Dimanche 24 Septembre 2017

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Qu’est-ce que la Théosophie ?

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Article de Blavatsky paru en anglais dans la revue The Theosophist d'octobre 1879.

On a si souvent posé cette question, et tant de malentendus se sont élevés à son sujet, que les éditeurs d'un journal consacré à l'exposé de la Théosophie dans le monde seraient impardonnables s'ils ne parvenaient pas, sur ce point, à se faire comprendre parfaitement de leurs lecteurs, dès le premier numéro. Notre titre implique deux autres questions auxquelles réponse sera donnée ultérieurement : « Qu'est-ce que la Société Théosophique ? », et « Que sont les Théosophes ? ».

Selon les lexicographes, le terme theosophia dérive de deux mots grecs : theos (dieu) et sophos (sage). Jusqu'ici nous sommes d'accord. Mais les explications qui suivent sont loin de donner une idée claire de la Théosophie. Webster la définit d'une façon très originale, comme un « prétendu rapport avec Dieu et les esprits supérieurs, permettant en conséquence l'acquisition d'une connaissance surhumaine, par des procédés physiques tels que les opérations théurgiques de certains anciens Platoniciens, ou par les procédés chimiques des philosophes du feu allemands ».

Ceci est, pour le moins, une explication pauvre et désinvolte. Attribuer de telles idées à des hommes comme Ammonius Saccas, Plotin, Jamblique, Porphyre, Proclus, prouve que Webster a, ou bien intentionnellement dénaturé la philosophie et les motifs des plus grands génies de l'Ecole d'Alexandrie, ou qu'il les ignorait. C'est faire des matérialistes de ceux que leurs contemporains et la postérité ont dénommés « theodidaktoi » ― instruits par Dieu ― que de leur imputer le désir de développer leurs perceptions psychologiques et spirituelles par des « procédés physiques ». Quant au trait final lancé contre les philosophes du feu, il ne les atteint pas, mais rejaillit sur les hommes de science actuels les plus éminents, sur ceux qui, selon le Rév. James Martineau, lancent le défi suivant: « Nous ne demandons que de la matière; donnez-nous des atomes et rien d'autre, et nous expliquerons l'Univers ».

Vaughan nous offre une définition infiniment meilleure et plus philosophique. « Le Théosophe, dit-il, présente une théorie de Dieu, ou des œuvres de Dieu, basée non sur une révélation mais sur une inspiration qui lui est propre». Partant de ce point de vue, tout grand penseur et philosophe, surtout tout fondateur d'une nouvelle religion, école de philosophie, ou secte, est nécessairement Théosophe. La Théosophie et les Théosophes ont donc existé depuis que la première lueur de la pensée naissante a fait instinctivement chercher à l'homme les moyens d'exprimer ses opinions indépendantes.

Il existait des Théosophes avant l'ère chrétienne, quoi qu'en disent les écrivains chrétiens, qui assignent le développement du système théosophique éclectique, au début du IIIe siècle de leur ère. Diogène Laërce fait remonter la Théosophie à une période antérieure à la dynastie des Ptolémées, et signale comme son fondateur, un Hiérophante égyptien appelé Pot-Amoun, un nom copte signifiant un prêtre consacré à Amoun, le dieu de la Sagesse. L'histoire nous montre le réveil de la Théosophie par Ammonius Saccas, le fondateur de l'Ecole Néo-Platonicienne. Lui et ses disciples se dénommaient eux-mêmes « Philalethes » ou amants de la vérité ; tandis que d'autres les nommaient « Analogistes » parce qu'ils interprétaient les légendes sacrées, les mythes symboliques et les mystères, à l'aide d'analogies ou de correspondances, de telle sorte que les événements qui se produisaient dans le monde extérieur, étaient considérés comme exprimant des activités et des expériences de l'âme humaine. C'était le but et l'intention d'Ammonius de réconcilier toutes les sectes, tous les peuples et toutes les nations pour les rallier à une foi commune : la croyance en un Eternel Suprême, en un Pouvoir Inconnu, Innommable, gouvernant l'Univers par des lois immuables et éternelles. Il se proposait de prouver l'existence d'un système primitif de Théosophie, qui, à l'origine, était essentiellement identique dans tous les pays; d'encourager les hommes à abandonner leurs luttes et leurs querelles pour unir leurs efforts et leurs pensées comme les enfants d'une même mère ; de purifier les anciennes religions, graduellement corrompues et obscurcies, de toute leur lie d'élément humain en les réunissant et les étudiant comparativement sur un terrain purement philosophique. C'est pourquoi les systèmes Bouddhiste, Védantin et magique ou Zoroastrien étaient enseignés dans l'Ecole Théosophique Eclectique en même temps que les philosophies de la Grèce. De là aussi, ces caractéristiques éminemment Bouddhistes et Indiennes, parmi les anciens Théosophes d'Alexandrie: le respect dû aux parents et aux personnes âgées, l'affection fraternelle pour la race humaine tout entière, et un sentiment de compassion même pour l'animal muet. Tout en cherchant a établir un système de discipline morale qui montrait aux hommes le devoir de vivre selon les lois de leur pays respectif, tout ,en voulant élever leur esprit par la recherche et la contemplation de la Vérité Une et Absolue, Ammonius avait pour objet principal, objet qui, pensait-il, ferait triompher tous les autres, d'extraire des divers enseignements re1igieux, comme d'un instrument à cordes, une mélodie complète et harmonieuse, qui trouverait un écho dans tous les cœurs épris de vérité.top-iconRetour en Hauttop-icon