Dimanche 20 Janvier 2019

Mis à jour le Dim. 20 Jan. 2019 à 18:38

Retour Autres auteurs

Articles de divers auteurs

Les vœux et serments

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Questions et réponses au sujet des vœux et serments

Questions : Je comprends que pour pouvoir avancer loin sur le sentier il est nécessaire de prendre des vœux de secret, de fidélité, etc... Ces vœux sont-ils uniquement mentaux, ou doivent-ils être écrits ou prononcés devant un grand occultiste ? Si c’est le cas comment peut-on entrer en contact avec une telle personne, et comment peut-on savoir s’il est responsable, c’est-à-dire, compétent pour recevoir un tel vœux ou serment, et pour ensuite enseigner ?

Réponse : On doit toujours se souvenir, au sujet de la loi ou de la pratique occulte, que l’enseignement n’a un caractère d’autorité que s’il provient d’une personne initiée aux mystères et qui par conséquent a la connaissance. Les opinions de ceux qui sont hors du cercle des initiés sont toujours spéculatives. Cependant dans le cas présent quelques considérations évidentes serviront de réponses, sachant que certains points ont déjà été clairement énoncés dans l’article « Aux aspirants disciples » de la revue The Path, et qui ont été repris, pour l’information de tous, dans Les Lettres qui m’ont aidé. À partir de cela les explications suivantes peuvent être apportées :

1/ L’essence de toute évolution intérieure réside dans la domination graduelle de la nature inférieure par la supérieure. Cela implique beaucoup plus que le contrôle des passions sensuelles, de l’ambition égoïste, et des particularités de tempérament. C’est la substitution des idéaux et intérêts conventionnels qui nous ont jusqu’à présent animés par des idéaux et des intérêts de nature élevés, un déplacement progressif des buts temporels vers des buts éternels, un élargissement de la perception de la vérité dans tous ses aspects, physiques, moraux, spirituels, et une plus grande proximité avec tout ce qui concerne le bienêtre de l’humanité dans son ensemble. Cela signifie, aussi, une plus grande manifestation de la volonté sur nos opérations mentales, pour les contrôler, les guider, et les obliger à clarifier progressivement la faculté d’intuition, et pour assurer une croissance volontaire en conscience, but et actions. C’est, en résumé, un renversement par rapport aux pensées humaines courantes telles qu’on peut les voir en nous-mêmes ou chez les autres.

2/ Une telles transformation doit nécessairement être très lente. C’est comme un changement total dans le corps humain par l’élimination des atomes usés et la sécrétion de nouveaux. Mais dans le premier cas le processus n’est pas automatique, et requiert un effort délibéré, et, au lieu d’être en continuité avec les tendances naturelles, il est en opposition avec elles. On nous dit qu’on ne peut devenir un Adepte en une incarnation, il en faut au moins sept. La tâche de changer radicalement le caractère, et les innombrables obstacles et échecs qu’il faudra affronter, font qu’il faudra beaucoup de temps pour progresser de manière significative sur le sentier.

3/ La croissance intérieure est autant sous le règne de la loi et de l’ordre qu’une croissance dans le monde extérieur. Il n’est pas question d’esquiver des étapes, ou de fermer les yeux aux imperfections, ou d’avoir des préférences, ou de chercher des acquits prématurés. Les tests viennent naturellement et non de manière artificielle ; la force se manifeste spontanément par la capacité de plus grandes enjambées ; l’imperfection se révèle d’elle-même en nous ralentissant ou en nous arrêtant. La connaissance progresse au fur et à mesure que le mental est capable de l’assimiler ; la capacité permet d’acquérir, non comme une concession, mais comme un droit. Il en est de même avec ce que l’on appelle les « privilèges » qui, pour être exact, n’en sont pas, parce que Karma est tout autant inflexible quand il apporte, au moment opportun, ce qui est dû, que quand il retient ce qui ne l’est pas. Quand l’âme bourgeonnante bute sur une limite incapable de la contenir, cette limite se brise, le bourgeon s’ouvre, et plus de lumière et d’air le pénètre. Tout se déroule en séquences régulières, l’effet suit la cause de manière naturelle.

4/ Il en est ainsi, que la possibilité pour toute âme de recevoir quelque chose qui requiert le secret est déterminé par son aptitude à recevoir la chose en question, et non par sa disposition à promettre de garder le secret. Si elle est trop immature pour de tels sujets, ou si elle manque de confiance, ces sujets seraient prématurés ou la promesse ineffective. Une nature peu mature ou peu ferme ne peut avoir de prétention, et par conséquent ne peut pas recevoir quelque chose de confidentiel. Il en est de même avec la fidélité. Elle, aussi, présuppose d’avoir acquis un caractère animé de motifs élevés, et une ténacité prouvée par l’expérience, qui montrent la capacité à avoir des relations plus proches avec des autorités plus élevées ; si l’aptitude est là les relations s’en suivront. Le passeport pour un statut plus noble est, en bref, d’être apte à ce statut.

5/ Les vœux et les serments, s’ils sont authentiques, sont la reconnaissance formelle d’un état des choses qui existe déjà. Un homme et une femme prononcent le vœu de s’aimer l’un l’autre dans le service du mariage. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas aimé avant mais qu’ils continueront à le faire après la cérémonie ; ils s’aiment maintenant et les mots ne sont que l’enregistrement formel de ce fait. Il signifie, évidemment, aussi, qu’ils ont décidé de continuer à le faire, mais eux-mêmes ni personne d’autre ne sait quels changements peuvent leur survenir et quel sera l’aboutissement de leur amour. Mais comme l’amour n’est pas une question de volonté, ce serment n’est pas une garantie pour le futur. Il n’est rien de plus qu’une affirmation du présent et un engagement pour sa prolongation. Il y a une différence avec un vœu en occultisme. Là le candidat a, compte tenu de sa préparation, une bien plus grande connaissance de sa nature que le fiancé ne peut l’avoir de ses sentiments ; le contraste n’est pas qu’une question de volonté mais provient de conditions jugées et régulées par la loi ; et toute la question est supervisée par Ceux qui ont pleinement compris tous les faits et qui ont observé le plus profondément la nature du candidat. Ainsi il y a une assurance quant à son bon aboutissement. S’il n’était pas prêt pour le vœu, il n’aurait pas eu l’opportunité de le prononcer ; s’il est prêt, il sera probablement fidèle.

6/ Comme l’essence du vœu en occultisme est dans la préparation et la volonté du candidat, il importe peu que le vœu ou le serment soit prononcé au cours d’une cérémonie devant un supérieur ou pas. Dans l’article « Aux aspirants disciples » ceci n’est pas demandé, car il est dit que parfois les personnes sont acceptées comme disciple (ou Chélas) sans qu’elles le sachent. Ceci ne pourrait pas être si leur acceptation devait se faire au cours d’une cérémonie consciente. La même chose est sous entendue dans la remarque que les lois qui régissent une Loge se régissent elles-mêmes, et non par des officiels ou par des tribunaux. Cependant il se peut très bien que tous les cas ne soient pas semblables, et qu’en certaines circonstances le mode opératoire diffère. Le langage utilisé dans les lettres reçues par Damodar (bien qu’il fût lui-même à un degré bien plus avancé) montre le fait d’initiations distinctes, et des initiations impliquant des serments et un initiateur.

7/ Une personne qui n’est pas prête à prononcer des serments ne peut espérer trouver un supérieur pour les recevoir. Une personne qui est prête n’a pas à se soucier de cette recherche. « Quand le disciple est prêt, le Maître l’est aussi ». Il est bon de se rappeler que les membres actuels de la Loge comprennent le caractère de ceux qui s’approchent d’eux beaucoup mieux que les candidats eux-mêmes, et si des serments doivent être acceptés, ils les prennent en charge. Évidemment les demandes de ceux qui qui ne sont pas prêts ne sont pas prises en compte, et pour celui qui est prêt la démarche est inutile. La condition spirituelle de chaque aspirant est parfaitement connue de ceux qui ont la charge de responsabilités spirituelles, et quand ils voient que le moment est venu pour un contact direct et pour guider un candidat, ils ne failleront pas dans ce devoir comme en tout autre devoir. Il est donc sage de leur laisser prendre l’initiative.

8/ Celui qui entre en contact avec un véritable Maître n’aura jamais de doute quant à Sa compétence et Sa responsabilité. Nous rencontrons parfois des hommes dont les caractères évidents sont à leurs crédits. Des douzaines de certificats ne présenteront jamais l’assurance que montre ce qui vient de leurs lèvres, d’une expression de leurs yeux, du ton de leurs voix. La réalité est palpable. Dans une bien plus grande mesure ceci est vrai pour un Maître, et bien qu’il soit inutile de spéculer sur Son attitude et paroles, ou magnétisme, nous pouvons bien penser qu’ils sont tous concluants. Si nous devenons privilégié au point d’en rencontrer un, et qu’Il nous estime prêt, il n’y aura probablement ni incertitude ni besoin de lettre de crédit.

Tout ceci peut se résumer ainsi. Si un homme pense qu’il est prêt pour prononcer des vœux, il peut avant se tester en se posant les questions suivantes : dans quelles mesures a-t-il vécu conformément à ses idéaux (qui sont les vrais modèles auxquels son âme a prêté serment de manière informelle), et jusqu’à quel point a-il scrupuleusement préservé le secret ? S’il a failli par rapport aux standards connus, pourquoi désirerait-il en prononcer des plus élevés et qu’il n’a pas compris ; s’il est largement défaillant et négligeant, comment espérer pouvoir les garder ? Mais s’il est sans blâme et de confiance, les Maîtres en sont avertis beaucoup plus que lui-même, et karma rendra son dû au moment opportun. S’il montre un retard, c’est parce qu’il s’est surestimé et qu’il n’est pas vraiment prêt. Dans ce cas les vœux seraient prématurés et dangereux. Ainsi que celui qui n’est pas engagé par des vœux comprenne qu’il en est ainsi parce que c’est mieux. Quand il devra l’être, il le sera. En attendant il faut mieux être satisfait qu’impatient.

Traduction de l’article de la revue Theosophical Forum – N°61 – Juillet 1894

Le jour du Lotus blanc - H.P. Blavatsky : rappels historiques et témoignages

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Sommaire
Ce qu'elle croyait
Comment elle a acquis la connaissance
L'importance de son oeuvre
Le Sphinx du XIXe siècle

Ce qu’elle croyait
« Voici ce en quoi je crois ; 1° qu’il a existé constamment des enseignements oraux révélés aux élus parmi les hommes, par des hommes divins, qui vivaient pendant l’enfance de l’humanité ; 2° que ces enseignements nous sont parvenus inaltérés, et 3° que les Maîtres possèdent à fond la science fondée sur cet enseignement continu. » – H.P. Blavatsky.

Les enseignements principaux d’H.P. Blavatsky peuvent se résumer dans les propositions suivantes :

« La Morale est basée sur la LOI et les faits.
« La Loi Morale est la Loi Naturelle.
« L'Évolution assure l'accomplissement de la Justice.
« L'identité fondamentale de toutes les âmes avec la Sur-Âme », rend possible la contagion morale, grâce au milieu psychique subtil.
« L'Identité Spirituelle de tous les êtres implique que la Fraternité Universelle est le seul sentier que puissent suivre ceux qui cherchent la vérité. » – W.Q. Judge, article « Morte elle nous parle encore ».

Comment elle a acquis la connaissance
« La connaissance parvient dans des visions, d'abord en rêve puis sous forme d'images présentées à l'œil intérieur au cours de la méditation. C'est ainsi que me fut enseigné tout le système de l'évolution, avec les lois de l'être et tout ce que je sais d'autre — les systèmes de la vie et de la mort, les opérations de karma. Pas un mot ne me fut dit de tout cela de la manière ordinaire, si ce n'est peut-être à titre de confirmation de ce qui m'était ainsi donné — rien ne me fut enseigné par écrit. Et la connaissance ainsi obtenue est si claire, si convaincante, si indélébile dans l'impression qu'elle fait dans le mental, que toutes les autres sources d'information, toutes les autres méthodes d'enseignement qui nous sont familières se réduisent à moins que rien en comparaison avec celle-ci. L'une des raisons qui me font hésiter à répondre sans beaucoup de précautions à certaines questions qu'on me pose est la difficulté qu'il y a à exprimer dans un langage suffisamment précis des choses qui me sont données en images, et que je saisis par la Raison pure — comme l'appellerait Kant.
« Les Maîtres ont une méthode synthétique d'enseignement : les grandes lignes générales sont données en premier, puis c'est un aperçu du mode de travail suivi, ensuite sont mis en lumière les grands principes et les notions les plus larges et finalement commence la révélation des points de détail. » ‒ H.P. Blavatsky, Les rêves et l’éveil intérieur, pp. 182-3.

L’importance de son œuvre
« H.P. Blavatsky est morte, mais H.P.B., notre instructrice et amie, est vivante, et elle vivra toujours dans nos cœurs et nos mémoires. Dans notre douleur présente, c’est particulièrement cette pensée que nous devons toujours garder à l’esprit. Il est vrai que la personnalité d’H.P. Blavatsky n’est plus parmi nous ; mais il est également vrai que sa noble et grande individualité, que la grande âme, qui a enseigné, à nous tous, hommes et femmes, à vivre des vies plus pures et plus désintéressées, est toujours vivante. […]
« Fort heureusement pour nous tous, H.P.B. laisse une œuvre qui repose sur des fondations fermes et complètement organisées. En dépit d’une santé déclinante et d’un corps souffrant, notre guide bien aimé a, jusqu’au dernier moment de sa vie, continué à œuvrer pour la cause à laquelle nous sommes tant attachée. Elle n’a jamais cessé d’être vigilante dans la défense des intérêts de cette cause. Elle rappelait constamment à ceux qui l’entouraient quels étaient les principes et les méthodes sur la base desquels le travail devait être mené, sans jamais penser que la mort de son corps puisse être un frein à l’accomplissement du devoir qui incomberait plus que jamais sur chaque membre sincère de la Société [Théosophique]. Ce devoir qui s’affiche si clairement devant nous, et dont H.P.B. fut un exemple si frappant, est de propager la connaissance de la Théosophie par tous les moyens en notre pouvoir, et particulièrement par l’exemple de nos propres vies.
Malgré tout l’amour et le respect que nous pouvons avoir pour notre guide, notre dévotion dans le travail ne doit pas reposer sur un attachement affectif et passager à une personnalité, mais sur les fondations solides d’une conviction que c’est dans la Théosophie elle-même, et en elle seule, que se trouvent ces principes spirituels éternels de la pensée juste, la parole juste et l’action juste, qui sont essentiels au progrès et à l’harmonie de l’humanité. » ‒ Extrait de l’allocution de G.R.S. Mead, prononcée lors de la crémation de H.P. Blavatsky ("The Cremation", revue Lucifer, June 1891).

« Je peux témoigner que, malgré son immense connaissance, elle restait toujours sans égoïsme […], libre de tout orgueil et ambition personnels, et qu’elle rejetait tout ce qui était offert dans un but d’adulation ou d’intérêt. Si on l’appelait « grande » ou « sage », elle répliquait : « je ne suis que la servante des Maîtres qui sont effectivement grands ». […]
« Je parle ici de ces sujets, qui sont généralement bien connus, parce qu’au fur et à mesure où les années passèrent, ils fournirent une confirmation supplémentaire qu’elle ne fut ni une égoïste intéressée, ni une « aventurière », mais une travailleuse pour la cause de la vérité et de l’humanité qui se dévoua totalement à son travail. Cette chaîne ininterrompue d’évidences, commença avec la création de la Société [Théosophique] et se termina avec son dernier souffle. Pas plus que je n’ai jamais eu la moindre évidence du contraire, malgré que des personnes ignorantes et sans scrupules aient prononcé contre elle des accusations viles et absurdes. […]
« Le véritable instructeur de la sagesse ancienne qui cherche vraiment à améliorer l’homme, ne peut être égotique, ambitieux, mercantile, ou opportuniste. Pendant quatorze ans, j’ai appliqué ce test à H.P.B. et le résultat a toujours confirmé mes premières impressions. Elle sacrifia fortune, honneurs, santé, et au final sa vie-même, pour une idée, et cette idée était avant tout d’enseigner les vérités de la Théosophie, pour le bénéfice de l’humanité ». Extrait de l’allocution de J.D. Buck, "H.P. Blavatsky as seen through her work", revue Lucifer, June 1891.

Le Sphinx du XIXe siècle
« La véritable vie, dans tout être humain spirituellement éveillé, est sa vie intérieure et pas sa vie extérieure. […] Si nous tentions de résoudre le mystère du « Sphinx du dix-neuvième siècle » et de raconter l’histoire du véritable Ego d’H.P. Blavatsky, nous devrions avant toute chose apprendre qui est l’individualité, la « créature nouvelle » (Épître aux Galates, vi, 15), qui était incarnée dans la forme d’H.P.B., et connaître quelque chose de ses vies précédentes, afin de pouvoir comprendre ce qui causa sa réapparition sur terre dans une forme de femme. Nous devrions alors accepter la théorie que l’âme d’un être régénéré est capable de vivre et d’agir au-delà des limites de la forme physique qui est sa demeure et l’instrument de sa manifestation extérieure, et que l’âme spirituelle d’une telle personne peut être dans une forme astrale éthérée dans un quelconque pays distant – disons le Tibet – alors que le corps physique est toujours vivant et agissant consciemment en Europe et en Amérique. […]
« Pour comprendre le vrai mystère qui entoura H.P.B., il sera nécessaire de comprendre d’abord le Mystère qu’on appelle l’« Homme » : car l’Initié, comparé au vulgaire, est comme un oiseau comparé à un œuf. L’oiseau connait les œufs et leur histoire, mais les œufs ne connaissent rien de l’existence des oiseaux. Pour résoudre le grand mystère de l’homme, l’humanité devra s’extraire de l’« œuf philosophique » et, s’étant libérée, atteindre la noble soi-connaissance de la Divinité dans l’Humanité ; mais, à ce jour, il semble qu’il y en ait peu, même parmi les prétendus « Théosophes », qui aient la moindre conception de ce que signifie la « soi-connaissance divine ».
« C’est à cause de la mauvaise compréhension de la vraie nature de l’homme et de l’ignorance de tout ce qui est divin dans cette nature, qu’H.P.B. a été universellement incomprise et rabaissée. Après une longue et patiente observation, une conviction que j’avais constamment refusé d’admettre, s’est imposée à moi, à savoir, que, sur ce point, beaucoup plus de torts ont été faits à H.P.B. par ses amis et admirateurs trop zélés, que par ses ennemis. H.P.B. n’a jamais demandé à être adorée, et elle niait posséder des pouvoirs miraculeux ; mais il y eut beaucoup de ses sympathisants qui lui portèrent une adoration superstitieuse, faisant des déclarations des plus insensées et des plus extravagantes sur elle, qui ne résistaient pas à l’investigation, et ainsi ne pouvaient que porter un discrédit sur elle et sa Société [Théosophique]. À quelques exceptions près, ces amis enthousiastes furent les premiers à l’abandonner et à devenir ses ennemis, quand les illusions, qu’ils avaient eux-mêmes crées, ont volé en éclat. […]
« De son propre aveu, H.P.B. n’était pas une femme érudite. Elle n’était pas même adroite. Au contraire, toutes ces grandes choses qu’elle fit, furent réalisées par elle et quelques-uns de ses associés, de manière si maladroite, que cela entachait souvent le bon résultat. Quand l’agent de la Société de Recherches Psychiques l’appela « le plus grand imposteur de son époque », il ne fit que prouver sa propre incapacité à juger son caractère, car H.P.B. – comme l’attesteront tous ceux qui étaient dans son intimité – n’a jamais été capable de se dissimuler ; et toute imposture, grande ou petite, qu’elle aurait pu tenter, aurait été immédiatement découverte, même par un enfant. H.P.B. était ni adroite ni « brillante », mais elle possédait ce dont manquent cruellement la plupart de ses critiques, à savoir, la connaissance de l’âme, un département de la « science » qui n’a pas encore été découvert par les scientifiques modernes et les soi-disant philosophes. L’âme qui vivait en elle était une grande âme, un Mahatma (de Maha = grand et Atma = âme). Cette grande âme, et non l’habit qu’H.P.B. portait habituellement, devrait être notre sujet d’investigation, non pas dans le but de satisfaire une curiosité scientifique, mais pour profiter de l’exemple.
« Celui qui découvre l’Amour découvre la Vie spirituelle (Proverbes, viii, 35), mais celui qui rejette l’amour rejette la lumière et choisit les ténèbres et la mort. L’homme a été appelé un « être mixte », car il n’est pas entièrement physique, il est aussi spirituel dans sa nature. Il est (comme le dit Jacob Boehm) le champ de bataille de trois royaumes : le royaume de la lumière, le royaume des ténèbres et le royaume de la nature. « Car la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas comprise » [Jean, i, 5] ; mais quand les ténèbres seront chassées par la lumière et que l’Esprit dans l’homme s’éveillera à sa divine soi-conscience, alors s’élèvera dans l’homme un nouvel ensemble de facultés intérieures, une nouvelle série de perceptions et de pouvoirs spirituels, et la mémoire qui appartient à l’Ego intérieur réincarnant sera accessible au mental terrestre tourné vers extérieur. Ces enseignements, qui sont incompréhensibles pour beaucoup, parce que hors de portée de leur expérience, sont de la plus haute importance et encouragent le petit nombre qui désire suivre le sentier parcouru par cette âme qui fut incarné dans le corps d’H.P. Blavatsky. Par conséquent ‒ au lieu de perdre notre temps à investiguer sur de telles futilités qui appartiennent à sa personnalité (par exemple l’oubli de préciser les références [de ses citations]) ‒ nous devrions essayer d’étudier sa vie intérieure et suivre l’élévation de son âme vers le trône de la Sagesse Divine. » ‒ Extraits de l’article de F. Hartmann, "H.P. Blavatsky and her mission", paru dans le revue Lucifer, de juin 1891.


 

top-iconRetour en Hauttop-icon



En souvenir de W.Q. Judge - La confiance en soi

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

[M. Judge mourut à New-York le 21 mars 1896. L'article de George W. Russel ci-dessous parut dans The Irish Theosophist de mai 1896 sous la signature bien connue de Æ et avait pour titre « Self-Reliance » (« Confiance en soi »). Les idées contenues dans cet article sont, pour les étudiants d'aujourd'hui, aussi vraies qu'elles l'étaient pour ceux d'autrefois et à qui elles s'adressaient.]

Nous devrions peut-être profiter de ce que nous sommes dans un état de transition pour considérer ce que nous sommes nous-mêmes, surtout quand les vieux chefs ont disparu et que les nouveaux n'ont pas encore pris leurs places en avant des autres. Il y a quelques questions que nous devrions nous poser à nous-mêmes sur ce mouvement. Où ses fondations furent-elles posées ? Quels sont les liens qui font un tout de ce mouvement ? Où est la source de sa force ? À la première question vous répondez « l'Amérique » ou « l'Inde ». Mais si cette ancienne doctrine des émanations est vraie, il faudrait répondre que ces fondations ne sont pas sur la terre mais dans le monde céleste où nos esprits immortels sont étroitement liés. C'est là qu'il est vraiment né et en se développant il s'étendit vers la terre. Tous nos espoirs, nos efforts et nos actions ici-bas ne sont que le vague reflet de ce qui était vrai et parfait en idée. Cette idée initiale était le désir de beaucoup de cœurs de sauver les générations allant vers leur perdition. Ceux qui nous protégeaient dans les premières années du mouvement étaient plus sages, plus forts, plus grands que nous. Ils étaient là parmi nous, rafraîchissant notre mémoire, murmurant dans nos cœurs le message de la signification de la vie, nous rappelant l'effort éternel de l'esprit pour acquérir la liberté, la connaissance et la maîtrise. Malgré tout, c'est notre mouvement et non seulement celui des Maîtres. C'est notre propre travail que nous accomplissons ; c'est notre propre volonté que nous essayons de manifester. Il est bien que les grands sages abandonnent leur corps qui n'était pour eux que tourment et souffrance. Ils le prirent pour notre salut et nous pouvons ici-bas leur adresser un adieu reconnaissant et nous pouvons penser que les sphères invisibles sont enrichies par leur présence, et sont plus désirables et plus dignes d'être atteintes. Je pense vraiment que là, ils sont plus près de notre cœur et de notre mental que lorsqu'ils sont ici. Ce qui est réel en nous ne peut pas rompre le lien de fraternité qui nous unit à de tels êtres quand ils franchissent les portes de la mort. Dans un rayonnement constant, dans un enfantement sans fin d'énergie, de pensée et de volonté, dans un épanouissement éternel de joie, d'amour et d'espoir, s'échange d'âme à âme la lumière. J'aimerais mieux entendre une de leur parole dans mon cœur que mille dans mon oreille. J'aimerais mieux penser à mon guide, à mon instructeur comme à une belle flamme, plutôt qu'emprisonné dans un corps d'argile. Quoique nous puissions regarder cette figure douce et grave qui ne vit plus, l'influence magique, le souffle de feu qui avant, nous venait de son âme, ne peut avoir cessé de vivre pour nous. Nous sentons au plus profond de notre cœur que celui que l'on dit mort, est à jamais, éternellement vivant.

Il a gagné son repos. Un profond repos, si toutefois des êtres comme lui cessent de travailler. Nous, nous pouvons continuer notre chemin, sûrs que les liens sont intacts. Quels étaient ces liens ? Est-ce le fait que vous connaissiez un être qui connaissait les Maîtres ? Une telle présence et un tel compagnon seraient naturellement une aide et un lien. Mais je crois que là où il y a croyance en notre être supérieur, en la justice, en notre unité et notre destinée spirituelle, là où la fraternité existe, il y a des liens, des nœuds, des attaches étincelantes qui partent du divin et qui nous rattachent sans interruption à lui. Ainsi, nous trouvons en nous-mêmes, dans notre propre nature, non pas tout ce qui nous permettrait de nous perfectionner dans les mystères, mais assez pour éclairer notre chemin, pour nous montrer le degré suivant et pour nous donner la force nécessaire pour accomplir notre devoir. Nous ne devrions pas constamment chercher de l'aide en dehors de nous-mêmes ; rappelons-nous qu'un jour il nous sera nécessaire de nous tenir débout, seuls. Ne nions pas, ne diminuons pas notre être secret, notre gloire cachée. Le fait que nous ayons accepté ces vérités, même comme une intuition, qu'il nous était impossible de justifier intellectuellement, est une preuve que nous avons en nous ce qui a été initié dans le passé, cette partie de nous-mêmes qui connaît et qui vit dans ce qui n'est qu'un espoir dans ce monde d'illusion. Nous ne comprenons pas le progrès d'une partie de nous-mêmes. Nous avons accompli des actes dans un rêve évanoui et nous avons médité plus profondément dans les silences oubliés du sommeil. L'Immortel fait son chemin dans la chair en descendant de sphère en sphère ; l'âme a des expériences dans l'état de rêve, et la sagesse qui en découle n'est pas perdue parce que notre mémoire n'en garde pas le souvenir. Mais assez a été dit pour nous donner des indications, des signes, qui nous permettent de remonter les courants de force jusqu'à leurs sources. Nous nous éveillons un jour, à l'aurore, et dans notre cœur se trouve aussi cette aurore, ainsi que l'amour, une énergie de flamme, une douceur magnétique qui se répand dans notre sang. Si nous pouvons remonter à la source de ce pouvoir énergisant, nous pourrions peut-être voir qu'en nous endormant une mémoire ancienne s'est éveillée dans notre âme, ou alors par le pouvoir du Maître, l'âme, transformée par le pouvoir enchanté du Soi, est partie à la recherche de la Terre Sainte. Que nous ayons un guide ou non, une chose est certaine, c'est que derrière nous et en nous, « le Père accomplit son travail intérieur », un guerrier combat pour nous. Nos pensées sont les pointes des flèches de son carquois. Il les tire avec ardeur et les lance par le Souffle Divin. Elles arriveront au but si notre pensée est juste. Qu'importe si dans le brouillard nous ne voyons pas où elles frappent. Elles servent toujours. Après un certain temps les brumes s'évanouiront et l'horizon deviendra clair ; les pouvoirs étincelants nous salueront comme vainqueurs.

Je n'ai pas de doute sur l'avenir ; je suis sûr que nous aurons un guide et une succession ininterrompue de guides. Mais je crois que leur tâche serait plus facile, que notre route serait moins enténébrée par la tristesse et le doute, si nous placions notre confiance non pas dans une hiérarchie d'êtres, si augustes soient-ils, mais dans la Loi dont ils sont les serviteurs. Leur Pouvoir, quoique très grand, a son flux et reflux en même temps que la nature se contracte et s'étend. Comme nous, ils ne sont que des enfants dans les denses infinitudes. Je pense que les Grands Êtres voudraient que chacun de nous parle ainsi : « Ô, Fraternité de Lumière, quoique j'aspire à être avec vous, quoique la pensée que vous êtes derrière moi me soutienne, quoique mes pas aient été affermis par votre aide, cependant si la Loi ne vous permet pas d'agir pour moi aujourd'hui, j'ai confiance dans le Grand Tout dont l'amour est comme un souffle ardent qui ne cesse jamais. Je m'appuie sur lui avec exaltation. Je mets ma confiance en lui joyeusement ». N'est-ce pas pour montrer la vie infinie que les frères aînés envoyèrent leurs messagers, pour nous dire que c'est sur elle que nous devrions nous appuyer, et aussi pour nous montrer des trônes plus majestueux que ceux qu'ils occupent ? Il est bien de se préparer à faire face avec un esprit calme à tout ce qui peut arriver ; soit de se trouver dans l'obscurité avec des pensées de gaieté et de courage, ou de saluer la Lumière avec révérence, amour et joie. Mais je sens dans mon cœur que nous ne sommes pas abandonnés. Comme les cycles accomplissent leurs rondes, les figures héroïques de l'aurore réapparaissent. Quelques-unes sont passées avant nous, d'autres avec le même esprit et pouvoir suivront ; quand un nouveau jour se lève le soleil et l'étoile du matin l'annoncent. Quand ce jour viendra, puisse-t-il ne pas nous trouver engourdis après notre nuit, mais puisse-t-il nous trouver éveillés, préparés et prêts à quitter notre maison de sommeil, et étendre nos mains vers la lumière, pour vivre et travailler dans la joie en ayant les Dieux pour guides et amis.

George W. Russel

[Cet article est paru en anglais dans la revue Theosophical Movement de Bombay, Inde, Vol. III, N° 5. La traduction ci-dessus est celle publiée dans la Revue Théosophique, Volume XI, n°7, de mars 1936, Paris]
________________________________________

Les voeux et la culture du juste motif (Citations de divers articles)

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Le vœu des éditeurs
« Dans cette joyeuse saison de retour du printemps, la revue The Path souhaite à tous ses lecteurs une « Joyeuse nouvelle année » au plus haut et meilleur sens du terme, ‒ un progrès dans la connaissance des grandes vérités vitales de la Théosophie, une réalisation plus vraie du Soi, une conviction plus profonde de la Fraternité Universelle. » ‒ Extraits de l'article de W.Q. Judge "The Second Year".

Le pouvoir du vœu
« En s'appuyant sur le pouvoir du vœux sublime du Bouddha et en y joignant la bonne mise en pratique, avec le temps tout le Karma, bon et mauvais sera épuisé ». Extraits de l'article de W.Q. Judge "A Buddhist Doctrine".

Le principe balance – Le désir
« Les passions et les désirs ne sont pas produits par le corps, c'est au contraire le corps qui leur doit son existence. [...] C'est par eux que nous évoluons à travers les demeures mortelles appelées vies terrestres. Ce fut par l'éveil du désir dans la cause première inconnue, l'existence une et absolue, que l'ensemble des mondes fut manifesté, et c'est par l'influence du désir que le monde actuellement en manifestation est maintenu en existence. Ce quatrième principe est le principe balance de l'ensemble des sept. Il se tient au milieu de la série, et c'est de lui que partent les voies vers le haut ou vers le bas. Il est la base de l'action et l'instigateur de la volonté. Selon l'expression des anciens Hermétistes : " Derrière la volonté se tient le désir ". Car, qu'il s'agisse de faire le bien ou le mal, il nous faut d'abord éveiller en nous le désir de suivre l'une ou l'autre voie. L'homme de bien qui, finalement, atteint le niveau du sage, a dû à un moment donné, dans une de ses nombreuses vies, éveiller en lui le désir de vivre en compagnie d'hommes saints et conserver vivace son désir de progrès pour pouvoir continuer son chemin. Même un Bouddha ou un Jésus a dû, au cours d'une de ses vies, commencer par faire le vœu ‒ qui est un désir ‒ de sauver le monde ou une partie du monde et persévérer, avec ce désir vivace dans son cœur, durant des vies innombrables. [...] Du point de vue matériel et scientifique de l'occultisme ‒ considéré comme l'utilisation des pouvoirs intérieurs et cachés de notre nature ‒ si ce principe du désir n'est pas puissant, le maître pouvoir de l'imagination ne peut accomplir son œuvre, car, bien qu'il crée un moule ou une matrice, la volonté ne peut agir à moins qu'elle ne soit mue, dirigée et maintenue à son point culminant par le désir. » ‒ Extraits de l'Océan de Théosophie, p. 49. [lien site www.theosophie.fr].

Le Renoncement aux désirs personnels et la culture du Juste Motif
« Si nous encourageons dans notre mental le désir de renoncer, si nous le nourrissons afin qu'il puisse prendre racine et croître, nous obtiendrons l'entraînement nécessaire pour acquérir le Juste Motif. Cet entraînement ne consiste pas simplement à prendre une résolution et à répéter verbalement le fameux Serment de Kwan-Yin, mais à s'en souvenir pendant l'accomplissement des devoirs quotidiens. Celui qui fait le Grand Renoncement ne se précipite pas pour aider ici et là, n'importe où, mais il « protège constamment l'Humanité et veille sur elle dans les limites karmiques ». Cela implique la connaissance, en particulier celle de la Loi des Cycles et « des divisions ultimes du temps ». C'est pourquoi H.P. Blavatsky dit qu'il est facile de devenir Théosophe... Mais c'est une toute autre question de se placer sur le Sentier conduisant à la connaissance de ce qu'il est bon de faire, et au juste discernement entre le bien et le mal. [...] La culture du Juste Motif prend plus d'une vie ; la maîtrise du mental errant est une nécessité universellement reconnue, mais combien sont ceux qui pensent au cœur errant ? Lorsque le cœur a été stabilisé, la concentration du mental devient facile, car un objectif a été trouvé. Le mental se recueille et fait de l'objectif son centre, alors que sans but, ou sans objectif, le mental ne peut jamais gagner l'état de concentration. Les hommes ont des objectifs nombreux et variés dans la vie, et l'étudiant de la Théosophie ne fait pas exception à la règle. S'il décide que l'objectif qu'il vise ne sera ni la béatitude du Nirvana, ni le développement des siddhis, [pouvoirs] inférieurs ou supérieurs, ni la réalisation du succès dans un domaine ou un autre, mais, en lâchant prise sur tout, de s'engager sur le Sentier du Renoncement, en se disciplinant pour la vie de service spirituel de l'Humanité orpheline, alors il a trouvé l'objectif correct, le Juste Motif, essentiel à la vie du Chéla. Une fois qu'un aspirant prend la résolution de suivre le Juste Motif, ce dernier, qu'il s'en souvienne ou non, affectera sa vie et le forcera à travailler pour l'humanité, d'une manière ou d'une autre. Dès qu'il n'essaiera plus de gagner un bienfait spirituel d'une façon égoïste, au lieu de s'efforcer d'aider ses frères, il ressentira l'appel intérieur vers le travail, auquel on ne peut se soustraire. Pour le Grand Choix, son moment viendra, mais cette venue sera hâtée dans la mesure où il restera fidèle au grand Choix de son incarnation présente ‒ s'efforcer de faire de la Théosophie un Pouvoir Vivant dans sa Vie. » – Extraits de l'article « Le cœur errant ».
Lire des articles complets : « Le cœur errant », « Le destructeur du réel », « Le mental de celui qui pratique le renoncement », « Le mental vertueux » (Cahiers Théosophiques n°114 et 115). [liens sur le site www.theosophie.fr].

La purification du désir
« Lorsque le désir est dirigé vers ce qui est purement abstrait, lorsqu'il a perdu toute trace, toute teinte de « soi », alors il est devenu pur.
« Le premier pas vers cette pureté consiste à tuer le désir de ce qui est du domaine de la matière, car seule la personnalité séparée peut s'en réjouir.
« Le second pas consiste à cesser de convoiter même des abstractions telles que le pouvoir, la connaissance, l'amour, le bonheur ou la renommée, car, après tout, elles ne sont qu'égoïsme.
« La vie elle-même enseigne ces leçons ; car lorsqu'on atteint l'objet de tels désirs, on ne trouve que le fruit de la Mer Morte. Ceci nous l'apprenons par l'expérience. La perception intuitive saisit la vérité positive que la satisfaction ne peut être atteinte que dans l'infini ; la volonté fait de cette conviction un fait réel conscient jusqu'à ce qu'enfin tout désir soit centré sur l'Éternel. » Article publié par H.-P. Blavatsky dans la revue Lucifer d'octobre 1887.

La volonté et le désir
« L'homme a la possession exclusive de la VOLONTÉ sur ce plan de conscience qui est le nôtre. Elle le distingue de la brute en qui le désir instinctif est seul actif.
« Le DÉSIR, dans son sens le plus large, est la force créatrice de l'Univers. Ainsi considéré, il ne se distingue pas de la Volonté; mais nous, hommes, ne connaissons jamais le désir sous cette forme tant que nous ne restons que des hommes. Par conséquent, la Volonté et le Désir sont envisagés ici comme étant opposés.
« Ainsi, la Volonté est issue du Divin, du Dieu dans l'homme; le Désir est le pouvoir moteur de la vie animale.
« La plupart des hommes vivent dans le désir et par lui, le confondant avec la volonté. Mais celui qui veut atteindre au but doit séparer la volonté du désir et faire que sa volonté commande, car le désir est instable et toujours changeant, tandis que la volonté est ferme et constante.
« La volonté et le désir sont tous deux des créateurs absolus qui modèlent l'homme et son entourage. Mais la volonté crée avec intelligence — le désir, aveuglément et inconsciemment. L'homme, par conséquent, se fait à l'image de ses désirs, à moins que, grâce à sa volonté, il ne se crée, à la ressemblance du Divin, enfant de la lumière.
« Sa tâche est double : éveiller la volonté, la fortifier par l'usage et la conquête, la rendre maîtresse absolue dans sa nature incarnée, et, parallèlement à ceci, purifier le désir.
« La connaissance et la volonté sont les instruments nécessaires à l'accomplissement de cette purification. » ‒ Article publié par H.-P. Blavatsky dans la revue Lucifer, d'octobre 1887.

Le vœu de silence
« L'un des grands maux — si ce n'est le plus grand — dont est corrompue notre société moderne, est celui du commérage. [...] Apprendre la valeur du silence est la première exigence de la vie spirituelle. La conservation de l'énergie spirituelle demande que s'arrête toute dispersion des forces de l'âme. Rares sont les voies par où l'on gaspille autant la divinité de l'homme que par le son et la parole. Les déchets et les rebuts de notre nature kâmique trouvent souvent un exutoire dans des paroles [...]
Ceux qui sont en quête de la perle de la sagesse doivent acquérir la force des muscles, la maîtrise du souffle et la finesse de la nage nécessaires contre les vagues démontées de cet océan du samsâra. Tout cela est tenu caché en sûreté dans le Pouvoir du Silence. Ce pouvoir doit être invoqué, non par un serment fait à quelque autre individu, mais par un vœu chanté silencieusement et enregistré silencieusement dans le sanctuaire du Cœur. Ainsi, le sentier commence dans le silence et le secret, et finit dans l'écoute et le chant du Son insonore. Extraits de l'article de B.P. Wadia « Le vœu de Silence » [lien sur www.theosophie.fr]

Notre devoir est de rendre notre monde meilleur
« N'est-ce pas le plus grand de tous les arts, celui qui touche l'atmosphère même dans laquelle nous vivons ? Qu'il soit le plus important est perçu immédiatement, quand nous nous souvenons que chaque personne en respirant affecte l'atmosphère mentale et morale du monde, et aide à colorer le jour de ceux qui sont autour de lui. Ceux qui n'aide pas à élever les pensées et les vies des autres doit soit les paralyser par l'indifférence, soit les pousser activement vers le bas. [...] nous devons nous efforcer « d'apprendre l'art de rendre la vie non seulement belle mais divine. [...] Mais chaque homme doit découvrir à nouveau ce fait par lui-même, et quand il a réalisé cela il sait deviendra une épave s'il ne s'efforce pas à faire de ce fait une réalité dans sa propre vie. Le stoïque devient sublime parce qu'il reconnaît sa responsabilité absolue et ne cherche pas à s'en échapper ; le transcendentaliste fait plus, parce qu'il a foi dans les possibilités inconnues et non expérimentées qui résident en lui-même. L'occultiste réalise pleinement la possibilité et ne revendique son titre qu'après avoir acquis et vérifié la connaissance de ses propres possibilités. » ‒ Extraits de l'article de H.P. Blavatsky "1888".

top-iconRetour en Hauttop-icon

________________________________________