Mercredi 18 Septembre 2019

Mis à jour le Mer. 18 Sep. 2019 à 18:27

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Articles de H.P. Blavatsky

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H. P. Blavatsky (1831 - 1891) fut sans conteste la femme la plus extraordinaire du 19e siècle.

Née en Ukraine, le 12 août 1831, d'une famille de la grande noblesse russe, elle avait rompu avec une destinée toute tracée pour entreprendre, dès l'âge de 18 ans, une série d'interminables voyages autour de la terre, qui enrichirent de façon unique cet esprit ardent que n'avait instruit aucune université moderne : plus de 20 années de quête, et d'expérience du monde, jusque dans les lieux retirés où vivent sorciers et chamans, mais aussi de rencontres avec d'authentiques maîtres spirituels, allaient décider du reste de sa vie. Au contact de ces maîtres, en Inde et surtout au Tibet, elle découvrit ce qu'elle allait appeler la Théosophie, philosophie ésotérique représentant la Tradition commune à toutes les religions. Finalement, à leur instigation, elle entra dans l'arène publique et consacra toutes ses forces à propager cette philosophie qui pour elle devait servir à unir les hommes, au-delà des sectarismes.

En fondant avec quelques amis, dont le Colonel Henry S. Olcott et William Q. Judge, la Theosophical Society (Société Théosophique) à New York, en 1875, elle lançait ce qui allait devenir un grand mouvement de renouveau, dans le domaine philosophique et religieux, pour se répandre à l'échelle internationale et marquer son époque.

Malgré attaques et diffamations, dans un siècle conservateur, hostile à bien des idées dont certaines allaient plus tard devenir monnaie courante, le bilan de son action se révèle très positif à l'analyse, surtout dans le domaine du rapprochement Orient-Occident, et de la conduite de la vie spirituelle. Elle a influencé des personnages de premier plan d'horizons très divers.

Femme hors du commun, jouissant à son époque d'une notoriété internationale comme auteur d'ouvrages d'avant-garde, dans le domaine de la pensée, et comme leader spirituel d'un large mouvement à vocation humaniste, Mme Blavatsky a laissé une œuvre écrite considérable comprenant un millier d'articles de revues, plusieurs ouvrages majeurs :

Isis Dévoilée ; La Doctrine Secrète ; La Clef de la Théosophie ; La Voix du Silence ; Raja Yoga ou Occultisme ; Les Cinq messages ; Les rêves et l'éveil intérieur (de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge) .

De nombreux articles de Blavatsky sont accéssibles en ligne.

Elle décède en Angleterre, à Londres le 8 mai 1891.

Enseignement sur karma (citations)

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Sommaire

Définition de la loi de karma
Karma : Loi d'harmonie
Karma individuel, karma collectif et karma planétaire
Divers champs d'action du karma individuel et collectif
Responsabilité de l'homme et sa destinée
La vraie philosophie de karma rend sa dignité à l'homme
Comment soulager la souffrance collective de karma ?
Approche mystique à la compréhension de karma

Définition de la loi de karma

Karma signifie sur le plan physique : l'action,
Métaphysiquement karma signifie : « LA LOI DE RÉTRIBUTION, la loi de cause et d'effet, ou de causalité éthique [...]. Il y a le karma du mérite et le karma du démérite. Karma ne punit ni ne récompense, c'est simplement l'unique LOI Universelle qui guide sans erreur et, pour ainsi dire, d'une façon aveugle, toutes les autres lois qui sont productrices de certains effets en suivant les programmes invariables répondant aux types de causalités auxquelles elles sont adaptées. Quand le bouddhisme enseigne que "karma est le noyau moral (d'un être quelconque) qui seul survit à la mort et persiste dans la transmigration", ou la réincarnation, il signifie simplement que rien ne demeure de chaque personnalité si ce n'est les causes qu'elle a produites - causes qui ne meurent pas, autrement dit, qui ne peuvent être éliminées de l'Univers avant d'être remplacées par leurs effets légitimes et, pour ainsi dire, effacées par ces effets. Et ces causes, à moins d'être compensées pendant la vie de la personne qui les a produites, par des effets adéquats, suivront l'Ego [l'individualité permanente] dans sa réincarnation et l'atteindront dans ses renaissances successives, jusqu'à ce que soit pleinement rétablie une complète harmonie entre causes et effets. » (Glossaire Théosophique)

« Nous considérons karma comme la Loi Ultime de l'Univers, la source, l'origine et le fondement de toutes les autres lois qui sont à l'œuvre partout dans la Nature. Karma est la loi infaillible qui adapte l'effet à la cause, sur les plans physique, mental et spirituel de l'être. [...] Karma est cette loi invisible et inconnue qui ajuste, avec sagesse, intelligence et équité, chaque effet à sa cause, en reliant celle-ci à l'agent qui l'a produite. [...] Karma n'agit pas constamment de telle ou telle façon particulière, mais il agit toujours de manière à rétablir l'Harmonie et à conserver l'Équilibre en vertu desquels l'Univers existe. » (La Clef de la Théosophie – H.P. Blavatsky, pp. 215-219.)   [retour sommaire]

Loi d'harmonie

« Un occultiste, ou un philosophe, ne parle ni de la bonté ni de la cruauté de la Providence, mais, en l'identifiant à karma-Némésis, il enseigne qu'elle garde les hommes de bien et les protège, dans cette vie comme dans les vies futures, de même qu'elle punit le méchant, fût-ce jusqu'à sa septième renaissance - c'est-à-dire aussi longtemps que nécessaire pour qu'il ait réparé l'effet de la perturbation qu'il a causée au moindre atome du monde infini d'harmonie. Car l'unique décret de karma - décret éternel et immuable - est l'harmonie absolue dans le monde de la matière aussi bien que dans celui de l'esprit.

« Karma ne récompense ni ne punit, c'est nous qui nous récompensons ou nous punissons, suivant que nous travaillons ou non avec la Nature, selon ses voies, et de concert avec elle, en agissant ainsi d'accord avec les lois dont dépend cette harmonie, ou en les violant.

« Nous affirmons que la douleur et la souffrance sont les résultats d'un manque d'harmonie, et que l'unique et terrible cause qui perturbe l'harmonie est l'égoïsme sous une forme quelconque. Ainsi, karma fait retomber sur chaque homme les conséquences réelles de ses propres actions, tout à fait indépendamment de leur caractère moral. Mais, puisqu'il reçoit ce qui lui est dû pour tout, il est évident que karma lui fera expier toutes les souffrances qu'il aura causées, de même qu'il moissonnera dans la joie, et la gaieté de cœur, les fruits de tout le bonheur et de toute l'harmonie qu'il aura contribué à faire naître.

« C'est l'homme qui produit et crée les causes, et la loi karmique en ajuste les effets, et cet ajustement n'est pas un acte, mais l'harmonie universelle qui tend toujours à retourner vers sa condition originelle, et qui, semblable à une branche courbée avec trop de violence, se redresse avec une force égale. Si elle casse le bras de celui qui essayait de la courber en dehors de sa position naturelle, dirons-nous que c'est la branche qui a cassé ce bras, ou que c'est notre propre folie qui a été cause du malheur ? » (H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie, extraits)

« Karma n'est pas un être mais une loi, la loi universelle d'harmonie, qui sans jamais se tromper, rétablit l'équilibre après toute perturbation. » (W.Q. Judge, L’Océan de Théosophie, p. 94)  [retour sommaire]

Karma individuel, collectif et planétaire

« Les voies de karma ne seraient pas non plus impénétrables si les hommes œuvraient dans l'union et dans l'harmonie, au lieu de le faire dans la désunion et dans la lutte. Une partie du genre humain les appelle les voies obscures et inextricables de la Providence, tandis qu'une autre y voit l'effet d'un fatalisme aveugle et une troisième le résultat du simple hasard, où dieux ni démons n'ont aucun rôle. Notre ignorance de ces voies de karma disparaîtrait sûrement si nous voulions bien rattacher tous ces effets à leur cause réelle (...) Nous demeurons confondus devant ce mystère qui est notre propre création ainsi que devant les énigmes de la vie que nous ne voulons pas résoudre, et nous accusons le grand Sphinx de nous dévorer.

« En vérité, il n'y a pas un accident de notre vie, pas une mauvaise journée, pas un malheur que nous ne puissions imputer à nos propres actions dans cette vie, ou dans une vie antérieure... La loi de karma est inextricablement mêlée à celle de la réincarnation (...) II n'y a que cette doctrine qui puisse nous expliquer le problème mystérieux du bien et du mal, et réconcilier l'homme avec la terrible injustice apparente de la vie.

« En sociologie, comme dans toutes les branches de la vraie science, se vérifie la loi de causalité universelle, qui implique nécessairement, comme une conséquence logique, cette solidarité humaine sur laquelle insiste tant la Théosophie. Si l'action d'un seul réagit sur la vie de tous - et c'est là la véritable idée scientifique - il s'ensuit que l'on n'atteindra cette réelle solidarité, qui est à la base même de l'élévation de la race humaine, que si tous les hommes deviennent frères et toutes les femmes sœurs, et que si tous adoptent dans la pratique de leur vie quotidienne un vrai comportement de frères et sœurs. C'est dans cette action et cette réciprocité, cette conduite authentique qui devrait exister entre des frères et des sœurs, s'efforçant de vivre un pour tous et tous pour un, que se trouve l'un des principes fondamentaux de la Théosophie que chaque théosophe devrait se sentir tenu non seulement d'enseigner, mais de mettre en pratique dans sa vie personnelle.

« L'individu ne peut pas plus se séparer de la race humaine que celle-ci de l'individu. La loi de karma s'applique également à tous, quoique tous ne soient pas également développés. En contribuant au développement de ses semblables, le théosophe croit non seulement les aider à accomplir leur karma, mais, en même temps, à s'acquitter strictement du sien. Il a toujours en vue le développement de l'humanité, dont lui et les autres font partie intégrante. Et il sait, de plus, que, chaque fois qu'il néglige de répondre aux injonctions de ce qu'il y a de plus élevé en lui, il retarde non seulement la marche de son progrès mais celle de tous les autres. Par ses actions, il a la faculté de rendre plus pénible, ou plus facile, à l'humanité l'accession au plan suivant et plus élevé de l'être.

« Il ne faut pas perdre de vue le fait que chaque atome est soumis à la loi générale qui régit le corps entier auquel il appartient : ceci nous amène à une plus large conception de la loi karmique. Ne voyez-vous pas que l'ensemble amalgamé du karma individuel devient le karma de la nation à laquelle appartiennent les individus qui la composent, et qu'en outre la somme totale du karma national forme celui du monde ? Les maux [sociaux] ne sont limités ni à l'individu, ni même à la nation, ils sont plus ou moins universels, et c'est en suivant cette large voie de l'interdépendance des hommes que la loi de karma trouve sa conclusion légitime et équitable.

« Il est hors de question que karma puisse réajuster l'équilibre des forces dans la vie et le progrès du monde à moins de disposer de voies d'action larges et générales.

« L'interdépendance des hommes est la cause de ce qu'on appelle le karma distributif. C'est dans cette loi que se trouve la solution du grand problème de la souffrance collective et du moyen de la soulager. C'est d'ailleurs par l'effet d'une loi occulte que nul homme ne peut s'élever au-dessus de ses imperfections individuelles sans élever en même temps, si peu soit-il, l'ensemble dont il est partie intégrante. De même, nul homme ne peut pécher seul, ni souffrir seul des effets du péché. En réalité, il n'existe rien de tel que la « séparativité » [sentiment d’être séparé les uns des autres], mais ce qui approche le plus cet état égoïste, et que permettent les lois de la vie, se trouve dans l'intention ou le motif.

« Quand chaque individu aura contribué pour sa part au bien général, en apportant ce qu'il peut d'argent, de travail, de pensée ennoblissante, alors, et alors seulement, la balance du karma national s'équilibrera. Jusque-là, nous n'aurons aucun droit ni aucune raison de dire qu'il y a plus de vie sur la terre que la Nature n'en peut contenir. Il incombe aux âmes héroïques, aux sauveurs de notre race et de notre nation, de découvrir la cause de cette inégalité de pression du karma rétributif, et d'équilibrer la balance des forces par un effort suprême, en sauvant ainsi les peuples d'un cataclysme moral mille fois plus désastreux, et mauvais par ses effets durables, que ne le serait une catastrophe analogue, sur le plan physique, que vous semblez considérer comme le seul moyen possible de mettre fin à cette misère accumulée. (Clef de la Théosophie, extraits)

« Opérant sans cesse, karma agit également sur les planètes, les systèmes planétaires, les races, les nations, les familles et les individus. C'est la doctrine jumelle de la réincarnation. » (W.Q. Judge, L'Océan de Théosophie, p. 93) [retour sommaire]

Divers champs d'action du karma individuel et collectif

« Il y a trois sortes de karma :

1) celui qui n'a pas encore commencé à produire des effets dans notre vie, d'autres causes karmiques opérant sur nous,

2) le karma que nous sommes maintenant en train de créer ou de mettre en réserve par nos pensées et nos actions,

3) le karma qui a commencé à produire des résultats.

« Ces trois classes de karma gouvernent les hommes, les animaux, les mondes et les périodes d'évolution.

« Les causes karmiques se divisent [également] en trois classes, elles doivent pouvoir agir dans des domaines différents. Elles opèrent sur l'homme dans sa nature mentale et intellectuelle, dans sa nature psychique, dans son corps et dans les événements.

« Karma n'affecte jamais la nature spirituelle de l'homme et n'a aucune prise sur elle. » (W.Q. Judge, L’Océan de Théosophie, pp. 97-99)   [retour sommaire]

Responsabilité de l'homme et sa destinée

« La croyance en karma fournit à l'homme la raison la plus haute d'accepter son sort dans la vie, et elle est pour lui le plus grand encouragement à faire des efforts pour améliorer la renaissance suivante. En effet, cette acceptation et ces efforts n'auraient aucune raison d'être si nous supposions que notre sort n'était pas le résultat de la Loi inéluctable, ou que notre destinée se trouvait en d'autres mains que les nôtres. » (H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie)

« Appliquée à la vie morale de l'homme, karma est la loi de causalité éthique, de justice, la cause des naissances et des renaissances, mais également le moyen de se libérer de l'incarnation. Considérée d'un autre point de vue, c'est simplement les effets découlant des causes, action et réaction, l'exact résultat de chaque pensée et de chaque action. C'est l'acte et le résultat de l'acte, car le sens littéral du mot est action.

« Nulle part nous ne trouvons de réponse ou de réconfort, sauf dans l'ancienne vérité que chaque homme crée et modèle sa propre destinée, étant le seul qui mette en mouvement les causes de son propre bonheur et de son propre malheur. Dans une vie il sème, dans la suivante il moissonne, et c'est ainsi que la loi de karma le pousse continuellement et éternellement.

« Karma n'est pas fatalisme. Tout ce qui a été fait dans un corps antérieur aura des conséquences dont l'Ego [l'homme réel intérieur] jouira ou souffrira dans sa nouvelle incarnation, car ainsi que l'a dit saint Paul : "Mes frères, ne vous abusez point, on ne se joue pas de Dieu, ce que l'homme sème, il le moissonnera". L'effet est dans la cause, et karma en produit la manifestation dans le corps, le cerveau et le mental fournis par la réincarnation.

« Aucun acte n'est accompli sans avoir une pensée à sa racine, au moment de son accomplissement, ou comme motif préalable produisant un effet, un résultat dans cette incarnation ou dans la prochaine. (W.Q. Judge, L'Océan de Théosophie, pp. 93, 95-96)  [retour sommaire]

La vraie philosophie de karma rend sa dignité à l'homme

« Une fois que nous nous serons pénétrés de l'idée que le principe de causalité universelle n'agit pas seulement dans le présent, mais englobe à la fois le passé, le présent et l'avenir, chaque action, sur le plan qui est actuellement le nôtre, trouvera naturellement et aisément sa vraie place et nous apparaîtra dans son véritable rapport avec nous-mêmes et avec les autres. Toute action mesquine et égoïste nous fait rétrograder, au lieu de nous faire avancer, tandis que toute pensée noble et tout acte désintéressé sont autant de degrés franchis dans notre ascension vers les plans plus élevés et plus glorieux de l'être. S'il n'y avait que cette vie, elle serait en vérité pauvre et médiocre sous bien des rapports, mais, considérée comme une préparation en vue de la prochaine sphère d'existence, il nous est loisible d'en faire la porte d'or par où nous pourrons un jour accéder - non pas seuls, en égoïstes, mais en compagnie de nos semblables - aux palais qui se trouvent au-delà.

« L'essentiel est de détruire la source la plus fertile de tout crime et de toute immoralité : la croyance que les hommes peuvent échapper aux conséquences de leurs propres actions. Qu'ils comprennent une bonne fois la vérité des lois de karma et de réincarnation, les plus grandes d'entre toutes les lois, et ils réaliseront en eux-mêmes la vraie dignité de la nature humaine, et ils se détourneront du mal en l'évitant comme ils fuiraient un danger physique.

« Depuis l'Antiquité la plus reculée le genre humain, pris dans son ensemble, a toujours été convaincu de l'existence d'une entité spirituelle et personnelle dans l'homme physique personnel. Cette entité intérieure était plus ou moins divine suivant son degré de proximité avec la couronne [le pôle divin]. Plus cette union était intime, plus la destinée de l'homme était sereine, et moins les conditions extérieures étaient dangereuses. Une telle croyance n'est ni de la bigoterie ni de la superstition, mais un sentiment instinctif toujours présent de la proximité d'un autre monde spirituel et invisible, qui, bien que subjectif pour les sens de l'homme extérieur, est parfaitement objectif pour l'Ego intérieur. De plus, ces hommes de l'Antiquité croyaient qu'il y avait des conditions extérieures et des conditions intérieures qui pouvaient influencer la détermination de notre volonté sur nos actions. Ils rejetaient le fatalisme, car le fatalisme suppose l'action aveugle de quelque pouvoir plus aveugle encore. Mais ils croyaient à la destinée ou karma que, de sa naissance à sa mort, tout homme tisse fil par fil autour de lui-même, ainsi qu'une araignée sa toile, et, pour eux, cette destinée était guidée par cette présence que certains appellent l'ange gardien, ou au contraire, par l'homme intérieur astral qui nous est plus familier, mais qui n'est que trop souvent le mauvais génie de l'homme de chair, la personnalité. Ces deux réalités mènent l'HOMME, mais l'une d'elles doit nécessairement l'emporter, et dès le commencement même de la lutte invisible, la loi de compensation et de rétribution, sévère et implacable, entre en jeu et accomplit son œuvre en suivant avec vigilance les péripéties du combat. Quand le dernier fil est tissé, et que l'homme paraît comme enveloppé dans le filet qu'il a lui-même ourdi, il se trouve alors complètement sous l'empire de cette destinée qu'il a lui-même créée. Celle-ci l'immobilise alors comme le coquillage inerte au rocher immuable, ou l'emporte comme une plume, dans un tourbillon que ses propres actions ont soulevé" (Isis Dévoilée). Telle est la destinée de l'HOMME, le véritable Ego - et non de l'Automate, la coque vide que l'on prend pour lui. Et il lui appartient de devenir le vainqueur de la matière. (H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie, pp. 250-1, 261, 195-6)  [retour sommaire]

Comment soulager la charge collective de karma ?

« En enseignant que la racine de toute la Nature, objective et subjective, et de tout ce qui peut exister d'autre dans l'univers, visible et invisible, est, a été, et sera toujours une essence unique absolue, d'où tout émane et au sein de laquelle tout retourne... c'est le devoir de tous les théosophes de contribuer par tous les moyens pratiques, et dans tous les pays, à répandre une éducation non sectaire.

« En faisant comprendre une bonne fois aux hommes qu'aucun d'eux ne possède toute la vérité mais que leurs points de vue se complètent mutuellement, et que l'on ne peut trouver l'entière vérité que dans la combinaison de tous ces points de vue, après en avoir éliminé ce que chacun d'eux avait de faux, alors, la véritable fraternité en matière de religion sera établie. Le même raisonnement s'applique au monde physique.

« Le devoir est ce qui est dû à l'humanité - à nos semblables, nos voisins, notre famille - et c'est surtout ce que nous devons à tous ceux qui sont plus pauvres et plus démunis que nous.

« La reconnaissance pour tous, sans distinction de race, de couleur, de position sociale ou de naissance, de l'égalité de tous les droits et privilèges... la même justice, la même bonté, la même considération ou la même miséricorde que celle dont on souhaiterait bénéficier soi-même.

« Amenons les hommes à sentir et à reconnaître au fond de leur cœur ce qu'est leur devoir véritable et réel envers tous, et tous les vieux abus de pouvoir, toutes les lois iniques en vigueur dans la nation et basées sur l'égoïsme humain, social ou politique, disparaîtront du même coup. » (H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie, pp. 57, 59, 243-5)   [retour sommaire]

Approche mystique à la compréhension de karma

Extraits de La Voix du Silence :

« Sache que nul effort, fût-ce le plus minime, dans une bonne ou une mauvaise direction, ne peut s'évanouir du monde des causes. Même la fumée dispersée ne reste pas sans traces.

« La Soi-Connaissance est l'enfant d'actions aimantes.

« Une parole dure proférée dans des vies passées n'est pas détruite, mais elle revient toujours.

« Laisse ton Âme prêter l'oreille à chaque cri de douleur, comme le lotus met son cœur à nu pour absorber le soleil du matin. Ne permets pas à l'ardent Soleil de sécher une seule larme de douleur avant de l'avoir essuyée toi-même des yeux de l'affligé.

« Mais laisse chaque brûlante larme humaine tomber sur ton cœur et y rester ; et ne l'essuie jamais avant que la douleur qui la fît naître n'ait disparu. Ces larmes, ô toi au cœur plein de miséricorde, ces larmes sont les courants qui arrosent les champs de l'immortelle charité. C'est sur un sol semblable que croît la fleur de minuit de Bouddha, […] C'est la semence de la libération des renaissances. Elle isole l'Arhat (le Sage) des luttes et de la convoitise, elle le guide à travers les champs de l'Être jusqu'à la paix et la béatitude, connues seulement au pays du Silence et du Non-Être.

« Le poivrier ne produit jamais de roses, et l'étoile argentée du jasmin parfumé ne se change pas en épine ou en chardon.

« Tu peux créer ce « jour » tes chances pour ton « lendemain ».

« Dans le « Grand Voyage », les causes semées chaque heure portent chacune sa moisson d'effets, car une Justice rigide gouverne le Monde. D'un mouvement puissant aux effets infailliblement justes, elle dispense aux mortels des vies heureuses ou malheureuses, progéniture karmique de toutes les pensées et actions de jadis.

« Ô toi au cœur patient, prends donc tout ce que le mérite a en réserve pour toi. Ne perds pas courage et contente-toi du destin. Tel est ton karma, le karma du cycle de tes naissances, la destinée de ceux qui, dans leur douleur et leur affliction, sont nés en même temps que toi, se réjouissent et pleurent de vie en vie, enchaînés à tes actions précédentes... » (La Voix du Silence).  [retour sommaire]



Apollonius de Tyane et Simon le Magicien

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Dans l’Histoire de la Religion Chrétienne jusqu’en l’an 200 par Charles B. Waite, qu'A.M. présente et analyse dans la revue le Banner of Light (de Boston), nous trouvons des fragments de l’ouvrage se rapportant au grand thaumaturge du deuxième siècle de l’ère chrétienne, Apollonius de Tyane, qui ne connut pas d’égal dans l’Empire Romain.

« L’époque traitée dans ce volume se divise en 6 périodes, et dans la seconde, de l’an 80 à l’an 120, se trouve inclus l’« Âge des Miracles » dont l’histoire présentera un grand intérêt pour les Spirites, s'ils comparent les manifestations d’intelligences invisibles se produisant de nos jours, avec des événements similaires qui eurent lieu dans les temps faisant suite immédiate à l’avènement du Christianisme. Apollonius de Tyane fut la figure la plus remarquable de cette époque et fut témoin du règne d’une douzaine d’empereurs romains. Avant sa naissance, Protée, un dieu égyptien, apparut à sa mère et lui annonça qu’il devait s’incarner dans l’enfant qu’elle attendait. Obéissant aux ordres qui lui avaient été données en rêve, elle se dirigea vers une prairie pour cueillir des fleurs. Tandis qu’elle s’y trouvait, une bande de cygnes formèrent un chœur autour d’elle et chantèrent à l’unisson. Pendant ce temps, et alors que l’air frémissait d’un doux zéphyr, Apollonius naquit. »

C’est là une légende qui, autrefois, faisait de toute figure remarquable un « fils de Dieu » né miraculeusement d’une vierge, mais ce qui suit est de l’histoire. « Dans sa jeunesse, il était une merveille de puissance mentale et de beauté physique ; il trouvait sa plus grande joie à converser avec les disciples de Platon, Chrysippe et Aristote. Il ne mangeait rien qui eut vie ; se nourrissait de fruits et de produits de la terre ; il était un admirateur et un disciple enthousiaste de Pythagore, et comme tel, il garda le silence pendant cinq années. Partout où il allait, il réformait le culte religieux et accomplissait des actes merveilleux. Aux fêtes, il étonnait les convives en faisant apparaître à volonté du pain, des fruits, des légumes et diverses friandises. Les statues s’animaient, des figures de bronze quittaient leur piédestal, se substituaient aux serviteurs et accomplissaient leur besogne. Par l’exercice du même pouvoir, il se produisait des dématérialisations ; des vases d’or et d’argent disparaissaient avec leur contenu ; et même les domestiques devenaient invisibles en un instant.

« Á Rome, Apollonius fut accusé de trahison. Le jour de sa comparution, l’accusateur déroula le parchemin contenant l’accusation, et fut étonné de ne plus trouver qu’une page blanche.
« Croisant un cortège funèbre, il dit aux assistants : « Déposez la bière, et je sècherai les pleurs que vous versez sur cette jeune fille. » Il toucha le corps, prononça quelques mots, et la morte revint à la vie. Pendant qu’il était à Smyrne, la peste éclata à Ephèse, et il y fut appelé. « Le voyage ne doit pas être retardé », dit-t-il, et il n’eut pas plutôt prononcé ces mots, qu’il se trouva à Ephèse.
« Presque centenaire, on l’amena devant l’Empereur à Rome, l’accusant d’être un enchanteur. On l’emprisonna. Dans sa geôle, on lui demanda quand il recouvrerait la liberté. « Demain, si elle dépend du juge ; en cet instant, si elle dépend de moi-même » Et ce disant, il dégagea une de ses jambes des fers et ajouta : « Voyez la liberté dont je jouis. » Il la replaça alors dans les chaînes.
« Au tribunal, on lui demanda : « Pourquoi les hommes vous appellent-ils un dieu ?
« Parce que », dit-il, « chaque homme qui est bon a droit à cette appellation. »
« Comment avez-vous pu prévoir la peste à Ephèse ? »
« Il répondit : « En vivant d’une nourriture plus légère que les autres hommes. »
« Les réponses qu’il donna à ces questions et à d’autres formulées par ses accusateurs, montraient tant de force que l’Empereur en fut fort impressionné, et le déclara acquitté de tout crime. Mais il dit qu’il le retiendrait afin d’avoir avec lui une conversation privée. Il répondit : « Vous pouvez garder mon corps, mais non mon âme ; et j’ajouterai : pas même mon corps. » Ayant prononcé ces paroles, il disparut du tribunal et le même jour, il se présentait devant ses amis à Puteoli, à trois jours de voyage de Rome.
« Les récits d’Apollonius prouvent qu’il fut un homme d’une grande érudition, doué d’une connaissance parfaite de la nature humaine, imbu de nobles sentiments et des principes d’une philosophie profonde. Dans une épître à Valère, il dit :
« Il n’y a pas de mort sinon en apparence, de même qu’il n’y a pas de naissance sinon en apparence. Ce qui passe de l’essence dans la nature [visible] semble naître, et ce qui passe de la nature [visible] dans l’essence semble, de la même façon mourir, bien que rien en réalité ne se crée et que rien ne périsse jamais, mais que tout devienne visible à nos yeux pour disparaître après. Tout apparaît en raison de la densité de la matière, et disparaît par suite de la ténuité de l’essence, mais c’est toujours la même chose, ne différant que par le mouvement et l’état. »
« Le plus grand hommage rendu à Apollonius le fut par l’Empereur Titus. Le Philosophe lui ayant écrit immédiatement après son avènement, pour lui conseiller la modération dans son gouvernement, Titus répondit : -
« En mon nom propre et au nom de mon pays, je vous remercie et me souviendrai de ces choses. J’ai, en vérité, pris Jérusalem, mais vous m’avez conquis. »
« Les choses merveilleuses qu’accomplit Apollonius, et qu’on considérait comme miraculeuses, mais dont le Spiritisme moderne montre clairement la source et la cause qui les produit, étaient un objet de ferme croyance au deuxième siècle, et même des centaines d’années plus tard, de la part des Chrétiens, aussi bien que des autres. Simon le Magicien fut un autre faiseur de miracles célèbres du deuxième siècle et nul ne niait ses pouvoirs. Les Chrétiens mêmes étaient forcés d’admettre qu’il accomplissait des miracles. On y fait allusion dans les Actes des Apôtres, VIII : 9-10. Sa renommée était mondiale, il avait des fidèles dans toutes les nations, et à Rome, on éleva une statue en son honneur. Il eut de fréquentes discussions avec Pierre, ce que, de nos jours, nous appellerions des « concours de miracles » afin de décider lequel des deux avait le plus grand pouvoir. Il est dit dans Les Actes de Pierre et Paul  que Simon avait donné le mouvement à un serpent d’airain, qu’il avait fait rire des statues de pierre, - et qu’il s’était lui-même élevé dans les airs, et on ajoute : « Comme défi à ceci, Pierre guérit les malades d’un mot, rendit la vue aux aveugles, etc… » Simon ayant été amené devant Néron, changea de forme : il devint soudain un enfant puis un vieillard ; à un autre moment, il se métamorphosa en jeune homme « Et Néron, en voyant cela, supposa qu’il était le Fils de Dieu. »

Dans Reconnaissance un ouvrage de l’école Pétrine du début de notre ère, on trouve un compte rendu d’une discussion publique entre Pierre et Simon le Magicien, qui est reproduit dans ce volume.
On n’y donne aussi des récits se rapportant à beaucoup d’autres faiseurs de miracles prouvant d’une manière tout à fait concluante que le pouvoir qu’ils employaient n’était pas le don exclusif d’une seule personne, ni d’un groupe limité, comme l’enseigne le monde chrétien, mais que les dons médiumniques étaient alors comme aujourd’hui, possédés par beaucoup d’humains. Les citations prises dans les écrits des deux premiers siècles de l’ère chrétienne et qui relatent les faits de cette époque, mettront à une rude épreuve la crédulité des plus crédules, même dans notre siècle de merveilles. Beaucoup de ces récits peuvent être grandement exagérés, mais il n’est pas raisonnable de supposer que tous sont de pures inventions n’ayant même pas pour base une moitié de vrai dans ce qu’ils racontent ; et pareille supposition est encore moins permise depuis les révélations que l’avènement du Spiritisme moderne a apportées aux hommes. On pourra se rendre compte de la façon complète dont est traité chaque sujet dans ce volume, lorsqu’on saura que l’index comporte deux cent treize références à des passages se rapportant à « Jésus-Christ » ; ce qui nous permet aussi de déduire logiquement que ces textes doivent être d’une grande valeur pour ceux qui cherchent à se documenter afin d’être en mesure de décider si Jésus fut « Homme, Mythe ou Dieu ». On n’y montre pleinement « L’Origine et l’Histoire des Doctrines Chrétiennes » ainsi que « L’Origine et l’Etablissement de l’Autorité de l’Eglise de Rome sur d’autres Eglises » et l’on y donne beaucoup d’éclaircissement sur de nombreuse questions obscures et contestées. En un mot, il nous est impossible, sans dépasser de beaucoup les limites prescrites à cet article, de rendre pleine justice à ce livre très instructif ; mais nous pensons en avoir dit assez pour convaincre nos lecteurs qu’il est d’un intérêt dépassant la moyenne, et qu’il constitue une acquisition précieuse pour la littérature de cet âge de progrès .(1)
Certains écrivains ont essayé de représenter Apollonius comme une figure légendaire, tandis que les Chrétiens pieux persisteront à l’appeler un imposteur. Si l’existence de Jésus de Nazareth était aussi bien certifiée par l’histoire, et s’il avait été moitié aussi connu qu’Apollonius des écrivains classiques, aucun sceptique ne pourrait douter aujourd’hui de l’existence d’un homme tel que le Fils de Marie et de Joseph. Apollonius de Tyane fut l’ami et le correspondant d’une Impératrice romaine et de plusieurs Empereurs, tandis qu’il n’est resté rien de plus de Jésus sur les pages de l’histoire, que si sa vie avait été écrite sur les sables du désert. Sa lettre à Agbarus, prince d’Edesse, dont l’authenticité n’est attestée que par Eusèbe seul – ce Baron Münchhausen de la hiérarchie des Pères – est appelé dans les Evidences du Christianisme, « une tentative de faux » par Paley lui-même, dont la foi robuste accepte les histoires les plus invraisemblables. Apollonius est donc un personnage historique, tandis que beaucoup des Pères Apostoliques eux-mêmes, placés devant l’œil scrutateur de la critique historique, commencent à vaciller, et certains s’évanouissent et disparaissent comme le « feu follet » ou l’ignis fatuus.

H.P. Blavatsky
Cet article fut publié pour la première fois en anglais par H.P. Blavatsky dans la revue The Theosophist de juin 1881. Première traduction française dans la revue Théosophie,de janvier 1932.

(1) Publié à Chicago: 2d. éd. vol. 1, p. 455, par C.V. Waite & Co., Thomas J. Whitehead & Co., agents for New England, 5 Court Square, Room 5, Boston.

Conscience

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La conscience est le siège de la vie réelle de l’individu humain. La simple activité de ses fonctions corporelles n’est pas sa vie. Ces fonctions sont les voies et moyens par lesquels son être réel communique avec le monde phénoménal et avec d’autres unités de conscience semblables à la sienne. Par elles, sa vie est grandement affectée ; par leur influence, ses pensées sont nourries, ses sentiments sont modifiés, ses actes inspirés. Mais considérons les modes d’activité de la conscience, et les formes spéciales selon lesquelles elle se manifeste. En observant les modes d’être des humains et les buts de la vie, on remarque trois classes de conscience. En d’autres termes, il y a trois modes d’existence que la conscience de l’individu peut revêtir, ou selon lesquels elle peut se manifester, et le fait d’adopter un de ces modes particuliers, sciemment et délibérément, ou l’inverse, détermine le caractère et la valeur intrinsèque de la conscience.
Le mode de conscience élémentaire ou le plus simple, nous le désignons sous le nom de linéaire. A cet état de conscience, les sentiments, les pensées et les énergies de l’individu sont centrés non seulement sur un plan, mais ils sont limités à une seule direction de ce plan. La conscience qui appartient à ce plan est limitée à la faculté de se mouvoir d’arrière en avant selon une ligne droite. Elle est asservie à cette voie spéciale comme l’est un train à sa voie ferrée. Cette forme de conscience est très courante. C’est le sort de ceux qui n’ont qu’un seul but dans la vie, but d’ordre personnel. Quel que puisse être le but principal de la vie, qu’il s’agisse d’un commerçant qui vise simplement à gagner de l’argent, ou d’un professionnel dans sa sphère spéciale, ou d’hommes et de femmes de la société constamment tiraillés de droite à gauche par le tourbillon des plaisirs et de l’agitation –cela importe peu ; la conscience qui est l’essence de l’individu, s’exerce et ne possède de pouvoir que dans la sphère limitée qu’on vient de décrire. Il suffit de regarder autour de soi pour observer de nombreux exemples de cette classe. Un très grand nombre d’hommes et de femmes de l’époque actuelle appartiennent à ce groupe.
La seconde classe de conscience permet une liberté plus large d’activité.
Les dimensions du royaume qu’elle régit comportent deux directions ; car, en surplus du mouvement en arrière et en avant, cette conscience peut parcourir des régions qui s’étendent à droite et à gauche.
Cette forme de conscience, nous l’appellerons superficielle ; elle est douée de longueur et de largeur, mais n’a pas de profondeur.
Elle est possédée par ceux qui, tout en se consacrant à une occupation spéciale qui absorbe leurs principales énergies, s’adonnent également à des activités supplémentaires dans d’autres sphères qui ont pour eux un intérêt spécial. Cette conscience est celle qui prédomine largement parmi les hommes et les femmes qui, suivant leur vocation jour après jour pour subvenir aux besoins de l’existence, ont assez d’énergie mentale ou émotionnelle pour les amener à s’occuper de choses qui exercent la pensée ou poursuivent un dessein. Les gens doués de cette forme de conscience sont actifs et semblent viser à un but, quoique celui-ci puisse être dépourvu de noblesse ou de valeur intrinsèque. Naturellement, cette conscience jouit beaucoup plus de la vie que celle qui appartient à la classe dite linéaire. Les gens d’affaires qui ne sont pas complètement absorbés par le désir de gagner de l’argent, les ecclésiastiques et les prêtres doués d’une sympathie tolérante, les professeurs non limités à une tendance particulière de pensée, et les personnes dont la vie est en général utile et active, appartiennent à cette seconde classe de conscience superficielle.
La conscience dont il nous reste à parler est d’une étendue infiniment plus vaste que celle des deux classes déjà décrites.
Ses dimensions s’étendent dans trois directions. Elle existe non seulement dans toutes les directions superficielles, mais elle pénètre de plus sous la surface par sa qualité de profondeur. Il est vrai que la surface peut varier en étendue. Elle peut paraître, à l’œil de l’observateur, limitée, ou peut sembler s’étendre au loin, mais la profondeur de sa nature ne peut être connue que de quelques-uns, et encore d’une façon partielle seulement. L’épaisseur sous la surface doit-être perçue et évaluée par les facultés d’une conscience de nature identique. Dans la profondeur d’un objet réside sa capacité de substance, et la conscience est d’une nature si réelle que partout où elle existe en tant que profondeur, elle manifeste la substance réelle. Les objets qui appartiennent aux formes linéaires et superficielles de conscience, sont de caractère temporaire et fugace, mais ceux qui sont l’apanage de la forme solide sont à l’abri de tout changement possible.
Dans cette région profonde existe des voies inextricables, infinies par la variété et le nombre, qui s’enfoncent jusqu’aux limites où elle s’étend.
En les explorant, la conscience trouve des occupations innombrables. Cette classe de conscience donne au monde les hommes qui lui fournissent des connaissances, et dont la nature profonde est l’abîme d’où jaillissent les fontaines, les ruisseaux qui irriguent la vie, qui font tourner ses roues et la rendent fertiles.
Ces hommes sont les plus riches des êtres terrestres ; leur fortune est inépuisable et impérissable. Cette profondeur où leur conscience se complaît, appartient à un autre monde que celui de l’existence humaine ordinaire ; c’est l’univers de la vie éternelle et infinie dont ils sont déjà les sujets.
Nous devrions appeler sensorielle la première forme de conscience, ou celle qui agit simplement par les sens et le système nerveux ; la seconde forme pourrait être appelée intellectuelle ou inter-sensorielle ; la troisième forme est la conscience spirituelle ou super-sensorielle.
La conscience sensorielle se complaît uniquement dans les formes externes des objets et ne reçoit des impressions que de ces formes telles que nous les voyons.
La conscience intellectuelle trouve la cause de son activité moins dans les formes des objets extérieurs que dans leurs mouvements et les effets de ces mouvements sur les objets eux-mêmes.
La conscience spirituelle se meut parmi les causes cachées de la conscience sensorielles et de l’intellectuelle.

H. P. Blavatsky
Cet article fut publié pour la première fois par H.P. Blavatsky dans le Lucifer d’octobre 1888.

La nature septuple de l'Homme

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Extrait des pages 106 à 109 de La Clef de la Théosophie d’H.P. Blavatsky.

Qu’est-ce que dit la Théosophie de ce qu'on appelle l'Esprit et l'Âme, d'une part, et l'homme de chair, d'autre part ? Ceci est l'ancienne division platonicienne. Platon, étant un Initié, ne pouvait pas entrer dans des détails défendus ; mais quiconque connaît la doctrine archaïque retrouvera les sept principes dans les diverses combinaisons de l'Âme et de l'Esprit faites par Platon. Il considérait l'homme comme étant constitué essentiellement de deux parties : l'une éternelle, formée de la même essence que l'Absoluité, l'autre, mortelle et corruptible, tirant ses parties constituantes des dieux « créés », d'ordre mineur. Pour lui, l'homme était composé : 1° d'un corps mortel ; 2° d'un principe immortel ; et 3° « d'une sorte d'Âme mortelle et séparée ». C'est ce que nous appelons respectivement l'homme physique, l'Âme Spirituelle ou Esprit (Noûs), et l'Âme animale (psuchè). C'est la division qui a été adoptée par Paul (un autre Initié) qui, pour sa part, affirme qu'il existe un corps psychique, semé dans le corruptible (il s'agit en l'occurrence de l'âme astrale, ou du corps astral), et un corps spirituel constitué d'une substance incorruptible. Jacques lui-même corrobore cette assertion quand il dit (3, 15) que la « sagesse » (de notre âme inférieure) n'est pas venue d'en haut, mais qu'elle est terrestre (« psychique » et « démoniaque », comme l'ajoute le texte grec), tandis que l'autre est la sagesse céleste. Bien que Platon, et même Pythagore, ne parlent que de trois « principes », il est si évident qu'ils leur attribuent sept fonctions différentes dans leurs diverses combinaisons qu'il suffit de comparer nos enseignements avec les leurs pour nous en rendre compte. Donnons un aperçu rapide de ces sept aspects au moyen des tableaux suivants :

Division Théosophique de l’homme
Le Quaternaire inférieur

(a) Rûpa, ou sthûla sharîra (a) Corps physique (a) C'est le véhicule de tous les autres "principes" pendant la vie.
(b) Prâna  (b) Vie, ou principe vital (b) Nécessaire seulement à a, c, d, ainsi qu'aux fonctions du Manas inférieur qui englobent toutes celles qui sont limitées au cerveau (physique).
(c) Linga sharîra (c) Corps astral (c) Le Double, le corps fantôme.
(d) Kâmarûpa (d) Le siège des désirs et passions animaux. (d) C'est le centre de l'homme animal, où se trouve la ligne de démarcation qui sépare l'homme mortel de l'entité immortelle.

La Triade supérieure impérissable

e) Manas - un principe double dans ses fonctions. (e) Mental, Intelligence ; le mental humain supérieur dont la lumière ou le rayonement unit, durant la vie, la MONADE à l'homme mortel (e) L'état futur et la destinée karmique de l'homme dépendent du devenir de Manas, selon qu'il descend plus bas, vers kâmarûpa, le siège des passions animales, ou qu'il s'élève en gravitant vers Buddhi, l'Ego spirituel. Dans ce dernier cas, la conscience supérieure des aspirations spirituelles individuelles du mental (Manas), assimilant Buddhi, est absorbée par ce principe et constitue l'Ego, qui entre dans la béatitude dévachanique (1).
(f) Buddhi (f) L'Âme Spirituelle (f) Le véhicule de l'esprit pur et universel.
(g)Âtma (g) L'Esprit (g) Un avec l'Absolu (du fait qu'il en est le rayonnement)

Maintenant, qu'enseigne Platon ? Il parle de l'homme intérieur comme étant constitué de deux parties — l'une immuable et toujours identique, formée de la même substance que la Divinité, et l'autre mortelle et corruptible [v. Timée, 69]. Ces « deux parties » correspondent respectivement à notre Triade supérieure et à notre quaternaire inférieur (voir le tableau). Il explique que, « toutes les fois que l'Âme (psuchè) prend comme allié le Noûs » — l'esprit divin ou la substance divine (2) — « (...) elle mène toute chose avec rectitude et bonheur ; mais si elle s'associe à anoia » — la déraison, ou l'Âme animale et irrationnelle — « c'est tout le contraire qu'elle produit comme effet » [extraits, Les Lois, 897, a-b]. Nous avons donc ici Manas (ou l'Âme en général) sous ses deux aspects : en s'attachant à anoia (notre kamarûpa, l'« Âme animale », dans le Bouddhisme ésotérique), il se précipite vers l'annihilation complète, pour ce qui est de l'Ego personnel ; au contraire, en s'alliant au Nous (Âtma-Buddhi) il se fond dans l'Ego immortel et impérissable, et sa conscience spirituelle de la personnalité qui fut devient alors immortelle.

Note (1) Dans le Bouddhisme ésotérique de M. Sinnett, d, e, et f, s'appellent respectivement l'Âme animale, l'Âmee humaine, et l'Âme spirituelle, ce qui est aussi correct. Bien que les principes soient numérotés dans le Bouddhisme ésotérique, cette numérotation est, strictement parlant, inutile. Seule la Monade avec ses deux aspects (Âtma-Buddhi) peut être considérée comme correspondant aux deux nombres les plus élevés (le 6e et le 7e principes). En ce qui concerne tous les autres, aucune numérotation n'est possible en général, puisqu' on ne doit considérer comme premier que le « principe » qui est prédominant dans l'homme. Chez certains hommes, c'est l'Intelligence supérieure (Manas ou le 5e principe) qui domine, chez d'autres, c'est l'Âme animale (kamarûpa) qui règne par-dessus tout, et manifeste les instincts les plus bestiaux, etc.
Note (2) : Paul appelle « Esprit » le Noûs de Platon, mais, puisque cet esprit est « substance », il s'agit évidemment de Buddhi, et non d'Âtma, qui, au point de vue philosophique, ne peut être en aucun cas qualifié de « substance ». Nous avons inclus Âtma dans les « principes » humains pour ne pas causer plus de confusion. En réalité ce n'est pas un principe « humain », mais le principe absolu, universel, dont Buddhi, l'Esprit-Âme, est le véhicule.

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