Mardi 21 Août 2018

Mis à jour le Mar. 21 Août 2018 à 09:37

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Articles de W.Q. Judge

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William Q. Judge (1851-1896) est l'un des trois principaux fondateurs de la Theosophical Society. Il assista Mme Blavatsky dans la rédaction d'Isis Dévoilée, et de La Doctrine Secrète. Il se révéla un collaborateur et disciple dévoué et indéfectible de Blavatsky. Organisateur et créateur inlassable, il fut l'instrument efficace pour répandre la Théosophie aux États-Unis ainsi que dans ld'autres pays anglophones.

Il rédigea de nombreux articles,et fonda les revues The Path et The Theosophical Forum. Les ouvrages les plus connus de lui sont les Échos de l'Orient, l'Océan de Théosophie (en 1893), deux grands classiques théosophiques. Un ensemble de ses lettres furent regroupées par sous le titre Les Lettres qui m'ont aidé.

On lui doit une édition de la Bhagavad-Gîtâ (1890) et une série d'articles parus dans The Path, publiés plus tard sous le titre de Notes sur la Bhagavad-Gîtâ. Il rédige en outre une traduction commentée des Aphorismes du Yoga de Patañjali (1889).

Son engagement théosophique fut sans faille et sa fidélité au programme initial, établi par Mme Blavatsky et ses Maîtres, fut déterminante à certaines périodes particulièrement critiques de l'histoire du mouvement.

Un grand nombre d'articles de Judge sont accéssibles en ligne.

Élémentaux et karma

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L'Étudiant — Puis-je encore vous demander si les élémentaux sont des êtres ?
Le Sage — II est difficile de vous donner un aperçu de la constitution des élémentaux ; rigoureusement parlant ce ne sont pas des êtres puisque l'on a employé le terme élémentaux pour désigner une catégorie d'entre eux qui n'ont pas d'existence comparable à celle des mortels. Il serait préférable d'adopter les termes usités dans les livres indiens, tels que Gandharvas, Bhuts, Pisachas, Devas, etc. Beaucoup de choses connues à leur sujet ne peuvent être décrites dans le langage ordinaire.
L'Étudiant — Voulez-vous parler de leur capacité d'agir dans la quatrième dimension de l'espace ?
Le Sage — Oui, dans une certaine mesure. Par exemple, faire de multiples nœuds dans une corde tenue aux deux bouts — expérience courante dans les séances spirites. Cette opération est réalisable pour celui qui connaît plus de trois dimensions dans l'espace. Aucune personne soumise aux trois dimensions ne peut la réussir ; dans le sens que vous donnez au mot « matière » il vous est impossible de comprendre comment de tels nœuds peuvent être faits ou comment un anneau solide peut passer à travers la matière d'un autre anneau solide. Ce sont les élémentaux qui réalisent ces opérations.
L'Étudiant — Ces élémentaux appartiennent-ils tous à une seule catégorie ?
Le Sage — Non. Il y a des classes particulières à chaque plan et chaque division de plan dans la nature. Beaucoup d'entre elles ne peuvent jamais être perçues par les hommes. Celles qui appartiennent à un plan ne peuvent agir sur un autre. Rappelez-vous, pour mémoire, que ces « plans » dont il est question s'interpénètrent.
L'Étudiant — Dois-je comprendre qu'un clairvoyant ou un clairaudient a affaire, ou est influencé, par une classe spéciale ou plusieurs classes d'élémentaux ?
Le Sage — Oui. Un clairvoyant ne peut avoir que les visions appartenant en propre aux plans que son développement lui permet d'atteindre. Les élémentaux de ces plans ne lui montrent que les images appartenant a leurs seuls plans. D'autres éléments de l'idée ou de l'image peuvent être recélés dans des plans non encore accessibles au voyant. C'est pour cette raison que peu de clairvoyants connaissent la vérité dans son ensemble.
L'Étudiant — Y a-t-il quelque rapport entre le karma d'un homme et les élémentaux ?
Le Sage — Oui, il existe un rapport très important entre les deux. Le monde élémental est devenu un puissant facteur dans le karma de la race humaine.
Comme il est inconscient, automatique et sensible comme une pellicule photographique, il épouse exactement le caractère de la famille humaine. Nous pouvons postuler que, dans les tout premiers âges, alors que l'homme n'avait pas encore commencé à engendrer du mauvais karma, le monde élémental était bienveillant à son égard parce qu'il n'en avait pas encore reçu d'impressions hostiles. Mais dès que l'homme a commencé à devenir ignorant, malveillant envers lui-même et le reste de la création, le monde élémental a commencé également à se comporter comme l'humanité et à la payer de retour, pour ainsi dire, comme prix de ses actes ; de même lorsque vous harcelez un âne il se rebiffe ; de même lorsqu'on insulte ou qu'on s'irrite contre un être humain, il est enclin à répliquer de la même façon. Ainsi le monde élémental étant une force inconsciente se retourne et réagit contre l'humanité exactement comme l'humanité agit envers lui, que les actes de l'homme soient accomplis avec la connaissance ou non. Actuellement le monde élémental est donc arrivé à acquérir le caractère et l'activité qui résultent des actes, des pensées et des désirs de l'humanité depuis les tout premiers âges. Étant inconscient et n'agissant que selon les lois naturelles qui le gouvernent, le monde élémental est un facteur puissant dans l'action du Karma. Et tant que l'humanité n'entretiendra pas des sentiments de fraternité et d'amour envers toute la création, il manquera aux élémentaux l'impulsion nécessaire pour agir à notre profit Mais dès que les hommes commenceront à entretenir des sentiments de fraternité et d'amour, partout dans le monde, pour l'ensemble de la création, les élémentaux commenceront à adopter cette nouvelle condition.
L'Étudiant — Comment expliquer la production des phénomènes par les Adeptes ?
Le Sage — La production des phénomènes n'est pas possible sans l'aide des élémentaux et leur perturbation. Chaque phénomène entraîne une grande dépense de forces et une perturbation également dans le monde élémental, perturbation qui se situe au-delà de la limite naturelle de la vie humaine ordinaire. Dès que le phénomène est accompli, la perturbation provoquée commence à nécessiter une activité compensatrice. Il y a alors un mouvement de grande excitation des élémentaux qui se précipitent dans diverses directions. Ils ne peuvent pas affecter ceux qui sont protégés. Mais ils sont capables, ou plutôt il leur est possible, d'entrer dans la sphère de personnes non protégées et en particulier dans la sphère des personnes adonnées à l'étude de l'occultisme. Ils deviennent alors des facteurs de concentration de leur karma provoquant souvent des troubles, des désastres et bien d'autres difficultés qui autrement se seraient produits sur une plus longue période de temps et auraient été considérées comme les vicissitudes ordinaires de la vie. C'est ce qui explique qu'un Adepte ne produira aucun phénomène à moins qu'il n'en voit le désir exprimé dans le mental d'un autre Adepte d'un rang supérieur ou inférieur ou dans le mental d'un étudiant. Dans ce cas une relation sympathique s'établit entre eux ainsi que l'acceptation des conséquences qui en découleront. C'est aussi ce qui nous aide à comprendre pourquoi certaines personnes capables de produire des phénomènes éprouvent une répugnance singulière à le faire dans des circonstances où nous pensons que leur production serait utile. Nous comprenons également pourquoi on ne les produit jamais pour atteindre des buts égoïstes que le commun des mortels trouve parfois licites, comme de se procurer de l'argent, de déplacer des objets, d'influencer le mental d'autrui, etc.
L'Étudiant — Veuillez accepter mes remerciements pour votre enseignement.
Le Sage — Puissiez-vous atteindre le sommet de l'illumination.

W.Q. Judge
Article publié en anglais en juin 1888, dans la revue The Path.
Cahier Théosophique n°77.

L’entourage

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Pour le mental occidental, les doctrines de Karma et de Réincarnation comportent des difficultés ; bien qu'elles paraissent imaginaires à l'étudiant oriental, elles n'en sont pas moins, pour l'occidental, aussi réelles que n'importe lequel des nombreux autres obstacles rencontrés sur le chemin du salut. Toutes les difficultés sont plus ou moins imaginaires car le monde entier et ses imbroglios sont, dit-on, une illusion résultant de la notion du moi séparé. Mais tant que nous existerons ici dans la matière et aussi longtemps qu'il y aura un univers manifesté, ces illusions seront réelles pour l'homme qui ne s'est pas élevé au-dessus d'elles pour percevoir qu'elles ne sont que des masques cachant la réalité.

Pendant près de vingt siècles, les nations occidentales ont édifié la notion du moi séparé, du meum et tuum, et il leur est difficile d'accepter un système allant à rencontre de ces notions.

Au fur et à mesure qu'elles progressent dans ce qui s'appelle la civilisation matérielle, avec toutes ses tentations fascinantes et son apport de luxe, leur erreur s'aggrave car elles évaluent leur doctrine d'après les résultats qui semblent en découler, si bien qu'en fin de compte, elles poussent si loin ce qu'elles appellent le règne de la loi, que celui-ci devient un règne de terreur. Tout devoir envers le prochain en est pratiquement exclu, bien que les belles doctrines de Jésus soient prêchées quotidiennement par des prédicateurs payés pour les prêcher et non pour les faire mettre en pratique et qui ne peuvent pas insister sur la pratique qui devrait suivre logiquement la théorie car ils perdraient ainsi leur position et leur gagne-pain.

Aussi, lorsque dans une telle nation un homme sort des rangs et appelle à l'aide pour retrouver le sentier perdu, inconsciemment il est profondément affecté par sa propre éducation et aussi par celle qu'a subie sa nation depuis des siècles. Il a hérité de tendances qui sont difficiles à dominer. Il combat des fantasmes réels pour lui, mais qui sont de simples rêves pour l'étudiant éduqué sous d'autres influences.

Donc, quand on lui dit qu'il doit s'élever au-dessus du corps pour le vaincre, subjuguer ses passions, sa vanité, sa colère et son ambition, il demande « qu'arrivera-t-il, si entraîné par l'entourage dans lequel je suis né sans le vouloir, je succombe ? ». Puis, si on lui dit qu'il doit vaincre ou mourir dans le combat, il répondra peut-être que la doctrine de Karma est froide et cruelle parce qu'elle le rend responsable de conséquences qui semblent être le résultat de cet entourage qu'il n'a pas souhaité. C'est donc pour lui une question de savoir s'il combattra et mourra, ou s'il se laissera porter par le courant, insouciant quant aux résultats, mais heureux s'il parvient par hasard dans des eaux tranquilles jusqu'aux rives élyséennes.

Ou bien s'agit-il d'un étudiant de l'occultisme dont l'ambition a été enflammée par la perspective de l'adeptat, des pouvoirs sur la nature, ou que sais-je encore !
Dès le début du combat, il se trouve assailli de difficultés qui, il en est convaincu, sont uniquement dues à son entourage. Dans son cœur il se dit que Karma l'a traité durement en l'obligeant à travailler constamment pour gagner sa vie et celle de sa famille, ou bien il s'est lié pour la vie à une compagne dont l'attitude est telle qu'il serait sûr de pouvoir progresser s'il était loin d'elle ; si bien qu'en fin de compte, il fait appel au ciel pour qu'il intervienne en sa faveur et change cet entourage si hostile à son perfectionnement.

Cet homme se trompe plus encore que le premier. Il a supposé à tort qu'il devait haïr et rejeter son entourage. Sans se l'avouer ouvertement, il nourrit, dans les replis cachés de son cœur, l'idée que semblable au Bouddha, il pourrait, en une vie, triompher de toutes les forces, de tous les pouvoirs implacables qui barrent la voie vers le Nirvana. Il faut se souvenir que le Bouddha ne paraît pas sur terre tous les jours, mais qu'il est l'efflorescence des âges, se manifeste à un endroit donné et dans un certain corps quand les temps sont mûrs, non pour travailler à son propre avancement, mais pour le salut du monde.

Que dire alors de l'entourage et de son pouvoir sur nous ?
L'entourage est-il Karma ou est-il la Réincarnation ? Karma, c'est LA LOI, la réincarnation n'est qu'un incident. C'est l'un des moyens qu'emploie la Loi pour nous conduire finalement à la vraie lumière. La roue des renaissances est tournée mainte et mainte fois par nous, par obéissance à cette Loi, afin de nous rendre finalement entièrement confiants en Karma. Notre entourage n'est pas Karma en lui-même car Karma est le pouvoir subtil qui agit dans cet entourage.

Rien n'existe que le SOI, pour employer le mot dans le sens où Max Müller en fait usage, désignant par-là l'Ame Suprême, et ce qui l'entoure. Les Aryens emploient pour désigner celui-ci, le mot Kosams ou enveloppes. De telle sorte qu'il n'y a que ce Soi et les diverses enveloppes dont il se revêt, à commencer par la plus subtile pour finir par le corps, tandis qu'à l'extérieur de cela, se trouve, commun à l'ensemble, ce qu'on appelle généralement l'entourage alors qu'en réalité ce mot devrait inclure tout ce qui n'est pas le Soi.

Combien il est peu philosophique alors de se débattre contre notre entourage et de souhaiter s'en échapper ! Nous échappons à un genre d'entourage pour retomber immédiatement dans un autre. Et en supposant même que nous soyons admis dans la compagnie des plus sages dévôts, nous transporterions encore notre entourage du Soi dans nos propres corps et celui-ci sera notre ennemi aussi longtemps que nous ne connaîtrons pas ce qu'il est dans ses moindres détails. Pour en revenir à la personnalité en question, il est évident que ce fragment de l'entourage comprenant les circonstances de la vie et le milieu personnel, n'est qu'un incident et que l'entourage réel que nous devons comprendre et considérer est celui dans lequel Karma lui-même réside en nous.

Nous voyons donc que c'est une erreur de dire, comme souvent nous l'entendons, « si seulement il avait plus de chance, si son entourage était plus favorable, il agirait mieux » puisque, en réalité, il ne pourrait se trouver en aucune autre circonstance à ce moment-là ; le serait-il que ce ne serait pas à proprement parler lui mais quelqu'un d'autre. Il doit être nécessaire pour lui de passer par ces épreuves-là et ces difficultés pour perfectionner le Soi ; et c'est parce que nous ne percevons qu'une partie infinitésimale de l'ensemble, qu'une apparente confusion ou une difficulté surgit. Nos efforts devraient donc viser, non à échapper à quoi que ce soit, mais à comprendre que ces Kosams ou enveloppes sont un fragment intégral de nous-mêmes que nous devons parfaitement comprendre avant de pouvoir changer l'entourage pour lequel nous ressentons de l'aversion. On y arrive en reconnaissant l'unité de l'esprit, en comprenant que tout, le bien comme le mal, est le Suprême. Nous nous harmonisons alors avec l'Ame Suprême, avec l'univers tout entier, et aucun entourage ne peut plus nous être nuisible.

Le pas initial consiste à s'élever au-dessus du seul entourage extérieur trompeur, sachant pertinemment qu'il est le résultat des vies passées, le fruit du Karma engendré, et à dire avec Uddalaka parlant à son fils :

« Tout cet Univers a la Déité comme vie,
Cette Déité est la vérité.
C'est l'äme Universelle.

Tu es Cela, Ô Svetaketu ! »

Article de W. Q. Judge.

Publié dans la revue The Path de février 1887, sous le pseudonyme « Hadjii Erinn ».
Cahier Théosophique n°100.

L'Hypnotisme

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Qu'est-ce que la force ou l'influence hypnotique ? Qu'arrive-t-il réellement lors d'une expérience hypnotique ? Et qu'est-ce qu'elle prouve ? Quelle est la force mise en jeu qui, après avoir plongé un homme dans le sommeil, l’amène a un faux état de veille dans lequel il obéit à une suggestion, semble perdre son identité, devient apparemment une autre personne, parle une langue dont il n'a aucune connaissance et perçoit, comme si elles étaient réelles, des visions imaginaires ? Comment se fait-il que, dans cet état, son corps physique suive la suggestion de l'opérateur, et se couvre de cloques de brûlure par l'effet d'un bout de papier ne possédant aucun pouvoir vésicatoire, ou que le sujet éternue quand il n'a pas de réel chatouillement des nerfs olfactifs, qu'il frissonne au-dessus d'un poêle allumé et se mette à transpirer si on lui suggère qu'un bloc de glace est boule de feu ?

Toutes ces choses, et bien d'autres encore, ont été faites dans des expériences hypnotiques, exac-tement comme l'avaient fait il y a bien des années les mesmériseurs, les électro-biologistes et les fasci-nateurs errants de tout calibre. Cela se passait alors hors du giron de la science, mais maintenant, depuis que les médecins en ont rebaptisé une partie « hypnotisme », ces phénomènes ont leur place désignée parmi les branches de la psychologie théorique et appliquée. Bien entendu, les écoles nouvelles sont allées plus loin que ne le firent ou ne purent le faire les précédentes. Elles y ont ajouté une espèce de sorcellerie en se prétendant tout récemment capables d'extérioriser et de localiser la sensibilité nerveuse du sujet et, par suite, son impressionnabilité mentale et en la transférant sur sa photographie ou à l'intérieur d'un verre d'eau, de telle sorte que si on gratte la photographie ou touche le verre d'eau, le patient se mette à sursauter aussitôt ou à pousser un cri. C'est ainsi qu'on procédait jadis en fabriquant une figurine de cire à votre image et en y plantant des épingles pour vous faire dépérir et mourir ; autrefois, pour avoir fait cela, des hommes et des femmes furent brûlés vifs. Cette pratique, malgré son intérêt et l'importance qu'elle présente si elle est vraie, possède en fait d'intérêt celui d'un cauchemar en laissant entrevoir comment dans le proche avenir on pourra trouver en vente le portrait de quelqu'un pour permettre à un ennemi de lui faire subir des brûlures et de le poignarder, avec la condition préalable que la localisation extérieure de la sensibilité de la victime ait été réalisée. Mais les autres expériences soulèvent les grandes questions de l'identité, de la conscience, de l'âme et de la personnalité. Elles conduisent à se demander si le monde est physique et mécanique, comme Descartes le pensait, ou s'il est une réalité impermanente et une forme de conscience, existant en raison de la pensée et entièrement dominée par la pensée, comme les Théosophes modernes et anciens l'ont toujours soutenu.

Le Professeur James, de Harvard, a publié sa conclusion selon laquelle les expériences faites en hypnotisme le convainquent — comme elles en ont convaincu beaucoup — de l'existence du soi caché dans l'homme, tandis que les écoles françaises discutent pour savoir si tout est dû à une seule personnalité capable d'en imiter plusieurs ou à plusieurs personnalités enfermées en une seule personne et manifestant un aspect après l'autre. On enregistre des faits et on réalise des choses merveilleuses, mais les écoles modernes n'ont encore élaboré aucune explication raisonnable et définitive. Avec ici et là quelques exceptions, les chercheurs qui sont ignorants de la vraie nature de la constitution cachée de l'homme et de ses pouvoirs, ou nient leur existence, ne voient aucune raison de s'alarmer de ces expériences et aucun danger pour la société, pas plus que pour l'individu. Etant donné que ces écoles n'admet¬tent pas l'existence réelle d'une évolution des pouvoirs intérieurs de l'homme à la même cadence et dans le même temps que toute autre évolution raciale et planétaire, elles ne peuvent présager dans le futur une utilisation diabolique possible des pouvoirs hypnotiques. Cependant, le Théosophe suggère une explication de ces phénomènes, attire l'attention sur des événements semblables qui se sont produits tout au long de l'histoire, et annonce clairement un danger à venir, si le monde pensant ne réalise pas la vraie nature de l'homme en tant qu'un être fait de pensée et de conscience — pensée et conscience étant le cadre et la base de sa construction, mais étant capables de provoquer aussi sa destruction, du moins celle de sa personnalité. Le danger ne réside pas dans la connaissance de ces choses et des procédés employés, mais dans l'absence de moralité et d'éthique chez ceux qui les emploient et les appliquent, maintenant et dans l'avenir.

Une théorie pouvant servir à expliquer l'hypnose et à poursuivre la recherche hypnotique est à peu près la suivante. L'homme est une âme qui vit de pensées et perçoit uniquement des pensées. Tout objet ou tout sujet se présente à lui comme une pensée, quel que soit le canal ou l'instrument — organe sensoriel ou centre mental — par lequel elle se présente à lui. Ces pensées peuvent être des mots, des idées ou des images. L'homme-âme doit avoir un intermédiaire ou un moyen de connexion qui l'unisse avec la Nature, au moyen duquel et par lequel il puisse acquérir connaissance et expérience. Ce lien est un double éthéré, ou une contrepartie de son corps physique, dans lequel il demeure établi ; et, pour l'homme-âme, le corps physique représente la Nature. Dans ce double éthéré (appelé corps astral) se trouvent les organes des sens et les centres de perception, les organes physiques extérieurs étant seulement les canaux externes ou les moyens servant à concentrer les vibrations physiques de manière à les transmettre aux organes et centres astraux où l'âme les perçoit sous forme d'idées ou de pensées. Cet homme intérieur éthéré est fait de l'éther que la science admet maintenant comme une partie néces¬saire de la Nature, mais bien qu'éthérique il n'en est pas moins substantiel. Parlant en termes de physique, tout stimulus externe venant de la nature est transféré du dehors au dedans. Mais, de la même manière, des stimuli peuvent être envoyés du dedans au dehors et c’est de cette dernière façon que nos pensées et nos désirs nous poussent à agir. Des stimuli sont envoyés de l'homme astral, à l'intérieur, vers la périphérie — le corps physique — et ils peuvent dominer le corps au point de l'altérer ou de lui causer une lésion partielle ou totale. Des cas où les cheveux deviennent gris en une nuit sont ainsi possibles. De cette même façon, la suggestion d'une cloque par brûlure peut créer un gonflement de la peau, une sécrétion, une inflammation et une douleur chez un sujet qui s'est soumis à l'influence de l'hypnotiseur. L'image ou l'idée d'une cloque s'imprime sur le corps astral et elle agit sur tous les nerfs physiques, en provoquant sensations, courants et sécrétions. Ces effets se produisent par l'intermédiaire du plexus et des ganglions nerveux sympathiques. C'est ainsi que des hommes et des femmes fanatiques en extase, gardant sans cesse en pensée l'image qu'ils se faisaient des blessures de Jésus, produisirent sur leur propre corps, par impression interne et stimulus projeté à la surface, toutes les marques des blessures par la couronne d'épines et le coup de lance. C'était de l'auto-hypnotisation, possible seulement dans l’extase hystérique fanatique. Dans ces cas, il s'est produit que la concentration mentale continue a imprimé l'image profondément sur le corps astral, et que les molécules physiques, toujours changeantes ont été impressionnées de l'intérieur, avec comme résultat les stigmates. Dans l'hypnose commandée par un tiers, la seule différence est une différence de temps ; tout comme dans les exemples qui précèdent l'opérateur doit simplement créer l'image et l'imprimer sur le sujet, après avoir soumis ce dernier au processus hypnotique, tandis que dans l'auto-hypnotisation une extase vécue pendant des durées prolongées est nécessaire pour produire l'impression complète.

Quand il y a eu soumission au processus hypnotique — ou subjugation, comme je l'appellerais — une disjonction se produit entre l'homme-âme et le corps astral, lequel se trouve dés lors privé de volonté et devient le jouet de toutes suggestions susceptibles de s'introduire sans trouver d'opposition, et celles-ci peuvent surgir et surgissent effectivement parfois sans que l'opérateur y ait pensé et qu'il en, ait eu l'intention. C'est ainsi que l'on devient sensible à la suggestion. L'idée, la pensée ou l'image d’un acte est d'abord imprimée par suggestion dans le corps astral puis on réveille le patient : au moment fixé par celui qui en a donné la suggestion, un sommeil ou état hypnotique secondaire se produit automatiquement et, à ce moment, la disjonction entre l'âme et le corps astral survenant d'elle-même, l'acte suggéré est exécuté, à moins, que — comme cela arrive rarement — l'homme-âme résiste suffisamment pour l'empêcher. En conséquence, nous signalons un élément de danger dans le fait que, au moment suggéré, l'état hypnotique survient secondairement par association. Que je sache, les hypnotiseurs n'ont pas perçu ce point. On voit que bien que le sujet ne soit plus il sous hypnose, l'influence de l'opérateur une fois projetée sur lui ne le quittera pas jusqu'au jour de la mort de l'opérateur.

Mais comment se fait-il que le sujet puisse voir sur une carte vierge la représentation d'un objet simplement parce que vous avez voulu qu'elle y soit ? C'est parce que chaque pensée de tout homme crée une image ; et une pensée d’un objet déterminé crée une forme déterminée dans la lumière astrale où existe et fonctionne le corps astral lequel interpénètre également chaque partie du corps physique. L'image du dessin voulu sur la carte étant ainsi formée, elle reste dans la lumière ou sphère astrale entourant la carte, et se trouve là, objective au sens astral du sujet hypnotisé.

Lorsque corps, âme et homme astral sont en rapport convenable, nous avons un homme sain ; mais, si on l'hypnotise, le rapport est rompu, et nous avons une personne qui n'est pas à ce moment tout à fait équilibrée. Les fous délirants sont ceux chez qui la disjonction entre l'homme astral et l'âme est complète. Lorsque le sujet hypnotisé reste des mois dans cet état, l'homme astral est devenu l'esclave du corps et de ses souvenirs, mais, comme l'âme n'est pas concernée, il n'y a pas de réelle mémoire actuelle et il n'est gardé aucun souvenir de cette période-là.

Le cas de certains sujets manifestant diverses personnalités suggère la doctrine d'une vie antérieure sur terre pour tous les hommes. La division opérée entre l'âme et l'homme astral affranchit ce dernier de certaines des limitations de la mémoire cérébrale, si bien que la mémoire intérieure peut agir, et nous avons alors le cas d'une personne revivant certaine partie d'une existence antérieure ou de plusieurs.Mais il y a également cette seconde possibilité : par ce processus, une autre entité différente peut entrer dans le corps et le cerveau et se faire passer pour la personne réelle. De telles entités existent effectivement : ce s6nt les coques astrales d'hommes et de femmes hors du corps physique. Si elles entrent, la personne devient folle, et plus d'un fou n'est qu'un corps habité par une entité qui ne- lui appartient pas.

Le processus de mise sous hypnose jusqu'ici n'est pas connu relativement à ce qui se passe en fait pour les molécules. Nous affirmons que ces molécules sont comprimées de la périphérie vers le centre au lieu d'être en expansion du dedans vers la surface. Cette contraction est l'un des symptômes de la mort et c'est pourquoi la pratique de l'hypnose est un grand pas vers la mort physique et morale. Il faudrait bien admettre l'opinion exprimée par le Dr Charcot, affirmant qu'un sujet est susceptible de tomber sous l'influence hypnotique entre les mains de n'importe qui, et que, de plus, l'hypnotisme a, parmi ses patients, généralement une foule d'hystériques, ce qui rend indiscutable la nécessité d’une réglementation légale de l'hypnotisme. Je vais encore plus loin et j'affirme ceci : bien des personnes sont déjà dans un état à demi-hypnotique, facilement influencées par les gens sans principes et sans morale ; le pouvoir d'hypnotiser et la faculté d'y être sen¬sible sont l'un et l'autre des états progressifs de notre évolution raciale dont on peut tirer parti à des fins égoïstes, méchantes et dégradantes, et qu'on utilisera effectivement, à moins que la race — et tout spécialement sa partie occidentale — comprenne et pratique la véritable éthique basée sur la fraternité de l'humanité. On trouve l'éthique la plus pure dans les paroles de Jésus, mais elle est universellement réduite à néant par l'Eglise, l'Etat et l'individu. Les doctrines théosophiques de l'homme et de la nature offrent une base vraie et nécessaire à l'éthique et une incitation à sa pratique, en la débarrassant de toute idée de favoritisme et de perspectives illogiques de damnation éternelle. Et c'est seulement à l'aide de ces doctrines que l'on peut écarter les dangers de l'hypnotisme, puisque la législation, tout en prévoyant des peines, ne changera pas ni n'empêchera les pratiques faites en privé inspirées par l'égoïsme et la cupidité.

William Q. Judge.
Traduction de « Hypnotism », article écrit par W.Q. Judge et publié dans le Path de février 1894.

Hypnotisme et Théosophie

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L'hypnotisme est-il compris ? Quelle est l'attitude de la Société Théosophique à l'égard de l'hypnotisme ?
Certains pensent que magnétisme et hypnotisme sont identiques ; en effet, bien des personnes ont dit que cette nouvelle force, ou ce nouveau pouvoir, n'est rien d'autre que la vieille pratique de Mesmer remise à l'honneur dans notre siècle après de longues années de mépris, et affublée d'un nouveau nom ce qui permettra aux docteurs en médecine de s'en emparer. Cela n'est cependant pas entièrement exact. On peut bien attribuer au Dr Charcot de Paris et à ses émules le crédit d'avoir fait revivre l'hypnotisme ; car, c'est à la suite de leurs recherches qu'il a été accepté par le corps médical. J'ai vu les éminents médecins de la côte atlantique des Etats-Unis changer d'opinion à ce sujet en l'espace de vingt-cinq ans. Le Dr Hammond et d'autres se moquaient de la crédulité de ceux qui acceptaient l'idée que les phénomènes, maintenant si bien connus des hypnotiseurs, aient jamais pu se produire. Aujourd'hui, ils écrivent des articles admettant les faits qu'ils niaient jadis.

Il y a bien des années, un chirurgien de l'armée britannique, le Dr Esdaile, dirigeait un hôpital en Inde, où il fit de nombreuses opérations difficiles en se servant du magnétisme comme moyen d'anesthésie et il montra même à des assistants indigènes comment s’en servir, à sa place, sur des patients. Son livre, paru il y a longtemps, décrit tous les faits. Il existe dans tous les pays quantité de témoignages sur la réalité des états et des pouvoirs mesmériques et hypnotiques.

La grande question qui fut soulevée une fois que les preuves sur l'hypnotisme furent apportées, fut très différente de celles qui avaient été posées auparavant. Sitôt que le processus fut décrit et admis, les expériences allèrent bon train et le grand sujet de la « suggestion » fut mis à jour. On découvrit qu’on pouvait faire faire à la personne hypnotisée bien des choses étranges, une fois sortie de l'état hypnotique, pourvu qu'on lui en ait fait la suggestion quand elle était dans cet état. On disait au sujet d'assassiner le Dr A ou B ; de voler un portefeuille. Puis on le faisait sortir de l'état hypnotique, et, au moment fixé, il prenait l'arme suggérée — un coupe-papier, ou un objet inoffensif — et exécutait toutes les actions prescrites ou volait effectivement l'objet qu'on lui avait dit de voler. Si ce pouvoir pouvait ainsi être utilisé par un docteur au cours d'une expérience, on en déduisit qu'un véritable meurtre pourrait être imaginé et exécuté en se servant d'une personne hypnotisée. Ce pouvoir était donc dangereux. Un crime pouvait donc être commis en toute impunité pour le vrai coupable. Le Dr Charcot confia à une importante revue de New York un article dans lequel il admettait les possibilités de suggestion aux patients, mais niait qu'il y eût un danger de crime à la suite d'une suggestion. Cependant, il dit également qu'il devrait exister des lois contre toute pratique de l'hypnotisme sans discernement. La plupart des membres de la Société Théoso¬phique approuvent pleinement cette dernière conclusion, mais ils pensent aussi qu'il y a et qu'il y aura danger de crime par suggestion faite à des sujets sous hypnose, non dans le présent immédiat, mais dans l'avenir.

Ceci provient du fait que le corps médical ne comprend pas l'hypnotisme et ne mesure pas ses dangers, et qu'il reconnaît encore moins que le public puisse avoir une connaissance correcte sur le sujet.

Les meilleurs d'entre les hypnotiseurs savent très bien qu'il y a des moments où le sujet hypnotisé échappe à leur influence, et demeure dans l'état hypnotique en subissant une influence qui est inconnue de l'opérateur et dont le sujet n'a pas une conscience distincte. Voilà l'un des dangers — le danger de l'ignorance et de la cécité d'un guide prétendant conduire un autre aveugle. Des auteurs comme Brandt, Binet et d'autres, ne sont que des statisticiens. Ils présentent simplement des faits et des méthodes, mais sont tous également dans l'obscurité pour ce qui est des causes et des possibilités. De même, les opérateurs les plus connus savent aussi, comme l'a dit le Dr Charcot, qu'il existe un danger de voir se développer l'hystérie, là où elle ne s'était jamais manifestée, ainsi que tout un ensemble d'au¬tres maux. C'est la raison pour laquelle il demande la suppression de toute pratique hypnotique faite sans discernement. Mais le véritable point noir de l'hypnotisme — qui est bien connu des étudiants théosophes — est le suivant : à mesure que la force et le pouvoir de l'hypnotisme seront mieux connus, on constatera que, quelle que soit l'influence en jeu, le processus qui a lieu au cours de l'hypnose est la contraction des cellules du corps et du cerveau, de la périphérie vers le centre. Ce processus est réellement un phénomène de l'état de mort, et il est à l'opposé de l'effet mesmérique. Ce point n'est pas connu du corps médical, et a peu de chances de l'être étant donnée la façon dont celui-ci procède actuellement, parce que les examens post-mortem ne révèlent jamais l'action d'une cellule vivante. Le magnétisme par influence humaine part de l'intérieur et progresse vers la surface externe, manifestant ainsi un phénomène de vie à l'opposé même de l'hypnotisme. Et l'utilisation du magnétisme ne soulève pas d'objection, cependant, sa pratique devrait se limiter à des membres compétents du corps médical. Par contre, les membres de la Société Théosophique les plus sérieux et les plus prudents se déclarent contre l'emploi de l'hypnotisme. Pour toutes ses applications comme moyen d'anesthésie, il peut être remplacé par le mesmérisme, sans qu'il en résulte de mauvais effets. Le Dr Esdaile l'a abondamment démontré. Des lois devraient être édictées afin que soit considéré comme un délit le fait de tenir une séance hypnotique publique ou privée. Ces, lois devraient également viser jusqu'aux médecins qui, sous prétexte de science, mettent leurs sujets dans des positions ridicules et indignes. De telles pratiques ne sont pas nécessaires et vont délibérément à l'encontre de la volonté et du jugement du sujet éveillé. Elles ne font que mettre en valeur le pouvoir de l'opérateur et ne donnent pas plus de connaissance que celle que l'on pourrait trouver autrement.

Mais, même dans les cas remarquables décrits par Binet et d'autres en France, les lois qui gouvernent la constitution intérieure de l'homme, et qui sont a l'œuvre particulièrement dans l'hypnotisme à partir d'un certain point, ne sont pas reconnues par les savants auteurs. Certains donnent seulement des faits — des faits de toute sorte sur l'étrange récurrence de certains états — et d'autres, comme le Dr James, chez nous, avancent qu’il y a un soi caché qui joue ces tours bizarres à l'aide de la forme mortelle. Les Théosophes savent que les extraordinaires altérations du mental ou du pouvoir mental, l'étrange « récurrence de certains états » et la division ou séparation apparemment très marquée de l'intelligence chez le même sujet humain s'expliquent toutes par l'ancienne méthode orientale qui réduit les pouvoirs intérieurs de l'homme à sept classes, dans chacune desquelles le soi caché — l'Ego — peut agir, et agit en fait, indépendamment, le corps physique n'étant qu'un instrument grossier ou champ d'action de l'homme réel.

Une telle théorie fait une division dans l'homme en sept plans d'action, dans lesquels l'Ego, ou le soi caché, peut manifester une conscience opérant d'une manière particulièrement appropriée à ce plan, et participant également de la conscience et de l'expérience des plans supérieurs au plan considéré — mais non des plans inférieurs. Et chacune de ces couches, chacun de ces champs de la conscience se trouve de plus divisé en d'autres champs secondaires, et, sur chacun d'eux, il peut y avoir une expérience ou action séparée, ou bien tous peuvent être combinés.

Si on examine les cas relevés par le Dr James, on note que la particularité observée est que lorsque la personne agit en tant que numéro 1, elle n'a aucun souvenir d'un état appelé numéro 2. Aucune expli-cation de ce phénomène n'a été proposée ; le fait a été simplement noté : il s'explique par la localisation de la conscience de l'Ego dans l'un ou l'autre des sous-champs d'action de la première classe de la grande série des sept.

Le fait de ne pas se souvenir en passant d'un état à l'autre tient à ce que l'Ego est poussé de force dans ce champ particulier et se trouve ainsi incapable d'en ramener avec lui le souvenir. Il agit donc entièrement en automate sur ce plan-là. Cet effet est dû presque entièrement à l'action spécifiquement contractile du processus hypnotique, lequel, comme il a été dit plus haut, implique essentiellement une contraction des cellules depuis l’extérieur vers le centre. Cette situation est de nature à empêcher toujours l'Ego de s'apprendre à se souvenir en passant d'un état à l'autre et d'un champ à un autre champ, tandis que cet entraînement est possible dans l'état mesmérisé ou magnétisé et, bien entendu, dans la vie de veille normale.

Les cas où le sujet échappe au contrôle de l'opérateur s'expliquent tous sur la base de la même théorie théosophique ; ce sont des cas où l'Ego se retire du premier plan ou champ de conscience constitué de sept sous divisions ou sous-champs, pour accéder au plan suivant de la série entière des sept, au lieu d'entrer dans l'une des sous-divisions du premier plan mentionné. Et, comme les médecins praticiens n'ont aucune connaissance des sous-divisions intérieures supérieures, et n'admettent pas leur existence, ils n'ont aucune notion des moyens propres à atteindre l'Ego lorsqu'il leur a échappé pour atteindre un champ de conscience dont ils ignorent les lois et les conditions ; autrement dit, dans de tels cas, les hypnotiseurs ne sont pas occupés à examiner le véritable champ d'opération de la force, mais ne font qu'observer certains de ses phénomènes.

Ces phénomènes se manifestent dans le corps physique ou l'enveloppe extérieure, tandis que les processus psycho-physiologiques qui ont lieu à l'intérieur et produisent les phénomènes visibles restent cachés à leurs yeux.

William Q. Judge.
Traduction de « Hypnotism and Theosophy », article écrit et publié par W.Q. Judge dans Jennes Miller Illustrated Mon/hly probablement en 1893.