sectes actuelles, si elle ne peut éveiller de meilleurs motifs, ni montrer des résultats plus palpables et probants, il est probable qu’elle sera rapidement rejetée. Mais, d’un autre côté, si elle offre une perspective meilleure et une impulsion plus stimulante, et si elle peut prouver son efficacité là où les solutions conventionnelles ont échouées, alors elle attirera l’attention. L’aspect doctrinal est secondaire, bien qu’il soit mieux, évidemment, qu’un système éthique reposent sur une base rationnelle.
Voyons si un système nouveau, tel que la « Théosophie », qui a récemment attiré l’attention de nos penseurs, possède les qualités requises pour se substituer aux religions présentes qui n’ont pas été capables de réformer l’humanité. La Théosophie peut-elle le faire ?

Premièrement – La Théosophie abolit la cause du mal et de la plupart des souffrances de la vie.
La cause du mal est dans l’attitude égoïsme. Chaque forme de malhonnêteté, violence, offense, fraude, incivilité, résulte du désir de satisfaire son but égoïste, au détriment du droit d’autrui. Toute agression vis-à-vis des autres, toute tentative pour s’approprier leur confort, biens, ou projets, tout efforts pour les rabaisser, écarter, ou humilier, montre qu’on veut en priorité satisfaire un projet personnel. C’est également vrai des vices personnels, de l’impiété et du mépris personnel à toute autorité divine. Ainsi la racine de tout le mal vis-à-vis du Divin, des autres hommes, ou nous-mêmes réside dans l’amour égoïste, un amour de soi si fort qu’il sacrifie tout pour satisfaire ses propres fins.
Cette complaisance à deux conséquences. Premièrement, les souffrances causées par la convoitise, la déception, la jalousie, et tous les causes et passions fortes qui affectent la pensée centrée sur son moi, et ne permettent pas l’expression des joies nobles et douces, qui sont le fruit de la bienveillance et de l’altruisme. Deuxièmement, les divers modes de punitions que la société est obligée de prendre, pour se protéger, des graves agressions – centres de travail, prisons, et gibets qu’aucun pays civilisé, ni église, n’exclutent. Et si nous tentons d’imaginer quelle serait une société universelle, où il n’y aurait plus d’égoïsme parmi les hommes, nous pensons à un pays sans tribunaux, prisons, ou policiers, sans spéculation, chicanerie, ou tromperie, et une communauté où aucun cœur ne convoiterait, où il n’y aurait ni artifice, tristesse et souffrance. La cause de la souffrance universelle serait éradiquée, et tarie à sa source.
Maintenant voici ce qu’enseigne la Théosophie. Sa doctrine cardinale est l’absolue égalité des droits de chaque homme et l’obligation universelle de les respecter. Si les biens de mon voisin – sur le plan affectif, matériel, bonheurs, et autres – sont à considérer tout autant que les miens, et si je le ressens, je ne convoiterais rien. Plus encore, si je ressens la nécessité d’une vraie fraternité parmi les hommes, et si je suis en accord avec la loi de sympathie qu’elle implique, si je réalise que le plus grand plaisir est de donner de l’amour plus que d’en recevoir, je ne serais plus un pacifique passif, mais un bienfaiteur actif. En d’autres mots, je serais un vrai philanthrope. Alors je serais pleinement heureux, car “celui qui donne sa vie, sera sauvé”. C’est une parole chrétienne ? Très bien ‒ c’est aussi la pure Théosophie !

Deuxièmement – La Théosophie affirme constamment cette vérité que tout acte bon ou mauvais recevra son dû.
La plupart des systèmes religieux affirment l’inverse. Ils promettent généralement l’absolution des péchés et une béatitude post-mortem acquise sans mérite. Mais si le salut peut s’obtenir sans mérite, et les devoirs délégués à d’autres, le chaos s’installe dans l’ordre moral du monde. En plus, les injustices criantes de la vie humaine, qui affligent tout cœur aimant et en blesse d’autres, sont incalculables. Toutes les inégalités, contradictions et instabilités autour de nous sont si fortes et sans solutions. Pourquoi le mal prospère et le bien s’appauvrit et ce mystère rester insondable. Une obscurité recouvre les plus grandes interrogations humaines.
La Théosophie éclaire d’un coup tous ces problèmes. Elle insiste sur le fait que les causes morales ne sont pas moins efficientes que les causes physiques, et qu’un effet, bon ou mauvais, sera la conséquence certaine de tout acte moral. Il n’y a pas d’échappatoire, ni perte, ni rien d’incertain. La loi est absolument immuable et infaillible. Chaque centime qui est dû devra être remboursé, par son débiteur. Pas nécessairement en une vie, mais quelque part et d’une certaine manière le long de la grande chaîne des incarnations jusqu’à ce que justice soit faite. Les effets de causes générées sur le plan moral peuvent devoir se dissiper dans des circonstances physiques.
Si l’absence d’égoïsme est à la base du renouveau social, Karma – tel est le nom de cette doctrine de justice – doit en être l’agent. Rien ne lui échappe – ni le bien, ni le mal, ne peuvent mourir sans laisser de trace. Le résultat d’une action est aussi certain que l’action elle-même. Comment cette philosophie ne serait-elle pas pratique puisqu’elle abolit tous les obstacles qui empêchent de comprendre la loi de causalité, et l’essence de tout son mode d’opératoire ?

Troisièmement – La Théosophie affirme que l’homme est le créateur de sa destinée.
Les croyances religieuses parlant « d’élus », de « prédestinés » et de « préscience » sont de plus en plus contestés ; comme le sont les théories semi-matérialistes basées sur la « chance », le « destin » et le « hasard ». Toute théorie qui évince l’idée de la responsabilité de chacun ou paralyse l’effort individuel est écartée. La Théosophie n’a rien de tout cela. Elle insiste sur le fait que nous ne sommes le résultat de nos choix passés, et qu’il n’y a pas de pouvoirs au-dessus ou en-dessous de nous qui puissent nous contrecarrer ou faire dévier, d’une destinée qui est entre nos mains. Nous pouvons saisir en pensée la beauté d’un futur où l’homme aura réalisé sa destinée divine, par une purification toujours plus grande de tout ce qui en lui est sensuel, égoïste, rapetissé. Dans cette perspective, nous pouvons affronter le combat nécessaire pour gagner ce but lointain. Ou bien, aveuglés par nous-mêmes, aspirant uniquement à ce qui est transitoire et matériel, nous restons attachés à nos joies présentes, insouciants des autres et de la loi karmique. Mais quel que soit l’idéal choisi, quel que soit l’effort, le résultat sera dû à nous-mêmes. Aucune Divinité ne favorisera un combattant pour qu’il gagne le Ciel, et aucun Démon ne précipitera l’égaré dans des souffrances prédestinées. Nous sommes le résultat de nos actions passées ; nous serons ce que nous aurons choisi d’être.
Venons-en au fait de la réincarnation. Une seule vie ne suffit pas pour assurer le plein développement de l’homme. Encore et encore il devra revenir sur terre, pour éveiller ses qualités, développer son expérience et acquérir la discipline, chaque parcours terrestre détermine la nature de que sera sa prochaine incarnation. Il en résulte deux choses : premièrement, notre condition présente résulte de ce que nous avons semé dans les vies passées, et deuxièmement, nos habitudes présentes déterminent ce que nous serons dans la vie suivante. Le pouvoir de développement est en nous-mêmes ; cultiver les idéaux, avancer volontairement et viser le but désiré. L’équité est que tout homme devienne ce qu’il désire être.
Parmi les nombreuses solutions émises depuis le passé pour améliorer la condition humaine, il n’y en a pas qui soit aussi rationnelle, juste, impartiale, élevée, motivante, que celle que propose la Théosophie. Il n’a plus de distinctions ni de conceptions artificielles. La racine de toutes les causes de séparation et d’inimitié – dues à l’égoïsme – est perçue et dénoncée. L’inflexibilité de la loi morale est vivement affirmée. Chacun doit atteindre le but par lui-même. Ainsi sont écartés tous les artifices et les controverses des théologiens, et on peut marcher le sentier du plus haut idéal spirituel. Si on comprend que rien ne peut se perdre, même du plus minime, dans le bilan des nombreuses incarnations successives, et que chacun reçoit le fruit de ses choix, on peut atteindre le but visé. La Théosophie permet ce qu’aucun autre système n’a encore fait ou ne peut faire à ce degré : solliciter la conscience morale, développer le sens moral, et purifier le motif moral. Elle est à la fois pratique et réaliste.

La Théosophie peut, alors, devenir un guide dans la vie. Quand le but est clair, et qu’on est convaincu que l’atteinte du but recherché dépend de nous-mêmes, la question de la qualité de chaque acte devient vite évidente. Est-ce qu’une action est égoïste, non fraternelle ou belliqueuse ? Si oui, elle n’est pas Théosophique. Conduit-elle à l’altruisme et au progrès spirituel ? Si oui, elle est Théosophique. Le test est simple et pas difficile, et s’il en est ainsi le but peut être atteint. Celui qui veut progresser à travers les arcanes de la vie n’a pas besoin d’un prêtre ou d’un intercesseur. Il doit rechercher la lumière de l’Esprit Divin toujours présente en lui-même, rester confiant en la possibilité de s’unir au Suprême et certain du résultat de ses efforts. Il sait qu’il est responsable de ses choix, et qu’il peut avancer en harmonie, espérance, joie, libre, et certain de la justice et du succès. Fortifié dans une foi de celui qui respecte la Nature et ses lois, il poursuit le chemin de la destinée que la Théosophie propose à chaque Homme.

Texte anonyme attribué par certains à W.Q. Judge, ou l'un de ses collaborateurs.

Texte publié dans le Theosophical Siftings de 1889-1890 (par Theosophical Publiishing Society à Londres)

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Notre soleil et le vrai soleil

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Sachant qu’on sait peu de choses sur le soleil de notre système solaire, on imagine bien combien on en sait encore moins du vrai soleil. Évidemment la science se moque du « vrai soleil » du mystique, car elle n’observe que celui qui brille dans le ciel. Ce dernier [nos savants] prétendent le connaître, car il se lève et se couche chaque jour et il peut être observé lors des éclipses, ou quand apparaissent des tâches à sa surface, et avec leur audace habituelle les astronomes du 19ème siècle, proclament de manière pédante leur ignorance sur ce globe majestueux, rejetant les idées anciennes sur le sujet dans les limbes d’une superstition sotte. Ce n’est pas auprès des écoles modernes que j’irais pour obtenir des informations sur ce sujet, car à mon avis, même si cela paraît prétentieux, ils savent réellement peu de choses sur le soleil ou la lune.

Les théories divergent pour savoir si le soleil rejette de la chaleur. (1) D’un côté on affirme qu’il en est ainsi ; d’un autre, on dit que la chaleur produite est une combinaison de forces émanant du soleil et d’éléments de la terre et de son environnement. C’est cette dernière hypothèse qui sembleraient vrai au mystique. Une autre différence d’opinion prévaut parmi les astronomes modernes quant’ à la distance de soleil par rapport à nous, laissant le pauvre mystique imaginer tout ce qu’il veut. Même sur le sujet des tâches sur notre grand luminaire, tout n’est aujourd’hui que conjecture. Il y a une hypothèse reconnue – et pas d‘autres – qu’il pourraient y avoir un rapport entre ces tâches et les perturbations électriques observées sur terre. Il y a quelques années Nasmyth découvrit (2) des « objets » (ou des changements) dans la photosphère [solaire] qu’il appela des « feuilles de saule », de 1000 miles [620 km] de long par 300 miles [186 km] de large, qui se déplacent sans cesse et apparaissent groupées. Que sont-elles ? Personne ne le sait ! La science ne peut pas nous en dire beaucoup plus que le simple mortel ayant une bonne vue et un bon télescope. Même silence pour savoir si ces « feuilles de saule » ont un rapport avec les tâches [solaires] ou avec les perturbations terrestres. En résumé, nos hommes de science savent peu de choses de notre soleil visible. Il y a des choses qu’ils devront trouver un jour, autres que l’influence des tâches solaires sur les perturbations électriques, c’est : la véritable signification des tâches solaires ; la signification de la couleur particulière du soleil qu’on observe parfois – comme ce fut le cas il y a quelques années et qu’on attribua à de la « poussière cosmique », par manque de meilleure explication, et couvrir une ignorance ; et quelques autres sujets intéressants.

Mais nous disons que le soleil qu’ils observent, n’est pas le vrai soleil, ni un soleil du tout, mais ce n’est qu’une apparence, une simple réflexion qui nous masque un aspect du vrai soleil. Et, bien entendu, nous avons le soutien d’astronomes modernes, qui ont commencé à admettre que tout notre système solaire tourne autour d’un centre plus lointain inconnu et si puissant qu’il attire non seulement notre globe solaire mais aussi tout son système [de planètes]. Mais ils ne savent pas si ce centre inconnu est un soleil, ou pas. Ils pensent que oui, mais ils affirmeront qu’il n’agit vis-à-vis de nous que comme un simple centre d’attraction. Ça ne pourrait être qu’un corps plus gros, ou un centre d’énergie plus puissant, plutôt qu’un soleil, et il est fort probable qu’il tourne lui-même autour d’un autre centre encore plus lointain et plus puissant. À ce sujet les télescopes modernes et les calculs sont vite dépassés, car on atteint très vite une limite dans le champ stellaire, où tout paraît immobile à cause des distances immenses, et aucune conclusion n’est possible. Tous ces globes éloignés sont peut-être en mouvement, mais on ne peut pas dire où est le véritable centre. Nos astronomes admettront que même les constellations du Zodiaque, immobiles depuis de longs âges, pourraient en vérité se mouvoir, mais, étant à des distances si grandes et impressionnantes, elles semblent immobiles.

Mon objet, cependant, est d’attirer l’attention sur la doctrine qu’il y a un vrai soleil dont le soleil visible n’est qu’une réflexion, et dans ce vrai soleil il y a une énergie spirituelle et une aide, à l’image de notre luminaire bien aimé qui est la source de notre vie physique et du mouvement [de notre planète]. Il est inutile de spéculer sur quelle pourrait être parmi les nombreuses étoiles dans le ciel celle qui serait le vrai soleil, car, à mon avis ce n’est aucune d’elles, car comme on l’a dit déjà, le centre physique d’attraction de ce système n’est lui-même qu’à un degré supérieur au nôtre, et il est le serviteur d’un centre plus lointain encore. Nous devons travailler par degrés successif, et il n’est pas en notre pouvoir d’esquiver un maillon de la chaine ascendante. Ainsi, notre soleil, est pour nous le symbole du vrai soleil qu’il reflète, et en méditant sur « la lumière la plus sublime du vrai soleil » nous pouvons obtenir de l’aide dans notre combat pour servir l’humanité. Notre soleil concerne le physique, et non la métaphysique, tandis que le vrai [soleil] brille en nous-mêmes. Le globe du jour garde et soutien l’économie animale ; le vrai soleil brille en nous, dans le tissu subtil de notre nature intérieure. Nous devrions diriger nos pensées vers ce vrai soleil et préparer le terrain intérieur à son influence, comme nous devons travailler le terrain extérieur pour recevoir les rayons vivifiants du Roi du Jour.

Marttanda (alias W.Q. Judge), 1890.

Notes:
(1) parmi les grands scientifiques tels que Newton, Secchi, Pouillet, Spaeren, Rosetti, et autres, il y a une différence considérable dans l’estimation de la température du soleil qui va de 794°C pour Pouillet, à 5.000.000° C pour Waterston, soit un écart de 4.999.206°C !
(2) Voir l’ouvrage Source of Heat in the Sun, de R. hunt, F.R.S. Pop. Sc. Rev. Vol. IV. P. 148.

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À propos de la réincarnation des animaux

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Traduction d'un extrait de l'article « Reincarnation of Animals » rédigé par W.Q. Judge et publié dans la revue The Path, avril 1894, sous le nom de plume « William Brehon ». N.B.― Dans le cours de ce texte, les notes et ajouts proposés par le traducteur pour la clarté de la lecture sont présentés entre crochets. Article publié dans le Cahier Théosophique n°170, éditions Textes Théosophiques.

Si nous envisageons la question à la lumière des théories théosophiques, nous voyons qu'il existe une grande différence entre l'homme et les animaux. L'homme se réincarne comme homme, parce qu'il a atteint le sommet de l'échelle évolutive actuelle. Il ne peut retourner en amère car Manas [Le principe pensant qui fait de l'homme un être responsable.] est trop développé. Il a un devachan [v. Note 1] parce qu'il est un penseur conscient. Les animaux ne peuvent avoir Manas aussi développé et c'est pourquoi ils ne peuvent être soi-conscients dans le sens où l'est l'homme. En dehors de tout cela, le règne animal étant inférieur, il possède encore l'impulsion de s'élever vers des formes supérieures. Mais nous avons l'affirmation bien nette de la part des Adeptes, par l'intermédiaire de H.P. Blavatsky, que, s'il est possible aux animaux de s'élever dans leur propre règne, ils ne peuvent plus, au cours de cette évolution, arriver au stade humain, car nous avons atteint le point médian, ou point tournant, de la quatrième Ronde [v. Note 2]. À ce sujet, H.P. Blavatsky a publié dans le second volume de la Secret Doctrine (première édition) une note au bas de la page 196, qui affirme : « Qualifier l'animal d'être 'sans âme', ce n'est pas priver une bête, de l'espèce la plus humble à la plus élevée, d'une 'âme', mais seulement d'une Âme-Ego consciente capable de survie, c'est-à-dire du principe qui survit à l'homme [terrestre] et se réincarne dans un autre homme. L'animal a un corps astral qui survit à la forme physique pour une courte période, cependant sa monade (animale) ne se réincarne pas dans la même espèce, mais dans une espèce supérieure, et naturellement n'a pas de 'devachan'. Il a en lui-même les germes de tous les principes humains, mais ils sont latents ».
Ici est faite la distinction décrite plus haut. Elle tient à l'Âme-Ego, c'est-à-dire à Manas avec Buddhi et Âtma [v. Note 3]. Ces principes étant latents dans l'animal, et, la porte du règne humain étant fermée, ils peuvent s'élever à des espèces supérieures, mais pas au stade de l'homme. Bien entendu, on ne veut pas dire ici qu’un chien, ou un autre animal, ne se réincarne jamais en tant que chien, mais que la monade a tendance à s'élever vers des espèces supérieures, quelles qu'elles soient, quand elle est allée au-delà de la nécessité de faire d'autres expériences en tant que 'chien'. Selon la position qu'assume l'auteur, il est naturel de supposer que la forme astrale de l'animal ne persiste pas longtemps, comme elle le dit, et par suite, que des manifestations astrales ou des apparitions d'animaux ne sont pas fréquentes. Et tel est bien le fait. J'ai entendu parler de peu de cas, mais vraiment peu, où un animal favori ait fait une apparition après sa mort, et même le champ fertile du spiritisme n'a que de rares exemples de ce genre. Mais ceux qui ont appris à connaître le monde astral savent que les êtres humains peuvent y revêtir la forme de l'animal ou de la chose à qui leur caractère les apparente étroitement ; et cette espèce d'apparition ne se limite pas aux morts : elle est plus courante parmi les vivants. C'est par de tels signes que les clairvoyants connaissent la vie et la pensée de la personne qu'ils ont devant eux. Ce fut sous l'action de cette loi que Swedenborg vit tant de choses curieuses de son temps.
L'objection qui se base sur le nombre immense d'animaux, morts et vivants, qui existent, et pour lesquels des monades à ce stade évolutif doivent être fournies, s'explique de la sorte. Bien qu'il soit affirmé qu'aucune nouvelle monade animale n'entre plus dans le règne humain, il n'est pas dit - et ce n'est pas sous-entendu- que l'entrée de monades nouvelles dans le règne animal ait cessé. Il se peut qu'elles proviennent d'autres mondes pour évoluer parmi les animaux de ce globe. Il n'y a rien d'impossible à cela, et cela nous donne une réponse à la question soulevée : d'où viennent les nouvelles monades animales, en supposant que toutes les monades actuelles aient épuisé le nombre total des espèces supérieures possibles ici ? Également, il se peut très bien que les monades animales soient entraînées vers d'autres branches de la chaîne terrestre en avance sur l'homme, dans le but de poursuivre leur développement nécessaire : ceci diminuerait le nombre de leurs apparitions sur terre. Car ce qui garde l'homme si longtemps ici c'est le pouvoir de sa pensée, qui est si grand qu'il crée pour tous un devachan d'environ quinze siècles, avec quelques exceptions et, pour certains qui désirent le 'ciel', un devachan d'une durée immense. Les animaux, toutefois, étant dépourvus d'un Manas développé, n'ont aucun devachan, et sont obligés de poursuivre leur marche en avant sur la planète suivante de la chaîne . Cela serait logique et utile, et leur donnerait la chance de se développer afin d'être prêts lorsque sonnera l'heure pour les monades de ce règne de s'élever au stade d'un nouveau règne humain. Elles n'auront rien perdu, mais, au contraire, y auront gagné.

William Brehon (W.Q. Judge)

Notes
(1) [État posthume subjectif de grande félicité où l'âme, libérée des contraintes terrestres, assimile le suc de ses aspirations spirituelles.]
(2) [Voir L'Océan de Théosophie, chap. III. L'évolution se déroule selon 7 grands cycles ou Rondes.]
(3) [Âtma et Buddhi, l'Esprit et son véhicule, ou Âme spirituelle, forment la monade vivant dans chaque être.]

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