Samedi 24 Juin 2017

Mis à jour le Sam. 24 Jui. 2017 à 16:25

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Articles de W.Q. Judge

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William Q. Judge (1851-1896) est l'un des trois principaux fondateurs de la Theosophical Society. Il assista Mme Blavatsky dans la rédaction d'Isis Dévoilée, et de La Doctrine Secrète. Il se révéla un collaborateur et disciple dévoué et indéfectible de Blavatsky. Organisateur et créateur inlassable, il fut l'instrument efficace pour répandre la Théosophie aux États-Unis ainsi que dans ld'autres pays anglophones.

Il rédigea de nombreux articles,et fonda les revues The Path et The Theosophical Forum. Les ouvrages les plus connus de lui sont les Échos de l'Orient, l'Océan de Théosophie (en 1893), deux grands classiques théosophiques. Un ensemble de ses lettres furent regroupées par sous le titre Les Lettres qui m'ont aidé.

On lui doit une édition de la Bhagavad-Gîtâ (1890) et une série d'articles parus dans The Path, publiés plus tard sous le titre de Notes sur la Bhagavad-Gîtâ. Il rédige en outre une traduction commentée des Aphorismes du Yoga de Patañjali (1889).

Son engagement théosophique fut sans faille et sa fidélité au programme initial, établi par Mme Blavatsky et ses Maîtres, fut déterminante à certaines périodes particulièrement critiques de l'histoire du mouvement.

Un grand nombre d'articles de Judge sont accéssibles en ligne.

La Théosophie pratique

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L’éthique de vie proposée par Jésus n’est pas différente de celle que l’on trouve en théosophie, mais cette dernière contient dans ses doctrines un pouvoir inflexible qui est absent du christianisme et de ces systèmes qui exigent d’un homme d’être bon comme but vertueux unique. Il n’est pas facile de pratiquer la vertu pour la simple raison que nous devrions le faire, car le désir de récompense est inhérent à la nature humaine et c’est une conséquence de la loi d’évolution qui tire l’univers toujours plus haut, vers des degrés de développement supérieurs. Un homme lit le commandement de Jésus de tendre l’autre joue à celui qui le frappe, de ne pas résister au mal, de tout pardonner, et ne pas penser au lendemain, et puis, marque une pause. Sa pensée suivante sera qu’un tel canon est entièrement utopique, et s’il était complètement suivi il bouleverserait la société. En cela, il est soutenu tant par d’éminentes autorités que par l’exemple, car un grand Évêque a déclaré qu’aucun état ne peut perdurer sous un tel système.
La doctrine Théosophique, cependant, que ce soit dans le cadre d’une vie égoïste ou spirituelle, nous convainc qu’il faut obéir à la loi morale. Si nous ne considérons que le cas d’une vie égoïste, nous trouvons que lorsque les gens sont convaincus que le mal fait dans cette vie engendrera sûrement une punition dans une autre incarnation, ils hésitent à continuer la vieille habitude insouciante de ne vivre que pour eux-mêmes.
Ainsi la théosophie pratique doit pénétrer dans chaque détail de la vie, dans nos rapports avec les autres et notre propre discipline. Elle nous rappelle que nous devrions être plus critiques avec nous-mêmes qu’avec les autres, et que nous devons aider tous les hommes si nous avons nous-mêmes besoin d’être aidés. Et, en cela, un théosophe peut échapper à l’accusation d’égoïsme s’il désire engranger pour une future incarnation une réserve d’aide des autres, en leur portant lui-même assistance maintenant, afin d’être en bien meilleure position pour aider l’humanité – il n’est pas de l’égoïste. C’est aussi le cas d’un homme qui désire acquérir des biens de ce monde afin d’aider ceux qui dépendent de lui ‒ et ce n’est certainement pas de l’égoïsme.
Le théosophe pratique ajoute à ses actions de charité, sur le plan matériel, une charité bien supérieure en donnant à ses semblables un système de pensée et de vie capable d’expliquer leurs doutes tout en leur fournissant une raison logique de pratiquer la vertu. Il met fin à un enfer inextinguible, dont les terreurs engendrées vont s’estomper rapidement du mental des pêcheurs ; mais il allume la lampe de la vérité et projette ses rayons sur le sentier mortel afin que non seulement le danger réel, la punition réelle, puisse être perçus, mais aussi la récompense et la compensation.
L’homme civilisé ne peut être guidé par la crainte ou la superstition, mais c’est la raison qui doit le mener. La Théosophie étant non seulement praticable, mais aussi raisonnable et juste, ses doctrines sont destinées à devenir celles de l’homme civilisé. Elles chasseront progressivement les doctrines usées du théologien et du scientifique, et donneront aux gens des siècles à venir une religion-sagesse au fondement profond et qui embrasse tout.
Si la pratique théosophique était universelle nous ne verrions plus le juge inique comploter à l’avance avec les représentants d’une compagnie de chemin de fer sur le jugement qu’il devrait rendre, ni l’officier public vénal occupé avec le juge et des officiels à rédiger, pour le tribunal, une protestation vertueuse contre un arrêt pré ordonné, car tous deux craindraient semer une cause qui, dans leur vie suivante, pourrait aboutir à une accusation et une punition injustes. Les hommes ne chercheraient pas non plus à sauver leur vie, comme ils le font souvent maintenant, aux dépens d’un autre, car, dans des incarnations suivantes, cette personne pourrait être le moyen de les priver doublement de vie. L’homme riche qui maintenant amasse sa richesse ou la dépense pour lui seul deviendrait ainsi moins coupable, puisque, comme compensation dans une autre vie, ses amis l’abandonneront et la nature pourrait le priver de moyens de subsistance.
Le théosophe pratique fera bien de suivre les conseils des Maîtres, disponibles par écrit depuis plusieurs années, de répandre, expliquer, et illustrer les lois de Karma et de Réincarnation afin qu’elles puissent pénétrer dans la vie des gens. Ce qui concerne l’occultisme pratique et tous les attraits de la lumière astrale peuvent être laissé à plus tard. Il faut toucher la pensée des hommes, et ceci ne peut être fait maintenant qu’en leur enseignant ces deux grandes lois. Elles expliquent non seulement beaucoup de choses, mais elles ont aussi un pouvoir inhérent dû à leur vérité et leur lien intime avec l’homme, qui force l’attention.
Une fois entendues elles sont rarement oubliées, et même si on se rebelle contre elles, elles ont le mystérieux pouvoir de s’attacher au mental de l’homme, jusqu’à ce qu’à la fin, même à l’encontre de sa première détermination, il soit forcé de les accepter. Le sentiment de justice est commun à tous, et l’exacte justice de karma interpelle même l’infortuné frappé d’un lourd châtiment ; même si ignorant la justice, il agit bien pour créer un bon karma, c’est bien, car il renaîtra dans des conditions qui pourront favoriser l’émergence d’un motif altruiste.
« Enseignez, prêchez, et pratiquez cette bonne loi pour le bénéfice du monde, comme le font tous les Bouddhas. »

Quilliam [William Q. Judge]
Path, July, 1890

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Conseils pour l'éveil intérieur (Citations)

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Extraits des Lettres qui m'ont aidé (W.Q. Judge)

Sommaire : La perfectibilité de l'homme - La cause de la sublime perfection - La Lumière du vrai Soi - La méditation - La confiance en soi - Le Sentier - Quelques règles - La dévotion - Le devoir - Les ornières du mental et les obstacles - Devenir un Centre bienfaisant - Au sujet de l'Âme - L'instructeur spirituel.

La perfectibilité de l'homme – La cause de la sublime perfection
« La Cause de la Sublime Perfection est le nom de la Théosophie. Par opposition à l'idée du péché inhérent, il peut provoquer un changement. Employez l'expression de temps à autre. C'est ce que je fais. Les trois points suivants : (a) La Perfectibilité de l'Humanité, (b) la Cause de la Sublime Perfection, (c) l'existence des Maîtres considérés comme des réalités vivantes et non de froides abstractions — devraient être largement diffusés dans le public. Ils pulvérisent le terrible effet nocif du péché originel, ils font naître l'espoir dans tout homme qui n'est pas stupide, ils illuminent le ciel du futur. Nous travaillons pour le futur. » (p. 217)
« La totalité de notre progrès se trouve dans notre nature intérieure. » (p. 164)

La Lumière du vrai Soi
« La lumière du vrai Soi est le seul Maître véritable pour chaque être humain, tous les autres Maîtres n'étant que des serviteurs de ce vrai Maître unique. » (p. 107)
« Celui qui a pour ami le Soi Supérieur possède tous les biens et ne manque de rien ; et le Soi Supérieur est votre ami si seulement vous voulez bien recevoir cette amitié. Prenez courage et patience. » (p. 211)

La méditation
« Vous avez appris, jusqu'à un certain point, le pouvoir de la concentration et la plus grande aide vous viendra maintenant de la concentration sur le Soi Supérieur, et de votre aspiration vers le Soi Supérieur. » (p. 165)
« Mais, voici le conseil que donnent de nombreux Adeptes : chaque jour et aussi souvent que vous le pouvez, et au moment de vous endormir comme en vous éveillant, pensez, pensez, pensez à la vérité que vous n'êtes pas le corps, le cerveau ou l'homme astral, mais que vous êtes CELA, et "CELA" est l'Âme Suprême. Par cette pratique, vous ferez mourir graduellement la fausse notion secrètement entretenue intérieurement que le faux est vérité et le vrai erreur. En persistant dans cette pratique, en soumettant chaque nuit vos pensées de la journée au jugement de votre Soi Supérieur, vous arriverez finalement à gagner la lumière. » (p. 166)
« Il est bon de se livrer à quelque pratique [de méditation] et de la poursuivre en se retirant dans un lieu fixe, ou une retraite mentale qui échappe à la vue, ou bien la nuit. Le fait qu'on peut accomplir ce qui est appelé Dharana, Dhyana et Samâdhi doit être connu. (Voyez le système de Yoga de Patanjali) :
Dharana, c'est le choix d'une chose, d'une zone délimitée ou d'une idée, pour y fixer le mental,
Dhyana en est la contemplation, et
Samâdhi est la méditation qui fait suite sur le même thème.
« Quand on s'y exerce, ces trois étapes ne sont qu'un même acte, bien entendu. Ainsi, prenez par exemple ce qu'on nomme le creux de la gorge.

1. Sélectionnez-le. Dharana.
2. Fixer le mental sur lui. Dhyana.
3. Méditez sur lui. Samâdhi.

« Cela donne de la fermeté au mental. » (p. 43)

La confiance en soi
« Ne précipitons rien. L'éternité est ici même, tout le temps. [...] un seul mot suffira : Ayez confiance ! C'était ce que disait H.P.B. N'avait-elle pas la connaissance ? [...] Encore une fois, dans l'orage ou le soleil, dans la chaleur ou le froid, proche ou éloigné, au milieu d'amis ou d'ennemis, toujours le même dans l'Œuvre Unique. » (p. 127)
« Relevez-vous donc de cet abattement et saisissez l'épée de la connaissance. Avec elle, et avec l'Amour, l'Univers peut être conquis. » (p. 52)

Le Sentier
« Elle me montra le chemin qui doit nous conduire, si on le suit, à la lumière, à la paix et au pouvoir de la vérité [...] Ce n'est pas le fait d'appartenir à la Société Théosophique, ou à tout autre organisme mystique, qui nous rapproche des Maîtres, mais précisément un tel travail philanthropique, animé d'un pur motif. » (pp. 95/6)
« Le [Sentier] plus élevé est celui qui se déroule sans beaucoup de variations, mais peu d'êtres sont assez forts pour maintenir la même tension incessante. Seuls le temps et de nombreux âges de service peuvent leur donner cette force. » (p. 134)

Quelques règles
« Lorsqu'on vit ainsi pour aider ses semblables, on met en pratique la règle qui enjoint d'essayer de « tuer tout sentiment de séparativité », et de cette manière on arrive peu à peu à la possession de la vraie lumière. [...] Jamais, jamais, ne désirez obtenir la connaissance, ou le pouvoir, pour aucun autre but que de l'offrir sur l'autel, car c'est ainsi seulement qu'un tel acquis pourra vous être conservé » (p. 2)
« Le premier pas dans le devenir est le Renoncement. Le Renoncement est la voie royale, vraie et sûre. » (p. 27)
« Il vaut mieux poursuivre son devoir, et s'abstenir d'essayer de répertorier et mesurer ses progrès. La totalité de notre progrès se trouve dans notre nature intérieure, et non dans notre nature physique à laquelle appartient notre cerveau, et d'où provient la présente question. Le progrès physique apparent est évanescent. Il prend fin quand meurt le corps ; à ce moment, si nous n'avons pas laissé l'homme intérieur nous guider, le bilan naturel qui sera porté à notre compte sera pour nous nul — un "échec". » (p. 164)
« Commençons à mériter avant de désirer » (p. 250)

La dévotion
« La dévotion et l'aspiration aideront — et aident certainement — l'étudiant à se placer dans l'attitude mentale appropriée et à s'élever à un plan supérieur ; également, l'une et l'autre lui assurent une aide qui pour lui est invisible, car dévotion et aspiration mettent l'étudiant dans une condition où une aide peut lui être apportée, quoi qu'il puisse encore en être inconscient. Mais la communication consciente avec son Maître ne peut être réalisée qu'après une longue période d'entraînement et d'étude. Ce qu'un étudiant doit faire, et qui est à sa portée, consiste à se préparer à recevoir cet entraînement. » (p. 159)
« Il faut ensuite faire reposer toutes ses actions sur la dévotion. C'est-à-dire sacrifier toutes ses actions au Suprême, et non à soi-même. » (p. 41)
« Cherche donc cette dévotion mentale qui pousse à donner. Car, dans la Loi, il est écrit que nous devons tout donner sous peine de tout perdre ; de même que tu as besoin d'aide mentale, ainsi en est-il des autres qui errent dans les ténèbres en quête de la lumière. » (p. 132)

Le devoir
« Ce qu'il faudrait faire c'est essayer de réaliser que l'« Âme-Maîtresse est une », avec tout ce que cela implique ; savoir ce que signifie l'enseignement antique : « Tu es Cela ». Si nous y parvenons, nous pourrons impunément identifier notre conscience avec celle de n'importe quoi dans la nature ; mais pas avant. Mais pour y arriver c'est toute une vie de travail et, auparavant, il nous faut épuiser tout karma, c'est-à-dire remplir tout notre devoir ; nous devons vivre pour autrui et alors nous découvrirons tout ce que nous devrions savoir, et non pas ce que nous aimerions savoir. » (pp. 158/9)

Les ornières du mental et les obstacles
« Les Maîtres ont dit que le grand pas à franchir consiste à apprendre à se dégager de l'ornière où chacun se trouve, de façon innée et par l'effet de l'éducation, et à combler les anciens sillons. Cette injonction a été mal interprétée par certains qui l'ont appliquée aux seules habitudes extérieures de la vie, en oubliant que son application réelle concerne les ornières mentales, et aussi astrales. Chaque mental a son ornière, et n'accepte pas volontiers d'emprunter l'ornière naturelle d'un autre mental. » (p. 100)
« Je vous rappelle le pouvoir ensorceleur de l'illusion. Ce Sentier se déroule sous un ciel et un climat où chaque mauvaise herbe pousse d'une coudée dans l'espace de la nuit. Il n'a pas de discrimination. C'est ainsi que, même après des semaines ou des mois de dévotion, ou des années de travail, nous avons la surprise de voir que de petites pousses de vanité, ou de toute autre chose, que l'on arracherait facilement dans d'autres années de vie inattentive, semblent maintenant se mettre à croître comme aidées par quelque diabolique intelligence. Ce grand pouvoir d'auto-illusion est assez puissant pour créer, entre nous et nos Maîtres, un torrent assourdissant ou une montagne de glace. » (p. 83)
« Tous nos obstacles, nous les avons créés nous-mêmes. Tout notre pouvoir est l'accumulation du passé. » (p. 26)

Devenir un Centre bienfaisant
L'humanité « dans son ensemble, se trouve dans une période de transition et beaucoup de ses unités sont retenues en arrière par la condition propre à l'ensemble. [...] Le seul moyen de changer cette situation est d'agir actuellement de telle sorte que chacun devienne un centre bienfaisant, une force qui contribue à favoriser la « droiture », et qui soit guidée par la sagesse. En raison de la grande puissance des mauvaises qualités collectives, chacun de nous a un combat plus grand à livrer dès qu'il s'efforce d'élever sa nature intérieure au-delà du niveau de la grande masse du monde. » (p. 102)

Au sujet de l'Âme
« Le travail auquel se consacrent tous les disciples consiste à rendre le corps, d'une part, plus poreux, plus fluide, plus réactif à toutes les influences spirituelles qui naissent dans le centre intérieur — l'âme qui est une partie indivisible de la grande Âme de tous — et, d'autre part, moins réceptif aux influences matérielles extérieures engendrées par le monde qui ne pense pas, et par les qualités de la nature. » (p. 47/8)
« Toutes les choses vraies doivent être totales... [et] seules celles qui sont totales révèlent la vérité complète et celles qui tiennent de la nature inférieure — ou qui sont partielles — n'expriment qu'un aspect limité de la vérité. [...] L'âme individuelle de l'homme est totale, et c'est selon le pouvoir et la pureté de la forme qu'elle habite que cette âme « sert les Dieux ». (p. 113)

La pureté du motif - Le Cœur et l'Amour
« La vraie démarche, naturellement, c'est d'aller vers l'Amour — l'Amour du Divin et de tous les êtres. » (p. 26)
« La position juste à prendre est de souhaiter être. Car alors nous savons. Le désir de savoir est presque exclusivement intellectuel, et le désir d'être procède du cœur. » (p. 196)
« Agissez avec un motif élevé ; nourrissez des sentiments aimants envers tous ; chaque jour faites une petite action de bonté ou une autre, et tâchez de vous représenter qu'au bout de tout cela il y aura bonheur et paix pour l'humanité entière. Alors un avant-goût de cette paix entrera dans votre propre cœur. Il existe un côté lumineux à la vie et ce qui en fait la lumière c'est l'amour que chacun de nous est capable d'avoir pour l'humanité. » (p. 215)
« Ne rejetez personne de votre cœur. » (p. 126)
« Le cœur seul est le créateur de tous les liens réels. » (p. 71)

L'instructeur spirituel
« La vie est le grand instructeur ; elle est la grande manifestation de l'Âme, et l'Âme manifeste le Suprême. » (p. 46)
« Fixez à nouveau vos pensées sur ces Frères Aînés, travaillez pour Eux, servez-Les et Ils vous aideront par les bons moyens appropriés et par nul autre. Il est difficile de méditer sur le Soi Supérieur. Aussi, cherchez le pont : les Maîtres : "Cherche la vérité par une puissante recherche", par une attitude de service et de questionnement, et "Ceux qui connaissent la Vérité te la communiqueront." [Cf. Bhagavad-Gîtâ, IV, 34.] Abandonnez le doute et dressez-vous là où vous êtes, avec patience et fermeté. "Laisse combattre le guerrier, l'aimable mais aussi féroce Krishna, qui lorsqu'il te reconnaîtra comme son disciple et ami te révèlera la Vérité et dispersera les ténèbres avec la lampe brillante de la connaissance spirituelle". » (p. 160)
« L'image du Maître est la meilleure protection contre les influences inférieures ; pensez au Maître comme un homme vivant en vous-mêmes. » (p. 197)
« La spiritualité est donc une condition de l'Être qui ne peut être exprimée par le langage. Appelez-la un taux de vibration, bien au-delà de notre compréhension. Son langage est le langage du mouvement, à son premier stade, et sa perfection transcende les mots et même la pensée. » (p. 49)

 


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Le besoin le plus urgent de notre société

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Le premier objet de notre Société est la création d'un noyau de Fraternité Universelle. C'est là un objet pratique et, en même temps, un fait de la nature. Longtemps, la plupart des hommes l'ont considéré comme un idéal utopique qu'on peut envisager, discuter, désirer, mais qu'on ne peut atteindre. Et il n'est pas étonnant qu'on l'ait regardé comme tel, étant donné la conception religieuse ordinaire de Dieu, de la nature et de l'homme, qui se basait sur un fondement égoïste, offrait une distinction personnelle au ciel, aux saints qui mourraient en odeur de sainteté, rendant ainsi impossible la réalisation de ce beau rêve. Mais dès que la philosophie théosophique nous montre l'unité entre les êtres, non seulement dans leur nature supérieure, mais aussi sur le plan physique, notre premier objet devient des plus pratiques. Car si tous les hommes sont frères en fait, c'est-à-dire unis les uns aux autres par un lien que nul ne peut briser, alors la création d'un noyau de fraternité future est une chose ayant trait à toutes les affaires humaines, affectant les civilisations, et conduisant à une amélioration physique aussi bien que morale de chaque membre de la grande famille.
Le premier but vise à la philanthropie. Chaque Théosophe ne devrait donc pas se contenter de poursuivre ses actes publics ou privés de charité, mais il devrait aussi s'efforcer de comprendre la philosophie théosophique afin de pouvoir l'exposer d'une façon pratique et aisément compréhensible, et cela dans le but de devenir un philanthrope plus large qui pourvoit aux besoins de l'homme intérieur. Celui-ci est un être pensant qui se nourrit d'une philosophie exacte ou fausse. Si on lui donne ce qui est inexact, il se fausse et dérange, entraînant son instrument, l'homme extérieur, dans le trouble et la peine.
Et comme les théories théosophiques ont toujours été, et sont encore très étranges, fascinantes et bien particulières si on les compare aux doctrines concernant les hommes et les choses, beaucoup de membres se sont adonnés à des spéculations métaphysiques et à des recherches profondes dans l'occulte et le merveilleux, oubliant que la philanthropie la plus haute réclame la diffusion parmi les hommes d'une base vraie de morale, de pensée et d'action. Nous rencontrons souvent des Théosophes discutant entre eux de doctrines compliquées qui n'ont aucune application immédiate dans la vie pratique, tandis que d'autres membres ou personnes qui viennent se renseigner poussent un soupir de soulagement quand quelqu'un dirige les questions dans le sens d'une application de toutes les doctrines à la vie quotidienne. Nous requérons une éducation théosophique qui nous donnera la capacité d'exposer la Théosophie sous une forme accessible à tout le monde.
Cette façon claire et pratique de l'exposer est une chose tout à fait réalisable, et il n'y a aucun doute qu'elle soit de la plus haute importance. Elle vise et affecte la morale, la vie de chaque jour, les pensées, et par suite tous les actes. L'Eglise la plus savante, la plus astucieuse et la plus florissante, l'Eglise Catholique Romaine, procède de cette façon. Nous abstiendrons-nous de suivre une bonne manière d'agir sous prétexte que des bigots font de même ? Les prêtres de Rome n'expliquent pas, ni n'essayent d'expliquer ou d'exposer, la base hautement métaphysiques et obscure, bien qu'importante, de leurs diverses doctrines. Ils touchent la vie quotidienne des gens en leur donnant une connaissance détaillée de leur système, en mettant leur doctrine profonde à la portée du langage de chacun et en dissimulant momentanément l'érudition de leurs prédicateurs. Eux font appel à la peur ; nous faisons appel à la raison et à l'expérience. Nous avons ainsi un avantage naturel qu'il ne faudrait pas oublier.
Une profonde érudition et une connaissance de la métaphysique sont certes des choses appréciables mais la masse des gens ne sont ni savants ni métaphysiciens. Si nos doctrines sont d'une telle application pratique que les sages consacrent leurs efforts à aider à les répandre, il s'ensuit que ces mêmes sages – nos Maîtres – souhaitent voir ces doctrines présentées à autant de personnes que possible. Nos savants et métaphysiciens théosophes peuvent y arriver en faisant un petit effort. En réalité, c'est un peu difficile parce que légèrement désagréable pour un membre, qui est de par nature un métaphysicien, de descendre jusqu'au niveau ordinaire du mental humain en général ; mais c'est réalisable. Et lorsqu'on y parvient, il y a une grande récompense à voir le soulagement et la satisfaction évidente de l'interlocuteur.
Notre devoir essentiel est donc d'être pratique autant que possible dans nos exposés des doctrines. L'étude intellectuelle seule de notre Théosophie n'améliorera pas rapidement le monde. Naturellement elle produira certains effets, par suite des idées immortelles qu'elle réveille, mais tandis que nous attendrons que ces idées portent leurs fruits parmi les hommes, une révolution pourra éclater et nous emporter. Nous devrions faire ce que Bouddha enseignait à ses disciples : prêcher, pratiquer, promulguer et illustrer nos doctrines. Il touchait, par la parole, le plus humble des hommes, bien qu'il ait eu une doctrine plus profonde pour les esprits plus grands et plus érudits. Tâchons donc d'acquérir l'art d'exposer pratiquement la morale basée sur nos théories, et étayée sur le fait de la Fraternité Universelle.

W.Q. Judge

[Cet article fut publié pour la première fois par W.Q. Judge dans la revue américaine The Path de Septembre 1892.]

Le sommeil et les rêves - Citations

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Citations tirées d'écrits de W.Q. Judge, de H.P. Blavatsky et de la revue américaine The Path.

L'activité nocturne intense de l'Ego Supérieur
L'activité mentale nocturne : « Les rêves sont parfois le résultat de l'action cérébrale qui se poursuit automatiquement ; ils sont aussi dus à l'homme intérieur véritable qui transmet à l'intérieur du cerveau les scènes et les idées, nobles ou vulgaires, que cet être réel a vues pendant le sommeil du corps. Elles s'infiltrent alors dans le cerveau comme si elles flottaient sur l'âme au moment où celle-ci reprend possession du corps. Ces rêves peuvent être utiles, mais généralement la reprise de l'activité corporelle en détruit le sens, en dénature l'image, et rend tout confus. Le fait majeur de tout rêve c'est qu'il y a quelqu'un qui y perçoit et y éprouve des impressions et c'est là un des arguments en faveur de l'existence de l'être intérieur. Pendant le sommeil, l'homme intérieur est en communion avec des intelligences supérieures, et il réussit parfois à imprimer dans le cerveau ce qu'il a acquis ‒ qu'il s'agisse d'une idée élevée ou d'une vision prophétique ‒ ou bien il n'y parvient pas, en raison de la résistance des fibres du cerveau. La signification d'un rêve est aussi déterminée par le karma de la personne, car un roi peut rêver de ce qui concerne son royaume, tandis que le même rêve, fait par un de ses sujets, n'aura aucune portée pratique. Ainsi que l'a dit Job : "Dans les songes et les visions nocturnes, l'homme reçoit l'instruction. " » ‒ Extrait de L'Océan de Théosophie (p. 152) – W.Q. Judge.

« Toutes les opérations mentales – excepté le raisonnement qui se trouve seul comme suspendu et paralysé, – fonctionnent pendant nos rêves avec une force et une activité aussi grandes que pendant nos veilles [...]. » – Article « Le Phare de l'inconnu » – H.P. Blavatsky (Cahier Théosophique n°25)

Conditions nécessaires à la manifestation de l'homme intérieur : « Entre l'éternelle lutte pour plus d'or, plus d'honneurs, plus de pouvoirs dans les classes supérieures, et la « lutte pour l'existence », pour le pain et la vie, dans les classes inférieures, « l'homme intérieur » n'a ni l'occasion, ni la condition, qui lui permet de se manifester en nous-mêmes. Ainsi, de la naissance à la mort l'EGO somnole, paralysé par l'homme extérieur, et il ne se manifeste qu'occasionnellement dans des rêves, des visions fortuites, ou d'étranges « coïncidences » ‒ spontanées et négligées. Le Psychique ou le SOI SUPÉRIEUR comme il est appelé dans l'Unité, doit être, d'abord, entièrement libre de l'influence soporifique du Soi Personnel, avant qu'il ne puisse manifester, de manière évidente, son existence et sa présence effective dans l'homme. Mais dès que cette condition est assurée, alors vraiment « celui qui se domine et subjugue ses passions, désirs et craintes, est supérieur à un roi », comme le dit Milton ; car il est devenu un adepte. Seule la coquille qui sépare l'homme intérieur du monde manifesté, objectif et subjectif, doit être dominée, et quand elle n'offre plus qu'une résistance passive, le soi supérieur est, alors, aussi libre qu'il le sera le jour où il se libérera définitivement de cette coquille. Mais il y a de rares individus qui, pour quelques mystérieuses raisons karmiques, sont nés avec cette capacité et dont les SOIS intérieurs sont si forts qu'ils peuvent vaincre la résistance de leurs corps personnels ou provisoires. » – Traduction d'un extrait de l'article "United" d'H.P. Blavatsky, paru dans la revue The Theosophist, de mai 1887.

Les trois sortes de sommeil : « Je vous ai parlé de trois sortes de sommeil : le sommeil sans rêves, le sommeil avec rêves chaotiques, et le sommeil où les rêves sont si réels qu'ils deviennent des réalités absolues pour le dormeur. Si vous croyez à ce dernier genre de sommeil, pourquoi ne croyez-vous pas au premier ? La vie qui attend un homme dans l'au-delà sera modelée sur ce qu'il croyait qu'elle serait, et sur ce qu'il s'attendait à y trouver. » — Extrait de La Clef de la Théosophie (p. 184) – H.P. Blavatsky.

Sur les rêves
L'état de conscience dans le rêve : « L'état de rêve est commun à tous les êtres. Certaines personnes disent ne jamais rêver, mais si on les interroge, on découvre qu'elles ont fait au moins un rêve ou deux dans leur vie et, ce qu'elles veulent dire, c'est que leurs rêves sont rares. Il est peu probable qu'il existe une personne qui n'a jamais eu de rêves. Mais on dit que les rêves sont sans importance ; qu'ils sont dus à la tension, à l'indigestion, à la maladie ou à d'autres causes variées. On les considère comme peu importants parce qu'on les envisage d'un point de vue utilitaire et qu'on pense qu'ils ne peuvent pas servir à grand-chose. Pourtant beaucoup d'hommes se servent de leurs rêves et l'histoire, tant séculaire que religieuse, ne manque pas d'exemples montrant les bienfaits, les avertissements et l'instruction qui peuvent être reçus dans les rêves. Le cas bien connu du rêve du Pharaon [Bible, La Genèse, ch. 41] au sujet des vaches grasses et des vaches maigres, qui permit à Joseph, l'interprète, de prévoir une famine et de la prévenir, représente une classe de rêves qui ne sont pas rares du tout. Mais le point de vue utilitaire n'en est qu'un parmi beaucoup d'autres [...].
« Le temps global y est évalué non d'après la division solaire, mais selon l'effet produit sur le rêveur. Et comme l'évaluation du temps s'y effectue d'une façon beaucoup plus rapide qu'il n'est possible pour le cerveau, il faut en conclure, que quelqu'un le fait [...].
« L'imagination n'est pas particulière au rêve ; elle est aussi présente dans la conscience de veille. Chez beaucoup de personnes elle est aussi habituelle et vive que chez le rêveur. Et nous savons que chez les enfants elle est très féconde. Sa présence dans le rêve indique simplement que le penseur, étant momentanément libéré du corps et des structures ou scissures habituelles du cerveau, donne libre cours à cette faculté ordinaire. Mais si nous allons au-delà, nous trouvons des rêves de nature prophétique. Ceci ne pourrait se produire s'il n'existait pas le Soi caché intérieur qui voit clairement l'avenir et le passé dans un éternel présent. – Article « Les preuves du Soi caché » - W.Q. Judge – (Cahier Théosophique N° 95).

Le plan du rêve : « N'avons-nous pas à l'état de rêve un ensemble de sens tout différent ? Nous sentons, parlons, entendons, voyons, goûtons et agissons en général sur un plan différent. Le changement qui s'opère dans notre état de conscience est prouvé par le fait qu'une série d'actions et d'événements s'étendant, nous semble-t-il, sur une période de plusieurs années, traverse en images notre mental en l'espace d'un instant. Eh bien ! Cette rapidité extrême de nos opérations mentales pendant nos rêves, alors que toutes nos autres fonctions sont dans un état parfaitement naturel, nous démontre que nous nous trouvons sur un plan tout à fait différent. Notre philosophie nous enseigne que, de même qu'il existe sept forces fondamentales dans la nature et sept plans de l'être, il y a aussi sept états de conscience dans lesquels l'homme peut vivre, penser, se souvenir et exister. Il est impossible de les énumérer ici et, pour les connaître, il faut se livrer à l'étude de la métaphysique orientale. Mais l'analyse de ces deux états — de veille et de rêve — donne une preuve suffisante pour le commun des mortels, depuis le savant philosophe jusqu'au pauvre sauvage ignorant, que de tels états diffèrent. » — Extrait de La Clef de la Théosophie (p. 105) – H.P. Blavatsky. 

Réponses du Soi Supérieur à nos questions
« Est-il possible d'obtenir, en rêve, une réponse du Soi Supérieur à des questions, exprimée avec un fort désir avant le sommeil, relative à une pensée ou une conduite juste ? – Cette question est de la plus haute importance pour tous ceux qui aspirent à la vérité. Ma réponse est, « Oui ». Bulwer Lytton, dans Une histoire singulière, dit que la première initiation d'un homme se produit dans les rêves. Dans Le Livre de Job, il est écrit (ch. IV, 12-3) [trad. Louis Segond] : « Une parole est arrivée furtivement jusqu'à moi, et mon oreille en a recueilli les sons légers. Au moment où les visions de la nuit agitent la pensée, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil ». Et, au chapitre XXXIII, v. 14-5 : « Dieu parle cependant, tantôt d'une manière tantôt d'une autre, et l'on y prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont endormis sur leur couche ». L'état dont il est parlé dans Job est le Sushupti [le sommeil sans rêves] des hindous. L'homme vit trois états ou conditions principales – la veille, le rêve, le sommeil sans rêve ou sommeil profond. Dans ce dernier état il est dit qu'il y a jouissance d'une communion avec l'Esprit, et que l'homme intérieur, quand il retourne ou quitte cette condition, passe par un rêve, bref ou long, qu'il quitte ensuite pour passer à l'état de veille. Les influences de Sushupti sont hautement spirituelles ; et elles sont communes à tous les hommes. Le plus grand vilain sur terre, aussi bien que l'homme le plus vertueux, va en Sushupti et en reçoit un bienfait. S'il n'en était pas ainsi le vice triompherait par l'influence prédominante du corps et son attrait constant pour le matériel. Maintenant, si on croit en cela et à la réalité du Soi Supérieur, il résulte de ce qu'on appelle le pouvoir mystérieux de la méditation qu'un homme dévoué et sincère qui invoque le Soi Supérieur pour un soutien dans une conduite exemplaire recevra l'aide demandée dans le rêve qui succède à la condition de Sushupti ; en d'autres mots, on peut faire que les impressions qu'on reçoit des rêves induits par l'état le plus élevé – ou Sushupti – soient plus claires et riches que dans l'homme ordinaire qui ne se préoccupe pas de cela. Mais la demande et les impressions désirées doivent êtres élevées et altruistes, car le Soi Supérieur, n'est aucunement concerné par les choses matérielles, ni par les préoccupations temporelles. Ce pouvoir variera naturellement avec chacun selon sa nature et les combinaisons variées entre ses plans physiques, astraux et psychiques. – William Q. Judge, « Forum » Answers, pp. 6/7, éd. Theosophy Company, USA.

La culture d'un haut idéal et d'une vie mystique
La culture d'un idéal élevé : « L'interdépendance de toutes choses, suggère, l'unité du tout. [...] Cette unité radicale de tous les êtres, ne devient, cependant, possible que dans la mesure où la conscience est éveillée sur un plan supérieur ; et que cette conscience supérieure considère comme illusoire notre présente conception d'une séparativité complète par rapport au tout, car il n'existe en réalité pas de séparation. Ce sentiment n'existe que sur notre plan présent de conscience. [...]
« Bien que notre conscience de ce qui est au-delà du voile de matière soit, aujourd'hui, très limitée, la culture de l'aspect mystique de notre nature nous ouvrira des espaces insoupçonnés et élargira notre conscience. Par exemple, en cherchant à comprendre nos états de conscience pendant le rêve et le sommeil profond. Notre vie idéale découle de l'état de sommeil profond. Pendant ce moment d'oubli complet de notre soi-conscience nous sommes sur un plan totalement différent.
« L'observation, intelligente et persistante, et la recherche dans le sommeil profond révèlera, rapidement, premièrement, que c'est un état de grande pureté, qui n'est pas influencé par les actions bonnes ou mauvaises de la journée ; et, deuxièmement, que les idéaux, qui nous animent dans la journée, nous parvenant inopinément et paraissant parfaitement naturels, sont en réalité des réflexions, dans le cerveau physique, provenant du sommeil profond.
« L'homme mène une double vie à l'état de veille. Chaque pensée et action ont un double aspect. Le premier, et le plus fort actuellement, est celui qui provient de notre personnalité, le second est celui qui touche nos relations avec le monde au sens large. Le processus est si automatique qu'il n'est pas remarqué, mais nos activités sont conditionnées par ces deux aspects.
« Si les prédilections de la personnalité dominent, il en résultera un égoïsme correspondant ; si, à l'encontre, l'aspect idéal est convenablement cultivé, l'action sera en accord avec et résultera d'une meilleure intuition. Ceci est le côté idéal de la double vie de l'homme, un état de conscience supérieure, dont l'exploration élargira grandement notre conception du rôle de l'homme dans le drame de la vie ‒ de cette « Unité Idéale » ou « Fraternité Universelle de l'humanité » qui est un « fait », et de l'illusion de la notion de séparativité dans l'humanité. » Traduction d'un extrait de l'article de W.Q. Judge, "Theosophy and the Theosophical Society".

La vie mystique : « Les fonctions de la vie intérieure sont constamment actives ; elles ne requièrent ni repos, ni relâchement. Quand un homme peut, à volonté, établir l'équilibre entre ces fonctions, qui lui permet de voir, d'entendre et de ressentir leurs manifestations partout où il le désire, alors, ces manifestations deviennent sa possession, répondent à sa demande, et pour la première fois il accède à la vérité et sa compréhension.
« Les rêves et la clairvoyance volontaire sont les deux pôles de la vie spirituelle, et sur eux reposent les enseignements des religions sur l'immortalité. » Extrait traduit de la revue The Path – May 1887 – « Some Teachings of a German Mystic – Dreams and the Inner Life » – J. Kernning

Communication avec nos êtres chers
Communions avec un décédé : « Bien qu'il n'existe guère d'être humain dont l'Ego ne communique pas librement, pendant le sommeil du corps, avec ceux qu'il a aimés et perdus, l'être, une fois réveillé, ne conserve dans sa mémoire aucun souvenir de cette communication, sinon sous une forme très confuse, semblable à un rêve, par suite du caractère positif et non réceptif de son enveloppe et de son cerveau physiques. » — Extrait de La Clef de la Théosophie (p. 43) – H.P. Blavatsky.
« L'Ego d'une mère [décédée], rempli d'amour pour les enfants imaginaires qu'il voit auprès de lui, coulant une vie de bonheur, aussi réelle pour lui que lorsqu'il était sur terre — cet Ego fera toujours sentir son amour à ses enfants vivants. Cet amour s'exprimera dans leurs rêves, ainsi que dans maintes circonstances variées — sous forme de protections et de secours providentiels, car l'amour est un bouclier puissant et n'est limité ni par l'espace, ni par le temps. Et, ce qui est vrai de cette « mère » dévachanique [état de conscience entre deux incarnations] l'est tout autant des autres relations et attachements humains, pourvu qu'ils ne soient pas purement égoïstes ou matériels. L'analogie vous suggérera le reste. » — Extrait de La Clef de la Théosophie (p. 166) – H.P. Blavatsky.

Communication avec un ami : « Hier soir, sans avoir pensé à mon ami X, après une journée d'activité intense, très fatigué, et encore préoccupé par le travail, j'ai eu la vision soudaine de X avec lequel j'ai eu, apparemment, une longue conversation profitable à tous deux. Comment ceci a-t-il pu se produire alors que je ne pensais pas du tout à lui ? Réponse : Premièrement, l'expérience montre, et ceux qui connaissent les lois concernées le disent, que le fait d'avoir pensé ou pas à une personne, n'est pas une cause qui empêche de la voir en rêve ou dans une vision. Il n'y a pas de différence que vous avez pensé à la personne où pas depuis vingt ans.
« Deuxièmement, paradoxalement, le fait d'être très fatigué et préoccupé par la journée de travail est en général une condition favorable pour que vous ayez une vision ou un rêve d'une personne ou d'un lieu auquel vous n'avez pas pensé depuis longtemps. Par contre, une fatigue, extrême et absolue, est susceptible de plonger quelqu'un dans un sommeil si profond qu'il empêchera une telle expérience.
« La conséquence d'une fatigue du corps et du cerveau peut faire que ces organes soient temporairement paralysés et permettent aux sens astraux d'œuvrer. Nous avons alors une vision ou un rêve d'un lieu ou d'une personne, mais tout dépendra de ce que l'astral intérieur de la personne est capable d'imprimer sur le tissu cellulaire du cerveau. Ceci est parfois oublié, hormis une faible trace qui ne peut être identifiée. Quand nous sommes éveillés et actifs le cerveau a une telle emprise sur le corps astral que ce dernier (et c'est dommage) ne peut qu'œuvrer avec le cerveau et sous sa dictée. Et si nous tombons naturellement, non épuisés, dans l'état où nous pourions avoir une vision, elle ne se produit pas ; mais, les images et les souvenirs de la journée sont perçus parce que le cerveau n'est pas suffisamment fatigué pour libérer son emprise sur le corps astral. La fatigue, par contre, paralyse le cerveau et lui fait perdre cette emprise. » W.Q. Judge, traduction de Questions and Answers (vol. II - p 503-4, éd. Theosophy Company, USA)

L'inspiration des poètes, artistes, inventeurs... pendant le sommeil
« Il est dit dans le Path, que le rêve résulte du passage d'une partie de nos principes dans la Lumière Astrale. Ceci éveille un désir d'information sur l'inspiration, comme on dit, des poètes, artistes, inventeurs, et d'autres. La définition donnée du rêve n'est pas convenable pour moi, car il y a beaucoup de sortes de rêves qui résultent tous de causes différentes. Croyant, comme moi, que la Lumière Astrale contient les images de tout ce que l'homme a fait ou entrepris, et qu'à notre niveau d'évolution il ne nous est pas possible d'en ramener quoique ce soit de vraiment nouveau, ces prétendues inspirations peuvent souvent êtres dues au fait que l'organisme de ceux qui sont « inspirés » est plus réceptif aux influences des images de la Lumière Astrale. Ainsi sont-ils influencés dans leurs vers, peintures, inventions, etc. Dans un article, de H.P. Blavatsky, intitulé le « Génie », paru dans la revue Lucifer de novembre 1889, l'idée est avancée que, le grands génies, quels qu'ils soient, sont des exemples de personnes dont l'Ego, omniscient, illumine et informe le corps physique qu'il habite. Il n'est pas nécessaire de rêver pour être inspiré, car l'influx soudain d'idées poétiques où de nouvelles inventions peut être dû entièrement à l'état antérieur de l'organisme, bien qu'on entende souvent dire que de telles idées aient surgi dans un rêve. Cependant ce que nous savons des poètes, peintres, et autres, nous fait conclure que le plus grands nombre d'inspirations se produit pendant l'état de veille, et ceci confirme le point de vue formulé par H.P. Blavatsky dans l'article sur le « Génie » ». W.Q. Judge, extrait traduit du "Forum" Answers (p. 9, éd. Theosophy Company, USA).

Le voyage astral.
« L'être intérieur est, pour ainsi dire, inextricablement enchevêtré cellules avec cellules, et fibres avec fibres dans le corps physique. Il existe dans le corps, en quelque sorte, comme la fibre de la mangue existe dans ce fruit. Nous trouvons à l'intérieur de la mangue, le noyau d'où partent des milliers de fines fibres qui pénètrent toute la pulpe dorée. Quand vous la mangez, il est difficile de distinguer la pulpe des fibres. Il s'ensuit que l'être intérieur dont nous parlons ne peut pas faire grand-chose quand il est hors de son corps et il reste toujours influencé par lui. Il n'est donc pas facile de quitter le corps à volonté et de déambuler alentour dans le double [astral]. Lorsqu'on entend dire dans des histoires que cela est facile à faire, nous pouvons en déduire qu'il s'agit d'imagination par trop féconde, de vantardise ou d'autres raisons de ce genre. [...] En fait, parmi les occultistes qui connaissent la vérité, on considère le fait de sortir du corps à volonté et de se mouvoir à distance comme un exploit fort difficile, précisément pour les raisons énumérées ci-dessus. Étant donné que la personne est tellement prise dans les fibres de son corps, il faut absolument, avant qu'elle puisse emmener sa forme astrale en promenade, qu'elle commence par l'extraire avec précaution, fibre par fibre, de la pulpe sanguine, des os, des muqueuses, de la bile, de la peau et de la chair. Direz-vous que c'est facile ? Ce n'est ni facile, ni rapide à accomplir, ni effectué en une seule opération. Ce ne pourra être que le résultat d'années d'entraînement prudent et d'expériences nombreuses. Et cela ne peut pas être réalisé consciemment tant que l'homme intérieur n'est pas développé et n'est pas devenu quelque chose de plus cohérent qu'une sorte de gélatine irresponsable et tremblotante. Ce développement et cette cohérence ne sont atteints que par le perfectionnement du pouvoir de la concentration.
« Il n'est pas exact non plus, et j'ai pu le constater par l'expérience et l'enseignement qui m'ont été présentés, que même dans notre sommeil nous allions nous promener au loin pour voir nos amis et nos ennemis ou goûter des joies terrestres à de lointaines distances. Dans tous les cas où un homme a acquis quelque pouvoir de concentration, il est très possible que le corps endormi soit déserté entièrement, mais de tels cas ne s'appliquent pas actuellement à la majorité.
« La plupart d'entre nous restent tout près de la forme endormie. Il n'est pas nécessaire pour nous de nous éloigner afin d'expérimenter les différents états de conscience qui sont l'apanage de tous les hommes. Nous ne nous aventurerons à des kilomètres de distance que lorsque nous y serons aptes et nous ne pourrons y être aptes que lorsque le corps éthérique nécessaire aura acquis ses pouvoirs et appris comment s'en servir. » – Article « La culture de la concentration » – W.Q. Judge – (Cahier Théosophique N° 70).

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