Dimanche 24 Septembre 2017

Mis à jour le Dim. 24 Sep. 2017 à 09:43

Le symbolisme du Soleil

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Note complémentaire : extraits d’écrits de H.P. Blavatsky et d’autres auteurs

Sommaire
Aphorismes occultes sur le soleil
Le Soleil et l’Ether
Le Soleil est-il Esprit ou matière ?
La théorie solaire
Croissance du corps éthérique et croissance du système solaire
Récit symbolique extrait de La Doctrine Secrète
L’Éther ou la lumière astrale
Compléments

Aphorismes occultes sur le soleil
Extraits de La Doctrine Secrète d’H.P. Blavatsky :

(XX) « La Matière, ou la Substance, est septuple dans les limites de notre Monde, comme elle l'est aussi au-delà. En outre, chacun de ses états, ou principes, est gradué en sept degrés de densité. SÛRYA (le Soleil), dans sa réflexion visible, présente le premier état ou le moins élevé du septième degré, l'état le plus élevé de la PRÉSENCE Universelle, le pur parmi les purs, le premier Souffle manifesté du SAT (Être-té) à jamais Non Manifesté. Tous les Soleils Centraux physiques, ou objectifs, forment dans leur substance l'état le plus bas du premier Principe du SOUFFLE. Et ces soleils ne sont autre chose que les RÉFLEXIONS de leurs PRIMAIRES qui sont cachés à la vue de tous, sauf des Dhyân-Chohan, dont la Substance corporelle appartient à la cinquième division du septième Principe de la substance-Mère et est, en conséquence, de quatre degrés plus élevés que la substance solaire réfléchie. Tout comme il y a sept Dhâtu (substances principales constituantes du corps humain), de même il y a sept Forces dans l'Homme et dans toute la Nature.
(XXI) « La substance réelle du (Soleil) caché est un noyau de substance-Mère. C'est le cœur et la matrice de toutes les Forces vivantes et existantes de notre univers solaire. C'est le Noyau d'où sortent, pour s'épandre dans leurs voyages cycliques, tous les Pouvoirs qui mettent en action les atomes, dans leurs tâches fonctionnelles, et c'est le foyer dans lequel ils reviennent se réunir dans leur SEPTIÈME ESSENCE tous les onze ans. Si quelqu'un t'affirme qu'il a vu le soleil, ris de lui (*), comme s'il t'avait assuré que le soleil se déplaçait réellement sur son orbite journalière [..].
(XXIII) « C'est à cause de sa nature septuple que les anciens ont parlé du Soleil comme étant conduit par sept chevaux, assimilés aux mètres prosodiques des Véda ; ou encore que, tout en l'identifiant aux SEPT « Gaïna » (classes d'êtres) présents dans son orbe, ils l'ont déclaré distinct d'eux (**) comme il l'est en vérité, et aussi possesseur de SEPT RAYONS, ce qui est vrai [..].
(XXV) « Les Sept Êtres dans le Soleil sont les Sept Sacrés, Auto-générés, nés du pouvoir inhérent à la matrice de la substance-Mère. Ce sont eux qui émettront les Sept Forces Principales appelées, rayons, qui au début du Pralaya, se centreront en sept nouveaux Soleils en vue du prochain Manvantara. L'énergie d'où jaillissent ces Êtres à l'existence consciente, dans chaque Soleil, est ce que certains appellent Vishnu [voir la note ci-dessous*], qui est le Souffle de l'ABSOLUITÉ.

(*) Vishnu, sous la forme de l'énergie active solaire, ne se lève ni ne se couche jamais et il est tout à la fois le Soleil septuple, et une réalité distincte de lui, dit le Vishnu Purâna (Livre II, chapitre Il) [Trad. Wilson, voI. II., p.296].
(**) De même qu'un homme, en s'approchant d'un miroir placé sur un support, y voit sa propre image, de même, l'énergie (ou réflexion) de Vishnu [le Soleil] n'en est jamais séparée [...] mais reste, mois après mois, dans le Soleil [comme dans le miroir] qui est placé là (Vishnu Purâna [Trad. Wilson, p.297]).

H.P. Blavatsky La Doctrine Secrète, traduction de l’édition originale de The Secret Doctrine, vol. I ; pp.289-290 – Cahier théosophique n°175, pp.46-7.

Le Soleil et l’Ether
« a. L'espace inter-stellaire, inter-planétaire, inter-matériel, interorganique, n'est pas un vide, mais est rempli par un fluide subtil ou gaz, que faute d'un meilleur terme, nous pouvons encore appeler, comme le faisaient les anciens, Aith-ur – feu Solaire, – ÆTHER. Ce fluide, d'une composition inchangeable, indestructible, invisible (*), pénètre, toute chose et toute la matière [pondérable – H.P.B.], le caillou dans le ruisseau qui court, l'arbre surplombant, l'homme regardant, est imprégné d'éther à des degrés divers ; le caillou moins que l'arbre, l'arbre moins que l'homme. Tout sur la planète est imprégné de cette façon ! Un monde est édifié dans un fluide éthéré, et se déplaçant dans une mer de ce fluide.
« b. L'Ether, quelle que soit sa nature, provient du soleil et des soleils (**) : les soleils en sont les générateurs, les entrepôts et les diffuseurs (***).

* « Inchangeable » seulement pendant les périodes Manvantariques, après lesquelles il se confond une fois de plus dans Mulaprakriti ; « invisible » pour toujours, dans sa propre essence, mais vu dans son étincellement reflété, appelé la lumière Astrale par les Cabalistes modernes. Cependant, la conscience et les Etres grandioses vêtus dans cette même Essence en sortent.
**Il faut ajouter le mot pondérable, pour la distinguer de l'Ether qui, bien qu'étant un substratum, est encore de la Matière.
***Les Sciences Occultes renversent la déclaration, et disent que c'est le soleil, et tous les soleils qui proviennent de lui, lequel émane à l'aube Manvantarique du Soleil Central.
« Là, nous différons résolument d'opinion avec le gentleman savant. N'oublions pas que cet Æther, que ce terme s'applique à l'Akâsa ou à son principe inférieur, Ether – est septénaire. Dans l'allégorie, Akâsa est Aditi et la mère de Mârttânda (le Soleil), la Deva-matri – « Mère des Dieux ». Dans le système solaire, le soleil est sa Buddhi et son Vahan, le Véhicule, par conséquent le sixième principe ; dans le Kosmos, tous les soleils sont les Kama rupa d'Akâsa et il en est ainsi du nôtre. Ce n'est que lorsqu'on le considère comme une Entité individuelle dans son propre Royaume, que Surya (le Soleil) est le septième principe du grand corps de la matière.

H.P. Blavatsky La Doctrine Secrète, extrait traduit de l’édition originale de The Secret Doctrine, vol. I, p.527.

Le Soleil est-il Esprit ou matière ?
« Le Soleil est matière, et le Soleil est Esprit. Nos ancêtres -les "Païens"-, comme leurs successeurs modernes, les Parsis- étaient, et sont, assez sages dans leur génération pour voir dans le symbole de la Divinité, et pour y deviner, en même temps, caché sous le Symbole physique, le Dieu radieux de la Lumière Spirituelle et terrestre. – Extrait de La Doctrine Secrète (The Secret Doctrine, éd. originale, vol. I, p. 479).
« Pour les Occultistes, c'est en même temps Esprit et Matière. Derrière le "mode de mouvement", considéré maintenant comme la "propriété de la matière" et rien de plus, ils perçoivent le noumène radieux. C'est "l'Esprit de Lumière", le premier-né de l'Eternel Elément pur, dont l'énergie (ou l'émanation) est emmagasinée dans le Soleil, le grand Distributeur de la Vie du monde physique, comme le Soleil Spirituel Caché est le distributeur de Vie et de Lumière des Royaumes Spirituel et Psychique. » – Extrait de La Doctrine Secrète (The Secret Doctrine, éd. originale, vol. I, p.481).

La théorie solaire
« La vie renferme un mystère – un mystère qui n'a jamais été sondé, et qui apparait plus grand, à mesure que l'on étudie et contemple plus profondément le phénomène de la vie. […]
« Ce "mystère", ou l'origine de l'ESSENCE DE VIE, l'Occultisme le situe dans le même centre que le noyau de prima materia (car ils sont un) de notre système Solaire.
« Le soleil est le cœur du Monde (Système) Solaire et son cerveau est caché derrière le Soleil (visible). De là, la sensation s'irradie dans tous les centres nerveux du grand corps et les vagues de l'essence de vie s'écoulent dans chacune des artères et des veines... Les planètes en sont les membres et les pulsations. » (Commentaires)
« Il a été établi autre part (dans le Theosophist) que la philosophie Occulte nie que le Soleil soit un globe en combustion, mais le définit simplement comme un monde, une sphère éclatante, le Soleil réel étant caché derrière, et le soleil visible étant seulement sa réflexion, sa coquille. Les feuilles de saule de Nasmyth, prises par Sir J. Herschel pour des "habitants Solaires", sont les réservoirs de l'énergie vitale solaire, "l'électricité vitale qui nourrit tout le système. … Le Soleil in abscondito étant ainsi le réservoir de notre petit Kosmos, auto-générant son fluide vital et recevant toujours autant qu'il donne" et le Soleil visible seulement une fenêtre ouverte dans le vrai palais et présence Solaire, qui reflète, cependant, fidèlement le travail intérieur.
« Ainsi, durant la période solaire manvantarique ou vie, il y a une circulation régulière du fluide vital à travers notre système, dont le Soleil est le cœur - semblable à la circulation du sang dans le corps humain, le Soleil se contractant d'une manière aussi rythmique que le fait le cœur humain à chaque retour de ce sang. Seulement, au lieu d'accomplir le circuit en une seconde, ou à peu près, il faut au sang solaire dix de ses années pour circuler, et une année entière pour traverser ses oreillette et ventricule avant d'aller épurer les poumons, pour retourner ensuite de là dans les grandes artères et les veines du système.
« La Science ne niera pas cela, depuis que l'Astronomie a connaissance du cycle fixe de onze ans, au bout duquel le nombre des taches solaires augmente, cette augmentation est due à la contraction du CŒUR Solaire. L'univers (dans ce cas-là notre monde) respire, comme le font sur terre l'homme et chaque créature vivante, la plante et même le minéral et comme notre globe respire lui-même toutes les vingt-quatre heures. La région sombre n'est pas produite par "l'absorption exercée par les vapeurs qui jaillissent du sein du soleil et s'interposent entre l'observateur et la photosphère", […] pas plus que les taches ne sont formées "par la matière même (matière gazeuse surchauffée) que l'éruption projette sur le disque solaire". Le phénomène est semblable à la pulsation saine et régulière du cœur, lorsque le fluide vital traverse ses muscles creux. Si le cœur humain pouvait être rendu lumineux et si cet organe vivant et palpitant pouvait être rendu visible, de façon à le projeter sur un écran, comme ceux utilisés par les astronomes dans leurs conférences -pour montrer la lune- chacun pourrait voir le phénomène de taches Solaires répété chaque seconde -dû à sa contraction et à l'envahissement du sang.
« Nous lisons dans un ouvrage de Géologie que c'est le rêve de la Science que « tous les éléments chimiques répertoriés seront un beau jour reconnus comme n'étant que des modifications d'un unique élément matériel ».
« La philosophie Occulte a enseigné cela depuis que la parole et le langage humains existent, en ajoutant seulement, d'après le principe de l'immuable loi d'analogie, "tel que c'est en haut, tel c'est en bas" - cet autre de ses axiomes : qu'il n'existe, en réalité, ni Esprit ni matière, mais simplement d'innombrables aspects de l'Unique et Etre-té à jamais caché EST(ou Sat). »

Extrait de La Doctrine Secrète (The Secret Doctrine, éd. originale, I, pp.541-542).

Croissance du corps éthérique et croissance du système solaire
Le corps éthérique dans sa croissance « prend une apparence nébuleuse, mouvante, avec certains centres d'énergie dus au développement naissant d'organes qui correspondent au cerveau, au cœur, aux poumons, à la rate, au foie, etc. Il poursuit un processus de développement identique à celui d'un système solaire, et, en fait, il est gouverné et influencé par le système solaire lui-même auquel appartient le monde dans lequel l'être peut se trouver incarné. En ce qui nous concerne, il est gouverné par notre propre orbe solaire. » – Article de W. Q. Judge « La culture de la concentration », Cahier Théosophique n°70, p. 1.

Récit symbolique extrait de La Doctrine Secrète
« Le sage décrit l'entrée dans la forêt et la sortie de la forêt (symbole de la durée de la vie de l'homme) ainsi que cette forêt elle-même (*) :
« Dans cette forêt se trouvent sept grands arbres (les Sens, le Mental et la Compréhension, ou Manas et Buddhi inclus), sept fruits et sept hôtes ; sept ermitages, sept (formes de) concentration, et sept (formes) d'initiation. Ceci est la description de la forêt. Cette forêt est remplie d'arbres produisant des fleurs splendides et des fruits de cinq couleurs.
« Les sens », dit le commentateur « sont appelés des arbres, comme produisant des fruits ... les plaisirs et les peines ; les hôtes sont les pouvoirs de chaque sens personnifié – ils reçoivent les fruits décrits ci-dessus ; les ermitages sont les arbres dans lesquels s'abritent les hôtes. Les sept formes de concentration sont l'exclusion du soi des sept fonctions, des sept sens, etc., dont il a déjà été question ; les sept formes d'initiation se rapportent à l'initiation dans vie supérieure ... en répudiant, comme ne vous appartenant pas, les actions de chacun des membres du groupe de sept. » (Voir Khandagya, p. 219, and Com.)
« L'explication est inoffensive, si elle n'est pas satisfaisante.
« Dit le Brahmane, en continuant sa description :
« Cette forêt est remplie d'arbres produisant des fleurs et des fruits de quatre couleurs. Cette forêt est remplie d'arbres produisant des fleurs et des fruits de trois couleurs, et mélangées. Cette forêt est remplie d'arbres produisant des fleurs et des fruits de deux couleurs et de couleurs magnifiques. Cette forêt d'arbres produisant des fleurs et des fruits d'une couleur et parfumés. Cette forêt renferme deux grands arbres (au lieu de sept) produisant de nombreuses fleurs et des fruits de couleurs indistinctes (le mental et la compréhension – les deux sens supérieurs, ou du point de vue théosophique, Manas-Buddhi). Il y a ici un Feu (le Soi), qui se rattache au Brahman (**) et qui a un bon mental (ou une vraie connaissance, selon Arjuna Misra). Et il y a là un combustible, à savoir, les cinq sens (ou passions humaines). Les Sept (formes d') émancipations issues d'elles, sont les Sept (formes d') initiations. Les qualités sont les fruits... Là, les grands Sages reçoivent l'hospitalité́. Et lorsqu'ils ont été adorés et ont disparu, une autre forêt brille, dans laquelle l'intelligence est l'arbre, et l'émancipation le fruit, et qui possède de l'ombre (sous forme de) de tranquillité́, qui repose sur la Connaissance, qui est satisfaite de son eau, et qui possède KSHETRAGNA « le SOI Suprême, » dit Krishna, dans la Bhagavad Gita, p. 102 et seq.) à l'intérieur du Soleil."
« Tout ce qui précède est très clair, et aucun Théosophe, même parmi les moins instruits, ne peut manquer de comprendre l'allégorie. Pourtant, nous voyons de grands Orientalistes la rendre inintelligible par leurs explications. Les "grands sages" qui "reçoivent l'hospitalité́" sont représentés comme indiquant les sens, "qui ayant travaillé́ comme s'ils n'avaient pas de rapports avec le soi sont finalement absorbés en lui". Mais on peut ne pas comprendre, si les sens "n'ont pas de rapports" avec le "Soi Supérieur", comment ils peuvent être "absorbés en lui". On serait tenté de penser, au contraire, que c'est précisément parce que les sens personnels gravitent vers le Soi impersonnel et cherchent à entrer en rapport avec lui, que ce dernier, qui est le FEU, […] de Manas (++) et de Buddhi. Ceci ressort clairement du texte. Les "grands sages" disparaissent après avoir "été l'objet d'un culte". De la part de qui sont-ils vénérés, si (les sens supposés) "n'ont pas de rapports avec le soi" ? Par le MENTAL, naturellement ; par Manas (qui, dans ce cas, est immergé dans le sixième sens) qui n'est pas et ne peut pas être le Brahman, le Soi, ou Kshetragna – le Soleil Spirituel de l'Ame. Avec le temps, Manas lui-même doit être absorbé dans ce dernier. Il a voué un culte à des "grands sages" et donné l'hospitalité́ à la sagesse terrestre, mais dès "qu'une autre forêt brille" sur lui, il est l'iIntelligence (Buddhi, le septième sens, mais le sixième principe) qui est transformé en l'Arbre – cet Arbre dont le fruit est l'émancipation – qui détruits finalement les racines mêmes de l'arbre Ashvattha, le symbole de la vie et de ses joies et plaisirs illusoires. C'est pourquoi ceux qui atteignent cet état d'émancipations n'ont, suivant les paroles du Sage cité plus haut, "aucune crainte plus tard". Dans cet état "la fin ne peut être vue parce qu'elle s'étend de tous côtés".
« "Sept femelles habitent toujours là", poursuit-il dans son langage imagé. Ces femelles – qui, suivant Arjuna Misrha, sont le Mahat, Ahamkâra et cinq Tanmâtras – ont toujours leurs figures tournées en bas, car elles constituent des obstacles sur la route de l'ascension spirituelle.
« Dans ce même (Brahman, le Soi) les sept sages parfaits habitent, avec leurs chefs... et émergent aussi du même. La gloire, l'éclat et la grandeur, les lumières, la victoire, la perfection et le pouvoir – ces sept rayons suivent ce même soleil (Kshetrajna, le Soi Supérieur) ... Ceux dont les, désirs sont réduits (les altruistes) ... dont les péchés (les passions) sont consumés par la pénitence, fondant le soi dans le soi (+++), se dévouent à Brahma. Les gens qui comprennent la [IV 245] forêt du savoir (Brahman ou le Soi), louent la tranquillité. Et aspirant à cette forêt, ils naissent (de nouveau) afin de ne pas perdre courage. Telle est, en vérité, cette forêt sainte... Et le comprenant, ils (les sages) agissent (en conséquence), étant dirigés par le Kshetrajna.
« Aucun traducteur, parmi les Orientalistes occidentaux, n'a encore découvert, dans l'allégorie précitée rien de plus élevé que des mystères se rattachant au rituel des sacrifices, à la pénitence ou aux cérémonies ascétiques et au Hatha Yoga. Mais celui qui comprend les images symboliques et entend la voix du Soi dans le Soi, y verra quelque chose de bien plus élevé que le simple ritualisme, quelques nombreuses que puissent être leurs erreurs dans les détails peu importants de la Philosophie. »

« (*) Je propose de suivre ici le texte et les commentaires de l'éditeur, qui accepte les explications littérales d'Arjuna Misra et de Nilakantha. Nos Orientalistes ne se donnent jamais la peine de penser que si un commentateur indigène n'est pas initié, il ne peut expliquer correctement, et que si c'est un Initié, il ne le veut pas.
« (**) L'éditeur anglais explique ici en disant : "Dévoué́ au Brahman, je présume". Nous ne craignons pas d'affirmer que le "Feu" ou Soi est le véritable SOI Supérieur qui "se rattache à" Brahman, c'est-à-dire qui ne fait qu'un avec Brahman, l'Unique Divinité́. Le "Soi" ne se sépare plus de l'Esprit Universel.
« (++) De même que Mahat, ou l'Intelligence Universelle, est le premier né, ou se manifeste encore « Vishnou, puis, lorsqu'il tombe dans la Matière et développe la soi-conscience, devient l'égoïsme, de même Manas a une nature double. Il se trouve respectivement soumis au Soleil et à la Lune, attendu, comme le dit Shankarâchârya, que : "La Lune est le mental et le Soleil la raison". Le Soleil et la Lune sont les divinités de notre Macrocosme planétaire et Shankara ajoute, en conséquence, que : "Le mental et la raison sont les divinités respectives des organes (humains)." (Voyez Brihadâranyaka, p. 521 et seq.) C'est peut-être pour cela qu'Arjuna Mishra dit que la Lune et le Feu (le Soi, le Soleil) constituent l'univers.
« (+++) "Le corps dans l'âme", selon l'expression que l'on attribue à Arjuna Mishra, ou plutôt "l'âme dans l'esprit" et sur un plan de développement encore plus élevé, le SOI ou Atman dans le Soi Universel. »

Extrait de La Doctrine Secrète (The Secret Doctrine, éd. originale, vol. II, pp. 637-640).

L’Éther ou la lumière astrale
« À noter que le terme « lumière astrale » (qui n'a rien de nouveau) est d'origine purement occidentale. Proclus (97) y a fait allusion en évoquant le corps céleste ou corps spirituel de l'âme qui, selon lui, est immortel, lumineux et « semblable aux étoiles » ; Paracelse, pour sa part, a désigné cette lumière sous le nom de « lumière sidérale » ; plus tard, on en vint à l'appeler astrale. Elle a été identifiée à l'anima mundi, ou l'âme du monde. Les chercheurs scientifiques modernes s'approchent de cette réalité lorsqu'ils parlent d'« éther lumineux » et de « matière radiante » . Le grand astronome Camille Flammarion (qui fut membre de la Société Théosophique pendant sa vie) parle de la lumière astrale dans son roman Uranie, où il dit :

« La lumière émanée de tous les soleils qui peuplent l'immensité, la lumière réfléchie dans l'espace par tous les mondes éclairés par ces soleils, emporte à travers le ciel infini les photographies de tous les siècles, de tous les jours, de tous les instants [...]. II en résulte que l'histoire de tous les mondes voyage actuellement dans l'espace, sans jamais disparaître absolument, et que tous les événements passés sont présents dans le sein de l'infini et indestructibles » (98).

« Comme toutes les choses occultes et peu familières, la lumière astrale est difficile à définir, surtout par le fait qu'elle est appelée « lumière ». II ne s'agit pas de lumière telle que nous la connaissons - pas plus que d'obscurité. Peut-être l'a-t-on nommée « lumière » parce que, lorsque les clairvoyants ont des perceptions visuelles par son moyen, les objets qu'ils voient à distance leur paraissent comme éclairés par une lumière. Cependant, il est possible aussi bien d'y percevoir des sons provenant de sources éloignées ; de lourds objets peuvent être soulevés et des odeurs transmises à des milliers de kilomètres par son intermédiaire, ou encore les pensées humaines peuvent y être lues - en bref, tous les divers phénomènes produits par les médiums le sont en faisant appel à elle : pour ces raisons, l'emploi du terme « lumière », bien qu'inévitable, n'en est pas moins erroné.
« Une définition, pour être exacte, devrait inclure toutes les fonctions et tous les pouvoirs de cette lumière ; mais comme leur connaissance n'est pas totalement embrassée même par le mystique (99) - elle est complètement terra incognito pour le savant - nous devrons nous contenter d'une analyse partielle. Il s'agit d'une substance qu'on imagine aisément comme un éther impondérable qui, émanant des étoiles, enveloppe la terre et pénètre chaque atome du globe et chaque molécule le constituant. Obéissant aux lois de l'attraction et de la répulsion, elle est en perpétuelle vibration, ou oscillation, devenant alternativement positive et négative. Cela lui donne un mouvement pulsatoire et circulaire, symbolisé par le serpent. C'est le grand agent suprême, le moteur primordial, sous l'angle cosmique, qui, non seulement fait pousser la plante, mais aussi entretient l'alternance de diastole et de systole du cœur humain.
« Cette lumière ressemble beaucoup à la plaque photographique sensible. Elle enregistre, comme le dit Flammarion, les images de chaque seconde, et les conserve en elle de façon indélébile. Pour cette raison, les Égyptiens l'ont évoquée sous le nom d'Archiviste ; chez les chrétiens, c'est l'Ange de Justice (100) et, dans un certain sens, c'est Yâma, le juge des morts dans le panthéon hindou, car karma nous juge par les images que nous y imprimons.
« La lumière astrale est comme suspendue au-dessus de la terre à la manière d'un immense écran ou réflecteur, et elle constitue de la sorte un puissant hypnotiseur universel des êtres humains. Étant donné que les images de tous les actes, bons ou mauvais, accomplis par nos ancêtres comme par nous-mêmes, demeurent toujours présentes à notre être intérieur, nous en sommes constamment impressionnés, comme par suggestion hypnotique, et nous sommes ainsi amenés à faire de même. À ce sujet, le grand mystique (et ancien prêtre) français, Éliphas Lévi, a dit : « On est étonné souvent d'être assailli, en société, de pensées mauvaises qu'on n'avait pas crues possibles et l'on ne sait pas qu'on les doit à quelque voisinage morbide. Ce secret est d'une grande importance, car il conduit à la manifestation des consciences, un des pouvoirs [...] les plus terribles de l'art magique [...]. [Ainsi], les âmes malades ont mauvaise baleine et vicient leur atmosphère morale, c'est-à-dire mêlent à la lumière astrale qui les pénètre des reflets impurs et y établissent des courants délétères » (101).
« Cette lumière possède aussi une fonction utile. Comme elle conserve l'image de tous les événements et choses de jadis, et comme il n'y a rien de nouveau sous le soleil, il se produit que toutes les réalisations du passé - techniques, idées, philosophies, arts et sciences, fruits de civilisations depuis longtemps disparues - se projettent constamment sous forme d'images, de la lumière astrale dans le cerveau des hommes vivants. Ceci explique non seulement la « coïncidence » fréquente qu'on observe quand deux (ou même plusieurs) inventeurs ou savants découvrent à peu près en même temps, et indépendamment les uns des autres, des idées ou des inventions identiques, mais aussi d'autres événements et faits curieux.
« On a vu certaines personnes, se parant du titre de savant, parler avec autorité de télépathie et d'autres phénomènes, sans toutefois offrir de raison suffisante, fondée sur une connaissance de la nature, pour expliquer la transmission de la pensée, ou les apparitions, la clairvoyance, ou les mille faits variés d'ordre occulte, observés de tout temps et parmi toutes les classes de la société. Il est bel et bon d'admettre que la pensée puisse se transmettre directement et sans l'aide du langage, d'un cerveau à un autre, mais comment cette transmission se produirait-elle sans un milieu intermédiaire ? La lumière astrale est précisément ce milieu. Dès que la pensée prend forme dans le cerveau, elle se traduit comme une image dans cette lumière astrale et, de là, n'importe quel autre cerveau suffisamment sensitif peut l'extraire pour la recevoir intacte.
« Connaissant les étranges propriétés du plan astral, et le sort réel que subissent les enveloppes de l'âme dont nous avons parlé dans un autre article, les Adeptes théosophes de tous les temps n'ont jamais accordé aucun crédit au soi-disant retour des morts. Pour l'avoir bien appris, Eliphas Lévi écrivit ce qui suit : « La lumière astrale [...] se combinant avec les fluides les plus subtils [...] forme le corps éthéré ou le fantôme sidéral dont parle Paracelse [...]. Ce corps sidéral, en se dégageant à la mort, attire à lui et conserve longtemps, par la sympathie des homogènes, les reflets de la vie passée ; si une volonté puissamment sympathique l'attire dans un courant particulier, il se manifeste naturellement [...]. C'est ainsi que se produisent les apparitions » (102). Mais en présence d'un individu sensitif, anormalement constitué - autrement dit un médium (et tous ceux qui appartiennent à cette classe, sont nerveusement déséquilibrés) - cette forte volonté n'est pas nécessaire, car la lumière astrale et le corps astral du médium vivant rappellent ces fantômes sans âme, et puisent dans le même réservoir leur voix, avec ses intonations, leurs particularités de caractère, si bien que les fidèles trompés, qui se livrent à cette pratique dégradante, sont abusés par ces manifestations et s'imaginent que c'est la personne de l'ami ou du parent décédé qui est revenue.
« Cependant, tout ce que je viens de signaler ne constitue encore que quelques exemples des propriétés variées de la lumière astrale. En ce qui concerne notre monde, on peut dire que la lumière astrale est partout et pénètre intimement toute chose ; qu'elle possède un pouvoir photographique, par lequel elle saisit les images des pensées, des actes, des événements, des timbres, des sons, des couleurs, et de toutes les choses ; qu'elle a un pouvoir de réflexion en ce sens qu'elle se reflète dans le mental des hommes ; qu'elle est répulsive par son aspect positif et attractive par son côté négatif ; qu'elle est capable d'assumer une extrême densité lorsqu'elle est attirée et concentrée autour du corps par une volonté puissante, ou par certains états anormaux du corps, au point qu'aucune force physique ne puisse la pénétrer. Cet aspect de son activité explique certains faits officiellement enregistrés durant l'épidémie de sorcellerie à Salem (103). C'est ainsi qu'on put y constater que, même quand des pierres et autres projectiles avaient pour cible l'individu possédé, tous ces objets tombaient, comme par gravité, aux pieds mêmes de la personne. Le yogi hindou donne un exemple d'emploi de cette condensation de la lumière astrale (104) lorsqu'il se laisse harceler de flèches et d'autres projectiles qui, tous, tombent à ses pieds, quelle que soit leur énergie cinétique ; et les annales des phénomènes spirites authentiques aux États-Unis offrent des témoignages expérimentaux similaires.
« En hypnotisme, la lumière astrale est un facteur puissant, ignoré de la science. Son action peut expliquer bien des problèmes soulevés par Binet, Charcot et d'autres, et spécialement cette classe de phénomènes où le sujet semble assumer deux personnalités distinctes, ou même davantage, en ne se souvenant jamais, dans chacun de ces états, que des choses et particularités d'expression qui appartiennent à cette couche limitée et distincte de leur expérience. Ces choses étranges sont dues aux courants existant dans la lumière astrale. Dans chacun de ces courants, se trouve imprimée une série définie de réflexions, lesquelles sont prises en compte par l'homme intérieur, qui les traduit alors en termes de parole et d'action, sur notre plan, absolument comme si tout cela lui appartenait. C'est aussi en recourant à ces courants, mais d'une façon inconsciente, que les clairvoyants et les clairaudients semblent lire dans les pages cachées de la vie.
« Pour conclure : la lumière astrale peut recevoir l'empreinte d'images bonnes ou mauvaises, lesquelles vont dans chaque cas se réfléchir dans le mental subconscient de chaque être humain : si nous la remplissons d'images mauvaises, comme notre siècle actuel est passé maître dans l'art d'en créer, elle deviendra notre démon, et l'agent de notre destruction, mais si, par l'exemple d'un nombre même limité d'hommes et de femmes tournés vers le bien, une classe nouvelle d'événements d'une nature plus pure vient à peindre son image sur cette toile éternelle, cette lumière astrale deviendra l'agent divin de notre élévation. »

Extrait de l’ouvrage de W.Q. Judge, Les Echos de l’Orient, pp. 112-118.
La lecture des notes 97 à 104 est possible sur le site www.theosophie.fr

Compléments
Îshvara (mot sanskrit signifiant, le Seigneur) : renvoie au Logos, source et soutien de l'Univers, comparé dans la Bhagavad-Gîtâ à un soleil dont la lumière se trouve dans le cœur de chaque homme. Voir par exemple : B.G. XIII, 33, XVIII, 61, etc. ; voir aussi Aphorismes du Yoga de Patañjali, l, 24-27, où Îshvara apparaît comme la source d'omniscience dans l'homme.
Surya (mot sanskrit). Le Soleil, à qui l'on rend un culte dans les Védas. Le rejeton d'Aditi (l'Espace), la mère des dieux. Le mari de Samjnâ, ou conscience spirituelle. Le grand dieu que Viśvakarman, son beau-père, le créateur des dieux et des hommes, et leur "charpentier", crucifie sur un tour, et retranchant la huitième partie de ses rayons, prive sa tête de sa splendeur, créant autour d'elle une auréole sombre. Mystère pour la dernière initiation, et une représentation allégorique de celle-ci. – Glossaire Théosophique.

top-iconRetour en Hauttop-icon