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1 - Signification des mots ⸻ 2 - Commentaires sur le glossaire


1 - Signification des mots

Bhagavad Gita (Bhagavad-Gîtâ) Bhagavad-Gîtâ : (Sanskrit ; Hindouisme) -Littéralement : « Le chant du Seigneur » ; une partie du Mahâbhârata, le grand poème épique de l'Inde. Elle contient un dialogue dans lequel Krishna (le « conducteur de char ») et Arjuna (son chéla) ont une discussion sur la plus haute philosophie spirituelle. L'ouvrage est par-dessus tout occulte ou ésotérique.  Ouvrage majeur de l'hindouisme, et l'un des plus grands textes spirituels de l'humanité. Elle met en scène l'homme (sous les traits d'un guerrier héroïque, Arjuna) aux prises avec les grands problèmes qui conditionnent sa destinée humaine et divine, à un point cyclique de l'histoire de l'humanité ; le dialogue qu'il échange avec Krishna - le Maître initiateur par excellence, mais aussi la source intérieure de toute sagesse - découvre à ses yeux la voie du yoga royal intégrant action et connaissance, renoncement et engagement généreux au service de l'ordre cosmique. Livre initiatique, d'une richesse inépuisable, la Gitâ est inséparable de la Voix du Silence dans toute recherche de vie spirituelle.
Bodhgaya (Bodhgayâ) Bodhgayâ : (Sanskrit : Buddhagayâ ; Bouddhisme) - L'un des grands lieux sacrés du bouddhisme, proche du centre hindouiste de Gayâ, dans le Bihar (nord de l'Inde). C'est là que Gautama, après une méditation de 49 jours sous la protection d'un figuier devenu fameux (appelé arbre Bo, ou arbre de Bodhi) atteignit la grande lumière de l'Éveil total (Bodhi). Un rejeton de cet arbre sacré (un ficus religiosa) est encore objet de grande vénération pour de nombreux pèlerins.
Bodhi (Sanskrit ; Bouddhisme) - L'Éveil à la Vérité une et universelle, la parfaite sagesse ou connaissance divine qui fait d'un homme un Éveillé (un Buddha, mot dérivant comme bodhi, et buddhi, de la racine verbale budh signifiant être éveillé, conscient, d'où percevoir, comprendre, etc.). L'emploi de ce terme peut avoir des valeurs différentes selon les Écoles et selon les êtres auxquels il s'applique, vu que chaque degré de progression spirituelle est marqué par un « éveil » particulier aux vérités relatives qui s'y découvrent.
Bodhidharma (Sanskrit ; Bouddhisme) - Mme Blavatsky distingue deux sens : a) Le bodhidharma ou Religion (dharma) - Sagesse (bodhi), présente en Chine et b) le fameux patriarche disciple de Prajnâdhâra, qui implanta en Chine l'École Ch'an du mahâyâna, vers le VIème siècle ap. J.-C.
Bodhisattva (Sanskrit ; Bouddhisme) -  Être dont la nature essentielle (sattva) est Éveil (bodhi), un « Être d'Êveil ». Dans le hinâyâna, c'est celui qui est destiné un jour à s'incarner comme un Bouddha parfait ; mais le mahâyâna l'a offert à ses fidèles comme l'idéal de la vie altruiste : être de compassion, le bodhisattva s'efforce vers l'Éveil total afin de sauver tous les êtres ; il renonce au nirvâna, à la différence de l'arhat du hinâyâna, ou du pratyekabuddha. Même parvenu au terme de ses efforts, il restera proche de l'humanité grâce au corps spécial (nirmânakâya) qu'il aura développé au cours de son ascèse. Pour les bouddhistes, la carrière du bodhisattva (qui comprend 10 étapes) exige vœux et discipline d'une nature particulière, visant à développer des « perfections » ou pâramitâ spéciales. Il arrive parfois que le terme soit appliqué un peu indistinctement à tout être qui recherche l'Éveil - même pour soi-même. Voir aussi : Dhyânibodhisattva.
Bodhisme ésotérique Terme évoquant la sagesse ou l'intelligence secrète, du grec ésôtérikos, « intérieur » et du Sanskrit bodhi, « connaissance » [parfaite], à distinguer de buddhi, la faculté de connaissance ou l'intelligence » ; l'expression ne doit pas être confondue avec bouddhisme, la philosophie ou la Loi du Bouddha (l'Éveillé). On peut aussi écrire Budhisme, en rattachant le mot à Budha (le fils du dieu Soma), signifiant intelligence, sagesse. [Glos. Clef de la Th.]
Boehme, Jacob Boehme, Jacob : Mystique et grand philosophe allemand, c'est l'un des théosophes les plus éminents des temps [post-]médiévaux. Né, en 1575, à Altseidenberg, à une lieue environ de Görlitz (Silésie), il mourut en 1624, à près de 50 ans. Simple berger dans son enfance, il apprit à lire et à écrire dans une école de village et devint apprenti chez un pauvre cordonnier de Görlitz. C'était un clairvoyant-né, d'un pouvoir tout à fait merveilleux. Sans instruction ni aucun rapport avec la science, il écrivit des œuvres qui se révèlent aujourd'hui pleines de vérités scientifiques, mais ces vérités — comme lui-même l'a dit à propos de ses écrits — il en a eu « la vision comme dans un Grand Abîme dans l'Éternel ». II lui fut donné « une vue complète de l'univers, comme dans un chaos », qui cependant s'ouvrit en lui, de temps en temps, « comme en une jeune plante », selon ses propres paroles. Boehme était un vrai mystique-né, évidemment d'une constitution fort rare : l'une de ces natures raffinées dont l'enveloppe matérielle n'empêche nullement l'intercommunion directe (même si elle n'est qu'occasionnelle) entre l'ego intellectuel et l'Ego spirituel. C'est cet Ego que Jacob Boehme, comme tant d'autres mystiques non entraînés, a pris à tort pour Dieu. « L'homme doit reconnaître » écrit-il, « que sa connaissance n'est pas à lui mais vient de Dieu, qui manifeste les Idées de la Sagesse à l'âme de l'homme, dans la mesure où il lui plaît ». Si ce grand théosophe était né 300 ans plus tard, il aurait pu exprimer la chose autrement. Il aurait su alors que le Dieu qui parlait par le canal de son pauvre cerveau sans culture, ni entraînement, était son propre Ego divin, la Déité omnisciente au fond de lui-même, et que ce qui venait de cette Déité n'était pas donné « dans la mesure où il lui plaisait », mais dans celle que permettaient les capacités de la demeure mortelle, temporaire, où prenait résidence cette entité divine.

Bon (Bön)

Bön :(tibétin ; Bouddhisme) – Ancien courant religieux de type chamanique répandu au Tibet avant le bouddhisme. Selon H.P. Blavatsky-, il s'agirait d'un « reste dégénéré des mystères chaldéens de jadis », qui n'est plus « qu'une religion entièrement basée sur la nécromancie, la sorcellerie et la divination ». Les sectateurs du Bön - les bönpo - sont globalement divisés en blancs (tenant à un système élaboré, très influencé par les idées du bouddhisme) et en noirs, qui sont généralement des sorciers et magiciens noirs. En s'imposant au Tibet, le lamaïsme primitif semble avoir intégré un certain nombre d'éléments propres au Bön.

Bonnets jaunes

(Bouddhisme) - Le mot tibétain signifiant bonnet jaune est sha-ser (de sha : coiffure, et ser : jaune). Titre souvent appliqué aux moines gelugpa qui relèvent de l'École réformée par Tsongkhapa (à laquelle appartiennent en particulier le Dalaï Lama et le Panchen [ou Teshu] Lama), pour les distinguer des « bonnets rouges ».

Bonnets rouges

(Bouddhisme) - Le mot tibétain signifiant bonnet rouge est sha-mar (de sha : coiffure, et mar : rouge). On a souvent donné ce titre (non spécifique) aux moines des Écoles non réformées (ou semi-réformées) - sakyapa, karmapa, kagyudpa, etc. et surtout nyingmapa, la plus ancienne secte, fondée par le yogi magicien Padmasambhava au VIIème siècle. Il n'y a pas forcément identité entre les mots shamar et dugpa.

Bouddha

(Sanskrit : Buddha). L'« éveillé » ou l' « illuminé ». Le personnage connu généralement comme Gautama le Bouddha, prince de Kapilavastu, est le fondateur du bouddhisme historique. Le mot renvoie au plus haut degré de connaissance et de sainteté. Pour devenir un Bouddha, il faut s'affranchir de l'esclavage des sens et de la personnalité terrestre, acquérir une perception complète du vrai Soi et devenir capable de ne le séparer d'aucun des autres Soi, apprendre par expérience l'absolue irréalité de tous les phénomènes, et par-dessus tout du Kosmos visible dans sa totalité, atteindre à un complet détachement de l'éphémère et du futile, et, tout en restant encore sur la terre, ne vivre que dans l'immortel et le toujours-durable. Autres titres du Bouddha : Shâkyamuni (= le sage des Shâkya) ou Siddhârtha (= qui a atteint son but), ou encore Tathâgata (= ainsi venu [à la suite des autres]). Image de l'être de perfection, le Bouddha est le modèle type de grands Saints, Arhat et Adeptes qui marchent sur ses traces, mais le mot sert aussi à désigner des réalités hautement métaphysiques (Âdibuddha), ou des hiérarchies d'êtres spirituels et divins (Dhyânibuddha).

Bouddhisme

La philosophie religieuse enseignée par Gautama le Bouddha. Le bouddhisme est maintenant scindé en deux Églisess distinctes : celle du Sud et celle du Nord. À ce qui est dit, la première est la plus pure, pour avoir préservé plus religieusement les enseignements originaux du Seigneur Bouddha. La seconde est limitée au Tibet, à la Chine, au Népal et au Japon. Mais cette distinction est incorrecte. Si l'Église du Sud est plus proche des doctrines publiques, ou exotériques, de Shâkyamuni [le Bouddha] et, de fait, ne s'en est pas écartée, si ce n'est peut-être dans des dogmes sans importance (en raison des nombreux conciles qui se sont tenus après la mort du MAÎTRE), l'Église du Nord est l'aboutissement des enseignements ésotériques du Bouddha Siddhârtha, qu'il avait réservés à ses élus parmi les Bhikshu [moines] et les Arhat. En fait, à notre époque, on ne peut se faire une idée juste du bouddhisme d'après l'une ou l'autre de ses formes populaires exotériques. On ne peut apprécier le véritable bouddhisme qu'en opérant une fusion de la philosophie de l'Église du Sud et de la métaphysique des Églises du Nord. Si l'une peut paraître trop iconoclaste et sévère, et l'autre trop métaphysique et transcendante, et même surchargée par l'ivraie de l'exotérisme indien — dont bien des dieux sont passés de son panthéon en terre tibétaine, sous des noms nouveaux — cela est dû au caractère populaire donné au bouddhisme dans les deux Églises. Par analogie, elles sont entre elles comme le catholicisme romain et le protestantisme. L'une et l'autre pèchent par un excès de zèle et des interprétations erronées, bien que, ni au Sud ni au Nord, le clergé bouddhiste ne se soit jamais écarté de la Vérité en pleine conscience, et encore moins prêté à des actions dictées par esprit de domination ecclésiastique [en anglais : priestocracy], par ambition, ou par désir de gain ou de pouvoir personnel, comme l'ont fait les Églises chrétiennes.
Brahm Voir Brahmâ.
Brahma (Sanskrit ; Hindouisme) - L'étudiant doit distinguer entre le neutre Brahma et le masculin Brahmâ, le créateur mâle du panthéon hindou. Le premier, Brahma ou Brahman, est l'âme de l'Univers, impersonnelle, suprême et inconnaissable : de son essence tout émane et en elle tout retourne. Brahman est incorporel, immatériel, non-né, éternel, sans commencement et sans fin. Il pénètre tout et donne vie au plus haut des dieux comme au plus petit atome minéral. Par contre, Brahmâ, le mâle, le prétendu Créateur, n'existe que dans sa manifestation périodique et, tout aussi périodiquement, passe en pralaya, c'est-à-dire disparaît et est annihilé. Voir les articles suivants. ― Mot neutre, signifiant l'Absolu, la Réalité première et ultime, l' « être-té », au-delà de toute dualité ; le Brahman échappe à toute conception mentale, n'est lié à aucune forme existante, mais est immanent en chacune. Le Védânta insiste sur l'identité foncière de l'Âtman (l'essence dernière du Soi en chaque être) avec cet Un transcendant. 

Brahmâ

(Sanskrit ; Hindouisme) - Mot masculin, désignant le premier dieu de la trinité hindoue, qui intervient comme « créateur » mâle, ou plutôt comme éveilleur et organisateur du monde manifesté. Il est lié à l'univers des formes et « meurt » avec lui, comme tous les autres dieux. À ne pas confondre avec Brahman
Brahmâ, Jour de (Jour de Brahmâ) Jour de Brahmâ : Période de 2.160.000.000 ans [Noter que ce chiffre est deux fois trop court par rapport à celui que donne la Doctrine Secrète (éd. anglaise I, 36) : 4.320.000.000 ans ; cf. ci-après Grand Âge, qui prend en compte la période correcte (de même que Manvantara)] pendant laquelle, après avoir émergé de son Oeuf d'Or ([Sanskrithiranya garbha), Brahmâ crée et façonne le monde matériel, vu qu'il représente simplement, dans la Nature, la force créatrice et fertilisatrice. Au bout de cette période, les mondes étant détruits tour à tour, par le feu et par l'eau, il disparaît, avec la Nature objective ; c'est alors la Nuit de Brahmâ.
Brahman (Sanskrit) Voir Brahma.
Brahmane (Brâhmane) Brâhmane : (Hindouisme) - Membre de la plus haute des 4 castes de l'hindouisme, dont l'attitude sectaire a finalement réussi à chasser le bouddhisme de l'Inde. Voir Tîrthika.
Brahmâ, Nuit de (Nuit de Brahmâ) Nuit de Brahmâ : Période d'égale durée que le Jour de Brahmâ, pendant laquelle ce dieu passe pour être endormi. À son réveil, il recommence le processus et ceci se poursuit pendant tout un ÂGE de Brahmâ, composé d'une alternance de Jours et de Nuits, s'étendant sur 100 années [faites chacune de 360 Jours et d'autant de Nuits, de la durée indiquée]. Au total, il faut un nombre de 15 chiffres pour mesurer un tel Âge [en années terrestres]. À l'expiration de celui-ci, vient la Grande Dissolution, ou Mahâpralaya qui, à son tour, s'étend sur une égale durée de 15 chiffres.
Brahmapura (Sanskrit ; Hindouisme) - La « cité de Brahman », diversement située au ciel, ou sur terre (= la ville de Bénarès). Dans la Mundaka Upanishad (II, 2, 7), il est suggéré que le Soi « réside en son espace éthéré, dans la divine cité de Brahman » - laquelle est placée généralement « dans la région du cœur » 
Brahma vidya (Brahma-vidyâ)  (Sanskrit) - La connaissance, ou science ésotérique, concernant la nature des deux Brahma.
Buddhi (Sanskrit ; Hindouisme ; Théosophie) - Âme Universelle, ou Mental Universel. Mahâbuddhi est un autre nom de Mahat. Dans l'homme, Buddhi est l'âme spirituelle (exotériquement : le 6ème principe), le véhicule d'Âtma, donné comme le septième dans l'énumération exotérique. ― En hindouisme (Bhag. Gîtâ), c'est l'élément actif de l'intellect, ou discernement, qui focalise dans l'antahkarana toutes les facultés supérieures de l'homme dérivées de l'Âtman - dont l'intuition, ou le sens spirituel. Pour la Théosophie, Buddhi au sens cosmique (Mahâbuddhi) renvoie à l'« Âme » ou au « Mental » de l'Univers ; dans l'homme, c'est le véhicule d'Âtman, ou l'âme spirituelle, enracinée dans l'Âme universelle, et appelée à devenir active par les apports de Manas, l'intelligence humaine individualisée. Voir kundalinî.
Buddhi taijasi (Buddhi taijasî Buddhi taijasî : (Sanskrit) : Terme très mystique, susceptible de plusieurs interprétations. Toutefois, en Occultisme, et si on considère les principes de l'homme (selon la classification exotérique), l'expression sert à désigner l'état de notre double Manas, lorsque ses deux aspects redeviennent unis pendant la vie d'un homme, et qu'il baigne dans le rayonnement de Buddhi, l'âme spirituelle. L'épithète taijasa [au féminin : taijasî} signifie en effet rayonnant, et quand Manas devient radieux par suite de son union avec Buddhi, où il se trouve immergé, pour ainsi dire, il devient identifié à ce principe : à ce moment, la trinité s'est unifiée, et comme l'élément de Buddhi est le plus élevé, il faut parler de Buddhi taijasî. En bref, c'est l'âme de l'homme illuminée par le rayonnement de l'âme divine, la raison humaine éclairée par la lumière de l'Esprit, en d'autres termes : la divine SOI-CONSCIENCE.
 Castes  À l'origine, le système des quatre classes héréditaires où se répartissait la population de l'Inde : Brâhmanes, Kshatriya, Vaishya, et Shûdra ; c'est-à-dire, respectivement : (a) descendants de Brahmâ, (b) guerriers, (c) marchands et (d) [serviteurs] employés aux besognes inférieures (agriculture). Cette quadruple répartition a donné lieu à des centaines de sous-divisions et de castes mineures.
 Cercle du temps  Voir Kâlachakra.
 Chambre  La chambre secrète du cœur évoque l'« espace mystique » (Sanskrit : âkasha, ou vyoman) où « réside le Soi », l'anâhata chakra (le chakra ou lotus du cœur). Voir Brahmapura. [Glos. Voix du Silence]
Chela (Hindouisme) - Mot hindi, à rattacher au Sanskrit cheta ou cheda (= serviteur, esclave). Disciple au service d'un maître spirituel. En Sanskrit classique : shishya (cf. Bhagavad Gîtâ, l, 3-11,7). Disciple. Élève d'un guru ou d'un sage, fidèle attaché à un adepte quelconque, ou à une École de philosophie.
Chi[Ji] (chinois ; BouddhismeLa seconde des Quatre Nobles Vérités. Voir samudaya.
Chiao men  [Jiao men] (chinois ; Bouddhisme) - La religion instituée (exotérique). Mot orthographié Kiau-men par J. Edkins, C.B., p. 158.
Chrestos (Chrêstos) Chrêstos : (grec) – Terme gnostique primitif pour Christ. Dans un sens technique, on le trouve employé, au 5ème siècle av. J.-C, par Eschyle, Hérodote et d'autres. Le premier (voir Choéphores, 901) parle des manteumata pythochrêsta, des « oracles prononcés par un dieu pythien » par la voix d'une pythonisse, le mot pythochrêstos dérivant du verbe chraô [rendre un oracle, ou ordonner par un oracle]. Le mot chrêstêrion [ne signifie pas seulement le siège d'un oracle mais aussi une offrande apportée à l'oracle, ou pour lui. Chrêstês est celui qui explique les oracles, « un prophète, un devin », et chrêstêrios est celui qui sert un oracle ou un dieu. Auteur chrétien des premiers temps, Justin le Martyr [2ème siècle], dans sa première apologie, donne à ses coreligionnaires le nom de chrestiens [chrêstianoï]. Et [l'auteur latin] Lactance (livre IV, chap. VIl) déclare : « C'est seulement par ignorance que les hommes s'appellent "christiens" [christiani] au lieu de "chrestiens" [chrestiani] ». Les termes Christ et christiens, épelés à l'origine Chrest- et chrestiens, furent empruntés aux païens, au vocabulaire des temples. Dans ce vocabulaire, chrêstos désignait un « disciple en probation » , un candidat à l'état d'hiérophante, lorsqu'il l'avait atteint par l'Initiation (en passant par une longue période d'épreuves et de souffrance) et avait été oint (c'est-à-dire « frotté d'huile » comme l'étaient les Initiéset même les idoles représentant les dieux — en conséquence d'une observance rituelle poussée à l'extrême), le Chrêstos était changé en Christos — le « purifié » dans la langue ésotérique des Mystères. Dans la symbolique mystique, en réalité, Christês ou Christos rendait l'idée que la « voie » (ou le Sentier) avait déjà été parcourue et le but atteint : la tâche laborieuse visant à unir la personnalité évanescente à 1'lNDIVIDUALITÉ indestructible avait porté ses fruits en la transformant ainsi en l'EGO immortel. « Au bout du chemin se tient le Christês », le purificateur ; l'union une fois accomplie, le Chrêstos — « l'homme de douleurs » — devenait Christos lui-même. Paul, l'Initié, le savait — et il a bien ceci en vue, précisément, quand il déclare (ou on le lui fait dire, dans une mauvaise traduction) : « J'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que Christ soit formé en vous » (Epitre aux Galates, IV, 19), ce qui signifie en réalité «... jusqu'à ce que vous formiez le Christos en vous-mêmes ». Mais les profanes qui savaient seulement que le mot Chrêstos était lié de quelque manière avec l'idée de prêtre et de prophète, et ignoraient tout du sens caché de Christos, insistèrent, comme Lactance et Justin, pour être appelés chrestiens et non christiens. Ainsi donc, tout individu bon [selon le sens du mot grec chrêstos] peut découvrir le Christ dans son « homme intérieur », d'après l'expression de Paul (Epitre aux Éphesiens, III, 16, 17), qu'il soit juif, musulman, hindou ou chrétien.
Christ Voir Chrêstos
Christian Scientist (anglais) - [Personne attachée à la Christian Science (= « science chrétienne »)]. Néologisme désignant ceux qui exercent l'art de la guérison par la volonté. Le terme [Christian] induit en erreur du fait que n'importe qui, bouddhiste ou juif, hindou ou matérialiste, peut pratiquer cette nouvelle forme de yoga occidental avec un égal succès, s'il est seulement capable de guider et contrôler sa volonté avec suffisamment de fermeté. Les « Mental Scientists » représentent une autre école rivale : ils opèrent en niant absolument l'existence de toute maladie et de tout mal imaginable et déclarent, comme un syllogisme, que puisque l'Esprit Universel ne peut être sujet aux maux de la chair, que, par ailleurs, tout atome est Esprit, et dans l'Esprit, et que, finalement, eux — guérisseurs et patients soignés — sont tous absorbés dans cet Esprit, ou cette Déité, il n'existe pas, et ne saurait exister, une chose comme la maladie. Ce qui n'empêche nullement « Christian Scientists » et « Mental Scientists » de succomber à la maladie et d'entretenir dans leur corps mortel des maux chroniques pendant des années, tout comme les autres mortels ordinaires.
Cinq empêchements (Bouddhisme) - Sanskrit : nîvarana. Les obstacles intérieurs à la concentration et au discernement. Ce sont, classiquement : désir sensuel, malveillance, torpeur et langueur, agitation et inquiétude, et doute sceptique. Leur maîtrise totale n'est atteinte que par l'arhat. [Glos. Voix du Silence]
Cinq entraves (Bouddhisme) - Sanskrit : Samyojana. Parmi les causes de renaissance qui enchaînent l'homme, le bouddhisme cite 5 liens « inférieurs » : l) la croyance illusoire à la personnalité (pâli : sakkâyaditthi), 2) le scepticisme, 3) l'attachement aux vains rites et règlements, 4) la soif de sensation, 5) la malveillance. Celui qui s'en affranchit totalement est un anâgâmin. Une autre catégorie d'entraves (les cinq liens « supérieurs ») enchaîne encore aux mondes subtils : s'en libérer c'est devenir un arhat. [Glos. Voix du Silence]
Cinq vertus (Bouddhisme) – Les Cinq vertues du Bodhisattva : Dans la Voix du Silence, il s'agit probablement des 5 premières paramitâ qui mènent à l'Éveil (bodhi) et à la Sagesse suprême (Prajñâ). Cf. Amitâbha sûtra cité par Edkins, C.B., p. 233. [Glos. Voix du Silence]
Clairaudience La faculté, innée, ou acquise par entraînement occulte, d'entendre des choses à n'importe quelle distance. [Glos. Clef de la Th.]
Clairvoyance La faculté de voir avec l'œil intérieur, ou la vision spirituelle. Dans le sens où on l'emploie aujourd'hui, c'est un terme vague, utilisé un peu à la légère, englobant dans ses significations aussi bien la capacité de deviner juste grâce à une sagacité ou une intuition naturelle, que la faculté de vision, qui fut exercée de façon si remarquable par Jacob Boehme et Swedenborg. Cependant, même ces deux grands visionnaires n'ont jamais pu s'élever au-dessus de l'esprit général de la Bible juive et des enseignements sectaires : pour cette raison, ils ont fait de regrettables confusions dans ce qu'ils voyaient et restèrent très en-dessous de la véritable clairvoyance [spirituelle]. [Glos. Clef de la Th.]
Clément d'Alexandrie Clément d'Alexandrie : [—150/—215 ap. J.-C.]. Père de l'Église et auteur d'écrits volumineux. Il avait été néo-platonicien et disciple d'Ammonios Saccas [Hypothèse plus ou moins empruntée à Alexander Wilder, mais fort peu plausible. Clément, plus âgé qu'Ammonios d'une bonne vingtaine d'années, était devenu un ardent défenseur du christianisme (accusant Platon et les Grecs d'avoir plagié la Bible) quand son cadet a dû commencer à enseigner, dans les dernières années du siècle.]. Il fut l'un des quelques philosophes chrétiens qui vécurent à Alexandrie entre le 2ème et le 3ème siècles de notre ère.
Codex Nazaræus (latin) - [Intitulé Le Livre d'Adam]. Les Écritures des Nazaréens ainsi que des Nabatéens. Si on en croit tel ou tel Père de l'Église, comme Jérôme et Épiphane en particulier, il s'agit d'enseignements hérétiques, alors que ce Codex constitue en fait l'une des nombreuses versions gnostiques de la cosmogonie et de la théogonie, d'où est issue une secte distincte. [Glos. Clef de la Th.]
Collège de Rabbis Collège d'origine babylonienne ; il fut très fameux pendant les premiers siècles du christianisme, mais sa gloire fut grandement occultée par l'apparition à Alexandrie de penseurs hellénisés, comme Philon le Juif, Josèphe, Aristobule [Des 3 auteurs cités ici (à la suite de Wilder, qui évoque aussi le Collège des Rabbis de Babylone), Aristobule est antérieur au christianisme, Philon a été contemporain du Jésus historique, quant à Flavius Josèphe (37/-100), il n'a pas vécu à Alexandrie et ne fut pas ce qu'on pourrait appeler un Juif hellénisé] et d'autres. Les Rabbis se vengèrent de leurs rivaux plus heureux en parlant des Alexandrins comme de théurges et de prophètes impurs. Cependant ceux qui, à Alexandrie, croyaient à la thaumaturgie ne furent pas considérés comme des pécheurs et des imposteurs quand des Juifs orthodoxes se trouvèrent à la tête de telles écoles de « hazim » [voyants]. II y eut des collèges pour enseigner la prophétie et les sciences occultes. Samuel fut le chef d'un tel collège à Ramah, Élisée le fut pour celui de Jéricho. Rabbi Hillel l'Ancien [né vers 70 av. J.-C. à Babylone] avait une véritable académie pour prophètes et voyants, et fut le chef de file de grands Rabbis orthodoxes. [Glos. Clef de la Th.]
Corps astral Contrepartie éthérée, ou double, d'un corps physique quelconque. Correspond au Doppelgänger [des spirites]. [Glos. Clef de la Th.]
Corps causal Ce corps qui, en réalité, n'en est absolument pas un, objectif ni même subjectif (étant Buddhi, l'âme spirituelle de l'homme), est ainsi appelé parce qu'il est la cause directe de l'état sushupti qui mène à l'état turiya, le niveau le plus élevé de samâdhi. Dans le Târaka râja yoga, il est appelé kâranopadhi, la « base de la cause », et, dans le système du Vedânta, il correspond à la fois au vijñânamaya kosha et à l'ânandamaya kosha, cette dernière enveloppe venant juste avant Âtma et constituant de ce fait le véhicule de l'Esprit Universel. Buddhi, prise seule, ne pourrait être appelée un « corps causal » : elle le devient en conjonction avec Manas, l'entité qui s'incarne, ou l'EGO[Glos. Clef de la Th.]
Cycle (en grec : kuklos). Les Anciens divisaient le temps en cycles sans fin, des « roues » comprises à l'intérieur de « roues », toutes ces périodes ayant des durées variables et marquant chacune le début ou la fin de quelque événement cosmique, terrestre, physique ou métaphysique. Il y avait des cycles de quelques années seulement, d'autres d'une durée immense, le grand cycle orphique visant le changement ethnologique des races s'étendait sur 120.000 ans, tandis que celui de Cassandre (de 136.000 ans) amenait un complet changement dans les influences planétaires et leurs corrélations avec les hommes et les dieux — ce que les astrologues modernes ont complètement perdu de vue. [Glos. Clef de la Th.]
Dad-dugpa Voir dugpa. Cf. Schlagintweit, B.T., p. 47. [Glos. Voix du Silence]
Dana (Dâna) (Sanskrit ; Bouddhisme)  L'acte du don, ou de l'offrande, sous toutes formes. La première des perfections, ou vertus transcendantales (pâramitâ), du bodhisattva. En association avec la bonté (maitri) et la compassion (karunâ), dâna est un facteur essentiel pour conduire les êtres à l'illumination. [Glos. Voix du Silence]
Darshana (Sanskrit ; Hindouisme) - Vision, perception, ou point de vue : nom donné à chacune des 6 doctrines de la philosophie hindoue (Nyâya, Vasiheshika, Sâmkhya, Yoga, Pûrva Mîmâmsa et Uttara Mîmâmsa, ou Vedânta).
Deiste (Déiste) Déiste : Personne qui admet la possibilité de l'existence d'un Dieu, ou de dieux, mais qui affirme n'en rien connaître, et refuse toute Révélation. C'est un agnostique du temps jadis. [Glos. Clef de la Th.]
Deva (Sanskrit ; Hindouisme ; Bouddhisme) - Un dieu, une divinité « resplendissante » ; [rapprocher] deva et deus, de la racine div, « briller ». Un deva est un être céleste — bon, mauvais ou indifférent — qui habite l'un des « trois mondes » (les trois plans au-dessus de nous). [En Inde] on en dénombre 33 « crores », soit 330 millions. ―  Brillant, céleste, divin. Nom donné aux multiples dieux et entités des mondes invisibles, dont l'existence est limitée à la durée de l'univers (cf. Brahmâ) - ce qui les rend inférieurs à un Bouddha parfait. Ils sont opposés aux pouvoirs de ténèbres et de destruction (cf. asura). H.P. Blavatsky emploie aussi le mot comme qualificatif, au sens de « divin » (Sanskrit : divya et pâl : dibba) p. ex. : « vue-deva » (Sanskrit : divyachakshu). [Glos. Voix du Silence]
 Devachan Devachan : (Sanskrit ; Bouddhisme ; Théosophie) - [Ce mot, intégré au vocabulaire théosophique dans les années 1880, est usuel dans le bouddhisme lamaïste. Signifiant « plein de félicité » en tibétain, il répond au Sanskrit sukhâvati, qui désigne spécifiquement le « Paradis d'Amitâbha »]). La « demeure des dieux » [en Sanskrit : devaloka]Le terme désigne un état intermédiaire entre deux vies terrestres où accède l'Ego (Âtma-Buddhi-Manas, ou la trinité unifiée) après sa séparation du kâmarûpa et la désintégration des principes inférieurs succédant à la mort du corps sur la terre. [Glos. Clef de la Th.] ― [bDe-ba-chan] (tibétin.) De de : bonheur, joie. Mot correspondant au Sanskrit Sukhâvati (cf. Theosophical Glossary) et désignant (exotériquement) le paradis occidental du Bouddha Amitâbha. En Théosophie : la sphère bienheureuse d'expérience posthume subjective, où l'Ego supérieur assimile le fruit spirituel de sa dernière incarnation, avant une nouvelle renaissance terrestre. [Glos. Voix du Silence]
 Dhammapada (pâli) - Œuvre contenant divers aphorismes des Écritures bouddhiques.
Dharana (Dhâranâ) Dhâranâ : (Sanskrit ; Hindouisme) –Fixation du mental sur un objet choisi de méditation. Cf. les Yoga sütra de Patañjali où dhâranâ (le 6ème degré du yoga) conduit, avec dhyâna et samâdhi, à samyama l'état de parfaite méditation. Dans la Voix du Silence, dhâranâ correspond à une complète abstraction des influences sensorielles et à une paralysie du jeu de la mémoire, permettant de réunir sur un seul objet spirituel les pouvoirs de perception de la conscience. [Glos. Voix du Silence]
(Dharma) Darma Dharma (Sanskrit ; Hindouisme ; Bouddhisme) Mot aux sens multiples, surtout en bouddhisme. De la racine dhri, soutenir, préserver, maintenir. C'est l'ordre, ou la Loi, qui soutient l'univers. Pour l'homme : la base universelle de l'éthique et la ligne propre de conduite qu'il doit tenir pour assurer sa destinée divine. La « Loi » ou doctrine du Bouddha, sous ses 2 aspects, exotérique et ésotérique. [Glos. Voix du Silence]
Dharmakaya (Dharmakâya) Dharmakâya : (Sanskrit Bouddhisme) –Le corps (kâya) glorieux le plus sublime, vêtement de suprême béatitude « tissé » par chaque Initié dans la progression qui l'a mené au bout du quatrième sentier (celui de l'arhat parfait) ou (ésotériquement) au passage du 6ème Portail, avant son accès au 7ème (Theosophical Glossary). Le niveau de conscience atteint est au seuil même du nirvâna. [Glos. Voix du Silence]
Dhyana (Dhyâna) Dhyâna : (Sanskrit ; Hindouisme ; Bouddhisme) - L'une des six paramitâ de perfection [Voir La Voix du Silence, 3ème traité]. Le terme désigne un état d'abstraction élevant l'ascète qui le pratique très au-delà de la zone des perceptions sensorielles, et hors du monde de matière. Littéralement : « contemplation ». Les six stades de dhyâna ne diffèrent que par les degrés d'abstraction atteints par l'Ego personnel, hors de la vie des sens. [Glos. Clef de la Th.] ― Dans le système de Patañjali, dhyâna, la concentration attentive sur l'objet de méditation choisi, fait suite à dhâranâ. En bouddhisme, dhyânapâramitâ est la 5ème des perfections cultivées par le candidat bodhisattva ; c'est aussi, dans la Voix du Silence, la clef du 6ème Portail qui précède l'accès à la sagesse parfaite. Dans cet état de profonde contemplation spirituelle, l'être conserve encore un sens d'individualité, qu'il n'éprouvera plus dans la fusion complète du samâdhi. D'une manière plus courante, le mot dhyâna (pal : jhâna) évoque l'entraînement à la méditation qui comporte 4 stades (voir Quadruple dhyâna), depuis la préparation à la concentration jusqu'à l'absorption dans des états de sur-conscience. Cette longue discipline s'accompagne de l'émergence de divers pouvoirs psychiques et spirituels (Sanskrit : abhijñâ), comme l'« ouïe-deva » et la « vue-deva ». [Glos. Voix du Silence]
Dhyan Chohan (Dhyân Chohan) Dhyân Chohan : (Sanskrit [+ tib]). Littéralement : « Seigneur de Lumière ». Les plus hauts dieux répondant aux archanges de l'Église romaine. Les Intelligences divines chargées de la supervision du Kosmos. [Glos. Clef de la Th.]
Dhyâni (Dhyâni) Dhyâni : (Sanskrit ; Théosophie) - Pour dhyânin, « être de contemplation ». Mot aux significations multiples renvoyant à des hiérarchies tantôt très élevées (liées au Logos), tantôt impliquées dans la genèse et la vie du monde des formes, mais toujours en un certain rapport avec les 7 principes de l'homme-microcosme ; en particulier, la Doctrine Secrète évoque les plus hauts Dhyâni qui se sont incarnés dans la « race élue » à l'aube de l'humanité, et qui forment aussi collectivement la « pépinière » des futurs adeptes. Ils représentent les divins éveilleurs de l'humanité. Voir Esprit planétaire. [Glos. Voix du Silence]
Dhyanibodhisattva (Dhyânibodhisattva) Dhyânibodhisattva : (Sanskrit ; Bouddhisme) - Dans le bouddhisme exotérique, les 5 fils des Dhyânibuddha. Cf. Secret Doctrine, I, 109, 571 et II, 116. Ésotériquement, ce sont les « reflets spirituels », ou projections, des 7 Dhyânibuddha dans le monde de la forme (mentale) ou rûpaloka (voir Trois mondes). [Glos. Voix du Silence]
Dhyanibuddha (Dhyânibuddha) Dhyânibuddha : (Sanskrit ; Bouddhisme) - « Bouddha de Contemplation ». Collectivement, les 7 hiérarchies de Dhyânibuddha manifestent la divine lumière d'Âdhibuddha, dans ses différents aspects, qui forme l'essence sublime des âmes humaines. Sans parents eux-mêmes (anupapâdaka), ils sont les pères mystiques des Dhyânibodhisattva. Cf. Secret Doctrine, I, 571, où Avalokiteshvara est la synthèse des 7. [Glos. Voix du Silence]
Dieu (Théosophie) - Dans la Voix du Silence, les dieux répondent au Sanskrit deva. Au singulier : le Dieu intérieur, silencieux, est le Soi supérieur ; la communion complète avec lui fait de l'initié un Dieu. [Glos. Voix du Silence]
Dorje [rDo-rje] (tibétain ; Bouddhisme) - Seigneur (rje) des pierres (do) : le diamant. Mêmes sens que vajra (Sanskrit). [Glos. Voix du Silence]
Double Terme de même sens que corps astral, ou Doppelgänger [allemand : double, sosie]. [Glos. Clef de la Th.]
Dragshed [Drag-gshed] (tibétain ; Bouddhisme) -  Groupe de dieux terribles et redoutables, censés protéger les hommes contre les mauvais esprits. [Glos. Voix du Silence]
Dugpa [hBrug-pa(tibétain;Bouddhisme) - Plusieurs mots tibétains peuvent se prononcer (approximativement) doug-pa, avec des sens très différents - d'où des confusions possibles - mais aucun ne signifie « bonnet rouge » , l) Mots rattachés à hBrug, signifiant tonnerre et dragon ailé : (a) l'École hBrugpa reliée au monastère de hBrug, qui aurait été fondé par Lingrepa Padma Dorje (XIIème s.) un jour d'orage, au Bhoutan ; l'École Dugpa est une branche reconnue des Karma-kagyudpa ; elle est développée au Ladakh et au Bhoutan, d'où (b) en général, les hBrugpa sont les natifs du Bhoutan, le « pays du tonnerre » , ou hBrug-yul. Ils subissent l'influence de la tradition Dugpa qui possède 3 sections distinctes (supérieure, moyenne et inférieure). Schlagintweit (B.T. p. 47) l'évoque sous le nom de Dugpa, ou Dad-dugpa, comme une secte « où le Dordje est un instrument très important et très puissant ». 2) Divers verbes et adjectifs, comme sDugpa (agréable), Drugpa (sixième), etc. À retenir surtout : gDugpa : vicieux, mauvais, malfaisant, nuisible (du mot Dug, signifiant poison). H.P.B. a d'ailleurs signalé ce sens en parlant des Dugpa comme des « mischief-makers », des sorciers qui font du mal ; voir l'article « Reincarnation in Tibet » (Theosophist., III, pp. 146-8) où elle les rattache à la secte primitive des Nyingmapa, distincts des Karma-kagyudpa ultérieurs (et porteurs de bonnets rouges). On peut conjecturer que le mot Dugpa employé dans la Voix, ne vise pas l'une des Écoles tantriques connues de nos jours (encore moins toutes les Écoles non réformées) mais une frange assez secrète, activement opposée à la réforme de Tsongkhapa, et comptant dans ses rangs de véritables sorciers et magiciens noirs, doués de puissants pouvoirs malfaisants, et naturellement très proches des adeptes du Bön noir. [Glos. Voix du Silence]
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2 - Commentaires sur le glossaire

Le glossaire est composé du glossaire de l’ouvrage La Clef de la Théosophie et de celui de l’ouvrage La Voix du Silence

Pour chaque entrée, la source du mot est indiquée en abrégé : allemand (all), anglais (ang), chinois (chin), égyptien (ég), grec (grec), hébreu (hébreux), latin (latin), pâli (pâli), persan (persan), Sanskrit (Sanskrit). Des informations complémentaires, données par le traducteur dans des notes, ou en cours d'article, sont présentées entre crochets. Dans le texte, un astérisque placé à la fin d'un mot renvoie à un article particulier consacré à ce mot.

Pour les termes bouddhiques, le lecteur pourra également se reporter au glossaire inséré dans l'édition de la Voix du Silence, publiée en 1991 par Textes Théosophiques [voir "publications disponibles" sur www.theosophie.fr ].).

À noter enfin que quelques articles supplémentaires (présentés entre crochets) ont été proposés par le traducteur pour expliquer certains termes que Mme Blavatsky n'avait pas pris en compte, ou apporter des précisions utiles au lecteur moderne.

Ouvrages cités et abréviations employées :

l) Sources théosophiques :

H.P. Blavatsky, Theosophical Glossary (Theosophical Glossary) ; The Secret Doctrine (SECRET DOCTRINE). 
Revue The Theosophist The Theosophist.

2) Livres d'orientalistes contemporains de H.P.B. :

Beal, A Catena of Buddhist Scriptures (Cat), Londres, Trübner, 1871.
Edkins, Chinese Buddhism (C.B.), Londres, Trübner, 1879.
J. Eitel, Hand-book for the Student of Chinese Buddhism (H.C.B.), Londres, Trübner, 1870.
Spence Hardy, Eastem Monachism (E.M.), Londres, Partridge & Okay, 1850; Manual of Buddhism (M.B.), Londres, 880.
W. Rhys Davids, Buddhism (B.), Londres, Soc. for Promoting Christian Knowledge, 1878.
Schlagintweit, Buddhism in Tibet, Londres, 1863, trad. Le Bouddhisme au Tibet (B.T.), Paris, Annales du musée Guimet, 1881.

Documents consultés (dictionnaires, lexiques et études sur le bouddhisme) :

A Sanskrit-English Dictionary, sir Monier Monier-Williams (1899), nouvelle édition: Oxford University Press, 951.
Pâli-English Dictionary, T.W. Rhys Davids & W. Stede, Londres, The Pali Text Society, rééd. 1986.
Vocabulaire pâli-français des termes bouddhiques, Paris, Adyar, 1961.
A Tibetan-English Dictionary, Sarat Chandra Das, Delhi, Motilal Banarsidass, rééd. 1983.
Dictionnaire français de la langue chinoise, Institut Ricci, Paris, rééd. 1986.
The Encyclopedia of Eastern Philosophy & Religion, Boston, Shambhala, 1989.
A Survey of Buddhism, Bhikshu Sangharakshita, Bangalore. The Indian Inst. of WorId Culture, 1957.   Vers Sommaire

 

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