Samedi 24 Juin 2017

Mis à jour le Sam. 24 Jui. 2017 à 16:25

Retour H.P. Blavatsky Articles H.P. Blavatsky Les animaux ont-ils une âme ? - Chapitre II - Page 1

Les animaux ont-ils une âme ? - Chapitre II - Page 1

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Les animaux ont-ils une âme ?
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Chapitre II

Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre ; dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur ; gloire et rebut de l'univers. Pascal (9)

Nous allons maintenant examiner quelles sont les vues de l'Église chrétienne concernant la nature de l'âme dans la bête, voir comment elle réconcilie des faits incompatibles ― la résurrection d'un animai mort et l'extinction présumée de son âme en même temps que son corps ― et considérer quelques miracles en rapport avec les animaux. Avant que soit porté le coup final et décisif à toute cette doctrine égoïste qui est devenue si féconde en cruelles pratiques ignorant toute charité envers le pauvre monde animal, il faut d'abord que le lecteur soit informé des premières hésitations des Pères de l'époque patristique eux-mêmes à propos de l'interprétation correcte des paroles de st. Paul sur la Question.

Il est plaisant de noter comment le karma de deux des plus infatigables défenseurs de l'Église romaine, MM. des Mousseaux et de Mirville (dans les œuvres desquels sont rapportés les quelques miracles dont il sera question), les a conduits l'un et l'autre à fournir les armes qui se retournent maintenant contre leurs vues sincères mais fort erronées (10).

Etant donné que la grande bataille du Futur doit se livrer entre, d'une part, les « créationnistes » (ou les chrétiens, ainsi que tous ceux qui croient en une création spéciale et un dieu personnel), et, d'autre part, les « Évolutionistes » (ou les hindous, les bouddhistes, tous les libres penseurs, et finalement la grande masse des hommes de science, qui ne sont pas les moins actifs), il paraît souhaitable de récapituler les positions respectives :

  1. Le monde chrétien postule son droit sur le monde animal : (a) Sur la foi des textes bibliques cités et des interprétations scolastiques ultérieures ; (b) sur l'absence présumée de tout ce qui pourrait ressembler à une âme divine ou humaine dans les animaux. L'homme survit à la mort, ce qui n'est pas le cas de la bête.
  2. Basant leurs déductions sur leurs grands systèmes philosophiques, les Évolutionnistes orientaux maintiennent que c'est un crime contre l'œuvre et le progrès de la nature de tuer un être vivant quelconque, pour les raisons données dans les pages précédentes.
  3. Armés des toutes dernières découvertes de la science, les Évolutionnistes occidentaux ne se soucient pas plus des chrétiens que des païens. Certains scientifiques croient à l'évolution, d'autres non. Néanmoins, ils s'entendent sur un point : la recherche physique, exacte, n'offre aucune base pour admettre que l'homme ― pas plus que son chien ― soit doué d'une âme divine immortelle.

Ainsi, tandis que les Évolutionnistes orientaux ont un comportement envers les animaux qui s'accorde avec leurs vues scientifiques et religieuses, ni l'Église ni l'école matérialiste de la science ne sont logiques dans les applications pratiques de leurs théories respectives. La première enseigne que toute créature vivante est l'objet d'une création unique et spéciale de Dieu ― comme c'est le cas de n'importe quel bébé humain ― et que cette créature se trouve, de la naissance à la mort, placée aux soins vigilants d'une sage et bonne Providence, mais, en même temps, elle n'accorde à la création inférieure qu'une âme temporaire. Quant à la science, si elle considère l'homme et l'animal comme des produits sans âme de quelques forces naturelles inconnues jusqu'à présent, dans la pratique, elle n'établit pas moins un abîme entre les deux. Un homme de science ― le matérialiste le plus irréductible qu'on voudra ― qui fait de la vivisection sur une bête vivante le plus froidement du monde, frémirait à l'idée de se mettre à estropier ― et, pire encore, à torturer à mort ― un de ses semblables. Et on ne trouve pas non plus, parmi les grands matérialistes qui furent des hommes inclinés vers la religion, des gens qui se sont montrés conséquents et logiques dans une définition du vrai statut moral de l'animal sur cette terre et de droits que l'homme aurait sur lui.

Il convient maintenant de présenter quelques exemples prouvant les accusations formulées. Comme nous nous adressons aux esprits sérieux et cultivés, il nous faut supposer que les vues des diverses autorités citées ne sont pas étrangères au lecteur. Aussi suffira-t-il simplement de donner de brefs résumés des conclusions obtenues ― en commençant par les hommes d'Église.

Comme indiqué plus haut, l'Église exige que l'on croie aux miracles accomplis par ses grands saints. Parmi leurs divers prodiges, nous retiendrons pour le moment ceux qui sont en rapport direct avec notre sujet : les cas de résurrection miraculeuse d'animaux morts. Il va de soi que si l'on accorde à l'homme une âme immortelle, indépendante du corps qu'elle anime on peut aisément croire que, par quelque miracle divin, l'âme peut être rappelée et obligée à revenir dans le tabernacle qu'elle avait déserté pour toujours, selon toute apparence. Mais comment accepter la même possibilité pour un animal, si la foi enseigne que celui-ci n'a pas d'âme indépendante, vu qu'elle serait annihilée à la mort du corps ? Depuis plus de deux cents ans, à la suite de Thomas d'Aquin, l'Église n'a-t-elle pas soutenu, de toute son autorité, l'idée que l'âme de la bête meurt avec son organisme ? Qu'est-ce qui pourrait bien alors revenir dans la forme d'argile pour lui redonner vie ? C'est ici qu'intervient la pensée scolastique : saisissant la difficulté à pleine main, elle réconcilie l'irréconciliable. top-iconRetour en Hauttop-icon