Samedi 19 Août 2017

Mis à jour le Sam. 19 Août 2017 à 09:43

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Correspondence : Réponses à d'anciennes questions

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Cet article fut publié pour la première fois par H. P. Blavatsky dans la revue Lucifer (rubrique Correspondance avec les lecteurs) d'avril 1888. Cet Article est paru en Français dans la revue Théosophie de mai 1928.
Comme vous encouragez les questions, je prends la liberté de vous en soumettre une.

Questions d'un lecteur : Ne doit-on pas s'attendre (se basant sur l'enseignement théosophique) à ce que la réunion et les relations en kama-loka [lieu des désirs et de séparation des principes inférieurs et supérieurs] de personnes vraiment attachées l'une à l'autre, soient empreintes de déception, voire même souvent de chagrin ?
Laissez-moi vous expliquer ce que je veux dire, par un exemple : Une mère quitte cette vie vingt ans avant son fils qui lui est profondément attaché, qui aspire à la retrouver, et ne découvre plus que sa « coque » privée de toutes les qualités spirituelles qui étaient pour lui la partie essentielle de l'être qu'il aurait. La « coque » même, par sa ressemblance avec le corps disparu, ne fait qu’ajouter au chagrin du fils, lui rappelant d'une façon plus vive ses souvenirs passés, soulignant l'immense différence entre l'entité qu'il connut sur terre, et les restes qu’il en retrouve.
Ou prenez un second cas : Le fils retrouve sa mère en kama-loka après une courte séparation, sous forme d'«une entité en train de se désagréger, étant donné que son esprit a déjà commencé à quitter son corps astral et à s'élever en devachan [état de béatitude post mortem]. Il doit assister à ce processus de dissolution graduelle, et jour après jour, il sent l'esprit de sa mère s'échapper, tandis que sa nature plus matérielle l'empêche de la suivre dans son progrès rapide.
Je joins mon nom et mon adresse, mais vous prie de ne pas les publier, et je reste, très sincèrement à vous, — « M. S. T. ».


Réponse des éditeurs : Notre correspondant semble avoir été mal renseigné au sujet de la conscience dont jouissent les entités en kama-loka. Il paraît s'en être fait une idée d'après les visions de psychiques vivants et les révélations de médiums vivants. Mais toutes les conclusions qu'on peut tirer de ces données sont faussées par le fait qu'un organisme vivant s'interpose entre l'observateur et l'état de kama-loka per se. Il ne peut y avoir de réunion consciente en kama-loka, et par suite aucun chagrin. Il n'y a pas de désintégration astrale allant de pair avec la séparation de l'esprit de la coque. Selon l'enseignement oriental, l'état des morts en kama-loka n'est pas ce que nous, hommes vivante, considérerions comme « conscient ». C'est plutôt celui d'une personne étourdie par un coup violent, qui a momentanément « perdu conscience ». Par suite, il n'y a en kama-loka, en général, (abstraction faite de cette vie et de cette conscience d'emprunt éveillées par suite du contact avec les médiums) aucune reconnaissance entre amis et parents, et par conséquent, un cas comme celui qui est exposé ci-dessus est impossible.
Nous ne rencontrons ceux que nous avons aimés qu'en devachan, ce monde subjectif de béatitude parfaite, l'état qui fait suite au kama-loka, après la séparation des principes. En devachan, tous nos désirs et aspirations personnels mais spirituels, non réalisés, trouveront satisfaction ; car nous ne vivrons plus dans le monde de la matière, mais dans ces royaumes subjectifs où tout désir se réalise immédiatement, parce que l'homme lui-même y est un dieu et un créateur.
Lorsqu'il s'agit de données émanant de psychiques et de médiums, il faut toujours se souvenir qu'ils traduisent automatiquement et inconsciemment leurs expériences de n'importe quel plan de conscience, dans le langage et l'expérience de notre plan physique ordinaire. On ne peut éviter cette confusion que par l'étude et l'entraînement spécial de l'occultisme qui enseigne comment suivre et guider le passage des impressions d'un plan à un autre, et comment les fixer dans la mémoire.
kama-loka peut être comparé à la loge d'un acteur où il se débarrasse du costume du dernier rôle joué, avant de redevenir vraiment lui-même — l’Ego immortel, ou le Pèlerin évoluant dans sa Ronde d'Incarnations. L'Ego Éternel étant débarrassé en kama-loka de ses principes terrestres inférieurs, avec leurs passions et leurs désirs, il entre en devachan. C'est pourquoi on dit que seules les émotions, affections et aspirations purement spirituelles, et non matérielles, accompagnent l'Ego dans cet état de Béatitude.
Mais le processus consistant à rejeter les quatre principes inférieurs et une partie du cinquième, est inconscient chez tous les êtres humains ordinaires. Ce n'est que dans certains cas exceptionnels, qu'il se produit un léger retour de conscience en kama-loka ; et ceci n'a lieu que chez des personnes très matérialistes et fort peu spirituelles qui, privées des conditions requises, ne peuvent entrer dans un état de Repos et de Béatitude absolus.


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