Dimanche 24 Septembre 2017

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Les animaux ont-ils une âme ? - Chapitre II - Page 3

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Les animaux ont-ils une âme ?
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Dans son Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, le grand Bossuet analyse le système de Descartes et le compare à celui de st Thomas. Personne ne peut lui en vouloir de donner la préférence en matière de logique à Descartes. Il trouve que l'invention cartésienne ― faisant de l'animal un automate ― se « tire mieux d'affaire » que celle de st Thomas, pleinement acceptée par l'Eglise catholique. C'est l'occasion pour le Père de Ventura de s'indigner contre Bossuet pour avoir accepté « une aussi misérable et périlleuse erreur » (19). Et tout en accordant à l'animal une âme, avec toutes ses qualités d'affection et de sensation ― en restant ainsi fidèle à son maître st Thomas― il lui refuse aussi l'intelligence et les pouvoirs de raisonnement.

Et Bossuet est d'autant plus coupable, ajoute le Père, qu'il avait dit : « Je prévois qu'une grande guerre se prépare contre l'Église sous le nom de philosophie cartésienne ». [Ibid. p.l54, cf. Ventura, op.cit., II, 406.]

En cela il a raison, car de la « matière capable de sentir » du cerveau de la bête découle tout naturellement la matière pensante de Locke, et de là toutes les écoles matérialistes de notre siècle. Mais là où il s'égare c'est quand il soutient la doctrine de st Thomas qui est pleine de points faibles et d'évidentes contradictions. Car si, comme l'enseigne l'Église catholique, l'âme de la bête est un principe informel, immatériel, il saute aux yeux que, si elle est indépendante de l'organisme physique, elle ne peut « mourir avec l'animal » plus que dans le cas de l'homme. Si nous admettons qu'elle subsiste et survit, sous quel rapport diffère-t-elle de l'âme de l'homme ? Et elle doit être éternelle, si nous devons accepter l'autorité de st Thomas sur n'importe quel sujet ― bien qu'il se contredise ailleurs.

L'âme de l'homme est immortelle et l'âme de l'animal périt, déclare-t-il (Summa. vol V, p. 164), après s'être demandé, dans un autre passage de son œuvre considérable, (vol. II, p. 256) :

« ...Y a-t-il des êtres qui rentrent dans le néant ? »

et avoir répondu lui-même :

« ...Non, car dans l'Ecclésiaste (3,14) il est dit : « quoi que Dieu fasse, ce sera pour toujours ». Avec Dieu, il n'y a « pas de changement » (Jacques, 1, 19) ».

Ainsi donc, poursuit st Thomas :

« ... Ni dans l'ordre naturel des choses, ni par l'effet des miracles, il n'y a de créature qui rentre dans le néant (est annihilée) ; il n'y a rien dans la créature qui s'anéantisse, car ce qui montre avec le plus d'éclat la bonté divine, c'est la conservation perpétuelle des créatures » (20).

Cette affirmation est commentée et confirmée, dans l'annotation du traducteur, l'abbé Drioux, qui remarque

« Rien ne s'anéantit ; c'est un principe qui est devenu aux yeux de la science moderne une sorte d'axiome... » [De Mirville, op.cit. p.158.] top-iconRetour en Hauttop-icon