Samedi 24 Juin 2017

Mis à jour le Sam. 24 Jui. 2017 à 16:25

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Notre soleil et le vrai Soleil

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Si nous considérons combien l’on connaît peu de choses au sujet du soleil de notre système, nous ne nous étonnerons pas qu’il en soit encore plus ainsi du vrai soleil. La science se moque naturellement du « vrai soleil » du mystique, car elle n’en voit point d’autre que celui qui brille dans le ciel. Les savants prétendent au moins le connaître, car il se lève et se couche chaque jour, et peut-être plus ou moins observé lors des éclipses, ou lorsque des taches apparaissent, et avec leur audace habituelle, les astronomes du 19e siècle disent quantité de choses qu’ils ne savent pas sur cet astre puissant, et relèguent les idées anciennes à son sujet dans les limbes de la superstition stupide. Ce n’est certes pas aux écoles modernes que je m’adresserais pour m’instruire sur ce point, car selon moi, et si présomptueux que cela puisse paraître, elles ne connaissent pas grand-chose de la Lune ni du Soleil.

Un conflit persiste quant à savoir si le soleil rejette de la chaleur (1). D’une part, on affirme que oui ; d’autre part, que la chaleur provient de la combinaison des forces du soleil avec les éléments sur terre et autour d’elle, ce qui paraît être vrai pour le mystique. Une autre différence d’opinion existant parmi les astronomes modernes, a trait à la distance qui nous sépare du soleil, laissant le pauvre mystique la comprendre comme il peut. Même au sujet des taches de notre luminaire, tout est conjecture de nos jours. On admet comme une simple hypothèse – et pas plus -, qu’il peut y avoir un rapport entre ces taches et les troubles électriques sur terre. Il y a quelques années, Nasmyth découvrit (2) des objets (ou des changements) sur la photosphère, qu’il appela « feuilles de saule », de 1 000 milles de long et 300 milles de large, en constant mouvement et en groupes. Mais qu’est-ce en réalité ? Personne ne le sait. La science ne peut rien nous apprendre de plus qu’un mortel ordinaire usant d’un bon télescope. Quant à savoir si ces « feuilles de saule » ont aucun rapport avec les taches, ou avec les perturbations terrestres, nul ne le sait. Pour résumer, nos hommes de science savent très peu de choses de notre soleil visible. Tôt ou tard, ils découvriront certaines choses, comme par exemple d’autres effets des taches solaires que les simples perturbations électriques, la signification réelle de ces taches, la signification de la couleur particulière du soleil observée à certains moments – comme il y a quelques années – couleur attribuée à des « poussières cosmiques », faute d’une meilleure explication pour voiler l’ignorance ; et encore quelques autres questions intéressantes.

Mais nous disons que le soleil qu’ils ont examiné n’est pas le soleil réel, n’est même pas du tout le soleil, car ce n’est qu’une simple apparence, une réflexion d’une partie du vrai soleil. Et vraiment, certains astronomes modernes supportent cette façon de voir, car ils commencent à admettre que notre système solaire tout entier se meut autour d’un centre lointain non déterminé, si puissant qu’il attire notre globe solaire, et entraîne ainsi le système solaire tout entier avec lui. Mais ils ne savent pas si ce centre inconnu est un soleil. Ils supposent que c’en est un, mais affirment seulement que c’est un centre d’attraction pour nous. Il se peut que ce soit simplement un corps plus vaste, ou un centre plus puissant d’énergie que le soleil, et lui-même tourne peut-être autour d’un centre plus lointain et plus puissant encore. Dans ce cas, les télescopes modernes et les calculs se montrent rapidement impuissants, car ils arrivent bientôt à une limite dans le champ étoilé, où tout semble rester stationnaire par suite des distances immenses, et il n’y a pas moyen d’arriver à une conclusion. Il se peut que tous ces globes lointains soient en mouvement, et par conséquent on ne peut dire où se trouve le centre réel. Votre astronome admettra que même les constellations du Zodiaque, immuables depuis des âges, peuvent en vérité se mouvoir, mais à des distances si énormes et si effrayantes que pour nous elles semblent immobiles.

Mon but toutefois est d’attirer votre attention sur la doctrine qu’il existe un soleil réel, dont le nôtre n’est qu’une réflexion, et que dans ce soleil véritable, gît une source d’énergie et d’aide spirituelles, exactement comme notre astre lumineux bien-aimé contient l’origine de notre vie physique et du mouvement matériel. Il est inutile d’essayer de deviner pour l’instant, laquelle des nombreuses étoiles du ciel pourrait être le soleil réel, car je tends à croire que ce n’en est aucune, puisque, comme je l’ai dit précédemment, un centre physique d’attraction pour ce système ne peut être que d’un degré plus élevé que le nôtre, et doit être le serviteur d’un centre plus éloigné encore. Nous devons passer par tous les degrés successifs, et il n’est pas en notre pouvoir de sauter un maillon de la chaîne qui mène au point le plus haut.

Notre soleil est donc, pour nous, le symbole du vrai soleil qu’il reflète, et en méditant sur « la lumière suprême du soleil réel », nous recevrons de l’aide dans notre lutte pour assister l’humanité. Notre soleil physique est du domaine physique, non du métaphysique, mais le soleil véritable luit en nous. L’astre du jour conserve et soutient l’économie animale ; le vrai soleil brille en nous par son intermédiaire dans notre nature. Nous devrions donc diriger notre pensée vers ce soleil réel, et préparer le terrain à l’intérieur à recevoir son influence, comme nous préparons le terrain à l’extérieur à recevoir les rayons vivifiants du Roi du Jour.

Marttanda (3)

Notes
(1) Il existe une différence d’évaluation de la chaleur du soleil entre de grands savant comme Newton, Secchi, Pouillet, Spaeren, Rosetti et d’autres, car Pouillet parle de 1.461° et Waterson de 9.000.000°, soit un écart de 8.998.600° [probablement des degrès Fahrenheit]. .
(2) Voir Source de chaleur dans le Soleil, R. Hunt, M.R.S (The Source of Heat in the Sun, Pop. Sc. Rev. Vol. IV. p. 148).
(3) Cet article fut publié pour la première fois par W.Q. Judge dans la revue The Path de février1890.

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