Mercredi 12 Décembre 2018

Mis à jour le Mer. 12 Déc. 2018 à 08:31

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Articles de R. Crosbie

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Robert Crosbie (1849-1919) est le fondateur de La Loge Unie des Théosophes. Membre actif de la Theosophical Society de Boston depuis 1887, il fut un très proche compagnon de W.Q Judge, qui le mit en rapport direct avec Mme Blavatsky.

Après la mort de Judge (1896), les organisations théosophiques perdirent peu à peu le sens de leur mission d'origine. S'imposait alors l'urgence d'un « retour à Blavatsky » et aux lignes de travail conformes à ses vœux.

C'est dans ce contexte que, le 17 novembre 1908, Robert Crosbie adressa aux théosophes engagés de son temps un manifeste intitulé : A tous les Théosophes d'esprit impartial (To all open-minded Theosophists). Ce document préfigurait la formation de la Loge Unie des Théosophes (The United Lodge of Theosophists), qu'il fonda officiellement le 18 février 1909, à Los Angeles.

Indépendante de toutes organisations, la Loge Unie des Théosophes reste fidèle aux principes qui avaient animé la Société initiale fondée par Mme Blavatsky et demeure en rapports fraternels avec les autres associations ouvertement rattachées au mouvement initial. Chaque Loge est autonome et indépendante ; tout en bénéficiant de l'expérience de travail des autres Loges. R. Crosbie rédigea la Déclaration de la Loge Unie des Théosophes dans des termes (empruntés à Blavatsky et Judge), qui expriment la complète fidélité à la Théosophie et aux lignes directrices originales du mouvement théosophique.

On lira avec intérêt ses écrits réunis dans l'ouvrage intitulé The Friendly Philosopher. Nombre de ses lettres, mémorandums et comptes-rendus de conférences sont édités en français dans les Cahiers Théosophiques (Ed. Textes Théosophiques). Les articles regroupés dans la série "Les Vérités Eternelles"  sont accéssibles en ligne.

Instinct et Intuition

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L'instinct est une perception directe de ce qui est convenable, dans un domaine donné. L'intuition est la connaissance directe de la vérité en toute chose. La raison est en quelque sorte l'équilibre entre instinct et intuition. Les animaux ont un sûr instinct en ce qui concerne leur nourriture, ou ce qui est dangereux pour eux, car leur instinct résulte de l'expérience ; mais ils ne raisonnent pas en exerçant leur instinct, ils le ressentent. Nous appliquons la raison à la fois à nos instincts (car nous en avons) et à nos intuitions et, généralement, nous nous mettons en mauvaise posture, en raisonnant sur des prémisses de réflexion erronées. Nous utilisons la raison comme un instrument mais, si nous partons sur de fausses bases, nous aboutissons forcément à de fausses conclusions, aussi irréprochable que puisse être notre raisonnement. En bonne logique, nous ne pouvons parvenir à des conclusions correctes qu'en partant de prémisses éternelles : il n'y a pas d'autre moyen de pouvoir jamais déterminer le vrai dans nos façons de voir les choses.

Pour essayer de comprendre l'instinct et l'intuition, il nous faut donc nous assurer de leur véritable fondement. Leur existence doit certainement renfermer une signification et une cause profondes. En observant le règne animal, et en voyant ses actions qui s'y déploient pour assurer le bien-être des diverses espèces animales, nous attribuons toutes ces actions à l'instinct sans nous rendre compte le moins du monde que cet instinct a dû être produit par quelque chose. Il n'a pu apparaître de lui-même. Il doit s'agir d'une « production », comme toutes choses, dans cet univers ou dans un autre, sont des productions. L'ancienne Religion-¬Sagesse affirme qu'à la racine de tout être, quel que soit son niveau, sa forme et son espèce, il n'y a qu'une seule réalité ¬l'Esprit et l'Esprit seul. De lui proviennent toutes les productions ; de lui toutes les évolutions se sont déployées. L'Esprit est identique en tous ; ce qui est acquis diffère selon le degré d'avancement de l'individu ou de l'être, car les évolutions procèdent sur des lignes individuelles. Tous les êtres sont de même nature, mais comme leur pensée, leur idéal et leurs actions diffèrent, nous pouvons trouver, dans le grand univers qui est le nôtre, de nombreuses formes d'intelligences, évoluées à partir de la grande Racine de toute évolution, l'Esprit présent en chaque être.

Tous les êtres inférieurs à l'homme sont le produit d'évolutions ayant chacune leur niveau propre. Même dans le règne minéral, on trouve la forme, qu'il s'agisse d'un cristal ou d'un atome ; il y a là quelque chose de spirituel qui dispose d'une nature psychique, et qui s'exprime en fonction de sa propre nature acquise. Les cristaux ont leurs propres sympathies et antipathies, leurs propres attractions et répulsions. Ces dernières sont-elles mécaniques ? Pas le moins du monde. On a ici un instinct inhérent - faculté infaillible qui n'est autre que cette étincelle du divin couvant dans toute particule de matière inorganique. Si le règne minéral n'avait pas d'intelligence psychique, l'homme ne pourrait jamais l'utiliser. Il en va de même pour les règnes végétal et animal qui, dans une certaine mesure, ajoutent chacun quelque chose à la simple intelligence psychique du règne minéral. Puis nous voyons qu'à son stade l'homme possède la faculté de transcender ses conditions d'existence, de prendre ses distances par rapport à elles et de les considérer en se posant comme une entité soi-consciente distincte d'elles et d'une nature entièrement différente. Ce qui n'est qu'une étincelle de divinité dans les règnes inférieurs devient flamme chez les êtres supérieurs.

Il y a sept stades distincts qu'empruntent toutes les formes pour se manifester, en allant de la matière nébulaire jusqu'à nos formations concrètes actuelles. L'existence conditionnée est produite par diverses formes de vies dans chaque état de matière - par divers types d'intelligences acquises - mais l'homme a eu un grand rôle dans la détermination des processus, des niveaux de descente à entreprendre, et ce fut en fonction de sa connaissance, et des processus qu'il avait instaurés, que se développèrent les états ou conditions des règnes qui lui sont inférieurs. En effet, l'Homme était un être soi-conscient dès le commencement de cette terre. Il se trouve à mi-chemin entre l'esprit et ce que nous appelons la matière ; il est la plaque tournante de l'évolution qui dépend de lui pour l'avenir. Il possède à la fois l'instinct et l'intuition. Chaque cellule de notre corps est instinctivement mue par nous. Que nous en soyons conscients ou non, c'est cet instinct qui les fait évoluer. Les vies dans notre corps ont subi un entraînement, incarnation après incarnation, jusqu'à ce que leur activité devienne automatique et réflexe. Les cellules des divers organes ont leurs impulsions propres. Elles extraient de la nourriture tout ce dont elles ont besoin pour former le sang, les os, les divers tissus et le cerveau, lequel, lui aussi, est constitué de la nourriture que nous absorbons, et subit de continuelles transformations, comme toute autre partie du corps, qui est en constante dissociation. L'Homme Véritable n'est pas son corps, ni son cerveau, et c'est de Lui que relève l'intuition.

L'un et l'autre, l'instinct et l'intuition, ont été acquis uniquement par l'observation et l'expérience. Tout instinct des animaux est, dans chaque espèce particulière, un gain obtenu au fil de la croissance de son intelligence et de l'évolution de ses formes corporelles. De même, l'intuition de l'homme porte en elle toute la connaissance inhérente à sa vraie nature. L'homme a vécu d'autres existences avant celle-¬ci, et cela de nombreuses fois - et même sur une planète que nous avons habitée avant l'apparition de cette terre, ou, pour mieux dire, avant que nous ayons fait nos débuts avec cette terre. Ces très nombreuses expériences, acquises au cours de vies innombrables, sont encore présentes en nous. Nous ne les avons jamais perdues. Elles résident toujours dans notre être le plus intime, et y sont potentiellement actives - dans cette nature réelle qui est nôtre et à laquelle nous accédons toutes les vingt-quatre heures, quand le corps est endormi et que nous avons dépassé le stade du rêve. Là se trouve l'intuition, le produit intégral de toutes nos expériences passées. Parfois, quelque chose en surgit en nous faisant soupçonner ce que peut être notre nature véritable. La voix de notre conscience exprime le point de vue de cette vraie nature sur l'action que nous projetons. Certaines personnes, en entendant cette « voix du silence », pensent que c'est Dieu qui leur parle, ou qu'un être extérieur à elles fait pression sur elles. Mais en fait, elle vient de leur propre nature intérieure : elle résulte de l'accumulation de toute la Sagesse passée, et en exprime quelque chose. C'est ainsi « la voix » de leur nature spirituelle qui s'est fait entendre.

Le canal par lequel peut passer l'intuition est à même d'être dégagé par chacun de nous, sans restriction. De quelle manière ? En désirant perpétuer la personnalité ? Aucunement, ni dans ce monde, ni dans aucun autre. Il doit y avoir reconnaissance de ce qu'est, en réalité, notre personnalité. Elle n'est pas le corps, mais les idées adoptées. Les idées font d'un corps un véhicule adapté à elles ; elles contrôlent son action. Notre personnalité est constituée par nos pensées, nos préférences et aversions, nos attirances et répulsions, nos petites exigences, qui viennent renforcer en nous la notion que tout existe pour nous. Cela ne constitue pas l 'Homme Réel. La personnalité ne peut être conservée sans changement ; quelles que soient nos conceptions actuelles, elles diffèrent de celles que nous avons eues dans le passé ; et cependant, nous avons agi autrefois (comme nous le faisons aujourd'hui) d'après les idées que nous avions alors. Dans l'avenir, nous aurons encore d'autres conceptions, et agirons en fonction d'elles. C'est notre façon de penser qui limite nos actes. Il convient donc de nous rendre compte que nous sommes de véritables êtres spirituels à l'intérieur, et que c'est seulement l'élément extérieur ¬notre personnalité - qui a besoin d'être purifié. Cette purification ne peut avoir lieu qu'en agissant pour et comme le Soi Un. Alors, nous exprimerons clairement notre nature intérieure dans ce monde de choses matérielles ; alors, nous saurons ce que certains ne font que soupçonner, car l'intuition [spirituelle] est la perception directe de la vérité.
Le Message de la Théosophie nous a été donné afin que nous puissions accéder à cette partie de notre nature qui connaît, qui enregistre et qui sait. Ce n'est pas une tâche impossible car nous ne sommes pas de pauvres misérables pécheurs, et certains y sont même déjà parvenus. Ils ont parcouru ce chemin et l'ont éprouvé par eux-mêmes, car c'est la seule vraie voie pour quiconque. Ils ont absolument vérifié que cette connaissance intérieure, ou intuition, peut être retrouvée. Ils savent que nos idées, nos pensées, nos modes de réflexion, notre connaissance limitée de notre nature, sont des obstacles pour nous ; ils savent que ni le corps, ni aucun environnement ne peut être nuisible, mais qu'au contraire toute circonstance offre une opportunité - et que plus importants sont les obstacles, plus défavorables les circonstances, plus grande aussi est cette opportunité. Si nous pouvions simplement être assez sages, si nous pouvions ouvrir les yeux suffisamment pour voir, nous serions en mesure d'apprendre quelque chose des divers instincts qu'on observe dans les règnes qui nous sont inférieurs. Tous ces êtres avancent par l'instinct sur ce long, très long chemin conduisant au niveau que nous occupons actuellement. Si nous faisons preuve de sagesse, nous progresserons aussi, par l'intuition [spirituelle], sur l'ancien petit Sentier qui franchit de grandes distances, et qu'ont parcouru tous les Prédécesseurs, de tous les temps. Tous les Êtres qui ont fait leur apparition dans le monde comme nos Frères Aînés dans les civilisations passées - toutes les Incarnations divines - ont atteint le stade vers lequel nous nous acheminons aujourd'hui, consciemment ou non.
Nous intuition n’est pas endormie, comme nous le supposons. Elle rayonne en nous en permanence. Si seulement nous nous débarrassions des fausses conceptions qui nous aveuglent aujourd’hui, ceux d’entre nous qui opèrent de ce côté du sombre voile pourraient l’écarter et laisser transparaître cette lumière.

Robert Crosbie
Traduit du Friendly Philosopher, pp. 263-267 (Ed. Theosophy Company – USA)


Déclaration de la Loge Unie des Théosophes

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Déclaration

Cette Loge professe un dévouement indépendant à la Cause de la Théosophie, sans s'attacher à aucune organisation théosophique. Elle reste fidèle aux Grands Fondateurs du Mouvement Théosophique, mais elle ne s'occupe pas des dissensions ou des divergences d'opinion individuelle.

Le travail qui lui incombe et le but qu'elle poursuit sont trop absorbants et trop élevés pour lui laisser le temps ou le désir de prendre part à d'autres activités. Ce travail et ce but consistent à propager les Principes Fondamentaux de la Philosophie de la Théosophie, et à donner l'exemple de la mise en pratique de ces Principes, par une réalisation plus vraie du SOI, par une conviction plus profonde de la Fraternité Universelle.

Elle déclare que la Base d'Union inattaquable de tous les Théosophes, quel que soit le lieu où ils résident, et quelle que soit leur situation, est « l'identité de but, d'intention et d'enseignement ». C'est pourquoi elle n'a ni Constitution, ni Statuts, ni Chefs, le seul lien entre ses Associés étant cette base. Et elle vise à répandre cette idée parmi les Théosophes, pour progresser vers l'Unité.

Elle considère comme Théosophes tous ceux qui se consacrent au véritable service de l'Humanité, sans distinction de race, de croyance, de sexe, de condition ou d'affiliation à une organisation, et,

Elle accueille dans son Association tous ceux qui sont d'accord avec ses buts déclarés et qui désirent, par l'étude et par tout autre moyen, devenir plus aptes à aider et à instruire les autres.

« Le véritable Théosophe n'appartient à aucun culte,
ni à aucune secte, pourtant il appartient à chacun et à tous. »


Voici la formule que signent les personnes désirant devenir Membres associés de la Loge Unie des Théosophes :

« Étant en sympathie avec les buts de cette Loge, tels qu'ils sont exposés dans sa Déclaration, je désire être inscrit comme Membre associé, mais il reste entendu qu'une telle association n'implique aucune autre obligation de ma part que celle que je déterminerai moi-même. »


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Un ami de longue date et du futur : William Quan Judge

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Tel m'apparaît William Quan Judge, et tel, sans doute, il apparaît à beaucoup d'autres personnes dans ce pays, comme ailleurs.

Le premier traité Théosophique que j'ai lu fut son Épitomé de Théosophie, et ma première rencontre avec lui changea tout le cours de ma vie. Je lui fis confiance, à ce moment-là, comme maintenant j'ai confiance en lui, et en tous ceux en qui il avait confiance ; il me semble que la « confiance » est le lien qui unit, qui fait la force du Mouvement, car elle procède du cœur. Et cette confiance qu'il a inspirée n'a pas été amenée à demeurer comme une confiance aveugle, car, à mesure que le temps s'est écoulé, que l'énergie, la solidité et la dévotion de l'étudiant sont devenues plus marquées, le « véritable W.Q.J. » s'est révélé de plus en plus, jusqu'à ce que le pouvoir qui rayonnait à travers lui se manifeste en chacun, comme une aide toujours présente dans le travail. Et cela persiste encore aujourd'hui, comme un centre vivant dans chaque cœur qui lui a fait confiance, un point de focalisation pour les Rayons du « Grand messager » à venir.

Après m'être engagé dans un travail actif, dans la Société Théosophique à Boston, pendant plus de sept ans, ce fut mon karma d'être amené à le contacter, dans bien des circonstances différentes, à travers les crises diverses – locales et générales – par lesquelles la Société a pu passer sans encombre. Dans toutes ces difficultés, ce fut sa voix qui fournit le courage et les avis nécessaires, sa main qui conduisit les tensions jusqu'à une issue harmonieuse. De son extraordinaire pouvoir d'organisation, de sa merveilleuse pénétration dans le caractère et la capacité des individus, de son aptitude à changer des maux apparents en pouvoirs bénéfiques, j'ai eu de bien nombreuses preuves.

Qu'il ait été un « grand occultiste » beaucoup le savent, par une expérience individuelle, mais nul n'a sondé les profondeurs de son pouvoir et de sa connaissance. En ce qui le concerne, le futur dévoilera beaucoup de ce qui est actuellement caché, et montrera la portée réelle du travail de sa vie. Nous savons que, pour nous, ce travail s'est révélé un inestimable bienfait, qui doit être, par nous, communiqué aux autres. Les lignes directrices ont été tracées pour nous par H.P.B., W.Q.J. et les Maîtres, et nous pouvons reprendre, comme notre mot d'ordre, ce qu'il nous a donné lors du décès de H.P.B. : « Travaillez, soyez vigilants et attendez ». Nous n'aurons pas longtemps à attendre.

The Path, Mai 1896
ROBERT CROSBIE

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Que signifie « Impersonnalité »

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La question de personnalité est si vaste qu'il peut sembler que sa solution doive ressembler au développement d'un problème de mathématiques compliquées. Mais les plus grandes vérités sont les plus simples, et si nous réfléchissons un moment à ce que l'impersonnalité n'est pas, cela nous aidera peut-être à voir ce qu'elle est.

Certains parlent avec force contre la personnalité. Cela ne prouve pas qu'ils en soient exempts.

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