Lundi 25 Septembre 2017

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Les Brahmes, dans les temps védiques, ne connaissaient ni castes, ni veuves de Malabar. Le Brahmanisme de Jacolliot n'existait pas du temps des Rishis et il a été parfaitement démontré que les Brahmes ont embelli leur loi de Manou, dans la période post-Mahabharatique. Durant l'âge Védique, les veuves se remariaient fort tranquillement et les castes ne furent inventées que dans l'âge du kali-yuga, pour des raisons aussi occultes que justes, au point de vue de la prospérité et de la santé des races.

Mais à quoi bon tout cela ? Qu'avons-nous, Théosophes, à faire avec le Brahmanisme, sauf pour le combattre dans ses abus, depuis neuf ans que la Société Théosophique est établie aux Indes? Ragunath Rao, un Brahme de la plus haute caste, qui a présidé pendant trois ans la Société Théosophique de Madras, et qui est maintenant le premier ministre (Dewan) chez le Holkar, est le réformateur le plus acharné de l'Inde. Il combat, comme tant d'autres Théosophes, la loi du veuvage, s'appuyant sur les textes de Manou et du Véda. Il a escamoté déjà plusieurs centaines de jeunes veuves, vouées au célibat pour avoir perdu leur mari dans leur enfance, et il les a remariées, malgré les cris et les protestations des Brahmes orthodoxes. Il se rie des castes, et les cent et quelques Sociétés Théosophiques des Indes, l'aident dans cette guerre à outrance contre la superstition et la cruauté cléricales.

Il est faux de dire que ces institutions ont été établies pendant le règne de l'Esotérisme. C'est la perte des clefs des symboles et des lois de Manou, qui a produit toutes les terreurs, tous les abus intercalés dans le Brahmanisme. Mais alors même que ces allégations seraient exactes, qu'avons-nous à faire avec le Brahmanisme orthodoxe ? Les horreurs décrites par Devendro Dass, « la veuve Hindoue » dans le Nineteenth Century, et citées contre les théosophes dans le même numéro de la Revue du Mouvement social, page 333 (Janvier 1887) sont parfaitement vraies. Toutefois, Devendro Dass étant théosophe depuis 1879, on devrait comprendre, enfin, que les théosophes combattent le Brahmanisme des pagodes, comme toutes les superstitions, tous les abus, toutes les injustices.

Puisqu'il ressort de la façon d'agir des théosophes boudhistes, serviteurs de la Sagesse et de la Vérité, qu'ils n'appartiennent à aucune religion, à aucune secte, mais qu'ils combattent, au contraire, les cultes exotériques, les abus qui en découlent et qu'ils s'efforcent, enfin, d'être utiles à l'humanité, la présente explication devrait suffire à rétablir, enfin, la vérité sur les « missionnaires » de l'Himalaya. C'est justement parce que la science occulte et la philosophie ésotérique ont « pour fonction pivotale le service de l'humanité », c'est parce que leurs ardents serviteurs cherchent à réveiller les peuples européens et asiatiques endormis sous l'ombre mortelle des cléricalismes, en leur rappelant les leçons de la Vieille Sagesse — c'est pour ces motifs, que les dits serviteurs viennent s'offrir à l'Europe-Amérique. Ceux qui se défieraient encore sont priés de juger à ses fruits l'arbre de la Théosophie ; car en la jugeant aux fruits de l'arbre des religions Brahmanique, Bouddhiste, Judaïco-Chrétienne, ils commettent une injustice évidente et empêchent les théosophes de se rendre utiles à leur prochain, principalement aux déshérités du monde.

Ayant parlé du bon vieux Sumangala ailleurs, plus n'est besoin de perdre son temps à répudier toute solidarité avec Bronzes .ou Brahmes. Ces derniers — ceux du moins qui sont restés ultra-orthodoxes et qui combattent toute réforme bienfaisante — nous persécutent et nous haïssent autant que le clergé chrétien et les missionnaires. Nous brisons leurs idoles; ils essaient de briser nos réputations et de salir notre honneur ; ceux qui agissent de la sorte sont principalement les serviteurs du Christ, de celui qui, le premier, défendit de prier « Le Père » dans les temples, comparant les hypocrites aux pharisiens qui font des actes de piété dans tous les carrefours, semblables à des sépulcres blanchis au dehors et pleins de pourriture au dedans. Cependant les « Bonzes », les prêtres Bouddhistes, sont, il faut l'avouer, les seuls qui nous aient vraiment aidés dans nos réformes. Jamais la voix d'un prêtre de Gautama ne s'est élevée contre nous. Toujours, les Bouddhistes de Ceylan furent de vrais frères pour les Théosophes d'Europe ou d'Amérique. Que se passe-t-il dans le Thibet ? Une chose remarquable entre autres, qui a frappé les rares missionnaires venus dans ce pays : dans la pleine activité des rues, à midi, tous les marchands boutiquiers, dont la marchandise est étalée au dehors, s'en vont chez eux, laissant ainsi leurs biens sur les trottoirs et presque en pleine ; les acheteurs qui surviennent voient le prix marqué des objets dont ils ont besoin, emportent ces objets, en déposent 1a valeur sur le comptoir, et à son retour le marchand retrouve le prix des marchandises enlevées ; le reste demeure intact. Voilà cependant quelque chose qu'on ne trouverait pas en Europe-Amérique ; et ce n'est pourtant que le résultat des commandements exotériques de Gautama Bouddha — lequel ne fut qu'un sage et n'a jamais été déifié. Il n'y a pas non plus au Thibet de mendiants ni de gens qui meurent de faim; l'ivrognerie et le crime y sont inconnus, ainsi que l'immoralité — sauf parmi les Chinois, qui ne sont pas des « Bouddhistes » dans le vrai sens du mot, pas plus que les Mormons ne sont des chrétiens. Ah! que le sort préserve donc le pauvre Thibet, avec sa population ignorante et honnête, des bienfaits de la civilisation, et surtout des missionnaires !

Qu'il le protège encore davantage du « Dieu Progrès », tel qu'il se manifeste en Europe-Amérique ! On nous dit que le progrès c'est le meillorisme, « l'évolution sociale qui améliore sans cesse les conditions physiques, intellectuelles, morales, du plus grand nombre ». Où donc a-t-on vu cela ? L'a-t-on trouvé à Londres, avec ses quatre millions d'habitants, dont un million ne mange que tous les trois jours — et encore ? Est-ce en Amérique, où le progrès nécessite l'éjection des centaines de milliers d'ouvriers chinois qu'on renvoie mourir de faim ailleurs, l'expulsion immédiate de milliers d'émigrants Irlandais et autres paupers dont l'Angleterre tâche de se débarrasser ? Un progrès bâti sur l'exploitation du pauvre et de l'ouvrier, n'est qu'un autre char de Jaggernath, plus un faux-nez. Au progrès des classes instruites et riches, qui doit passer sur le corps de milliers de pauvres et d'ignorants, on a le droit de préférer même une mort douce sous le Mancenillier. top-iconRetour en Hauttop-icon