Vendredi 23 Juin 2017

Mis à jour le Ven. 23 Jui. 2017 à 16:25

Retour H.P. Blavatsky Articles H.P. Blavatsky Fausses Conceptions - Page 2

Fausses Conceptions - Page 2

  • PDF
Index de l'article
Fausses Conceptions
Page 2
Page 3
Page 4
Page 5
Toutes les pages

La Théosophie et ses principes une fois connus, il sera démontré que notre philosophie est non seulement « proche parente de la science moderne », mais son aïeule, la dépassant beaucoup en logique; que sa « métaphysique » est plus large, plus belle, plus puissante que toute autre émanant d'un culte dogmatique, car c'est la métaphysique de la Nature dans sa chaste nudité physique, morale et spirituelle, seule capable d'expliquer le miracle apparent par les lois naturelles et psychiques, de compléter les notions purement physiologiques et pathologiques de la Science, et de tuer pour toujours des Dieux anthropomorphiques et les Diables des religions dualistes. Personne, plus que les Théosophes, ne croit fermement à l'Unité de la Loi Eternelle.

Le Néo-Bouddhisme de la religion du prince Siddârtha Bouddha ne sera jamais accueilli par l'Europe-Amérique, pour la simple raison qu'il ne s'offrira jamais à l'Occident. Quant au Néo-Boudhisme ou « Renouveau de la Vieille Sagesse » des Aryas Anté-Védiques, la période évolutive actuelle des peuples de l'Occident aboutira à un cul-de-sac, s'ils le rejettent. Ni le vrai christianisme de Jésus, le grand socialiste et Adepte, l'homme divin dont on a fait un dieu anthropomorphe, ni les sciences (qui se trouvant dans leur période de transition, sont, comme dirait Haeckel, des protistae plutôt que des sciences définitives), ni les philosophies du jour qui semblent jouer à colin-maillard les unes avec les autres, se cassant mutuellement le nez, ne permettront à l'Occident d'atteindre sa pleine floraison si on tourne le dos à la Vieille Sagesse des siècles écoulés. Le bonheur ne peut pas exister là où la Vérité est absente. Bâti sur le sable mouvant des fictions et des hypothèses humaines, le bonheur n'est qu'un château de cartes, tombant au premier souffle ; il ne peut exister réellement, tant que l'Egoïsme règne, suprême, dans les Sociétés civilisées. Tant que le progrès intellectuel se refusera d'accepter une position subordonnée au progrès moral et que l'Egoïsme ne s'effacera pas devant l'Altruisme prêché par Gautama et le vrai Jésus historique (le Jésus du sanctuaire païen, non le Christ des Eglises), le bonheur, pour tous les membres de l'humanité, demeurera une utopie. Comme les Théosophes sont les seuls, jusqu'ici, à prêcher cet altruisme sublime (alors même que les deux tiers de la Société Théosophique auraient failli à leur devoir), et que seuls, au milieu d'une foule railleuse et défiante, quelques-uns d'entre eux se sacrifient corps et âme, honneurs et biens, prêts à vivre hués et incompris, pourvu qu'ils réussissent à semer le bon grain pour une moisson qu'il ne leur sera même pas donné de récolter, ceux qui s'intéressent au sort des misérables devraient au moins s'abstenir de les vilipender.

Il n'y a qu'un moyen d'améliorer jamais la vie humaine : c'est l'amour du prochain pour lui-même et non pour notre gratification personnelle. Le plus grand théosophe — c'est-à-dire celui qui aime la vérité divine sous toutes ses formes — est celui qui travaille pour le pauvre et avec le pauvre. II y a, de par le monde, un homme connu de toute l'Europe-Amérique intellectuelle et qui n'a peut-être jamais entendu prononcer le nom de la Société Théosophique ; je veux parler du comte Léon Tolstoï, l'auteur de la Guerre et la Paix. Ce grand écrivain est le vrai modèle de tout aspirant à la vraie théosophie. C'est lui qui le premier, dans l'aristocratie européenne, a résolu ce problème ; « Que puis-je faire pour rendre heureux tout homme pauvre que je rencontrerai ? » Voici ce qu'il dit :

« Je pense que c'est le devoir de chacun de travailler pour quiconque a besoin d'être aidé ; travailler manuellement, notez bien, une partie de la journée. II est plus pratique de travailler avec et pour le pauvre, que de lui donner une partie de votre travail intellectuel. Dans le premier cas, vous n'aidez pas seulement celui qui a besoin d'être aidé, mais vous prêchez d'exemple au paresseux et au mendiant ; vous leur faites voir que vous ne considérez pas leur ouvrage prosaïque comme au-dessous de votre dignité, et vous lui inculquez ainsi le sentiment du respect et de l'estime pour lui-même, ainsi que la satisfaction de son lot. Si, d'un autre côté, vous persistez à travailler uniquement, dans votre haute région intellectuelle et si vous donnez au pauvre le produit de votre labeur, comme on fait l'aumône à un mendiant, vous ne réussirez qu'à encourager sa paresse et le sentiment de son infériorité. Vous établissez ainsi une différence sociale de castes entre vous-même et celui qui accepte votre aumône. Vous lui enlevez l'estime et la confiance en vous et vous lui suggérez des aspirations à se débarrasser des rudes conditions de son existence, qui s'écoule dans ce travail journalier et physique, à s'associer à votre vie, qui lui paraît plus facile que la sienne, à porter votre habit qui lui paraît plus beau que le sien, et à obtenir accès à votre position sociale, qu'il considère comme supérieure à la sienne. Ce n'est pas ainsi, grâce au progrès scientifique et intellectuel, qu'on peut espérer soulager les pauvres ou inculquer à l'humanité l'idée d'une fraternité véritable ».

Aux Indes, les « missionnaires » théosophes travaillent à faire disparaître l'esprit de caste et à réunir toutes les castes dans leur fraternité. Et déjà, chose incroyable et impossible jusqu'à leur arrivée dans le pays des Vaches Sacrées et des Bœufs-Dieux, on a vu s'asseoir à la même table Brahme et Paria, Hindou et Bouddhiste, Parsi et Mahométan. Lorsque nous verrons, dans la France Républicaine, un aristocrate, un financier, frayer avec leur blanchisseur, ou une dame du grand monde, fière de ses sentiments démocratiques, aider sa pauvre fermière à planter ses choux, ainsi que le fait la fille du comte Tolstoï, ainsi que le font des vrais théosophes européens à Madras et ailleurs — alors nous dirons qu'il y a espoir pour le pauvre en Europe....

L'Astrologie est la mère de 1'Astronomie, et l'Alchimie celle de la Chimie, comme l'âme plastique est la mère de l'homme physique primitif. Mais l'Astrologie et l'Alchimie sont également l'âme des deux sciences modernes. Et tant que la vérité ne sera pas reconnue, l'Astronomie et la Chimie continueront à tourner dans un cercle vicieux et ne produiront rien en dehors de la matérialité. top-iconRetour en Hauttop-icon