Vendredi 18 Août 2017

Mis à jour le Ven. 18 Août 2017 à 09:43

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Qu’est-ce que la Théosophie ? - Page 3

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Qu’est-ce que la Théosophie ?
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Pour donner une définition complète de la Théosophie, nous devons l'envisager sous tous ses aspects. Il est des êtres pour qui le monde intérieur n'est pas enveloppé d'une obscurité impénétrable. Grâce à cette intuition supérieure acquise par la Theosophia, ou connaissance de Dieu, qui conduit le mental du monde de la forme dans celui de l'esprit sans forme, certains hommes ont pu, de tout temps et dans tous les pays, percevoir les choses du domaine intérieur ou invisible. C'est ce qui explique le « Samadhi » ou le Dyan Yog Samadhi des ascètes hindous ; le « Daimonionphoti » ou l'illumination spirituelle des Néo-Platoniciens ; la « confabulation sidérale des âmes » des Rose-Croix ou des philosophes du Feu ; et même l'extase des mystiques et des mesméristes ou des spirites modernes ; tous ces états sont identiques en nature, quoique variés dans leurs manifestations. La recherche du « soi » divin de l'homme, si souvent considérée à tort comme la communion individuelle avec un Dieu personnel, était le but de tout mystique, et la croyance en sa possibilité semble remonter à la genèse de l'humanité, bien que chaque peuple lui ait donné un nom différent. Ainsi Platon et Plotin appellent « œuvre Noétique », ce qui est défini comme Vidya dans les Yogas et le Shrotriyas. « Par la méditation, la connaissance de soi-même et la discipline intellectuelle, l'âme peut s'élever à la vision de la vérité, de la bonté et de la beauté éternelles ― c'est-à-dire la Vision de Dieu ― ou à l'epopteia », comme disaient les Grecs. « L'union de l'âme individuelle à l'Ame Universelle », disait Porphyre, « n'exige qu'un esprit parfaitement pur. Par la contemplation du soi, la chasteté parfaite, et la pureté du corps, l'homme peut s'en approcher, et recevoir dans cet état la vraie connaissance 'et l'illumination profonde ». Et le Swami Dayanund Saraswati, qui n'a lu ni Porphyre ni les ouvrages d'autres auteurs grecs, mais qui est un parfait érudit en science védique, dit dans son Véda Bhashya. (opasna prakaru ank, 9) : « Pour atteindre Diksha (la plus haute initiation) et Yog, il faut agir conformément aux règles... L'âme peut, dans le corps humain, accomplir les plus grandes merveilles, si elle acquiert la connaissance de l'Esprit Universel (ou Dieu), et si elle se familiarise avec les propriétés et qualités (occultes) de tout ce qui existe dans l'univers. Un être humain (un Dikshit ou initié) peut ainsi acquérir le, pouvoir de voir et d'entendre à grandes distances ». Enfin, Alfred R. Wallace, membre de la Société Royale d'Angleterre, spirite et cependant sans conteste, un grand naturaliste, avoue avec une courageuse franchise : « C'est l'esprit seul qui sent, perçoit et pense, qui acquiert la connaissance, raisonne et aspire... il n'est pas rare de rencontrer des individus constitués de telle sorte que l'esprit peut percevoir indépendamment des organes corporels des sens, ou quitter totalement ou partiellement le corps pour un moment, et y revenir... L'esprit... communique plus aisément avec l'esprit qu'avec la matière ». Nous voyons ainsi pourquoi plus de vingt millions d'individus croient aujourd'hui, sous une forme différente, en ces mêmes pouvoirs spirituels auxquels croyaient les Yogis et les Pythagoriciens, il y a près de 3.000 ans; et cela, bien que des milliers d'années se soient écoulées entre l'époque des Gymnosophes (2) et notre période de haute civilisation, en dépit de la lumière que cette dernière répand ou peut-être précisément grâce à la clarté rayonnante qu'elle jette sur les domaines psychologiques et physiques de la nature. Tandis que le mystique aryen prétend posséder le pouvoir de résoudre tous les problèmes de lia vie et de la mort, dès qu'il acquiert la faculté d'agir indépendamment du corps, en Atman ― le « soi » ou « l'âme » ; tandis que les anciens Grecs allaient à la recherche d'Atmu, Celui qui est caché, ou l'Ame-Dieu de l'homme, à l'aide du miroir symbolique des mystères des Thesmophories ; les spirites modernes, de leur côté, croient que les esprits ou âmes des désincarnés, ont la faculté de communiquer d'une façon visible et tangible avec ceux qu'ils ont aimés sur terre. Et cette possibilité, les Yogis aryens, les philosophes grecs et les spirites modernes l'affirment en partant de ce principe que l'âme incarnée et son esprit qui ne s'incarne jamais, le soi réel, ne sont séparés ni de l'Âme Universelle, ni des autres esprits par l'espace, mais uniquement par la différenciation de leurs qualités, car, dans l'étendue sans borne de l'univers, il ne peut y avoir de limitation. Ainsi donc, lorsque cette différence est supprimée, selon les Grecs et les Aryens, par la contemplation abstraite, produisant la libération temporaire de l'Âme emprisonnée et selon les spirites, par la médiumnité, une telle union entre esprits incarnés et esprits désincarnés devient possible. Ce fut ainsi que les Yogis de Patanjali, et les Plotin, Porphyre, et autres Néo-Platoniciens qui suivirent leurs traces, prétendirent s'être unis à Dieu, ou plutôt s'être complètement identifiés avec Lui, plusieurs fois durant leur vie, au cours de leurs moments d'extase. Cette idée, pour erronée qu'elle paraisse lorsqu'on l'applique à l'Esprit Universel, a été soutenue par trop de grands philosophes, et l'est encore de nos jours, pour qu'on la rejette comme entièrement chimérique. Chez les Theodidaktoi, la seule critique possible, le seul point noir de cette philosophie de mysticisme extrême, c'est de vouloir inclure dans les perceptions sensorielles, ce qui n'est qu'une simple illumination extatique. Chez les Yogis, qui prétendaient pouvoir contempler Ishvara « face à face », cette prétention fut réduite à néant par la stricte logique des disciples de Kapila. Quant à la prétention identique formulée par leurs successeurs grecs, par la longue série de mystiques chrétiens, et enfin, par les deux derniers prétendants à la « vision de Dieu », au cours de ces derniers siècles : Jacob Böhme et Swedenborg, cette prétention aurait pu, et aurait dû être étudiée d'une façon philosophique et logique, si quelques grands hommes de science qui sont spirites, s'étaient plus attachés à la philosophie qu'au simple côté phénoménal du spiritisme. top-iconRetour en Hauttop-icon