Dimanche 24 Septembre 2017

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Articles de W.Q. Judge

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William Q. Judge (1851-1896) est l'un des trois principaux fondateurs de la Theosophical Society. Il assista Mme Blavatsky dans la rédaction d'Isis Dévoilée, et de La Doctrine Secrète. Il se révéla un collaborateur et disciple dévoué et indéfectible de Blavatsky. Organisateur et créateur inlassable, il fut l'instrument efficace pour répandre la Théosophie aux États-Unis ainsi que dans ld'autres pays anglophones.

Il rédigea de nombreux articles,et fonda les revues The Path et The Theosophical Forum. Les ouvrages les plus connus de lui sont les Échos de l'Orient, l'Océan de Théosophie (en 1893), deux grands classiques théosophiques. Un ensemble de ses lettres furent regroupées par sous le titre Les Lettres qui m'ont aidé.

On lui doit une édition de la Bhagavad-Gîtâ (1890) et une série d'articles parus dans The Path, publiés plus tard sous le titre de Notes sur la Bhagavad-Gîtâ. Il rédige en outre une traduction commentée des Aphorismes du Yoga de Patañjali (1889).

Son engagement théosophique fut sans faille et sa fidélité au programme initial, établi par Mme Blavatsky et ses Maîtres, fut déterminante à certaines périodes particulièrement critiques de l'histoire du mouvement.

Un grand nombre d'articles de Judge sont accéssibles en ligne.

Le sommeil et les rêves - Citations

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Citations tirées d'écrits de W.Q. Judge, de H.P. Blavatsky et de la revue américaine The Path.

L'activité nocturne intense de l'Ego Supérieur
L'activité mentale nocturne : « Les rêves sont parfois le résultat de l'action cérébrale qui se poursuit automatiquement ; ils sont aussi dus à l'homme intérieur véritable qui transmet à l'intérieur du cerveau les scènes et les idées, nobles ou vulgaires, que cet être réel a vues pendant le sommeil du corps. Elles s'infiltrent alors dans le cerveau comme si elles flottaient sur l'âme au moment où celle-ci reprend possession du corps. Ces rêves peuvent être utiles, mais généralement la reprise de l'activité corporelle en détruit le sens, en dénature l'image, et rend tout confus. Le fait majeur de tout rêve c'est qu'il y a quelqu'un qui y perçoit et y éprouve des impressions et c'est là un des arguments en faveur de l'existence de l'être intérieur. Pendant le sommeil, l'homme intérieur est en communion avec des intelligences supérieures, et il réussit parfois à imprimer dans le cerveau ce qu'il a acquis ‒ qu'il s'agisse d'une idée élevée ou d'une vision prophétique ‒ ou bien il n'y parvient pas, en raison de la résistance des fibres du cerveau. La signification d'un rêve est aussi déterminée par le karma de la personne, car un roi peut rêver de ce qui concerne son royaume, tandis que le même rêve, fait par un de ses sujets, n'aura aucune portée pratique. Ainsi que l'a dit Job : "Dans les songes et les visions nocturnes, l'homme reçoit l'instruction. " » ‒ Extrait de L'Océan de Théosophie (p. 152) – W.Q. Judge.

« Toutes les opérations mentales – excepté le raisonnement qui se trouve seul comme suspendu et paralysé, – fonctionnent pendant nos rêves avec une force et une activité aussi grandes que pendant nos veilles [...]. » – Article « Le Phare de l'inconnu » – H.P. Blavatsky (Cahier Théosophique n°25)

Conditions nécessaires à la manifestation de l'homme intérieur : « Entre l'éternelle lutte pour plus d'or, plus d'honneurs, plus de pouvoirs dans les classes supérieures, et la « lutte pour l'existence », pour le pain et la vie, dans les classes inférieures, « l'homme intérieur » n'a ni l'occasion, ni la condition, qui lui permet de se manifester en nous-mêmes. Ainsi, de la naissance à la mort l'EGO somnole, paralysé par l'homme extérieur, et il ne se manifeste qu'occasionnellement dans des rêves, des visions fortuites, ou d'étranges « coïncidences » ‒ spontanées et négligées. Le Psychique ou le SOI SUPÉRIEUR comme il est appelé dans l'Unité, doit être, d'abord, entièrement libre de l'influence soporifique du Soi Personnel, avant qu'il ne puisse manifester, de manière évidente, son existence et sa présence effective dans l'homme. Mais dès que cette condition est assurée, alors vraiment « celui qui se domine et subjugue ses passions, désirs et craintes, est supérieur à un roi », comme le dit Milton ; car il est devenu un adepte. Seule la coquille qui sépare l'homme intérieur du monde manifesté, objectif et subjectif, doit être dominée, et quand elle n'offre plus qu'une résistance passive, le soi supérieur est, alors, aussi libre qu'il le sera le jour où il se libérera définitivement de cette coquille. Mais il y a de rares individus qui, pour quelques mystérieuses raisons karmiques, sont nés avec cette capacité et dont les SOIS intérieurs sont si forts qu'ils peuvent vaincre la résistance de leurs corps personnels ou provisoires. » – Traduction d'un extrait de l'article "United" d'H.P. Blavatsky, paru dans la revue The Theosophist, de mai 1887.

Les trois sortes de sommeil : « Je vous ai parlé de trois sortes de sommeil : le sommeil sans rêves, le sommeil avec rêves chaotiques, et le sommeil où les rêves sont si réels qu'ils deviennent des réalités absolues pour le dormeur. Si vous croyez à ce dernier genre de sommeil, pourquoi ne croyez-vous pas au premier ? La vie qui attend un homme dans l'au-delà sera modelée sur ce qu'il croyait qu'elle serait, et sur ce qu'il s'attendait à y trouver. » — Extrait de La Clef de la Théosophie (p. 184) – H.P. Blavatsky.

Sur les rêves
L'état de conscience dans le rêve : « L'état de rêve est commun à tous les êtres. Certaines personnes disent ne jamais rêver, mais si on les interroge, on découvre qu'elles ont fait au moins un rêve ou deux dans leur vie et, ce qu'elles veulent dire, c'est que leurs rêves sont rares. Il est peu probable qu'il existe une personne qui n'a jamais eu de rêves. Mais on dit que les rêves sont sans importance ; qu'ils sont dus à la tension, à l'indigestion, à la maladie ou à d'autres causes variées. On les considère comme peu importants parce qu'on les envisage d'un point de vue utilitaire et qu'on pense qu'ils ne peuvent pas servir à grand-chose. Pourtant beaucoup d'hommes se servent de leurs rêves et l'histoire, tant séculaire que religieuse, ne manque pas d'exemples montrant les bienfaits, les avertissements et l'instruction qui peuvent être reçus dans les rêves. Le cas bien connu du rêve du Pharaon [Bible, La Genèse, ch. 41] au sujet des vaches grasses et des vaches maigres, qui permit à Joseph, l'interprète, de prévoir une famine et de la prévenir, représente une classe de rêves qui ne sont pas rares du tout. Mais le point de vue utilitaire n'en est qu'un parmi beaucoup d'autres [...].
« Le temps global y est évalué non d'après la division solaire, mais selon l'effet produit sur le rêveur. Et comme l'évaluation du temps s'y effectue d'une façon beaucoup plus rapide qu'il n'est possible pour le cerveau, il faut en conclure, que quelqu'un le fait [...].
« L'imagination n'est pas particulière au rêve ; elle est aussi présente dans la conscience de veille. Chez beaucoup de personnes elle est aussi habituelle et vive que chez le rêveur. Et nous savons que chez les enfants elle est très féconde. Sa présence dans le rêve indique simplement que le penseur, étant momentanément libéré du corps et des structures ou scissures habituelles du cerveau, donne libre cours à cette faculté ordinaire. Mais si nous allons au-delà, nous trouvons des rêves de nature prophétique. Ceci ne pourrait se produire s'il n'existait pas le Soi caché intérieur qui voit clairement l'avenir et le passé dans un éternel présent. – Article « Les preuves du Soi caché » - W.Q. Judge – (Cahier Théosophique N° 95).

Le plan du rêve : « N'avons-nous pas à l'état de rêve un ensemble de sens tout différent ? Nous sentons, parlons, entendons, voyons, goûtons et agissons en général sur un plan différent. Le changement qui s'opère dans notre état de conscience est prouvé par le fait qu'une série d'actions et d'événements s'étendant, nous semble-t-il, sur une période de plusieurs années, traverse en images notre mental en l'espace d'un instant. Eh bien ! Cette rapidité extrême de nos opérations mentales pendant nos rêves, alors que toutes nos autres fonctions sont dans un état parfaitement naturel, nous démontre que nous nous trouvons sur un plan tout à fait différent. Notre philosophie nous enseigne que, de même qu'il existe sept forces fondamentales dans la nature et sept plans de l'être, il y a aussi sept états de conscience dans lesquels l'homme peut vivre, penser, se souvenir et exister. Il est impossible de les énumérer ici et, pour les connaître, il faut se livrer à l'étude de la métaphysique orientale. Mais l'analyse de ces deux états — de veille et de rêve — donne une preuve suffisante pour le commun des mortels, depuis le savant philosophe jusqu'au pauvre sauvage ignorant, que de tels états diffèrent. » — Extrait de La Clef de la Théosophie (p. 105) – H.P. Blavatsky. 

Réponses du Soi Supérieur à nos questions
« Est-il possible d'obtenir, en rêve, une réponse du Soi Supérieur à des questions, exprimée avec un fort désir avant le sommeil, relative à une pensée ou une conduite juste ? – Cette question est de la plus haute importance pour tous ceux qui aspirent à la vérité. Ma réponse est, « Oui ». Bulwer Lytton, dans Une histoire singulière, dit que la première initiation d'un homme se produit dans les rêves. Dans Le Livre de Job, il est écrit (ch. IV, 12-3) [trad. Louis Segond] : « Une parole est arrivée furtivement jusqu'à moi, et mon oreille en a recueilli les sons légers. Au moment où les visions de la nuit agitent la pensée, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil ». Et, au chapitre XXXIII, v. 14-5 : « Dieu parle cependant, tantôt d'une manière tantôt d'une autre, et l'on y prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont endormis sur leur couche ». L'état dont il est parlé dans Job est le Sushupti [le sommeil sans rêves] des hindous. L'homme vit trois états ou conditions principales – la veille, le rêve, le sommeil sans rêve ou sommeil profond. Dans ce dernier état il est dit qu'il y a jouissance d'une communion avec l'Esprit, et que l'homme intérieur, quand il retourne ou quitte cette condition, passe par un rêve, bref ou long, qu'il quitte ensuite pour passer à l'état de veille. Les influences de Sushupti sont hautement spirituelles ; et elles sont communes à tous les hommes. Le plus grand vilain sur terre, aussi bien que l'homme le plus vertueux, va en Sushupti et en reçoit un bienfait. S'il n'en était pas ainsi le vice triompherait par l'influence prédominante du corps et son attrait constant pour le matériel. Maintenant, si on croit en cela et à la réalité du Soi Supérieur, il résulte de ce qu'on appelle le pouvoir mystérieux de la méditation qu'un homme dévoué et sincère qui invoque le Soi Supérieur pour un soutien dans une conduite exemplaire recevra l'aide demandée dans le rêve qui succède à la condition de Sushupti ; en d'autres mots, on peut faire que les impressions qu'on reçoit des rêves induits par l'état le plus élevé – ou Sushupti – soient plus claires et riches que dans l'homme ordinaire qui ne se préoccupe pas de cela. Mais la demande et les impressions désirées doivent êtres élevées et altruistes, car le Soi Supérieur, n'est aucunement concerné par les choses matérielles, ni par les préoccupations temporelles. Ce pouvoir variera naturellement avec chacun selon sa nature et les combinaisons variées entre ses plans physiques, astraux et psychiques. – William Q. Judge, « Forum » Answers, pp. 6/7, éd. Theosophy Company, USA.

La culture d'un haut idéal et d'une vie mystique
La culture d'un idéal élevé : « L'interdépendance de toutes choses, suggère, l'unité du tout. [...] Cette unité radicale de tous les êtres, ne devient, cependant, possible que dans la mesure où la conscience est éveillée sur un plan supérieur ; et que cette conscience supérieure considère comme illusoire notre présente conception d'une séparativité complète par rapport au tout, car il n'existe en réalité pas de séparation. Ce sentiment n'existe que sur notre plan présent de conscience. [...]
« Bien que notre conscience de ce qui est au-delà du voile de matière soit, aujourd'hui, très limitée, la culture de l'aspect mystique de notre nature nous ouvrira des espaces insoupçonnés et élargira notre conscience. Par exemple, en cherchant à comprendre nos états de conscience pendant le rêve et le sommeil profond. Notre vie idéale découle de l'état de sommeil profond. Pendant ce moment d'oubli complet de notre soi-conscience nous sommes sur un plan totalement différent.
« L'observation, intelligente et persistante, et la recherche dans le sommeil profond révèlera, rapidement, premièrement, que c'est un état de grande pureté, qui n'est pas influencé par les actions bonnes ou mauvaises de la journée ; et, deuxièmement, que les idéaux, qui nous animent dans la journée, nous parvenant inopinément et paraissant parfaitement naturels, sont en réalité des réflexions, dans le cerveau physique, provenant du sommeil profond.
« L'homme mène une double vie à l'état de veille. Chaque pensée et action ont un double aspect. Le premier, et le plus fort actuellement, est celui qui provient de notre personnalité, le second est celui qui touche nos relations avec le monde au sens large. Le processus est si automatique qu'il n'est pas remarqué, mais nos activités sont conditionnées par ces deux aspects.
« Si les prédilections de la personnalité dominent, il en résultera un égoïsme correspondant ; si, à l'encontre, l'aspect idéal est convenablement cultivé, l'action sera en accord avec et résultera d'une meilleure intuition. Ceci est le côté idéal de la double vie de l'homme, un état de conscience supérieure, dont l'exploration élargira grandement notre conception du rôle de l'homme dans le drame de la vie ‒ de cette « Unité Idéale » ou « Fraternité Universelle de l'humanité » qui est un « fait », et de l'illusion de la notion de séparativité dans l'humanité. » Traduction d'un extrait de l'article de W.Q. Judge, "Theosophy and the Theosophical Society".

La vie mystique : « Les fonctions de la vie intérieure sont constamment actives ; elles ne requièrent ni repos, ni relâchement. Quand un homme peut, à volonté, établir l'équilibre entre ces fonctions, qui lui permet de voir, d'entendre et de ressentir leurs manifestations partout où il le désire, alors, ces manifestations deviennent sa possession, répondent à sa demande, et pour la première fois il accède à la vérité et sa compréhension.
« Les rêves et la clairvoyance volontaire sont les deux pôles de la vie spirituelle, et sur eux reposent les enseignements des religions sur l'immortalité. » Extrait traduit de la revue The Path – May 1887 – « Some Teachings of a German Mystic – Dreams and the Inner Life » – J. Kernning

Communication avec nos êtres chers
Communions avec un décédé : « Bien qu'il n'existe guère d'être humain dont l'Ego ne communique pas librement, pendant le sommeil du corps, avec ceux qu'il a aimés et perdus, l'être, une fois réveillé, ne conserve dans sa mémoire aucun souvenir de cette communication, sinon sous une forme très confuse, semblable à un rêve, par suite du caractère positif et non réceptif de son enveloppe et de son cerveau physiques. » — Extrait de La Clef de la Théosophie (p. 43) – H.P. Blavatsky.
« L'Ego d'une mère [décédée], rempli d'amour pour les enfants imaginaires qu'il voit auprès de lui, coulant une vie de bonheur, aussi réelle pour lui que lorsqu'il était sur terre — cet Ego fera toujours sentir son amour à ses enfants vivants. Cet amour s'exprimera dans leurs rêves, ainsi que dans maintes circonstances variées — sous forme de protections et de secours providentiels, car l'amour est un bouclier puissant et n'est limité ni par l'espace, ni par le temps. Et, ce qui est vrai de cette « mère » dévachanique [état de conscience entre deux incarnations] l'est tout autant des autres relations et attachements humains, pourvu qu'ils ne soient pas purement égoïstes ou matériels. L'analogie vous suggérera le reste. » — Extrait de La Clef de la Théosophie (p. 166) – H.P. Blavatsky.

Communication avec un ami : « Hier soir, sans avoir pensé à mon ami X, après une journée d'activité intense, très fatigué, et encore préoccupé par le travail, j'ai eu la vision soudaine de X avec lequel j'ai eu, apparemment, une longue conversation profitable à tous deux. Comment ceci a-t-il pu se produire alors que je ne pensais pas du tout à lui ? Réponse : Premièrement, l'expérience montre, et ceux qui connaissent les lois concernées le disent, que le fait d'avoir pensé ou pas à une personne, n'est pas une cause qui empêche de la voir en rêve ou dans une vision. Il n'y a pas de différence que vous avez pensé à la personne où pas depuis vingt ans.
« Deuxièmement, paradoxalement, le fait d'être très fatigué et préoccupé par la journée de travail est en général une condition favorable pour que vous ayez une vision ou un rêve d'une personne ou d'un lieu auquel vous n'avez pas pensé depuis longtemps. Par contre, une fatigue, extrême et absolue, est susceptible de plonger quelqu'un dans un sommeil si profond qu'il empêchera une telle expérience.
« La conséquence d'une fatigue du corps et du cerveau peut faire que ces organes soient temporairement paralysés et permettent aux sens astraux d'œuvrer. Nous avons alors une vision ou un rêve d'un lieu ou d'une personne, mais tout dépendra de ce que l'astral intérieur de la personne est capable d'imprimer sur le tissu cellulaire du cerveau. Ceci est parfois oublié, hormis une faible trace qui ne peut être identifiée. Quand nous sommes éveillés et actifs le cerveau a une telle emprise sur le corps astral que ce dernier (et c'est dommage) ne peut qu'œuvrer avec le cerveau et sous sa dictée. Et si nous tombons naturellement, non épuisés, dans l'état où nous pourions avoir une vision, elle ne se produit pas ; mais, les images et les souvenirs de la journée sont perçus parce que le cerveau n'est pas suffisamment fatigué pour libérer son emprise sur le corps astral. La fatigue, par contre, paralyse le cerveau et lui fait perdre cette emprise. » W.Q. Judge, traduction de Questions and Answers (vol. II - p 503-4, éd. Theosophy Company, USA)

L'inspiration des poètes, artistes, inventeurs... pendant le sommeil
« Il est dit dans le Path, que le rêve résulte du passage d'une partie de nos principes dans la Lumière Astrale. Ceci éveille un désir d'information sur l'inspiration, comme on dit, des poètes, artistes, inventeurs, et d'autres. La définition donnée du rêve n'est pas convenable pour moi, car il y a beaucoup de sortes de rêves qui résultent tous de causes différentes. Croyant, comme moi, que la Lumière Astrale contient les images de tout ce que l'homme a fait ou entrepris, et qu'à notre niveau d'évolution il ne nous est pas possible d'en ramener quoique ce soit de vraiment nouveau, ces prétendues inspirations peuvent souvent êtres dues au fait que l'organisme de ceux qui sont « inspirés » est plus réceptif aux influences des images de la Lumière Astrale. Ainsi sont-ils influencés dans leurs vers, peintures, inventions, etc. Dans un article, de H.P. Blavatsky, intitulé le « Génie », paru dans la revue Lucifer de novembre 1889, l'idée est avancée que, le grands génies, quels qu'ils soient, sont des exemples de personnes dont l'Ego, omniscient, illumine et informe le corps physique qu'il habite. Il n'est pas nécessaire de rêver pour être inspiré, car l'influx soudain d'idées poétiques où de nouvelles inventions peut être dû entièrement à l'état antérieur de l'organisme, bien qu'on entende souvent dire que de telles idées aient surgi dans un rêve. Cependant ce que nous savons des poètes, peintres, et autres, nous fait conclure que le plus grands nombre d'inspirations se produit pendant l'état de veille, et ceci confirme le point de vue formulé par H.P. Blavatsky dans l'article sur le « Génie » ». W.Q. Judge, extrait traduit du "Forum" Answers (p. 9, éd. Theosophy Company, USA).

Le voyage astral.
« L'être intérieur est, pour ainsi dire, inextricablement enchevêtré cellules avec cellules, et fibres avec fibres dans le corps physique. Il existe dans le corps, en quelque sorte, comme la fibre de la mangue existe dans ce fruit. Nous trouvons à l'intérieur de la mangue, le noyau d'où partent des milliers de fines fibres qui pénètrent toute la pulpe dorée. Quand vous la mangez, il est difficile de distinguer la pulpe des fibres. Il s'ensuit que l'être intérieur dont nous parlons ne peut pas faire grand-chose quand il est hors de son corps et il reste toujours influencé par lui. Il n'est donc pas facile de quitter le corps à volonté et de déambuler alentour dans le double [astral]. Lorsqu'on entend dire dans des histoires que cela est facile à faire, nous pouvons en déduire qu'il s'agit d'imagination par trop féconde, de vantardise ou d'autres raisons de ce genre. [...] En fait, parmi les occultistes qui connaissent la vérité, on considère le fait de sortir du corps à volonté et de se mouvoir à distance comme un exploit fort difficile, précisément pour les raisons énumérées ci-dessus. Étant donné que la personne est tellement prise dans les fibres de son corps, il faut absolument, avant qu'elle puisse emmener sa forme astrale en promenade, qu'elle commence par l'extraire avec précaution, fibre par fibre, de la pulpe sanguine, des os, des muqueuses, de la bile, de la peau et de la chair. Direz-vous que c'est facile ? Ce n'est ni facile, ni rapide à accomplir, ni effectué en une seule opération. Ce ne pourra être que le résultat d'années d'entraînement prudent et d'expériences nombreuses. Et cela ne peut pas être réalisé consciemment tant que l'homme intérieur n'est pas développé et n'est pas devenu quelque chose de plus cohérent qu'une sorte de gélatine irresponsable et tremblotante. Ce développement et cette cohérence ne sont atteints que par le perfectionnement du pouvoir de la concentration.
« Il n'est pas exact non plus, et j'ai pu le constater par l'expérience et l'enseignement qui m'ont été présentés, que même dans notre sommeil nous allions nous promener au loin pour voir nos amis et nos ennemis ou goûter des joies terrestres à de lointaines distances. Dans tous les cas où un homme a acquis quelque pouvoir de concentration, il est très possible que le corps endormi soit déserté entièrement, mais de tels cas ne s'appliquent pas actuellement à la majorité.
« La plupart d'entre nous restent tout près de la forme endormie. Il n'est pas nécessaire pour nous de nous éloigner afin d'expérimenter les différents états de conscience qui sont l'apanage de tous les hommes. Nous ne nous aventurerons à des kilomètres de distance que lorsque nous y serons aptes et nous ne pourrons y être aptes que lorsque le corps éthérique nécessaire aura acquis ses pouvoirs et appris comment s'en servir. » – Article « La culture de la concentration » – W.Q. Judge – (Cahier Théosophique N° 70).

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Les preuves du Soi caché

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Article publié par William Q. Judge, en anglais, dans la revue The Path, d'août 1894.
Par les rêves
Dans la clairvoyance
Le sentiment d'identité


 Par les Rêves

L'état de rêve est commun à tous les êtres. Certaines personnes disent ne jamais rêver, mais si on les interroge, on découvre qu'elles ont fait au moins un rêve ou deux dans leur vie et, ce qu'elles veulent dire, c'est que leurs rêves sont rares. Il est peu probable qu'il existe une personne qui n'a jamais eu de rêves. Mais on dit que les rêves sont sans importance ; qu'ils sont dus à la tension, à l'indigestion, à la maladie ou à d'autres causes variées. On les considère comme peu importants parce qu'on les envisage d'un point de vue utilitaire et qu'on pense qu'ils ne peuvent pas servir à grand-chose. Pourtant beaucoup d'hommes se servent de leurs rêves et l'histoire, tant séculaire que religieuse, ne manque pas d'exemples montrant les bienfaits, les avertissements et l'instruction qui peuvent être reçus dans les rêves. Le cas bien connu du rêve du Pharaon (x) au sujet des vaches grasses et des vaches maigres, qui permit à Joseph, l'interprète, de prévoir une famine et de la prévenir, représente une classe de rêves qui ne sont pas rares du tout. Mais le point de vue utilitaire n'en est qu'un parmi beaucoup d'autres.

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Les signes de notre cycle

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(Article de W. Q. Judge, paru dans la revue The Path, de décembre 1892, sous le titre "The Signs of This Cycle", et publié en français dans la revue Théosophie, en 1927, vol. III, n° 1)
Les hommes de toutes les nations, de toutes les parties du monde, s'attendent depuis de nombreuses années, à ce que quelque chose qu'ils ignorent mais qui serait d'une nature importante, se produise, dans les affaires du monde. Les Chrétiens dogmatiques à la lettre, suivant les vagues prophéties de Daniel, sont sans cesse dans l'attente du retour du Christ. Il ne s'est pas encore produit, bien qu'il ait été prédit pour presque chaque année paire, et surtout pour l'an 1000, 1500, 1600, 1700, 1800, et maintenant pour l'an 2000. Les Indiens eux aussi avec leurs danses des revenants, ont célébré, il y a peu de temps, l'attente du retour de leur Messie.
Les Théosophes également, en se basant sur les anciens, et en s'appuyant plus ou moins sur les paroles de H.P. Blavatsky, n'ont pas manqué de discuter des signes des temps.
Mais les idées théosophiques à ce sujet sont basées sur quelque chose de plus défini que les divagations de quelque prêtre biblique. Nous croyons aux cycles et à leurs influences sur les affaires humaines. Nous pensons que la loi des cycles a été étudiée par les anciens durant de nombreux âges, et que ces observations ont été consignées ; de plus, en nous conformant à l'expérience quotidienne montrant le retour périodique des cycles, et en considérant que la réincarnation est la loi absolue de la vie, nous nous sentons confiant de notre bien fondé.
Le cycle actuel est désigné du nom d'âge obscur : en sanscrit, Kali-Yuga, ou âge noir. Cycle sombre parce que la spiritualité est presque totalement obscurcie par le matérialisme et l'intellectualisme. En se déroulant au sein des choses matérielles, et étant essentiellement régi par le mental séparé de l'esprit, il permet le progrès physique et matériel, mais entrave le spirituel. C'est dans ce sens qu'il est le Kali-Yuga. Les Théosophes de tous temps ont considéré que la perte de la spiritualité correspondait à un état de mort et d'obscurité ; et le simple progrès matériel n'est pas en lui-même un signe d'avancement réel, et il peut avoir avec lui les éléments susceptibles de l'arrêter et le détruire. Notre âge fait preuve de toutes ces caractéristiques de façon frappante dans les civilisations occidentales. Nous avons fait de grands progrès dans la conquête de la nature, dans les arts mécaniques, dans l'habileté à satisfaire notre amour du luxe, dans la précision et la puissance des armes faites pour détruire la vie. Mais à côté de cela, nous avons la misère, le mécontentement et les crimes ; de grandes richesses aux mains de quelques-uns, et une pauvreté opprimante accablant le grand nombre.
Comme l'intellect guide ce progrès dans les choses matérielles, nous devons à présent envisager le peuple commun, qui s'est libéré des chaînes qui l'entravaient depuis si longtemps. Il n'échappe pas à la loi générale. Depuis qu'il est libéré, il sent plus durement l'effet des chaînes des circonstances. Par conséquent, il s'ensuit que pour les humains la caractéristique du cycle actuel est : l'inquiétude. Ceci fut signalé dans le Path (vol. I, p. 57, avril 1886), en ces termes :

« La seconde prophétie est plus proche de nous et peut être intéressante : elle concerne les changements cycliques. Nous sommes dans une période de changements, et nous nous référons aux colonnes du Sun (où récemment on notait et discutait des fameux magnifiques couchers de soleils) pour trouver les mêmes pronostics... "Ce beau pays libre, ne restera pas longtemps calme ; l'inquiétude est la marque de ce cycle. Le peuple se soulèvera. Pourquoi, qui peut le dire ? L'homme d'État qui pourrait prévoir la cause de ce soulèvement, pourrait prendre les mesures nécessaires en vue de l'éviter. Mais aucune précaution ne pourra détourner la roue de fer du sort. Et même la ville de New-York ne pourra pas montrer du doigt Cincinnati et St. Louis. Que ceux qui peuvent entendre le murmure et le bruit des nuages qui s'amoncellent sur l'avenir, prennent note ; qu'ils lisent, s'ils savent le faire, la physionomie des États-Unis sur laquelle la main puissante de la nature a tracé les sillons précisant le caractère des tempêtes morales qui s'abattront, quelle que soit la législation". »

Peu de temps après survinrent les émeutes de Cincinnati, et New-York avait été prévenue comme d'autres villes que ces troubles dans l'Ohio ne seraient pas les derniers. Et voici qu'en 1892, exactement six ans après notre prophétie, trois grands États de l'Union sont en effervescence avec les pauvres et les riches armés les uns contre les autres. En Pennsylvanie, il y a une quasi guerre civile dans une grande usine ; New-York rappelle sa milice pour étouffer des émeutes ouvrières, et protéger la propriété des entreprises qui n'ont pas su inspirer l'amour à leurs travailleurs ; et le Tennessee envoie l'armée et des volontaires pour combattre quelques milliers de mineurs armés qui s'opposent à ce que des "transgresseurs de la loi" soient autorisés à faire le travail et s'approprier le salaire des citoyens. Nous ne nous occupons pas des droits ou des torts de l'une ou de l'autre partie dans ces conflits, mais uniquement des faits. Ce sont là quelques signes moraux de notre cycle et ils confirment les prévisions des Théosophes au sujet des troubles moraux, mentaux et physiques. La terre elle-même donne des signes d'instabilité, faisant surgir une île en un endroit, réveillant des volcans endormis depuis longtemps, causant des tremblements de terre en des lieux inaccoutumés, comme par exemple au pays de Galles et dans les Cornouailles. Ces faits sont des signes.
Le cycle se termine, et partout l'inquiétude règne. De même que des pays disparaîtront ou seront transformés, de même les idéaux des hommes changeront. Et comme notre civilisation est basée sur la force et le manque d'une vraie philosophie, la nouvelle race, en Amérique, montrera plus rapidement que toute autre, l'effet des enseignements erronés et de la religion corrompue.
Cependant une ère nouvelle et meilleure fera suite à la colère et aux troubles ; mais la douleur qui accompagne toute naissance ne pourra être épargnée.

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Le Soi est l'ami du Soi et aussi son ennemi

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Traduction de l'article « The Self is the friend of Self and also its ennemy » de W.Q. Judge (Branch Paper n°5 – Août 1890).
Souvent cette phrase de la Bhagavad Gîtâ [Chapitre VI, v. 5] n'a pas été appréciée à sa juste valeur parce qu'on l'a considérée comme vide de sens ou mystérieuse, c'est-à-dire ne valant pas la peine d'être approfondie ou bien impossible à expliquer. Certains étudiants ont pourtant fait bon usage de l'enseignement qu'elle contient. C'est un verset qui a trait directement à la Théosophie appliquée à notre vie quotidienne et qui mérite ainsi d'être examiné attentivement.
Il fait état de deux sois, l'un étant l'ennemi et aussi l'ami de l'autre. Evidemment, sans les suggestions trouvées 'dans la Théosophie, postuler deux sois dans une même personne ne peut pas paraître autrement que dénué de sens, sauf dans les cas admis par la Science, où il y a une aberration de l'intellect, où un lobe du cerveau refuse de travailler avec l'autre, ou bien lorsqu'il y a quelque dérangement cérébral. Mais, après avoir un peu étudié la constitution de l'homme — matériel et spirituel — telle que nous la trouvons esquissée dans la Religion-Sagesse, nous pouvons facilement voir que c'est du soi supérieur et du soi inférieur qu'il s'agit.
L'injonction qui fait suite et prescrit d'« élever le soi par le soi », fait ressortir clairement ce point ; car puisqu'une chose ne peut pas s'élever sans un point d'appui, le soi qui nous élèvera doit être le soi supérieur, et celui qui doit être élevé, l'inférieur.
Afin d'accomplir cette tâche, nous devons faire connaissance avec le soi qui doit être élevé. Plus grande et précise sera cette connaissance, plus rapide sera la progression du travail d'élévation de l'être qui s'y efforcera.
Observons un moment les obstacles sur le chemin, les raisons pour lesquelles, pour tant d'individus, la compréhension qu'ils ont d'eux-mêmes est aussi clairement déficiente.
Chacun sait qu'il peut voir les défauts dans les actions et le caractère des autres hommes mieux que les siens. Il y a, bien sûr, des gens qui n'admettent pas qu'ils aient des défauts.
St Jacques évoque le cas d'un homme qui se regarde dans un miroir et, tout de suite, se met à oublier quel genre d'homme il est. Bien que j'aie souvent mis cela en doute, c'est pourtant bien le cas en ce qui concerne le miroir qui nous est souvent tendu par les autres pour nous y regarder. Nous voyons notre apparence pendant un moment puis nous l'oublions.
Il y a cependant certaines choses au sujet desquelles il est souvent impossible pour nous de nous connaître. Souvent, nous n'entendons pas, comme les autres le font, nos intonations de voix qui sont rudes ou désagréables. Il n'existe, en effet, guère de chose aussi difficile que d'entendre réellement notre propre voix dans tous ses aspects de ton et d'accent. Nous sommes si habitués à elle que nous ne pouvons dire si elle est agréable ou repoussante, musicale ou discordante. Nous devons nous fier aux dires de ceux qui l'entendent.
En fait, je doute sérieusement que quiconque entende jamais complètement les tons de sa voix, de la même façon que ceux à qui nous parlons, parce qu'elle nous parvient non seulement par le canal de l'oreille externe qui reçoit les vibrations émises à l'extérieur de nous, mais aussi au moyen des vibrations produites à l'intérieur, à. travers tout le crâne et, pour cette raison, elle sera toujours une voix différente pour nous. En conséquence, il ne serait pas profitable d'accorder une trop grande attention au son de notre voix si nous le faisons sans nous soucier de l'attitude intérieure elle-même qui presque toujours détermine le ton avec lequel nous parlons. car si nos sentiments sont bienveillants et charitables, il est plus que probable que leur expression vocale sera en accord avec eux. On peut sûrement laisser Je soin de l'exercice de la voix, autant qu'il est possible, aux professeurs qui se chargent de l'adoucir et de la polir.
En prenant quelques exemples parmi le grand nombre de ceux que nous trouvons autour de nous, et, en supposant qu'ils représentent des défauts et des particularités que nous sommes susceptibles d'avoir, nous pouvons arriver à quelque chose d'utile dans notre vie Théosophique.
Voici une personne qui vous dit constamment qu'un certain nombre de gens sont toujours très portés à parler d'eux-mêmes et de leurs affaires et semblent ne prendre aucun intérêt à la conversation, à moins qu'ils n'en soient eux-mêmes le centre. Après avoir dépeint le défaut des autres, cette personne, homme ou femme, se met aussitôt à montrer que c'est son propre défaut particulier, car, à partir de ce moment, toute la conversation porte sur « moi » ou « mes » affaires.
Notre sujet suivant est un individu qui parle beaucoup d'altruisme et de fraternité, mais qui ne donnerait pas un centime pour quelque bonne cause. Non peut-être par avarice intentionnelle, mais par pure habitude de ne pas donner et de ne pas aider.
En voici un autre qui illustre le défaut marqué de ce siècle, l'inattention. Il vous écoute, mais n'entend qu'une partie et ensuite, quand il répète ce qu'il dit vous avoir entendu dire, il en donne une version entièrement différente de la vôtre. On bien, s'il écoute un débat ou une discussion, il ne prête l'oreille qu'aux arguments qui, pour lui être familiers, le frappent favorablement. '
Ensuite, nous avons le bigot qui, tout en chantant les louanges de la liberté de pensée et de l'unité de tous les hommes, fait montre de la bigoterie la plus épouvantable.
Puis nous voyons un autre individu qui illustre une variante du premier auquel j'ai fait allusion : c'est l'homme qui ne souhaite apparemment que vous imposer ses propres vues et ne se soucie pas de savoir ce que peuvent être vos opinions.
Voici encore le sectaire qui donne sa faveur à telle école ou tel groupe. Aucune critique n'est admise. Aucun défaut ne peut être reproché. L'esprit partisan enveloppe tout et empêche de voir clair.
Bien entendu, tous ces cas ne constituent que des échantillons, mais dans une certaine mesure chacun de nous possède tous ces défauts, ne serait-ce que faiblement, ils sont là quand même. Ils sont tous le résultat de la prédominance du soi inférieur, car ils traduisent tous une disposition à mettre le Moi personnel en avant. Ils représentent le triomphe actuel du soi inférieur sur les efforts du soi supérieur. Ils peuvent être diminués, dans une certaine mesure, si l'on fait attention à leur expression extérieure, mais aucun progrès réel ne sera obtenu si un travail sur le plan caché n'est pas commencé. Un défaut comme celui de ne pas écouter longtemps les vues d'un autre mais de se hâter de lui dire ce que l'on pense soi-même, est une disposition qui nuit à l'acquisition de nouvelles idées. Si vous racontez constamment aux autres ce que vous pensez, vous ne gagnez rien. En effet, votre expérience et votre point de vue sont les vôtres et sont bien connus de vous. Leur expression répétée ne sert qu'à les imprimer plus fortement dans votre mental. Vous ne recevez alors aucune des lumières nouvelles que le mental des autres pourrait jeter sur votre philosophie si vous lui en donnez l'occasion.
Il y a d'autres facteurs dans notre constitution qui sont de puissants producteurs de défauts et d'erreurs. Chaque homme a deux lignes d'ascendance. L'une est celle qui vient de ses parents,' et elle concerne sa constitution mentale et physique. Cette ligne peut remonter aux lieux les plus étranges et les plus singuliers et apparaître pleins de sinuosités, en passant par des dispositions et des caractéristiques mentales dont nous n'avons aucune idée. Supposez que votre ligne d'ascendance physique remonte aux Danois ou aux Norvégiens, et la mienne aux Français. Il y aura, dans une certaine mesure, un manque de sympathie et d'appréciation mutuelle sur le plan mental. Bien sûr, cet effet ne sera pas apparent si une longue période de temps s'est écoulée depuis que notre sang a circulé dans ces corps, mais cependant il en restera quelques traces. Il y aura une tendance pour le physique, incluant le cerveau, à toujours amener à la surface les caractéristiques qui résultent de la prépondérance des facultés et dispositions héritées. Ces caractéristiques appartiennent entièrement au plan physique, et sont transmises depuis les siècles passés par héritage, en affectant le corps particulier que vous pouvez occuper dans l'une ou l'autre de vos incarnations. C'est votre karma d'avoir cette sorte d'environnement physique entourant votre soi intérieur. Il faut noter que les obstacles à la perception de la vérité et à l'acquisition de la connaissance du soi, qui sont le résultat de l'hérédité physique, sont difficiles à percevoir, et nécessitent beaucoup d'étude et d'examen de conscience pour les amener à la lumière. Mais ils sont là, et le Théosophe sérieux cherchera à les découvrir. Les différences observées dans le corps physique, que nous nommerons en l'occurrence — différences d'héritage — sont de la plus haute importance. Elles ressemblent aux différences entre des télescopes ou des microscopes fabriqués par des opticiens différents, et elles tendent à nous faire voir la vérité d'une manière claire ou floue, ou bien comme entourée de halos multicolores. Ce que nous désirons le plus avoir est un télescope mental qui soit non seulement puissant mais aussi dépourvu des couleurs que seule la qualité d'achromaticité éliminerait.
La seconde ligne d'ascendance est celle qui appartient purement à l'homme intérieur ; c'est la ligne psychique. Elle est obscure, et, en fait, ne peut être découverte et définie que par un adepte, ou un voyant entraîné dont la clairvoyance lui permet de voir ce fil intangible mais cependant puissant qui a tant à voir avec notre caractère. Cette ligne est tout aussi importante que l'ascendance physique — en fait même plus — parce qu'elle concerne l'homme toujours vivant, alors que la demeure physique est choisie par l'homme intérieur ou est la conséquence des actions que cet homme intérieur a obligé le précédent corps à accomplir. Aussi peut-elle être modifiée facilement à tout moment si nous vivons dans la soumission à la loi supérieure.
Si l'on quitte la ligne globale d'ascendance au sein d'une nation, on trouve que chaque individu est également gouverné par les caractères particuliers et les' défauts propres à la famille, qui ne sont pas aussi faciles à définir que ceux qui sont propres à la nation, du fait que peu d'hommes sont en possession de faits suffisants pour définir les tendances familiales générales.
Si nous en venons maintenant à nous-mêmes, c'est presque un axiome d'affirmer que le mental de chacun agit d'une façon qui lui est propre. Le mental possède une tendance, qui s'accentue de jour en jour après nos premières années d'existence, de tomber dans une ornière — sa propre ornière ou façon de regarder les choses et les idées. Ceci est d'une grande importance.
En effet, l'homme qui a libéré son mental de sorte à le rendre capable d'épouser facilement les méthodes du mental des autres, cet homme-là a plus de chances de voir la vérité plus rapidement que celui qui est fixé dans ses propres voies.
Nous devons donc tout de suite nous constituer notre propre critique et adversaire, car il n'est 'pas fréquent que quelqu'un d'autre consente à remplir ce rôle pour nous ou en soit capable.
Notre première étape, qui est aussi la plus difficile — pour certains, en fait, impossible — est de nous choquer nous-mêmes d'une façon telle que nous soyons vite capable de sortir de nos propres méthodes mentales ou plutôt de les comprendre. Je ne veux pas dire que nous devions abandonner tout ce que nous avons eu antérieurement comme apprentissage et éducation, mais que nous analysions toutes nos opérations mentales de façon à connaître avec certitude et à percevoir aisément la différence réelle de méthode entre nous-mêmes et toute autre personne. C'est une chose que les hommes d'aujourd'hui entreprennent ou réalisent rarement ; chacun est épris de ses propres habitudes mentales et répugne à admettre que quelqu'un d'autre puisse être meilleur que lui. Quand nous sommes devenus familiers avec les voies mentales qui sont les nôtres, c'est alors que nous sommes dans la position convenable pour voir si, dans un cas particulier ou l'autre, notre point de vue est faux.
C'est là l'équivalent psychologique et métaphysique du processus scientifique qui consiste à classifier et comparer de façon à parvenir à distinguer des différences entre des choses en vue de découvrir des lois physiques. Car, tant que nous restons dans l'ignorance de la méthode des voies suivies dans l'action de notre mental, il n'existe pas de moyen permettant de comparer notre mental avec celui des autres. Nous pouvons comparer nos points de vue et opinions, mais non la mécanique réelle de la pensée. Nous pouvons entendre des doctrines, mais nous sommes incapables de dire si nous les acceptons ou les rejetons sur la base d'un raisonnement juste, ou parce que notre penchant particulier sur le plan mental nous force à ratiociner en nous conformant entièrement à une déformation mentale acquise tout au long de nombreuses années vécues dans la précipitation.
On mesure l'intérêt qu'il y a à comprendre notre déformation mentale au- point de pouvoir l'abandonner à volonté, et entrer dans la déformation mentale d'un autre, quand, nous considérons que chacun de nous n'est capable de percevoir que l'une des nombreuses facettes que la vérité présente. Si nous restons dans l'ornière qui nous est naturelle, nous passons une vie entière à ne voir la nature et le champ de la pensée qu'à travers une seule sorte d'instrument. Mais par l'autre pratique, nous pouvons obtenir autant de points de vue différents de la vérité que le nombre de mentaux que nous rencontrons. Quand un autre être humain expose devant nous ses pensées, nous pouvons non seulement les examiner dans notre optique, mais aussi prendre sa méthode et, en faisant nôtres, pour l'occasion, ses tendances et sa déformation mentales, avoir ainsi une vision d'autant plus grande.
Il est très facile d'illustrer ceci par des exemples de la vie ordinaire. Le romancier ne voit dans les salons de la société et les taudis des pauvres que les matériaux qui pourront servir de base à un nouveau livre, alors que celui qui vise la réussite sociale écarte la pensée des taudis et ne voit dans la société que le moyen de satisfaire son orgueil et son ambition, tandis que l'artiste ne peut penser qu'au jeu des couleurs et à l'arrangement des figures et à l'harmonie dont se délecte son sens artistique.
Le simple homme d'affaires n'est pas attiré par les événements complexes quotidiens qui ne sont pas en relation avec ses affaires, alors que l'étudiant en Occultisme sait que des événements très obscurs annoncent d'autres choses qui n'appartiennent qu'au futur. Dans chaque couche de la société et chaque art ou profession, il nous est prouvé constamment que chaque homme considère n'importe quel sujet en adoptant seulement un ou deux points de vue, et quand on rencontre un mental bien équilibré qui regarde les événements, les hommes et les pensées d'une manière libre de tous les côtés, chacun reconnaît immédiatement une supériorité dans la personne, sans cependant être capable de l'expliquer.
Mais c'est dans l'étude Théosophique qu'il est sage pour nous de nous constituer critiques de nous-mêmes et d'adopter autant que possible la pratique consistant à abandonner notre propre route mentale pour emprunter celle d'un autre. La vérité est simple et il n'est pas si difficile de l'atteindre si nous voulons bien suivre le conseil de l'Upanishad hindou et trancher l'erreur. Dans une large mesure l'erreur se développe à partir de notions et d'idées préconçues inculquées en nous par nos éducateurs et notre vie.
L'influence de ces idées préconçues apparaît chaque jour parmi les Théosophes qui cherchent à avoir plus de livres à lire sur la Théosophie. Leur mental est si plein de vieilles notions qui ne sont pas expulsées d'une manière violente, que la vérité ne peut pas être facilement perçue. S'ils lisaient moins de nouveaux livres et passaient plus de temps à relire ceux qu'ils ont essayés en premier, tout en s'efforçant studieusement d'entrer dans toute la pensée de l'auteur, ils enregistreraient un bien plus grand progrès.
Prenez, par exemple, la Clet de la Théosophie. Elle est pleine de toutes les doctrines principales de la Religion-Sagesse, et d'indications concernant d'autres points. Beaucoup de gens, après en avoir fait la lecture, se sont mis en quête d'un autre livre. Ils prétendent bien le posséder. Cependant, si vous leur posez quelques questions, ou écoutez les leurs, il apparaît clairement qu'ils n'ont saisi que la partie de l'ouvrage qui, d'une certaine façon, coïncide avec leur formation antérieure et la ligne de pensée qu'ils ont acquise. En fait, c'est justement la partie sur laquelle ils n'avaient pas besoin de s'attarder, puisque, comme elle est en affinité avec eux-mêmes, elle peut être comprise à n'importe quel moment. Mais si un lecteur veut bien se mettre dans la position d'être son propre critique, alors les parties du livre qui semblent obscures' seront attaquées, sans s'en détourner et si elles sont examinées sous tous les angles, elles pourront bientôt être transformées en possessions. Et, simplement du fait que telle n'a pas été la pratique, il est arrivé que certaines présentations d'une valeur extrême de la doctrine et de la philosophie soient restées enfouies dans des livres et des revues théosophiques parus antérieurement, pendant que des lecteurs qui en ont pris connaissance une seule fois sont passés fébrilement à d'autres ouvrages et ont perdu le souvenir de ce qui aurait pu les éclairer.
Le Théosophe qui aime à se qualifier de pratique et de logique, qui abhorre le mysticisme, devrait essayer de voir ce que veut dire le Théosophe mystique, et le mystique devrait lire soigneusement les mots exprimés par le membre pratique, dans le but de pouvoir s'équilibrer lui-même. Un mental complètement pratique, ou entièrement mystique, n'est pas bien équilibré. Et aussi longtemps que l'homme pratique et logique qui se trouve dans nos rangs repoussera le mysticisme et ne lira jamais les textes qui s'en inspirent, il restera déformé et déséquilibré aux yeux de ceux qui voient les deux cotés, parce qu'il est enveloppé dans des id.?es et des méthodes qui ne sont justes que dans leur propre domaine. L'attitude d'esprit proposée ne doit pas être observée seulement envers notre littérature et la philosophie étudiée ; elle doit être celle de chaque heure du jour et pouvoir s'appliquer à nos relations avec autrui. Elle nous amènera à discerner le défaut commun consistant à refuser de considérer les pensées exprimées par une autre personne, parce que sa personnalité nous est désagréable. Souvent, dans nos rangs, nous trouvons des gens qui ne prêtent aucune attention à certains autres membres qui, selon eux, sont incapables de raisonner correctement ou de parler clairement. Cependant, en dehors de toute considération de charité et de politesse, il existe une loi occulte, qui est trop ignorée, — selon laquelle chacun est amené insensiblement par la loi Karmique à s'adresser aux autres sur ces sujets et à offrir une occasion à l'interlocuteur de faire un bond, pour ainsi dire, hors de sa façon de penser favorite et de considérer la vie telle qu'elle est vue à travers les yeux d'un autre. Ceci se produit souvent, si nous le permettons, dans la tentative faite pour maîtriser l'irritation ou l'ennui causé par la manière dont l'autre personne présente sa pensée dans son mental. Mais si nous refusons de saisir l'occasion, que ce soit en nous échappant absolument ou en recouvrant notre mental d'un épais manteau d'indifférence, l'idée brillante et nouvelle qui apparaît en tremblant dans le champ de notre conscience est rejetée et perdue dans les sombres recoins du plan mental. Ou bien alors, en envisageant les choses d'une autre manière, nous pouvons, conformément à la loi Karmique, être la seule et unique personne capable à ce moment d'élucider l'idée de notre frère, et nous restons encore son débiteur si nous n'acceptons pas l'opportunité offerte. De quelque point de vue qu'on se place, le résultat est le démérite.
Conquérons donc le soi dans le domaine indiqué et ainsi transformons l'insidieux ennemi et le trompeur intérieur en l'ami et le guide constant.

William Q. JUDGE.

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