Samedi 24 Juin 2017

Mis à jour le Sam. 24 Jui. 2017 à 16:25

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Articles de W.Q. Judge

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William Q. Judge (1851-1896) est l'un des trois principaux fondateurs de la Theosophical Society. Il assista Mme Blavatsky dans la rédaction d'Isis Dévoilée, et de La Doctrine Secrète. Il se révéla un collaborateur et disciple dévoué et indéfectible de Blavatsky. Organisateur et créateur inlassable, il fut l'instrument efficace pour répandre la Théosophie aux États-Unis ainsi que dans ld'autres pays anglophones.

Il rédigea de nombreux articles,et fonda les revues The Path et The Theosophical Forum. Les ouvrages les plus connus de lui sont les Échos de l'Orient, l'Océan de Théosophie (en 1893), deux grands classiques théosophiques. Un ensemble de ses lettres furent regroupées par sous le titre Les Lettres qui m'ont aidé.

On lui doit une édition de la Bhagavad-Gîtâ (1890) et une série d'articles parus dans The Path, publiés plus tard sous le titre de Notes sur la Bhagavad-Gîtâ. Il rédige en outre une traduction commentée des Aphorismes du Yoga de Patañjali (1889).

Son engagement théosophique fut sans faille et sa fidélité au programme initial, établi par Mme Blavatsky et ses Maîtres, fut déterminante à certaines périodes particulièrement critiques de l'histoire du mouvement.

Un grand nombre d'articles de Judge sont accéssibles en ligne.

Chaque membre un centre

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(Cet article fut publié en anglais par Mr. Judge dans la revue américaine The Path d'octobre 1895)

Il y a quelques années, un de ces Maîtres en qui tant de nos membres croient, fit écrire une lettre par H.P. B., en son nom, à un certain groupe de théosophes. Chaque membre, dit-il dans cette lettre, s'il est zélé, sincère et désintéressé, pourrait devenir dans sa ville ou cité, un centre actif d’où rayonneraient des forces invisibles puissantes qui influenceraient en bien les habitants des environs ; bientôt des personnes s’informeraient de ce qu’est la Théosophie ; une branche serait créée, et le voisinage tout entier en profiterait. Ceci nous paraît juste et raisonnable, indépendamment de la haute autorité d'où cette assertion émane, et les membres devraient y réfléchir sérieusement, afin d'amener la réaction désirée.

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Qu’est-ce que « l’initiation quotidienne » ?

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Certains supposent que l'initiation est toujours, et dans tous les cas, une occasion définie et solennelle pour laquelle le candidat est préparé, et dont on l'avertit à l'avance. Bien que certaines des initiations soient entourées de telles solennités, l’initiation quotidienne — celle que l'aspirant doit traverser avec succès sans quoi il n'aura jamais la chance d'affronter celles qui sont plus élevées — se présente au disciple presque à chaque instant. Elle se rencontre dans nos relations avec nos semblables, et dans les effets qu'ont sur nous toutes les circonstances de la vie. Et si nous échouons là, jamais nous ne pouvons atteindre le point où de plus grandes initiations sont offertes. Si nous ne pouvons supporter une défaite momentanée, ou si un mot lancé au hasard et qui blesse notre amour propre nous trouve non préparés, ou si nous cédons au désir de juger durement les autres, ou encore si nous restons dans l'ignorance de certains de nos défauts les plus apparents, nous n'affermissons pas la connaissance et la force gui sont impérativement exigées de quiconque doit devenir maître de la nature.
Il appartient à la vie de chacun d'avoir un moment de choix, mais ce moment n'est pas fixé à un jour particulier. Il englobe la somme totale de chacun des jours de la vie ; et il peut aussi être repoussé jusqu'au jour de la mort, mais alors il est au-delà de notre pouvoir, car dans ce cas le choix a été déterminé par toutes les actions et pensées de la vie écoulée. Nous nous trouvons condamnés, à cette heure-là, au type de vie, de corps, d'environnement et de tendances convenant le mieux à la réalisation de notre karma. C'est là une chose assez solennelle : elle fait que « l'initiation quotidienne » est de la plus haute importance pour tout étudiant sérieux. Mais tout cela a déjà été dit, et il est dommage que les étudiants persistent à ignorer les bons conseils qu'ils reçoivent.
Pensez-vous que si un Maître vous acceptait, il vous ferait subir quelque test étrange ? Non, Il ne le ferait pas, mais pour lui le simple fait de laisser les petits événements de votre vie suivre leur cours aurait pour résultat de déterminer clairement votre aptitude. C’est peut-être une école d’enfants mais il faut être un homme pour y réussir.

Hadji Erinn.
Article de W.Q. Judge. Extrait du Cahier Théosophique n°144.

Notre soleil et le vrai Soleil

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Si nous considérons combien l’on connaît peu de choses au sujet du soleil de notre système, nous ne nous étonnerons pas qu’il en soit encore plus ainsi du vrai soleil. La science se moque naturellement du « vrai soleil » du mystique, car elle n’en voit point d’autre que celui qui brille dans le ciel. Les savants prétendent au moins le connaître, car il se lève et se couche chaque jour, et peut-être plus ou moins observé lors des éclipses, ou lorsque des taches apparaissent, et avec leur audace habituelle, les astronomes du 19e siècle disent quantité de choses qu’ils ne savent pas sur cet astre puissant, et relèguent les idées anciennes à son sujet dans les limbes de la superstition stupide. Ce n’est certes pas aux écoles modernes que je m’adresserais pour m’instruire sur ce point, car selon moi, et si présomptueux que cela puisse paraître, elles ne connaissent pas grand-chose de la Lune ni du Soleil.

Un conflit persiste quant à savoir si le soleil rejette de la chaleur (1). D’une part, on affirme que oui ; d’autre part, que la chaleur provient de la combinaison des forces du soleil avec les éléments sur terre et autour d’elle, ce qui paraît être vrai pour le mystique. Une autre différence d’opinion existant parmi les astronomes modernes, a trait à la distance qui nous sépare du soleil, laissant le pauvre mystique la comprendre comme il peut. Même au sujet des taches de notre luminaire, tout est conjecture de nos jours. On admet comme une simple hypothèse – et pas plus -, qu’il peut y avoir un rapport entre ces taches et les troubles électriques sur terre. Il y a quelques années, Nasmyth découvrit (2) des objets (ou des changements) sur la photosphère, qu’il appela « feuilles de saule », de 1 000 milles de long et 300 milles de large, en constant mouvement et en groupes. Mais qu’est-ce en réalité ? Personne ne le sait. La science ne peut rien nous apprendre de plus qu’un mortel ordinaire usant d’un bon télescope. Quant à savoir si ces « feuilles de saule » ont aucun rapport avec les taches, ou avec les perturbations terrestres, nul ne le sait. Pour résumer, nos hommes de science savent très peu de choses de notre soleil visible. Tôt ou tard, ils découvriront certaines choses, comme par exemple d’autres effets des taches solaires que les simples perturbations électriques, la signification réelle de ces taches, la signification de la couleur particulière du soleil observée à certains moments – comme il y a quelques années – couleur attribuée à des « poussières cosmiques », faute d’une meilleure explication pour voiler l’ignorance ; et encore quelques autres questions intéressantes.

Mais nous disons que le soleil qu’ils ont examiné n’est pas le soleil réel, n’est même pas du tout le soleil, car ce n’est qu’une simple apparence, une réflexion d’une partie du vrai soleil. Et vraiment, certains astronomes modernes supportent cette façon de voir, car ils commencent à admettre que notre système solaire tout entier se meut autour d’un centre lointain non déterminé, si puissant qu’il attire notre globe solaire, et entraîne ainsi le système solaire tout entier avec lui. Mais ils ne savent pas si ce centre inconnu est un soleil. Ils supposent que c’en est un, mais affirment seulement que c’est un centre d’attraction pour nous. Il se peut que ce soit simplement un corps plus vaste, ou un centre plus puissant d’énergie que le soleil, et lui-même tourne peut-être autour d’un centre plus lointain et plus puissant encore. Dans ce cas, les télescopes modernes et les calculs se montrent rapidement impuissants, car ils arrivent bientôt à une limite dans le champ étoilé, où tout semble rester stationnaire par suite des distances immenses, et il n’y a pas moyen d’arriver à une conclusion. Il se peut que tous ces globes lointains soient en mouvement, et par conséquent on ne peut dire où se trouve le centre réel. Votre astronome admettra que même les constellations du Zodiaque, immuables depuis des âges, peuvent en vérité se mouvoir, mais à des distances si énormes et si effrayantes que pour nous elles semblent immobiles.

Mon but toutefois est d’attirer votre attention sur la doctrine qu’il existe un soleil réel, dont le nôtre n’est qu’une réflexion, et que dans ce soleil véritable, gît une source d’énergie et d’aide spirituelles, exactement comme notre astre lumineux bien-aimé contient l’origine de notre vie physique et du mouvement matériel. Il est inutile d’essayer de deviner pour l’instant, laquelle des nombreuses étoiles du ciel pourrait être le soleil réel, car je tends à croire que ce n’en est aucune, puisque, comme je l’ai dit précédemment, un centre physique d’attraction pour ce système ne peut être que d’un degré plus élevé que le nôtre, et doit être le serviteur d’un centre plus éloigné encore. Nous devons passer par tous les degrés successifs, et il n’est pas en notre pouvoir de sauter un maillon de la chaîne qui mène au point le plus haut.

Notre soleil est donc, pour nous, le symbole du vrai soleil qu’il reflète, et en méditant sur « la lumière suprême du soleil réel », nous recevrons de l’aide dans notre lutte pour assister l’humanité. Notre soleil physique est du domaine physique, non du métaphysique, mais le soleil véritable luit en nous. L’astre du jour conserve et soutient l’économie animale ; le vrai soleil brille en nous par son intermédiaire dans notre nature. Nous devrions donc diriger notre pensée vers ce soleil réel, et préparer le terrain à l’intérieur à recevoir son influence, comme nous préparons le terrain à l’extérieur à recevoir les rayons vivifiants du Roi du Jour.

Marttanda (3)

Notes
(1) Il existe une différence d’évaluation de la chaleur du soleil entre de grands savant comme Newton, Secchi, Pouillet, Spaeren, Rosetti et d’autres, car Pouillet parle de 1.461° et Waterson de 9.000.000°, soit un écart de 8.998.600° [probablement des degrès Fahrenheit]. .
(2) Voir Source de chaleur dans le Soleil, R. Hunt, M.R.S (The Source of Heat in the Sun, Pop. Sc. Rev. Vol. IV. p. 148).
(3) Cet article fut publié pour la première fois par W.Q. Judge dans la revue The Path de février1890.

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Le suicide n'est pas la mort

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Article de W.Q. Judge paru dans le journal New York WorldThe Lamp, septembre 1894

En tant qu’étudiant de la Théosophie et de la nature humaine, j’ai été intéressé par la discussion sur le thème du suicide auquel le journal The World a accordé une place dans ses colonnes. L’éloquent agnostique, le Colonel Ingersoll, a basé ses vues sur un terrain dont les racines sont dans la tombe, en donnant au pauvre suicidé, pour le consoler de son acte, rien au-delà de la terre froide, sauf peut-être la chance lâche d’échapper à la responsabilité ou à la souffrance. Ceux qui, comme le dit Nym Crinkle, s'occupent de répondre au Colonel Ingersoll en reviennent à la simple affirmation que c’est un péché de tuer un corps dans lequel le Seigneur a considéré qu'il était convenable d'enfermer un homme. Aucune de ces deux considérations n’est ni satisfaisante ni scientifique.
Si le suicide doit être approuvé ce ne peut être qu'en se fondant sur l'idée que l’homme n’est qu’un corps, et qu’étant comme une motte de terre, il peut très bien être libéré de ses souffrances. À partir de cela, il serait facile de faire un petit pas et de justifier le fait de faire mourir ceux dont le corps est sur notre chemin, ou touchés par la vieillesse, ou l’aliénation, ou la décrépitude, ou même vicieux. Car si tout ce que nous sommes est une masse de glaise appelée corps, si l’homme n’est pas un esprit non né en essence, alors qu’y aurait-il de répréhensible à le détruire s’il vous appartient, et si nous ne sommes que cela, et combien serait-il facile de trouver des raisons bonnes et suffisantes pour disposer également de celui des autres ? Le prêtre condamne le suicide, mais on peut être un Chrétien et cependant avoir l’opinion qu’une libération rapide de la terre permet de gagner le paradis quelques années plus tôt. Le Chrétien n’est pas dissuadé du suicide par de bonnes raisons avancées par sa religion, mais plutôt par la couardise. La mort, qu’elle soit naturelle ou provoquée est devenue une terreur, et on l’appelle « La Reine des Terreurs ». Il en est ainsi parce que bien qu’un vague paradis soit offert de l’autre côté, la vie et la mort sont si peu comprises que les hommes préfèrent supporter les souffrances qu’ils connaissent que s’envoler vers d’autres qu’ils craignent par ignorance de ce qu’elles pourraient être.
Le suicide, comme tout autre meurtre est un péché parce qu’il engendre une perturbation soudaine dans l’harmonie du monde. C’est un péché parce qu’il met la nature en échec. La nature existe pour le besoin de l’âme, et pour aucune autre raison, elle a le dessein, pour ainsi dire, de donner à l’âme l’expérience et la soi-conscience. Celles-ci ne sont possibles qu’au moyen d’un corps par lequel l’âme entre en contact avec la nature, et couper violemment la connexion avant son terme naturel contrarie le projet de la nature, et l’oblige à présent, dans son lent développement, à restaurer la tâche laissée inachevée. Et comme ces processus doivent passer par l’âme qui a permis le meurtre, il en résulte plus de peines et de souffrances.
Et la perturbation dans l’harmonie générale est un plus grand péché que ne le pensent la plupart des gens. Ils se considèrent seuls, comme séparés, sans liens avec les autres. Mais ils sont inter reliés à travers tout le monde avec toutes les autres âmes et intelligences. Un lien subtil, réel, puissant les attache toutes ensembles, et si un parmi ces millions perturbe le lien, toute la masse le ressent par réaction à travers l’âme et le mental, et ne peut retrouver l’état normal que par un ajustement douloureux. Cet ajustement se passe sur les plans invisibles, mais très importants, dans lesquels l’homme réel existe. Ainsi chaque suicidé ou meurtrier d’un autre impose à toute l’humanité un fardeau injustifiable. Il ne peut échapper à cette injustice, car bien que son corps soit mort il n’est pas coupé des autres ; la mort ne fait que le placer, privé des instruments de la nature, dans les griffes de lois, qui sont puissantes et implacables, incessantes dans leur opération et dont les demandes sont obligatoires.
Le suicide est une énorme folie, parce qu’il place son exécuteur dans une position infiniment pire que les conditions dont il avait follement espéré échapper. Ce n’est pas la mort. Ce n’est que le fait d’avoir quitté une maison bien connue et dans un environnement familier pour aller dans un nouveau lieu où la terreur et le désespoir ont seuls leur place. Ce n’est qu’une mort préliminaire faite à la glaise, pour « la froide embrassade de la tombe », laissant l’homme lui-même, nu et vivant, mais hors de la vie des mortels et qui n’est ni le paradis ni l’enfer.
Le Théosophe voit en l’homme un être complexe plein de forces et de facultés, dont il dispose quand il est dans un corps terrestre. Le corps n‘est qu’un de ses habits ; lui-même vit aussi en d’autres lieux.
Dans le sommeil il vit dans l’un de ces lieux, il s’éveille dans un autre, et pense dans un autre. Il est triple comprenant corps, âme et esprit. Et cette trinité peut être encore divisée en ses sept constituants nécessaires. Et, de même qu’il est triple, la nature l’est aussi – matérielle, psychique ou astrale, et spirituelle. La part matérielle de sa nature gouverne le corps, la part psychique affecte l’âme, et l’esprit vit dans le spirituel, tous étant unis ensemble. Si nous n’étions que des corps, on pourrait les renvoyer à la nature matérielle et à la tombe, mais si nous échappons au matériel nous devons nous projeter dans le psychique ou l’astral. Et, comme tout dans la nature procède avec régularité sous le gouvernement de la loi, nous savons que chaque combinaison a son propre terme de vie avant qu’une séparation naturelle et facile des parties composantes puisse se produire. Un arbre, un minéral ou un homme est une combinaison d’éléments ou de parties, et chacun doit avoir son terme prévu. Si nous séparons les uns des autres violemment et prématurément, des conséquences certaines s’en suivront. Chaque constituant doit avoir son terme de vie prévu. Et le suicide étant une violente destruction du premier élément – le corps – les deux autres, l’âme et l’esprit, sont laissés sans leur instrument naturel. L’homme alors n’est qu’à demi-mort, et il est obligé par la loi de son propre être d’attendre jusqu’à ce que le terme naturel soit atteint.
Le destin du suicidé est en général horrible. Il s’est coupé de son corps en utilisant des moyens mécaniques qui affectent le corps, mais qui ne peuvent toucher l’homme réel. Il est alors projeté dans le monde astral, car il doit vivre quelque part. Là, la loi impitoyable, qui agit en fait pour le bien de l'homme, l’oblige à attendre jusqu’à ce qu’il puisse mourir convenablement. Il devra naturellement attendre, à moitié mort, les mois ou les années qui, dans l’ordre de la nature, auraient dû s‘écouler sur lui avant que le corps, l’âme et l’esprit puissent se séparer correctement. Il devient une ombre ; il vit dans un purgatoire, pour ainsi dire, appelé par le théosophe le « lieu du désir et de la passion », ou « kãma loka ». Il existe entièrement dans le mode astral, dévoré par ses propres pensés. Il répète par des pensées vivantes l’acte par lequel il tenta de mettre fin à son pèlerinage dans la vie, tout en voyant pendant ce temps, les gens et les lieux qu’il a quittés, mais il est incapable de communiquer avec aucun d’entre eux excepté, de temps à autre, à travers un pauvre sensitif, qui est souvent effrayé par cette visite. Et souvent il emplit le mental de personnes vivantes qui peuvent être sensibles à ses pensées, de l’image de son acte de départ, et occasionnellement il les induit à commettre sur eux-mêmes l’acte dont il a été coupable.
Pour le dire de manière théosophique, le suicidé s’est coupé, d’un côté, de son corps et de la vie qui étaient nécessaires pour son expérience et son évolution, et, d’un autre côté, de son esprit, de son guide et de son « Père dans les Cieux ». Il est composé maintenant d’un corps astral, qui est d’une texture très résistante, informée et enflammée par ses passions et désirs. Mais une partie de son mental, appelé manas, l’accompagne. Il peut penser et percevoir, mais, ignorant comment utiliser les forces de ce règne, il vogue ici et là, incapable de se guider lui-même. Toute sa nature est en détresse, et avec elle, à un certain degré, toute l’humanité, car nous sommes tous unis par l’esprit. Ainsi il va, jusqu’à ce que la loi de la nature agissant sur son corps astral, celui-ci commence à mourir, et tombe dans un sommeil dont il se réveille à temps, pour une saison de repos avant de recommencer une nouvelle vie terrestre. Dans sa prochaine incarnation, il pourra, s’il en voit la justification, réparer, compenser ou souffrir à nouveau.
On ne peut échapper à sa responsabilité. La « douce embrassade de la glaise humide » est une illusion. Il est préférable d’accepter courageusement l’inévitable, puisqu’il est dû à nos erreurs dans d’autres vies du passé, et accomplir chaque devoir, et essayer de mieux tirer parti de toutes les opportunités. Enseigner le suicide est un péché, car cela conduit certains à le commettre. L’interdire sans raisons est inutile, car notre mental doit avoir de bonnes raisons pour le faire ou ne pas le faire. Et si nous nous en tenons littéralement aux écrits de la Bible, nous y voyons que le meurtre n’a de place qu’en enfer. Cette pensée satisfait peu de personnes dans un âge d’investigation critique et de froide analyse. Mais donnez aux hommes la clef de leurs propres natures, montrez leur comment la loi régit l’ici-bas et, l’au-delà de la tombe, et leur bon sens fera le reste. Un illogique népenthès (1) contre la tristesse et la douleur physique de la tombe est aussi fou qu’un ciel illogique qui ne sert à rien.

Note (1): mot grec qui renvoit à un remède magique qui dissipe le chagrin et la douleur.

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