Mercredi 12 Décembre 2018

Mis à jour le Mer. 12 Déc. 2018 à 08:31

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Articles de divers auteurs

La structure du mental

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« L'homme atteint graduellement au repos lorsque, possédant la patience, il a abandonné tous les désirs qui surgissent de l'imagination et dominé par le mental les sens et les organes qui poussent à l'action dans toutes les directions. Ayant fixé son mental en repos sur le vrai Soi, il ne devrait penser à rien d'autre. » – Bhagavad-Gîtâ, VI, 24 & 25.

Le sixième chapitre de la Bhagavad-Gîtâ contient la première des leçons du Yoga – le contrôle des sens, des désirs et des pensées. Dans les versets 24-25, le débutant est renseigné sur ce qu’il doit faire, comment prendre le départ de cette longue ascension dont l’ultime but est de l’amener au sommet d’où l’on voit l’univers tout entier. Cela lui prendra quelques temps pour saisir le premier panorama qui le convaincra sans aucun doute que ce voyage en vaut la peine. Cela lui prendra plusieurs vies avant qu’il n’arrive à faire l’expérience de l’éblouissante splendeur de l’Univers de la Lumière, et alors, s’y acclimatant, il réalisera le rayonnement et la source de cette Lumière Elle-même. Mais il faut un début et plus nous partons de bonne heure, mieux cela vaut pour nous.
L’une des principales difficultés pour le contrôle des sens et du mental est notre imagination fantaisiste. Les visions et les bruits du dehors sont facilement refoulés quand l’âme prend possession du mental et commence à l’utiliser pour son propre usage. Mais les visions et les bruits qui sont formidables, viennent aussi du fond de nous-mêmes et troublent le travail de l’âme avec le mental. Ce sont des images de la mémoire qui se sont déposées dans le mental au cours du travail et qui jouent depuis la naissance du corps ; et avançant, nous découvrons qu’elles viennent même de vies précédentes.
Le mental est appelé le sixième sens et ses fils et ses fibres sont entremêlés avec et dans les cinq sens. Toutes les fonctions des sens, qu’elles soient triviales ou importantes, colorent l’esprit et en affectent la texture. Les impressions des sens sont de la nature des images : toute impression produit une image et change la structure du mental, toute nouvelle image affecte les anciennes – certaines sont nettes d’autres sont flétries et ainsi de suite. Ces images résultent aussi des cinq sens et c’est pourquoi elles en possèdent les propriétés : elles ont de la couleur, un ton ou une note, une odeur, un sentiment et un goût. Quoique semblable, il y a une seconde catégorie d’images qui sont inhérentes en nous-mêmes qui résultent de la fonction des organes de l’action. Il y a une différence entre ces deux séries d’images, mais pour ce qui nous occupe, il est suffisant de dire qu’elles affectent le mental, affinent sa texture ou la rendent grossière, illuminent ou assombrissent sa matière, apportent la mélodie ou la discorde. D’autre part, ces images sont aussi le véhicule de Karma. De même que nous avons toute la machinerie complexe que nous appelons le cerveau qui forme une unité que chaque pensée, désir, sentiment et action change en l’affectant en un point particulier ou un autre, de même ces images forment un tout qui représente Karma. En langage ésotérique, Karma est comparé au lotus – il pousse dans la vase et dans l’eau : la tige et les feuilles représentent la partie terrestre de l’homme ; le bouton avec sa faculté de boire la rosée de la nuit, de s’imprégner de la lumière de l’aube, d’absorber le soleil matinal, représente la partie céleste de l’homme.
Cependant, ces images forment le vieux sol d’où sortent du nouveau Karma et de nouvelles images. Notre Karma qui est mûr ou Karma Prârabdha est un produit naturel de notre passé ; mais notre vigilance présente, notre discrimination, nos inclinations et nos choix devenus des actes donnent à tout homme une chance de se perfectionner, c’est la lente floraison du bouton de lotus. Mais pour l’étudiant qui a choisi de marcher sur le sentier et de gravir la montagne, un nouveau facteur survient : il lui est demandé de renoncer à créer de nouvelles images, de ne pas demeurer avec le souvenir d’images passées et de na pas en créer de nouvelle par fantaisie, imagination, ou anticipation, ce par quoi il renforcerait son monde intérieur de mirage. C’est de la vraie renonciation : ce n’est pas aux actes qu’il faut renoncer mais à la force qui pousse aux actes. D’une façon similaire, notre verset ne dit pas qu’il faut renoncer à l’imagination [en Sanskrit : Samkalpa], mais que l’on doit abandonner les désirs (Kama) qui en viennent. Ceci est important ; car de même qu’un homme renonçant à l’action tombe sur le sentier de la passivité, de même prend une mauvaise direction l’homme qui se refuse à traiter correctement son imagination et qui ne veut pas s’en servir en pensant qu’ainsi s’évanouiront ses désirs.
Nous possédons le pouvoir de l’imagination. C’est le plus grand pouvoir de l’homme parce qu’il est un pouvoir composé dans lequel le désir, la pensée, la résolution et la volonté, tous ont leur fonction. Ces derniers créent partiellement mais l’imagination crée d’une façon complète. Les autres forces créent dans un état (loka) ou un autre, mais l’imagination est Kriyashakti, le pouvoir créateur, dans tout loka. Seul, l’un ou l’autre aspect de l’imagination fonctionne actuellement ; il n’y a que le véritable Magicien qui ait la pleine faculté de produire des images vivantes. L’on peut décrire l’évolution humaine comme le processus par lequel l’âme qui est l’homme se recrée elle-même en ordre, en symétrie, en harmonie, en beauté. Ceci ne peut être fait que par l’imagination : laquelle l’âme fait de la matière une matrice, et produit une image en remplissant cette matrice de l’essence de la vie de son être même. Ceci est l’émanation.
Maintenant, si nous prenons notre mythologie nous verrons que Samkalpa est appelé l’un des Prajapatis, les Créateurs d’une race entière d’êtres. Ce pouvoir utilisé avec ignorance, ou dont il est mésusé, n’est que l’ombre du vrai Sankalpa, qui est personnifié en tant que Prajapati. Il est encore dit que Samkalpa est une des filles de Daksha. Daksha est aussi l’aptitude, la dextérité et le pouvoir de créer personnifié et c’est le titre du créateur parent, le seigneur des créatures, le père de la progéniture céleste et terrestre dont l’une est Sankalpa, l’Imagination – une fille qui est mariée avec Dharma [le Devoir], la Loi, l’Ordre, la Sagesse. Quand Dharma, la connaissance et la sagesse, courtise puis épouse Sankalpa, l’Imagination, alors naissent les Dhyanis, [entités célestes] les vrais Contemplateurs, que l’on appelle aussi les véritables producteurs et constructeurs d’Images vivantes. Tout comme nos artistes font des dessins et des statues, ces Dhyanis remplissent l’Akasha [espace céleste divin] de dessins et de portraits, d’idoles et d’images ; et nous, en cessant de créer les dessins de notre Karma, le sens de la passion, nous apprenons d’abord à voir et à comprendre ces images, ensuite à les copier en nous-mêmes. Tout comme nous voyons la nuit les constellations dans le ciel, nous voyons les images brillantes dans le ciel de l’âme et en les fixant et les contemplant, nous nous identifions à elles. L’Akasha est le Temple réel de l’Univers dans lequel tous les Pouvoirs de la Nature sont des Idoles ou des Statues vivantes et si nous adorons nos parents, Dharma, la Sagesse, et Sankalpa, l’imagination, nous deviendrons une Idole dans ce Temple.

Note: Cet article du Théosophe B.M. est paru en français dans la revue Théosophie de février 1935. Il fut publié pour la première fois en anglais dans la revue théosophique indienne The Aryan Path (Bombay, Inde, de Novembre 1934).
Note des éditeurs : B.M. est un homme du vieux temps vivant selon ses anciennes méthodes dans notre siècle. Nous avons la chance d’avoir pu annoter quelques comptes rendus des causeries qu’il donna à ses amis. La Bhagavad Gita est le livre dont il s’est rendu maître, grâce à de longues années d’étude et de méditation : en outre, ayant réussi à vivre selon ses principes, d’une façon plus complète qu’il n’est généralement possible de le faire, ses pensées exhalent un parfum spécial. – Les Éditeurs.

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Conte philosophique pour enfants : « La Vie »

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Il était une fois, le Roi de l’Air, le Roi du Feu, le Roi de la Terre et le Roi de l’Eau. Ils se réunirent pour décider lequel d’entre eux était le plus grand, et le plus capable d’être le Roi de tous les mondes de la Nature et de l’homme.
Après s’être querellés pendant longtemps, ils pensèrent qu’il fallait enfin résoudre la question ; aussi invitèrent-ils chaque chose dans le monde à venir auprès d’eux et demandèrent-ils à chacune quel était le Roi qui méritait d’être nommé le Grand Roi de tous.
C’était comme une merveilleuse distraction. Seulement c’était très sérieux, parce qu’il s’agissait d’une chose très importante à décider, pensaient-ils.
Le Vent, la Vague, le Soleil, la Lune et les Étoiles étaient là. Le Tonnerre et l’Éclair vinrent ensemble, les Montagnes et les Quatre Saisons les Fées des Fruits et les Fées des Grains et les Lutins des Fleurs, et les Esprits des Arbres, les Poissons, les Oiseaux et les bêtes, les Abeilles, les Insectes, et les Scarabées – oh ! Tout ce que vous pouvez imaginer… Donc tout le monde était là excepté l’Homme. Il n’avait pas jugé important semble-t-il de venir. Mais la Mère Nature était présente, assise sur un siège très haut, d’où elle pouvait voir tout ce qui allait se passer.
Naturellement ils avaient besoin d’un juge et tout le monde fut d’accord que la Vie serait le meilleur juge pour choisir entre les Rois, aussi quand tous furent arrivés, la Vie s’arrêta devant eux pour que tous puissent la voir.
Elle était habillée d’un vêtement de couleurs radieuses plus joli que vous n’ayez jamais vu. Il était si brillant, que cela faisait mal aux yeux de le regarder, exactement comme lorsque vous regardez le soleil. Voyant cela, la Vie se mit à leur parler si gentiment et avec tant de bonté que c’était comme la plus douce des musiques, aussi tous se levèrent et la regardèrent à nouveau. Cette fois, sa splendeur ne les éblouit plus, mais sembla seulement les inonder de bonheur et de pensées d’amour.
Une chose merveilleuse se produisit alors. Comme ils observaient la Vie, sa robe commença à changer de couleur et passa d’un superbe rouge resplendissant à un brillant orangé et ensuite au jaune et au plus délicieux vert comme la lumière du soleil sur la prairie ; ensuite au bleu et après en un bleu encore plus foncé, et au violet, tout le temps brillante et éclatante de lumière comme les rayons du Soleil.
Eh bien ! Comme ils observaient ces délicieux rayons de soleil si brillants, émanés par la Vie, qu’arriva-t-il ? Ils virent tout à coup, que les mêmes rayons brillaient à travers chacun d’eux également, et ils furent très surpris. Vous voyez, ils avaient toujours pensé qu’ils avaient une petite vie propre, différente de celle des autres, alors qu’en réalité, ce n’était que leurs corps qui étaient différents. Et maintenant la Lumière de la Vie était si brillante que pour la première fois ils purent la voir briller à travers chacun d’eux, et à travers la Vie elle-même, et que c’était partout la même Vie – la même dans l’arc-en-ciel et dans la rose, la même dans le scarabée et dans l’abeille, la même dans le chant des oiseaux et le murmure des arbres.
Tout ceci était merveilleux, mais naturellement, chacun ne pouvait voir que les autres, il ne pouvait pas encore se voir lui-même. Vous savez très bien que vous ne pouvez pas vous voir si vous ne vous regardez pas dans une glace et la Vie n’avait pas encore montré son miroir magique pour que chacun puisse se dedans, et cependant la même vie brillait à travers chacun comme à travers tous.
Cependant alors que chacun voyait que tous les autres avait la même vie en eux, chacun pensait encore qu’il devait être différent des autres ! Une petite chauve-souris insensée s’envola et leur dit que puisqu’elle pouvait voir à travers chacun eux, et que personne ne pouvait voir en elle, elle devait donc être leur régent. Elle se pavana, se gonfla, et tout le monde éclata d’un rire long et bruyant. Sa vanité fut blessée et la sotte petite chauve-souris s’effondra complètement et tomba sur un tas de pierre !
Soudain, quelque chose se produisit. Les Rois commencèrent à penser qu’on ne faisait pas assez attention à eux. Aussi chacun d’eux, pour prouver qu’il était le plus fort, commença à faire des choses terribles. Le Roi du Feu devint de plus en plus chaud et brûla presque tout le monde. Le Vent souffla si fort et si longtemps qu’il souleva tous les arbres et les rochers et fit un bruit terrifiant. L’Eau tomba en grandes averses et les Océans débordèrent de tous côtés. La Terre fit tomber les collines et les montagnes. Alors le Soleil se voilà la face et chaque chose se refroidit, devint de glace et ce fut l’obscurité. On ne pouvait plus voir la Vie nulle part. Oh ! C’était épouvantable !
Pendant tout ce temps la Mère Nature, dont vous vous souvenez, surveillait toutes ces choses, et elle pensa qu’il était temps qu’elle intervienne ; aussi elle s’avança, fit un signe de sa main et leur commanda de se tenir tranquilles.
« Comme vous êtes tous des égoïstes » dit-elle, « Vous ne vous rendez pas compte, que si chacun veut avoir la meilleure part pour lui, tout sera abîmé et finalement personne n’y gagnera. Et si ceci dure encore un peu de temps, tous vos corps seront si endommagés que la Vie ne pourra plus trouver place et sera contrainte de partir ailleurs. Elle est presque partie, mais peut-être puis-je la rappeler, car quelle part elle ne meurt jamais, comme vous le savez. »
Ainsi donc, la Mère Nature appela et appela, et pendant qu’ils attendaient, honteux et désolés de ce qu’ils avaient fait et espérant qu’il ne soit pas trop tard pour avoir une nouvelle chance. Soudain, la délicieuse lumière brilla à nouveau et la Vie était de nouveau devant eux plus resplendissante que jamais ! Et ses yeux étaient si brillants et clairs, que lorsqu’ils y plongèrent leurs regards, chacun comprit que le Miroir Magique était dans ses yeux, et maintenant chacun voyait en lui-même, comme avant il voyait tous les autres ; ils comprirent alors que c’était la même Vie, la même Lumière, le même Esprit, le même Soi qui était en chacun – tous en un et un en tous.
NOUS SOMMES, et nous agissons en fonction de ce que nous pensons. Les autres sont selon ce que nous pensons et faisons pour eux. Nous comprenons peut-être maintenant que NOUS SOMMES LA VIE. »

Petit conte tiré de l’ouvrage théosophique Les Vérités Éternelles.

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La mort : Kama loka - Suicides - Morts accidentelles

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(Traduction d’un extrait d’une lettre privée sur le kama loka et le suicide – Revue The Path, novembre 1889)

Bien qu’ils ne soient pas totalement privés de leurs 6ème et 7ème « principes » [Âme spirituelle et Esprit], et bien qu’ils soient bien présents dans un lieu de séance spirite, les suicidés sont néanmoins séparés de leurs principes supérieurs par un gouffre, jusqu’au jour prévu de leur mort naturelle.
Les 6ème et 7ème « principes » restent passifs et négatifs, alors que, dans le cas d’une mort accidentelle, les groupes supérieurs et inférieurs [de « principes »] sont attirés l’un vers l’autre. De plus, les ego bons et innocents, gravitent irrésistiblement vers leurs 6ème et 7ème [« principes » : l'Âme spirituelle et l'Esprit], et ainsi soit sombrent dans une somnolence peuplée de rêves heureux, soit dorment d’un profond sommeil sans rêve, jusqu’à ce que sonne l’heure [du moment de leur mort naturelle]. Ils gardent, et vous verrez pourquoi, une faible pensée et un œil sur l’éternelle justice et le bon agencement des choses.
La victime d’une mort accidentelle, qu’elle soit bonne ou mauvaise, n’est pas responsable de sa mort. Même si sa mort était due à quelque action de sa part dans la vie précédente ou une incarnation antérieure, elle était, en bref, l’œuvre de la loi de rétribution, car elle n'était pas le résultat direct d’un acte délibéré commis par l’Ego personnel pendant sa dernière vie [où il a été victime d'une mort prématurée]. S’il avait pu vivre plus longtemps, il aurait pu expier ses actions passées bien plus efficacement, et même maintenant, l’Ego qui a dû régler la dette de son auteur (lego personnel), est libre des coups de la justice rétributive. Les Entités célestes [Dhyan-Chohan], qui n’ont pas la main pour guider l’Ego humain pendant la vie, protègent la victime infortunée quand elle est violemment rejetée de son élément dans un nouvel état avant son terme naturel et avant qu’elle soit mûre et prête pour ce nouveau lieu. Nous vous disons ce que nous avons appris par expérience personnelle. Oui, les victimes, bonnes ou mauvaises, dorment jusqu’à l'heure du Jugement dernier, qui est l’heure du combat suprême, entre les 6ème et 7ème, et les 5ème et 4ème [mental et désirs] « principes » à l’entrée de l’état de gestation. Et même après cela, quand les 6ème et 7ème principes, emmenant avec eux une portion du 5ème, sont entrés dans leur Samadhi Akashique [Méditation céleste posthume], même alors il peut arriver que le « le butin spirituel » du 5ème « principe » soit trop maigre pour renaître en devachan ; dans ce cas, il se revêtira d’un nouveau corps pour se réincarner […]
Ainsi, en aucun cas, un mort ‒ à l’exception des suicidés et des coques ‒ ne peut être attiré dans une séance [de spiritisme]. Et il est clair que ceci n’est pas en contradiction avec nos enseignements antérieurs, selon lesquels : « alors que les coques sont nombreuses, les esprits sont très peu nombreux ».
Revenons maintenant au cas des hommes qui sont les victimes de leurs vices, et que certains classent avec les « suicidés ».
À notre humble avis il y a une grande différence entre les suicidés et ces hommes qui pour s’être laissés aller à un excès de vices tombent prématurément dans la tombe. Nous, dont le point de vue serait inacceptable pour une compagnie d’assurance vie, disons qu’ils sont très peu nombreux – s’il y en a – parmi ces hommes vicieux qui sont parfaitement certains que la conséquence de leur action les conduira éventuellement à une mort prématurée. C’est le fruit de l’illusion. Ils n'échapperont pas à la punition [karmique] de leurs « vices », mais c'est à cause des « vices », et non de leur effet, qu’ils recevront la punition, surtout si l’effet était imprévu bien que probable. Autant appeler un homme un « suicidé » parce qu’il a trouvé la mort lors d’une tempête en mer, ou qu’il s’est donné la mort par un excès d’étude. L’eau peut attirer un homme, comme un excès de travail du cerveau peut affaiblir cet organe et l’emporter. Dans un cas personne n’oserait traverser le Kalapani [fleuve entre le Népal et l’Inde], ou prendre un bain par crainte de défaillir ou de se noyer ; et il y a de tels cas. Et si une telle vue prévalait, personne n’oserait faire son devoir, et encore moins se sacrifier, même pour une cause louable et hautement souhaitable, comme beaucoup d'entre nous le font. Le motif est l'essentiel, et l'homme est punit dans le cas d’une responsabilité directe et pas autrement.
Dans le cas d’une victime, le moment de sa mort a été anticipé accidentellement, tandis que dans le cas d’un « suicide » la mort est provoquée volontairement et en pleine connaissance délibérée des conséquences immédiates. Ainsi, un homme qui provoque sa mort dans un moment de folie temporaire n’est pas un suicidé au grand dam et souvent au dépens des compagnies d’assurance vie ! Pas plus qu’il n’est laissé la proie aux tentations qui nous assaillent dans l’état de kama loka, mais il tombe en sommeil comme toute autre victime.
Un Guiteau [qui assassina le Président Garfield aux États-Unis à la fin du XIXème siècle] ne restera pas dans l’atmosphère terrestre animé de ses principes supérieurs, qui, bien que présents, seront inactifs et paralysés. Guiteau est plongé dans un état où pendant un certain temps il sera toujours en train de tirer sur son président – et ainsi plonger dans la confusion et l’abattement des millions de personnes – quand il se verra toujours condamné et toujours pendu, baignant sans cesse dans l’image réfléchissant ses actions et pensées dans la lumière astrale, et particulièrement celles qu’il a entretenues lors de la dernière heure avant l’échafaud. Et il en est de même pour chaque assassin exécuté par pendaison ou autrement. Ceux qui étaient vicieux et non fou ne sont que partiellement mort après leur exécution. Ils revivront leur crime et leur condamnation sur le plan astral dans lequel ils baignent, et de là ils influenceront toutes les personnes quelque peu sensibles avec lesquels ils pourront entrer en contact. C’est le cas en particulier lors des séances de spiritisme où ils entourent le médium. Ceux qui sont naturellement doté du pouvoir d’observer ce plan de la lumière astrale, ou ceux qui ont acquis ce pouvoir par entrainement, peuvent voir, entendre et se répéter sans cesse les scènes de sang et de condamnation autour de ces infortunés. Dans le cas d’un meurtre collectif, comme quand beaucoup d’hommes pénètrent ou prennent d’assaut un bâtiment, et abattent cruellement ses occupants après un combat prolongé avec ces derniers, la scène entière sera souvent rejouée plusieurs fois, des années de suite et si vivement que beaucoup pourront la voir dans tous ses horribles détails, et presque tous peuvent entendre les bruits, les gémissements, les cris, la chute des corps, et les déchiquetages de chair humaine.

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Le rôle et la mission de la Loge Unie des Théosophes

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La loi d’amour divin
« Suivez dès maintenant les voies Divines, mettez-vous en harmonie avec les lois Divines. Pour obtenir le bien, nous devons avoir de bonnes pensées et de bons désirs doivent nous animer ; en résumé, nous devons être bons. Ce qui est ainsi suggéré consiste à accomplir loyalement et consciencieusement chacun des devoirs qui nous incombent. […] Nous avançons plus rapidement lorsque nous nous arrêtons pour aider d'autres compagnons de route. C'est lorsque nous sacrifions le plus que nous recevons le plus. Nous atteignons l'amour Divin dans sa plénitude lorsque nous aimons nos frères avec un amour dénué de tout égoïsme. Nous nous unissons avec le Suprême lorsque nous nous oublions nous-mêmes dans le Service de l'Humanité. » ‒ Citations tirées de l’article de W.Q. Judge « Que sont les dons spirituels ? Comment les obtenir ? »

Nous ne sommes pas séparés les uns des autres
« Ce n’est pas la politique de « soi-conservation », ni le bien-être d’une personnalité ou l’autre, dans sa forme physique limitée qui réalisera jamais le but désiré [de la Fraternité], et protègera la société des conséquences du futur « ouragan » social, mais bien l’affaiblissement du sentiment de séparativité entre les individus qui composent son élément principal. Et un tel affaiblissement ne peut s’accomplir que par un processus d’illumination intérieure. Ce n’est pas la violence qui pourra jamais assurer le nécessaire et le confort à tous ; pas plus que le royaume de la paix et de l’amour, de l’entraide, de la charité et du « pain pour tous » ne peut-être conquis par une politique de raisonnement froid et diplomatique. C’est uniquement par une union étroite et fraternelle des SOIS intérieurs des hommes, par la solidarité de l’âme, par la croissance et le développement de ce sentiment qui nous fait souffrir en songeant à la souffrance d’autrui, que le règne de la justice et de l’égalité pour tous, sera inauguré. C’est là le premier des trois buts fondamentaux en vue desquels la Société Théosophique fut créée, et c’est pourquoi elle fut appelée la « Fraternité Universelle » entre les hommes sans distinction de race, de couleur, ou de croyance.
Les hommes devront « comprendre que c’est précisément cet égoïsme personnel farouche – le principal mobile de la « lutte pour la vie » – qui est l’origine de la seule cause de la famine humaine. » - Extrait de l’article d’H.P. Blavatsky « La Société Théosophique : sa mission et son avenir » - Traduction française parue dans la revue Théosophie, de décembre 1926.

La ligne de conduite de la Loge Unie des Théosophes
Extrait de la lettre n°10 de Robert Crosbie, de son ouvrage Le Philosophe amical (Friendly Philosopher, pp. 391/2). Cahier Théosophique n°129.
« Du début jusqu'à la fin, nous devrions, dans tout notre travail public, nous attacher aux Trois Propo¬sitions Fondamentales de La Doctrine Secrète, car elles sont le pivot de toute la philosophie et, si l'on en n'a pas une connaissance solide, on ne peut réaliser aucun progrès réel. La première chose à faire comprendre, dans chaque présentation de la Théosophie, est l'impossibilité de la conception courante d'un Dieu personnel, ou séparé, et l'importance de réaliser le SOI, comme le tout en tout. Ensuite, vient la loi de Périodicité, des Cycles ou de Karma, dans toutes ses applications sous la forme des deux “voies éternelles du monde”. Cela fait apparaître la Réincarnation, par analogie, comme également les réincorporations successives des systèmes solaires, des planètes et de toute forme de matière. Cela conduit naturellement à réfléchir sur la “Sur Ame Universelle”, l'intelligence collective présente dans n'importe quel système solaire, ainsi que dans l'ensemble de ces systèmes, car ils sont tous reliés “jusqu'au plus petit atome concevable” et ce qui affecte l'un les affecte tous ‒ Egos petits et grands, aussi bien qu'à l'état embryonnaire. Cela signifie Unité partout, interaction entre tous, responsabilité individuelle.
« Il sera bon d'indiquer à chaque classe d'étude le but de la réunion et que des volontaires exposent avec leurs propres mots leur compréhension des Trois Propositions Fondamentales. On devrait inviter les étudiants à poser librement des questions afin de les amener, même s'ils sont débutants, à les formuler eux-mêmes. Ce n'est qu'ainsi qu'ils pourront améliorer leur compréhension et se mettre eux-mêmes dans une posi¬tion qui leur permet d'aider au mieux autrui, comme eux-mêmes ils ont été aidés. Dans la classe sur L'Océan de Théosophie, les Trois Propositions forment le fon-dement de tout le travail. Chapitre après chapitre, dans les questions et les réponses, les applications peuvent être mises en relief, et la cohérence de toute la philo¬sophie clairement démontrée. Les étudiants individuels qui veulent apprendre devraient poser des questions et y répondre dans les termes de la philosophie même. Il sera difficile d'amener beaucoup d'étudiants à voir l'importance de cette répétition continuelle, mais, cependant, elle est essentielle pour tout véritable progrès.
«  Inévitablement, nous attirerons l'attention de tous ceux qui sont hostiles à tout ce que nous pourrons entreprendre comme travail théosophique, aussi bien que l'intérêt de ceux qui désirent apprendre ce qu'est la pure Théosophie. Eh bien ! Il faudra du temps pour venir à bout de tout cela, mais le temps engloutit les hommes, les siècles et les mondes, aussi bien que certaines attitudes mentales. Nous savons qu'un effort comme le nôtre est nécessaire et nous savons que ce que nous présentons est la Vérité éternelle même, dont les effets continueront à jamais. Nous sommes heureux de voir des gens s'inscrire comme membres, heureux pour eux, et heureux pour le monde, mais non pas comme une faveur qui nous est faite. Nous pouvons nous réjouir du fait que ceux qui s'intéres¬sent à la Théosophie soient capables de percevoir leur véritable intérêt, et qu'ils se joignent à ceux qui aident l'humanité. Il y a beaucoup de torts, d'erreurs et d'idées mal comprises, et nous devons les reconnaître partout où nous les trouvons, nous devons en apprendre les leçons et éviter ainsi les pièges dans lesquels tant de gens sont tombés. Nous n'avons pas à nous soucier de ce qu'on dit de l'un ou l'autre d'entre nous personnellement, quoique nous devions y faire face de telle sorte que la “Loge Unie des Théosophes” n'en soit en aucune manière affectée. Toutes les attaques contre la Théosophie et le travail théosophique n'ont pas été dirigées contre la philosophie, ni contre les buts du travail théosophique, mais contre ceux qui étaient les plus en vue et que l'on considérait comme ceux qui dirigeaient le Mouvement. Nous éviterons cela autant que possible en nous tenant nous-mêmes à l'arrière-plan, de sorte que si des attaques surviennent, comme ce n'est pas improbable, elles affecteront le travail aussi peu que possible. »

La mission du Mouvement Théosophiques
Extraits du Cahier Théosophique n°30 « La Loge Unie des Théosophes, sa mission et son avenir ».
« Le Mouvement Théosophique a pour objet l'étude de la Nature entière et il s'intéresse à l'évolu¬tion sous tous ses aspects, visibles et invisibles.
« Le début du Mouvement Théosophique se perd dans la nuit des Temps. Partout où la pensée a lutté pour être libre, partout où les idées spirituelles, en opposition au fanatisme et au dogmatisme ont été promulguées, on peut reconnaître ce grand Mouvement. Il est moral, éthique, spirituel, universel, invisible sauf dans ses effets, et permanent.

« La véritable unité et l'influence réelle du Mouvement Théosophique — son caractère international — ne doivent pas être recherchées dans une organisation ou une autre mais il faut les trouver dans l'identité de but, d'aspiration, d'intention, d'enseignement et d'éthique.

« On ne peut pas comprendre le Mouvement Théoso¬phique sans admettre l'existence des Maîtres non seulement comme un idéal mais comme un fait réel et sans admettre que ces Maîtres prennent une part active « dans la direction de l'ordre naturel des choses ». L’évolution est triple : spirituelle et mentale aussi bien que physique ; l'Homme et la Nature sont quelque chose de plus que de la matière visible. Ils constituent la Trinité de l'Esprit, de l'Âme (ou Mental), et du Corps (ou matière).
« L'Unité de pensée, de volonté et de sentiment, est le premier pas vers la formation d'un noyau de cette fraternité universelle dont l'exemple est donné par les Maîtres.
« La Loge Unie des Théosophes est une École de Théosophie : une association informelle et entièrement volontaire d'étudiants de la Théosophie ; elle n'est pas plus attachée aux diverses organisations théosophiques qu'à des sociétés similaires ou des sectes religieuses. Elle ne s'occupe que des individus qui sont intéressés à la Théosophie et au Mouvement Théosophique ou qui sont susceptibles de le devenir.
« L'attitude adoptée depuis le début et qui doit être fermement maintenue repose sur le fait que c'est par les Maîtres, leur Message et leur Messager que se trouve le véritable Sentier du Mouvement Théosophique. Ce sentier doit être découvert, étudié, assimilé, suivi, par tous ceux qui aiment la Fraternité et qui aspirent à devenir de vrais Théosophes. Par conséquent, le travail continuel des Associés de la Loge Unie des Théosophes fut d'acquérir et de répandre une connaissance des enseignements de la Théosophie, et cela comme une condition sine qua non pour la formation de ce noyau de Fraternité Universelle qui était et reste le Premier Objet du Mouvement Théosophique.
« Ce n'est que par l'étude, la pratique et ses efforts pour répandre la Théosophie que l'Associé fortifie sa conviction, développe sa connaissance et qu'il devient, de cœur et d'esprit, un Disciple.
 Le monde a un immense besoin d'une large propagation des enseignements fondamentaux de la Théosophie, et que les gens viennent aux réunions pour entendre parler de Théosophie — de ce qu'elle est et de ce qu'elle enseigne sur les grands sujets d'intérêt humain.
« Les réunions de la Loge Unie des Théosophes sont entièrement libres de la moindre trace de prosélytisme.
« Chaque [Centre Théosophique] est absolument autonome, et doit se suffire entièrement à lui-même.
« L’unité dépend d’un but bien définit et non simplement de l’entretien d’un idéal. »

L’unité repose sur la fidélité à la Déclaration de la Loge Unie des Théosophes.

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