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Articles de H.P. Blavatsky

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Helena Petrovna Blavatsky (1831 - 1891) ou Madame Blavatsky fut sans conteste la femme la plus extraordinaire du 19e siècle. Née d'une famille de la grande noblesse russe, elle entreprendra pendant plus de 20 années, une série d'interminables voyages autour de la terre. Elle rencontra d'authentiques maîtres spirituels. Au contact de ces maîtres, en Inde et surtout au Tibet, elle découvrit ce qu'elle allait appeler la Théosophie, philosophie ésotérique représentant la Tradition commune à toutes les religions.Elle consacra toutes ses forces à propager cette philosophie qui pour elle devait servir à unir les hommes, au-delà des sectarismes.

En fondant avec quelques amis, dont le Colonel Henry S. Olcott et William Q. Judge, la Theosophical Society (Société Théosophique) à New York, en 1875, elle lançait ce qui allait devenir un grand mouvement planétaire de renouveau, dans le domaine philosophique, humaniste et spirituel.

Mme Blavatsky a laissé une œuvre écrite considérable comprenant un millier d'articles et plusieurs ouvrages majeurs : Isis Dévoilée ; La Doctrine Secrète ; La Clef de la Théosophie ; La Voix du Silence ; Raja Yoga ou Occultisme ; Les Cinq messages ; Les rêves et l'éveil intérieur (de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

De nombreux articles de Blavatsky sont accessibles en ligne.

Elle décède le 8 mai 1891 à Londres (Angleterre).

Le nombre sept

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Dans la lointaine antiquité, on attachait un sens profond aux nombres. Pas un seul peuple doté d'une philosophie quelconque, qui n'ait accordé une grande prédominance aux nombres dans leur application aux observances religieuses, à l'établissement de jours fériés, de symboles, de dogmes et même de répartition géographique des empires. Le système numérique mystérieux de Pythagore n'avait rien de nouveau quand il apparut bien avant, le sixième siècle pré-chrétien. Le sens occulte des chiffres et de leurs combinaisons faisait partie des méditations des sages de tous les peuples ; et le jour n'est pas éloigné où, poussé par l'éternelle rotation cyclique des événements, l'Occident actuellement sceptique et incrédule admettra que dans la périodicité des événements qui se répètent sans cesse, il y a plus qu’une simple chance aveugle. Déjà nos savants d'Occident commencent à s'en apercevoir. Depuis peu ils ont dressé l'oreille et ont commencé à spéculer sur les cycles, sur les nombres et tout ce que, il y a quelques années à peine, ils avaient relégué dans l'oubli des vieux recoins du souvenir pour ne plus jamais les rouvrir, sinon dans le but de ricaner des superstitions ineptes et idiotes de nos ancêtres anti scientifiques.
L'ancienne et prosaïque revue allemande Die Gegenwart, présente un article sérieux et érudit sur la « signification du nombre sept », article qu'il offre à ses lecteurs comme une de ces nouveautés, et comme une « Étude de culture et d'histoire ». Après en avoir cité quelques extraits, nous y ajouterons peut-être quelque chose. Voici ce que dit l'auteur :

« Le nombre sept était considéré comme sacré, non seulement par toutes les nations cultivées de l'antiquité et de l'Orient, mais il était aussi tenu en grand respect par les nations plus jeunes de l'Occident. L'origine astronomique de ce nombre est établie sans aucun doute possible. L'homme se sentant depuis les temps immémoriaux dépendant des pouvoirs célestes, a toujours et partout assujetti la terre au ciel. Les plus grands et les plus étincelants des astres devinrent ainsi, à ses yeux, les pouvoirs les plus importants et les plus hauts ; telles furent les planètes que toute l'antiquité reconnut comme étant au nombre de sept. Avec le temps, celles-ci se transformèrent en sept divinités. Les Égyptiens avaient sept dieux primordiaux et supérieurs ; les Phéniciens sept Cabires ; les Perses sept chevaux sacrés de Mithra ; les Parsis sept anges opposés aux sept démons, et sept demeures célestes en face de sept régions inférieures. Pour représenter plus clairement cette idée sous sa forme concrète, les sept dieux étaient souvent figurés sous forme d'une déité aux sept têtes. Le ciel tout entier était assujetti aux sept planètes : c'est pourquoi dans presque tous les systèmes religieux nous trouvons sept cieux. »

La croyance aux Sapta loka de la religion brahmanique est restée fidèle à la philosophie archaïque ; et, qui sait, si l'idée elle-même n'est pas originaire de l'Aryavarta, ce berceau de toutes les philosophies et la mère de toutes les religions ultérieures ! Si le dogme égyptien de la métempsychose ou de la transmigration de l'âme enseignait qu'il y avait sept états de purification et de perfection progressive, il est également vrai que les Bouddhistes ont pris des Aryens de l'Inde, non de l'Égypte, leur idée de sept états de développement progressif de l'âme désincarnée, symbolisés par les sept étages et ombrelles diminuant graduellement de grandeur, à mesure que l'on approchait du sommet de leurs pagodes.
Dans le culte mystérieux de Mithra, il y avait « sept portes », sept autels, sept mystères. Les prêtres de nombreuses nations orientales étaient subdivisés en sept degrés ; sept marches conduisaient aux autels, et dans les temples les bougies brûlaient dans des chandeliers à sept branches. Plusieurs Loges Maçonniques ont, de nos jours encore, sept et quatorze marches.
Les sept sphères planétaires servirent de modèle pour les divisions et l'organisation des états. La Chine était divisée en sept provinces. La Perse ancienne en sept satrapies : Selon la légende arabique, sept anges rafraîchissent le soleil avec de la glace et de la neige, de crainte qu'il ne réduise la terre en cendres ; et sept mille anges remontent et mettent le soleil en marche chaque matin. Les deux plus anciens fleuves de l'Orient − le Gange et le Nil − avaient chacun sept bouches. L'Orient avait dans l'Antiquité sept fleuves principaux (le Nil, le Tigre, l'Euphrate, l'Oxus, le Yaksart, l'Arax et l'Indus) ; sept trésors fameux ; sept cités pleines d'or ; sept merveilles du monde, etc. Le nombre sept jouait également un rôle prédominant dans l'architecture des temples et des palais. La fameuse pagode de Churingham est entourée de sept murs carrés, peints de sept couleurs différentes, et au milieu de chaque mur se trouve une pyramide à sept étages ; comme dans les temps antédiluviens, le temple de Borsippa, actuellement le Birs-Nimrud, avait sept étages, symbolisant les sept cercles concentriques des sept sphères, chacun étant construit de tuiles et de métaux qui correspondaient à la couleur de la planète régissant la sphère que cet étage représentait. »
Ce sont là tous des « Pestes de paganisme », nous dit-on − des traces « de superstitions d'antan qui ont disparu comme les hiboux et les chauves-souris d'un sombre souterrain, pour ne plus jamais reparaître devant la lumière glorieuse du Christianisme » − mais cette affirmation peut être aisément réfutée. Si l'auteur de l'article en question a rassemblé des centaines d'exemple pour prouver que non seulement les anciens Chrétiens, mais même ceux d'aujourd'hui ont conservé le nombre sept avec autant de respect sacré qu'autrefois, on pourrait en réalité en trouver des milliers. Pour commencer, citons les calculs astronomiques et religieux d'autrefois parmi les païens romains qui divisaient la semaine en sept jours, et considéraient le septième comme le plus sacré, le jour Sol ou le jour Solaire de Jupiter, calculs devant lesquels toutes les nations chrétiennes − surtout les Protestantes − font encore Puja [Terme hindouiste pour désigner un ensemble de rites (N. d. T.)] de nos jours. Si, par hasard, on nous objecte que nous ne les tenons pas des païens, mais des Juifs monothéistes, alors pourquoi n'est-ce pas le Samedi ou le « Sabbath » réel qu'on garde au lieu du Dimanche ou jour de Sol ?
Si, dans le « Ramayana » on mentionne sept cours aux résidences des rois indiens ; si sept portes conduisaient généralement aux temples fameux des villes d'autrefois, pourquoi les Frisons au dixième siècle de l'ère chrétienne, ont-ils strictement adhéré au nombre sept pour la division de leurs provinces et ont-ils insisté pour payer sept « pfennigs » de contribution ? Le Saint Empire Romain et Chrétien avait sept Kurfursts ou Electeurs. Les Hongrois émigrèrent sous la conduite de sept ducs, et fondèrent sept villes appelées maintenant Semigradya (Transylvanie). Si la Rome païenne fut construite sur sept collines, Constantinople portait sept noms, − Byzance, Antonia, Nouvelle Rome, la Ville de Constantin, le Distributeur des Parties du Monde, le Trésor de l'Islam, Stamboul − ainsi que la ville sur les sept Collines et la cité au sept Tours en surplus. Sous les Musulmans « elle fut assiégée sept fois et prise après sept semaines par le septième des sultans Osman. » Selon les idées des peuples orientaux, les sept sphères planétaires sont représentées par les sept cercles que portent les femmes à sept parties différentes du corps − la tête, le cou, les mains, les pieds, les oreilles, le nez et la taille − et ces sept anneaux ou cercles sont offerts de nos jours encore par les fiancés orientaux à leur future épouse ; d'après les chants persans, la beauté de la femme réside dans sept charmes.
Les sept planètes restent toujours à égale distance l'une de l'autre, et tournent dans la même orbite, de là l'idée de l'éternelle harmonie de l'univers que suggère ce mouvement. En ce sens, le nombre sept était spécialement sacré pour les Orientaux, et il conserva toujours son importance aux yeux des astrologues. Les Pythagoriciens considéraient le chiffre sept comme l'image et le modèle de l'ordre divin et de l'harmonie divine dans la nature. Ce nombre renfermait deux fois le nombre sacré trois ou la « triade », à laquelle s'ajoutait l'un ou la monade divine :
3 + 1 + 3. Comme l'harmonie de la nature résonne sur le clavier de l'espace, entre les sept planètes, l'harmonie des sons audibles vibre sur un plan réduit, dans la gamme musicale des sept notes se répétant toujours. C'est pourquoi il y avait sept trous à la flûte du dieu Pan (la Nature), et leur proportion graduellement décroissante représentait la distance entre les planètes elles-mêmes et entre celles-ci et la terre ; de là aussi la lyre aux sept cordes d'Apollon. Consistant en une réunion entre le nombre trois (le symbole de la triade divine chez tous les peuples, Chrétiens aussi bien que païens) et le nombre quatre (le symbole des forces cosmiques ou éléments) le nombre sept indique symboliquement l’union de la Déité avec l'univers ; cette idée pythagoricienne fut appliquée − (surtout au Moyen Âge) − par les Chrétiens qui firent un large usage du nombre sept dans le symbolisme de leur architecture sacrée. Ainsi, par exemple, la fameuse Cathédrale de Cologne, et l'Église Dominicaine de Regenburg reproduisent ce nombre dans les plus petits détails architecturaux.
Ce nombre mystique n'a pas une moindre importance dans le monde de l'intellect et de la philosophie. La Grèce avait sept sages, le Moyen Âge chrétien possédait sept arts libres (la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'arithmétique, la géométrie, la musique, l'astronomie). Le Sheikh-ul-Islam mahométan convie à toute réunion importante sept « ulems ». Au Moyen-âge, tout serment devait se faire devant sept témoins, et celui qui le faisait était aspergé sept fois de sang. Les processions faisaient sept fois le tour des temples et les fidèles devaient s'agenouiller sept fois avant de faire un vœu. Les pèlerins mahométans tournent sept fois autour de la Kaaba à leur arrivée. Les vases sacrés étaient faits d'or et d'argent purifié sept fois. Les en-droits où se tenaient les anciens tribunaux allemands étaient marqués par sept arbres sous lesquels siégeaient sept « Schoffers » ou juges qui s'adjoignaient sept témoins. On menaçait le criminel d'une punition septuple, et l'on exigeait de lui une purification septuple comme on promettait une récompense septuple à l'homme vertueux. Chacun sait la grande importance qu'on accorde en Occident au septième fils d'un septième fils. Tous les personnages mythiques sont généralement dotés de sept fils. En Allemagne, le roi, et actuellement, l'empereur, ne peut refuser d'être le parrain d'un septième fils même si celui-ci est un mendiant. En Orient, lorsqu'on renonce à une querelle ou signe un traité de paix, les rois échangent sept ou quarante-neuf (7 X 7) présents.
Il faudrait des volumes pour essayer de citer tout ce qu'implique ce nombre mystique. Nous terminerons en signalant quelques exemples encore, pris dans le domaine démoniaque. Selon des autorités en la matière − le clergé chrétien d’autrefois − un contrat avec le diable devait contenir sept paragraphes, il était conclu pour sept années, et signé sept fois par celui qui l'acceptait ; tous les breuvages magiques préparés avec l'aide de l'ennemi de l'homme étaient composés de sept plantes ; et le billet de loterie gagnant est celui qui est tiré par un enfant de sept ans. Les guerres légendaires durèrent sept ans, sept mois et sept jours, et les héros combattant étaient au nombre de sept, septante (soixante-dix), sept cents, sept mille et septante mille. Les princesses de contes de fées restaient sept ans sous un charme, et les bottes du fameux chat − le Marquis de Carabas − étaient de sept lieues. Les anciens divisaient le corps humain en sept parties : la tête, la poitrine, l'estomac, les deux mains et les deux pieds ; et la vie de l'homme se subdivisait en sept périodes : Un enfant commence à faire ses dents à sept mois ; il commence à s'asseoir après quatorze mois (2 X 7) ; il commence à marcher après vingt et un mois (3 X 7) ; il commence à parler après vingt-huit mois (4 X 7) ; il est sevré après trente-cinq mois (5 X 7) ; à quatorze ans (2 X 7) il commence à se former définitivement ; à vingt et un ans (3 X 7) l'être humain cesse de grandir. La taille moyenne de l'homme, avant que l'humanité n'eût dégénéré, était de sept pieds ; de là les anciennes lois occidentales ordonnant que les murs de jardin aient sept pieds de haut. L'éducation des garçons commençait à l'âge de sept ans chez les Spartes et les anciens Persans. Et dans les religions chrétiennes − Catholique Romaine et Grecque − l'enfant n'est tenu pour responsable d'un crime qu'à sept ans, l'âge requis pour aller à confesse.
Si les Hindous veulent penser à leur Manou et se rappeler ce que contiennent leurs anciens Shastras, ils trouveront sans aucun doute l'origine de tout ce symbolisme. Nulle part le nombre sept n'a joué un rôle aussi important que chez les anciens Aryas de l'Inde. Nous n'avons qu'à songer aux sept sages − les Sapta Rishis ; les Sapta Loka − les sept mondes ; les Sapta Pura − les sept villes saintes ; les Sapta Dvipa − les sept îles saintes ; les Sapta Samudra − les sept mers saîntes ; les Sapta Parvatta − les sept montagnes saintes ; les Sapta Arania − les sept déserts ; les Sapta Vriksha − les sept arbres sacrés ; etc., et ils verront ainsi la probabilité de cette hypothèse. Les Aryas n'empruntèrent jamais quoi que ce soit ; pas plus que les Brahmanes qui étaient trop fiers et trop exclusifs pour cela. D'où viennent alors le mystère et le caractère sacré du nombre sept ?

Publié par H. P. Blavatsly.
Cet article fut publié pour la première fois par H.P.Blavatsky dans la Revue The Theosophist de juin 1880. Traduction en français parue dans la Revue Théosophie, volume VII, n°1, septembre 1931.

Note sur la notion de Fohat

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1 La Doctrine Secrète (Volume I, page 85)

« Fohat durcit les atomes », c’est-à-dire en infusant de l’énergie en eux, il disperse les atomes ou matière primordiale. Il se disperse lui-même en dispersant la matière en atomes » (MSS Commentaires).
« C’est par Fohat que les idées du Mental Universel sont imprimées sur la matière. On peut se faire une vague idée de la nature de Fohat à partir de l’appellation d’Électricité cosmique qu’on lui applique parfois ; mais aux propriétés généralement connues de l’électricité doivent être ajoutées dans ce cas d’autres, y compris l’intelligence. Il est intéressant de noter que la science moderne est arrivée à la conclusion que toute activité cérébrale est accompagnée de phénomène électrique. »
(The Secret Doctrine, éd. originale de 1888, vol. 1 p. 85.)

2 La Doctrine Secrète (Volume I, pages 107-111)
« [LES FILS DIVINS] FONT DE LUI [FOHAT] LE MESSAGER DE LEUR VOLONTÉ … IL EST L’ÉTALON ET LA PENSÉE EST LE CAVALIER (c.-à-d. il est sous l’influence de leur pensée qui le guide) … IL ÉLÈVE LA VOIX ET APPELLE LES INNOMBRABLES ÉTINCELLES (atomes) ET LES RELIE ENSEMBLE (c) (…)
« (c) Fohat, étant l’un des plus importants, si ce n’est le plus important personnage de la Cosmogonie occulte, doit être minutieusement décrit. Comme dans la plus ancienne cosmogonie grecque, qui diffère largement de la mythologie ultérieure, Eros est la troisième personne de la trinité primitive : Chaos, Gaea, Eros, répondant à l’En-soph kabbalistique (car le Chaos est l’ESPACE, χαίυο, « vide ») le TOUT sans limite, Shekinah et l’Ancien des Jours, ou l’Esprit Saint, ainsi Fohat est un chose dans l’Univers encore non manifesté et une autre chose dans le Monde Cosmique et phénoménal.
« Dans ce dernier, il est ce pouvoir vital électrique occulte, qui, sous la Volonté du Logos Créateur, unit et assemble toutes les formes, leur donnant la première impulsion qui devient avec le temps la loi. Mais dans l’Univers non manifesté, Fohat n’est pas plus ceci qu’Eros n’est le brillant Cupide ailé, ou AMOUR. Fohat n’a rien encore à voir avec le Kosmos [le Grand Univers], car celui-ci n’est pas encore né, et les dieux dorment encore dans le sein du « Père-Mère ». Il est une idée philosophique abstraite. Il ne produit encore rien par lui-même ; il est simplement ce pouvoir créateur potentiel grâce à l’action duquel le NOUMÈNE de tous les futurs phénomènes se divise, pour ainsi dire, seulement pour se réunir dans un acte mystique super-sensible, et émettre le rayon créateur.
« Quand le « Fils Divin » se manifeste, Fohat devient alors la force motrice, le Pouvoir actif qui fait que l’UN devienne DEUX et TROIS – sur le plan de la manifestation. Le triple Un se différencie en la multitude, et Fohat est alors transformé en cette force qui rassemble les atomes élémentaux et les fait s’agréger et se combiner. Nous trouvons un écho de cet enseignement primordial dans la mythologie grecque originale. Erébos et Nux sont nés du Chaos, et sous l’action d’Eros, ils donnent naissance à leur tour à Aether et Hemera, la lumière de la région supérieure et celle de l’inférieure ou région terrestre. L’Obscurité donne naissance à la lumière. Voir dans les Purâna la « Volonté » ou le désir de Brahmâ de créer ; ainsi que dans la Cosmogonie phoenicienne de Sanchoniathon, la doctrine selon laquelle le Désir, pothos, est le principe de la création.
« Fohat est étroitement lié à la « VIE UNE ». De l’Un Inconnu, la TOTALITÉ infinie, l’UN manifesté, ou la Déité Manvantarique périodique émane ; et c’est le Mental Universel, qui, séparé de sa Source-Origine, est le Demiurgos ou Logos créateur des kabbalistes occidentaux, et le Brahmâ à quatre faces de la religion hindoue. Dans sa totalité, vu du point de vue de la Pensée Divine manifestée de la doctrine ésotérique, il représente les Légions des Dhyan Chohans créateurs supérieurs. Simultanément à l’évolution du Mental Universel, la Sagesse cachée d’Adi-Buddha – l’Un Suprème et éternel – se manifeste en tant qu’Avalokiteshwara (ou Ishwara manifesté), qui est l’Osiris des Egyptiens, l’Ahura-Mazda des Zoroastriens, l’Homme Céleste du philosophe hermétiste, le Logos des platoniciens et l’Atman des Védantins. Par l’action de la Sagesse manifestée, ou Mahat, représentée par les innombrables centres d’Énergie spirituelle dans le Kosmos, la réflexion du Mental Universel, qui est l’Idéation Cosmique et la Force intellectuelle accompagnant une telle idéation, devient objectivement le Fohat du philosophe bouddhiste ésotériste. Fohat, courant le long des sept principes d’AKASA, agit sur la substance manifestée ou l’Elément Unique, comme indiqué ci-dessus, et en le différenciant en plusieurs centres d’Énergie, il met en mouvement la loi de l’Évolution Cosmique, qui subordonnée à l’Idéation du Mental Universel, amène à l’existence tous les divers états d’être du Système Solaire manifesté.
« Le Système Solaire, amené à l’existence par ces agents, consiste en Sept Principes, tout comme toute chose au sein de ces centres. Tel est l’enseignement de l’Esotérisme trans-himalayen. Chaque philosophie a sa propre façon de diviser ces principes.
« Fohat est donc le pouvoir vital électrique personnifié, l’Unité transcendante qui lie toutes les Energies Cosmiques, tant sur les plans invisibles comme manifestés, et dont l’action ressemble – à une échelle immense – celle d’une Force vivante crée par la VOLONTÉ, dans ces phénomènes où ce qui semble subjectif agit sur ce qui semble objectif et le pousse à l’action. Fohat est non seulement le Symbole vivant et le Contenant de cette Force, mais il est également considéré par les occultistes comme une Entité – les forces sur lesquelles il agit étant cosmiques, humaines et terrestres, et exerçant leur influence sur tout ces plans respectivement.
« Sur le plan terrestre, son influence se fait sentir dans la force magnétique et active générée par le puissant désir du magnétiseur. Au niveau cosmique, il est présent dans le pouvoir constructeur qui accomplit dans la formation des choses – depuis le système planétaire jusqu’au plus petit vers luisant et à la simple marguerite - le plan contenu dans le mental de la nature, ou dans la Pensée Divine en rapport avec le développement et la croissance de cette chose particulière. Il est métaphysiquement parlant la pensée objectivée des dieux, le « Verbe fait chair », sur un niveau plus inférieur, et le messager des idéations cosmique et humaine : la force active dans la Vie Universelle.
« Dans son second aspect, Fohat est l’Énergie Solaire, le fluide vital électrique, et le 4ème principe préservateur, l’Âme animale de la Nature, pour ainsi dire, ou l’Électricité.
(The Secret Doctrine, éd. originale de 1888, vol. 1 p. 107-111.)

3 La Doctrine Secrète (Volume I, page 526, note 2)
« C’est l’action de Fohat sur un corps composé ou même simple qui produit la vie. Quand un corps meurt, sa polarité devient identique à celle de son énergie mâle [l’énergie positive de Fohat] et il repousse alors l’agent actif qui, perdant le contrôle de l’ensemble, s’attache aux parties, ou molécules, cette action étant alors appelée chimique. Vishnu le Préservateur, se transforme en Rudra-Shiva, le Destructeur – une corrélation apparemment inconnue de la Science. »
(The Secret Doctrine, éd. originale de 1888, vol. 1 p. 526, note 2.)

4 Entretiens sur la Doctrine Secrète
« Fohat est-il l’un des trois, Père, Mère et Fils ? Fohat est un terme générique et qui s’emploie dans bien des sens. C’est la lumière (Daiviprakriti) des trois Logoï – les symboles personnifiés des trois étapes spirituelles de l’Évolution. Fohat est l’agrégat de toutes les idéations spirituelles créatrices d’en haut, et de toutes les forces électrodynamiques et créatrices d’en bas, au Ciel et sur la Terre. Il semble qu’il y ait beaucoup de confusions et de méprises au sujet du Premier et du Second Logos. Le Premier est le potentiel déjà présente mais encore non manifesté, dans le sein du Père-Mère ; le Second est la collectivité abstraite des créateurs, appelés « Demiurgi » par les Grecs, ou des Constructeurs de l’Univers. Le troisième logos est la différentiation ultime du Second et l’individualisation de Forces Cosmiques, dont Fohat est la principale ; car Fohat est la synthèse des Sept Rayons Créateurs ou Dhyan Chohans qui procèdent du troisième Logos. »
(Entretiens sur la Doctrine Secrète – Stance I, Sloka 5, page 42 – Editions Adyar – Paris 1994)

5 Fohat (Glossaire Théosophique)
(Terme Tibétain). « Utilisé pour représenter la puissance active (mâle) de la Shakti (le pouvoir féminin de reproduction) dans la nature. L’essence de l’électricité cosmique. Dans l’occultisme Tibétain ce terme correspond à Daiviprakriti, la lumière primordiale ; et dans l’univers manifesté, c’est l’énergie électrique toujours présente, ainsi que le pouvoir incessant de destruction et de formation. Esotériquement, c’est la même notion, Fohat étant la Force Vitale propulsive universelle, à la fois le propulseur et le résultat de la propulsion. »

6 Daivi-prakriti (Glossaire Théosophique)
(Terme Sanskrit). « [litt. la nature divine] La lumière homogène primordiale, désignée par certains Occultistes Indiens par les termes « la Lumière du Logos » (voir les Notes sur la Bhagavad-Gîtâ de T. Subba Row) ; lorsque cette lumière est différenciée, elle devient FOHAT. »

7 Kamadeva (Glossaire Théosophique)
(Terme Sanskrit). « Le dieu de l’amour selon les conceptions populaires, un vishvadeva dans le panthéon hindou. Tout comme Eros selon Hésiode, qui est dégradé en Cupidon par la loi exotérique, puis encore plus dégradé par la signification populaire attribuée au terme, Kama est un personnage des plus mystérieux et métaphysique. La description védique plus ancienne de Kama apporte la clef pour comprendre ce qu’il représente. Kama est le premier désir conscient qui embrasse tout, pour l’amour et pour le bien universels, pour tout ce qui vit, est sensible, a besoin d’aide et de bonté, le premier sentiment de compassion et de miséricorde tendres et infinies qui surgit dans la conscience de la FORCE UNE créative, dès qu’elle vint à la vie et à l’existence en tant que rayon issu de l’ABSOLU. Le Rig Veda dit : « Le Désir s’éveilla d’abord dans CELA, qui était le germe primordial du mental et que les Sages, cherchant avec leur intellect ont découvert dans leur coeur comme étant le lien qui unit l’Entité avec la non-Entité », ou Manas avec la pure Atma-Bouddhi. Il n’y a pas d’idée d’amour sexuel dans cette conception. Kama est avant tout le désir divin de créer le bonheur et l’amour (…). »


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Pourquoi les animaux souffrent-ils ?

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Question : Est-il possible pour moi qui aime les animaux d’apprendre comment je puis les aider dans leurs souffrances ?
Réponse : Le véritable AMOUR non-égoïste, joint à la VOLONTÉ, a un pouvoir en lui-même. Ceux qui aiment les animaux devraient exprimer leur affection d’une manière plus positive que de mettre des rubans sur leur animaux favoris et les envoyer ensuite subir les « hurlements et coups de griffes » dans les concours pour obtenir un prix.


Question : Pourquoi les animaux les plus nobles souffrent-ils tant de la main des hommes ? Je n’ai pas besoin de m’étendre ou d’expliquer cette question. Les villes sont des lieux de torture pour les animaux qui peuvent servir à tout pour le service ou l’amusement de l’homme ! et celles-ci sont toujours les plus nobles.
Réponse : Dans les Sutras, ou les Aphorismes du Karma-pa, une secte qui est un rejeton de la grande secte de Gelukpa (les bonnets jaunes) et dont le nom renvoie à ses doctrines – « les croyants en l’efficacité du Karma » (action, ou les bonnes œuvres) – un élève demande à son Maître, pourquoi le sort des animaux à tant changé depuis peu ? Il n’y avait pas d’animaux tués ou traités cruellement dans l’entourage de bouddhistes ou les autres temples en Chine, dans les temps anciens, tandis que maintenant, ils sont massacrés, vendus librement dans les marchés de nombreuses villes, etc. La réponse est suggestive :
… « N’accuse pas la nature de cette injustice sans pareil. Ne cherche pas en elle la cause des effets karmiques pour expliquer la cruauté, car le Tenbrel Chugnyi (la connexion causale, nidâna) t’enseignera qu’il n’y en a pas. C’est dans l’arrivée regrettable du Peling (le chrétien étranger), dont les trois dieux féroces refusent de fournir une protection aux faibles et aux petits (les animaux), qu’est la réponse aux souffrances récurrentes et la cause de tant de douleur et de pitié pour nos compagnons muets » …
La réponse à la question ci-dessus est [résumée] ainsi dans « une coquille de noix ». Il peut paraître utile, même si c’est une fois de plus désagréable pour certains croyants, de dire que le blâme pour cette souffrance universelle repose entièrement sur notre religion Occidentale et l’éducation dans la prime enfance. Chaque système philosophique Oriental, chaque religion et secte de l’antiquité – brahmanique, égyptienne, chinoise, et finalement, le plus pur et noble de tous les systèmes éthiques existants, le bouddhisme – inculque la tendresse et la protection de toute créature vivante, de l’animal et l’oiseau jusqu’à la chose qui rampe et même au reptile. Seule, la religion Occidentale se tient isolée, comme le monument de l’égoïsme humain le plus gigantesque jamais créé par le cerveau humain, sans un mot en faveur de ou pour la protection du pauvre animal. C’est l’inverse. Car la théologie, en soulignant une phrase de Jéhovah dans le chapitre de la “Création”, l’interprète en disant que les animaux, comme tout le reste, furent créés pour l’homme ! Ainsi – le sport est devenu un des amusements les plus nobles des dix premiers. Ainsi – les pauvres oiseaux innocents sont mutilés, torturés, et tués chaque automne par millions, dans toutes les contrées chrétiennes, pour l’amusement de l’homme. Ainsi aussi, le manque de tendresse, et souvent la froide cruauté, pendant l’enfance du cheval ou du bouvillon, la brutale indifférence à son destin quand son âge le rend impropre au travail, et l’ingratitude après des années de travail pour, et au service de l’homme. Dans tous les pays où l’européen pénètre, commence le massacre des animaux et leur décimation inutile.
« Est-ce que prisonnier n’a jamais tué pour son plaisir des animaux ? » s’enquiert un juge bouddhiste d’une ville frontière de Chine, infectée de pieux prêtres et missionnaires chrétiens, au sujet d’un homme accusé d’avoir assassiné sa sœur. Ayant reçu la réponse affirmative, car le captif avait été un serviteur employé par un colonel Russe, « un noble chasseur devant l’Éternel », le juge n’eut pas besoin d’autres preuves et l’assassin fut trouvé « fautif » – justement, comme sa confession ultérieure le prouvera.
Est-ce que la Chrétienté, ou le laïque chrétien, doit être blâmé pour cela ? Non. C’est le système théologique pernicieux, des siècles de théocraties, et l’égoïsme, furieux et croissant de la civilisation des contrées Occidentales. Que pouvons-nous faire ?

H.P. Blavatsky, revue Lucifer, mai, 1888.

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Le symbolisme du Soleil

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Note complémentaire : extraits d’écrits de H.P. Blavatsky et d’autres auteurs

Sommaire
Aphorismes occultes sur le soleil
Le Soleil et l’Ether
Le Soleil est-il Esprit ou matière ?
La théorie solaire
Croissance du corps éthérique et croissance du système solaire
Récit symbolique extrait de La Doctrine Secrète
L’Éther ou la lumière astrale
Compléments

Aphorismes occultes sur le soleil
Extraits de La Doctrine Secrète d’H.P. Blavatsky :

(XX) « La Matière, ou la Substance, est septuple dans les limites de notre Monde, comme elle l'est aussi au-delà. En outre, chacun de ses états, ou principes, est gradué en sept degrés de densité. SÛRYA (le Soleil), dans sa réflexion visible, présente le premier état ou le moins élevé du septième degré, l'état le plus élevé de la PRÉSENCE Universelle, le pur parmi les purs, le premier Souffle manifesté du SAT (Être-té) à jamais Non Manifesté. Tous les Soleils Centraux physiques, ou objectifs, forment dans leur substance l'état le plus bas du premier Principe du SOUFFLE. Et ces soleils ne sont autre chose que les RÉFLEXIONS de leurs PRIMAIRES qui sont cachés à la vue de tous, sauf des Dhyân-Chohan, dont la Substance corporelle appartient à la cinquième division du septième Principe de la substance-Mère et est, en conséquence, de quatre degrés plus élevés que la substance solaire réfléchie. Tout comme il y a sept Dhâtu (substances principales constituantes du corps humain), de même il y a sept Forces dans l'Homme et dans toute la Nature.
(XXI) « La substance réelle du (Soleil) caché est un noyau de substance-Mère. C'est le cœur et la matrice de toutes les Forces vivantes et existantes de notre univers solaire. C'est le Noyau d'où sortent, pour s'épandre dans leurs voyages cycliques, tous les Pouvoirs qui mettent en action les atomes, dans leurs tâches fonctionnelles, et c'est le foyer dans lequel ils reviennent se réunir dans leur SEPTIÈME ESSENCE tous les onze ans. Si quelqu'un t'affirme qu'il a vu le soleil, ris de lui (*), comme s'il t'avait assuré que le soleil se déplaçait réellement sur son orbite journalière [..].
(XXIII) « C'est à cause de sa nature septuple que les anciens ont parlé du Soleil comme étant conduit par sept chevaux, assimilés aux mètres prosodiques des Véda ; ou encore que, tout en l'identifiant aux SEPT « Gaïna » (classes d'êtres) présents dans son orbe, ils l'ont déclaré distinct d'eux (**) comme il l'est en vérité, et aussi possesseur de SEPT RAYONS, ce qui est vrai [..].
(XXV) « Les Sept Êtres dans le Soleil sont les Sept Sacrés, Auto-générés, nés du pouvoir inhérent à la matrice de la substance-Mère. Ce sont eux qui émettront les Sept Forces Principales appelées, rayons, qui au début du Pralaya, se centreront en sept nouveaux Soleils en vue du prochain Manvantara. L'énergie d'où jaillissent ces Êtres à l'existence consciente, dans chaque Soleil, est ce que certains appellent Vishnu [voir la note ci-dessous*], qui est le Souffle de l'ABSOLUITÉ.

(*) Vishnu, sous la forme de l'énergie active solaire, ne se lève ni ne se couche jamais et il est tout à la fois le Soleil septuple, et une réalité distincte de lui, dit le Vishnu Purâna (Livre II, chapitre Il) [Trad. Wilson, voI. II., p.296].
(**) De même qu'un homme, en s'approchant d'un miroir placé sur un support, y voit sa propre image, de même, l'énergie (ou réflexion) de Vishnu [le Soleil] n'en est jamais séparée [...] mais reste, mois après mois, dans le Soleil [comme dans le miroir] qui est placé là (Vishnu Purâna [Trad. Wilson, p.297]).

H.P. Blavatsky La Doctrine Secrète, traduction de l’édition originale de The Secret Doctrine, vol. I ; pp.289-290 – Cahier théosophique n°175, pp.46-7.

Le Soleil et l’Ether
« a. L'espace inter-stellaire, inter-planétaire, inter-matériel, interorganique, n'est pas un vide, mais est rempli par un fluide subtil ou gaz, que faute d'un meilleur terme, nous pouvons encore appeler, comme le faisaient les anciens, Aith-ur – feu Solaire, – ÆTHER. Ce fluide, d'une composition inchangeable, indestructible, invisible (*), pénètre, toute chose et toute la matière [pondérable – H.P.B.], le caillou dans le ruisseau qui court, l'arbre surplombant, l'homme regardant, est imprégné d'éther à des degrés divers ; le caillou moins que l'arbre, l'arbre moins que l'homme. Tout sur la planète est imprégné de cette façon ! Un monde est édifié dans un fluide éthéré, et se déplaçant dans une mer de ce fluide.
« b. L'Ether, quelle que soit sa nature, provient du soleil et des soleils (**) : les soleils en sont les générateurs, les entrepôts et les diffuseurs (***).

* « Inchangeable » seulement pendant les périodes Manvantariques, après lesquelles il se confond une fois de plus dans Mulaprakriti ; « invisible » pour toujours, dans sa propre essence, mais vu dans son étincellement reflété, appelé la lumière Astrale par les Cabalistes modernes. Cependant, la conscience et les Etres grandioses vêtus dans cette même Essence en sortent.
**Il faut ajouter le mot pondérable, pour la distinguer de l'Ether qui, bien qu'étant un substratum, est encore de la Matière.
***Les Sciences Occultes renversent la déclaration, et disent que c'est le soleil, et tous les soleils qui proviennent de lui, lequel émane à l'aube Manvantarique du Soleil Central.
« Là, nous différons résolument d'opinion avec le gentleman savant. N'oublions pas que cet Æther, que ce terme s'applique à l'Akâsa ou à son principe inférieur, Ether – est septénaire. Dans l'allégorie, Akâsa est Aditi et la mère de Mârttânda (le Soleil), la Deva-matri – « Mère des Dieux ». Dans le système solaire, le soleil est sa Buddhi et son Vahan, le Véhicule, par conséquent le sixième principe ; dans le Kosmos, tous les soleils sont les Kama rupa d'Akâsa et il en est ainsi du nôtre. Ce n'est que lorsqu'on le considère comme une Entité individuelle dans son propre Royaume, que Surya (le Soleil) est le septième principe du grand corps de la matière.

H.P. Blavatsky La Doctrine Secrète, extrait traduit de l’édition originale de The Secret Doctrine, vol. I, p.527.

Le Soleil est-il Esprit ou matière ?
« Le Soleil est matière, et le Soleil est Esprit. Nos ancêtres -les "Païens"-, comme leurs successeurs modernes, les Parsis- étaient, et sont, assez sages dans leur génération pour voir dans le symbole de la Divinité, et pour y deviner, en même temps, caché sous le Symbole physique, le Dieu radieux de la Lumière Spirituelle et terrestre. – Extrait de La Doctrine Secrète (The Secret Doctrine, éd. originale, vol. I, p. 479).
« Pour les Occultistes, c'est en même temps Esprit et Matière. Derrière le "mode de mouvement", considéré maintenant comme la "propriété de la matière" et rien de plus, ils perçoivent le noumène radieux. C'est "l'Esprit de Lumière", le premier-né de l'Eternel Elément pur, dont l'énergie (ou l'émanation) est emmagasinée dans le Soleil, le grand Distributeur de la Vie du monde physique, comme le Soleil Spirituel Caché est le distributeur de Vie et de Lumière des Royaumes Spirituel et Psychique. » – Extrait de La Doctrine Secrète (The Secret Doctrine, éd. originale, vol. I, p.481).

La théorie solaire
« La vie renferme un mystère – un mystère qui n'a jamais été sondé, et qui apparait plus grand, à mesure que l'on étudie et contemple plus profondément le phénomène de la vie. […]
« Ce "mystère", ou l'origine de l'ESSENCE DE VIE, l'Occultisme le situe dans le même centre que le noyau de prima materia (car ils sont un) de notre système Solaire.
« Le soleil est le cœur du Monde (Système) Solaire et son cerveau est caché derrière le Soleil (visible). De là, la sensation s'irradie dans tous les centres nerveux du grand corps et les vagues de l'essence de vie s'écoulent dans chacune des artères et des veines... Les planètes en sont les membres et les pulsations. » (Commentaires)
« Il a été établi autre part (dans le Theosophist) que la philosophie Occulte nie que le Soleil soit un globe en combustion, mais le définit simplement comme un monde, une sphère éclatante, le Soleil réel étant caché derrière, et le soleil visible étant seulement sa réflexion, sa coquille. Les feuilles de saule de Nasmyth, prises par Sir J. Herschel pour des "habitants Solaires", sont les réservoirs de l'énergie vitale solaire, "l'électricité vitale qui nourrit tout le système. … Le Soleil in abscondito étant ainsi le réservoir de notre petit Kosmos, auto-générant son fluide vital et recevant toujours autant qu'il donne" et le Soleil visible seulement une fenêtre ouverte dans le vrai palais et présence Solaire, qui reflète, cependant, fidèlement le travail intérieur.
« Ainsi, durant la période solaire manvantarique ou vie, il y a une circulation régulière du fluide vital à travers notre système, dont le Soleil est le cœur - semblable à la circulation du sang dans le corps humain, le Soleil se contractant d'une manière aussi rythmique que le fait le cœur humain à chaque retour de ce sang. Seulement, au lieu d'accomplir le circuit en une seconde, ou à peu près, il faut au sang solaire dix de ses années pour circuler, et une année entière pour traverser ses oreillette et ventricule avant d'aller épurer les poumons, pour retourner ensuite de là dans les grandes artères et les veines du système.
« La Science ne niera pas cela, depuis que l'Astronomie a connaissance du cycle fixe de onze ans, au bout duquel le nombre des taches solaires augmente, cette augmentation est due à la contraction du CŒUR Solaire. L'univers (dans ce cas-là notre monde) respire, comme le font sur terre l'homme et chaque créature vivante, la plante et même le minéral et comme notre globe respire lui-même toutes les vingt-quatre heures. La région sombre n'est pas produite par "l'absorption exercée par les vapeurs qui jaillissent du sein du soleil et s'interposent entre l'observateur et la photosphère", […] pas plus que les taches ne sont formées "par la matière même (matière gazeuse surchauffée) que l'éruption projette sur le disque solaire". Le phénomène est semblable à la pulsation saine et régulière du cœur, lorsque le fluide vital traverse ses muscles creux. Si le cœur humain pouvait être rendu lumineux et si cet organe vivant et palpitant pouvait être rendu visible, de façon à le projeter sur un écran, comme ceux utilisés par les astronomes dans leurs conférences -pour montrer la lune- chacun pourrait voir le phénomène de taches Solaires répété chaque seconde -dû à sa contraction et à l'envahissement du sang.
« Nous lisons dans un ouvrage de Géologie que c'est le rêve de la Science que « tous les éléments chimiques répertoriés seront un beau jour reconnus comme n'étant que des modifications d'un unique élément matériel ».
« La philosophie Occulte a enseigné cela depuis que la parole et le langage humains existent, en ajoutant seulement, d'après le principe de l'immuable loi d'analogie, "tel que c'est en haut, tel c'est en bas" - cet autre de ses axiomes : qu'il n'existe, en réalité, ni Esprit ni matière, mais simplement d'innombrables aspects de l'Unique et Etre-té à jamais caché EST(ou Sat). »

Extrait de La Doctrine Secrète (The Secret Doctrine, éd. originale, I, pp.541-542).

Croissance du corps éthérique et croissance du système solaire
Le corps éthérique dans sa croissance « prend une apparence nébuleuse, mouvante, avec certains centres d'énergie dus au développement naissant d'organes qui correspondent au cerveau, au cœur, aux poumons, à la rate, au foie, etc. Il poursuit un processus de développement identique à celui d'un système solaire, et, en fait, il est gouverné et influencé par le système solaire lui-même auquel appartient le monde dans lequel l'être peut se trouver incarné. En ce qui nous concerne, il est gouverné par notre propre orbe solaire. » – Article de W. Q. Judge « La culture de la concentration », Cahier Théosophique n°70, p. 1.

Récit symbolique extrait de La Doctrine Secrète
« Le sage décrit l'entrée dans la forêt et la sortie de la forêt (symbole de la durée de la vie de l'homme) ainsi que cette forêt elle-même (*) :
« Dans cette forêt se trouvent sept grands arbres (les Sens, le Mental et la Compréhension, ou Manas et Buddhi inclus), sept fruits et sept hôtes ; sept ermitages, sept (formes de) concentration, et sept (formes) d'initiation. Ceci est la description de la forêt. Cette forêt est remplie d'arbres produisant des fleurs splendides et des fruits de cinq couleurs.
« Les sens », dit le commentateur « sont appelés des arbres, comme produisant des fruits ... les plaisirs et les peines ; les hôtes sont les pouvoirs de chaque sens personnifié – ils reçoivent les fruits décrits ci-dessus ; les ermitages sont les arbres dans lesquels s'abritent les hôtes. Les sept formes de concentration sont l'exclusion du soi des sept fonctions, des sept sens, etc., dont il a déjà été question ; les sept formes d'initiation se rapportent à l'initiation dans vie supérieure ... en répudiant, comme ne vous appartenant pas, les actions de chacun des membres du groupe de sept. » (Voir Khandagya, p. 219, and Com.)
« L'explication est inoffensive, si elle n'est pas satisfaisante.
« Dit le Brahmane, en continuant sa description :
« Cette forêt est remplie d'arbres produisant des fleurs et des fruits de quatre couleurs. Cette forêt est remplie d'arbres produisant des fleurs et des fruits de trois couleurs, et mélangées. Cette forêt est remplie d'arbres produisant des fleurs et des fruits de deux couleurs et de couleurs magnifiques. Cette forêt d'arbres produisant des fleurs et des fruits d'une couleur et parfumés. Cette forêt renferme deux grands arbres (au lieu de sept) produisant de nombreuses fleurs et des fruits de couleurs indistinctes (le mental et la compréhension – les deux sens supérieurs, ou du point de vue théosophique, Manas-Buddhi). Il y a ici un Feu (le Soi), qui se rattache au Brahman (**) et qui a un bon mental (ou une vraie connaissance, selon Arjuna Misra). Et il y a là un combustible, à savoir, les cinq sens (ou passions humaines). Les Sept (formes d') émancipations issues d'elles, sont les Sept (formes d') initiations. Les qualités sont les fruits... Là, les grands Sages reçoivent l'hospitalité́. Et lorsqu'ils ont été adorés et ont disparu, une autre forêt brille, dans laquelle l'intelligence est l'arbre, et l'émancipation le fruit, et qui possède de l'ombre (sous forme de) de tranquillité́, qui repose sur la Connaissance, qui est satisfaite de son eau, et qui possède KSHETRAGNA « le SOI Suprême, » dit Krishna, dans la Bhagavad Gita, p. 102 et seq.) à l'intérieur du Soleil."
« Tout ce qui précède est très clair, et aucun Théosophe, même parmi les moins instruits, ne peut manquer de comprendre l'allégorie. Pourtant, nous voyons de grands Orientalistes la rendre inintelligible par leurs explications. Les "grands sages" qui "reçoivent l'hospitalité́" sont représentés comme indiquant les sens, "qui ayant travaillé́ comme s'ils n'avaient pas de rapports avec le soi sont finalement absorbés en lui". Mais on peut ne pas comprendre, si les sens "n'ont pas de rapports" avec le "Soi Supérieur", comment ils peuvent être "absorbés en lui". On serait tenté de penser, au contraire, que c'est précisément parce que les sens personnels gravitent vers le Soi impersonnel et cherchent à entrer en rapport avec lui, que ce dernier, qui est le FEU, […] de Manas (++) et de Buddhi. Ceci ressort clairement du texte. Les "grands sages" disparaissent après avoir "été l'objet d'un culte". De la part de qui sont-ils vénérés, si (les sens supposés) "n'ont pas de rapports avec le soi" ? Par le MENTAL, naturellement ; par Manas (qui, dans ce cas, est immergé dans le sixième sens) qui n'est pas et ne peut pas être le Brahman, le Soi, ou Kshetragna – le Soleil Spirituel de l'Ame. Avec le temps, Manas lui-même doit être absorbé dans ce dernier. Il a voué un culte à des "grands sages" et donné l'hospitalité́ à la sagesse terrestre, mais dès "qu'une autre forêt brille" sur lui, il est l'iIntelligence (Buddhi, le septième sens, mais le sixième principe) qui est transformé en l'Arbre – cet Arbre dont le fruit est l'émancipation – qui détruits finalement les racines mêmes de l'arbre Ashvattha, le symbole de la vie et de ses joies et plaisirs illusoires. C'est pourquoi ceux qui atteignent cet état d'émancipations n'ont, suivant les paroles du Sage cité plus haut, "aucune crainte plus tard". Dans cet état "la fin ne peut être vue parce qu'elle s'étend de tous côtés".
« "Sept femelles habitent toujours là", poursuit-il dans son langage imagé. Ces femelles – qui, suivant Arjuna Misrha, sont le Mahat, Ahamkâra et cinq Tanmâtras – ont toujours leurs figures tournées en bas, car elles constituent des obstacles sur la route de l'ascension spirituelle.
« Dans ce même (Brahman, le Soi) les sept sages parfaits habitent, avec leurs chefs... et émergent aussi du même. La gloire, l'éclat et la grandeur, les lumières, la victoire, la perfection et le pouvoir – ces sept rayons suivent ce même soleil (Kshetrajna, le Soi Supérieur) ... Ceux dont les, désirs sont réduits (les altruistes) ... dont les péchés (les passions) sont consumés par la pénitence, fondant le soi dans le soi (+++), se dévouent à Brahma. Les gens qui comprennent la [IV 245] forêt du savoir (Brahman ou le Soi), louent la tranquillité. Et aspirant à cette forêt, ils naissent (de nouveau) afin de ne pas perdre courage. Telle est, en vérité, cette forêt sainte... Et le comprenant, ils (les sages) agissent (en conséquence), étant dirigés par le Kshetrajna.
« Aucun traducteur, parmi les Orientalistes occidentaux, n'a encore découvert, dans l'allégorie précitée rien de plus élevé que des mystères se rattachant au rituel des sacrifices, à la pénitence ou aux cérémonies ascétiques et au Hatha Yoga. Mais celui qui comprend les images symboliques et entend la voix du Soi dans le Soi, y verra quelque chose de bien plus élevé que le simple ritualisme, quelques nombreuses que puissent être leurs erreurs dans les détails peu importants de la Philosophie. »

« (*) Je propose de suivre ici le texte et les commentaires de l'éditeur, qui accepte les explications littérales d'Arjuna Misra et de Nilakantha. Nos Orientalistes ne se donnent jamais la peine de penser que si un commentateur indigène n'est pas initié, il ne peut expliquer correctement, et que si c'est un Initié, il ne le veut pas.
« (**) L'éditeur anglais explique ici en disant : "Dévoué́ au Brahman, je présume". Nous ne craignons pas d'affirmer que le "Feu" ou Soi est le véritable SOI Supérieur qui "se rattache à" Brahman, c'est-à-dire qui ne fait qu'un avec Brahman, l'Unique Divinité́. Le "Soi" ne se sépare plus de l'Esprit Universel.
« (++) De même que Mahat, ou l'Intelligence Universelle, est le premier né, ou se manifeste encore « Vishnou, puis, lorsqu'il tombe dans la Matière et développe la soi-conscience, devient l'égoïsme, de même Manas a une nature double. Il se trouve respectivement soumis au Soleil et à la Lune, attendu, comme le dit Shankarâchârya, que : "La Lune est le mental et le Soleil la raison". Le Soleil et la Lune sont les divinités de notre Macrocosme planétaire et Shankara ajoute, en conséquence, que : "Le mental et la raison sont les divinités respectives des organes (humains)." (Voyez Brihadâranyaka, p. 521 et seq.) C'est peut-être pour cela qu'Arjuna Mishra dit que la Lune et le Feu (le Soi, le Soleil) constituent l'univers.
« (+++) "Le corps dans l'âme", selon l'expression que l'on attribue à Arjuna Mishra, ou plutôt "l'âme dans l'esprit" et sur un plan de développement encore plus élevé, le SOI ou Atman dans le Soi Universel. »

Extrait de La Doctrine Secrète (The Secret Doctrine, éd. originale, vol. II, pp. 637-640).

L’Éther ou la lumière astrale
« À noter que le terme « lumière astrale » (qui n'a rien de nouveau) est d'origine purement occidentale. Proclus (97) y a fait allusion en évoquant le corps céleste ou corps spirituel de l'âme qui, selon lui, est immortel, lumineux et « semblable aux étoiles » ; Paracelse, pour sa part, a désigné cette lumière sous le nom de « lumière sidérale » ; plus tard, on en vint à l'appeler astrale. Elle a été identifiée à l'anima mundi, ou l'âme du monde. Les chercheurs scientifiques modernes s'approchent de cette réalité lorsqu'ils parlent d'« éther lumineux » et de « matière radiante » . Le grand astronome Camille Flammarion (qui fut membre de la Société Théosophique pendant sa vie) parle de la lumière astrale dans son roman Uranie, où il dit :

« La lumière émanée de tous les soleils qui peuplent l'immensité, la lumière réfléchie dans l'espace par tous les mondes éclairés par ces soleils, emporte à travers le ciel infini les photographies de tous les siècles, de tous les jours, de tous les instants [...]. II en résulte que l'histoire de tous les mondes voyage actuellement dans l'espace, sans jamais disparaître absolument, et que tous les événements passés sont présents dans le sein de l'infini et indestructibles » (98).

« Comme toutes les choses occultes et peu familières, la lumière astrale est difficile à définir, surtout par le fait qu'elle est appelée « lumière ». II ne s'agit pas de lumière telle que nous la connaissons - pas plus que d'obscurité. Peut-être l'a-t-on nommée « lumière » parce que, lorsque les clairvoyants ont des perceptions visuelles par son moyen, les objets qu'ils voient à distance leur paraissent comme éclairés par une lumière. Cependant, il est possible aussi bien d'y percevoir des sons provenant de sources éloignées ; de lourds objets peuvent être soulevés et des odeurs transmises à des milliers de kilomètres par son intermédiaire, ou encore les pensées humaines peuvent y être lues - en bref, tous les divers phénomènes produits par les médiums le sont en faisant appel à elle : pour ces raisons, l'emploi du terme « lumière », bien qu'inévitable, n'en est pas moins erroné.
« Une définition, pour être exacte, devrait inclure toutes les fonctions et tous les pouvoirs de cette lumière ; mais comme leur connaissance n'est pas totalement embrassée même par le mystique (99) - elle est complètement terra incognito pour le savant - nous devrons nous contenter d'une analyse partielle. Il s'agit d'une substance qu'on imagine aisément comme un éther impondérable qui, émanant des étoiles, enveloppe la terre et pénètre chaque atome du globe et chaque molécule le constituant. Obéissant aux lois de l'attraction et de la répulsion, elle est en perpétuelle vibration, ou oscillation, devenant alternativement positive et négative. Cela lui donne un mouvement pulsatoire et circulaire, symbolisé par le serpent. C'est le grand agent suprême, le moteur primordial, sous l'angle cosmique, qui, non seulement fait pousser la plante, mais aussi entretient l'alternance de diastole et de systole du cœur humain.
« Cette lumière ressemble beaucoup à la plaque photographique sensible. Elle enregistre, comme le dit Flammarion, les images de chaque seconde, et les conserve en elle de façon indélébile. Pour cette raison, les Égyptiens l'ont évoquée sous le nom d'Archiviste ; chez les chrétiens, c'est l'Ange de Justice (100) et, dans un certain sens, c'est Yâma, le juge des morts dans le panthéon hindou, car karma nous juge par les images que nous y imprimons.
« La lumière astrale est comme suspendue au-dessus de la terre à la manière d'un immense écran ou réflecteur, et elle constitue de la sorte un puissant hypnotiseur universel des êtres humains. Étant donné que les images de tous les actes, bons ou mauvais, accomplis par nos ancêtres comme par nous-mêmes, demeurent toujours présentes à notre être intérieur, nous en sommes constamment impressionnés, comme par suggestion hypnotique, et nous sommes ainsi amenés à faire de même. À ce sujet, le grand mystique (et ancien prêtre) français, Éliphas Lévi, a dit : « On est étonné souvent d'être assailli, en société, de pensées mauvaises qu'on n'avait pas crues possibles et l'on ne sait pas qu'on les doit à quelque voisinage morbide. Ce secret est d'une grande importance, car il conduit à la manifestation des consciences, un des pouvoirs [...] les plus terribles de l'art magique [...]. [Ainsi], les âmes malades ont mauvaise baleine et vicient leur atmosphère morale, c'est-à-dire mêlent à la lumière astrale qui les pénètre des reflets impurs et y établissent des courants délétères » (101).
« Cette lumière possède aussi une fonction utile. Comme elle conserve l'image de tous les événements et choses de jadis, et comme il n'y a rien de nouveau sous le soleil, il se produit que toutes les réalisations du passé - techniques, idées, philosophies, arts et sciences, fruits de civilisations depuis longtemps disparues - se projettent constamment sous forme d'images, de la lumière astrale dans le cerveau des hommes vivants. Ceci explique non seulement la « coïncidence » fréquente qu'on observe quand deux (ou même plusieurs) inventeurs ou savants découvrent à peu près en même temps, et indépendamment les uns des autres, des idées ou des inventions identiques, mais aussi d'autres événements et faits curieux.
« On a vu certaines personnes, se parant du titre de savant, parler avec autorité de télépathie et d'autres phénomènes, sans toutefois offrir de raison suffisante, fondée sur une connaissance de la nature, pour expliquer la transmission de la pensée, ou les apparitions, la clairvoyance, ou les mille faits variés d'ordre occulte, observés de tout temps et parmi toutes les classes de la société. Il est bel et bon d'admettre que la pensée puisse se transmettre directement et sans l'aide du langage, d'un cerveau à un autre, mais comment cette transmission se produirait-elle sans un milieu intermédiaire ? La lumière astrale est précisément ce milieu. Dès que la pensée prend forme dans le cerveau, elle se traduit comme une image dans cette lumière astrale et, de là, n'importe quel autre cerveau suffisamment sensitif peut l'extraire pour la recevoir intacte.
« Connaissant les étranges propriétés du plan astral, et le sort réel que subissent les enveloppes de l'âme dont nous avons parlé dans un autre article, les Adeptes théosophes de tous les temps n'ont jamais accordé aucun crédit au soi-disant retour des morts. Pour l'avoir bien appris, Eliphas Lévi écrivit ce qui suit : « La lumière astrale [...] se combinant avec les fluides les plus subtils [...] forme le corps éthéré ou le fantôme sidéral dont parle Paracelse [...]. Ce corps sidéral, en se dégageant à la mort, attire à lui et conserve longtemps, par la sympathie des homogènes, les reflets de la vie passée ; si une volonté puissamment sympathique l'attire dans un courant particulier, il se manifeste naturellement [...]. C'est ainsi que se produisent les apparitions » (102). Mais en présence d'un individu sensitif, anormalement constitué - autrement dit un médium (et tous ceux qui appartiennent à cette classe, sont nerveusement déséquilibrés) - cette forte volonté n'est pas nécessaire, car la lumière astrale et le corps astral du médium vivant rappellent ces fantômes sans âme, et puisent dans le même réservoir leur voix, avec ses intonations, leurs particularités de caractère, si bien que les fidèles trompés, qui se livrent à cette pratique dégradante, sont abusés par ces manifestations et s'imaginent que c'est la personne de l'ami ou du parent décédé qui est revenue.
« Cependant, tout ce que je viens de signaler ne constitue encore que quelques exemples des propriétés variées de la lumière astrale. En ce qui concerne notre monde, on peut dire que la lumière astrale est partout et pénètre intimement toute chose ; qu'elle possède un pouvoir photographique, par lequel elle saisit les images des pensées, des actes, des événements, des timbres, des sons, des couleurs, et de toutes les choses ; qu'elle a un pouvoir de réflexion en ce sens qu'elle se reflète dans le mental des hommes ; qu'elle est répulsive par son aspect positif et attractive par son côté négatif ; qu'elle est capable d'assumer une extrême densité lorsqu'elle est attirée et concentrée autour du corps par une volonté puissante, ou par certains états anormaux du corps, au point qu'aucune force physique ne puisse la pénétrer. Cet aspect de son activité explique certains faits officiellement enregistrés durant l'épidémie de sorcellerie à Salem (103). C'est ainsi qu'on put y constater que, même quand des pierres et autres projectiles avaient pour cible l'individu possédé, tous ces objets tombaient, comme par gravité, aux pieds mêmes de la personne. Le yogi hindou donne un exemple d'emploi de cette condensation de la lumière astrale (104) lorsqu'il se laisse harceler de flèches et d'autres projectiles qui, tous, tombent à ses pieds, quelle que soit leur énergie cinétique ; et les annales des phénomènes spirites authentiques aux États-Unis offrent des témoignages expérimentaux similaires.
« En hypnotisme, la lumière astrale est un facteur puissant, ignoré de la science. Son action peut expliquer bien des problèmes soulevés par Binet, Charcot et d'autres, et spécialement cette classe de phénomènes où le sujet semble assumer deux personnalités distinctes, ou même davantage, en ne se souvenant jamais, dans chacun de ces états, que des choses et particularités d'expression qui appartiennent à cette couche limitée et distincte de leur expérience. Ces choses étranges sont dues aux courants existant dans la lumière astrale. Dans chacun de ces courants, se trouve imprimée une série définie de réflexions, lesquelles sont prises en compte par l'homme intérieur, qui les traduit alors en termes de parole et d'action, sur notre plan, absolument comme si tout cela lui appartenait. C'est aussi en recourant à ces courants, mais d'une façon inconsciente, que les clairvoyants et les clairaudients semblent lire dans les pages cachées de la vie.
« Pour conclure : la lumière astrale peut recevoir l'empreinte d'images bonnes ou mauvaises, lesquelles vont dans chaque cas se réfléchir dans le mental subconscient de chaque être humain : si nous la remplissons d'images mauvaises, comme notre siècle actuel est passé maître dans l'art d'en créer, elle deviendra notre démon, et l'agent de notre destruction, mais si, par l'exemple d'un nombre même limité d'hommes et de femmes tournés vers le bien, une classe nouvelle d'événements d'une nature plus pure vient à peindre son image sur cette toile éternelle, cette lumière astrale deviendra l'agent divin de notre élévation. »

Extrait de l’ouvrage de W.Q. Judge, Les Echos de l’Orient, pp. 112-118.
La lecture des notes 97 à 104 est possible sur le site www.theosophie.fr

Compléments
Îshvara (mot sanskrit signifiant, le Seigneur) : renvoie au Logos, source et soutien de l'Univers, comparé dans la Bhagavad-Gîtâ à un soleil dont la lumière se trouve dans le cœur de chaque homme. Voir par exemple : B.G. XIII, 33, XVIII, 61, etc. ; voir aussi Aphorismes du Yoga de Patañjali, l, 24-27, où Îshvara apparaît comme la source d'omniscience dans l'homme.
Surya (mot sanskrit). Le Soleil, à qui l'on rend un culte dans les Védas. Le rejeton d'Aditi (l'Espace), la mère des dieux. Le mari de Samjnâ, ou conscience spirituelle. Le grand dieu que Viśvakarman, son beau-père, le créateur des dieux et des hommes, et leur "charpentier", crucifie sur un tour, et retranchant la huitième partie de ses rayons, prive sa tête de sa splendeur, créant autour d'elle une auréole sombre. Mystère pour la dernière initiation, et une représentation allégorique de celle-ci. – Glossaire Théosophique.

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