Samedi 23 Juin 2018

Mis à jour le Sam. 23 Jui. 2018 à 12:30

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Articles de H.P. Blavatsky

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Helena Petrovna Blavatsky (1831 - 1891) ou Madame Blavatsky fut sans conteste la femme la plus extraordinaire du 19e siècle. Née d'une famille de la grande noblesse russe, elle entreprendra pendant plus de 20 années, une série d'interminables voyages autour de la terre. Elle rencontra d'authentiques maîtres spirituels. Au contact de ces maîtres, en Inde et surtout au Tibet, elle découvrit ce qu'elle allait appeler la Théosophie, philosophie ésotérique représentant la Tradition commune à toutes les religions.Elle consacra toutes ses forces à propager cette philosophie qui pour elle devait servir à unir les hommes, au-delà des sectarismes.

En fondant avec quelques amis, dont le Colonel Henry S. Olcott et William Q. Judge, la Theosophical Society (Société Théosophique) à New York, en 1875, elle lançait ce qui allait devenir un grand mouvement planétaire de renouveau, dans le domaine philosophique, humaniste et spirituel.

Mme Blavatsky a laissé une œuvre écrite considérable comprenant un millier d'articles et plusieurs ouvrages majeurs : Isis Dévoilée ; La Doctrine Secrète ; La Clef de la Théosophie ; La Voix du Silence ; Raja Yoga ou Occultisme ; Les Cinq messages ; Les rêves et l'éveil intérieur (de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

De nombreux articles de Blavatsky sont accessibles en ligne.

Elle décède le 8 mai 1891 à Londres (Angleterre).

L'Hypnotisme et ses rapports avec les autres méthodes de fascination

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H. C. et quelques autres membres [de la Société Théosophique] nous demandent de répondre aux diverses questions qui vont suivre. Nous le faisons, mais à une condition : il faut que nos réponses soient faites du seul point de vue de l'Occultisme, sans prendre en considération les hypothèses de la science moderne (autrement dit « matérialiste », qui peuvent ne pas être d'accord avec les enseignements ésotériques.

Question. — Qu'est-ce que l'hypnotisme ? En quoi diffère-t-il du magnétisme animal (ou mesmérisme) ? Réponse. — L'hypnotisme est le nouveau nom scientifique que l'on donne à l'ancienne et ignorante « superstition » appelée de noms variés tels que « fascination » ou « enchantement ». C'est un mensonge de l'antiquité transformé en vérité moderne. Le fait est là ; mais ce qui manque encore, c'est l'explication scientifique. Certains croient que l'hypnotisme est le résultat d'une irritation artificielle produite sur la périphérie des nerfs ; que cette irritation réagit sur les cellules de la substance cérébrale qu'elle traverse, en y créant, par épuisement, une condition qui n'est autre chose qu'une sorte de sommeil (hypnosis ou hypnos), d'autres n'y voient simplement qu'une sorte de stupeur qui se produit de soi-même, surtout au moyen de l'imagination, etc., etc. La condition hypnotique diffère du magnétisme animal, lorsqu'elle est causée par la méthode de Braid, qui est purement mécanique, c'est-à-dire, en fixant les yeux sur un point brillant, un métal ou un cristal. Cette condition devient « magnétisme animal » (ou mesmérisme) lorsqu'elle est produite par des passes mesmériques faites sur le malade ; et pour les raisons suivantes : lorsque l'on se sert de la première méthode, il n'y a aucune action de courants électro-psychiques ou même électro-physiques ; seules entrent en jeu les vibrations moléculaires et mécaniques du métal ou du cristal regardé par le sujet. C'est l'œil, — le plus occulte de tous les organes placés à la surface de notre corps, — qui, en servant d'intermédiaire entre ce morceau de métal ou de cristal et le cerveau, met à l'unisson les vibrations moléculaires des centres nerveux de ce dernier avec les vibrations de l'objet brillant (c'est-à-dire les conduit à égaliser le nombre de leurs oscillations respectives). Et cet unisson produit l'état hypnotique. Mais, lorsque l'on emploie la seconde méthode, le vrai nom de l'hypnotisme devrait certainement être le « magnétisme animal », ou bien encore « le mesmérisme » — termes qui ont été pourtant si ridiculisés. En effet, dans l'hypnose produite au moyen de passes préliminaires, c'est la volonté humaine, consciente ou inconsciente, de l'opérateur même qui agit sur le système nerveux du sujet. Et c'est encore par les vibrations, atomiques seulement et non moléculaires, produites dans l'éther de l'espace (sur un tout autre plan, par conséquent), par cet acte d'énergie appelé LA VOLONTÉ que l'état super-hypnotique (c'est-à-dire la « suggestion », etc.) est induit. Car ce que nous nommons « les vibrations de la volonté », et leur aura, se distingue absolument des vibrations causées par le simple mouvement moléculaire mécanique, attendu que ces deux sortes de vibrations agissent sur deux degrés distincts des plans cosmico-terrestres. Pour comprendre cela, il faut naturellement se faire une idée claire de ce que les Sciences Occultes entendent par la volonté.

Question. — II y a, dans l'hypnotisme et dans le magnétisme animal, un acte de volonté de l'opérateur, quelque chose qu'il communique à son malade, un effet produit sur le sujet. Quel est ce « quelque chose » qui est transmis au moyen des deux méthodes ? Réponse. — Les langues européennes ne possèdent pas de mot pour désigner ce qui est transmis de cette manière et, si nous nous contentons de l'appeler volonté, nous en enlevons toute la signification. Les anciens termes, mis à l'index, tels que « enchantement », « fascination », « magie », « charme », et surtout le verbe « ensorceler », exprimaient infiniment mieux le véritable mode d'action qui avait lieu durant le processus d'une transmission de ce genre que ne le font les termes modernes « d'influence psychologique » et « biologique ». La force transmise est appelée en Occultisme « fluide aurique » pour la distinguer de la « lumière aurique », le « fluide » étant une corrélation d'atomes sur un plan supérieur et une descente de ces atomes sur notre plan inférieur, sous la forme de substances plastiques invisibles et impalpables, produites et dirigées par la Volonté pleine d'énergie potentielle. La « lumière aurique » d'autre part, ou ce que Reichenbach appelle l'Od, lumière qui entoure chaque objet animé et inanimé dans la nature, n'est que le reflet astral émanant des objets ; sa couleur particulière et ses différentes nuances, ainsi que leurs diverses combinaisons et variétés dénotent l'état des guna ou des qualités et traits caractéristiques de chaque objet ou sujet spécial, l'aura de l'être humain étant la plus forte de toutes.

Question. — Quelle est l'explication rationnelle du « vampirisme » ? Réponse. — Si vous désignez par cette expression la transmission involontaire, par le moyen d'une sorte d'osmose occulte, d'une partie de la vitalité ou de l'essence de vie d'une personne à une autre, la dernière étant douée ou plutôt affligée d'une telle disposition à la vampirisation, cet acte-là précisément ne peut devenir compréhensible qu'en étudiant bien la nature et l'essence du « fluide aurique » semi-substantiel, dont nous venons de parler. Comme tout ce qu'il y a d'occulte dans la Nature, ce processus d'endosmose et d'exosmose peut être rendu consciemment ou inconsciemment bienfaisant ou malfaisant. Lorsqu'un opérateur parfaitement sain magnétise un malade, avec le désir déterminé de le soulager et de le guérir, l'épuisement qu'il en éprouve est proportionné au soulagement qu'il a procuré ; un processus d'endosmose a eu lieu, le guérisseur ayant transmis une partie de son aura vitale au malade. Quant au vampirisme, c'est une action aveugle et mécanique, qui, en général, se passe à l'insu de la personne qui absorbe ou de celle qui est vampirisée. C'est de la magie noire, consciente ou inconsciente, suivant les circonstances. Car, lorsqu'il s'agit de sorciers et d'adeptes entraînés, cette action se produit consciemment, sous la direction de la Volonté. Dans l'un et l'autre cas, l'agent de transmission est une faculté d'attraction magnétique, terrestre et physiologique dans ses résultats, mais pourtant créée et produite sur le plan à quatre dimensions qui est le domaine des atomes.

Question. — Dans quelles circonstances l'hypnotisme devient-il de la « magie noire » ? Réponse. — Dans les circonstances dont nous venons de parler ; mais il nous faudrait, pour développer ce sujet et en donner quelques exemples, plus de place que nous ne pouvons en consacrer à ces réponses. Il suffira de dire que, lorsque l'opérateur agit dans un but égoïste, ou est animé d'un sentiment de malveillance envers quelque être vivant que ce soit, tous les actes de ce genre sont, à nos yeux, des opérations de magie noire. Le fluide vital et sain, transmis par le médecin au malade qu'il magnétise est capable de guérir, et il le fait effectivement ; mais une trop grande abondance de ce fluide tue. (Voyez, à ce sujet, l'explication que nous donnons dans la réponse à la Question VI, où il est montré qu'une expérience de vibration fait éclater un verre en morceaux).
Question. — Y a-t-il une différence entre l'hypnose produite par des moyens mécaniques, comme les miroirs tournants, et celle qui est le résultat du regard direct de l'opérateur (fascination) ? Réponse. — II nous semble que cette différence a déjà été indiquée dans notre réponse à la Question l. Le regard de l'opérateur est plus puissant, par conséquent plus dangereux, que les simples passes mécaniques de l'hypnotiseur qui, neuf fois sur dix, ne sait pas utiliser la volonté, et par suite, ne le peut pas. Ceux qui étudient la Science Ésotérique doivent savoir, par les lois mêmes des correspondances occultes, que, dans le premier cas, l'action se passe sur le premier plan (le plan inférieur) de la matière ; tandis que dans le second cas, où une volonté très concentrée est indispensable, l'action se passe sur le quatrième plan, si l'opérateur n'est qu'un novice profane, et sur le cinquième plan, s'il est un tant soit peu Occultiste.

Question. — Pourquoi une personne peut-elle tomber dans l'état hypnotique par l'effet d'un morceau de cristal ou d'un bouton brillant, tandis qu'une autre personne n'en ressent absolument rien ? II nous semble qu'une réponse à cette question dissiperait bien des perplexités. Réponse. — Les hypothèses de la science à ce sujet sont nombreuses ; mais, jusqu'à présent, il n'en est aucune qui ait été acceptée comme définitive. Et cela provient de ce que toutes les spéculations de ce genre ne font que tourner dans le cercle vicieux des phénomènes matériels physiques, avec leurs forces aveugles et leurs théories mécaniques. Les hommes de science, n'ayant pas reconnu l'existence du « fluide aurique » , refusent d'y croire. Mais n'ont-ils pas ajouté foi, pendant des années, à l'efficacité de la métallothérapie, dont l'influence était basée sur l'action des fluides ou courants électriques des métaux sur le système nerveux ? Et cela, tout simplement, parce que l'on avait découvert une analogie entre l'activité du système nerveux et l'électricité. Cette théorie tomba parce qu'elle était en désaccord avec les expériences et les observations les plus rigoureuses. Elle fut contredite, avant tout, par un fait fondamental de la métallothérapie, dont le mode d'action est très spécifique : en premier lieu, puisqu'un malade pouvait être sensible à l'action d'un métal spécial, tandis que tous les autres ne produisaient aucun effet sur lui, il fallait en conclure que chaque métal n'agissait pas du tout sur chaque affection nerveuse ; et, en second lieu, les malades sensibles à l'action de certains métaux étaient rares et exceptionnels. Cela prouva que les « fluides électriques » agissant sur les maladies et les guérissant n'existaient que dans l'imagination des théoriciens. S'ils avaient existé véritablement, tous les métaux auraient dû agir, dans une mesure plus ou moins grande, sur tous les malades, et chaque métal, pris séparément, aurait agi sur chaque affection nerveuse, puisque, dans les circonstances en question, les conditions dans lesquelles ces fluides étaient produits, étaient absolument les mêmes. Ainsi, le Dr Charcot ayant justifié le Dr Burke, jadis discrédité pour avoir découvert la métallothérapie, Shiff et d'autres, discréditèrent à leur tour tous ceux qui croyaient à l'existence des fluides « électriques », lesquels, à ce qu'il paraît, ont été remplacés par le « mouvement moléculaire », qui, maintenant, a obtenu toute la suprématie dans le domaine de la physiologie — pour le moment, bien entendu. Mais il se présente ici une question : la nature, l'action et les conditions véritables du « mouvement » sont-elles mieux connues que la nature, l'action et les conditions des « fluides » ? Voilà qui est douteux. Quoi qu'il en soit, l'Occultisme a l'audace de soutenir que les fluides électriques ou magnétiques (lesquels, en réalité sont identiques), doivent leur essence et leur origine à ce même mouvement moléculaire, transformé maintenant en énergie atomique [pm : le mot atome, en Occultisme, a une signification spéciale, différente de celle qui lui est donnée par la science. Voir : « L'Action Psychique et Noétique »], à laquelle sont dus également tous les autres phénomènes de la nature. Lorsque l'aiguille d'un galvanomètre ou d'un électromètre n'indique pas, par ses oscillations, la présence de fluides électriques ou magnétiques, cela ne prouve, en aucune façon, qu'il n'y en a pas à enregistrer ; mais tout simplement que le fluide, étant passé sur un autre plan d'action, supérieur à celui-ci, l'électromètre ne peut plus subir l'influence d'une énergie qui se déploie sur un plan avec lequel l'instrument n'a aucun rapport quelconque.
L'explication qui vient d'être donnée était nécessaire pour démontrer que la nature de la force transmise d'un homme ou d'un objet à un autre homme ou à un autre objet, par le moyen de l'hypnotisme, de l'électricité, de la métallothérapie, ou de la « fascination », est d'une même essence, ne varie qu'en degré, et subit des modifications d'après celui des sous-plans de matière où cette force agit. Sous-plans qui, comme le sait chaque Occultiste, sont au nombre de sept sur notre plan terrestre, ainsi que sur tout autre plan.

Questions. — La science a-t-elle tout à fait tort dans sa définition des phénomènes hypnotiques ? Réponse. — La science ne possède, jusqu'à présent, aucune définition à ce sujet. Mais, s'il existe un point sur lequel l'Occultisme soit d'accord (jusqu'à un certain degré) avec les découvertes récentes de la science physique, c'est que tous les corps doués de la propriété de produire ou de faire naître des phénomènes métallothérapiques et d'autres analogues, ont, malgré leur grande variété, un trait commun. Tous sont les sources et les générateurs de rapides oscillations moléculaires, qui, soit par le moyen d'agents transmetteurs, soit par contact direct, se communiquent au système nerveux, changeant ainsi le rythme des vibrations nerveuses — à la seule condition toutefois d'être ce que l'on appelle à l'unisson. L'unisson ne signifie pas toujours identité de nature ou d'essence, mais simplement identité de degré ; par exemple une similarité par rapport au grave et à l'aigu et des potentialités égales d'intensité de son ou de mouvement. Une cloche peut être à l'unisson avec un violon, et une flûte avec un organe humain ou animal. De plus, le taux de fréquence des vibrations, surtout dans une cellule organique ou un organe animal, varie d'après l'état de santé et la condition générale. Ainsi les centres nerveux cérébraux d'un sujet hypnotisé, quoique parfaitement à l'unisson en degré de potentialité et en activité essentielle originale avec l'objet qu'il regarde, peuvent néanmoins, à cause de quelque trouble organique, se trouver à un moment donné en désaccord avec cet objet en ce qui concerne le nombre de leurs vibrations respectives. Et, dans ce cas, la condition hypnotique n'a pas lieu. Ou bien encore, les cellules nerveuses du sujet ne peuvent pas être mises à l'unisson avec les cellules du cristal ou du métal qu'il est amené à regarder ; et dans ce cas cet objet spécial ne produira jamais aucun effet sur lui. Cela signifie que deux conditions sont indispensables pour obtenir le succès dans une expérience d'hypnotisme ; d'abord, puisque chaque corps organique ou « inorganique » dans la nature, se distingue par son taux déterminé d'oscillations moléculaires, il est nécessaire de découvrir quels sont les corps qui agissent à l'unisson avec tel ou tel système nerveux humain ; ensuite, il faut se souvenir que les oscillations moléculaires des uns ne peuvent influencer l'action nerveuse des autres que lorsque les rythmes de leurs vibrations respectives coïncident entre eux, c'est-à-dire quand le taux de leurs oscillations est rendu égal, ce qui, dans les cas d'hypnotisme produit par des moyens mécaniques a lieu par l'intermédiaire de l'œil.
Voilà pourquoi, bien que la différence entre l'hypnose occasionnée par les moyens mécaniques et celle qui est produite par le regard direct de l'opérateur, soutenu par sa volonté, dépende du plan sur lequel le même phénomène a lieu, l'agent qui « fascine », ou qui soumet, est néanmoins créé par l'action de la même force. Dans le monde physique et ses plans matériels, cette force est appelée MOUVEMENT ; dans les mondes du mental et de la métaphysique, c'est la VOLONTÉ, cette magicienne qui, sous ses visages multiples, opère dans la nature entière.
De même que le taux de vibrations (mouvement moléculaire) du bois, des métaux, des cristaux, etc., se modifie sous l'effet du froid, de la chaleur, etc... les molécules cérébrales sont soumises au même changement, c'est-à-dire que leur taux de vibration augmente ou diminue. Voici ce qui a réellement lieu durant le phénomène de l'hypnose. Lorsque l'hypnose est produite par le regard, c'est l'œil (l'agent principal de la Volonté de l'opérateur actif, mais l'esclave et le traître, lorsque cette volonté est endormie) qui, à l'insu du malade ou du sujet, met à l'unisson les oscillations de ses centres nerveux cérébraux avec les vibrations de l'objet qu'il regarde, en saisissant le rythme de ces vibrations et en le communiquant au cerveau. Mais, lorsque l'hypnose est produite par les passes directes, c'est la Volonté qui, rayonnant de l'œil de l'opérateur, met à l'unisson cette volonté même avec la volonté de la personne sur laquelle elle agit. Car de deux objets mis à l'unisson (deux cordes par exemple), l'un sera toujours plus fort que l'autre et l'emportera sur le plus faible, qu'il aura même la potentialité de détruire. C'est tellement vrai que nous trouvons dans la science physique des exemples à l'appui de ce fait. Ainsi, prenez le cas de la « flamme sensible ». La science nous dit que si l'on fait résonner une note à l'unisson avec le taux de vibrations des molécules de la chaleur, les flammes répondent immédiatement au son (ou à la note produite) en dansant et en chantant au rythme des sons. Mais la Science occulte ajoute que, si le son augmente d'intensité, la flamme peut aussi s'éteindre. (Voyez Isis Unveiled, édition anglaise, Vol. Il, p. 606 et 607). Voici un autre exemple. Prenez un verre en cristal très fin et très clair, et frappez-le légèrement avec une cuillère en argent, de façon à produire un son bien déterminé ; reproduisez ensuite la même note en frottant le bord du verre avec un doigt humide, et, si l'expérience réussit, le verre éclatera immédiatement en morceaux. Indifférent à tout autre son, le verre ne résiste pas à la grande intensité de sa propre note fondamentale, car cette vibration particulière cause, dans les particules dont il est composé, une telle commotion que le tout tombe en pièces.

Question. — Que deviennent les maladies guéries au moyen de l'hypnotisme ? Sont-elles vraiment guéries ou simplement renvoyées à plus tard, ou bien reparaissent-elles sous une autre forme ? Les maladies sont-elles karmiques ? Et, dans ce cas, est-ce bien de chercher à les guérir ? Réponse. — La suggestion hypnotique peut guérir pour toujours ; elle peut aussi ne pas guérir. Tout dépend du degré des relations magnétiques établies entre l'opérateur et le malade. Si les maladies sont karmiques, elles ne sont que remises à plus tard et elles reviendront sous une autre forme ; il n'est pas nécessaire que ce soit sous la forme d'une maladie, mais sous celle d'une rétribution d'un autre genre. Il est toujours « bien » de chercher à soulager la souffrance, lorsque nous le pouvons et de faire notre possible pour y réussir. Lorsqu'un homme purge une peine méritée d'emprisonnement, s'il prend froid dans sa cellule humide n'en faut-il pas moins que le docteur de la prison tâche de le guérir ?

Question. — Est-il nécessaire que les « suggestions » hypnotiques de l'opérateur soient exprimées en paroles ? N'est-il pas suffisant qu'il les pense ? Et ne se pourrait-il pas qu'il fût lui-même ignorant ou inconscient du genre d'influence qu'il exerce sur son sujet ? Réponse. — Non, certes, si le rapport est fermement établi entre les deux, une fois pour toutes. La pensée est plus puissante que la parole, lorsque la volonté du malade est réellement subjuguée par celle de l'opérateur. Mais, d'un autre côté, à moins que la « suggestion » ne soit faite uniquement pour le bien du sujet et entièrement affranchie de tout motif égoïste, une suggestion en pensée est un acte de magie noire plus puissant en mauvaises conséquences qu'une suggestion en paroles. On a toujours tort et il est déloyal de priver un homme de sa volonté, et l'on n'a jamais le droit de le faire, à moins qu'il ne s'agisse du bien de la personne elle-même ou de celui de la société, et même dans le premier cas, il faut user de beaucoup de jugement. L'Occultisme considère toutes les tentatives de ce genre, dont le but n'est pas bien distinct, comme de la magie noire et de la sorcellerie, conscientes ou inconscientes.

Question. — Le motif et le caractère de l'opérateur agissent-ils sur le résultat, qu'il soit immédiat ou retardé ? Réponse. — Comme nous venons de le prouver, cela dépend de la direction que prend le processus hypnotique sous son opération, soit vers la magie blanche, soit vers la magie noire.

Question. — Est-ce agir sagement que d'hypnotiser quelqu'un pour le guérir, non seulement d'une maladie mais aussi d'une mauvaise habitude, comme de boire ou de mentir ? Réponse. — C'est un acte de charité et de bonté, qui est bien proche de la sagesse. Car, bien que l'abandon de ses habitudes vicieuses n'ajoutera rien au bon karma de cette personne (ce qui aurait lieu si ses efforts pour se réformer avaient été personnels, mus par sa propre volonté, et lui avaient coûté une grande lutte mentale et physique), néanmoins une heureuse « suggestion » la retiendra de continuer de se créer un mauvais karma et d'augmenter constamment le nombre de ses transgressions.

Question. — Lorsqu'un « guérisseur par la foi » réussit dans son opération, quelle action exerce-t-il sur lui-même ? Quels tours joue-t-il à ses principes et à son karma ? Réponse. — L'Imagination est une aide puissante dans tous les événements de notre vie. L'Imagination agit sur la Foi, et toutes deux ont pour rôle de tracer les esquisses que la Volonté doit graver plus ou moins profondément dans le roc des obstacles et des oppositions dont la route de la vie est parsemée. Paracelse dit : « La Foi doit confirmer l'imagination, car la foi raffermit la Volonté... Une volonté déterminée est le commencement de toutes les opérations magiques... C'est parce que les hommes ne savent pas imaginer parfaitement, et n'ont pas foi dans les résultats, que les arts (de la magie) sont incertains, tandis qu'ils pourraient être parfaitement certains. »
Voilà tout le secret. La moitié, sinon les deux tiers de nos troubles et de nos maladies, ne sont que les fruits de nos craintes et de notre imagination. Détruisez les craintes et donnez un autre cours à l'imagination, et la nature fera le reste. Il n'y a rien de coupable ou de dangereux dans ces méthodes elles-mêmes ; elles ne font de mal que lorsque le guérisseur par la foi, entraîné par une croyance exagérée en son propre pouvoir, s'imagine être capable de chasser, par sa volonté, des maladies qui nécessitent le secours immédiat de médecins et de chirurgiens habiles, si l'on veut éviter que l'issue en soit fatale.

Le nombre sept

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Dans la lointaine antiquité, on attachait un sens profond aux nombres. Pas un seul peuple doté d'une philosophie quelconque, qui n'ait accordé une grande prédominance aux nombres dans leur application aux observances religieuses, à l'établissement de jours fériés, de symboles, de dogmes et même de répartition géographique des empires. Le système numérique mystérieux de Pythagore n'avait rien de nouveau quand il apparut bien avant, le sixième siècle pré-chrétien. Le sens occulte des chiffres et de leurs combinaisons faisait partie des méditations des sages de tous les peuples ; et le jour n'est pas éloigné où, poussé par l'éternelle rotation cyclique des événements, l'Occident actuellement sceptique et incrédule admettra que dans la périodicité des événements qui se répètent sans cesse, il y a plus qu’une simple chance aveugle. Déjà nos savants d'Occident commencent à s'en apercevoir. Depuis peu ils ont dressé l'oreille et ont commencé à spéculer sur les cycles, sur les nombres et tout ce que, il y a quelques années à peine, ils avaient relégué dans l'oubli des vieux recoins du souvenir pour ne plus jamais les rouvrir, sinon dans le but de ricaner des superstitions ineptes et idiotes de nos ancêtres anti scientifiques.
L'ancienne et prosaïque revue allemande Die Gegenwart, présente un article sérieux et érudit sur la « signification du nombre sept », article qu'il offre à ses lecteurs comme une de ces nouveautés, et comme une « Étude de culture et d'histoire ». Après en avoir cité quelques extraits, nous y ajouterons peut-être quelque chose. Voici ce que dit l'auteur :

« Le nombre sept était considéré comme sacré, non seulement par toutes les nations cultivées de l'antiquité et de l'Orient, mais il était aussi tenu en grand respect par les nations plus jeunes de l'Occident. L'origine astronomique de ce nombre est établie sans aucun doute possible. L'homme se sentant depuis les temps immémoriaux dépendant des pouvoirs célestes, a toujours et partout assujetti la terre au ciel. Les plus grands et les plus étincelants des astres devinrent ainsi, à ses yeux, les pouvoirs les plus importants et les plus hauts ; telles furent les planètes que toute l'antiquité reconnut comme étant au nombre de sept. Avec le temps, celles-ci se transformèrent en sept divinités. Les Égyptiens avaient sept dieux primordiaux et supérieurs ; les Phéniciens sept Cabires ; les Perses sept chevaux sacrés de Mithra ; les Parsis sept anges opposés aux sept démons, et sept demeures célestes en face de sept régions inférieures. Pour représenter plus clairement cette idée sous sa forme concrète, les sept dieux étaient souvent figurés sous forme d'une déité aux sept têtes. Le ciel tout entier était assujetti aux sept planètes : c'est pourquoi dans presque tous les systèmes religieux nous trouvons sept cieux. »

La croyance aux Sapta loka de la religion brahmanique est restée fidèle à la philosophie archaïque ; et, qui sait, si l'idée elle-même n'est pas originaire de l'Aryavarta, ce berceau de toutes les philosophies et la mère de toutes les religions ultérieures ! Si le dogme égyptien de la métempsychose ou de la transmigration de l'âme enseignait qu'il y avait sept états de purification et de perfection progressive, il est également vrai que les Bouddhistes ont pris des Aryens de l'Inde, non de l'Égypte, leur idée de sept états de développement progressif de l'âme désincarnée, symbolisés par les sept étages et ombrelles diminuant graduellement de grandeur, à mesure que l'on approchait du sommet de leurs pagodes.
Dans le culte mystérieux de Mithra, il y avait « sept portes », sept autels, sept mystères. Les prêtres de nombreuses nations orientales étaient subdivisés en sept degrés ; sept marches conduisaient aux autels, et dans les temples les bougies brûlaient dans des chandeliers à sept branches. Plusieurs Loges Maçonniques ont, de nos jours encore, sept et quatorze marches.
Les sept sphères planétaires servirent de modèle pour les divisions et l'organisation des états. La Chine était divisée en sept provinces. La Perse ancienne en sept satrapies : Selon la légende arabique, sept anges rafraîchissent le soleil avec de la glace et de la neige, de crainte qu'il ne réduise la terre en cendres ; et sept mille anges remontent et mettent le soleil en marche chaque matin. Les deux plus anciens fleuves de l'Orient − le Gange et le Nil − avaient chacun sept bouches. L'Orient avait dans l'Antiquité sept fleuves principaux (le Nil, le Tigre, l'Euphrate, l'Oxus, le Yaksart, l'Arax et l'Indus) ; sept trésors fameux ; sept cités pleines d'or ; sept merveilles du monde, etc. Le nombre sept jouait également un rôle prédominant dans l'architecture des temples et des palais. La fameuse pagode de Churingham est entourée de sept murs carrés, peints de sept couleurs différentes, et au milieu de chaque mur se trouve une pyramide à sept étages ; comme dans les temps antédiluviens, le temple de Borsippa, actuellement le Birs-Nimrud, avait sept étages, symbolisant les sept cercles concentriques des sept sphères, chacun étant construit de tuiles et de métaux qui correspondaient à la couleur de la planète régissant la sphère que cet étage représentait. »
Ce sont là tous des « Pestes de paganisme », nous dit-on − des traces « de superstitions d'antan qui ont disparu comme les hiboux et les chauves-souris d'un sombre souterrain, pour ne plus jamais reparaître devant la lumière glorieuse du Christianisme » − mais cette affirmation peut être aisément réfutée. Si l'auteur de l'article en question a rassemblé des centaines d'exemple pour prouver que non seulement les anciens Chrétiens, mais même ceux d'aujourd'hui ont conservé le nombre sept avec autant de respect sacré qu'autrefois, on pourrait en réalité en trouver des milliers. Pour commencer, citons les calculs astronomiques et religieux d'autrefois parmi les païens romains qui divisaient la semaine en sept jours, et considéraient le septième comme le plus sacré, le jour Sol ou le jour Solaire de Jupiter, calculs devant lesquels toutes les nations chrétiennes − surtout les Protestantes − font encore Puja [Terme hindouiste pour désigner un ensemble de rites (N. d. T.)] de nos jours. Si, par hasard, on nous objecte que nous ne les tenons pas des païens, mais des Juifs monothéistes, alors pourquoi n'est-ce pas le Samedi ou le « Sabbath » réel qu'on garde au lieu du Dimanche ou jour de Sol ?
Si, dans le « Ramayana » on mentionne sept cours aux résidences des rois indiens ; si sept portes conduisaient généralement aux temples fameux des villes d'autrefois, pourquoi les Frisons au dixième siècle de l'ère chrétienne, ont-ils strictement adhéré au nombre sept pour la division de leurs provinces et ont-ils insisté pour payer sept « pfennigs » de contribution ? Le Saint Empire Romain et Chrétien avait sept Kurfursts ou Electeurs. Les Hongrois émigrèrent sous la conduite de sept ducs, et fondèrent sept villes appelées maintenant Semigradya (Transylvanie). Si la Rome païenne fut construite sur sept collines, Constantinople portait sept noms, − Byzance, Antonia, Nouvelle Rome, la Ville de Constantin, le Distributeur des Parties du Monde, le Trésor de l'Islam, Stamboul − ainsi que la ville sur les sept Collines et la cité au sept Tours en surplus. Sous les Musulmans « elle fut assiégée sept fois et prise après sept semaines par le septième des sultans Osman. » Selon les idées des peuples orientaux, les sept sphères planétaires sont représentées par les sept cercles que portent les femmes à sept parties différentes du corps − la tête, le cou, les mains, les pieds, les oreilles, le nez et la taille − et ces sept anneaux ou cercles sont offerts de nos jours encore par les fiancés orientaux à leur future épouse ; d'après les chants persans, la beauté de la femme réside dans sept charmes.
Les sept planètes restent toujours à égale distance l'une de l'autre, et tournent dans la même orbite, de là l'idée de l'éternelle harmonie de l'univers que suggère ce mouvement. En ce sens, le nombre sept était spécialement sacré pour les Orientaux, et il conserva toujours son importance aux yeux des astrologues. Les Pythagoriciens considéraient le chiffre sept comme l'image et le modèle de l'ordre divin et de l'harmonie divine dans la nature. Ce nombre renfermait deux fois le nombre sacré trois ou la « triade », à laquelle s'ajoutait l'un ou la monade divine :
3 + 1 + 3. Comme l'harmonie de la nature résonne sur le clavier de l'espace, entre les sept planètes, l'harmonie des sons audibles vibre sur un plan réduit, dans la gamme musicale des sept notes se répétant toujours. C'est pourquoi il y avait sept trous à la flûte du dieu Pan (la Nature), et leur proportion graduellement décroissante représentait la distance entre les planètes elles-mêmes et entre celles-ci et la terre ; de là aussi la lyre aux sept cordes d'Apollon. Consistant en une réunion entre le nombre trois (le symbole de la triade divine chez tous les peuples, Chrétiens aussi bien que païens) et le nombre quatre (le symbole des forces cosmiques ou éléments) le nombre sept indique symboliquement l’union de la Déité avec l'univers ; cette idée pythagoricienne fut appliquée − (surtout au Moyen Âge) − par les Chrétiens qui firent un large usage du nombre sept dans le symbolisme de leur architecture sacrée. Ainsi, par exemple, la fameuse Cathédrale de Cologne, et l'Église Dominicaine de Regenburg reproduisent ce nombre dans les plus petits détails architecturaux.
Ce nombre mystique n'a pas une moindre importance dans le monde de l'intellect et de la philosophie. La Grèce avait sept sages, le Moyen Âge chrétien possédait sept arts libres (la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'arithmétique, la géométrie, la musique, l'astronomie). Le Sheikh-ul-Islam mahométan convie à toute réunion importante sept « ulems ». Au Moyen-âge, tout serment devait se faire devant sept témoins, et celui qui le faisait était aspergé sept fois de sang. Les processions faisaient sept fois le tour des temples et les fidèles devaient s'agenouiller sept fois avant de faire un vœu. Les pèlerins mahométans tournent sept fois autour de la Kaaba à leur arrivée. Les vases sacrés étaient faits d'or et d'argent purifié sept fois. Les en-droits où se tenaient les anciens tribunaux allemands étaient marqués par sept arbres sous lesquels siégeaient sept « Schoffers » ou juges qui s'adjoignaient sept témoins. On menaçait le criminel d'une punition septuple, et l'on exigeait de lui une purification septuple comme on promettait une récompense septuple à l'homme vertueux. Chacun sait la grande importance qu'on accorde en Occident au septième fils d'un septième fils. Tous les personnages mythiques sont généralement dotés de sept fils. En Allemagne, le roi, et actuellement, l'empereur, ne peut refuser d'être le parrain d'un septième fils même si celui-ci est un mendiant. En Orient, lorsqu'on renonce à une querelle ou signe un traité de paix, les rois échangent sept ou quarante-neuf (7 X 7) présents.
Il faudrait des volumes pour essayer de citer tout ce qu'implique ce nombre mystique. Nous terminerons en signalant quelques exemples encore, pris dans le domaine démoniaque. Selon des autorités en la matière − le clergé chrétien d’autrefois − un contrat avec le diable devait contenir sept paragraphes, il était conclu pour sept années, et signé sept fois par celui qui l'acceptait ; tous les breuvages magiques préparés avec l'aide de l'ennemi de l'homme étaient composés de sept plantes ; et le billet de loterie gagnant est celui qui est tiré par un enfant de sept ans. Les guerres légendaires durèrent sept ans, sept mois et sept jours, et les héros combattant étaient au nombre de sept, septante (soixante-dix), sept cents, sept mille et septante mille. Les princesses de contes de fées restaient sept ans sous un charme, et les bottes du fameux chat − le Marquis de Carabas − étaient de sept lieues. Les anciens divisaient le corps humain en sept parties : la tête, la poitrine, l'estomac, les deux mains et les deux pieds ; et la vie de l'homme se subdivisait en sept périodes : Un enfant commence à faire ses dents à sept mois ; il commence à s'asseoir après quatorze mois (2 X 7) ; il commence à marcher après vingt et un mois (3 X 7) ; il commence à parler après vingt-huit mois (4 X 7) ; il est sevré après trente-cinq mois (5 X 7) ; à quatorze ans (2 X 7) il commence à se former définitivement ; à vingt et un ans (3 X 7) l'être humain cesse de grandir. La taille moyenne de l'homme, avant que l'humanité n'eût dégénéré, était de sept pieds ; de là les anciennes lois occidentales ordonnant que les murs de jardin aient sept pieds de haut. L'éducation des garçons commençait à l'âge de sept ans chez les Spartes et les anciens Persans. Et dans les religions chrétiennes − Catholique Romaine et Grecque − l'enfant n'est tenu pour responsable d'un crime qu'à sept ans, l'âge requis pour aller à confesse.
Si les Hindous veulent penser à leur Manou et se rappeler ce que contiennent leurs anciens Shastras, ils trouveront sans aucun doute l'origine de tout ce symbolisme. Nulle part le nombre sept n'a joué un rôle aussi important que chez les anciens Aryas de l'Inde. Nous n'avons qu'à songer aux sept sages − les Sapta Rishis ; les Sapta Loka − les sept mondes ; les Sapta Pura − les sept villes saintes ; les Sapta Dvipa − les sept îles saintes ; les Sapta Samudra − les sept mers saîntes ; les Sapta Parvatta − les sept montagnes saintes ; les Sapta Arania − les sept déserts ; les Sapta Vriksha − les sept arbres sacrés ; etc., et ils verront ainsi la probabilité de cette hypothèse. Les Aryas n'empruntèrent jamais quoi que ce soit ; pas plus que les Brahmanes qui étaient trop fiers et trop exclusifs pour cela. D'où viennent alors le mystère et le caractère sacré du nombre sept ?

Publié par H. P. Blavatsly.
Cet article fut publié pour la première fois par H.P.Blavatsky dans la Revue The Theosophist de juin 1880. Traduction en français parue dans la Revue Théosophie, volume VII, n°1, septembre 1931.

Note sur la notion de Fohat

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1 La Doctrine Secrète (Volume I, page 85)

« Fohat durcit les atomes », c’est-à-dire en infusant de l’énergie en eux, il disperse les atomes ou matière primordiale. Il se disperse lui-même en dispersant la matière en atomes » (MSS Commentaires).
« C’est par Fohat que les idées du Mental Universel sont imprimées sur la matière. On peut se faire une vague idée de la nature de Fohat à partir de l’appellation d’Électricité cosmique qu’on lui applique parfois ; mais aux propriétés généralement connues de l’électricité doivent être ajoutées dans ce cas d’autres, y compris l’intelligence. Il est intéressant de noter que la science moderne est arrivée à la conclusion que toute activité cérébrale est accompagnée de phénomène électrique. »
(The Secret Doctrine, éd. originale de 1888, vol. 1 p. 85.)

2 La Doctrine Secrète (Volume I, pages 107-111)
« [LES FILS DIVINS] FONT DE LUI [FOHAT] LE MESSAGER DE LEUR VOLONTÉ … IL EST L’ÉTALON ET LA PENSÉE EST LE CAVALIER (c.-à-d. il est sous l’influence de leur pensée qui le guide) … IL ÉLÈVE LA VOIX ET APPELLE LES INNOMBRABLES ÉTINCELLES (atomes) ET LES RELIE ENSEMBLE (c) (…)
« (c) Fohat, étant l’un des plus importants, si ce n’est le plus important personnage de la Cosmogonie occulte, doit être minutieusement décrit. Comme dans la plus ancienne cosmogonie grecque, qui diffère largement de la mythologie ultérieure, Eros est la troisième personne de la trinité primitive : Chaos, Gaea, Eros, répondant à l’En-soph kabbalistique (car le Chaos est l’ESPACE, χαίυο, « vide ») le TOUT sans limite, Shekinah et l’Ancien des Jours, ou l’Esprit Saint, ainsi Fohat est un chose dans l’Univers encore non manifesté et une autre chose dans le Monde Cosmique et phénoménal.
« Dans ce dernier, il est ce pouvoir vital électrique occulte, qui, sous la Volonté du Logos Créateur, unit et assemble toutes les formes, leur donnant la première impulsion qui devient avec le temps la loi. Mais dans l’Univers non manifesté, Fohat n’est pas plus ceci qu’Eros n’est le brillant Cupide ailé, ou AMOUR. Fohat n’a rien encore à voir avec le Kosmos [le Grand Univers], car celui-ci n’est pas encore né, et les dieux dorment encore dans le sein du « Père-Mère ». Il est une idée philosophique abstraite. Il ne produit encore rien par lui-même ; il est simplement ce pouvoir créateur potentiel grâce à l’action duquel le NOUMÈNE de tous les futurs phénomènes se divise, pour ainsi dire, seulement pour se réunir dans un acte mystique super-sensible, et émettre le rayon créateur.
« Quand le « Fils Divin » se manifeste, Fohat devient alors la force motrice, le Pouvoir actif qui fait que l’UN devienne DEUX et TROIS – sur le plan de la manifestation. Le triple Un se différencie en la multitude, et Fohat est alors transformé en cette force qui rassemble les atomes élémentaux et les fait s’agréger et se combiner. Nous trouvons un écho de cet enseignement primordial dans la mythologie grecque originale. Erébos et Nux sont nés du Chaos, et sous l’action d’Eros, ils donnent naissance à leur tour à Aether et Hemera, la lumière de la région supérieure et celle de l’inférieure ou région terrestre. L’Obscurité donne naissance à la lumière. Voir dans les Purâna la « Volonté » ou le désir de Brahmâ de créer ; ainsi que dans la Cosmogonie phoenicienne de Sanchoniathon, la doctrine selon laquelle le Désir, pothos, est le principe de la création.
« Fohat est étroitement lié à la « VIE UNE ». De l’Un Inconnu, la TOTALITÉ infinie, l’UN manifesté, ou la Déité Manvantarique périodique émane ; et c’est le Mental Universel, qui, séparé de sa Source-Origine, est le Demiurgos ou Logos créateur des kabbalistes occidentaux, et le Brahmâ à quatre faces de la religion hindoue. Dans sa totalité, vu du point de vue de la Pensée Divine manifestée de la doctrine ésotérique, il représente les Légions des Dhyan Chohans créateurs supérieurs. Simultanément à l’évolution du Mental Universel, la Sagesse cachée d’Adi-Buddha – l’Un Suprème et éternel – se manifeste en tant qu’Avalokiteshwara (ou Ishwara manifesté), qui est l’Osiris des Egyptiens, l’Ahura-Mazda des Zoroastriens, l’Homme Céleste du philosophe hermétiste, le Logos des platoniciens et l’Atman des Védantins. Par l’action de la Sagesse manifestée, ou Mahat, représentée par les innombrables centres d’Énergie spirituelle dans le Kosmos, la réflexion du Mental Universel, qui est l’Idéation Cosmique et la Force intellectuelle accompagnant une telle idéation, devient objectivement le Fohat du philosophe bouddhiste ésotériste. Fohat, courant le long des sept principes d’AKASA, agit sur la substance manifestée ou l’Elément Unique, comme indiqué ci-dessus, et en le différenciant en plusieurs centres d’Énergie, il met en mouvement la loi de l’Évolution Cosmique, qui subordonnée à l’Idéation du Mental Universel, amène à l’existence tous les divers états d’être du Système Solaire manifesté.
« Le Système Solaire, amené à l’existence par ces agents, consiste en Sept Principes, tout comme toute chose au sein de ces centres. Tel est l’enseignement de l’Esotérisme trans-himalayen. Chaque philosophie a sa propre façon de diviser ces principes.
« Fohat est donc le pouvoir vital électrique personnifié, l’Unité transcendante qui lie toutes les Energies Cosmiques, tant sur les plans invisibles comme manifestés, et dont l’action ressemble – à une échelle immense – celle d’une Force vivante crée par la VOLONTÉ, dans ces phénomènes où ce qui semble subjectif agit sur ce qui semble objectif et le pousse à l’action. Fohat est non seulement le Symbole vivant et le Contenant de cette Force, mais il est également considéré par les occultistes comme une Entité – les forces sur lesquelles il agit étant cosmiques, humaines et terrestres, et exerçant leur influence sur tout ces plans respectivement.
« Sur le plan terrestre, son influence se fait sentir dans la force magnétique et active générée par le puissant désir du magnétiseur. Au niveau cosmique, il est présent dans le pouvoir constructeur qui accomplit dans la formation des choses – depuis le système planétaire jusqu’au plus petit vers luisant et à la simple marguerite - le plan contenu dans le mental de la nature, ou dans la Pensée Divine en rapport avec le développement et la croissance de cette chose particulière. Il est métaphysiquement parlant la pensée objectivée des dieux, le « Verbe fait chair », sur un niveau plus inférieur, et le messager des idéations cosmique et humaine : la force active dans la Vie Universelle.
« Dans son second aspect, Fohat est l’Énergie Solaire, le fluide vital électrique, et le 4ème principe préservateur, l’Âme animale de la Nature, pour ainsi dire, ou l’Électricité.
(The Secret Doctrine, éd. originale de 1888, vol. 1 p. 107-111.)

3 La Doctrine Secrète (Volume I, page 526, note 2)
« C’est l’action de Fohat sur un corps composé ou même simple qui produit la vie. Quand un corps meurt, sa polarité devient identique à celle de son énergie mâle [l’énergie positive de Fohat] et il repousse alors l’agent actif qui, perdant le contrôle de l’ensemble, s’attache aux parties, ou molécules, cette action étant alors appelée chimique. Vishnu le Préservateur, se transforme en Rudra-Shiva, le Destructeur – une corrélation apparemment inconnue de la Science. »
(The Secret Doctrine, éd. originale de 1888, vol. 1 p. 526, note 2.)

4 Entretiens sur la Doctrine Secrète
« Fohat est-il l’un des trois, Père, Mère et Fils ? Fohat est un terme générique et qui s’emploie dans bien des sens. C’est la lumière (Daiviprakriti) des trois Logoï – les symboles personnifiés des trois étapes spirituelles de l’Évolution. Fohat est l’agrégat de toutes les idéations spirituelles créatrices d’en haut, et de toutes les forces électrodynamiques et créatrices d’en bas, au Ciel et sur la Terre. Il semble qu’il y ait beaucoup de confusions et de méprises au sujet du Premier et du Second Logos. Le Premier est le potentiel déjà présente mais encore non manifesté, dans le sein du Père-Mère ; le Second est la collectivité abstraite des créateurs, appelés « Demiurgi » par les Grecs, ou des Constructeurs de l’Univers. Le troisième logos est la différentiation ultime du Second et l’individualisation de Forces Cosmiques, dont Fohat est la principale ; car Fohat est la synthèse des Sept Rayons Créateurs ou Dhyan Chohans qui procèdent du troisième Logos. »
(Entretiens sur la Doctrine Secrète – Stance I, Sloka 5, page 42 – Editions Adyar – Paris 1994)

5 Fohat (Glossaire Théosophique)
(Terme Tibétain). « Utilisé pour représenter la puissance active (mâle) de la Shakti (le pouvoir féminin de reproduction) dans la nature. L’essence de l’électricité cosmique. Dans l’occultisme Tibétain ce terme correspond à Daiviprakriti, la lumière primordiale ; et dans l’univers manifesté, c’est l’énergie électrique toujours présente, ainsi que le pouvoir incessant de destruction et de formation. Esotériquement, c’est la même notion, Fohat étant la Force Vitale propulsive universelle, à la fois le propulseur et le résultat de la propulsion. »

6 Daivi-prakriti (Glossaire Théosophique)
(Terme Sanskrit). « [litt. la nature divine] La lumière homogène primordiale, désignée par certains Occultistes Indiens par les termes « la Lumière du Logos » (voir les Notes sur la Bhagavad-Gîtâ de T. Subba Row) ; lorsque cette lumière est différenciée, elle devient FOHAT. »

7 Kamadeva (Glossaire Théosophique)
(Terme Sanskrit). « Le dieu de l’amour selon les conceptions populaires, un vishvadeva dans le panthéon hindou. Tout comme Eros selon Hésiode, qui est dégradé en Cupidon par la loi exotérique, puis encore plus dégradé par la signification populaire attribuée au terme, Kama est un personnage des plus mystérieux et métaphysique. La description védique plus ancienne de Kama apporte la clef pour comprendre ce qu’il représente. Kama est le premier désir conscient qui embrasse tout, pour l’amour et pour le bien universels, pour tout ce qui vit, est sensible, a besoin d’aide et de bonté, le premier sentiment de compassion et de miséricorde tendres et infinies qui surgit dans la conscience de la FORCE UNE créative, dès qu’elle vint à la vie et à l’existence en tant que rayon issu de l’ABSOLU. Le Rig Veda dit : « Le Désir s’éveilla d’abord dans CELA, qui était le germe primordial du mental et que les Sages, cherchant avec leur intellect ont découvert dans leur coeur comme étant le lien qui unit l’Entité avec la non-Entité », ou Manas avec la pure Atma-Bouddhi. Il n’y a pas d’idée d’amour sexuel dans cette conception. Kama est avant tout le désir divin de créer le bonheur et l’amour (…). »


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Pourquoi les animaux souffrent-ils ?

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Question : Est-il possible pour moi qui aime les animaux d’apprendre comment je puis les aider dans leurs souffrances ?
Réponse : Le véritable AMOUR non-égoïste, joint à la VOLONTÉ, a un pouvoir en lui-même. Ceux qui aiment les animaux devraient exprimer leur affection d’une manière plus positive que de mettre des rubans sur leur animaux favoris et les envoyer ensuite subir les « hurlements et coups de griffes » dans les concours pour obtenir un prix.


Question : Pourquoi les animaux les plus nobles souffrent-ils tant de la main des hommes ? Je n’ai pas besoin de m’étendre ou d’expliquer cette question. Les villes sont des lieux de torture pour les animaux qui peuvent servir à tout pour le service ou l’amusement de l’homme ! et celles-ci sont toujours les plus nobles.
Réponse : Dans les Sutras, ou les Aphorismes du Karma-pa, une secte qui est un rejeton de la grande secte de Gelukpa (les bonnets jaunes) et dont le nom renvoie à ses doctrines – « les croyants en l’efficacité du Karma » (action, ou les bonnes œuvres) – un élève demande à son Maître, pourquoi le sort des animaux à tant changé depuis peu ? Il n’y avait pas d’animaux tués ou traités cruellement dans l’entourage de bouddhistes ou les autres temples en Chine, dans les temps anciens, tandis que maintenant, ils sont massacrés, vendus librement dans les marchés de nombreuses villes, etc. La réponse est suggestive :
… « N’accuse pas la nature de cette injustice sans pareil. Ne cherche pas en elle la cause des effets karmiques pour expliquer la cruauté, car le Tenbrel Chugnyi (la connexion causale, nidâna) t’enseignera qu’il n’y en a pas. C’est dans l’arrivée regrettable du Peling (le chrétien étranger), dont les trois dieux féroces refusent de fournir une protection aux faibles et aux petits (les animaux), qu’est la réponse aux souffrances récurrentes et la cause de tant de douleur et de pitié pour nos compagnons muets » …
La réponse à la question ci-dessus est [résumée] ainsi dans « une coquille de noix ». Il peut paraître utile, même si c’est une fois de plus désagréable pour certains croyants, de dire que le blâme pour cette souffrance universelle repose entièrement sur notre religion Occidentale et l’éducation dans la prime enfance. Chaque système philosophique Oriental, chaque religion et secte de l’antiquité – brahmanique, égyptienne, chinoise, et finalement, le plus pur et noble de tous les systèmes éthiques existants, le bouddhisme – inculque la tendresse et la protection de toute créature vivante, de l’animal et l’oiseau jusqu’à la chose qui rampe et même au reptile. Seule, la religion Occidentale se tient isolée, comme le monument de l’égoïsme humain le plus gigantesque jamais créé par le cerveau humain, sans un mot en faveur de ou pour la protection du pauvre animal. C’est l’inverse. Car la théologie, en soulignant une phrase de Jéhovah dans le chapitre de la “Création”, l’interprète en disant que les animaux, comme tout le reste, furent créés pour l’homme ! Ainsi – le sport est devenu un des amusements les plus nobles des dix premiers. Ainsi – les pauvres oiseaux innocents sont mutilés, torturés, et tués chaque automne par millions, dans toutes les contrées chrétiennes, pour l’amusement de l’homme. Ainsi aussi, le manque de tendresse, et souvent la froide cruauté, pendant l’enfance du cheval ou du bouvillon, la brutale indifférence à son destin quand son âge le rend impropre au travail, et l’ingratitude après des années de travail pour, et au service de l’homme. Dans tous les pays où l’européen pénètre, commence le massacre des animaux et leur décimation inutile.
« Est-ce que prisonnier n’a jamais tué pour son plaisir des animaux ? » s’enquiert un juge bouddhiste d’une ville frontière de Chine, infectée de pieux prêtres et missionnaires chrétiens, au sujet d’un homme accusé d’avoir assassiné sa sœur. Ayant reçu la réponse affirmative, car le captif avait été un serviteur employé par un colonel Russe, « un noble chasseur devant l’Éternel », le juge n’eut pas besoin d’autres preuves et l’assassin fut trouvé « fautif » – justement, comme sa confession ultérieure le prouvera.
Est-ce que la Chrétienté, ou le laïque chrétien, doit être blâmé pour cela ? Non. C’est le système théologique pernicieux, des siècles de théocraties, et l’égoïsme, furieux et croissant de la civilisation des contrées Occidentales. Que pouvons-nous faire ?

H.P. Blavatsky, revue Lucifer, mai, 1888.

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