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Mis à jour le Sam. 19 Août 2017 à 09:43

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Les preuves du Soi caché

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Article publié par William Q. Judge, en anglais, dans la revue The Path, d'août 1894.
Par les rêves
Dans la clairvoyance
Le sentiment d'identité


 Par les Rêves

L'état de rêve est commun à tous les êtres. Certaines personnes disent ne jamais rêver, mais si on les interroge, on découvre qu'elles ont fait au moins un rêve ou deux dans leur vie et, ce qu'elles veulent dire, c'est que leurs rêves sont rares. Il est peu probable qu'il existe une personne qui n'a jamais eu de rêves. Mais on dit que les rêves sont sans importance ; qu'ils sont dus à la tension, à l'indigestion, à la maladie ou à d'autres causes variées. On les considère comme peu importants parce qu'on les envisage d'un point de vue utilitaire et qu'on pense qu'ils ne peuvent pas servir à grand-chose. Pourtant beaucoup d'hommes se servent de leurs rêves et l'histoire, tant séculaire que religieuse, ne manque pas d'exemples montrant les bienfaits, les avertissements et l'instruction qui peuvent être reçus dans les rêves. Le cas bien connu du rêve du Pharaon (x) au sujet des vaches grasses et des vaches maigres, qui permit à Joseph, l'interprète, de prévoir une famine et de la prévenir, représente une classe de rêves qui ne sont pas rares du tout. Mais le point de vue utilitaire n'en est qu'un parmi beaucoup d'autres.

Les rêves montrent d'une façon concluante, lorsque le corps et le cerveau sont endormis, car le sommeil commence en premier lieu dans le cerveau et en dépend, qu'il existe encore une entité active qui se rappelle et qui perçoit, observant l'expérience introspective du rêve. La tristesse, la joie, la peur, la colère, l'ambition, l'amour, la haine et toutes les émotions possibles sont ressenties et perçues en rêves. L'utilité de ceci sur le plan de veille n'a rien à voir avec le fait de la perception. Le temps global y est évalué non d'après la division solaire, mais selon l'effet produit sur le rêveur. Et comme l'évaluation du temps s'y effectue d'une façon beaucoup plus rapide qu'il n'est possible pour te cerveau, il faut en conclure, que quelqu'un le fait. Dans tous ces rêves, il y a un rappel des événements perçus et la mémoire en est rapportée à l'état de veille. La raison et tous tes pouvoirs de l'homme intelligent éveillé sont employés dans le rêve ; et comme l'émotion, le raisonnement, la perception et la mémoire se trouvent être même plus actifs en rêves que dans la vie éveillée, il doit s'ensuivre que le Soi caché est celui qui possède ces pouvoirs et agit.
Ce qui, dans les rêves, procède de l'imagination ordinaire (xx) n'infirme pas cette théorie. Cette imagination n'est pas particulière au rêve ; elle est aussi présente dans la conscience de veille. Chez beaucoup de personnes elle est aussi habituelle et vive que chez le rêveur. Et nous savons que chez les enfants elle est très féconde. Sa présence dans le rêve indique simplement que le penseur, étant momentanément libéré du corps et des structures ou scissures habituelles du cerveau, donne libre cours à cette faculté ordinaire. Mais si nous allons au-delà, nous trouvons des rêves de nature prophétique. Ceci ne pourrait se produire s'il n'existait pas le Soi caché intérieur qui voit clairement l'avenir et le passé dans un éternel présent.

Dans la clairvoyance

La clairvoyance à l'état de veille ne peut être niée. Les étudiants théosophes savent qu'elle est une faculté de l'homme et, en Amérique, elle est si fréquente qu'elle n'exige guère de preuve. Il existe une clairvoyance des événements passés et futurs et une autre se rapportant à ceux qui se produisent actuellement.
La perception d'événements qui ont eu lieu, auxquels le clairvoyant n'a pas pris part et dont il n'a pas eu connaissance, signifie qu'il doit faire usage d'un autre instrument que le cerveau. Ce doit être le Soi caché. Le fait de voir et de rapporter des événements qui se produisent après coup amène à la même conclusion. En supposant que le cerveau est le mental, il faudrait qu'il ait assisté à l'événement très important qu'il relate actuellement, soit comme participant, soit pour l'avoir entendu de quelqu'un qui se trouvait là. Mais, puisque dans les exemples cités, une telle relation de participant n'existait pas, il faut bien admettre que le message a été reçu par quelque autre doué de perception. Cet autre est le Soi caché, car le cas du vrai clairvoyant exclut tout récit d'un témoin oculaire.
De plus, quand le clairvoyant décrit un événement qui se produit actuellement à distance, il est nécessaire que soit présent quelqu'un qui perçoit et s'en souvient afin de pouvoir en faire le récit. Car le cerveau et ses organes de la vue et de l'ouïe sont trop éloignés de l'événement. Mais comme le clairvoyant raconte d'une façon correcte ce qui se passe, c'est l'autre, le Soi caché, qui voit l'événement, comble la lacune entre celui-ci et le cerveau et imprime l'image sur les organes du corps.

Le sentiment d'identité

Si le souvenir est la base du sentiment d'identité persistant tout le long d'une vie et si le cerveau est le seul instrument de perception, nous nous trouvons en présence d'une suite incompréhensible de lacunes qu'il faut expliquer et combler mais toutes ces lacunes disparaissent si l'on admet l'existence du Soi caché.
Nous naissons avec le sentiment que nous sommes nous-mêmes, sans aucun nom, et ne faisant ensuite usage d'un nom que par commodité. Nous répondons à l'appel en disant : « c'est moi », le nom ne venant qu'après par souci de précision pour l'autre personne. Cette identité personnelle subsiste, bien que chaque soir nous nous endormions et devenions profondément inconscients. Et nous savons, alors même qu'une longue période est effacée de la mémoire par suite d'une chute, d'un coup ou de tout autre accident, que le même sentiment d'identité persiste après cette lacune et que l'être retrouve le même « moi » identique lorsque la mémoire fonctionne à nouveau. Et bien que nous ne conservions des nombreuses années vécues, avec leur multiplicité d'événements et d'expériences, qu'une faible quantité de souvenirs, nous savons pourtant que nous sommés toujours cette personne sans nom qui est née il y a si longtemps. Nous ne nous rappelons pas notre naissance, ni quand notre nom est devenu nôtre et si nous n'étions qu'un agrégat d'expériences matérielles, le simple produit du cerveau et du souvenir, nous ne devrions avoir aucun sentiment d'identité mais une confusion permanente en nous. Au contraire, comme nous avons le sentiment et la perception de l'identité personnelle permanente, nous arrivons à la conclusion inévitable que nous sommes le Soi caché et que ce Soi est au-dessus et au-delà du corps et du cerveau.

William Q. Judge
Extrait du Cahier Théosophique – N°95

[Note (x) : Bible, La Genèse, ch. 41]
Note (xx) : Fancy en anglais. Voir L'Océan de Théosophie de W Q. Judge, p. 186 éd. française (N. d. T.).

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