Vendredi 18 Octobre 2019

Mis à jour le Ven. 18 Oct. 2019 à 18:27

Retour La Chronique L’origine des idées innées

L’origine des idées innées

AddThis Social Bookmark Button

Le mythe des Cabires et de Prométhée

v43 14« Ainsi, tandis qu'en Samothrace et dans les plus anciens temples égyptiens, les Cabires étaient les Grands Dieux Cosmiques – les sept et les quarante-neuf Feux Sacrés – leur culte devint, dans les temples grecs, en grande partie phallique et, par suite, obscène aux yeux du profane. Dans ce dernier cas, ils étaient trois et quatre, ou sept – les principes mâle et femelle – la croix ansée. Cette division explique pourquoi certains auteurs classiques les considéraient comme n'étant qu'au nombre de trois, tandis que d'autres en énuméraient quatre. […] D'autres, qui avaient également raison à leur manière, soutenaient qu'il n'y avait que deux Cabires. Ceux-ci étaient, au point de vue ésotérique, les deux Dioscures, Castor et Pollux et, au point de vue exotérique, Jupiter et Bacchus. Ils personnifiaient tous deux, au point de vue géodésique, les pôles terrestres ; au point de vue astronomique, le pôle terrestre et le pôle du ciel et aussi l'homme physique et l'homme spirituel. L'histoire de Sémélé et de Jupiter et la naissance de Bacchus, Bimater, avec toutes les circonstances qui s'y rapportent, n'a besoin que d'être lue ésotériquement pour que l'allégorie soit comprise. Les rôles joués dans cet événement par le Feu, l'Eau, la Terre, etc., suivant les nombreuses versions, montrera comment le "Père des Dieux" et le "joyeux Dieu du Vin" furent amenés à personnifier aussi les deux pôles terrestres. Les éléments tellurique, métallique, magnétique, électrique et igné, constituent autant d'allusions et de références au caractère cosmique et astronomique de la tragédie diluvienne. En Astronomie, les pôles sont en vérité des "mesures célestes", comme le sont les Cabires-Dioscures, ainsi que nous le démontrerons, et les Cabires-Titans à qui Diodore attribue "l'invention du Feu" [Le mot guebra vient de Kabiri (Gabiri) et désigne les anciens adorateurs du feu, Perses ou Parsis. Kabiri fut transformé en Gabiri et resta le terme qui désignait les Zoroastriens en Perse. (Voyez De Religione Persarum, de Hyde, c. 29.)] et l'art de manufacturer le fer. De plus, Pausanias [1, IX, 751] montre que la divinité Cabirique originale était Prométhée.

v43 17« Toutefois, le fait que les Titans-Cabires étaient aussi, au point de vue astronomique, les Générateurs et Régulateurs des Saisons et, au point de vue cosmique, les grandes Energies Volcaniques – les Dieux qui gouvernaient tous les métaux et toutes les œuvres terrestres – ne les empêche nullement d'être, sous leur aspect originel divin, les Entités bienfaisantes qui, symbolisées par Prométhée, apportèrent la lumière au monde et douèrent l'Humanité d'intellect et de raison. Ce sont, surtout, dans toutes les Théogonies – principalement dans celle des Hindous – les Feux Sacrés Divins au nombre de Trois, Sept ou Quarante-neuf, suivant les exigences de l'allégorie. Leur nom seul le prouve, car ce sont les Agnipoutra, ou Fils du Feu, aux Indes, et les Génies du Feu, sous divers noms en Grèce et ailleurs. Welcker, Maury et maintenant Decharme montrent que le nom de kabeiros veut dire "le puissant par le feu" et dérive du verbe grec χαίω "brûler". Le mot sémitique de kabirim contient l'idée "de fort, de puissant et de grand" qui répond aux mots grecs μεγαλοι δυνατί, mais ce sont là des épithètes plus récentes. Ces Dieux étaient les objets d'un culte universel et leur origine se perd dans la nuit des temps ; mais qu'ils fussent invoqués en Phrygie, en Phénécie, en Troade, en Thrace, en Egypte, à Lemmos ou en Sicile, leur culte se rapportait toujours au Feu, leurs temples étaient toujours édifiés dans les localités les plus volcaniques et dans le culte exotérique ils faisaient partie des Divinités Chthoniennes, aussi le Christianisme en a-t-il fait des Dieux Infernaux.
v43 20« Ce sont vraiment "les Dieux, grands, bienveillants et puissants", comme les appelle Cassius Hermone [Voyez Macrob, Sat., I, III, c. 4, p. 376]. A Thèbes, Corê [Korê ou Perséphone] et Déméter, les Cabires avaient un sanctuaire [Pausan., IX. 22 ; 5.] et, à Memphis, les Cabires avaient un temple si sacré qu'il n'était permis à personne, sauf aux prêtres, d'entrer dans son enceinte sacrée [Hérodote, III, 37]. Toutefois, nous ne devons pas perdre de vue, en même temps, ce fait que le titre de Cabire était générique ; que les Cabires, les Dieux puissants en même temps que mortels, étaient des deux sexes et étaient aussi terrestres, célestes et cosmiques ; que, tandis qu'en leur qualité cosmique de régents des puissances sidérales et terrestres, c'était un phénomène purement géologique – tel qu'on le considère maintenant – qui était symbolisé en leur personne, ils furent aussi, à l'origine des temps, les Régents de l'Humanité, lorsque incarnés comme Rois des "Dynasties Divines", ils donnèrent la première impulsion à la civilisation et orientèrent le mental dont ils avaient doté les hommes, en vue de l'invention et du perfectionnement de tous les arts et de toutes les sciences. Aussi, l'on dit que les Cabires apparurent en qualité de bienfaiteurs des hommes et, en cette qualité vécurent pendant des siècles, dans la mémoire des nations. C'est à ces Cabires ou Titans qu'est attribuée l'invention des lettres (le Déva-nâgari, ou alphabet et langage des Dieux), de la législation, de l'architecture et aussi des différents modes de la prétendue magie et de l'emploi médical des plantes. Les noms d'Hermès, d'Orphée, de Cadmus, d'Asclepios, de tous ces Demi-dieux et Héros auxquels on attribue la révélation des sciences aux hommes et en qui Bryant, Faber, l'évêque Cumberland et tant d'autres écrivains Chrétiens – trop zélés pour se contenter de la simple vérité – voudraient forcer la postérité à ne voir que des copies païennes d'un unique prototype, du nom de Noé – sont tous des noms génériques.
« C'est aux Cabires que l'on attribue la révélation du grand bienfait de l'agriculture, par la production du blé ou froment. Ce qu'Isis-Osiris, la vivante Cabiria, fit en Egypte, Cérès le fit, dit-on, en Sicile ; tous appartiennent à une même classe. » – H.P. Blavatsky, La Doctrine Secrète, traduction Adyar – Vol. II, pp. 362-364, de l’éd. anglaise originale The Secret Doctrine.

Quelques brefs extraits du Prométhée enchaîné d'Eschyle : « J'ai mis fin aux terreurs que la vue de la mort cause aux mortels. [...] J'ai logé en eux d'aveugles espérances. [...] D'enfants qu'ils étaient auparavant j'ai fait des êtres doués de raison et de réflexion. [...] Je leur ai donné le feu ... ils apprendront de lui beaucoup d'arts   ... fabriquer des maisons de briques ... travailler le bois ... j'inventais pour eux la plus belle de toutes les sciences, celle des nombres, et l'assemblage des lettres ... tous les arts des mortels viennent de Prométhée ... »  (extraits du Théatre complet, d'Eschyle, GF Flammarion).

L’origine divine de l’homme et de la dévotion
v43 24« À ses tout premiers débuts, l'intelligence psychique et physique étant en sommeil, et la conscience encore non développée, les conceptions spirituelles de cette race [des origines] étaient complètement sans rapport avec son environnement physique.
« Cet homme divin résidait dans sa forme animale - même si elle avait une apparence extérieure humaine ; et s'il y avait de l'instinct en lui, aucune conscience réfléchie (ou soi-conscience) ne venait éclairer la ténèbre du cinquième principe [manas - la base du mental dans l'être humain] encore latent. Lorsque, mus par la loi d'Évolution, les Seigneurs de Sagesse infusèrent en lui l'étincelle de la conscience, le premier sentiment qu'elle éveilla à la vie, et à l'activité, fut un sens de solidarité, d'unité (fusionnelle) avec ses créateurs spirituels. De même que le premier mouvement intérieur de l'enfant est pour sa mère et sa nourrice, de même les premières aspirations de la conscience s'éveillant dans l'homme primitif furent pour ceux dont il ressentait l'élément en lui-même et qui pourtant étaient extérieurs, et indépendants, par rapport à lui. La DÉVOTION naquit de ce sentiment et devint le premier moteur dominant dans sa nature ; car c'est le seul qui soit naturel dans notre cœur, qui soit inné en nous, et que nous trouvions aussi bien dans le tout jeune enfant humain que dans le petit animal. Ce sentiment d'aspiration instinctive, que rien n'aurait pu réprimer dans l'homme primitif, a été évoqué par Carlyle en termes pleins de beauté et, dirait-on, inspirés par une véritable intuition [...] [Carlyle - Past and Present (1874), p.IO4] « Ce grand cœur antique, comme c'est celui de l'enfant dans sa simplicité, celui de l'homme dans sa pure solennité et sa profondeur ! Où qu'il aille sur la Terre, le Ciel est là, au-dessus de sa tête. Il fait pour lui-même, de toute la Terre, un temple mystique, de toute démarche terrestre, une sorte de culte. Des créatures de lumière passent comme des éclairs dans le soleil du jour, et voici que là-bas passent des anges, messagers de Dieu parmi les hommes... Merveille, miracle, entourent l'être humain ; il vit dans un élément de miracle ». […] Ce qui était naturel aux yeux de l'homme primitif est devenu seulement de nos jours miracle pour nous ; et ce qui, pour lui, était un miracle ne pourrait jamais s'exprimer dans notre langue. » - H.P. Blavatsky, La Doctrine Secrète, p. 210, éd. originale anglaise.