Mardi 22 Mai 2018

Mis à jour le Mar. 22 Mai 2018 à 12:38

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L'Hypnotisme et ses rapports avec les autres méthodes de fascination

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H. C. et quelques autres membres [de la Société Théosophique] nous demandent de répondre aux diverses questions qui vont suivre. Nous le faisons, mais à une condition : il faut que nos réponses soient faites du seul point de vue de l'Occultisme, sans prendre en considération les hypothèses de la science moderne (autrement dit « matérialiste », qui peuvent ne pas être d'accord avec les enseignements ésotériques.

Question. — Qu'est-ce que l'hypnotisme ? En quoi diffère-t-il du magnétisme animal (ou mesmérisme) ? Réponse. — L'hypnotisme est le nouveau nom scientifique que l'on donne à l'ancienne et ignorante « superstition » appelée de noms variés tels que « fascination » ou « enchantement ». C'est un mensonge de l'antiquité transformé en vérité moderne. Le fait est là ; mais ce qui manque encore, c'est l'explication scientifique. Certains croient que l'hypnotisme est le résultat d'une irritation artificielle produite sur la périphérie des nerfs ; que cette irritation réagit sur les cellules de la substance cérébrale qu'elle traverse, en y créant, par épuisement, une condition qui n'est autre chose qu'une sorte de sommeil (hypnosis ou hypnos), d'autres n'y voient simplement qu'une sorte de stupeur qui se produit de soi-même, surtout au moyen de l'imagination, etc., etc. La condition hypnotique diffère du magnétisme animal, lorsqu'elle est causée par la méthode de Braid, qui est purement mécanique, c'est-à-dire, en fixant les yeux sur un point brillant, un métal ou un cristal. Cette condition devient « magnétisme animal » (ou mesmérisme) lorsqu'elle est produite par des passes mesmériques faites sur le malade ; et pour les raisons suivantes : lorsque l'on se sert de la première méthode, il n'y a aucune action de courants électro-psychiques ou même électro-physiques ; seules entrent en jeu les vibrations moléculaires et mécaniques du métal ou du cristal regardé par le sujet. C'est l'œil, — le plus occulte de tous les organes placés à la surface de notre corps, — qui, en servant d'intermédiaire entre ce morceau de métal ou de cristal et le cerveau, met à l'unisson les vibrations moléculaires des centres nerveux de ce dernier avec les vibrations de l'objet brillant (c'est-à-dire les conduit à égaliser le nombre de leurs oscillations respectives). Et cet unisson produit l'état hypnotique. Mais, lorsque l'on emploie la seconde méthode, le vrai nom de l'hypnotisme devrait certainement être le « magnétisme animal », ou bien encore « le mesmérisme » — termes qui ont été pourtant si ridiculisés. En effet, dans l'hypnose produite au moyen de passes préliminaires, c'est la volonté humaine, consciente ou inconsciente, de l'opérateur même qui agit sur le système nerveux du sujet. Et c'est encore par les vibrations, atomiques seulement et non moléculaires, produites dans l'éther de l'espace (sur un tout autre plan, par conséquent), par cet acte d'énergie appelé LA VOLONTÉ que l'état super-hypnotique (c'est-à-dire la « suggestion », etc.) est induit. Car ce que nous nommons « les vibrations de la volonté », et leur aura, se distingue absolument des vibrations causées par le simple mouvement moléculaire mécanique, attendu que ces deux sortes de vibrations agissent sur deux degrés distincts des plans cosmico-terrestres. Pour comprendre cela, il faut naturellement se faire une idée claire de ce que les Sciences Occultes entendent par la volonté.

Question. — II y a, dans l'hypnotisme et dans le magnétisme animal, un acte de volonté de l'opérateur, quelque chose qu'il communique à son malade, un effet produit sur le sujet. Quel est ce « quelque chose » qui est transmis au moyen des deux méthodes ? Réponse. — Les langues européennes ne possèdent pas de mot pour désigner ce qui est transmis de cette manière et, si nous nous contentons de l'appeler volonté, nous en enlevons toute la signification. Les anciens termes, mis à l'index, tels que « enchantement », « fascination », « magie », « charme », et surtout le verbe « ensorceler », exprimaient infiniment mieux le véritable mode d'action qui avait lieu durant le processus d'une transmission de ce genre que ne le font les termes modernes « d'influence psychologique » et « biologique ». La force transmise est appelée en Occultisme « fluide aurique » pour la distinguer de la « lumière aurique », le « fluide » étant une corrélation d'atomes sur un plan supérieur et une descente de ces atomes sur notre plan inférieur, sous la forme de substances plastiques invisibles et impalpables, produites et dirigées par la Volonté pleine d'énergie potentielle. La « lumière aurique » d'autre part, ou ce que Reichenbach appelle l'Od, lumière qui entoure chaque objet animé et inanimé dans la nature, n'est que le reflet astral émanant des objets ; sa couleur particulière et ses différentes nuances, ainsi que leurs diverses combinaisons et variétés dénotent l'état des guna ou des qualités et traits caractéristiques de chaque objet ou sujet spécial, l'aura de l'être humain étant la plus forte de toutes.

Question. — Quelle est l'explication rationnelle du « vampirisme » ? Réponse. — Si vous désignez par cette expression la transmission involontaire, par le moyen d'une sorte d'osmose occulte, d'une partie de la vitalité ou de l'essence de vie d'une personne à une autre, la dernière étant douée ou plutôt affligée d'une telle disposition à la vampirisation, cet acte-là précisément ne peut devenir compréhensible qu'en étudiant bien la nature et l'essence du « fluide aurique » semi-substantiel, dont nous venons de parler. Comme tout ce qu'il y a d'occulte dans la Nature, ce processus d'endosmose et d'exosmose peut être rendu consciemment ou inconsciemment bienfaisant ou malfaisant. Lorsqu'un opérateur parfaitement sain magnétise un malade, avec le désir déterminé de le soulager et de le guérir, l'épuisement qu'il en éprouve est proportionné au soulagement qu'il a procuré ; un processus d'endosmose a eu lieu, le guérisseur ayant transmis une partie de son aura vitale au malade. Quant au vampirisme, c'est une action aveugle et mécanique, qui, en général, se passe à l'insu de la personne qui absorbe ou de celle qui est vampirisée. C'est de la magie noire, consciente ou inconsciente, suivant les circonstances. Car, lorsqu'il s'agit de sorciers et d'adeptes entraînés, cette action se produit consciemment, sous la direction de la Volonté. Dans l'un et l'autre cas, l'agent de transmission est une faculté d'attraction magnétique, terrestre et physiologique dans ses résultats, mais pourtant créée et produite sur le plan à quatre dimensions qui est le domaine des atomes.

Question. — Dans quelles circonstances l'hypnotisme devient-il de la « magie noire » ? Réponse. — Dans les circonstances dont nous venons de parler ; mais il nous faudrait, pour développer ce sujet et en donner quelques exemples, plus de place que nous ne pouvons en consacrer à ces réponses. Il suffira de dire que, lorsque l'opérateur agit dans un but égoïste, ou est animé d'un sentiment de malveillance envers quelque être vivant que ce soit, tous les actes de ce genre sont, à nos yeux, des opérations de magie noire. Le fluide vital et sain, transmis par le médecin au malade qu'il magnétise est capable de guérir, et il le fait effectivement ; mais une trop grande abondance de ce fluide tue. (Voyez, à ce sujet, l'explication que nous donnons dans la réponse à la Question VI, où il est montré qu'une expérience de vibration fait éclater un verre en morceaux).
Question. — Y a-t-il une différence entre l'hypnose produite par des moyens mécaniques, comme les miroirs tournants, et celle qui est le résultat du regard direct de l'opérateur (fascination) ? Réponse. — II nous semble que cette différence a déjà été indiquée dans notre réponse à la Question l. Le regard de l'opérateur est plus puissant, par conséquent plus dangereux, que les simples passes mécaniques de l'hypnotiseur qui, neuf fois sur dix, ne sait pas utiliser la volonté, et par suite, ne le peut pas. Ceux qui étudient la Science Ésotérique doivent savoir, par les lois mêmes des correspondances occultes, que, dans le premier cas, l'action se passe sur le premier plan (le plan inférieur) de la matière ; tandis que dans le second cas, où une volonté très concentrée est indispensable, l'action se passe sur le quatrième plan, si l'opérateur n'est qu'un novice profane, et sur le cinquième plan, s'il est un tant soit peu Occultiste.

Question. — Pourquoi une personne peut-elle tomber dans l'état hypnotique par l'effet d'un morceau de cristal ou d'un bouton brillant, tandis qu'une autre personne n'en ressent absolument rien ? II nous semble qu'une réponse à cette question dissiperait bien des perplexités. Réponse. — Les hypothèses de la science à ce sujet sont nombreuses ; mais, jusqu'à présent, il n'en est aucune qui ait été acceptée comme définitive. Et cela provient de ce que toutes les spéculations de ce genre ne font que tourner dans le cercle vicieux des phénomènes matériels physiques, avec leurs forces aveugles et leurs théories mécaniques. Les hommes de science, n'ayant pas reconnu l'existence du « fluide aurique » , refusent d'y croire. Mais n'ont-ils pas ajouté foi, pendant des années, à l'efficacité de la métallothérapie, dont l'influence était basée sur l'action des fluides ou courants électriques des métaux sur le système nerveux ? Et cela, tout simplement, parce que l'on avait découvert une analogie entre l'activité du système nerveux et l'électricité. Cette théorie tomba parce qu'elle était en désaccord avec les expériences et les observations les plus rigoureuses. Elle fut contredite, avant tout, par un fait fondamental de la métallothérapie, dont le mode d'action est très spécifique : en premier lieu, puisqu'un malade pouvait être sensible à l'action d'un métal spécial, tandis que tous les autres ne produisaient aucun effet sur lui, il fallait en conclure que chaque métal n'agissait pas du tout sur chaque affection nerveuse ; et, en second lieu, les malades sensibles à l'action de certains métaux étaient rares et exceptionnels. Cela prouva que les « fluides électriques » agissant sur les maladies et les guérissant n'existaient que dans l'imagination des théoriciens. S'ils avaient existé véritablement, tous les métaux auraient dû agir, dans une mesure plus ou moins grande, sur tous les malades, et chaque métal, pris séparément, aurait agi sur chaque affection nerveuse, puisque, dans les circonstances en question, les conditions dans lesquelles ces fluides étaient produits, étaient absolument les mêmes. Ainsi, le Dr Charcot ayant justifié le Dr Burke, jadis discrédité pour avoir découvert la métallothérapie, Shiff et d'autres, discréditèrent à leur tour tous ceux qui croyaient à l'existence des fluides « électriques », lesquels, à ce qu'il paraît, ont été remplacés par le « mouvement moléculaire », qui, maintenant, a obtenu toute la suprématie dans le domaine de la physiologie — pour le moment, bien entendu. Mais il se présente ici une question : la nature, l'action et les conditions véritables du « mouvement » sont-elles mieux connues que la nature, l'action et les conditions des « fluides » ? Voilà qui est douteux. Quoi qu'il en soit, l'Occultisme a l'audace de soutenir que les fluides électriques ou magnétiques (lesquels, en réalité sont identiques), doivent leur essence et leur origine à ce même mouvement moléculaire, transformé maintenant en énergie atomique [pm : le mot atome, en Occultisme, a une signification spéciale, différente de celle qui lui est donnée par la science. Voir : « L'Action Psychique et Noétique »], à laquelle sont dus également tous les autres phénomènes de la nature. Lorsque l'aiguille d'un galvanomètre ou d'un électromètre n'indique pas, par ses oscillations, la présence de fluides électriques ou magnétiques, cela ne prouve, en aucune façon, qu'il n'y en a pas à enregistrer ; mais tout simplement que le fluide, étant passé sur un autre plan d'action, supérieur à celui-ci, l'électromètre ne peut plus subir l'influence d'une énergie qui se déploie sur un plan avec lequel l'instrument n'a aucun rapport quelconque.
L'explication qui vient d'être donnée était nécessaire pour démontrer que la nature de la force transmise d'un homme ou d'un objet à un autre homme ou à un autre objet, par le moyen de l'hypnotisme, de l'électricité, de la métallothérapie, ou de la « fascination », est d'une même essence, ne varie qu'en degré, et subit des modifications d'après celui des sous-plans de matière où cette force agit. Sous-plans qui, comme le sait chaque Occultiste, sont au nombre de sept sur notre plan terrestre, ainsi que sur tout autre plan.

Questions. — La science a-t-elle tout à fait tort dans sa définition des phénomènes hypnotiques ? Réponse. — La science ne possède, jusqu'à présent, aucune définition à ce sujet. Mais, s'il existe un point sur lequel l'Occultisme soit d'accord (jusqu'à un certain degré) avec les découvertes récentes de la science physique, c'est que tous les corps doués de la propriété de produire ou de faire naître des phénomènes métallothérapiques et d'autres analogues, ont, malgré leur grande variété, un trait commun. Tous sont les sources et les générateurs de rapides oscillations moléculaires, qui, soit par le moyen d'agents transmetteurs, soit par contact direct, se communiquent au système nerveux, changeant ainsi le rythme des vibrations nerveuses — à la seule condition toutefois d'être ce que l'on appelle à l'unisson. L'unisson ne signifie pas toujours identité de nature ou d'essence, mais simplement identité de degré ; par exemple une similarité par rapport au grave et à l'aigu et des potentialités égales d'intensité de son ou de mouvement. Une cloche peut être à l'unisson avec un violon, et une flûte avec un organe humain ou animal. De plus, le taux de fréquence des vibrations, surtout dans une cellule organique ou un organe animal, varie d'après l'état de santé et la condition générale. Ainsi les centres nerveux cérébraux d'un sujet hypnotisé, quoique parfaitement à l'unisson en degré de potentialité et en activité essentielle originale avec l'objet qu'il regarde, peuvent néanmoins, à cause de quelque trouble organique, se trouver à un moment donné en désaccord avec cet objet en ce qui concerne le nombre de leurs vibrations respectives. Et, dans ce cas, la condition hypnotique n'a pas lieu. Ou bien encore, les cellules nerveuses du sujet ne peuvent pas être mises à l'unisson avec les cellules du cristal ou du métal qu'il est amené à regarder ; et dans ce cas cet objet spécial ne produira jamais aucun effet sur lui. Cela signifie que deux conditions sont indispensables pour obtenir le succès dans une expérience d'hypnotisme ; d'abord, puisque chaque corps organique ou « inorganique » dans la nature, se distingue par son taux déterminé d'oscillations moléculaires, il est nécessaire de découvrir quels sont les corps qui agissent à l'unisson avec tel ou tel système nerveux humain ; ensuite, il faut se souvenir que les oscillations moléculaires des uns ne peuvent influencer l'action nerveuse des autres que lorsque les rythmes de leurs vibrations respectives coïncident entre eux, c'est-à-dire quand le taux de leurs oscillations est rendu égal, ce qui, dans les cas d'hypnotisme produit par des moyens mécaniques a lieu par l'intermédiaire de l'œil.
Voilà pourquoi, bien que la différence entre l'hypnose occasionnée par les moyens mécaniques et celle qui est produite par le regard direct de l'opérateur, soutenu par sa volonté, dépende du plan sur lequel le même phénomène a lieu, l'agent qui « fascine », ou qui soumet, est néanmoins créé par l'action de la même force. Dans le monde physique et ses plans matériels, cette force est appelée MOUVEMENT ; dans les mondes du mental et de la métaphysique, c'est la VOLONTÉ, cette magicienne qui, sous ses visages multiples, opère dans la nature entière.
De même que le taux de vibrations (mouvement moléculaire) du bois, des métaux, des cristaux, etc., se modifie sous l'effet du froid, de la chaleur, etc... les molécules cérébrales sont soumises au même changement, c'est-à-dire que leur taux de vibration augmente ou diminue. Voici ce qui a réellement lieu durant le phénomène de l'hypnose. Lorsque l'hypnose est produite par le regard, c'est l'œil (l'agent principal de la Volonté de l'opérateur actif, mais l'esclave et le traître, lorsque cette volonté est endormie) qui, à l'insu du malade ou du sujet, met à l'unisson les oscillations de ses centres nerveux cérébraux avec les vibrations de l'objet qu'il regarde, en saisissant le rythme de ces vibrations et en le communiquant au cerveau. Mais, lorsque l'hypnose est produite par les passes directes, c'est la Volonté qui, rayonnant de l'œil de l'opérateur, met à l'unisson cette volonté même avec la volonté de la personne sur laquelle elle agit. Car de deux objets mis à l'unisson (deux cordes par exemple), l'un sera toujours plus fort que l'autre et l'emportera sur le plus faible, qu'il aura même la potentialité de détruire. C'est tellement vrai que nous trouvons dans la science physique des exemples à l'appui de ce fait. Ainsi, prenez le cas de la « flamme sensible ». La science nous dit que si l'on fait résonner une note à l'unisson avec le taux de vibrations des molécules de la chaleur, les flammes répondent immédiatement au son (ou à la note produite) en dansant et en chantant au rythme des sons. Mais la Science occulte ajoute que, si le son augmente d'intensité, la flamme peut aussi s'éteindre. (Voyez Isis Unveiled, édition anglaise, Vol. Il, p. 606 et 607). Voici un autre exemple. Prenez un verre en cristal très fin et très clair, et frappez-le légèrement avec une cuillère en argent, de façon à produire un son bien déterminé ; reproduisez ensuite la même note en frottant le bord du verre avec un doigt humide, et, si l'expérience réussit, le verre éclatera immédiatement en morceaux. Indifférent à tout autre son, le verre ne résiste pas à la grande intensité de sa propre note fondamentale, car cette vibration particulière cause, dans les particules dont il est composé, une telle commotion que le tout tombe en pièces.

Question. — Que deviennent les maladies guéries au moyen de l'hypnotisme ? Sont-elles vraiment guéries ou simplement renvoyées à plus tard, ou bien reparaissent-elles sous une autre forme ? Les maladies sont-elles karmiques ? Et, dans ce cas, est-ce bien de chercher à les guérir ? Réponse. — La suggestion hypnotique peut guérir pour toujours ; elle peut aussi ne pas guérir. Tout dépend du degré des relations magnétiques établies entre l'opérateur et le malade. Si les maladies sont karmiques, elles ne sont que remises à plus tard et elles reviendront sous une autre forme ; il n'est pas nécessaire que ce soit sous la forme d'une maladie, mais sous celle d'une rétribution d'un autre genre. Il est toujours « bien » de chercher à soulager la souffrance, lorsque nous le pouvons et de faire notre possible pour y réussir. Lorsqu'un homme purge une peine méritée d'emprisonnement, s'il prend froid dans sa cellule humide n'en faut-il pas moins que le docteur de la prison tâche de le guérir ?

Question. — Est-il nécessaire que les « suggestions » hypnotiques de l'opérateur soient exprimées en paroles ? N'est-il pas suffisant qu'il les pense ? Et ne se pourrait-il pas qu'il fût lui-même ignorant ou inconscient du genre d'influence qu'il exerce sur son sujet ? Réponse. — Non, certes, si le rapport est fermement établi entre les deux, une fois pour toutes. La pensée est plus puissante que la parole, lorsque la volonté du malade est réellement subjuguée par celle de l'opérateur. Mais, d'un autre côté, à moins que la « suggestion » ne soit faite uniquement pour le bien du sujet et entièrement affranchie de tout motif égoïste, une suggestion en pensée est un acte de magie noire plus puissant en mauvaises conséquences qu'une suggestion en paroles. On a toujours tort et il est déloyal de priver un homme de sa volonté, et l'on n'a jamais le droit de le faire, à moins qu'il ne s'agisse du bien de la personne elle-même ou de celui de la société, et même dans le premier cas, il faut user de beaucoup de jugement. L'Occultisme considère toutes les tentatives de ce genre, dont le but n'est pas bien distinct, comme de la magie noire et de la sorcellerie, conscientes ou inconscientes.

Question. — Le motif et le caractère de l'opérateur agissent-ils sur le résultat, qu'il soit immédiat ou retardé ? Réponse. — Comme nous venons de le prouver, cela dépend de la direction que prend le processus hypnotique sous son opération, soit vers la magie blanche, soit vers la magie noire.

Question. — Est-ce agir sagement que d'hypnotiser quelqu'un pour le guérir, non seulement d'une maladie mais aussi d'une mauvaise habitude, comme de boire ou de mentir ? Réponse. — C'est un acte de charité et de bonté, qui est bien proche de la sagesse. Car, bien que l'abandon de ses habitudes vicieuses n'ajoutera rien au bon karma de cette personne (ce qui aurait lieu si ses efforts pour se réformer avaient été personnels, mus par sa propre volonté, et lui avaient coûté une grande lutte mentale et physique), néanmoins une heureuse « suggestion » la retiendra de continuer de se créer un mauvais karma et d'augmenter constamment le nombre de ses transgressions.

Question. — Lorsqu'un « guérisseur par la foi » réussit dans son opération, quelle action exerce-t-il sur lui-même ? Quels tours joue-t-il à ses principes et à son karma ? Réponse. — L'Imagination est une aide puissante dans tous les événements de notre vie. L'Imagination agit sur la Foi, et toutes deux ont pour rôle de tracer les esquisses que la Volonté doit graver plus ou moins profondément dans le roc des obstacles et des oppositions dont la route de la vie est parsemée. Paracelse dit : « La Foi doit confirmer l'imagination, car la foi raffermit la Volonté... Une volonté déterminée est le commencement de toutes les opérations magiques... C'est parce que les hommes ne savent pas imaginer parfaitement, et n'ont pas foi dans les résultats, que les arts (de la magie) sont incertains, tandis qu'ils pourraient être parfaitement certains. »
Voilà tout le secret. La moitié, sinon les deux tiers de nos troubles et de nos maladies, ne sont que les fruits de nos craintes et de notre imagination. Détruisez les craintes et donnez un autre cours à l'imagination, et la nature fera le reste. Il n'y a rien de coupable ou de dangereux dans ces méthodes elles-mêmes ; elles ne font de mal que lorsque le guérisseur par la foi, entraîné par une croyance exagérée en son propre pouvoir, s'imagine être capable de chasser, par sa volonté, des maladies qui nécessitent le secours immédiat de médecins et de chirurgiens habiles, si l'on veut éviter que l'issue en soit fatale.