Vendredi 23 Juin 2017

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Les animaux ont-ils une âme ? - Chapitre I - Page 2

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Les animaux ont-ils une âme ?
Chapitre I - Page 2
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Chapitre II - Page 1
Chapitre II - Page 2
Chapitre II - Page 3
Chapitre II - Page 4
Chapitre III - Page 1
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Chapitre III - Page 3
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Notes
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Un sort misérable est bien celui des pauvres créatures animales, rendu plus dur par la main de l'homme qui en fait une fatalité implacable. L'âme rationnelle de l'être humain semble née pour devenir la meurtrière de l'âme irrationnelle de l'animal ― dans le plein sens du tenue, vu que la doctrine chrétienne enseigne que l'âme de l'animal meurt avec son corps. La légende de Caïn et d'Abel ne pourrait-elle pas avoir une double signification ? Voyez aussi cette autre honte, de notre époque cultivée : les abattoirs scientifiques appelés « salles de vivisection ». Entrez dans l'une de ces salles à Paris, et regardez faire Paul Bert et quelques autres de ces hommes ― appelés à. si juste titre « les bouchers savants de l'Institut » ― occupés à leur tâche affreuse. Je n'ai ici qu'à rapporter la vigoureuse description d'un témoin oculaire qui a étudié dans le détailla façon d'opérer de ces « bourreaux », un auteur français bien connu, Eudes de Mirville [Des Esprits, etc., vol. VI, Appendice G, pp.1 00-1] :

« Mais il est une autre spécialité, celle des abattoirs scientifiques, où la torture, savamment économisée par des bourreaux académiciens, s'attaque pendant des journée entières, des semaines, des mois, à toutes les fibres d'une seule et même victime, s'obtient par toutes les armes, s'analyse devant un auditoire sans pitié, se confie dès le matin à dix apprentis à la fois, dont l'un s'essaye sur l'œil, tel autre sur le pied, tel autre sur le cerveau, tel autre sur la moelle, et dont les mains novices n'en parviennent pas moins, après une journée de travail assidu, à mettre à jour toute cette carcasse vivante qu'on leur a prescrit de sculpter et que, le soir, on serre avec soin dans une cave, pour la reprendre au point du jour pour peu qu'il lui reste encore de respire et de sensibilité. On sait que les gardiens de la loi Grammont ayant essayé de s'insurger contre cette abomination, Paris s'est montré plus inexorable que Londres et Glasgow. »

Toutefois, ces messieurs se vantent du grand objectif poursuivi et des grands secrets découverts par eux. « Horreur et mensonges ! » s'exclame le même auteur.

« En fait de secrets, à part les quelques localisations de facultés et de mouvements cérébraux dont nous parlions plus haut, nous n'en connaissons qu'un seul qui leur appartienne en propre ; c'est celui de la torture éternisée, auprès de laquelle, jusqu'à eux, n'étaient rien et la terrible légalité de la nature, et les horreurs de la guerre, et les joyeux massacres de la chasse, et les supplices du fourneau. Gloire à eux ! Ils ont tout dépassé et demeurent incontestablement les rois de l'angoisse et du désespoir artificiels. » [Ibid.p.161.]

L'excuse courante mise en avant pour découper en morceaux, tuer et même torturer légalement les animaux ― comme on le fait en vivisection ― est prise dans un verset ou deux de la Bible et dans sa signification mal digérée par la soi-disant scolastique, représentée par Thomas d'Aquin. Même de Mirville, cet ardent défenseur des droits de l'Église appelle de tels textes

« ... des tolérances bibliques, arrachées après le déluge, comme tant d'autres et fondées sur la déchéance de nos forces. » [Op. cit.].

Quoi qu'il en soit, ces textes sont amplement contredits par d'autres dans la même Bible. Le mangeur de viande, le chasseur par plaisir, et même le vivisecteur ― s'il y en a dans cette catégorie qui croient en une création spéciale et dans la Bible ― citent généralement pour se justifier le verset de la Genèse (I, 28) où Dieu donne au double Adam [= créé homme-femme] « domination sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du cie1 et sur tout animal qui se meut sur la terre » ― et par conséquent, comme le chrétien le comprend, pouvoir de vie et de mort sur tout animal du globe. À cela, le brâhmane, ou le bouddhiste, avec bien plus de philosophie, pourrait rétorquer : « Pas du tout. L'évolution, pour élaborer les futures humanités, commence son travail dans les degrés inférieurs de l'être. Aussi, en tuant un animal supérieur, ou même un insecte, nous arrêtons le progrès d'une entité en marche vers son but final dans la nature ― L'HOMME ». Et à cela, l'étudiant de la philosophie occulte peut dire « Amen », et ajouter que non seulement cet acte retarde l'évolution de cette entité mais il arrête aussi celle de la race humaine en préparation qui arrivera plus parfaite.

Lequel des deux partis en présence a raison, lequel est le plus logique ? Bien entendu, la réponse dépend surtout de la croyance personnelle de l'arbitre choisi pour trancher de ces litiges. S'il croit dans une création spéciale ― à ce qu'on dit ― alors, à la question claire et nette : « pourquoi l'homicide devrait-il être considéré comme un péché tout à fait abominable contre Dieu et la nature, tandis que le meurtre de millions de créatures vivantes pourrait passer pour une simple distraction ? », sa réponse sera : « Parce que l'homme a été créé à l'image même de Dieu, et qu'il tourne ses regards en haut vers son Créateur, et son lieu de naissance ― le Ciel (os homini sublime dedit [Citation d'un passage d'Ovide, Métamorphoses, livre l, II, 85-86 : « os homini sublime dedit : cœlumque tueri, jussit et erectos (ad) sidera tollere vultus » ; = il donna à l'homme une figure sublime, et lui commanda de regarder le ciel, et de tourner les yeux levés vers les étoiles]) ― et que les yeux de l'animal se fixent vers le bas ― son lieu de naissance qui est la terre. Car Dieu a dit : « que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des bêtes de la terre, selon leur espèce » (Genèse, 1, 24) ». Et, encore une fois, « parce que l'homme est doué d'une âme immortelle, alors que l'animal muet n'a pas d'immortalité, pas même une brève survivance après la mort ». top-iconRetour en Hauttop-icon