Samedi 24 Juin 2017

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Les animaux ont-ils une âme ? - Chapitre III - Page 1

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Les animaux ont-ils une âme ?
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Chapitre III

"Ô Philosophie ! Guide de la vie et révélatrice de la vertu !" Cicéron

"La philosophie est une humble profession ; elle est toute réalité et conduite droite. Je hais la solennité et le faux semblant, qui n'ont au fond que l'orgueil". Pline

La destinée de l'homme, du plus brutal et grossier comme du plus saint, étant l'immortalité, selon ce qu'enseigne la théologie, quelle est la destinée future des innombrables légions du règne animal ? Si on en croit divers auteurs catholiques comme le cardinal de Ventura, le comte de Maistre et bien d'autres, l'âme animale est une force.

Il est bien établi - à ce que déclare de Mirville qui se fait leur écho ― que l'âme de l'animal a été produite par la terre, car c'est biblique :

« Toutes les âmes vivantes et remuantes (nephesh, ou principe de vie) viennent de la terre ; mais, entendons-nous bien, non pas uniquement de la poussière comme leur corps et comme le nôtre, mais de la puissance de la terre, c'est-à-dire de sa force, immatérielle comme toutes les forces du monde, et dont il est si souvent question dans tous les livres saints, conjointement avec la puissance de la mer, de l'air, etc. Tout ceci rentre dans ces principautés élémentaires dont nous nous sommes tant occupés ailleurs. » (à savoir : Des Esprits 2° mém. chap.XII ― Cosmolâtrie).

Ce qu'entend le marquis Eudes de Mirville par cette expression c'est que chaque « Élément » dans la nature est un domaine peuplé et gouverné par ses esprits invisibles respectifs. Les Kabbalistes occidentaux et les Rose-Croix les ont appelés sylphes, ondines, salamandres et gnômes ; les mystiques chrétiens, comme de Mirville, leur donnent des noms hébreux, et classent les uns et les autres parmi les diverses sortes de démons sous l'empire de Satan ― avec la permission de Dieu, bien entendu.

Le marquis, lui aussi, se rebelle contre la décision de st. Thomas qui enseigne la destruction de l'âme de l'animal avec son corps. « C'est donc une force », dit-il, « que l'on nous propose d'anéantir, c'est-à-dire tout ce qu'il y a de plus substantiel au monde, une force qui s'appelle âme animale », laquelle selon le Révérend Père Ventura est « l'âme la plus respectable après celle de l'homme ».

Il venait à peine de la dénommer force immatérielle qu'il l'appelle maintenant « ce qu'il y a de plus substantiel au monde ». [Ibid.]

Mais qu'est-ce que cette force ? Georges Cuvier et l'académicien Flourens nous livrent son secret. Le premier écrit [comme le rappelle de Mirville : op. cit. vol. VI, App. G, p. 158.] :

« La forme ou la force des corps [forme signifiant âme dans ce cas, ne l'oublions pas], leur est plus essentielle que la matière puisque [sans être détruite] celle-ci change sans cesse tandis que l'autre [la tonne] SE CONSERVE. »

À ce propos, Flourens observe :

« Dans tout ce qui a vie la tonne est plus persistante que la matière... (car) ce qui constitue l'ÊTRE du corps vivant, et par suite son identité, sa mêmeté, est précisément ce qui ne change pas, c'est à dire sa forme, sa force. » [De la Longévité humaine et de la Quantité de Vie sur le Globe, p. 58.]

Comme le remarque à son tour de Mirville, à propos d'« Être, un principe magistral, gage philosophique de notre propre immortalité » [Op. cit. vo1.VI, App. G, p.158.], il doit s'ensuivre que l'âme, tant humaine qu'animale, est visée sous ce terme trompeur. C'est plutôt, je suppose, ce que nous appelons la VIE UNE.

Quoi qu'il en soit, la philosophie, tant profane que religieuse, corrobore cette assertion que les deux âmes sont identiques ― dans l'homme et la bête. Leibniz, le philosophe chéri de Bossuet, semble avoir, jusqu'à un certain point, accrédité ridée de la « résurrection animale ». La mort ne faisant pour lui qu'« envelopper temporairement la personnalité », il la compare à la préservation des idées dans le sommeil, ou du papillon dans sa chenille. Pour lui, déclare de Mirville :

« ... La résurrection (25) est une loi générale de la nature, qui ne devient le plus grand des miracles sous la main du thaumaturge qu'en raison de l'heure tardive, des circonstances, et du mode au milieu desquels il l'opère. » [Op. cit. p. 163.]

En cela, sans le savoir, Leibniz est un véritable Occultiste. La croissance et l'épanouissement d'une fleur, ou d'une plante, opérés en cinq minutes au lieu de plusieurs jours et semaines, la germination et le développement forcés d'une plante, d'un animal ou d'un homme, sont des faits conservés dans les archives des Occultistes. Ce ne sont des miracles qu'en apparence : l'effet des forces productrices naturelles accélérées et mille fois intensifiées par les conditions induites selon des lois occultes connues de l'Initié. La croissance anormalement rapide est obtenue par les forces de la nature, (aveugles ou attachées à des intelligences mineures soumises au pouvoir occulte de l'homme) amenées à agir collectivement sur le développement de la chose appelée à se manifester à partir de ses éléments chaotiques. Mais pourquoi appeler un tel phénomène tantôt un miracle divin, tantôt un subterfuge de Satan, tantôt un prodige frauduleux ? top-iconRetour en Hauttop-icon