Dimanche 24 Septembre 2017

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Articles de W.Q. Judge

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William Q. Judge (1851-1896) est l'un des trois principaux fondateurs de la Theosophical Society. Il assista Mme Blavatsky dans la rédaction d'Isis Dévoilée, et de La Doctrine Secrète. Il se révéla un collaborateur et disciple dévoué et indéfectible de Blavatsky. Organisateur et créateur inlassable, il fut l'instrument efficace pour répandre la Théosophie aux États-Unis ainsi que dans ld'autres pays anglophones.

Il rédigea de nombreux articles,et fonda les revues The Path et The Theosophical Forum. Les ouvrages les plus connus de lui sont les Échos de l'Orient, l'Océan de Théosophie (en 1893), deux grands classiques théosophiques. Un ensemble de ses lettres furent regroupées par sous le titre Les Lettres qui m'ont aidé.

On lui doit une édition de la Bhagavad-Gîtâ (1890) et une série d'articles parus dans The Path, publiés plus tard sous le titre de Notes sur la Bhagavad-Gîtâ. Il rédige en outre une traduction commentée des Aphorismes du Yoga de Patañjali (1889).

Son engagement théosophique fut sans faille et sa fidélité au programme initial, établi par Mme Blavatsky et ses Maîtres, fut déterminante à certaines périodes particulièrement critiques de l'histoire du mouvement.

Un grand nombre d'articles de Judge sont accéssibles en ligne.

Le suicide n'est pas la mort

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Article de W.Q. Judge paru dans le journal New York WorldThe Lamp, septembre 1894

En tant qu’étudiant de la Théosophie et de la nature humaine, j’ai été intéressé par la discussion sur le thème du suicide auquel le journal The World a accordé une place dans ses colonnes. L’éloquent agnostique, le Colonel Ingersoll, a basé ses vues sur un terrain dont les racines sont dans la tombe, en donnant au pauvre suicidé, pour le consoler de son acte, rien au-delà de la terre froide, sauf peut-être la chance lâche d’échapper à la responsabilité ou à la souffrance. Ceux qui, comme le dit Nym Crinkle, s'occupent de répondre au Colonel Ingersoll en reviennent à la simple affirmation que c’est un péché de tuer un corps dans lequel le Seigneur a considéré qu'il était convenable d'enfermer un homme. Aucune de ces deux considérations n’est ni satisfaisante ni scientifique.
Si le suicide doit être approuvé ce ne peut être qu'en se fondant sur l'idée que l’homme n’est qu’un corps, et qu’étant comme une motte de terre, il peut très bien être libéré de ses souffrances. À partir de cela, il serait facile de faire un petit pas et de justifier le fait de faire mourir ceux dont le corps est sur notre chemin, ou touchés par la vieillesse, ou l’aliénation, ou la décrépitude, ou même vicieux. Car si tout ce que nous sommes est une masse de glaise appelée corps, si l’homme n’est pas un esprit non né en essence, alors qu’y aurait-il de répréhensible à le détruire s’il vous appartient, et si nous ne sommes que cela, et combien serait-il facile de trouver des raisons bonnes et suffisantes pour disposer également de celui des autres ? Le prêtre condamne le suicide, mais on peut être un Chrétien et cependant avoir l’opinion qu’une libération rapide de la terre permet de gagner le paradis quelques années plus tôt. Le Chrétien n’est pas dissuadé du suicide par de bonnes raisons avancées par sa religion, mais plutôt par la couardise. La mort, qu’elle soit naturelle ou provoquée est devenue une terreur, et on l’appelle « La Reine des Terreurs ». Il en est ainsi parce que bien qu’un vague paradis soit offert de l’autre côté, la vie et la mort sont si peu comprises que les hommes préfèrent supporter les souffrances qu’ils connaissent que s’envoler vers d’autres qu’ils craignent par ignorance de ce qu’elles pourraient être.
Le suicide, comme tout autre meurtre est un péché parce qu’il engendre une perturbation soudaine dans l’harmonie du monde. C’est un péché parce qu’il met la nature en échec. La nature existe pour le besoin de l’âme, et pour aucune autre raison, elle a le dessein, pour ainsi dire, de donner à l’âme l’expérience et la soi-conscience. Celles-ci ne sont possibles qu’au moyen d’un corps par lequel l’âme entre en contact avec la nature, et couper violemment la connexion avant son terme naturel contrarie le projet de la nature, et l’oblige à présent, dans son lent développement, à restaurer la tâche laissée inachevée. Et comme ces processus doivent passer par l’âme qui a permis le meurtre, il en résulte plus de peines et de souffrances.
Et la perturbation dans l’harmonie générale est un plus grand péché que ne le pensent la plupart des gens. Ils se considèrent seuls, comme séparés, sans liens avec les autres. Mais ils sont inter reliés à travers tout le monde avec toutes les autres âmes et intelligences. Un lien subtil, réel, puissant les attache toutes ensembles, et si un parmi ces millions perturbe le lien, toute la masse le ressent par réaction à travers l’âme et le mental, et ne peut retrouver l’état normal que par un ajustement douloureux. Cet ajustement se passe sur les plans invisibles, mais très importants, dans lesquels l’homme réel existe. Ainsi chaque suicidé ou meurtrier d’un autre impose à toute l’humanité un fardeau injustifiable. Il ne peut échapper à cette injustice, car bien que son corps soit mort il n’est pas coupé des autres ; la mort ne fait que le placer, privé des instruments de la nature, dans les griffes de lois, qui sont puissantes et implacables, incessantes dans leur opération et dont les demandes sont obligatoires.
Le suicide est une énorme folie, parce qu’il place son exécuteur dans une position infiniment pire que les conditions dont il avait follement espéré échapper. Ce n’est pas la mort. Ce n’est que le fait d’avoir quitté une maison bien connue et dans un environnement familier pour aller dans un nouveau lieu où la terreur et le désespoir ont seuls leur place. Ce n’est qu’une mort préliminaire faite à la glaise, pour « la froide embrassade de la tombe », laissant l’homme lui-même, nu et vivant, mais hors de la vie des mortels et qui n’est ni le paradis ni l’enfer.
Le Théosophe voit en l’homme un être complexe plein de forces et de facultés, dont il dispose quand il est dans un corps terrestre. Le corps n‘est qu’un de ses habits ; lui-même vit aussi en d’autres lieux.
Dans le sommeil il vit dans l’un de ces lieux, il s’éveille dans un autre, et pense dans un autre. Il est triple comprenant corps, âme et esprit. Et cette trinité peut être encore divisée en ses sept constituants nécessaires. Et, de même qu’il est triple, la nature l’est aussi – matérielle, psychique ou astrale, et spirituelle. La part matérielle de sa nature gouverne le corps, la part psychique affecte l’âme, et l’esprit vit dans le spirituel, tous étant unis ensemble. Si nous n’étions que des corps, on pourrait les renvoyer à la nature matérielle et à la tombe, mais si nous échappons au matériel nous devons nous projeter dans le psychique ou l’astral. Et, comme tout dans la nature procède avec régularité sous le gouvernement de la loi, nous savons que chaque combinaison a son propre terme de vie avant qu’une séparation naturelle et facile des parties composantes puisse se produire. Un arbre, un minéral ou un homme est une combinaison d’éléments ou de parties, et chacun doit avoir son terme prévu. Si nous séparons les uns des autres violemment et prématurément, des conséquences certaines s’en suivront. Chaque constituant doit avoir son terme de vie prévu. Et le suicide étant une violente destruction du premier élément – le corps – les deux autres, l’âme et l’esprit, sont laissés sans leur instrument naturel. L’homme alors n’est qu’à demi-mort, et il est obligé par la loi de son propre être d’attendre jusqu’à ce que le terme naturel soit atteint.
Le destin du suicidé est en général horrible. Il s’est coupé de son corps en utilisant des moyens mécaniques qui affectent le corps, mais qui ne peuvent toucher l’homme réel. Il est alors projeté dans le monde astral, car il doit vivre quelque part. Là, la loi impitoyable, qui agit en fait pour le bien de l'homme, l’oblige à attendre jusqu’à ce qu’il puisse mourir convenablement. Il devra naturellement attendre, à moitié mort, les mois ou les années qui, dans l’ordre de la nature, auraient dû s‘écouler sur lui avant que le corps, l’âme et l’esprit puissent se séparer correctement. Il devient une ombre ; il vit dans un purgatoire, pour ainsi dire, appelé par le théosophe le « lieu du désir et de la passion », ou « kãma loka ». Il existe entièrement dans le mode astral, dévoré par ses propres pensés. Il répète par des pensées vivantes l’acte par lequel il tenta de mettre fin à son pèlerinage dans la vie, tout en voyant pendant ce temps, les gens et les lieux qu’il a quittés, mais il est incapable de communiquer avec aucun d’entre eux excepté, de temps à autre, à travers un pauvre sensitif, qui est souvent effrayé par cette visite. Et souvent il emplit le mental de personnes vivantes qui peuvent être sensibles à ses pensées, de l’image de son acte de départ, et occasionnellement il les induit à commettre sur eux-mêmes l’acte dont il a été coupable.
Pour le dire de manière théosophique, le suicidé s’est coupé, d’un côté, de son corps et de la vie qui étaient nécessaires pour son expérience et son évolution, et, d’un autre côté, de son esprit, de son guide et de son « Père dans les Cieux ». Il est composé maintenant d’un corps astral, qui est d’une texture très résistante, informée et enflammée par ses passions et désirs. Mais une partie de son mental, appelé manas, l’accompagne. Il peut penser et percevoir, mais, ignorant comment utiliser les forces de ce règne, il vogue ici et là, incapable de se guider lui-même. Toute sa nature est en détresse, et avec elle, à un certain degré, toute l’humanité, car nous sommes tous unis par l’esprit. Ainsi il va, jusqu’à ce que la loi de la nature agissant sur son corps astral, celui-ci commence à mourir, et tombe dans un sommeil dont il se réveille à temps, pour une saison de repos avant de recommencer une nouvelle vie terrestre. Dans sa prochaine incarnation, il pourra, s’il en voit la justification, réparer, compenser ou souffrir à nouveau.
On ne peut échapper à sa responsabilité. La « douce embrassade de la glaise humide » est une illusion. Il est préférable d’accepter courageusement l’inévitable, puisqu’il est dû à nos erreurs dans d’autres vies du passé, et accomplir chaque devoir, et essayer de mieux tirer parti de toutes les opportunités. Enseigner le suicide est un péché, car cela conduit certains à le commettre. L’interdire sans raisons est inutile, car notre mental doit avoir de bonnes raisons pour le faire ou ne pas le faire. Et si nous nous en tenons littéralement aux écrits de la Bible, nous y voyons que le meurtre n’a de place qu’en enfer. Cette pensée satisfait peu de personnes dans un âge d’investigation critique et de froide analyse. Mais donnez aux hommes la clef de leurs propres natures, montrez leur comment la loi régit l’ici-bas et, l’au-delà de la tombe, et leur bon sens fera le reste. Un illogique népenthès (1) contre la tristesse et la douleur physique de la tombe est aussi fou qu’un ciel illogique qui ne sert à rien.

Note (1): mot grec qui renvoit à un remède magique qui dissipe le chagrin et la douleur.

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La Théosophie pratique

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L’éthique de vie proposée par Jésus n’est pas différente de celle que l’on trouve en théosophie, mais cette dernière contient dans ses doctrines un pouvoir inflexible qui est absent du christianisme et de ces systèmes qui exigent d’un homme d’être bon comme but vertueux unique. Il n’est pas facile de pratiquer la vertu pour la simple raison que nous devrions le faire, car le désir de récompense est inhérent à la nature humaine et c’est une conséquence de la loi d’évolution qui tire l’univers toujours plus haut, vers des degrés de développement supérieurs. Un homme lit le commandement de Jésus de tendre l’autre joue à celui qui le frappe, de ne pas résister au mal, de tout pardonner, et ne pas penser au lendemain, et puis, marque une pause. Sa pensée suivante sera qu’un tel canon est entièrement utopique, et s’il était complètement suivi il bouleverserait la société. En cela, il est soutenu tant par d’éminentes autorités que par l’exemple, car un grand Évêque a déclaré qu’aucun état ne peut perdurer sous un tel système.
La doctrine Théosophique, cependant, que ce soit dans le cadre d’une vie égoïste ou spirituelle, nous convainc qu’il faut obéir à la loi morale. Si nous ne considérons que le cas d’une vie égoïste, nous trouvons que lorsque les gens sont convaincus que le mal fait dans cette vie engendrera sûrement une punition dans une autre incarnation, ils hésitent à continuer la vieille habitude insouciante de ne vivre que pour eux-mêmes.
Ainsi la théosophie pratique doit pénétrer dans chaque détail de la vie, dans nos rapports avec les autres et notre propre discipline. Elle nous rappelle que nous devrions être plus critiques avec nous-mêmes qu’avec les autres, et que nous devons aider tous les hommes si nous avons nous-mêmes besoin d’être aidés. Et, en cela, un théosophe peut échapper à l’accusation d’égoïsme s’il désire engranger pour une future incarnation une réserve d’aide des autres, en leur portant lui-même assistance maintenant, afin d’être en bien meilleure position pour aider l’humanité – il n’est pas de l’égoïste. C’est aussi le cas d’un homme qui désire acquérir des biens de ce monde afin d’aider ceux qui dépendent de lui ‒ et ce n’est certainement pas de l’égoïsme.
Le théosophe pratique ajoute à ses actions de charité, sur le plan matériel, une charité bien supérieure en donnant à ses semblables un système de pensée et de vie capable d’expliquer leurs doutes tout en leur fournissant une raison logique de pratiquer la vertu. Il met fin à un enfer inextinguible, dont les terreurs engendrées vont s’estomper rapidement du mental des pêcheurs ; mais il allume la lampe de la vérité et projette ses rayons sur le sentier mortel afin que non seulement le danger réel, la punition réelle, puisse être perçus, mais aussi la récompense et la compensation.
L’homme civilisé ne peut être guidé par la crainte ou la superstition, mais c’est la raison qui doit le mener. La Théosophie étant non seulement praticable, mais aussi raisonnable et juste, ses doctrines sont destinées à devenir celles de l’homme civilisé. Elles chasseront progressivement les doctrines usées du théologien et du scientifique, et donneront aux gens des siècles à venir une religion-sagesse au fondement profond et qui embrasse tout.
Si la pratique théosophique était universelle nous ne verrions plus le juge inique comploter à l’avance avec les représentants d’une compagnie de chemin de fer sur le jugement qu’il devrait rendre, ni l’officier public vénal occupé avec le juge et des officiels à rédiger, pour le tribunal, une protestation vertueuse contre un arrêt pré ordonné, car tous deux craindraient semer une cause qui, dans leur vie suivante, pourrait aboutir à une accusation et une punition injustes. Les hommes ne chercheraient pas non plus à sauver leur vie, comme ils le font souvent maintenant, aux dépens d’un autre, car, dans des incarnations suivantes, cette personne pourrait être le moyen de les priver doublement de vie. L’homme riche qui maintenant amasse sa richesse ou la dépense pour lui seul deviendrait ainsi moins coupable, puisque, comme compensation dans une autre vie, ses amis l’abandonneront et la nature pourrait le priver de moyens de subsistance.
Le théosophe pratique fera bien de suivre les conseils des Maîtres, disponibles par écrit depuis plusieurs années, de répandre, expliquer, et illustrer les lois de Karma et de Réincarnation afin qu’elles puissent pénétrer dans la vie des gens. Ce qui concerne l’occultisme pratique et tous les attraits de la lumière astrale peuvent être laissé à plus tard. Il faut toucher la pensée des hommes, et ceci ne peut être fait maintenant qu’en leur enseignant ces deux grandes lois. Elles expliquent non seulement beaucoup de choses, mais elles ont aussi un pouvoir inhérent dû à leur vérité et leur lien intime avec l’homme, qui force l’attention.
Une fois entendues elles sont rarement oubliées, et même si on se rebelle contre elles, elles ont le mystérieux pouvoir de s’attacher au mental de l’homme, jusqu’à ce qu’à la fin, même à l’encontre de sa première détermination, il soit forcé de les accepter. Le sentiment de justice est commun à tous, et l’exacte justice de karma interpelle même l’infortuné frappé d’un lourd châtiment ; même si ignorant la justice, il agit bien pour créer un bon karma, c’est bien, car il renaîtra dans des conditions qui pourront favoriser l’émergence d’un motif altruiste.
« Enseignez, prêchez, et pratiquez cette bonne loi pour le bénéfice du monde, comme le font tous les Bouddhas. »

Quilliam [William Q. Judge]
Path, July, 1890

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Conseils pour l'éveil intérieur (Citations)

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Extraits des Lettres qui m'ont aidé (W.Q. Judge)

Sommaire : La perfectibilité de l'homme - La cause de la sublime perfection - La Lumière du vrai Soi - La méditation - La confiance en soi - Le Sentier - Quelques règles - La dévotion - Le devoir - Les ornières du mental et les obstacles - Devenir un Centre bienfaisant - Au sujet de l'Âme - L'instructeur spirituel.

La perfectibilité de l'homme – La cause de la sublime perfection
« La Cause de la Sublime Perfection est le nom de la Théosophie. Par opposition à l'idée du péché inhérent, il peut provoquer un changement. Employez l'expression de temps à autre. C'est ce que je fais. Les trois points suivants : (a) La Perfectibilité de l'Humanité, (b) la Cause de la Sublime Perfection, (c) l'existence des Maîtres considérés comme des réalités vivantes et non de froides abstractions — devraient être largement diffusés dans le public. Ils pulvérisent le terrible effet nocif du péché originel, ils font naître l'espoir dans tout homme qui n'est pas stupide, ils illuminent le ciel du futur. Nous travaillons pour le futur. » (p. 217)
« La totalité de notre progrès se trouve dans notre nature intérieure. » (p. 164)

La Lumière du vrai Soi
« La lumière du vrai Soi est le seul Maître véritable pour chaque être humain, tous les autres Maîtres n'étant que des serviteurs de ce vrai Maître unique. » (p. 107)
« Celui qui a pour ami le Soi Supérieur possède tous les biens et ne manque de rien ; et le Soi Supérieur est votre ami si seulement vous voulez bien recevoir cette amitié. Prenez courage et patience. » (p. 211)

La méditation
« Vous avez appris, jusqu'à un certain point, le pouvoir de la concentration et la plus grande aide vous viendra maintenant de la concentration sur le Soi Supérieur, et de votre aspiration vers le Soi Supérieur. » (p. 165)
« Mais, voici le conseil que donnent de nombreux Adeptes : chaque jour et aussi souvent que vous le pouvez, et au moment de vous endormir comme en vous éveillant, pensez, pensez, pensez à la vérité que vous n'êtes pas le corps, le cerveau ou l'homme astral, mais que vous êtes CELA, et "CELA" est l'Âme Suprême. Par cette pratique, vous ferez mourir graduellement la fausse notion secrètement entretenue intérieurement que le faux est vérité et le vrai erreur. En persistant dans cette pratique, en soumettant chaque nuit vos pensées de la journée au jugement de votre Soi Supérieur, vous arriverez finalement à gagner la lumière. » (p. 166)
« Il est bon de se livrer à quelque pratique [de méditation] et de la poursuivre en se retirant dans un lieu fixe, ou une retraite mentale qui échappe à la vue, ou bien la nuit. Le fait qu'on peut accomplir ce qui est appelé Dharana, Dhyana et Samâdhi doit être connu. (Voyez le système de Yoga de Patanjali) :
Dharana, c'est le choix d'une chose, d'une zone délimitée ou d'une idée, pour y fixer le mental,
Dhyana en est la contemplation, et
Samâdhi est la méditation qui fait suite sur le même thème.
« Quand on s'y exerce, ces trois étapes ne sont qu'un même acte, bien entendu. Ainsi, prenez par exemple ce qu'on nomme le creux de la gorge.

1. Sélectionnez-le. Dharana.
2. Fixer le mental sur lui. Dhyana.
3. Méditez sur lui. Samâdhi.

« Cela donne de la fermeté au mental. » (p. 43)

La confiance en soi
« Ne précipitons rien. L'éternité est ici même, tout le temps. [...] un seul mot suffira : Ayez confiance ! C'était ce que disait H.P.B. N'avait-elle pas la connaissance ? [...] Encore une fois, dans l'orage ou le soleil, dans la chaleur ou le froid, proche ou éloigné, au milieu d'amis ou d'ennemis, toujours le même dans l'Œuvre Unique. » (p. 127)
« Relevez-vous donc de cet abattement et saisissez l'épée de la connaissance. Avec elle, et avec l'Amour, l'Univers peut être conquis. » (p. 52)

Le Sentier
« Elle me montra le chemin qui doit nous conduire, si on le suit, à la lumière, à la paix et au pouvoir de la vérité [...] Ce n'est pas le fait d'appartenir à la Société Théosophique, ou à tout autre organisme mystique, qui nous rapproche des Maîtres, mais précisément un tel travail philanthropique, animé d'un pur motif. » (pp. 95/6)
« Le [Sentier] plus élevé est celui qui se déroule sans beaucoup de variations, mais peu d'êtres sont assez forts pour maintenir la même tension incessante. Seuls le temps et de nombreux âges de service peuvent leur donner cette force. » (p. 134)

Quelques règles
« Lorsqu'on vit ainsi pour aider ses semblables, on met en pratique la règle qui enjoint d'essayer de « tuer tout sentiment de séparativité », et de cette manière on arrive peu à peu à la possession de la vraie lumière. [...] Jamais, jamais, ne désirez obtenir la connaissance, ou le pouvoir, pour aucun autre but que de l'offrir sur l'autel, car c'est ainsi seulement qu'un tel acquis pourra vous être conservé » (p. 2)
« Le premier pas dans le devenir est le Renoncement. Le Renoncement est la voie royale, vraie et sûre. » (p. 27)
« Il vaut mieux poursuivre son devoir, et s'abstenir d'essayer de répertorier et mesurer ses progrès. La totalité de notre progrès se trouve dans notre nature intérieure, et non dans notre nature physique à laquelle appartient notre cerveau, et d'où provient la présente question. Le progrès physique apparent est évanescent. Il prend fin quand meurt le corps ; à ce moment, si nous n'avons pas laissé l'homme intérieur nous guider, le bilan naturel qui sera porté à notre compte sera pour nous nul — un "échec". » (p. 164)
« Commençons à mériter avant de désirer » (p. 250)

La dévotion
« La dévotion et l'aspiration aideront — et aident certainement — l'étudiant à se placer dans l'attitude mentale appropriée et à s'élever à un plan supérieur ; également, l'une et l'autre lui assurent une aide qui pour lui est invisible, car dévotion et aspiration mettent l'étudiant dans une condition où une aide peut lui être apportée, quoi qu'il puisse encore en être inconscient. Mais la communication consciente avec son Maître ne peut être réalisée qu'après une longue période d'entraînement et d'étude. Ce qu'un étudiant doit faire, et qui est à sa portée, consiste à se préparer à recevoir cet entraînement. » (p. 159)
« Il faut ensuite faire reposer toutes ses actions sur la dévotion. C'est-à-dire sacrifier toutes ses actions au Suprême, et non à soi-même. » (p. 41)
« Cherche donc cette dévotion mentale qui pousse à donner. Car, dans la Loi, il est écrit que nous devons tout donner sous peine de tout perdre ; de même que tu as besoin d'aide mentale, ainsi en est-il des autres qui errent dans les ténèbres en quête de la lumière. » (p. 132)

Le devoir
« Ce qu'il faudrait faire c'est essayer de réaliser que l'« Âme-Maîtresse est une », avec tout ce que cela implique ; savoir ce que signifie l'enseignement antique : « Tu es Cela ». Si nous y parvenons, nous pourrons impunément identifier notre conscience avec celle de n'importe quoi dans la nature ; mais pas avant. Mais pour y arriver c'est toute une vie de travail et, auparavant, il nous faut épuiser tout karma, c'est-à-dire remplir tout notre devoir ; nous devons vivre pour autrui et alors nous découvrirons tout ce que nous devrions savoir, et non pas ce que nous aimerions savoir. » (pp. 158/9)

Les ornières du mental et les obstacles
« Les Maîtres ont dit que le grand pas à franchir consiste à apprendre à se dégager de l'ornière où chacun se trouve, de façon innée et par l'effet de l'éducation, et à combler les anciens sillons. Cette injonction a été mal interprétée par certains qui l'ont appliquée aux seules habitudes extérieures de la vie, en oubliant que son application réelle concerne les ornières mentales, et aussi astrales. Chaque mental a son ornière, et n'accepte pas volontiers d'emprunter l'ornière naturelle d'un autre mental. » (p. 100)
« Je vous rappelle le pouvoir ensorceleur de l'illusion. Ce Sentier se déroule sous un ciel et un climat où chaque mauvaise herbe pousse d'une coudée dans l'espace de la nuit. Il n'a pas de discrimination. C'est ainsi que, même après des semaines ou des mois de dévotion, ou des années de travail, nous avons la surprise de voir que de petites pousses de vanité, ou de toute autre chose, que l'on arracherait facilement dans d'autres années de vie inattentive, semblent maintenant se mettre à croître comme aidées par quelque diabolique intelligence. Ce grand pouvoir d'auto-illusion est assez puissant pour créer, entre nous et nos Maîtres, un torrent assourdissant ou une montagne de glace. » (p. 83)
« Tous nos obstacles, nous les avons créés nous-mêmes. Tout notre pouvoir est l'accumulation du passé. » (p. 26)

Devenir un Centre bienfaisant
L'humanité « dans son ensemble, se trouve dans une période de transition et beaucoup de ses unités sont retenues en arrière par la condition propre à l'ensemble. [...] Le seul moyen de changer cette situation est d'agir actuellement de telle sorte que chacun devienne un centre bienfaisant, une force qui contribue à favoriser la « droiture », et qui soit guidée par la sagesse. En raison de la grande puissance des mauvaises qualités collectives, chacun de nous a un combat plus grand à livrer dès qu'il s'efforce d'élever sa nature intérieure au-delà du niveau de la grande masse du monde. » (p. 102)

Au sujet de l'Âme
« Le travail auquel se consacrent tous les disciples consiste à rendre le corps, d'une part, plus poreux, plus fluide, plus réactif à toutes les influences spirituelles qui naissent dans le centre intérieur — l'âme qui est une partie indivisible de la grande Âme de tous — et, d'autre part, moins réceptif aux influences matérielles extérieures engendrées par le monde qui ne pense pas, et par les qualités de la nature. » (p. 47/8)
« Toutes les choses vraies doivent être totales... [et] seules celles qui sont totales révèlent la vérité complète et celles qui tiennent de la nature inférieure — ou qui sont partielles — n'expriment qu'un aspect limité de la vérité. [...] L'âme individuelle de l'homme est totale, et c'est selon le pouvoir et la pureté de la forme qu'elle habite que cette âme « sert les Dieux ». (p. 113)

La pureté du motif - Le Cœur et l'Amour
« La vraie démarche, naturellement, c'est d'aller vers l'Amour — l'Amour du Divin et de tous les êtres. » (p. 26)
« La position juste à prendre est de souhaiter être. Car alors nous savons. Le désir de savoir est presque exclusivement intellectuel, et le désir d'être procède du cœur. » (p. 196)
« Agissez avec un motif élevé ; nourrissez des sentiments aimants envers tous ; chaque jour faites une petite action de bonté ou une autre, et tâchez de vous représenter qu'au bout de tout cela il y aura bonheur et paix pour l'humanité entière. Alors un avant-goût de cette paix entrera dans votre propre cœur. Il existe un côté lumineux à la vie et ce qui en fait la lumière c'est l'amour que chacun de nous est capable d'avoir pour l'humanité. » (p. 215)
« Ne rejetez personne de votre cœur. » (p. 126)
« Le cœur seul est le créateur de tous les liens réels. » (p. 71)

L'instructeur spirituel
« La vie est le grand instructeur ; elle est la grande manifestation de l'Âme, et l'Âme manifeste le Suprême. » (p. 46)
« Fixez à nouveau vos pensées sur ces Frères Aînés, travaillez pour Eux, servez-Les et Ils vous aideront par les bons moyens appropriés et par nul autre. Il est difficile de méditer sur le Soi Supérieur. Aussi, cherchez le pont : les Maîtres : "Cherche la vérité par une puissante recherche", par une attitude de service et de questionnement, et "Ceux qui connaissent la Vérité te la communiqueront." [Cf. Bhagavad-Gîtâ, IV, 34.] Abandonnez le doute et dressez-vous là où vous êtes, avec patience et fermeté. "Laisse combattre le guerrier, l'aimable mais aussi féroce Krishna, qui lorsqu'il te reconnaîtra comme son disciple et ami te révèlera la Vérité et dispersera les ténèbres avec la lampe brillante de la connaissance spirituelle". » (p. 160)
« L'image du Maître est la meilleure protection contre les influences inférieures ; pensez au Maître comme un homme vivant en vous-mêmes. » (p. 197)
« La spiritualité est donc une condition de l'Être qui ne peut être exprimée par le langage. Appelez-la un taux de vibration, bien au-delà de notre compréhension. Son langage est le langage du mouvement, à son premier stade, et sa perfection transcende les mots et même la pensée. » (p. 49)

 


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Le besoin le plus urgent de notre société

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Le premier objet de notre Société est la création d'un noyau de Fraternité Universelle. C'est là un objet pratique et, en même temps, un fait de la nature. Longtemps, la plupart des hommes l'ont considéré comme un idéal utopique qu'on peut envisager, discuter, désirer, mais qu'on ne peut atteindre. Et il n'est pas étonnant qu'on l'ait regardé comme tel, étant donné la conception religieuse ordinaire de Dieu, de la nature et de l'homme, qui se basait sur un fondement égoïste, offrait une distinction personnelle au ciel, aux saints qui mourraient en odeur de sainteté, rendant ainsi impossible la réalisation de ce beau rêve. Mais dès que la philosophie théosophique nous montre l'unité entre les êtres, non seulement dans leur nature supérieure, mais aussi sur le plan physique, notre premier objet devient des plus pratiques. Car si tous les hommes sont frères en fait, c'est-à-dire unis les uns aux autres par un lien que nul ne peut briser, alors la création d'un noyau de fraternité future est une chose ayant trait à toutes les affaires humaines, affectant les civilisations, et conduisant à une amélioration physique aussi bien que morale de chaque membre de la grande famille.
Le premier but vise à la philanthropie. Chaque Théosophe ne devrait donc pas se contenter de poursuivre ses actes publics ou privés de charité, mais il devrait aussi s'efforcer de comprendre la philosophie théosophique afin de pouvoir l'exposer d'une façon pratique et aisément compréhensible, et cela dans le but de devenir un philanthrope plus large qui pourvoit aux besoins de l'homme intérieur. Celui-ci est un être pensant qui se nourrit d'une philosophie exacte ou fausse. Si on lui donne ce qui est inexact, il se fausse et dérange, entraînant son instrument, l'homme extérieur, dans le trouble et la peine.
Et comme les théories théosophiques ont toujours été, et sont encore très étranges, fascinantes et bien particulières si on les compare aux doctrines concernant les hommes et les choses, beaucoup de membres se sont adonnés à des spéculations métaphysiques et à des recherches profondes dans l'occulte et le merveilleux, oubliant que la philanthropie la plus haute réclame la diffusion parmi les hommes d'une base vraie de morale, de pensée et d'action. Nous rencontrons souvent des Théosophes discutant entre eux de doctrines compliquées qui n'ont aucune application immédiate dans la vie pratique, tandis que d'autres membres ou personnes qui viennent se renseigner poussent un soupir de soulagement quand quelqu'un dirige les questions dans le sens d'une application de toutes les doctrines à la vie quotidienne. Nous requérons une éducation théosophique qui nous donnera la capacité d'exposer la Théosophie sous une forme accessible à tout le monde.
Cette façon claire et pratique de l'exposer est une chose tout à fait réalisable, et il n'y a aucun doute qu'elle soit de la plus haute importance. Elle vise et affecte la morale, la vie de chaque jour, les pensées, et par suite tous les actes. L'Eglise la plus savante, la plus astucieuse et la plus florissante, l'Eglise Catholique Romaine, procède de cette façon. Nous abstiendrons-nous de suivre une bonne manière d'agir sous prétexte que des bigots font de même ? Les prêtres de Rome n'expliquent pas, ni n'essayent d'expliquer ou d'exposer, la base hautement métaphysiques et obscure, bien qu'importante, de leurs diverses doctrines. Ils touchent la vie quotidienne des gens en leur donnant une connaissance détaillée de leur système, en mettant leur doctrine profonde à la portée du langage de chacun et en dissimulant momentanément l'érudition de leurs prédicateurs. Eux font appel à la peur ; nous faisons appel à la raison et à l'expérience. Nous avons ainsi un avantage naturel qu'il ne faudrait pas oublier.
Une profonde érudition et une connaissance de la métaphysique sont certes des choses appréciables mais la masse des gens ne sont ni savants ni métaphysiciens. Si nos doctrines sont d'une telle application pratique que les sages consacrent leurs efforts à aider à les répandre, il s'ensuit que ces mêmes sages – nos Maîtres – souhaitent voir ces doctrines présentées à autant de personnes que possible. Nos savants et métaphysiciens théosophes peuvent y arriver en faisant un petit effort. En réalité, c'est un peu difficile parce que légèrement désagréable pour un membre, qui est de par nature un métaphysicien, de descendre jusqu'au niveau ordinaire du mental humain en général ; mais c'est réalisable. Et lorsqu'on y parvient, il y a une grande récompense à voir le soulagement et la satisfaction évidente de l'interlocuteur.
Notre devoir essentiel est donc d'être pratique autant que possible dans nos exposés des doctrines. L'étude intellectuelle seule de notre Théosophie n'améliorera pas rapidement le monde. Naturellement elle produira certains effets, par suite des idées immortelles qu'elle réveille, mais tandis que nous attendrons que ces idées portent leurs fruits parmi les hommes, une révolution pourra éclater et nous emporter. Nous devrions faire ce que Bouddha enseignait à ses disciples : prêcher, pratiquer, promulguer et illustrer nos doctrines. Il touchait, par la parole, le plus humble des hommes, bien qu'il ait eu une doctrine plus profonde pour les esprits plus grands et plus érudits. Tâchons donc d'acquérir l'art d'exposer pratiquement la morale basée sur nos théories, et étayée sur le fait de la Fraternité Universelle.

W.Q. Judge

[Cet article fut publié pour la première fois par W.Q. Judge dans la revue américaine The Path de Septembre 1892.]