Vendredi 18 Août 2017

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Les animaux ont-ils une âme ? - Chapitre III - Page 2

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Les animaux ont-ils une âme ?
Chapitre I - Page 2
Chapitre I - Page 3
Chapitre I - Page 4
Chapitre II - Page 1
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Chapitre II - Page 4
Chapitre III - Page 1
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Toujours comme un vrai philosophe, Liebniz se trouve obligé, même dans la dangereuse question de la résurrection des morts, d'inclure la totalité du règne animal dans sa grande synthèse, et de dire :

« Je pense que l'âme des animaux est impérissable (...) et je trouve que rien n'est plus propre à établir notre immortelle nature. ». [Leibniz, Opera philos.]

Soutenant Leibniz, Dean, le vicaire de Middleton, a publié en 1748 deux petits volumes sur le sujet. Pour résumer ses idées, il déclare :

« L'Écriture sainte insinue en divers endroits que les brutes existeront dans un état à venir. Cette doctrine a été soutenue par quelques Père de l'Église. La raison, en nous apprenant que les bêtes ont une âme, nous enseigne par cela même qu'elles existeront dans un état à venir. Le système de ceux qui croient que Dieu anéantit l'âme des bêtes n'est appuyé sur aucun fondement solide, etc., etc. » (26)

Bien des hommes de science du siècle dernier défendirent l'hypothèse de Dean, en la déclarant hautement probable, en particulier l'un d'eux, un savant théologien protestant, Charles Bonnet, de Genève. Ce théologien fit paraître un ouvrage extrêmement curieux appelé par lui Palingenesis (27) ― ou « La nouvelle naissance » ― qui se produit, comme l'auteur cherche à le prouver, grâce à un germe invisible existant en chacun. Pas plus que Leibniz, Bonnet ne peut comprendre qu'il faille exclure les animaux d'un système qui, en leur absence, ne serait pas une unité vu que système signifie « collection de lois » (28). Il écrit :

Les animaux sont des Livres admirables où le GRAND ÊTRE a rassemblé les Traits les plus frappants de sa SOUVERAINE INTELLIGENCE. L'Anatomiste doit ouvrir ces Livres pour les étudier et connaître mieux sa propre Structure : mais, s'il est doué de cette sensibilité délicate et raisonnée qui caractérise l'Homme moral, il ne s'imaginera point en les feuilletant qu'il feuillette une Ardoise. Jamais il ne multipliera les Victimes malheureuses de son instruction et ne prolongera leurs souffrances au-delà du But le plus raisonnable de ses Recherches. Jamais il n'oubliera un instant que tout ce qui est doué de Vie et de Sensibilité a droit à sa commisération.

L'Homme risquerait de corrompre bientôt ses Mœurs, s'il se familiarisait trop avec les Souffrances et le Sang des Animaux. Cette Vérité morale est si saillante, qu'il serait superflu de la développer : ceux qui sont chargés par état de diriger les Hommes ne la perdront jamais de vue. Je regarderais l'Opinion de l'Automatisme des Bêtes, comme une sorte d'Hérésie philosophique, qui deviendrait dangereuse pour la Société, si tous ses Membres en étaient fortement imbus. Mais, il n'est pas à craindre qu'une Opinion qui fait violence au Sentiment, et qui contredit sans cesse la Voix de la Nature, puisse être généralement adoptée. (...)

Si mon Hypothèse est vraie, la SOUVERAINE BONTÉ aurait beaucoup plus fait encore pour ces innocentes Victimes des Besoins toujours renaissants d'un Maître souvent dur et ingrat. ELLE leur aurait réservé les plus grands dédommagements dans cet État Futur. (29) (...)

Si les Bêtes ont une Âme, cette Âme est aussi indivisible, aussi indestructible par les Causes secondes que celle de l'homme : c'est qu'une Substance simple ne peut être ni divisée ni décomposée. L'Âme des Bêtes ne peut donc périr que par l'anéantissement ; et je ne vois pas que la RELIGION annonce en terme,s exprès cet anéantissement. (...)

Les Philosophes qui par des motifs louables, ont soutenu [comme Descartes] l'Automatisme des Brutes, n'avaient-ils point à craindre qu'on ne se servit de leurs arguments subtils pour défendre l'Automatisme de l'Homme ? (30)

Notre école moderne de biologistes a abouti à la théorie de l'« homme-automate », mais ses disciples peuvent bien être laissés à eux-mêmes et à leurs conclusions. Ce qui à présent m'intéresse c'est d'apporter la preuve finale et absolue que ni la Bible ni ses interprètes les plus philosophiques ― aussi dénués de claire vision qu'ils aient pu être dans, d'autres questions ― n'ont jamais dénié, sur l'autorité de l'Ecriture, une âme immortelle à aucun animal, pas plus qu'ils n'y ont découvert de preuve concluante d'une existence d'une telle âme dans l'homme ― en se fondant sur l'Ancien Testament. Il suffit de lire certains passages de Job et de l'Ecclésiaste (3, 17-22) (31). La vérité en la matière est que pas un seul mot n'y fait allusion à l'état futur de l'homme et de la bête. Mais, par ailleurs, si on ne trouve dans l'Ancien Testament que des indications négatives concernant l'âme immortelle des animaux, dans le Nouveau Testament celle-ci est aussi clairement affirmée que celle de l'homme lui-même, et c'est pour le bien et l'édification de ceux qui tournent en ridicule le philozoïsme des hindous, qui s'arrogent le droit de tuer les animaux à volonté, et pour le plaisir, et qui leur refusent une âme immortelle, que je vais donner maintenant une preuve finale et définitive.

St Paul a été mentionné à la fin de la première partie comme le défenseur de l'immortalité de toute la création animale. Heureusement, cette affirmation n'est pas de celles que les chrétiens peuvent rejeter avec dédain comme une de ces « interprétations hérétiques et blasphématoires de la Sainte Ecriture par un groupe d'athées et de libres-penseurs ». Plût au ciel que chacune des paroles pleines de profonde sagesse de l'apôtre Paul ― un Initié, indépendamnent de tout ce qu'il a pu être par ailleurs ― fût aussi clairement comprise que celles qui ont trait aux animaux. Car alors (comme il apparaîtra plus loin) l'indestructibilité de la matière, enseignée par la science matérialiste, la loi d'éternelle évolution rejetée par l'Église, l'omniprésence de la VIE UNE, ou l'unité de l'ÉLÉMENT UN et sa présence pénétrant la totalité de la nature, comme le prêche la philosophie ésotérique, et le sens secret des remarques de st Paul aux Romains (8, 18-23), tout cela serait démontré, sans doute ni discussion possible, comme renvoyant à une seule et même chose. En vérité, quelle autre signification peut-on donner aux paroles de ce grand personnage historique ― à ce point évidemment pénétré de la nouvelle philosophie platonicienne alexandrine (32) ― dans son Epître dont je transcris les termes en les commentant à la lumière de l'Occultisme, pour mieux faire comprendre ce que je veux dire ? top-iconRetour en Hauttop-icon