Vendredi 23 Juin 2017

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Fausses Conceptions
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Dire que les sciences occultes prétendent commander arbitrairement à la nature, c'est comme si l'on disait que le soleil commande à l'astre du jour d'éclairer. Les sciences occultes sont la nature même ; la connaissance intime de ses secrets ne donne pas aux Initiés le pouvoir de lui commander. La vérité est que cette connaissance apprend aux Adeptes la manière de fournir certaines conditions pour la production de phénomènes, toujours dus à des causes naturelles, à des combinaisons de forces analogues à celles qu'emploient les savants. La vraie différence entre la science moderne et la science occulte se trouve dans ceci : la première oppose à une force naturelle une autre force naturelle plus puissante sur le plan physique ; la deuxième oppose à une force physique une force spirituelle ou psychique, c'est-à-dire l'âme de cette même force. Ceux qui ne croient pas à l'âme humaine, ni à l'Esprit immortel, ne peuvent admettre a fortiori, dans chaque atome de matière, une âme vitale et potentielle. Cette âme, humaine, animale, végétale ou minérale, n'est qu'un rayon prêté par l'âme universelle à chaque objet manifesté, pendant le cycle ou période active du Kosmos. Ceux qui rejettent cette doctrine sont, ou des matérialistes ou des cagots sectaires qui redoutent le mot de « Panthéisme » plus que le diable de leurs rêves malsains.

L'idée du « grand œuvre » associée à celle de Dieu et du Diable, ferait sourire de pitié un chéla de six mois. Les Théosophes ne croient ni à l'un ni à l'autre. Ils croient au grand TOUT, au Sat, c'est-à-dire à l'existence absolue et infinie, unique et sans aucune autre pareille — qui n'est ni un Etre, ni une créature anthropomorphe — qui est, et ne peut jamais ne pas être. Les Théosophes voient dans le prêtre de n'importe quelle religion un être inutile quand il n'est pas pernicieux. Ils prêchent contre toutes les religions dogmatiques et infaillibles é ne connaissent d'autre divinité, dispensatrice des peines et des récompenses, que le Karma, divinité créée par leurs propres actions. Le seul Dieu qu'ils adorent est la VÉRITÉ ; le seul diable qu'ils reconnaissent et, qu'ils combattent avec acharnement, est le Satan de l'Egoïsme et des passions humaines.

Aujourd'hui les Brahmes sont aussi ignorants des sciences occultes que les Bouddhistes de Ceylan ! Sur sept clefs ésotériques qui ouvrent le cabinet de Barbe-Bleue (l'occultisme), ils n'en possèdent qu'une seule ― la clef physiologique ou l'aspect sexuel (phallique) de leurs symboles. Sur 150.000.000 de Brahmes, de tous degrés, on ne trouverait pas 150 initiés, aux Indes, en y comprenant leurs Yogis et Paramamsas, Leurs temples sont devenus des cimetières où gisent les cadavres de leurs beaux symboles d'autrefois et où règnent, suprêmes, la superstition et l'exploitation. S'il en était autrement, pourquoi donc les Théosophes américains seraient-ils allés aux Indes ? Pourquoi des milliers de Brahmes seraient-ils entrés dans la Société Théosophique, avides d'appartenir à un centre où ils pourraient rencontrer, de temps en temps, un vrai Mahatma en chair et en os, arrivant de l'autre côté de la « grande montagne » ? Ah, on ferait bien d'étudier la doctrine secrète et d'apprendre que l'aïeule rouge de l'Atlantide disparue (l'Atala de Sûrya Siddhânta et d'Asura Maya) avait pour bisaïeule Vâhi Saravasti sur l'île de Shambala, lorsque l'Asie centrale n'était qu'une vaste mer, là où est maintenant le Thibet et le désert de Shamo ou de Gobi.

On reconnaît la nécessité de faire un secret des sciences dangereuses — la chimie par exemple — de ne pas livrer à la foule, même dans les pays civilisés, le mystère de certaines combinaisons meurtrières. Pourquoi donc refuserait-on de voir un acte de sagesse, nécessité par l'expérience du cœur humain, dans la loi du silence, imposée aux Adeptes, au sujet des révélations occultes ?

M'est avis, cependant, que ce sont justement les classes intelligentes et riches qui abuseraient du pouvoir occulte à leur bénéfice et profit, bien plus que les classes ignorantes et pauvres. La première loi de la Science Sacrée, c'est de ne jamais user de son savoir dans son propre intérêt, mais de travailler avec et pour les autres. Or, combien trouverait-on, en Europe-Amérique, de gens prêts à se sacrifier pour le prochain ? Un Adepte malade n'a pas le droit de dépenser sa force magnétique pour diminuer ses souffrances personnelles, tant qu'il se trouve, à sa connaissance, une seule créature qui souffre et dont il peut affaiblir, sinon guérir, la douleur physique ou mentale. C'est la déification de la souffrance du moi, au profit de la santé et du bonheur d'autrui. Un Théosophe, s'il ambitionne l'Adeptat, ne doit pas se venger. Il doit souffrir en silence, plutôt que d'exciter chez un autre des passions mauvaises ou le désir de se venger à son tour. La non-résistance au mal, le pardon et la charité, sont les premières règles du noviciat.

D'ailleurs, nul n'est tenu de se faire théosophe et encore moins de se faire recevoir candidat à l'Adeptat et à l'initiation occulte.

La polarité seule peut produire le phénomène vital, de même qu'elle produit, par l'union des forces positives et négatives, les phénomènes de la gravitation. Deux pôles de même nature se repoussent mutuellement : exemple, l'entente cordiale, la douce fraternité qui règnent parmi les nations occidentales. Si la fusion des contraires ne s'opère pas, si l'Anglais n'arrive pas à appeler ouvertement l'Hindou son frère et à agir comme s'il l'était, les nations de l'Europe-Amérique finiront pas se dévorer mutuellement, un jour, ne laissant que les queues sur le champ de bataille, comme les chats de Kilkany. top-iconRetour en Hauttop-icon