Lundi 24 Juillet 2017

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Qu’est-ce que la Théosophie ?
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La Théosophie est donc l'antique Religion-Sagesse, la doctrine ésotérique autrefois connue dans toute contrée civilisée. Cette « Sagesse », tous les anciens écrits nous la montrent émanant du Principe divin ; et l'on comprendra mieux ce qu'elle est, si l'on se souvient qu'elle est symbolisée par le Buddh indien, le Nébo babyilon1en, le Thoth de Memphis, l'Hermès de Grèce, ou aussi dans les noms de certaines déesses comme Métis, Neitha, Athèna, et la Sophia gnostique, et enfin dans les Védas, dont l'appellation dérive du verbe « connaître ». Sous cette désignation, tops les anciens philosophes de l'Orient et de l'Occident, les Hiérophantes de l'ancienne Egypte, les Rishis de l'Aryavarta, les Theodidaktoi de Grèce, comprenaient toute la connaissance des choses occultes et essentiellement divines. La Mercavah des Rabbins Hébreux (leurs écrits populaires et séculiers) était considérée comme n'étant que le véhicule ou l'enveloppe extérieure qui contenait les connaissances ésotériques supérieures. Les Mages de Zoroastre étaient instruits et initiés dans les cavernes et les loges secrètes de la Bactriane; les Hiérophantes égyptiens et grecs avaient leurs aporrheta ou entretiens secrets au cours desquels le Myste devenait un Epopte, un Voyant.

L'idée maîtresse de la Théosophie Eclectique était celle d'une Essence Suprême Unique, Inconnue et Inconnaissable ; car, comme le dit le Brihadaranyaka Upanishad : « Comment pourrait-on connaître le connaisseur ? ». Le système des Théosophes Eclectiques avait trois traits caractéristiques : la théorie de l'Essence, citée ci-dessus ; la doctrine de l'âme humaine, comme émanation de cette Essence et, par là, de même nature ; enfin, sa théurgie. C'est à cette science que les Néo-Platoniciens doivent d'avoir été si mal considérés dans notre siècle de science matérialiste. La théurgie étant essentiellement l'art d'appliquer les pouvoirs divins de l'homme à la maîtrise des forces aveugles de la nature, ses fidèles furent d'abord appelés magiciens, une corruption du mot « Magh », un homme sage et savant. Les sceptiques d'il y a un siècle, se raillant de l'idée du phonographe et du télégraphe, étaient à peu près aussi insensés que les détracteurs de la magie ; ceux qu'on ridiculise et traite d'« infidèles » dans une génération, deviennent généralement les sages et les saints de la génération suivante.

La Théosophie moderne croit ce que croyait la Théosophie antique au sujet de l'essence Divine et de la nature de l'âme et de l'esprit. Le Diu populaire des nations aryennes était identique au Iao des Chaldéens, et même au Jupiter des moins savants et des moins philosophes des Romains, comme au Jahve des Samaritains, au Tiu ou « Tiusco » des Nordiques, au Duw des Bretons, et au Zeus des Thraces. Quant à l'Essence Absolue, l'Un et le Tout, que nous acceptions la philosophie des Pythagoriciens grecs, des Cabalistes Chaldéens ou des Aryens, à son sujet, elle nous conduira toujours à la même et unique conclusion. La Monade primordiale du système Pythagoricien qui se retire dans les ténèbres et qui est elle-même Ténèbres (pour l'intelligence humaine), constitue la base de toutes choses; nous retrouvons cette idée dans toute son intégrité, dans les systèmes philosophiques de Leibnitz et de Spinoza. Le Théosophe peut donc admettre la Cabale, qui, parlant de En-Soph, pose la question : « Qui donc alors peut Le comprendre, puisqu'Il est sans forme et Non-Existant ? » ou, se souvenant du magnifique hymne du Rig-Véda (Hymne 129, Livre 10) il peut demander avec lui :

« Qui sait d'où a jailli cette grande création ?
« Sa volonté la créa-t-elle ou fut-elle inactive ?
« Il le sait ― ou peut-être ne le sait-Il même pas !...

Le Théosophe peut encore accepter la conception védantine du Brahma, représenté dans les Upanishads comme « privé de vie », dépourvu de mental, pur, « inconscient », car, Brahma est la « Conscience Absolue ». Ou enfin, se ralliant aux Svabhavikas du Népal, il peut prétendre que rien n'existe en dehors de Svabhavat (la substance ou la nature) qui existe par soi-même, sans aucun créateur. Toutes ces conceptions conduisent à la Théosophie pure et absolue, cette Théosophie qui amena des hommes tels que Hegel, Fichte et Spinoza à poursuivre les œuvres des anciens philosophes grecs, et à spéculer sur la Substance Une ― la Déité, le Tout Divin procédant de la Sagesse Divine ― incompréhensible, inconnue, et qu'aucune philosophie du passé ou du présent ne nomme, sinon le Christianisme et le Mahométisme. Tout Théosophe donc, professant une théorie de la Déité « basée, non sur une révélation, mais sur une inspiration qui lui est propre », peut accepter chacune des définitions ci-dessus, ou appartenir à, l'une quelconque de ces religions, et rester cependant strictement dans les limites de la Théosophie. Car cette dernière considère que la Déité est le TOUT, la source de toute existence, l'infini qui ne peut être ni compris ni connu, l'univers seul révélant Cela, ou encore Le révélant, comme certains préfèrent le dire, lui attribuant ainsi un genre masculin et l'anthropomorphisant ― ce qui est blasphématoire. La vraie Théosophie a horreur de la matérialisation brutale; elle préfère croire que, de toute éternité, l'Esprit de la Déité, centré en lui-même, ne veut ni ne crée, mais que ce qui produit toutes les choses visibles et invisibles, n'est qu'un Rayon irradié de la splendeur infinie du Grand Centre, et qui contient en lui le pouvoir de la génération, et de la conception. Celui-ci produit à son tour ce que les Grecs appelaient le Macrocosme, les Cabalistes Tikkun ou Adam Kadmon, l'homme archétype, et les Aryens Purusha, le Brahm manifesté ou le Mâle Divin. La Théosophie croit aussi en l'Anastasis ou existence permanente, et en la transmigration (évolution), c'est-à-dire en une suite de retours de l'âme (1) qu'on peut défendre et expliquer sur un terrain purement philosophique, et uniquement en faisant la distinction entre Paramatma (l'Esprit Suprême et transcendant) et Jivatma (l'âme animale ou consciente) des Védantins. top-iconRetour en Hauttop-icon