Jeudi 21 Février 2019

Mis à jour le Jeu. 21 Fév. 2019 à 18:38

Retour H.P. Blavatsky

Articles de H.P. Blavatsky

AddThis Social Bookmark Button

Helena Petrovna Blavatsky (1831 - 1891) ou Madame Blavatsky fut sans conteste la femme la plus extraordinaire du 19e siècle. Née d'une famille de la grande noblesse russe, elle entreprendra pendant plus de 20 années, une série d'interminables voyages autour de la terre. Elle rencontra d'authentiques maîtres spirituels. Au contact de ces maîtres, en Inde et surtout au Tibet, elle découvrit ce qu'elle allait appeler la Théosophie, philosophie ésotérique représentant la Tradition commune à toutes les religions.Elle consacra toutes ses forces à propager cette philosophie qui pour elle devait servir à unir les hommes, au-delà des sectarismes.

En fondant avec quelques amis, dont le Colonel Henry S. Olcott et William Q. Judge, la Theosophical Society (Société Théosophique) à New York, en 1875, elle lançait ce qui allait devenir un grand mouvement planétaire de renouveau, dans le domaine philosophique, humaniste et spirituel.

Mme Blavatsky a laissé une œuvre écrite considérable comprenant un millier d'articles et plusieurs ouvrages majeurs : Isis Dévoilée ; La Doctrine Secrète ; La Clef de la Théosophie ; La Voix du Silence ; Raja Yoga ou Occultisme ; Les Cinq messages ; Les rêves et l'éveil intérieur (de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

De nombreux articles de Blavatsky sont accessibles en ligne.

Elle décède le 8 mai 1891 à Londres (Angleterre).

L'interaction entre l'humanité et les hiérarchies divines

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Le fondement de l'astrologie
« Le Cinquième groupe [de la hiérarchie des Pouvoirs Créateurs] est très mystérieux, parce qu'il est en rapport avec le Pentagone Microcosmique, l'étoile à cinq branches qui représente l'homme. En Inde et en Égypte ces Dhyanis [hiérarchies Divines] sont associées au Crocodile, et ils résident dans le Capricorne. Ces termes, dans l'astrologie Indienne sont convertibles, et ce (dixième) signe du Zodiaque est appelé Makara, vaguement traduit par « crocodile ». Le mot est interprété de différentes manières en occultisme, comme on le verra plus loin. En Égypte, le défunt – dont le symbole est le pentacle ou l'étoile à cinq branches, avec les pointes qui représentent les membres d'un homme – était de manière emblématique transformé en un crocodile : Sebek, Sevekh, ou « le septième », et comme le montre M. Gerald Massey, celui qui est le symbole de l'intelligence, est en réalité un dragon et non un crocodile [Sebek = le dragon-crocodile]. Il est le « Dragon de Sagesse », ou le Manas, « l'Âme Humaine », le mental, le principe d'intelligence, appelé dans la philosophie ésotérique le « Cinquième » principe. » ‒ Traduction de The Secret Doctrine, I, p. 219.

L'humanité rationnelle
« Ce fût le travail de la cinquième Hiérarchie – ces êtres mystérieux qui président la constellation du Capricorne, Makara, ou du « Crocodile » en Inde et en Égypte – d'informer la forme animale, vide et éthérée, pour en faire l'Homme Rationnel. Ceci est un des sujets sur lequel très peu peut en être dit au grand public. C'est un MYSTÈRE, vraiment, mais seulement pour celui qui est prêt à rejeter l'existence, dans l'Univers, d'Êtres spirituels intelligents et conscients, et qui limite la pleine conscience à l'homme, et à « une fonction du cerveau ». De nombreuses Entités Spirituelles se sont incarnées corporellement dans l'humanité, depuis le début de son apparition, et qui, malgré cela, demeurent toujours aussi indépendantes, qu'avant, dans les infinités de l'Espace... » ‒ Traduction de The Secret Doctrine, I, p. 233.

Le symbole du Capricorne
« Regardons ce qui a été déjà dit, dans la littérature théosophique au sujet de la constellation du Capricorne, et ce qui en est généralement connu. Chacun sait que

  Signe zodiacal du Capricorne

est le dixième signe du Zodiaque dans lequel le Soleil entre au solstice d'hivers, environ le 21 décembre. Mais très peu, dit-on, savent – même en Inde, hormis les initiés – quelle est la relation mystique réelle qui semble exister entre les noms de Makara et de Kumara. Le premier représente, selon certains orientalistes, un animal amphibie appelé cavalièrement « crocodile », et le second est le titre du grand patron des yogis (voir le Siva Purana), les Fils de Rudra (Siva) qui sont unis à Lui ; un Kumara lui-même. C'est par leur connexion à l'Homme que les Kumaras sont aussi reliés au Zodiaque. Essayons de trouver ce que le mot Makara signifie.
« Le mot Makara, nous dit l'auteur des Douze signes du Zodiaque, [article M. Subba Row, paru dans l'ouvrage Five Years of Theosophy] « contient en lui-même la clef de son interprétation correcte. La lettre Ma équivaut au chiffre 5, et Kara signifie la main. [...] Ainsi Makaram ou Panchakaram signifient un Pentagone » ‒ l'étoile à cinq branches ou le pentagone représentant les cinq membres de l'homme (*) ».
« (*) Quelle est la signification et la raison de cette figure ? C'est que le Manas est le cinquième principe, et que le pentagone est le symbole de l'Homme ‒ non seulement de celui qui a cinq-membres, mais plutôt de l'HOMME pensant, et conscient. » ‒ Traduction de The Secret Doctrine, II, p. 576.

Un symbolisme universel
« L'ésotérisme du Nouveau Testament confirme tout à fait celui des Livres Mosaïques Hébreux ; et comme à, la même période, nombre de symboles, en général, purement égyptiens et païens – la Trinité par exemple – furent copiés et incorporés dans, les synoptiques et [l'évangile de] saint Jean, il est évident que l'identité de ces symboles était connus des auteurs (quels qu'ils furent) du Nouveau Testament. [...] Ainsi l'eau, le feu, la Croix, ainsi que la Colombe, l'Agneau, et d'autres animaux sacrés, avec toutes leurs combinaisons, qui ont la même signification, d'un point de vue ésotérique. »
« Le Lotus et l'Eau sont parmi les plus vieux symboles, et leur origine est purement aryenne, et sont devenus une propriété commune [...] [avec l'humanité actuelle]. Donnons un exemple. Les lettres, comme les nombres, sont tous mystiques, tant pris en combinaison que séparément. La lettre M est la plus sacrée de toutes les lettres, et elle est à la fois féminine et masculine, ou androgyne ; et symbolise l'EAU, le grand abîme. Elle est mystique dans toutes les langues, Orientales et Occidentales, et sa forme représente des vagues : Signe de Makara. Dans l'ésotérisme aryen et sémite, cette lettre était toujours associée aux eaux ; i.e. en sanskrit à MAKARA – le dixième signe du Zodiaque – qui représente un crocodile, ou plutôt un monstre aquatique toujours associé à l'eau. La syllabe MA équivaut et correspond au nombre 5 – composé d'un binaire, symbole des deux sexes séparés, et d'un ternaire, symbole de la troisième vie, la progéniture du binaire. Cela encore, est souvent symbolisé par le Pentagone, qui est un signe sacré, un Monogramme divin. MAITREYA est le nom secret du Cinquième Bouddha, et le Kalki Avatar des Brahmanes – le dernier MESSIE qui viendra à la culmination du Grand Cycle. C'est aussi la première lettre du mot grec Metis ou la Divine Sagesse, le « verbe » ou Logos ; et de Mithra (le Mihr), la Monade, le Mystère. Tous sont nés dans, et à partir, du grand Abîme, et ils sont les Fils de Maya – la Mère ; en Egypte, de Mouth, en Grèce de Minerve (sagesse divine), de Marie, ou Myriam, Myrrha, etc. ; de la Mère du Logos chrétien, et de Maya, la mère du Bouddha. Madheva et Madhavi sont les noms des dieux et déesses les plus importants du panthéon hindou. Finalement, Mandala est en sanskrit « un cercle », ou un orbe (les dix sections du Rig Veda). Les noms les plus sacrés en Inde commencent généralement avec cette lettre – de Mahat, la première manifestation de l'intellect, et Mandara, la grande montagne utilisée par les dieux pour baratter l'Océan, et jusqu'à Mandakin, le Ganga(Gange) céleste, Manu, etc., etc. »

« Nous avons aussi Moïse – trouvé dans les eaux du Nile – avec une consonance symbolique dans son nom. Et la fille du pharaon l'appela du nom de Moïse, car, « je l'ai tiré des EAUX » (Exode, ii, 10) (*). A côté de cela le nom hébreux sacré de Dieu, formulé avec la lettre M, est Meborach, le « Saint » ou le « Béni », et le nom des eaux du Déluge est M'bul. Un rappel des « trois Maries » à la Crucifixion et leur lien avec Mar, la Mer, ou l'Eau, pourrait clore les exemples. C'est pourquoi dans le Judaïsme et le Christianisme le Messie est toujours associé à l'Eau, au Baptême, aux Poissons (le signe zodiacal appelé Meenam en sanskrit), et même avec l'Avatar Matsya (poisson), et le Lotus – le symbole de la matrice, ou son homologue le nénuphar.
« Sur les reliques de l'ancienne Egypte, plus les objets de symboles et d'emblèmes votifs exhumés sont anciens, plus souvent les fleurs de lotus et l'eau sont dédiés aux Dieux Solaires. Le dieu [Noun] (Khnoom) – le pouvoir humide – l'eau, comme l'enseigne Thales, étant le principe de toutes choses, est assis sur un trône enchâssé d'un lotus (époque saïte, serapeum). [...] La « grenouille ou le crapaud divin » était parmi les principales déités créatives cosmiques, à cause de sa nature amphibie, et surtout à cause de son apparente résurrection, après avoir passé une longue période cachée dans de vieux murs, rochers, etc ; et elle participa non seulement à l'organisation du monde, avec [Noun] (Khnoom), mais fut aussi associée au dogme de la résurrection (**). Il doit y avoir quelques sens profonds et sacrés attaché à ce symbole, puisque, malgré le risque du reproche d'une zoolâtrie dégradante, les premiers Chrétiens égyptiens l'adoptèrent dans leurs Eglises. Une grenouille ou un crapaud enchâssé dans un lotus, ou simplement sans cet emblème, était une forme adoptée pour les lampes d'Eglise, sur lesquelles était gravés ces mots « Je suis la résurrection » [ego eimi anastasis]. On retrouve ces grenouilles divines sur toutes les momies. »
(*) Quand les sept filles du prêtre de Midian, vinrent puiser de l'eau, c'est par Moïse que troupeau put être abreuvé, et pour ce service Midian offrit Çippora (de sippara = la vague brillante) comme épouse à Moïse (Exode, II). Tout ceci à un sens secret.
(**) Avec les Egyptiens la résurrection avait lieu après 3000 ans de purification, dans le Devachan ou « dans les champs de béatitude ».

Extraits de The Secret Doctrine, II, pp. 384-6.

top-iconRetour en Hauttop-icon

Citations sur le mystère de l'année solaire

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

L'année solaire et le cycle de l'initiation
« Certains auteurs intéressés par le sujet – en particulier les maçons – ont essayé d'identifier Hénok (Hénoc) au Toth de Memphis, au grec Hermès, et même au Mercure latin. En tant qu'individus, tous sont distincts les uns des autres ; professionnellement – si un tel mot peut être utilisé, alors que son sens est maintenant si limité – ils appartiennent chacun et collectivement à la même catégorie d'auteurs sacrés, ou d'Initiateurs et de Dépositaires de Sagesse Occulte ancienne. Ceux qui dans le Coran (voir la Surate XIX) sont appelés du nom générique d'Edris, les « Savants » (ou les Initiés), portaient en Egypte le nom de « Toth », l'inventeur des arts, des sciences, de l'écriture ou de l'alphabet, de la musique et de l'astronomie. Chez les juifs les Edris devinrent « Hénok », qui, selon Bar-Hebraeus, « fut l'inventeur de l'écriture », des livres, des arts, et des sciences, et le premier qui définit le système du mouvement des planètes. En Grèce il était appelé Orphée, et ainsi son nom fut changé dans chaque nation. Le nombre sept est attaché et relié à chacun de ces Initiateurs primitifs, ainsi qu'au chiffre 365, le nombre de jours de l'année, et astronomiquement, il définit la mission, le caractère, et le devoir sacré de tous ces hommes, mais certainement pas de leurs personnalités. Hénok est le septième Patriarche ; Orphée est le possesseur de la phorminx, la lyre à sept cordes, qui est le septuple mystère de l'initiation. Toth, portant sur la tête le Disque Solaire à sept rayons, parcourt dans le bateau Solaire, les 365 degrés, et, tous les quatre ans, saute un jour. Finalement, Toth-Lunus est le dieu septuple des sept jours, ou de la semaine. Esotériquement et spirituellement, Enoichion signifie « le Voyant à l'Œil Ouvert ». ‒ Traduction de The Secret Doctrine, II, pp. 529-30.

Pendant l'année garder l'espérance dans le Christos intérieur
« Il est peu probable qu'un chiffre aussi sombre que 1888 puisse apporter beaucoup de joie et de prospérité à ceux qui vivent pour la vérité ; cependant l'année est annoncée par la glorieuse étoile de Venus-Lucifer, qui brille si intensément qu'elle fut prise pour, ce visiteur encore plus rare, l'étoile de Bethléem. Ceci est à portée de main ; et sûrement quelque chose de l'esprit du Christos devrait naître, sur terre, sous de telles conditions. » ‒ Extrait de l'article de H.P. Blavatsky « 1888 ».
« Il y a un an, [...] il avait été dit que 1888 était une combinaison sombre de nombres : ceci a été prouvé depuis. Des tremblements de terre, de terribles éruptions volcaniques, des raz de marée et des glissements de terrains, des cyclones et des incendies, des catastrophes ferroviaires et maritimes se sont succédés rapidement les uns aux autres. Le temps, durant toute l'année, a été complètement perturbé, malsain, instable. [...] Presque toutes les nations furent frappées par quelques graves calamités ; et, parmi elles, l'Allemagne, plus particulièrement. Ce fut en 1888 que l'Empire atteignait les 18 ans de son unification. C'est durant cette fatale combinaison de quatre chiffres 8 elle perdit deux de ses Empereurs, et planta les graines de beaucoup de [futures] conséquences karmiques graves. » ‒ Extrait de l'article de H.P. Blavatsky « The Year is Dead. Long Life the Year »

top-iconRetour en Hauttop-icon.

Janus - Le dieu à double face (Citations d'écrits d'H.P. Blavatsky)

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Janus le dieu à double face
« Le premier janvier qui ouvrait le nouvel an était consacré à Janus [Janus = la « porte » ou une entrée quelconque ; la porte qui ouvre l'année], lequel donna son nom au mois de Januarius ou janvier. [...] Ce jour-là, tout le monde [dans l'Empire Romain] s'affublait, en l'honneur de Janus, à la double face, d'un faux nez plus ou moins saillant, de bonté, de franche cordialité et de sincérité. [...] Ni faux nez, ni masque ne pourraient empêcher un vieux païen de reconnaître, dans l'apôtre qui renia son Maître, son Janus à double face. Les deux sont identiques, et tout le monde a le droit de prendre son bien où il le trouve. Saint Pierre n'est le cœli Janitor que parce que Janus le fut. Le vieux concierge du ciel, qui tirait le cordon de la porte du palais du Soleil, à chaque nouveau jour, comme à chaque nouvel an, et la refermait sur eux, en les reconduisant, n'est que trop reconnaissable dans son nouveau rôle. Il était écrit, dans les étoiles qui gouvernent la destinée des dieux comme celle des mortels, que Janus – qui tenait la clef du ciel dans une main et une hallebarde de l'autre, tout comme saint Pierre le fait depuis qu'il lui a succédé – céderait sa place de portier du Soleil à celui qui deviendrait le gardien des portes du Paradis – la demeure du Christ-Soleil. Le nouveau cœli Janitor a succédé à toutes les fonctions et privilèges de l'ancien, et nous n'y voyons aucun mal. Salomon l'a dit : « Il n'y a rien de nouveau sous le soleil » – et il a bien dit. [...] Dans toutes les cérémonies religieuses, le nom de Janus était toujours invoqué le premier, car ce n'est que par son immédiate intercession que les prières des fidèles idolâtres pouvaient parvenir aux oreilles des dieux immortels. » ‒ H.B. Blavatsky, extrait de l'article « Pensées sur le Nouvel An et les Faux Nez » (Cahier Théosophique n°133).
« Janus, le dieu à double face, était à la tête de douze dieux, et dans ses représentations il était montré tenant les clefs des domaines célestes ». Isis dévoilée, (Isis Unveiled, Vol. II, p. 448).

Janus et le caractère ésotérique des Évangiles
« Le culte de la lettre morte de la Bible n'est qu'un autre genre d'idolâtrie, rien de plus. Un dogme fondamental de la foi ne peut exister sous une forme de Janus à double visage. La « justification » par le Christ ne petit être obtenue par l'homme à son choix et à sa fantaisie, seulement « par la foi », ou « par les œuvres » ; et comme, à ce sujet, Jacques (Epitre ; 2, 25) (Note 1) et Paul (Hebreux ; 11, 31) se contredisent mutuellement (Note 2), l'un des deux doit avoir tort. Il en résulte que la Bible n'est pas la « Parole de Dieu », mais, dans le meilleur des cas, contient la parole d'hommes faillibles, et d'instructeurs imparfaits. Cependant, si on la lit ésotériquement, elle contient effectivement, sinon toute la vérité, du moins « rien que la vérité », sous un déguisement allégorique ou sous un autre. Il faut seulement ne pas oublier : « Quot homines tot sententiae » (Note 3) ». [...]
« Si on demande d'expliquer les noms IESOUS CHREISTOS, la réponse est celle-ci : étudiez la mythologie, les soi-disant « fictions » des Anciens, et elles vous donneront la clef. Réfléchissez à Apollon, le dieu solaire et le « Guérisseur », et à l'allégorie concernant son fils Janus (ou Ion) (Note 4), son prêtre à Delphes, qui était le seul canal par lequel les prières pouvaient atteindre les dieux immortels ; songez aussi à son autre fils Asclépios, appelé Sôtêr, le Sauveur. Vous avez ici un feuillet du livre de l'histoire ésotérique, rédigé en tournures symboliques par les vieux poètes grecs.
La ville de Chrisa [Krisa ] (Note 5) (la moderne Crisa) fut construite en mémoire de Kréousa (ou Créüse), la fille du roi Erechthée, et la mère de Janus (ou Ion) par Apollon, pour rappeler le danger auquel Janus avait échappé (Note 6). Nous apprenons que Janus, abandonné par sa mère dans une grotte, « pour cacher la honte d'une vierge qui avait donné naissance à un fils », y fut découvert par Hermès ; ce dernier emmena le jeune enfant à Delphes, le nourrit près du sanctuaire et de l'oracle de son père, où, sous le nom de Chrêsis (χρησις), Janus devint d'abord un Chrêstês (un prêtre, devin, ou Initié), puis presque un chrêstêrion, « une victime sacrificielle » (Note 7), car il échappa de peu à un empoisonnement par sa propre mère ; celle-ci, en effet, ignorante de son identité, et mue par la jalousie, l'avait pris pour un fils de son mari [Xouthos], sur la base d'une vague indication de l'oracle. Janus la poursuivit jusqu'à l'autel, avec l'intention de la tuer, mais elle fut sauvée par la pythonisse qui révéla à tous deux le secret de leur parenté. C'est ainsi qu'en souvenir de ce salut gagné de justesse, Creüse, la mère, bâtit la ville de Chrisa, ou Krisa. Telle est l'allégorie, et elle symbolise simplement les épreuves de l'Initiation (Note 8).
Il apparaît donc que Janus, le Dieu solaire et le fils d'Apollon, le Soleil, signifie l'« Initiateur » et « Celui qui ouvre la Porte de la Lumière » (ou de la sagesse secrète des mystères), qu'il est issu de Krisa (ésotériquement Chris) et qu'il était un Chrêstos par lequel parlait le Dieu, et finalement qu'il était Ion, le père des Ioniens et, selon certains, un aspect d'Asclépios, un autre fils d'Apollon : avec ces éléments, il est facile de saisir le fil d'Ariane dans ce labyrinthe d'allégories. Toutefois ce n'est pas ici le lieu de démontrer des questions mineures en mythologie. Il suffit de faire ressortir le lien qui existe entre les personnages mythiques d'une lointaine antiquité et ce qu'on trouve dans les fables plus récentes qui ont marqué le début de notre ère de civilisation. Asclépios (Esculape) était le divin médecin, le « Guérisseur », le « Sauveur », Σωτήρ [Sôtêr], comme on l'appelait (titre également attribué à Janus de Delphes) ; et IASO, la fille d'Asclépios était la déesse de la guérison, sous le patronage de qui étaient placés tous les candidats à l'initiation dans le temple de son père — les novices ou chrêstoï, appelés « les fils d'Iasô ». ‒ Extrait de l'article de H.P. Blavatsky « Le caractère ésotérique des Evangiles » (Cahiers Théosophiques n°162/3/4).

Note 1 : [Jacques (2, 26) précise clairement : « De même que sans souffle le corps est mort, de même aussi, sans ouvres, la foi est morte ».]
Note 2 : Pour st Paul, il n'est que juste de remarquer que cette contradiction est sûrement due à une altération ultérieure de ses Epîtres, Paul était lui-même un gnostique, c'est-à-dire un « Fils de la Sagesse » et un initié aux vrais mystères de Christos, bien qu'il ait lancé ses foudres (ou, du moins, on s'est arrangé pour le faire croire) contre certaines sectes gnostiques qui, de son temps, existaient en grand nombre. Mais le Christos dont il a parlé n'était pas Jésus de Nazareth, ni aucun homme vivant, comme l'a montré avec tant de compétence M, Gerald Massey dans sa conférence : « Paul, l'adversaire gnostique de Pierre », C'était un Initié, un vrai « Maître-constructeur » ou adepte, comme il a été décrit dans Isis Unveiled (II, 90-91).
Note 3 : [« Autant d'hommes, autant d'opinions » (Cicéron).]
Note 4 : [Dans tout le passage qui suit, H.P.Blavatsky identifie Ion (héros antique qui a donné son nom aux Ioniens, considérés comme les premiers Grecs) et Janus, une des plus anciennes divinités du panthéon romain. La tragédie grecque d'Euripide, Ion, qui retrace la légende du personnage, ignore le nom latin de Janus.]
Note 5 : Aux temps d'Homère, cette ville, célèbre jadis pour ses mystères, nous apparaît comme le principal siège de l'Initiation, et le nom de Chrêstos y était employé comme un titre, pendant les mystères. Elle est mentionnée dans l'Iliade (II, 520) sous la forme Krisa [en ionien : Krisè]. [...].
Note 6 : Les racines grecques de Chrêtos et Chrêstos sont identiques ; c'est le verbe [chraô], qui a pour signification « consulter l'oracle », dans un sens, mais, dans un autre, également: « consacrer », mettre à part, attacher à un temple ou un oracle, ou vouer au service d'un oracle. Par ailleurs, [chré] (de [chréô]) veut dire « obligation », dette, devoir, ce qui renvoie à celui qui est sous l'obligation de serments, ou de vœux, qu'il a prononcés.
Note 7 : Le terme grec [chrêstos] fut aussi employé comme adjectif apposé à des noms propres, à titre de compliment, comme dans Platon (Théétète, 166 A) : [houtos dê ho Sôcratês ho chrêstos], « voici Socrate le Chrêstos » [= voilà bien le brave Socrate !] ; également à titre de surnom, comme on en voit un exemple chez Plutarque (Vies, Phocion, 746 c) qui se demande comment un personnage aussi rude et austère que Phocion a bien pu être surnommé Chrêstos [= Bon].
Note 8 : Il y a pour un Occultiste d'étranges aspects, tout à fait suggestifs, dans ce mythe de Janus (s'il s'agit bien d'un mythe). Certains font de Janus [le dieu latin] la personnification de Kosmos, d'autres, de Coelus (le ciel); il a donc un « double visage » en raison de son double caractère d'esprit et de matière; et n'est pas seulement « Janus bifrons » (à deux visages) mais aussi quadrifrons [à quatre visages] — le carré parfait, l'emblème de la Déité de la Kabbale. Ses temples furent construits à quatre côtés égaux, avec une porte et trois fenêtres sur chaque côté. Pour les mythologues, il s'agit d'une représentation des quatre saisons de l'année et des trois mois de chaque saison et, dans l'ensemble, des douze mois annuels. Toutefois, au cours des mystères de l'Initiation, Janus devenait le Soleil du Jour et le Soleil de la Nuit. C'est pourquoi on le voit souvent figuré avec dans une main le nombre 300 [en chiffres romains : CCC] et dans l'autre le nombre 65 [= LXV], ce qui totalise les jours de l'année solaire. Si maintenant on pense à H'anokh [= « initié », ou « initiant »] (Henoch ou Enoch dans la Bible), il constitue — comme on peut le montrer sur l'autorité de la Kabbale — un seul et même personnage, qu'il soit fils de Caïn, fils de Seth [sous le nom d'Enos], ou fils [de Jared, père] de Mathusalem. En tant que H'anokh (selon Fuerst) « il est l'Initiateur, l'Instructeur — à l'origine du cercle astronomique et de l'année solaire » : si on considère l'Enoch qui fut le père de Mathusalem, il passe pour avoir vécu 365 ans, [cf. Genèse, 5, 23] et avoir été enlevé vivant au ciel, comme représentant du Soleil (ou Dieu). (Voir Livre d'Enoch). Ce patriarche a bien des traits communs avec Janus, lequel est Ion exotériquement, mais IAO du point de vue de la Kabbale, ou Jehovah, le « Seigneur Dieu de la Génération », le mystérieux Yod, ou UN (nombre phallique). Car Janus, ou Ion, est aussi surnommé Consivius [= le planteur], du fait qu'il préside à la génération. Il est représenté comme donnant l'hospitalité à Saturne (Chronos, le temps) [chassé de Grèce par Jupiter] et il est l'Initiateur de l'année, ou le temps divisé en 365.

Le mystère du Jardin d'Eden
« Le mystère relatif au drame d'Eden, a été, dit-on, d'abord enseigné par Janus, qui fut aussi le premier à introduire dans les temples, le symbole de la « graine », dans le sacrifice du « pain » et du « vin » qui commémore la « chute [de l'homme] dans la reproduction [sexuée] ». ‒ Traduction d'Isis dévoilée (Isis Unveiled, Volume II, p. 44).
________________________________________

1888

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Extraits de l'article « 1888 » d'H.P. Blavatsky

Habituellement les gens souhaitent à leurs amis une heureuse année, et parfois "prospère" est ajouté à "heureuse". Il est peu probable que beaucoup de bonheur et de prospérité puisse venir à ceux qui vivent pour la vérité sous un chiffre aussi sombre que 1888 ; mais cependant l'année est influencée par la glorieuse étoile de Vénus-Lucifer, brillant de manière si resplendissante qu'elle a été prise pour ce visiteur plus rare encore, l'étoile de Bethléem. Ceci est, aussi, à notre portée de mains, et sûrement quelque chose de l'esprit du Christos peut naître sur terre sous une telle condition. Même si la joie et la prospérité sont absentes, il est possible de trouver quelque chose de plus grand qu'elles dans cette nouvelle année. Venus-Lucifer est la marraine de notre magazine, et comme nous choisissons de trouver la lumière sous son auspice, nous espérons atteindre sa noblesse. Ceci est possible pour chacun de nous personnellement, et au lieu de souhaiter à nos lecteurs une nouvelle année heureuse et prospère, nous nous sentons plus d'humeur de les prier de faire de cette année une année digne du brillant messager. Ceci peut être entrepris par ceux qui sont courageux et résolus. Thoreau signalait qu'il y avait des artistes dans la vie, des personnes qui peuvent changer la couleur d'un jour et en faire quelque chose de magnifique pour tous ceux avec lesquels ils sont en contact. Comme dans tous les arts, nous affirmons qu'il y a des adeptes, des maîtres de la vie qui la rendent divine. N'est-ce pas le plus grand art, que de pouvoir affecter l'atmosphère même dans laquelle nous vivons ? Que ceci soit le plus important se comprend immédiatement, quand nous nous souvenons que chaque personne qui respire la vie affecte l'atmosphère mentale et morale du monde, et aide à colorer la journée de ceux qui sont autour de lui. Ceux qui n'aide pas à élever les pensées et les vies des autres doivent par conséquence soit les paralyser par leur indifférence, soit les tirer fortement vers le bas. [...]  Personne ne peut rester tout à fait inactif. [...] L'occultiste reconnaît pleinement sa responsabilité et ne réclame son titre qu'après avoir éprouvé et acquis la connaissance de ses propres pouvoirs.

Le Théosophe sincère, reconnait sa responsabilité et s'efforce de trouver la connaissance, et de vivre, entre temps, en accord avec le plus haut standard dont il soit conscient. A tous, Lucifer envoie ses salutations ! La vie de l'homme est entre ses mains et il détermine son destin lui-même. Alors pourquoi 1888 ne serait pas l'année d'un plus grand développement spirituel que ne le furent toutes les autres années que nous avons déjà vécues ? Il ne dépend que de nous de le faire. C'est un fait réel, non un pieux sentiment. Dans un jardin de tournesols chaque fleur se tourne vers la lumière. Pourquoi pas nous ?
Et que personne n'imagine qu'attacher de l'importance à la naissance de l'année ne soit que fantaisie. La terre passe dans une période particulière et l'homme avec elle ; et de même qu'un jour peut être coloré, l'année peut l'être aussi. La vie astrale de la terre est jeune et forte entre Noël et Pâques. Ceux qui forment leurs vœux durant cette période auront une force accrue pour les satisfaire de manière conséquente.

H. P. Blavatsky ‒ Aticle paru dans la revue Lucifer, de janvier, 1888.

top-iconRetour en Hauttop-icon