Dimanche 20 Janvier 2019

Mis à jour le Dim. 20 Jan. 2019 à 18:38

Retour Autres auteurs

Articles de divers auteurs

Le rôle et la mission de la Loge Unie des Théosophes

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

La loi d’amour divin
« Suivez dès maintenant les voies Divines, mettez-vous en harmonie avec les lois Divines. Pour obtenir le bien, nous devons avoir de bonnes pensées et de bons désirs doivent nous animer ; en résumé, nous devons être bons. Ce qui est ainsi suggéré consiste à accomplir loyalement et consciencieusement chacun des devoirs qui nous incombent. […] Nous avançons plus rapidement lorsque nous nous arrêtons pour aider d'autres compagnons de route. C'est lorsque nous sacrifions le plus que nous recevons le plus. Nous atteignons l'amour Divin dans sa plénitude lorsque nous aimons nos frères avec un amour dénué de tout égoïsme. Nous nous unissons avec le Suprême lorsque nous nous oublions nous-mêmes dans le Service de l'Humanité. » ‒ Citations tirées de l’article de W.Q. Judge « Que sont les dons spirituels ? Comment les obtenir ? »

Nous ne sommes pas séparés les uns des autres
« Ce n’est pas la politique de « soi-conservation », ni le bien-être d’une personnalité ou l’autre, dans sa forme physique limitée qui réalisera jamais le but désiré [de la Fraternité], et protègera la société des conséquences du futur « ouragan » social, mais bien l’affaiblissement du sentiment de séparativité entre les individus qui composent son élément principal. Et un tel affaiblissement ne peut s’accomplir que par un processus d’illumination intérieure. Ce n’est pas la violence qui pourra jamais assurer le nécessaire et le confort à tous ; pas plus que le royaume de la paix et de l’amour, de l’entraide, de la charité et du « pain pour tous » ne peut-être conquis par une politique de raisonnement froid et diplomatique. C’est uniquement par une union étroite et fraternelle des SOIS intérieurs des hommes, par la solidarité de l’âme, par la croissance et le développement de ce sentiment qui nous fait souffrir en songeant à la souffrance d’autrui, que le règne de la justice et de l’égalité pour tous, sera inauguré. C’est là le premier des trois buts fondamentaux en vue desquels la Société Théosophique fut créée, et c’est pourquoi elle fut appelée la « Fraternité Universelle » entre les hommes sans distinction de race, de couleur, ou de croyance.
Les hommes devront « comprendre que c’est précisément cet égoïsme personnel farouche – le principal mobile de la « lutte pour la vie » – qui est l’origine de la seule cause de la famine humaine. » - Extrait de l’article d’H.P. Blavatsky « La Société Théosophique : sa mission et son avenir » - Traduction française parue dans la revue Théosophie, de décembre 1926.

La ligne de conduite de la Loge Unie des Théosophes
Extrait de la lettre n°10 de Robert Crosbie, de son ouvrage Le Philosophe amical (Friendly Philosopher, pp. 391/2). Cahier Théosophique n°129.
« Du début jusqu'à la fin, nous devrions, dans tout notre travail public, nous attacher aux Trois Propo¬sitions Fondamentales de La Doctrine Secrète, car elles sont le pivot de toute la philosophie et, si l'on en n'a pas une connaissance solide, on ne peut réaliser aucun progrès réel. La première chose à faire comprendre, dans chaque présentation de la Théosophie, est l'impossibilité de la conception courante d'un Dieu personnel, ou séparé, et l'importance de réaliser le SOI, comme le tout en tout. Ensuite, vient la loi de Périodicité, des Cycles ou de Karma, dans toutes ses applications sous la forme des deux “voies éternelles du monde”. Cela fait apparaître la Réincarnation, par analogie, comme également les réincorporations successives des systèmes solaires, des planètes et de toute forme de matière. Cela conduit naturellement à réfléchir sur la “Sur Ame Universelle”, l'intelligence collective présente dans n'importe quel système solaire, ainsi que dans l'ensemble de ces systèmes, car ils sont tous reliés “jusqu'au plus petit atome concevable” et ce qui affecte l'un les affecte tous ‒ Egos petits et grands, aussi bien qu'à l'état embryonnaire. Cela signifie Unité partout, interaction entre tous, responsabilité individuelle.
« Il sera bon d'indiquer à chaque classe d'étude le but de la réunion et que des volontaires exposent avec leurs propres mots leur compréhension des Trois Propositions Fondamentales. On devrait inviter les étudiants à poser librement des questions afin de les amener, même s'ils sont débutants, à les formuler eux-mêmes. Ce n'est qu'ainsi qu'ils pourront améliorer leur compréhension et se mettre eux-mêmes dans une posi¬tion qui leur permet d'aider au mieux autrui, comme eux-mêmes ils ont été aidés. Dans la classe sur L'Océan de Théosophie, les Trois Propositions forment le fon-dement de tout le travail. Chapitre après chapitre, dans les questions et les réponses, les applications peuvent être mises en relief, et la cohérence de toute la philo¬sophie clairement démontrée. Les étudiants individuels qui veulent apprendre devraient poser des questions et y répondre dans les termes de la philosophie même. Il sera difficile d'amener beaucoup d'étudiants à voir l'importance de cette répétition continuelle, mais, cependant, elle est essentielle pour tout véritable progrès.
«  Inévitablement, nous attirerons l'attention de tous ceux qui sont hostiles à tout ce que nous pourrons entreprendre comme travail théosophique, aussi bien que l'intérêt de ceux qui désirent apprendre ce qu'est la pure Théosophie. Eh bien ! Il faudra du temps pour venir à bout de tout cela, mais le temps engloutit les hommes, les siècles et les mondes, aussi bien que certaines attitudes mentales. Nous savons qu'un effort comme le nôtre est nécessaire et nous savons que ce que nous présentons est la Vérité éternelle même, dont les effets continueront à jamais. Nous sommes heureux de voir des gens s'inscrire comme membres, heureux pour eux, et heureux pour le monde, mais non pas comme une faveur qui nous est faite. Nous pouvons nous réjouir du fait que ceux qui s'intéres¬sent à la Théosophie soient capables de percevoir leur véritable intérêt, et qu'ils se joignent à ceux qui aident l'humanité. Il y a beaucoup de torts, d'erreurs et d'idées mal comprises, et nous devons les reconnaître partout où nous les trouvons, nous devons en apprendre les leçons et éviter ainsi les pièges dans lesquels tant de gens sont tombés. Nous n'avons pas à nous soucier de ce qu'on dit de l'un ou l'autre d'entre nous personnellement, quoique nous devions y faire face de telle sorte que la “Loge Unie des Théosophes” n'en soit en aucune manière affectée. Toutes les attaques contre la Théosophie et le travail théosophique n'ont pas été dirigées contre la philosophie, ni contre les buts du travail théosophique, mais contre ceux qui étaient les plus en vue et que l'on considérait comme ceux qui dirigeaient le Mouvement. Nous éviterons cela autant que possible en nous tenant nous-mêmes à l'arrière-plan, de sorte que si des attaques surviennent, comme ce n'est pas improbable, elles affecteront le travail aussi peu que possible. »

La mission du Mouvement Théosophiques
Extraits du Cahier Théosophique n°30 « La Loge Unie des Théosophes, sa mission et son avenir ».
« Le Mouvement Théosophique a pour objet l'étude de la Nature entière et il s'intéresse à l'évolu¬tion sous tous ses aspects, visibles et invisibles.
« Le début du Mouvement Théosophique se perd dans la nuit des Temps. Partout où la pensée a lutté pour être libre, partout où les idées spirituelles, en opposition au fanatisme et au dogmatisme ont été promulguées, on peut reconnaître ce grand Mouvement. Il est moral, éthique, spirituel, universel, invisible sauf dans ses effets, et permanent.

« La véritable unité et l'influence réelle du Mouvement Théosophique — son caractère international — ne doivent pas être recherchées dans une organisation ou une autre mais il faut les trouver dans l'identité de but, d'aspiration, d'intention, d'enseignement et d'éthique.

« On ne peut pas comprendre le Mouvement Théoso¬phique sans admettre l'existence des Maîtres non seulement comme un idéal mais comme un fait réel et sans admettre que ces Maîtres prennent une part active « dans la direction de l'ordre naturel des choses ». L’évolution est triple : spirituelle et mentale aussi bien que physique ; l'Homme et la Nature sont quelque chose de plus que de la matière visible. Ils constituent la Trinité de l'Esprit, de l'Âme (ou Mental), et du Corps (ou matière).
« L'Unité de pensée, de volonté et de sentiment, est le premier pas vers la formation d'un noyau de cette fraternité universelle dont l'exemple est donné par les Maîtres.
« La Loge Unie des Théosophes est une École de Théosophie : une association informelle et entièrement volontaire d'étudiants de la Théosophie ; elle n'est pas plus attachée aux diverses organisations théosophiques qu'à des sociétés similaires ou des sectes religieuses. Elle ne s'occupe que des individus qui sont intéressés à la Théosophie et au Mouvement Théosophique ou qui sont susceptibles de le devenir.
« L'attitude adoptée depuis le début et qui doit être fermement maintenue repose sur le fait que c'est par les Maîtres, leur Message et leur Messager que se trouve le véritable Sentier du Mouvement Théosophique. Ce sentier doit être découvert, étudié, assimilé, suivi, par tous ceux qui aiment la Fraternité et qui aspirent à devenir de vrais Théosophes. Par conséquent, le travail continuel des Associés de la Loge Unie des Théosophes fut d'acquérir et de répandre une connaissance des enseignements de la Théosophie, et cela comme une condition sine qua non pour la formation de ce noyau de Fraternité Universelle qui était et reste le Premier Objet du Mouvement Théosophique.
« Ce n'est que par l'étude, la pratique et ses efforts pour répandre la Théosophie que l'Associé fortifie sa conviction, développe sa connaissance et qu'il devient, de cœur et d'esprit, un Disciple.
 Le monde a un immense besoin d'une large propagation des enseignements fondamentaux de la Théosophie, et que les gens viennent aux réunions pour entendre parler de Théosophie — de ce qu'elle est et de ce qu'elle enseigne sur les grands sujets d'intérêt humain.
« Les réunions de la Loge Unie des Théosophes sont entièrement libres de la moindre trace de prosélytisme.
« Chaque [Centre Théosophique] est absolument autonome, et doit se suffire entièrement à lui-même.
« L’unité dépend d’un but bien définit et non simplement de l’entretien d’un idéal. »

L’unité repose sur la fidélité à la Déclaration de la Loge Unie des Théosophes.

top-iconRetour en Hauttop-icon

Le Gardien du seuil - épreuves et obstacles sur le Sentier spirituel

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Étude dans la Voix du Silence
H.P. Blavatsky explique que la forme astrale produite par Kama [les désire] doit être détruite. Habituellement, le Kama-rupa [forme astrale crée par les désirs] se forme après la mort du corps et avant que l'Ego n'entre en Devachan [état de béatitude post portem], en se libérant de cette forme. Mais dans la vie du chéla [disciple] en probation, étant donné qu'il pénètre dans le monde des vivants, en abandonnant derrière lui celui des morts, il se produit le phénomène du Kama-rupa en relation avec celui du Gardien du Seuil. L'âme éveillée devient consciemment vivante lorsque, chassant du champ du mental toutes les images-pensées nourries de Kama, elle commence à vivre par le pouvoir du cœur pur, c'est-à-dire par l'influence de Buddhi [l’âme spirituelle]. C'est pour ce double processus — qui consiste à disperser le Kama-rupa et à éveiller Buddhi, afin que Manas [le mental] puisse en être animé — que le monde objectif se révèle d'un grand avantage. (Cahier Théosophique N°114, pp17-8)

Article « Clairvoyance »
La connaissance acquise en Sushupti [correspond à l’état de conscience pendant le sommeil profond] peut être ramenée ou non dans la conscience physique ; tout dépend des désirs de l'individu et de la préparation plus ou moins parfaite de ses consciences intérieures en vue de recevoir et de conserver cette connaissance.
Les voies de pénétration du monde idéal sont soigneusement gardées par des élémentaux contre l'intrusion des profanes.
Lytton fait dire à Mejnour [Zanoni, Livre IV, Chapitre II] : « ... nous jugeons d'après des épreuves qui visent à purifier les passions et à élever les désirs. Et en cela la Nature nous contrôle et nous assiste, car elle place des gardiens terribles et des barrières insurmontables entre les ambitions du vice et le ciel de la science suprême ».
S'il est correctement guidé, le désir de la jouissance physique se transmue en un désir d'une chose plus haute qui graduellement se transforme en un désir de faire du bien à autrui et perd peu à peu, en s'élevant ainsi, sa caractéristique de désir pour se transformer en un élément du sixième principe.
Ce contrôle de la nature auquel Mejnour fait allusion est tangible dans l'intervalle naturel compris entre les limites maximum et minimum : l'on ne peut s'élever trop haut, ni descendre trop rapidement ni trop bas. L’assistance de la nature est sensible dans l'état Turya [profonde méditation] : lorsque l'adepte fait un pas en avant, la nature aide au suivant.
Dans l'étal Sushupti, il se peut qu'on trouve ou non l'objet de sa recherche ardente, et, dès qu'on l'a découvert et qu'on désire en ramener le souvenir dans la conscience normale, à ce moment même prend fin l'état Sushupti. Mais on peut alors se trouver dans une position difficile en quittant cet état. Les voies que doit emprunter la vérité pour descendre dans la nature inférieure sont fermées. Cette situation est magnifiquement décrite dans un proverbe indien : « Le son dans la bouche et le feu sont tous deux perdus ». Ceci est une allusion à une pauvre fille qui mange du son et veut en même temps ranimer le feu qui s'éteint devant elle. Elle l'active en soufflant sur les cendres tout en gardant le son dans la bouche, mais il tombe sur les braises mourantes les étouffant complètement ; ainsi subit-elle une double perte. Dans l'état Sushupti l'anxiété qui est éprouvée en désirant ramener le souvenir des expériences dans la conscience agit comme le son sur le feu. Loin d'être une aide, comme certains se l'imaginent, le désir trop ardent de posséder certaines choses ou de travailler dans un certain sens est nettement pernicieux, et si nous permettons à ce désir de nous gagner pendant nos heures de veille il agira avec une force d'autant plus grande sur le plan de Shushupti. Le résultat de ces échecs est clairement exposé par Patanjali [v. Aphorismes du Yoga de Patanjali — 1ère Partie, n° 30 et 31].
Cahier Théosophique n°14 – [lire tout l’article « Clairvoyance » lien www.theosophie.fr]

La Voix du Silence
« Les hauteurs des Pâramitâ [Vertus spirituelles] sont traversées par un sentier encore plus escarpé. Tu devras te frayer ton chemin à travers sept portails, sept places fortes gardées par de cruels Pouvoirs pleins de ruse : les passions incarnées. » (La Voix du Silence, p. 64).

Aphorismes du Yoga de Patanjali (aphorismes n°30 à 31, Partie I)
30. Les obstacles sur le chemin de celui qui désire atteindre la concentration sont la Maladie, la Lassitude, le Doute, la Négligence, la Paresse, l'Attachement aux objets des sens, la Fausse Perception, l'incapacité d'atteindre tout degré d'abstraction et l'instabilité dans l'état qui a pu être atteint.
31. Ces obstacles sont accompagnés de chagrin, de détresse, de tremblement et de respiration irrégulière.
32. Pour prévenir cela, il faut demeurer avec insistance sur une seule vérité. On entend ici toute vérité qu'on approuve.
33. Par la pratique de la Bienveillance, de la Compassion, du Contentement et par l'Indifférence aux objets de bonheur, de douleur, de vertu et de vice, le mental se purifie.
Les principales occasions de distraction du mental sont la Convoitise et l'Aversion. Cet aphorisme ne signifie pas que la vertu et le vice devraient être vus avec indifférence par l'étudiant, mais qu'il ne devrait pas fixer son mental avec plaisir sur le bonheur ou la vertu, ni avec aversion sur la douleur et le vice. Autrement dit, il devrait tout regarder avec un mental égal : et la pratique de la Bienveillance, de la Compassion et du Contentement conduit à l'allégresse du mental, ce qui tend à le renforcer et le stabiliser.

Article « Comment vivre la vie supérieure » (Cahier Théosophique N°73)
Le « Gardien du Seuil » qui se dresse devant les occultistes même avancés, et qui menace souvent de les écraser, ne diffère que quantitativement des épreuves imposées au Chéla, ou de celles de la probation, menant à l'état de Chéla. Il peut être utile d'examiner la nature de ce Gardien et de ces épreuves. Qu'il nous suffise de dire, pour l'instant, que cette nature est triple, et dépend de nos rapports :

1. avec notre nation,
2. avec notre famille,
3. avec nous-mêmes.

Et chacun de ces trois groupes de rapports est dû à l'extériorisation d'un fragment de notre propre Karma passé, c'est-à-dire à ses effets. […] Nous trouvons donc sept choses qui contribuent à nous assurer la victoire, ou qui nous conduisent à une triste défaite sans gloire, dans le formidable combat connu sous les noms de Gardien du Seuil ou d'épreuves subies par le Chéla :
1er – Les tendances mauvaises communes à nous-mêmes et à notre famille ;
2ème – Celle que nous avons en commun avec notre nation ;
3ème – Celles que nous possédons en commun avec l'humanité en général, et que l'on appelle ordinairement les faiblesses de la nature humaine, les fruits de la première transgression d'Adam ;
4ème, 5ème et 6ème – Les nobles qualités que nous avons en commun avec notre famille, notre nation, l'humanité ;
7ème – La façon particulière dont ces six groupes de nos activités karmiques passées choisissent de nous influencer ou ont la possibilité de le faire, ou leurs effets qui produisent en nous la tendance actuelle. Un adepte seul peut complètement maîtriser ce septième point, et tout mortel qui essaiera de diriger toutes ses énergies vers le plan le plus haut qu'il peut atteindre (« Ne désire que ce qui est hors d'atteinte » dit l'auteur de la Lumière sur le Sentier) arrivera, comme je l'ai dit récemment, à faire plus ou moins ce que peut accomplir l'adepte, pour autant qu'il agisse selon la règle. Tout Chéla ainsi que tous ceux qui entretiennent le désir de le devenir ― désir qu'ils croient secret ― ont affaire avec les six premiers groupes de tendances ou d'influences. […]
Pour conclure, on pourrait ajouter que l'élément le plus important dans le « Gardien du Seuil » et dans les épreuves subies par le Chéla, est formé par les défauts de famille, qui doivent être d'abord « conquis », puis viennent les défauts nationaux et les « maux de la chair » en général. Bien qu'il faille se débarrasser de tous trois simultanément et aussi rapidement que possible et bien que les trois genres de devoirs doivent être remplis, il est essentiel que les débutants attachent plus d'importance aux premiers qu'aux seconds plus aussi aux seconds qu'aux troisièmes, et qu'ils n'en négligent aucun. […] La question est posée parfoi  : « Le Gardien du Seuil a-t-il une forme objective ? De quoi dépend-elle ? Apparaît-il à tout le monde sous une forme identique à celle qu'il revêtit pour Glyndon, dans l'histoire de Bulwer ? » (Voir Zanoni, par Bulwer Lytton, Ed.).
Elle est objective pour ceux qui se sont avancés très loin.
Elle dépend :
1° D'une certaine chose que je ne nommerai pas ici.
2° Du degré de développement que le Chéla ou l'Occultiste a atteint, ou est sur le point d'atteindre ;
3° De la façon spéciale dont le Chéla ou l'Occultiste, sa famille et sa nation considèrent les élémentaux et le Gardien, ou plutôt des légendes et de la religion particulières à cette nation et à cette famille ;
4° De la forme plus ou moins monstrueuse ou insolite capable de l'effrayer ou le faire succomber le plus aisément, au moment critique.
En fonction des quatre conditions ci-dessus, le Gardien assume une certaine forme selon la façon dont le Chéla ou l'Occultiste a ou n'a pas rempli ses triples devoirs et selon la manière dont les sept éléments du Gardien s'affirment en lui. Mieux il s'est acquitté de ses triples devoirs moins le Gardien l'affecte. Naturellement, la forme n'est pas nécessairement la même pour tous.
Pourquoi le Gardien apparut-il à la sœur de Glyndon (Zanoni) alors qu'elle n'était pas en probation, et pourquoi sous une forme identique ?
Parce qu'elle était suffisamment sensitive et en sympathie avec son frère. Le principe qui régit ce cas est le même que celui de l'obsession.
Le Gardien peut être constitué par un seul élémental, ou par un ou plusieurs groupes d'élémentaux revêtant une forme collective. C'est un élémental unique quand la crise se produit au début de la tentative du Chéla ou de l'Occultiste en vue d'élever sa nature inférieure. Ce cas se présente lorsqu'il possède très peu de force (Karmique) pour parcourir le « sentier montant ». Plus loin il se trouve sur le sentier, plus nombreux sont les élémentaux qui composent le Gardien.
Qu'on ne s'imagine pas que le Gardien n'apparaît au Chéla ou ne l'influence qu'une seule fois, jusqu'au moment où le disciple atteint la première initiation ; ni que l'initié n'est troublé qu'une seule fois par sa présence ou son influence, entre deux initiations. Il apparaîtra chaque fois que la réserve de force Karmique tombera au-dessous de la limite minimale.
J'appelle par force Karmique le phala [mot sanskrit signifiant : rétribution, les fruits ou les effets résultant de causes] (effets ou fruits) du bon Karma désintéressé du passé, qui a atteint sa maturité. L'Occultiste peut avoir en réserve une quantité énorme de bon Karma passé, cependant si, durant la crise, l'Occultiste n' a pas un nombre suffisant de bonnes pensées altruistes pour mûrir un fragment suffisant de son bon Karma, il se trouvera privé de l'énergie karmique nécessaire. Peu nombreux sont ceux qui ont déjà mis en réserve une quantité appréciable de bon Karma ; et moins nombreux encore ceux qui possèdent le degré requis d'altruisme et de spiritualité, pendant la période d'épreuves. Mais combien plus rares encore sont ceux qui ne sont pas avides d'atteindre un développement de Yoga supérieur, sans en avoir les moyens nécessaires.
Tant que nous ne serons pas parfaitement qualifiés pour ce Yoga, nous devrions nous contenter de nous développer d'une façon ordinaire et nous pouvons le faire tout en essayant d'acquérir les moyens nécessaires, en menant une vie altruiste, et en servant d'exemple aux autres ; c'est là la situation de presque tous les théosophes ordinaires. Ils sont comme tous les humains, influencés par un « Gardien », qui n'est rien d'autre que l'effet exercé sur eux par leurs propres défauts, ceux de leur famille, et de leur nation ; et quoiqu'ils puissent ne jamais le voir en cette vie, sous une forme objective, son influence, communément envisagée comme « les mauvais penchants et les pensées de découragement », n'en est pas moins là.
Cherchez donc à vivre la vie supérieure, en commençant, dès maintenant, à purifier vos pensées, par de bonnes actions et par des paroles droites.

Murdhna Joti

Lettres inédites de B.P. Wadia
« Quand on pratique la discipline de l'examen de conscience à la lumière de la Philosophie du Vrai, nos côtés faibles et fragiles coagulent et se solidifient, et nous devenons capables, pour ainsi dire, de les objectiver. Ceci a rapport au phénomène du Gardien du Seuil. Les erreurs mentales et les péchés du mental exercent une terreur et constituent le véritable ennemi du néophyte. Ce que dit H.P. Blavatsky dans les "Transactions", est terrifiant si nous prenons ce point de vue. Les aspects métaphysiques et psychologiques sont tous deux également importants. » (Lettre d’avril 1961)
« Voyons les choses du point de vue des élémentaux : ils rebondissent sur vous et retournent à eux avec votre force. Ces élémentaux jouissent des vibrations d’irritabilité - c’est pour eux de la nourriture. Si un tel échange se poursuit, un « gardien du seuil » ordinaire va se former. La destruction d’un tel « gardien » est dix fois plus difficile que l’arrêt de la situation présente. Mais suivons le devenir de ce « gardien » jusqu’au bout. Renforcé, il sera finalement un foyer pour un « élémentaire » et alors ce « gardien » deviendra pour ainsi dire soi-conscient. Ensuite, l’une des parties en présence se trouvera obsédée par cet « élémentaire ». Eh bien ! Je ne pense pas que tout cela va se produire, mais vous, vous devez apprendre la leçon de la situation. Adoptez le point de vue le plus élevé. » (Lettre de décembre 1963)
« Ce que vous décrivez comme votre expérience, ce n’est pas le Gardien du Seuil, qui n’est encore qu’en formation. Vous vous êtes séparé de vos faiblesses avec l’aide de vos aspirations, et le rassemblement de ces faiblesses est en train de se faire. Quand ce processus sera achevé, ce sera Pâpa-Purusha [= L’homme de péché], le mauvais Gardien. Mais nos aspirations, avec notre effort en vue de vivre la vie supérieure, commence également à prendre forme – comme Punya-Purusha [= L’homme de mérite]. Alors, avec l’aide et la force de ce dernier, nous devenons capables d’éjecter le premier de nous-mêmes.
« Dans la suite, il vient à nous tourmenter de l’extérieur ; c’est là le vrai Gardien du Seuil. En rapport avec ce sujet, il y a certains mystères qui font frémir. Une claire conscience, avec la pureté du magnétisme et la propreté du corps constituent vraiment la meilleure protection. Vous êtes sûr de surmonter les difficultés à mesure que vous persisterez dans l’effort d’attention-dévotion.
« Il existe plusieurs types de Gardien du Seuil. Tôt ou tard, chaque chéla vient à le rencontrer, sous une forme ou une autre. Cela, pour la simple raison que chaque être entretient la terrible hérésie personnelle de la séparativité, qui tient à la volonté de vivre une vie séparée, distincte de la Nature – Prakriti, animée par les Maîtres – les Purusha Parfaits ». (Lettre de juin 1964)

[Les Lettres inédites de Wadia sont disponibles en anglais sur le site ULT Malmö : http://www.teosofiskakompaniet.net/]

La Lumière sur le Sentier
« La toute première expérience du néophyte en Occultisme est une tristesse intolérable. Un sentiment de vide s'empare de lui et lui fait voir le monde comme un désert, et l'existence comme une entreprise qui ne mène à rien. Cette épreuve fait suite à sa première contemplation sérieuse de l'abstrait. En sondant, ou même en essayant de sonder du regard le mystère ineffable de sa propre nature supérieure, il provoque lui-même la précipitation sur son être de l'épreuve initiale. L'oscillation entre le plaisir et la douleur s'arrête — ne serait-ce qu'un instant — mais cela suffit pour le libérer soudain des solides amarres qui l'ancraient au monde de la sensation. Même très brièvement, il fait l'expérience de la vie plus large ; dès lors, il poursuivra son existence ordinaire, accablé par un sentiment d'irréalité, de vide, de négation horrible. Tel fut le cauchemar qui tourmenta le néophyte décrit par Bulwer Lytton, dans son livre Zanoni. Et le héros lui-même, Zanoni, qui avait appris de grandes vérités et s'était vu conférer de grands pouvoirs, n'avait pas encore passé le seuil où la peur et l'espérance, le désespoir et la joie, semblent être, à un moment, des réalités absolues et, l'instant d'après, de simples produits de l'imagination incontrôlée. » (La Lumière sur le Sentier, pp. 67-69)

top-iconRetour en Hauttop-icon

L'immortalité

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button
Quelques généralités en rapport avec l’immortalité de l'homme
« L’Immortalité, ou l’état de ce qui dure toujours, doit être différenciée de la survivance, car il est parfaitement possible de concevoir que quelques parties de notre composition très complexe, spirituelle et psychique, survivent à la mort du corps physique pour un certain temps et soient cependant elles-mêmes soumises à une décrépitude graduelle et à la mort. En vérité, c’est probablement ce qui se produit pour les éléments purement psychiques en nous, pour la partie inférieure ou personnelle de l’homme intérieur, et il est probable que les « messages » des séances spirites, lorsqu’ils ne viennent pas du sub-conscient du médium ou de celui des assistants, viennent de ces restes psychiques en désagrégation des êtres qui sont morts.
« Si une partie de nous-mêmes est immortelle et dure à jamais, il est évident que ce ne peut être l’être extérieur personnel, le nom, la forme corporelle et la mémoire des événements qui donnent la forme à la personnalité et qui sont regardés par la plupart des Occidentaux comme ce qui constitue l’homme véritable. Le soi personnel, constitué par les habitudes, ne peut être immortel, car il est évident qu’il commença à exister à un moment donné ; et le Père le Temps, comme le raconte l’ancienne fable grecque, dévore tous ses enfants. La théorie, jadis si généralement admise, que l’homme qui commençait à la naissance, continuerait, par quelque miracle surnaturel, à exister à jamais, est à la fois contraire à la raison et en opposition avec notre sens logique. Qui que ce soit d’entre nous est-il si satisfait de son soi extérieur qu’il désire être identifié ou associé avec lui à jamais ? Passer l’éternité comme John Smith ou Ram Gopal, quelle perspective attrayante ! Non, ce qui est né doit sûrement mourir et si nous désirons vérifier ce qui, en nous, survivra à la mort, nous devons tout d’abord trouver quelle partie de nous-mêmes est antérieure à la naissance, car, nous pouvons raisonnablement supposer que nous emporterons avec nous de la vie ce que nous avions amené dans cette vie. Ce que nous avons amené avec nous dans la vie était un assemblage de tendances, d’aptitudes, d’affinités, en un mot le caractère, ce qui a été appelé « la mémoire de l’âme ». Nos actions et nos pensées pendant la vie modifient et développent ce caractère, soit en bien, soit en mal ; et, s’il y a survivance, c’est ce caractère ainsi modifié que nous emmènerons avec nous à travers les portes de la mort.
« Mais le caractère lui-même, bien que permanent si on le compare à la personnalité, ne l’est que relativement ; il est, comme nous l’avons vu, sujet au changement et à la croissance et par conséquent, comme la personnalité, il est voué à devenir la proie du Temps qui dévore tout. Nous devons regarder plus profondément encore dans les plus intimes profondeurs de notre être pour trouver un principe immortel.
« Mais ceci n’est pas tout. La conception même de nous-mêmes et de l’univers comme un courant de changements, un composé de choses relatives, serait impossible s’il n’y avait derrière tout changement et toute relativité un noumène qui ne change pas. Si nous-mêmes et l’univers n’étions rien de plus que des composés temporaires d’esprit et de matière, nous déplaçant constamment d’un état ou d’une forme dans un autre, nous ne pourrions pas être plus conscients du changement qu’un homme, flottant dans le courant d’une rivière dont il ne pourrait voir les bords, pourrait être conscient du mouvement.
« Lorsque, rétrospectivement, nous plongeons de plus en plus profondément en nous-mêmes, nous découvrons progressivement que le corps, les émotions, le mental, la volonté et ainsi de suite, avec lesquels nous avions commencé à nous identifier, peuvent tous être objectivés et, par conséquent, ne sont pas le Soi. Mais, aussi loin que nous puissions poursuivre ce processus, il y a toujours un JE qui fait l’analyse, un Soi à l’arrière-plan, un sujet pour qui tout le reste est l’objet. Dans le processus qui consiste à « désidentifier » ainsi le vrai Soi de tous les objets de pensées possibles, nous avons renversé toutes les barrières et toutes les limites qui le renfermaient en lui-même et semblaient le séparer des autres Sois et du Soi Universel. Le Soi est Un. Dans le langage de l’Occident, l’Esprit est un avec Dieu. Ou, selon les mots d’une très ancienne écriture orientale :

« Il (le Soi) est l’Eternel qui ne change pas, il est le Suprême qui ne change pas…il est la base excellente, la base qui ne change pas ; connaissant cette base un homme est puissant dans le monde éternel.
« Plus petit que ce qui est petit, plus grand que ce qui est grand, ce Soi est caché dans le cœur de l’homme…S’il comprend ce grand seigneur, le Soi, qui est sans corps dans le corps, qui est stable « parmi ce qui est instable, l’homme sage ne peut pas se plaindre…Celui qui n’a pas cessé de faire le mal, qui n’est pas ferme, dont les émotions ne sont pas au repos, ne peut pas l’atteindre par la connaissance. »

Cet article est traduit de la revue The Aryan Path (Bombay, Inde) d’octobre 1933 ‒ Paru dans la revue Théosophie, IX, n°11, de juillet 1934.
 
Seul l’Esprit divin est immortel
« Le Théosophe croit à l’immortalité : non pas à celle de l’âme, mais à celle de l’Esprit divin, ou plutôt à l’immortalité de l’Ego qui se réincarne. [...] Nous disons que l'homme et l'Âme doivent conquérir leur immortalité en s'élevant vers l'unité à laquelle, s'ils réussissent à l'atteindre, ils se trouvent finalement liés et dans laquelle ils finissent, pour ainsi dire, par être absorbés. Après la mort, l'individualisation de l'homme dépend de l'esprit, non de l'âme et du corps. Bien que le terme « personnalité », au sens où on l'entend d'ordinaire, soit une absurdité si on l'emploie littéralement pour désigner notre essence immortelle, cette dernière est néanmoins, en tant que notre Ego individuel, une entité distincte, immortelle et éternelle par soi-même. […] Si cette union entre le Manas inférieur, ou personnel, et l'Ego individuel, l'entité qui se réincarne, ne s'est pas effectuée pendant la vie, alors le premier est abandonné et doit partager le sort des animaux inférieurs, pour se dissoudre peu à peu dans l'éther et subir l'annihilation de sa personnalité. Mais, même alors l'Ego demeure un être distinct. Après cette vie spéciale qui, dans ce cas, est en fait inutile, l'Ego spirituel […] se réincarne presque immédiatement, après avoir, pendant une courte période, joui de sa liberté en tant qu'esprit planétaire. » ‒ La Clef de la Théosophie, pp. 117 à 120.
 
Toucher l’aspect le plus profond de l’être
« Une « entité » est immortelle, mais elle ne l'est que dans son essence ultime, non dans sa forme individuelle. Arrivée au dernier point de son cycle, elle est absorbée dans sa nature primordiale et elle devient esprit, perdant alors son nom d'Entité.
« En tant que forme, l'immortalité de l'entité est limitée à son cycle de vie, le Mahâmanvantara [le grand cycle de manifestation de l’univers] ; celui-ci écoulé, elle est indissolublement unie avec l'Esprit Universel et identique à lui, en cessant d'être une Entité distincte. Quant à l'Âme personnelle, c'est-à-dire l'étincelle de conscience qui conserve dans l'Ego Spirituel l'idée du « Moi » personnel de l'incarnation précédente, elle ne dure, en tant que souvenir séparé et distinct, que jusqu'à la fin de la période dévachanique [période de repos et de béatitude entre deux vies]. À l'expiration de celle-ci, elle s'ajoute à la série des autres incarnations innombrables de l'Ego, comme le souvenir qui reste dans notre mémoire, à la fin de l'année, d'un seul jour parmi tous les autres. Voulez-vous lier à des conditions finies l'infinitude que vous attribuez à votre Dieu ? Seul est immortel ce qui est indissolublement cimenté par Âtma [l’Esprit] (c'est-à-dire Buddhi-Manas [l’Âme spirituelle et le Mental]). L'Âme de l'homme (c'est-à-dire de la personnalité) n'est en soi ni immortelle, ni éternelle, ni divine. Comme le dit le Zohar (Vol. III, p. 616) [Zohar, I, 65c, 66a] : « Quand elle est envoyée sur cette terre, l'âme se couvre d'un vêtement terrestre, pour se préserver ici-bas ; de même, elle reçoit en haut un vêtement lumineux, afin de pouvoir regarder sans préjudice dans le miroir dont la lumière provient du Seigneur de Lumière. » Le Zohar nous enseigne, en outre, que l'âme ne peut atteindre le séjour de béatitude avant d'avoir reçu le « saint baiser » : avant d'être réunie à la substance dont elle est émanée, l'esprit [Zohar, II, 65c, 97a]. » ‒ La Clef de la Théosophie, p. 123.

L’effet de la croyance en l’immortalité de son âme
« Pour celui qui n'a aucune perception intérieure de l'immortalité de son âme, ni aucune foi en elle, dans cet homme, l'âme ne peut jamais devenir Buddhi-Taijasî [une âme spirituelle unie au divin] mais restera tout simplement Manas ; or il n'y a pas d'immortalité possible pour Manas seul. Et, pour vivre d'une vie consciente dans le monde suivant, il faut avant tout y croire dans cette vie, pendant l'existence terrestre. C'est sur ces deux aphorismes de la Science Secrète que s'érige toute la philosophie de la conscience post mortem et de l'immortalité de l'âme. L'Ego reçoit toujours selon ses mérites. Pour lui, après la dissolution du corps, commence, selon les cas, une période de conscience pleinement éveillée, ou un état de songes chaotiques, ou encore un sommeil entièrement dépourvu de rêves que l'on ne saurait distinguer de l'annihilation. » ‒ La Clef de la Théosophie, pp. 179-180.

Les conditions pour accéder à l’immortalité
« Nous avons fait voir, d'autre part, que la "doctrine secrète" ne concède pas à tous les hommes l'immortalité au même degré. "L'œil ne verrait jamais le soleil s'il n'était pas de même nature que le soleil", dit Plotin. Ce n'est "qu'au moyen de la plus sublime pureté et chasteté que nous pouvons nous rapprocher de Dieu, et recevoir, dans Sa contemplation, les véritables sagesse et pénétration", écrit Porphyre. Si l'âme humaine a négligé pendant sa vie de recevoir l'illumination de son Esprit Divin, notre Dieu personnel, il est fort difficile pour l'homme grossier et sensuel de survivre longtemps à sa mort physique. De même qu'un monstre difforme ne peut vivre longtemps après sa naissance physique, de même l'âme, une fois qu'elle s'est trop matérialisée, est incapable d'exister après sa naissance dans le monde spirituel. La viabilité de la forme astrale est si faible que ses particules n'adhèrent pas fermement les unes aux autres lorsqu'elles s'échappent de la capsule rigide du corps externe. Ses particules obéissant graduellement à l'attraction désorganisatrice de l'espace universel, s'échappent finalement hors de toute possibilité de se ré-agréger. Lorsqu'une catastrophe de cette nature a lieu, la personnalité cesse d'exister ; son glorieux Augoeides l'a abandonnée. Pendant la période intermédiaire entre sa mort physique et la désintégration de sa forme astrale, celle-ci, attachée par l'attraction magnétique à son hideux cadavre, erre à l'entour de celui-ci et puise de la vitalité chez des victimes possibles. L'homme, qui s'est fermé à tous les rayons de la lumière divine, se perd dans l'obscurité et, par conséquent, s'attache à la terre et à ce qui est terrestre.
« Aucune âme astrale, pas même celle des purs, des bons et des vertueux, n'est immortelle au sens strict du mot ; "elle a été formée d'éléments – et aux éléments elle doit retourner p. Mais, tandis que l'âme du méchant disparaît, et est absorbée sans rédemption, celle de tous les autres, même modérément purs, ne fait que changer ses particules éthérées contre d'autres plus éthérées encore : et tandis qu'il reste en elle une étincelle du Divin, l'homme individuel, ou plutôt l'essence de son égo personnel, ne mourra pas. "Après la mort", dit Proclus, "l'âme [l'esprit] continue à séjourner dans la forme aérienne [forme astrale] jusqu'à sa complète purification de toutes ses passions irritables et voluptueuses... elle se débarrasse alors du corps aérien par une seconde mort, ainsi qu'elle l'avait déjà fait pour son corps terrestre. C'est ainsi que les anciens prétendent qu'un corps céleste est toujours uni à l'âme, laquelle est immortelle, lumineuse et de la nature des étoiles". »
Isis Dévoilée, Éditions Adyar, volume I, pages 163-164 (Isis Unveiled, Vol. I, p. 432).

Le pouvoir de ressuscitation
« "A la mort, dit le philosophe, un des corps s'échappe de l'autre, par osmose et à travers le cerveau ; il est maintenu près de son ancienne enveloppe, par une double attraction, physique et spirituelle, jusqu'à ce que cette dernière se décompose ; et si les conditions convenables sont remplies, l'âme peut se réincarner et reprendre la vie suspendue. Elle le fait dans le sommeil ; elle le fait encore plus complètement dans la léthargie ; et enfin elle le fait d'une façon plus surprenante encore au commandement, et avec le concours d'un adepte de l'Hermétisme. Jamblique déclarait qu'une personne bien douée de ce pouvoir de ressusciter était "remplie de Dieu". Tous les esprits subordonnés des sphères supérieures sont à ses ordres, car il n'est plus un mortel, mais bien un dieu lui-même. Dans son Epître aux Corinthiens [1 Co, 14, v. 32], Paul remarque que "les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes" ». − Isis Dévoilée, Éditions Adyar, volume I, pages 215-216 (Isis Unveiled, Vol. I, p. 476).

Le symbolisme en rapport avec la croix et l’immortalité
« La croix philosophique, les deux lignes courant dans des directions opposées, l'horizontale et la perpendiculaire, la hauteur et la largeur, que la Divinité géométrisant divise au point d'intersection, et qui forme le quaternaire magique, aussi bien que scientifique, lorsqu'elle est inscrite dans un carré parfait, est la base de l'occultiste. Dans sa mystique enceinte se trouve la clé qui ouvre la porte de toute science, physique aussi bien que spirituelle. Elle symbolise notre existence humaine, car le cercle de la vie circonscrit les quatre pointes de la croix qui représentent, dans leur succession, la naissance, la vie, la mort et l'IMMORTALITE. Chaque chose en ce monde est une trinité, complétée par le quaternaire (*), et chaque élément est divisible d'après ce même principe. La physiologie peut diviser l'homme à l'infini, de même que la science physique a divisé les quatre éléments primordiaux et principaux, en plusieurs douzaines d'autres ; elle ne réussira à en changer aucun. La naissance, la vie et la mort seront toujours une trinité qui n'est complétée qu'à la fin du cycle. Même dans le cas où la science arriverait à changer l'immortalité désirée en annihilation, elle serait toujours un quaternaire ; car Dieu "géométrise". » ― Isis Dévoilée, éd. Adyar, Vol II, p. 252. (Isis Unveiled, Vol. I, p. 508).
(*) Dans les nations anciennes, la divinité était une trinité complétée par une déesse l'Arba-il ou Dieu quadruple. (Sepher Yetzirah, 1.)

L’Immortalité pour un petit nombre
« […] Cela n’a jamais été une doctrine secrète que « peu d’êtres parmi les mortels luttent pour la perfection, et que parmi ceux-là, un seul sur dix mille atteint le but désiré ». Ces paroles se trouvent dans la Bhagavad Gita, qui fut imprimée en anglais pour la première fois, il y a cent ans. Mais, même si nous n’avions pas l’affirmation directe de la Bhagavad-Gîta, les doctrines Théosophiques fondamentales nous obligeraient à conclure que beaucoup d’êtres n’atteindront pas l’immortalité. Toutefois, puisque ces mêmes doctrines nous enseignent à analyser et à déterminer ce que signifient les termes « beaucoup » ou « nous-mêmes », nous voyons que la théorie en question s’applique uniquement à l’ego inférieur, ou strictement humain, et non à l’Esprit. Par conséquent le but de la Réincarnation, c’est que tous les egos puissent avoir l’occasion de devenir immortels en s’unissant à l’Esprit. S’ils ne le font pas, ils sont perdus. En outre, toutefois, on enseigne que les périodes d’évolution se suivent en une succession infinie, et que tous ceux qui sont « laissés en arrière » sans être sauvés à la fin d’une quelconque de ces périodes, sont repris par l’évolution suivante dans le but de leur permettre d’arriver à la perfection. Ainsi, à chaque Manvatara un certain nombre d’Egos atteint la perfection, car cette période est très longue si on l’évalue en années mortelles. Je dis « un certain nombre » car en vérité, ce nombre est très important, quoique, si on le compare au tout, il puisse encore paraître minime.
« C’est pour cela que les Théosophes travaillent, non seulement en vue d’atteindre eux-mêmes la perfection, mais afin d’aider tous les autres hommes à faire de même. Et ils devraient se souvenir que, le désirant ou non, les lois de la vie les ramènent sur terre maintes et maintes fois, jusqu’au moment où ils croiront à la doctrine, acquerront l’aspiration et transformeront les deux en action. […] ». — W.Q. Judge (Publié dans The Theosophical Forum, mars 1890 ‒ L’extrait de l’article traduit en Français dans la revue Théosophie, VII, N°4, décembre 1931).
 

Le symbolisme de Pâques

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Lorsque le 25 décembre, les Chrétiens fêtent Noël, la Nativité de l'Enfant Jésus, se doutent-ils que bien avant l'ère actuelle, les mondes « païens » avaient choisi cette même date pour fêter la naissance de leurs Dieux ? Noël, fête de la lumière, de l'amour, de l'espoir, se situe au moment du solstice d'hiver, après cette courte période de trois jours pendant lesquels le soleil semblant hésiter dans sa course, la durée des jours cesse de diminuer mais ne progresse pas encore. Noël, fêté à minuit entre le 24 et le 25 décembre se place dans un cycle remarquable au moment où les ténèbres vont enfin céder la place au retour de la lumière tant attendue. Lumière, chaleur, vie, telle est la promesse de ce Noël qui est le premier élan vers le printemps.
Les Anciens respectaient les lois de la nature et c'est pourquoi leurs fêtes et leurs rites corres-pondaient aux cycles qu'ils avaient observés ou dont la connaissance leur avait été transmise par tradition. Ainsi, le 25 décembre, l'Égypte ancienne célébrait la naissance d'Osiris et d'Horus, la Perse fêtait celle de Mithra. En Grèce, ce jour était consacré à la naissance d'Hercule, de Bacchus et d'Adonis. Que ce soient les Phéniciens, les Syriens, les Romains, les Mexicains, les Hindous, tous célébraient, à cette époque de l'année, l'accouchement de la Reine du Ciel ou Vierge Céleste.
Les coutumes et les traditions qui donnent à Noël son caractère particulièrement mystique, ont leurs origines dans l'antiquité. Pour ne citer que quelques exemples, la bûche Yule était brûlée par les anciens Germains, tandis que les Druides allumaient des feux de joie sur les hauteurs. À Rome, le « Jour du Soleil invincible » donnait lieu à de multiples réjouissances et à des échanges de cadeaux. Les arbres à feuilles persistantes symbolisaient l'éternelle jeunesse et la vigueur de Dionysos. Même l'idée de la crèche si riche en symbolisme, est bien antérieure à celle de Bethléem, car déjà en Égypte, le dieu nouveau-né gisait dans une mangeoire à l'intérieur d'une grotte.
L'époque de la naissance de Jésus n'est pas connue et son existence même est mise en doute par de nombreux historiens. Ce n'est que vers le IVe siècle que l'Eglise a choisi la date du 25 décembre pour commémorer la nativité et ce choix ne pouvait être meilleur car il correspond aux traditions populaires et situe, du point de vue de la Théosophie, la figure de Jésus dans un contexte universel, parmi la longue lignée des Instructeurs de l'Humanité — que ceux-ci soient considérés comme des dieux, des demi-dieux, ou des Instructeurs, comme Gautama le Bouddha,. Krishna, Lao-Tseu et bien d'autres encore.
Lorsque l'on étudie attentivement le Nouveau Testament, tout en gardant en pensée les traditions qui existèrent bien avant qu'il ne fut rédigé — ce qui fut fait assez tardivement d'ailleurs — le chercheur se rend compte qu'il y a trop de points communs, trop de ressemblances, un symbolisme trop éclatant, pour que l'on puisse s'y attacher à la lettre et lui donner un sens purement historique. Qui fut Jésus ? Personne, honnêtement ne peut le dire. Que révèlent les Évangiles ? Ils renferment des contradictions indéniables sur ce que l'on désirerait considérer comme des faits historiques, mais incontestablement contiennent l'enseignement d'un Grand Instructeur de l'Humanité. Le récit concernant la vie de Jésus illustre tout le symbolisme de la longue ascension de l'homme vers l'initiation finale qui fait de lui un homme christos « Oint du Seigneur ». Jésus n'est pas le sauveur unique de l'humanité. Il est un Adepte venu apporter aux hommes souffrants une sagesse mise à leur portée. Les sauveurs de l'humanité sont nombreux. Chacun a un rôle particulier situé dans une race, à une époque déterminée. Jésus lui-même n'est-il pas sensé dire : « Je suis venu pour les brebis perdues d'Israël ? ».
En replaçant les origines du Christianisme et ses traditions propres dans le contexte de son temps, la Théosophie permet de mieux comprendre la distinc¬tion essentielle que l'on devrait faire entre Jésus, l'homme né selon la chair, et le Christ, esprit omni¬présent. Le nom de Jésus-le-Christ indique qu'un homme nommé Jésus a réalisé le pouvoir Christique en sa conscience humaine et ainsi est devenu Fils de Dieu, né sans parents, car il s'agit d'une naissance à de nouveaux états de conscience conférant, à celui qui les réalise, la connaissance, la sagesse et la compassion divines.
« Nous ne pourrons assez répéter que c'est seulement par les doctrines des philosophes anciens qu'on peut arriver à comprendre la doctrine prêchée par Jésus. Pythagore, Confucius et Platon nous permettent de comprendre l'idée qui est contenue dans le terme « Père » dans le Nouveau Testament ». Cette affirmation, H.-P. Blavatsky l'explique en faisant remarquer que l'idée de Dieu selon ces philosophes est très différente de ce qu'elle est devenue maintenant. Ce qu'ils nomment Dieu est le Père de toutes choses, ils rejettent la notion anthropomorphe selon laquelle Dieu aurait un corps matériel. Ils disent de Lui qu'Il est invisible et éternel, omniscient, omnipotent, immuable. Il ne peut désirer changer ses propres lois, ni se laisser influencer par des prières et des sacrifices.
« Vous êtes le temple de Dieu » dit St Paul. « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (St Jean). Jésus dit à Nicodème que « ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit », Ces passages ne deviennent compréhensibles que si l'on se réfère à l'enseignement védique à propos de l'homme recherchant la perfection spirituelle, Selon cet enseignement, cet homme doit subir trois naissances : la première est la naissance dans un corps physique fourni par ses parents, la seconde est la naissance spirituelle au moyen de l'initiation, la troisième et dernière est celle qui s'accomplit dans le monde de l'esprit et qui fait de l'Initié un être immortel.
Cette seconde naissance, la régénération de l'esprit, après la naissance naturelle de ce qui est né de la chair, était certes de nature à étonner un législateur Juif. Néanmoins, elle avait déjà été enseignée 3.000 ans avant la venue du grand prophète de Galilée, non seulement dans l'Inde antique, mais à tous les époptes des initiations païennes instruits dans les grands mystères de la Vie et de la Mort. Ce secret des secrets, était pratiquement démontré par les Yogis. Ayant libéré leur âme des liens de la matière et de la perception physique des sens, ils développaient leur puissance spirituelle et la force de leur volonté au point d'acquérir le pouvoir de communiquer avec les mondes supérieurs et de pratiquer ce qu'on nomme à tort des « miracles ». Les hommes ayant atteint sur cette terre le pouvoir de communier avec le « Père dans le Secret » peuvent « ressusciter des morts » dans le monde de l'Esprit.
Pâques est l'aboutissement de Noël. La date de cette fête est calculée, elle aussi, selon un cycle solaire, celui de l'équinoxe de printemps, en tenant compte, de plus, d'un cycle lunaire. C'est la promesse réalisée. La graine sous terre a accompli son travail de gestation, les bourgeons se sont emplis de sève jeune et forte, les œufs dans les nids des oiseaux, les milliers de vies qui partout semblaient endormies, s'éveillent et s'épanouissent. Pâques est le « passage » de la mort apparente à la vie réelle. C'est la preuve éclatante de la jeunesse éternelle de la vie qui infatigablement élabore des formes. Quel meilleur symbole naturel que l'Oeuf en cette saison du renouveau ? Quelle meilleure période pour fêter la promesse réalisée par l'Instructeur spirituel ? Mais en quoi consistait cette promesse ?
Pâques, c'est le moment où l'Initié réalise l'immortalité : la résurrection de la vie en esprit. Selon les termes de St Paul : « Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible ; il est semé méprisable, il ressuscite glorieux ; il est semé infirme, il ressuscite plein de force ; il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel ». Puis il explique que l'homme est double : le premier homme tiré de la terre est terrestre, le second homme est du ciel. « Ce que je dis, frères, c'est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu et que la corruption n'hérite pas l'incorruptibilité ». « Nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés ».
Ces paroles d'un grand Initié peuvent paraître obscures sinon contradictoires. Cependant, elles contiennent l'enseignement occulte de la résurrection. Il est bien évident que le corps physique qui, après la mort, se désagrège assez rapidement et dont les constituants retournent aux éléments naturels, ne peut ressusciter. Cela n'est d'ailleurs absolument pas souhaitable, car, il faut bien le reconnaître, de nombreux problèmes seraient difficiles à résoudre pour concilier l'idée d'une béatitude éternelle avec les limitations de ce corps humain. L'homme physique n'est que le véhicule terrestre de l'homme intérieur, l'âme, qui doit gagner son immortalité. L'origine de cette âme est divine, elle est un rayon individualisé de la divinité et par conséquent sa nature essentielle est éternelle. Mais, en tant que véhicule individualise de la conscience divine, elle doit s'élever jusqu'à l'immortall1é, en éveillant ses pouvoirs latents par l'expérience dans la vie incarnée. Cette âme se trouve donc dans une situation médiane, participant à la fois des plans divins et de la vie animale, terrestre, sensible, affective, émotionnelle. La renaissance spirituelle est réalisée progressivement au cours des incarnations à mesure que l'âme devient capable de maîtriser le soi inférieur et d'élever tout son être par la dévotion à une Cause universelle, la purification des désirs et la recherche de la connaissance véritable. La résurrection, ou immortalité, est le couronnement de cette naissance spirituelle, car l'Adepte forge, au fur et à mesure de ses progrès spirituels, un véhicule permanent — un « corps glorieux » — qui deviendra le siège de sa conscience ininterrompue.
La tradition chrétienne enseigne que le sacrifice de Jésus-le-Christ sur la croix a permis la Rédemption de ceux parmi les hommes qui le reconnaîtraient comme le Sauveur, l'unique Fils de Dieu. Selon la Théosophie, la Rédemption est possible pour tous les hommes qui gravissent leur propre calvaire, réalisant ainsi leur propre renaissance spirituelle, et ressuscitent enfin des morts pour vivre en Esprit (Christ). Le récit de la mort de Jésus et des événements qui la suivent en est le symbole. La description de la longue agonie, des souffrances morales et physiques d'un Sauveur Divin, Glorieux, qui souhaitait cette fin pour sauver l'Humanité, n'est qu'une déformation de la véritable tradition initiatique. Elle fait appel à la nature émotionnelle de l'homme et non à sa nature spirituelle et mystique. La véritable tradition, c'est l'image de l'Initié qui crucifie définitivement son soi inférieur dans la souffrance pour ressusciter incorruptible.
Qu'il s'agisse de la Croix, de la descente aux enfers, de la Résurrection, tout n'est que symbolisme, cachant un enseignement que l'on retrouve dans les traditions initiatiques de la pensée religieuse de tous les temps et qui pendant longtemps n'a été révélé que dans le secret des temples.
Dans ses écrits, et spécialement dans Isis Dévoilée et la Doctrine Secrète H.P. Blavatskv éclaire en de nombreux points ce symbolisme antique.
Le mythe ésotérique d'Hercule et de Thésée descendant dans les régions infernales ; le voyage aux Enfers d'Orphée qui trouva son chemin grâce au pouvoir de sa lyre, celui de Krishna, et finalement celui du Christ qui « descendit aux Enfers et ressuscita des morts le troisième jour », ont été rendus méconnaissables par les adaptateurs non initiés des rites païens qui les transformèrent en dogmes et rites de l'Église.
Du point de vue astronomique, cette descente aux Enfers symbolise le soleil durant l'équinoxe d'automne ; on supposait alors qu'il abandonnait les hautes régions sidérales, qu'un combat se livrait entre lui et le démon des ténèbres qui s'emparait alors de la majeure partie de notre lumière. On imaginait le soleil subissant une mort temporaire et descendant dans les régions infernales. Mais, du point de vue mystique, cette allégorie symbolise les rites de l'initiation dans les cryptes du Temple appelées le « monde inférieur » (Hadès). Bacchus, Héraclès, Orphée, Asklepios et tous les autres visiteurs de la crypte, descendaient tous aux enfers d'où ils remontaient le troisième jour car tous étaient des initiés et des « constructeurs du temple inférieur ». Les paroles adressées par Hermès à Prométhée enchaîné sur les rocs arides du Caucase — Prométhée lié par l'ignorance et dévoré par le vautour des passions — s'appliquaient à chaque néophyte, à chaque Chrestos pendant les épreuves. « Il n'y a pas de terme à ton supplice jusqu'à ce que Dieu (ou un dieu) apparaisse et te relève de tes douleurs, consentant à descendre avec toi dans le ténébreux Hadès, aux sombres profondeurs du « Tartare ». Ceci veut dire simplement tant que Prométhée (ou l'homme) n'aura pu trouver le « dieu », ou le Hiérophante (l'Initiateur), qui acceptera de descendre avec lui dans les cryptes de l'initiation et de le diriger autour du Tartare, le vautour des passions ne cessera de dévorer ses organes vitaux. De là découlent toutes les allégories contenues dans les œuvres d'Homère, d'Ovide, de Virgile, etc... que les savants modernes prennent dans leur sens littéral. Le Phlégéthon était le fleuve dans les enfers où l'Initié était plongé trois fois par le Hiérophante, après quoi les épreuves étaient terminées. L'homme était né de nouveau ; il avait laissé pour toujours dans le sombre courant le vieil homme de péché, et, le troisième jour, lorsqu'il sortait du Tartare, il était une individualité : sa personnalité était morte ; chaque allégorie, telle que celle d'Ixion, Tantale, Sisyphe, etc... est une personnification de quelque passion humaine.
Eschyle en tant qu'Initié ne pouvait rien dire de plus ! Mais Aristophane, moins pieux, ou plus audacieux, divulgua le secret à ceux qui n'étaient pas aveuglés par des préjugés trop enracinés, dans son immortelle satire sur la « descente aux enfers » d'Héraclès (Les Grenouilles). Nous trouvons là le chœur des bienheureux (les Initiés), les Champs Elysées, l'arrivée de Bacchus (le dieu Hiérophante) avec Héraclès, la réception avec des torches allumées, emblème de la Nouvelle Vie et de la Résurrection des ténèbres de l'ignorance humaine, à la lumière de la connaissance spirituelle, la Vie Éternelle.
Les initiations finales avaient toujours lieu durant la nuit. Par conséquent, parler de quelqu'un comme étant descendu aux Enfers équivalait dans l'antiquité à le désigner comme un Initié Parfait.
Chaque nation possédant un système astronomique, et tout spécialement l'Inde, avait une grande vénération pour la croix, car elle était la base géométrique du symbolisme religieux des avatars, la manifestation de la Divinité, ou du Créateur dans sa créature (l’Homme), de Dieu dans l'humanité et de l'humanité en Dieu en tant qu'Esprit, Les plus anciens monuments de la Chaldée, de la Perse et de l'Inde mettent en lumière la double croix, ou croix à huit pointes.
La croix Mondiale Céleste a sa réflexion ici-bas dans les plantes et dans l'homme double ; c'est l'homme physique se substituant à l'homme spirituel.
Le symbole de la croix, ou le Tau égyptien, est antérieur de bien des siècles à la période assignée à Abraham, le soi-disant ancêtre des Israélites, car autrement. Moïse n'aurait pas appris à le connaître par les prêtres, Le Tau était sacré chez les Juifs, de même que chez les autres nations « païennes ».
Seul, parmi les Apôtres de la religion occidentale, Paul semble avoir compris, sinon révélé, le mystère archaïque de la croix. Quant à tous les autres qui, en crucifiant et en individualisant la Présence Universelle, l'ont synthétisée en un seul symbole — le point central du crucifix — ils prouvent par là qu'ils n'ont jamais compris le véritable esprit de l'enseignement du Christ, mais qu'ils l'ont plutôt dégradé, de plus d'une façon, par leurs interprétations erronées. Ils ont oublié l'esprit de ce symbole universel et l'ont monopolisé avec égoïsme, comme si l'Illimité ou l'Infini pouvait jamais être limité et conditionné en une seule manifestation individualisée en un seul homme, ou même en une seule nation !
Les quatre bras de la croix de St André et ceux de la croix hermétique, dirigés vers les quatre points cardinaux étaient bien compris des mystiques hindous, brahmanes et bouddhistes, plusieurs centaines d'années avant que l'on n'en entendit parler en Europe.
La croix philosophique avec ses deux lignes suivant des directions opposées — l'horizontale et la verticale, la largeur et la hauteur — est la base de l'Occultisme. Dans ses limites se trouve la clef maîtresse qui ouvre la porte de toutes les sciences, tant physiques que spirituelles. Elle symbolise notre existence humaine, car le cercle de la vie circonscrit les quatre pointes de la croix, représentant successivement: la naissance, la vie, la mort et l'immortalité.
Le Tau et la croix astronomique d'Égypte sont visibles dans plusieurs ouvertures des ruines de Palenque. Dans un des bas-reliefs du Palais de Palenque, du côté ouest, on voit un Tau sculpté comme un hiéroglyphe, juste au-dessous d'un personnage assis. Le personnage debout qui se penche au-dessus du premier, est représenté au moment où il couvre sa tête de la main gauche, avec le voile de l'initiation, tandis qu'il avance la droite avec l'index et le médius dirigés vers le ciel. C'est précisément l'attitude d'un évêque chrétien qui donne sa bénédiction, ou celle dans laquelle Jésus est souvent représenté durant les dernières Agapes.
En vérité, l'on peut retrouver les traces de la croix jusque dans les profondeurs des insondables, époques archaïques ! Le mystère qui l'enveloppe, s'épaissit, plutôt qu'il ne s'éclaircit, lorsque nous la retrouvons sur les statues de l'Ile de Pâques, dans l'antique Égypte, dans l'Asie Centrale, gravée sur le roc, sons forme de Tau et de Svastika, dans la Scandinavie pré-chrétienne, partout enfin !
« Crucifier devant le Soleil » est l'expression employée dans l'initiation. Elle vient d'Égypte et, primitivement, des Indes. L'Adepte Initié, qui avait subi avec succès toutes les épreuves était attaché, non pas cloué, mais simplement lié, sur une couche en forme de Tau en Égypte ; en ferme de Svastika (sans les prolongements additionnels) aux Indes ; puis il était plongé dans un profond sommeil, le « Sommeil de Siloam », comme l'appellent jusqu'à présent les Initiés de l'Asie Mineure, de la Syrie et même de la Haute Égypte. Il était laissé dans cet état pendant trois jours et trois nuits, période pendant laquelle son Ego Spirituel était considéré comme « s'entretenant avec les Dieux », comme descendant dans le Hadès, l'Amenti, ou Patala — suivant le pays — et comme accomplissant des œuvres charitables en faveur des Êtres invisibles, Âmes d'hommes ou Esprits Elémentaux ; pendant tout ce temps, son corps restait dans la crypte d'un temple, ou dans une caverne souterraine. En Égypte ce corps était placé dans le Sarcophage de la Chambre du Roi de la Pyramide de Chéops et, pendant la nuit qui précédait le troisième jour, il était transporté à l'entrée de la galerie, où, à une certaine heure, les rayons du Soleil levant éclairaient la figure du Candidat en catalepsie, qui s'éveillait pour être initié par Osiris et Thot, le Dieu de Sagesse.
Le Soleil et la croix, dès la plus haute antiquité ont une double capacité génératrice et spirituellement régénératrice. Sur la tombe de Baite Oxly, sous le règne de Ramsès II, on découvre des croix de toutes, les formes et dans toutes les positions, de même que sur le trône de ce souverain, et enfin sur un fragment provenant de la Salle des Ancêtre de Touthmès III et représentant l'adoration de Bagkan Aléaré qui se trouve à la Bibliothèque Nationale de Paris. Cette sculpture et cette peinture extraordinaire représentent le disque du Soleil rayonnant sur une croix ansée, placée elle-même sur une croix dont celles du Calvaire sont de parfaites copies. Les manuscrits en font mention comme de « rudes couches de ceux qui étaient en travail (spirituel) dans l'acte de se donner naissance à eux-mêmes ». Une quantité de ces « couches » cruciformes, sur lesquelles les Candidats, plongés dans une profonde catalepsie à la fin de leur suprême Initiation, étaient placés et fixés ; furent découvertes dans les salles souterraines des temples Egyptiens, après leur destruction. Les vénérables et saints Pères, du genre de Cyrille et de Théophille en faisaient librement usage, pensant qu'elles avaient été apportées et cachées là par de nouveaux convertis. Origène seul, et après lui Clément d'Alexandrie et d'autres ex-initiés, en' savaient davantage, mais ils préférèrent garder le silence.
L'idée originale de « l'homme crucifié » dans l'espace, appartient certainement aux anciens Hindous, les gravures qui représentent Vittoba, une des formes de Vishnou, en témoignent. Platon l'adopta dans sa croix décussée dans l'espace, le « second Dieu qui s'imprima sur l'univers sous la forme de la croix » ; on nous montre de même Krishna «crucifié ». Cela se trouve encore répété dans l'Ancien Testament, dans la curieuse injonction de crucifier les hommes devant le Seigneur, le Soleil — ce qui n'est nullement une prophétie, mais possède une signification directement phallique.
Les clous de la croix ont leurs têtes en forme d'une pyramide pleine et les clous eux-mêmes ont une tige carrée et terminée en pointe, en forme d'obélisque, ou d'emblème phallique. Si l'on considère la position des trois clous, fixant les extrémités de l'homme sur la croix, on constate qu'ils forment ou indiquent un triangle à chacun des sommets duquel se trouve un clou. Les plaies ou stigmates, des extrémités, sont nécessairement au nombre de quatre et désignent le carré... Les trois clous et les trois plaies forment un total de 6 qui indique les 6 faces du cube déployé (qui constitue la croix ou la forme de l'homme, ou 7, en comptant trois carrés horizontaux et quatre carrés verticaux), sur lequel l'homme est placé et celui-ci, à son tour, suggère l'idée de la mesure circulaire trans¬portée sur les bords du cube. La plaie unique des pieds se divise en deux lorsque les pieds sont séparés, formant ensemble trois en tout, et quatre une fois séparés, ou 7 en tout autre nombre basique féminin très saint (selon les Juifs).
Ainsi, tandis que la signification phallique ou sexuelle des « clous du crucifiement » est établie par l'interprétation géométrique et numérique, leur sens mystique est indiqué par les brèves remarques faites ci-dessus et qui établissent un rapport entre eux et Prométhée. Celui-ci est une autre victime, car il est crucifié sur la Croix d'Amour, sur le roc des passions humaines ; sacrifice dû à son dévouement à la cause de l'élément spirituel de l'Humanité.
Or, le système primordial, le double glyphe caché sous l'idée de la croix, n'est pas une « invention humaine », parce qu'il a pour base l'Idéation Cosmique et la représentation spirituelle de l'Homme, l'Ego Divin. Plus tard il s’élargit et devint la belle idée adoptée et représentée dans les Mystères, celle de l'homme régénéré, du mortel qui, en crucifiant l'homme de chair et ses passions sur le lit de torture de Procuste, naquit à nouveau comme Immortel. Laissant derrière lui le corps, l'homme animal, attaché sur la Croix de l'Initiation, comme une chrysalide vide, l'Âme Ego devient aussi libre qu'une abeille. Plus tard encore, par suite de la perte graduelle de la spiritualité, la croix finit par n'être plus, dans la cosmogonie et l'Anthropologie, qu'un symbole phallique. Plus tard, en raison de son emploi par les Romains comme d'un instrument de torture et par suite de l'ignorance des premiers organisateurs chrétiens, la croix, cet arbre de vie, est devenu exotériquement l'arbre de la mort.
Pour les ésotéristes des époques les plus reculées, l'Âme Universelle ou Anima Mundi, le reflet matériel de l'Idéal Immatériel, était la Source de la Vie de tous les êtres et du Principe Vital des trois règnes. Celui-ci était considéré comme septénaire par les Philosophes Hermétiques, ainsi que par tous les Anciens. Il est, en effet, représenté sous forme d'une croix septuple, dont les branches sont respectivement, la lumière, la chaleur, l'électricité, le magnétisme terrestre, la radiation astrale, le mouvement et l'intelligence ou ce que certaines personnes appellent la soi-conscience.
Enfin, le signe de la croix, bien avant d'être adopté par le Christianisme, était employé comme signe de reconnaissance parmi les Adeptes et les Néophytes.
Ces quelques aperçus sur le symbolisme de Pâques devraient permettre de mieux comprendre pourquoi, selon la Théosophie, un Instructeur comme Jésus s'intègre harmonieusement parmi les traditions relatives aux dieux de tous les temps, et que le fait de vouloir en faire un cas unique en le retranchant de son contexte universel ne peut amener que des erreurs et des déceptions.

top-iconRetour en Hauttop-icon