Lundi 24 Juillet 2017

Mis à jour le Lun. 24 Juil. 2017 à 16:25

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Articles de H.P. Blavatsky

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Helena Petrovna Blavatsky (1831 - 1891) ou Madame Blavatsky fut sans conteste la femme la plus extraordinaire du 19e siècle. Née d'une famille de la grande noblesse russe, elle entreprendra pendant plus de 20 années, une série d'interminables voyages autour de la terre. Elle rencontra d'authentiques maîtres spirituels. Au contact de ces maîtres, en Inde et surtout au Tibet, elle découvrit ce qu'elle allait appeler la Théosophie, philosophie ésotérique représentant la Tradition commune à toutes les religions.Elle consacra toutes ses forces à propager cette philosophie qui pour elle devait servir à unir les hommes, au-delà des sectarismes.

En fondant avec quelques amis, dont le Colonel Henry S. Olcott et William Q. Judge, la Theosophical Society (Société Théosophique) à New York, en 1875, elle lançait ce qui allait devenir un grand mouvement planétaire de renouveau, dans le domaine philosophique, humaniste et spirituel.

Mme Blavatsky a laissé une œuvre écrite considérable comprenant un millier d'articles et plusieurs ouvrages majeurs : Isis Dévoilée ; La Doctrine Secrète ; La Clef de la Théosophie ; La Voix du Silence ; Raja Yoga ou Occultisme ; Les Cinq messages ; Les rêves et l'éveil intérieur (de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

De nombreux articles de Blavatsky sont accessibles en ligne.

Elle décède le 8 mai 1891 à Londres (Angleterre).

Mes livres

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Il y a quelque temps, un Théosophe, M.R…, voyageait en chemin de fer avec un Américain qui lui raconta combien il avait été étonné, lors de sa visite à notre quartier général de Londres. Il avait disait-t-il, demandé à Mme Blavatsky quels étaient les meilleurs livres théosophiques qu’il aurait pu lire, et avait manifesté son intention de se procurer Isis Dévoilée, lorsqu’à son grand étonnement, elle lui avait répondu : « Ne lisez pas cela, cela ne vaut rien ».
Pour autant que je me souvienne, je n’ai pas dit que cela ne vaut rien ; mais voici ce que j’ai dit en substance : « Laissez ce livre de côté ; Isis ne vous donnera jamais satisfaction ; au point de vue littéraire, c’est le livre le plus mauvais et le plus confus de tous ceux que j’ai écrits ». Et j’aurais pu ajouter avec autant de justesse, qu’envisagé sous un jour strictement littéraire et critique, Isis était plein de fautes d’impression et d’erreurs dans les citations, qu’il contenait des répétitions inutiles et des digressions énervantes, comme aussi de nombreuses contradictions apparentes pour le lecteur occasionnel, peu familier avec les divers aspects des idées et des symboles métaphysiques ; qu’il renfermait beaucoup de matière qui n’aurait pas dû s’y trouver, et qu’il présentait même de très grosses erreurs dues aux nombreuses altérations apportées lors de la correction des épreuves en général, et plus spécialement lors de la correction des mots. Enfin, l’ouvrage, pour des raisons que je vais expliquer, manque de suite, et donne l’impression, comme le faisait remarquer un ami, d’être formé de paragraphes indépendants les uns des autres, qui auraient été mis dans une corbeille, tirés au sort, et publiés dans cet ordre fantaisiste.
Telle est aussi maintenant mon opinion. J’eus pleinement conscience de cette triste vérité, lorsque je lus l’ouvrage aux Indes, en 1881, pour la première fois en entier, après sa parution en 1877. Et depuis lors, je n’ai jamais cessé de dire ce que j’en pensais, et de donner mon avis sincère sur Isis, chaque fois que j’avais l’occasion de le faire. Certains s’indignèrent de cette façon de faire, et me firent comprendre que j’entravais de la sorte, la vente de l’ouvrage ; mais comme mon but principal en écrivant n’était ni la renommée, ni le gain personnel, mais une chose infiniment plus élevée, je ne me souciai guère de ces avertissement. Ce malheureux « chef-d’œuvre », cette œuvre monumentale, comme certaines revus l’ont appelée, contient tant de terribles substitutions d’un mot pour un autre, changeant ainsi complètement le sens de la phrase (1), tant de fautes d’impression, et de guillemets placés où il n’en fallait pas – ou vice versa – qu’il m’a donné depuis dix ans plus d’ennuis et d’anxiété, que je n’en ai éprouvés dans toutes ma longue vie, remplie cependant, de plus d’épines que de roses.
Mais en dépit de ces aveux peut-être trop sincères, je prétends qu’Isis Dévoilée contient un ensemble d’enseignements originaux d’ordre occulte, qui n’avaient jamais été divulgués jusqu'à présent. La preuve en est, l’intérêt qu’ont manifesté à cet ouvrage, ceux qui furent assez intelligents pour découvrir l’amande sous la coque, ceux qui donnèrent la préférence à l’idée, et non à la forme, sans s’inquiéter de ses défauts secondaires. Je suis prête à prendre sur moi, tous les défauts extérieurs, et les fautes purement littéraires de l’ouvrage, dont je ne suis cependant pas responsable, comme je vais le démontrer ; mais j’en défends les idées et les enseignements, et cela sans crainte d’être accusée de vanité, puisque, ainsi que je l’ai toujours déclaré, ces idées et ces enseignements ne sont pas miens ; et j’affirme en outre, que tous deux sont de la plus haute valeur pour les mystiques et les étudiants de la Théosophie. Ceci est si vrai que lorsque Isis parut, certains des meilleurs journaux américains furent prodigues en louanges - jusqu’à l’exagération même – comme on pourra s’en rendre compte par les passages ci-dessous (2).
Les premiers ennemis que mon ouvrage fit surgir, furent les Spirites, dont je démolissais les théories fondamentales concernant les communications en personne des esprits des morts. Depuis quinze ans, c'est-à-dire depuis la parution de cet ouvrage, un flot incessant de viles accusations s’est abattu sur moi. Il n’est pas une accusation diffamatoire dont on ne m’ait accablée : depuis celle de l’immortalité et de la théorie de l’ « espionne russe », jusqu’à l’accusation d’imposture et de fraude. On m’a considérée comme un mensonge vivant, une ivrogne invétérée, un émissaire du Pape, payée pour détruire le spiritisme et comme une incarnation de Satan. Toutes les calomnies imaginables ont été inventées au sujet de ma vie privée et publique. Rien n’a pu faire taire ces méchantes langues venimeuses et sans scrupules, pas même le fait qu’aucune de ces accusations n’a jamais pu être justifiées, et que, du premier janvier au trente et un décembre, j’ai vécu durant des années, entourée d’amis et d’ennemis, comme dans une maison de verre. Mes adversaires acharnés ont dit à diverses reprises :

Qu’Isis Dévoilée n’était qu’une répétition d’Eliphas Lévi et de quelques anciens alchimistes ;
Que l’ouvrage avait été écrit par moi sous la dictée des Pouvoirs mauvais et des esprits défunts de Jésuites (sic) ; et enfin
Que mes deux volumes provenaient d’une compilation de manuscrits (dont on n’avait jamais eu connaissance précédemment), que le baron de Palm – célèbre par sa crémation et ses doubles funérailles – avait laissés à sa mort, et que j’avais trouvés dans sa malle (3). D’autre part, des amis plus aimables que sages, répandirent avec un peu trop d’enthousiasme, la vérité au sujet de la relation étroite existant entre mon Instructeur Oriental ainsi que d’autres Occultistes, et l’ouvrage ; l’ennemi en profita pour exagérer et dénaturer la vérité. On arriva à dire qu’Isis, en entier, m’avait été dicté de la première page à la dernière et mot à mot, par ces Adeptes invisibles. Et comme les imperfections de mon ouvrage n’étaient que trop frappantes, ce vain et malicieux bavardage eut pour résultat de permettre à mes ennemis et critiques de supposer, avec raison d’ailleurs : ou bien que ces inspirateurs invisibles n’existaient pas et faisaient partie de ma « fraude », ou bien qu’ils n’avaient même pas l’intelligence du premier bon écrivain venu.

Cependant, personne n’a le droit de me rendre responsable de ce qu’une tierce personne peut dire, mais uniquement de ce que j’affirme moi-même oralement, ou dans des écrits publics et sous ma signature. Voici maintenant ce que je déclare et maintiens : qu’à l’exception aussi des nombreuses fautes d’impression, erreurs et citations fautives que j’ai spécifiées et mentionnées précédemment, ainsi que de la composition générale d’Isis Dévoilée dont je ne suis d’aucune façon responsable : (a) tous les renseignements exposés dans cet ouvrage et dans mes écrits ultérieurs, proviennent de nos Maîtres d’Orient ; et (b) de nombreux passages de ces ouvrages ont été écrits sous leur dictée.

Il n’y a en cela aucune prétention au surnaturel, car une telle dictée n’implique aucun miracle. Toute personne d’intelligence moyenne, convaincue des nombreuses possibilités de l’hypnotisme (accepté actuellement par la science après des investigations scientifiques sérieuses), ainsi que des phénomènes de la transmission de la pensée, admettra aisément qu’un simple sujet en hypnose, un médium irresponsable, peut entendre la pensée non exprimée de son hypnotiseur, qui peut ainsi lui transmettre sa pensée, au point de lui permettre même de répéter les mots lus mentalement dans un livre par l’hypnotiseur. Mon affirmation n’a donc rien d’impossible en elle-même. L’espace et la distance n’existent pas pour la pensée, et si deux personnes sont en rapport psycho-magnétique parfait l’une avec l’autre, et si l’une des deux est un grand Adepte des Sciences Occultes, la transmission de la pensée et la dictée de pages entières, deviennent aussi aisées et admissibles, à une distance de dix mille milles, que la transmission de deux mots d’une chambre à l’autre.
Jusqu’à présent, je me suis abstenue, excepté en de très rares occasions, de répondre à aucune critique au sujet de mes ouvrages, et j’ai même laissé passer sans les réfuter, des calomnies et des mensonges, car dans le cas d’Isis, je considérais que presque toutes les critiques étaient justifiées ; quant aux « calomnies et aux mensonges », j’avais trop de mépris envers les calomniateurs, pour daigner y faire attention. Ce fut surtout le cas pour les attaques diffamantes venant d’Amérique. Toutes provenaient de la même source unique, bien connue de tous les Théosophes, une personne qui, inlassablement, s’attaque à moi depuis douze ans (4), sans que je n’aie jamais vu ni rencontré cette créature.
Mais comme on attaque maintenant Isis, pour la dixième fois au moins, il est temps que je révèle toute la vérité – et rien que la vérité – à mes amis perplexes et à la partie du public qui est sympathique à la Théosophie. Non pas que je cherche à m’excuser de quoi que ce soit à leurs yeux, ni que j’essaye d’« expliquer les choses ». Loin de moi cette idée. Mais je suis décidée à présenter des faits indéniables et indiscutables, en exposant simplement les circonstances particulières, bien connues de beaucoup, mais actuellement presque oubliées, dans lesquelles j’écrivis mon premier ouvrage anglais. Je les cite à la suite :

Quand j’arrivai en Amérique en 1873, je n’avais jamais parlé l’anglais, sinon d’une façon familière dans mon enfance, plus de trente ans auparavant. Je le comprenais à la lecture, mais pouvait difficilement le parler.
Je n’avais jamais été au collège, et ce que je savais, je l’avais appris par moi-même. Je n’ai jamais prétendu posséder aucune érudition, en ce qui concerne les recherches modernes. J’avais lu tout au plus quelques ouvrages scientifiques européens et savais peu de choses des sciences et de la philosophie occidentales. Le peu que j’en avais étudié et appris, me dégoûta par son matérialisme, ses limitations, son esprit dogmatique étroit et conventionnel, et son air de supériorité vis-à-vis des philosophies et des sciences de l’antiquité.
Jusqu’en 1874, je n’avais jamais écrit un mot d’anglais, pas plus que je n’avais publié d’ouvrage, en quelque langue que ce soit. Par conséquent,
Je n’avais pas la moindre idée des règles littéraires. L’art d’écrire des livres, d’en préparer l’impression et la publication, d’en revoir et corriger les épreuves, étaient autant de secrets pour moi.
5° Quand je me suis mis à écrire ce qui devint plus tard Isis Dévoilée, je ne savais pas plus ce qu’il en sortirait que l’homme dans la lune. Je n’avais aucun plan ; je ne savais pas si ce serait un essai, un pamphlet, un livre ou un article. Je savais que je devais l’écrire, c’était tout. Je commençai l’ouvrage, avant de bien connaître le colonel Olcott, et quelques mois avant la formation de la Société Théosophique.

Aussi comprendra-t-on, que je me trouvais vraiment dans des conditions favorables pour entreprendre la rédaction d’une œuvre théosophique et scientifique en anglais ! Quand je transmis l’ouvrage au colonel Olcott, j’avais écrit de quoi remplir quatre volumes de l’importance d’Isis. Naturellement, il me dit que j’avais à refaire le tout, sauf les pages qui m’avaient été dictées. Nous nous mîmes alors à cette tâche littéraire et travaillâmes ensemble chaque soir. Je recopiai quelques pages dont il avait corrigé l’anglais ; d’autres passages qui ne pouvaient humainement subir de corrections, furent lus à haute voix, et rendus en anglais correct verbalement par le colonel Olcott, qui me les dictait ainsi, de mes manuscrits presque indéchiffrables. L’anglais d’Isis est donc du colonel Olcott, et non de moi. C’est lui également qui suggéra de diviser l’ouvrage en chapitres, et de consacrer le premier volume à la Science et le second à la Théologie. Dans ce but, il fallut revoir la matière et remanier de nombreux chapitres, éliminer des répétitions et prendre soin de réunir des sujets identiques. Quand l’ouvrage fut prêt, nous le soumîmes au professeur Alexander Wilder, le savant platonicien bien connu de New-York, qui, après l’avoir lu, le recommanda à l’éditeur M. Bouton. C’est le professeur Wilder qui, après le colonel Olcott, m’a rendu le plus de services. C’est lui qui composa l’excellent Index, qui corrigea les mots grecs, latins et hébreux, suggéra des citations, et écrivit la plus grande partie de l’introduction « Devant le Voile ». Ce n’est pas ma faute, si la chose n’a pas été signalée dans l’ouvrage ; mais celle du professeur Wilder, qui exprima le vœu exprès que son nom ne soit cité que dans des notes au bas de pages. Je n’en ai jamais fait un secret, et mes nombreuses connaissances à New-York le savaient bien. Quand l’ouvrage fut prêt, il fut remis à l’imprimeur.
Dès lors commencèrent les difficultés réelles. Je n’avais aucune idée de la correction des épreuves ; le colonel Olcott disposait de trop peu de temps pour le faire. Il en résulté un beau gâchis dès le début, et avant que nous n’ayons revu les trois premiers chapitres, nous avions à payer une note de six cents dollars pour corrections et altérations ; je dus donc abandonner la correction des épreuves. Pressé par l’éditeur, le colonel Olcott fit tout ce qu’il pouvait, mais il n’était libre que le soir et le docteur Wilder se trouvant au loin, à Jersey City, les épreuves d’Isis passèrent entre les mains de quantité de personnes, pleines de bonne volonté, mais peu consciencieuses, qui finirent par remettre cette tâche aux bons soins du correcteur de l’éditeur. Quoi d’étonnant alors, que « Vaivaswata » (Manu) soit devenu dans les volumes imprimés « Visvamitra », que trente-six pages de l’Index furent égarées, que des guillemets furent placés où il n’en fallait pas (dans certaines de mes phrases par exemple) et omis complètement dans de nombreux passages puisés dans des auteurs divers ? Si l’on me demande pourquoi ces fautes malheureuses n’ont pas été corrigées dans une édition ultérieure, ma réponse est simple : les clichées étaient stéréotypés, et malgré tout mon désir d’apporter ces corrections, je ne pus le faire, les clichés étant la propriété de l’éditeur ; je ne possédais pas les fonds nécessaires, et la firme ne se souciait guère de changer quoi qui ce soit, étant donné qu’en dépit de ses défauts flagrants, l’ouvrage, qui vient d’atteindre sa septième ou huitième édition, est encore très demandé.
Et maintenant, peut-être comme conséquence de tout ceci, s’élève une nouvelle accusation. On me dit coupable de plagiat dans le chapitre d’introduction : « Devant le voile ».
Si j’avais réellement commis un plagiat, je n’éprouverais pas la moindre hésitation à reconnaître cet « emprunt ». Mais en dépit des « passages mis en parallèle », je ne vois pas pourquoi j’avouerais ce plagiat, puisque je n’en suis pas coupable ; bien que la « transmission de pensée », comme la Pall Mall Gazette l’appelle avec esprit, soit à la mode de nos jours. Depuis que la presse américaine s’est élevée contre Longfellow, qui, puisant dans une traduction allemande, alors inconnue, du poème épique finlandais : la Kalevala, le sujet de son superbe poème Hiawatha, le fit sien, et le publia sans signaler la source de son inspiration, la presse européenne, à diverses reprises, a porté de semblables accusations. L’année actuelle est spécialement riche en cas de « transmission de pensées » de ce genre.
Nous voyons le lord-maire de Londres répéter mot à mot, un ancien sermon oublié de M. Spurgeon et jurer qu’il ne l’avait jamais lu, et n’en avait même jamais entendu parler. Le Rév. Robert Bradlaugh écrit un livre, et immédiatement, la Pall Mall Gazette le dénonce comme une copie littéraire d’un autre ouvrage. M. Harry de Windt, l’explorateur oriental et en sus membre de la Société Royale de Géographie, voit plusieurs pages de son livre nouvellement publié : Un voyage aux Indes par la Perse et le Béloutchistan, comparées dans l’ « Academy » de Londres, à des extraits de La Contrée du Béloutchistan, de A. W. Hughes, qui leur sont identiques verbatim et litteratim. Mrs. Parr se défend dans le British Weckly d’avoir emprunté consciemment ou inconsciemment sa nouvelle Sally, au livre Sally de Miss Wilkins, et affirme qu’elle n’a jamais lu cette histoire, ni même entendu citer le nom de l’auteur, etc..
Enfin, quiconque a lu la Vie de Jésus de Renan, verra qu’il a plagié anticipativement, certaines descriptions rendues en vers souples et faciles dans la Lumière du Monde. Et pourtant Sir Edwin Arnold dont le génie facile et reconnu ne requérait pas d’images empruntées, a négligé de remercier l’académicien français, pour ses descriptions en prose du Mont Thébor et de la Glilée, qu’il mit lui-même en vers élégants dans son dernier poème. Vraiment, à ce stade de notre civilisation fin de siècle, on devrait se trouver très honoré d’être placé en aussi bonne et nombreuse compagnie, même en tant que plagiaire. Mais je ne pus prétendre à un tel privilège, tout simplement pour la raison que j’ai déjà signalée, que de tout le chapitre d’introduction « Devant le Voile », il n’y a de moi que certains passages du Glossaire qui est joint, toute la partie traitant du Platonisme, et qu’on qualifie de « plagiat sans retenue », ayant été écrit par le professeur A. Wilder.
Cet homme vit encore et habite à New-York ou aux environs. Il est donc possible de lui demander si oui ou non, mon affirmation est exacte. Il est trop honnête, c’est un trop grand savant, pour nier ou craindre quoi que ce soit. Ce fut lui qui insista pour qu’on ajoutât à l’Introduction une sorte de Glossaire expliquant les noms grecs et sanscrits, ainsi que les mots qui revenaient fréquemment dans l’ouvrage ; il fournit lui-même l’explication de quelques-uns de ces mots. Je le priai de me donner un court résumé des philosophes platoniciens, ce qu’il fit avec plaisir. Ainsi de la page 11 jusqu’à la page 22, le texte est de lui, sauf quelques passages intercalés dans la matière traitant des Platoniciens, et que j’introduisis pour démontrer l’identité de pensée dans les Ecritures hindoues. Et quels sont ceux qui, connaissant personnellement le Dr Wilder, ou simplement de nom, qui, sachant la grande érudition de ce Platonicien éminent, éditeur de tant d’ouvrages savants (5), seraient assez fous pour l’accuser de plagiat d’un autre auteur ? Je donne en note les noms de quelques ouvrages sur le Platonisme ou d’autres sujets qu’il a publiés. L’accusation est simplement insensée.
Le fait que le Dr Wilder doit avoir oublié de mettre entre guillemets, les passages empruntés à divers auteurs, et reproduits dans le Sommaire ; ou bien il se peut, qu’étant donné son écriture très difficile à lire, il n’ait pas indiqué les guillemets d’une façon suffisamment lisible. Il est impossible après près de quinze ans, de se souvenir des faits, ou de les vérifier. Jusqu’à ce jour, je m’étais imaginé que sa dissertation sur les Platoniciens était de lui, et je n’y avais plus jamais songé depuis la parution d’Isis. Mais voici maintenant que des ennemis ont découvert des citations qui ne sont pas signalées entre guillemets, et plus que jamais, ils proclament que l’ « auteur d’Isis Dévoilée » est un plagiaire et un fourbe. Fort probablement, on trouvera bien d’autres choses encore, car cet ouvrage est une mine inépuisable de citations fautives, d’erreurs, de maladresses dont je ne puis m’avouer « coupable » au sens ordinaire du mot. Que les calomniateurs poursuivent dont leur œuvre, jusqu’à ce qu’ils découvrent, d’ici une quinzaine d’années, ce qu’ils ont découvert précédemment, à savoir que, quoiqu’ils fassent, ils ne peuvent ruiner la Théosophie, ni même me faire du tort. Je n’ai aucune vanité d’auteur ; et des années de persécution injuste et d’injures, m’ont rendu tout à fait indifférente à ce que le public peut penser de moi personnellement.

Etant donné les faits signalés ci-dessus, et considérant que :

a) La langue dont j’ai fait usage dans Isis, n’est pas de moi ; et peut être considérée (à l’exception de cette partie de l’ouvrage que je prétends m’avoir été dictée) comme une sorte de transposition en anglais de mes pensées ;
b) L’ouvrage ne fut pas écrit pour le public – ce dernier ayant toujours été pour moi d’importance secondaire – mais pour les Théosophes et les membres de la Société Théosophique à qui Isis est dédié ;
c) Bien que j’aie depuis lors, appris suffisamment d’anglais pour pouvoir publier deux revues – le Théosophist et Lucifer – cependant, jusqu’à ce jour, je n’ai jamais écrit un article, un éditorial ou même un simple paragraphe, sans en soumettre l’anglais à un examen critique sévère.

Tenant compte de tout ceci et de beaucoup d’autres choses encore, je demande maintenant à tout homme et à toute femme honnête, s’il est juste et équitable de critiquer mes œuvres, - Isis plus que tout autre, - comme on le ferait d’ouvrages écrits par un auteur américain ou anglais de naissance.
Ce que je réclame comme mien dans mes livres, c’est le fruit de mon érudition et de mes études dans un domaine non exploré jusqu’à ce jour, par la science, et presque inconnu du monde européen. Je suis toute prête à laisser l’honneur de la grammaire anglaise dans mes ouvrages, la gloire des citations puisées dans des livres scientifiques, et qui me furent apportées à l’occasion pour servir de comparaison avec l’antique science, ou de réfutation à cette dernière, et enfin, la composition générale des volumes, à tous ceux qui m’ont aidée. Pour la Doctrine Secrète même, une demi-douzaine de Théosophes ont contribué à sa publication, certains m’aidant à arranger la matière, d’autres à corriger l’anglais incorrect ou à préparer l’ouvrage pour l’impression.
Mais ce qu’aucun d’entre eux ne pourra jamais réclamer comme sien, c’est la doctrine fondamentale, les conclusions et les enseignements philosophiques. Je n’ai rien inventé de tout cela ; je n’ai fait que divulguer ce qui m’a été enseigné ; ou comme je l’ai dit d’après Montaigne, dans la Doctrine Secrète (vol. I, p. 46) : « je n’ai fait qu’un bouquet de fleurs cueillies (en Orient), et n’ai mis du mien que le ruban qui les lie ». Aucun de ceux qui m’ont aidé n’oserait-il dire que je n’ai pas payé largement le prix du ruban ?

H.P. Blavatsky, le 27 Avril 1891.

Cet article fut publié par H.P. Blavatsky, peu de temps avant sa mort, dans la revue anglaise Lucifer de mai 1891. La traduction en français fut publiée dans la revue Théosophie, Volume I, n°5, de janvier 1926.

Notes
(1) Témoin le mot « planète » pour « cycle », qui s’y trouvait à l’origine, et qui fut corrigé par une main inconnue (Vol. I, p. 347, 2e partie), une « correction » qui montre Bouddha enseignant qu’il n’existe pas de renaissance sur notre planète ( !!) , tandis qu’on affirme le contraire à la page 346, et y montre le Seigneur Bouddha prêchant d’ « éviter » la réincarnation ; en d’autres endroits, le mot « planète » fut substitué à « plan », « Monas » à « Manas » ; le sens de phrases entières fut sacrifié à la forme grammaticale, et changé par l’introduction de mots impropres, ou de ponctuations fautives, etc., etc.
(2) Isis Dévoilée, clef des mystères de la science et de la Théologie anciennes et modernes, par H.P. Blavatsky, secrétaire correspondant de la Société Théosophique, 2 vol. royal in-8°, environ 1500 pages. Broché : 7 ,50. Cinquième édition.

« Cet ouvrage monumental…traitant de tout ce qui se rapporte à la magie, au mystère, à la sorcellerie, à la religion, au spiritisme, et qui serait à sa place dans une encyclopédie. » (North American Review.)
« Il faut reconnaître que c’est une femme remarquable qui a lu, vu et pensé plus que la plupart des sages. Son ouvrage abonde, en citations écrites en une douzaine de langues différentes, et cela, non pour faire montre d’érudition, mais afin d’appuyer ses vues particulières…son livre foisonne de renvois au bas de la page, montrant ses enseignements confirmés par les écrivains les plus profonds du passé. De nombreux lecteurs trouveront un intérêt captivant à cet ouvrage remarquable…il est digne d’attirer l’attention sérieuse des penseurs, et mérite une lecture serrée. » (Boston Evening Transcript.)
« Le livre donne l’impression d’une érudition extraordinaire. Il renferme d’abondantes allusions aux écrivains les plus inconnus et les plus obscurs de toutes langues, ainsi que de nombreuses citations puisées dans ces auteurs, et entrecoupées de renvois à des ouvrages célèbres que l’auteur n’a d’ailleurs pas fait qu’effleurer. » (New-York Independent.)
« Une étude extrêmement attrayante et complète sur l’importance primordiale de rétablir la Philosophie Hermétique dans un monde qui croit aveuglément l’avoir dépassée. » (New-York World.)
« Un des plus remarquables livres de la saison. » (Com. Advertiser.)
« Pour ceux qui ne sont jamais familiarisés avec la littérature du mysticisme et de l’alchimie, l’ouvrage fournira les éléments d’une étude intéressante, une mine de renseignements curieux. » (Evening Post)
« Ils font preuve de recherches nombreuses et variées de la part de l’auteur, et contiennent un grand nombre d’histoires intéressantes. Ceux qui aiment le merveilleux y trouveront abondamment de quoi se divertir. » (New-York Sun.)
« Un livre merveilleux, tant au point de vue du contenu que de la façon de le présenter. On peut se faire quelque idée de l’étendue et de l’originalité de la matière exposée, en consultant l’index qui comprend à lui seul, cinquante pages, et nous ne craignons pas d’affirmer qu’aucun être humain n’avait jamais jusqu’à présent, compilé tant de sujets différents…C’est un livre curieux qui aura sa place dans toutes les bibliothèques par suite de la matière tout à fait exceptionnelle qu’il contient… il attirera certainement tous ceux qui s’intéressent à l’histoire, à la théologie et aux mystères du monde antique. » (Daily Graphic.)
« L’ouvrage en question est le fruit de ce mode spécial d’éducation auquel elle a été soumise ; il confirme largement ses prétentions au grade d’adepte de la science secrète, et même au rang d’hiérophante dans l’exposé des arts mystiques. » (New-York Tribune.)
« Celui qui lira soigneusement le livre d’un bout à l’autre, connaîtra tout ce qui peut être connu du merveilleux et du mysticisme, excepté peut-être le mot de passe. Isis complètera l’Anacalypsis. Ceux qui aiment lire Godfrey Higgins, prendront plaisir au livre de Mme Blavatsky, car il existe une grande ressemblance entre leurs œuvres. Tous deux ont essayé avec force, d’exposer ce qui est apocryphe et apocalyptique. Il est aisé de prévoir la réception qui sera faite à ce livre. Avec ses particularités frappantes, son audace, sa versatilité, et la prodigieuse variété de sujets qu’il signale et qu’il traite, c’est l’une des productions les plus remarquables du siècle. » (New-York Herald.)

(3) Ce noble autrichien, qui se trouvait dans la misère la plus complète à New-York, et à qui le colonel Olcott avait offert le gîte et la nourriture, le soignant durant les dernières semaines de sa vie, n’avait rien laissé en fait de manuscrits, sinon des notes à payer. Le baron ne possédait qu’une vieille valise dans laquelle ses « exécuteurs » testamentaires trouvèrent un Amour en bronze, quelques décorations étrangères, ou du moins leurs imitations en simili or et en carton, les authentiques en or et en diamant ayant été vendues ; et quelques chemises du colonel Olcott que l’ex-diplomate avait empruntées sans permission.
(4) Je ne la nommerai pas. Il y a des noms qui répandent une atmosphère morale indigne d’un journal ou d’une publication qui se respecte. Ses paroles et ses actes proviennent de la cloaca maxima de l’Univers de Matière, et doivent y retourner, sans me toucher.
(5) A. Wilder, docteur en médecine, l’éditeur de Serpent and Siva Worship, par Hyde Clark et C.Staniland Wake ; de Ancient Art and Mythology, par Richard Payne Knight, ouvrage auquel l’éditeur a joint une Introduction, des notes traduites en anglais, et un nouvel index complet ; de Ancient Symbol Worship, par Hodder M. Westropp et C. Staniland Wake, avec une Introduction, des Notes supplémentaires et un Appendice de l’éditeur ; et enfin de The Eleusinian and Baacchic Mystéries : Dissertation par Thomas Taylor, le traducteur de Platon ; Plotin, Porphyre, Jambilique, Proclus, Aristote, etc…édité avec une Introduction, des notes, corrections et un Glossaire, par Alexander Wilder, D.M. ; il est l’auteur de divers ouvrages, pamphlets et articles savants que nous ne pouvons citer faute de place. Il est aussi l’éditeur de Older Academy, une revue trimestrielle de New-York, et enfin le traducteur des Mystères de Jamblique.

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Le thème de la Nature dans la Théosophie

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Le côté occulte de la nature
« On peut dire que le but de cet ouvrage est : de montrer que la Nature n’est pas « un agrégat fortuit d’atomes » et d’assigner à l’homme sa véritable place dans le schéma de l’Univers ; de sauver de la dégradation les vérités archaïques qui sont à la base des religions et de révéler, dans la mesure du possible, l’unité fondamentale d’où elles ont émané ; finalement, montrer que le côté occulte de la Nature n’a jamais été approché par la science de la civilisation moderne ». H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. viii (traduction).

Toute la nature est un lieu consacré
« Chaque corps céleste est le temple d’un dieu, et tous ces dieux sont eux-mêmes les temples de Dieu, le « Non-Esprit » Inconnaissable. Il n’y a rien de profane dans l’Univers. Toute la Nature est un lieu consacré, et comme le dit Young : « Chacune de ces Étoiles et une maison de piété ». ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, pp. 274, 277/8 (traduction).

L’unité fondamentale de la vie – toute la nature est sensible
« L’unité radicale de l’essence ultime de chaque partie constituante des composants de la Nature – de l’Étoile à l’Atome du minéral, du plus haut Dhyan Chohan [Archange] à la plus petite infusoire, dans la pleine acceptation du terme, et qu’il concerne les mondes spirituels, intellectuels ou physiques – ceci est la loi fondamentale de la Science Occulte ». ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. 120.
« C'est de l'acceptation ou du rejet de la théorie de l'Unité de tout dans la Nature, dans son Essence ultime, que dépend principalement la croyance, ou l'incrédulité, en ce qui concerne l'existence, autour de nous, d'autres êtres conscients que les Esprits des Morts. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. 276, (Cahier Théosophique, n°173, p. 17).

La loi d’évolution
« Que l’homme naisse à partir d’une cellule comme les autres animaux et se développe « en passant par des stades dont on ne distingue pas la différence par rapport à celui du poisson, du reptile, et du mammifère jusqu’à ce que l’embryon atteigne un développement hautement spécialisé dans le quadrupède et pour finir dans le type humain », est un axiome occulte vieux de milliers d’années. L’axiome cabaliste « une pierre devient une plante, une plante une bête, une bête un homme, un homme un Dieu » est vrai à travers tous les âges ». ― H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, II, p. 258 (traduction).
« Ainsi, le cabaliste affirme correctement qu’un « HOMME devient une pierre, une plante, un animal, un homme, un Esprit et à la fin un Dieu. Accomplissant ainsi son cycle ou circuit et retournant au point d’où il est parti en tant qu’HOMME céleste ». Mais cet « Homme » est la Monade divine, et non l’Entité pensante, et encore moins son corps physique. » ― H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, II, p. 186 (traduction).
« L'Univers est élaboré et guidé de l'intérieur vers l'extérieur. Il en est en bas comme en haut, sur la terre comme dans le ciel, et l'homme, microcosme et copie miniature du macrocosme, est le témoin vivant de cette Loi Universelle et de son mode d'action. Nous voyons que chaque mouvement, chaque acte, ou geste, manifesté extérieurement, qu'il soit volontaire ou machinal, organique ou mental, est produit et précédé, intérieurement, par un sentiment ou une émotion, une volonté ou volition, et une pensée ou intelligence. De même qu'aucun mouvement ou changement externe, lorsqu'il est normal, ne peut se produire dans le corps extérieur de l'homme sans être provoqué par une impulsion intérieure donnée par l'une des trois fonctions dont nous venons de parler, de même en est-il pour l'Univers externe ou manifesté. Le Kosmos entier est guidé, contrôlé et animé par une série presque infinie de Hiérarchies d'Êtres sensibles, ayant, chacune, une mission à remplir et qui - quel que soit le nom que nous leur donnions, que nous les appelions Dhyân-Chôhan ou Anges - sont des « Messagers » [Messager est le sens du mot grec rendu par « ange ».] uniquement en ce sens qu'ils sont les agents des Lois de karma et du cosmos. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. 276, (Cahier Théosophique, n°173, pp. 13/4).

Coopérer avec la nature
« La « Nature », en tant que Pouvoir d’évolution du physique, n’aurait jamais pu développer l’intelligence sans aide – elle ne peut que créer des « formes dépourvues de sens, » comme nous le verrons dans notre « ANTHROPOGÉNÈSE ». Les « Monades lunaires » ne pouvent progresser, car elles n’ont pas suffisamment de prise avec [le corps] que la Nature avait créé, pour permettre d’accumuler de l’expérience à travers elle. Ce sont les Manasa-Dhyanis [Anges Solaires détenteurs du Feu Divin] qui ont comblé le vide, et qui représentent le pouvoir de l’évolution en rapport avec l’intelligence et le Mental, le lien entre l’« Esprit » et la « Matière » – durant la présente Ronde. […]
« La tentative [de la Nature non aidée] fut encore un échec. C’est l’allégorie de la vanité de la nature physique non aidée dans ses tentatives de produire ne serait-ce qu’un animal parfait – et encore moins un homme. Car les « Pères », les Anges inférieurs, sont tous des Esprits-de-la-Nature, comme les Élémentaux supérieurs qui possèdent une intelligence propre, mais qui n’est pas suffisante pour produire un homme PENSANT. Il fallait le « Feu Vivant », ce feu qui donne au mental humain sa capacité de perception de soi, et de soi-conscience, ou le « Manas ». » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. 181-2, et II, p. 102 (traduction).
« Sur ce plan, il existe une loi étrange de la Nature selon laquelle, pour ainsi dire, la Nature (Spirituelle) supérieure est asservie à l’inférieur. À moins que l’Ego ne prenne refuge dans l’Atman, le TOUT-ESPRIT, et se fonde entièrement dans son essence, l’Ego personnel pourra le provoquer jusqu’à l’ultime fin amère. Ceci ne peut être complètement compris que si l’étudiant est familiarisé avec le mystère de l’évolution, qui procède selon trois lignes [d’évolution] – spirituelle, psychique et physique. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 109 (traduction).
« Les cycles de Matière seront suivis de Cycles de Spiritualité et de développement complet du mental. Selon la loi du parallélisme entre l’histoire et les races, la majorité de la future humanité sera composée de glorieux Adeptes. L’humanité est l’enfant de la Destinée cyclique, et aucune de ses Unités ne peut échapper à sa mission inconsciente, ou se libérer de la charge d’avoir à travailler en coopération avec la nature. Ainsi l’humanité, race après race, accomplit son nécessaire pèlerinage cyclique. Les climats changeront, et ils ont déjà commencé à le faire, chaque année tropicale, année après année, passant d’une sous-race à l’autre, seulement pour engendrer une race supérieures sur le cycle ascendant ; quand une série de groupes moins favorisés – les échecs de la nature – comme quelques individus humains, s’évanouiront de la famille humaine sans laisser de trace derrière eux.
« Tel est le cours de la Nature sous la LOI DE KARMA : une Nature toujours présente et toujours en devenir. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 446 (traduction).
« Dieu est lumière et Satan les ténèbres ou l’ombre nécessaire à son expression, et sans lesquels la pure lumière serait invisible et incompréhensible. « Pour les initiés, » dit Eliphas Levis, « le diable n’est pas une personne mais une Force créatrices pour le Bien comme pour le Mal ». Les Initiés représentaient cette Force, qui préside à la génération physique, sous la forme mystérieuse du Dieu Pan – ou de la Nature. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 510 (traduction).
« Le nombre [sept] est intimement lié à la lune, dont l’influence occulte se manifeste toujours en périodes septuples. C’est la lune qui est le guide du côté occulte de la nature terrestre, tandiq que le Soleil est le régulateur et le facteur de la vie manifestée ; (voyez aussi la Volume I, Partie II), et cette vérité a toujours été évidente aux Voyants et aux adeptes. Jacob Bœhme, en insistant sur la doctrine fondamentale des sept propriétés de l’éternelle mère Nature, prouva qu’il était bien un grand Occultiste. ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 595 (traduction).

La religion de la nature
« Aucune doctrine humaine, aucune croyance, aussi sanctifiée soit-elle par la tradition et l’antiquité, n’est comparable par son sacré à la religion de la Nature. La Clef de la Sagesse qui déverrouille les portes massives conduisant à l’arcane de ses sanctuaires les plus cachés, ne peuvent être trouvés qu’en son sein. […] Là repose le cœur de la nature, ce sanctuaire d’où sont issues les premières races Humaines, et qui est le berceau de l’homme physique. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 797 (traduction).

La Fraternité est un fait dans la Nature
« La Fraternité Universelle n'est pas une simple théorie. Elle est un fait, un fait vivant, toujours présent, auquel nulle nation ne peut espérer se soustraire, auquel nul homme ne peut échapper, et celui qui la viole, viole une loi, viole la plus grande loi de la nature; elle réagira sur lui, le faisant souffrir. […] Sur n'importe quel plan, le plan du mental aussi bien que le plan du corps, le plan des émotions, de l'esprit, etc... nous sommes tous unis, et c'est un fait auquel nous ne pouvons échapper. […] Ainsi donc nous insistons : la Fraternité Universelle est un fait dans la nature. Elle est un fait dans l'aspect le plus inférieur de la nature ; dans le règne animal, dans le règne végétal et dans le règne minéral. Nous sommes tous des atomes, obéissant ensemble à la loi. Le fait de la nier n'est pas une preuve contradictoire. […] Il dit que tous les malheurs du monde disparaîtraient instantanément, si les hommes voulaient bien faire seulement le quart de ce qu'ils peuvent et doivent faire. Ce n'est pas Dieu qui vous condamne à la mort ou à la misère. C'est vous-mêmes. » ― W.Q. Judge, « La Fraternité est un fait dans la Nature » (Cahier Théosophique n°92).

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Note : L'epérience de l'Âme

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L’expérience de l’âme implique la connaissance du monde de l’Esprit et celui de la Matière sur chacun des sept plans de l’univers.

Les principes causalité dans l’univers
« L’idée que les choses puissent cesser d’exister et cependant ÊTRE est une concept fondamental de la psychologie de l’Orient. Le point important, derrière cette apparente contradiction dans les termes, concerne un fait de la Nature qu’il est important de saisir par le mental, sans argumenter sur les mots.
« Brahmâ (ou Hari) est le dieu à quatre faces, qui après avoir tiré la Terre des eaux, et « accomplit la création », ne demeure que la cause instrumentale, et, de manière clairement implicite, il n’est pas la Cause idéale. […]
« Ainsi Brahmâ est la cause des potentialités qui doivent être générées avant le travail de « création ». […] Si dans le Védanta et le Nyama, nimitta est la cause efficiente, opposée à la l’upadana, la cause matérielle, (et dans le Sankhya, pradhana, unit les deux fonctions) ; la philosophie Ésotérique, réconcilie tous les systèmes, et sa doctrine est celle qui est la plus proche du Védanta des Advaïtins (l’Advaïta védanta), à savoir qu’on ne peut spéculer que sur l’upadana ; ce qui représente dans l’esprit du Vishishtadvaita l’idéal opposé au réel – ou Parabrahm et Ishvara – qui ne peut trouver de place dans les spéculations publiées, puisque même cet idéal est mal nommé, quand il désigne ce qu’aucune raison humaine, même celle d’un adepte, ne peut concevoir. » ‒ Traduit de The Secret Doctrine, I, pp. 54/55.

Le déploiement de la Vague de Vie - Lumière
« Tous les êtres sensibles complets [hommes au septénaire complet ou êtres supérieurs] sont pourvus, à leurs commencements, de formes et d'organismes en complète harmonie avec la nature et l'état de la sphère qu'ils habitent.
« Les Sphères de l'Être, ou centres de vie, qui sont des noyaux [nuclei] isolés qui engendrent leurs hommes et leurs animaux, sont innombrables ; pas une ne ressemble à ses compagnes-soeurs, ni à aucun autre au sein de sa propre descendance particulière.
« Tous ont une double nature, physique et spirituelle.
« Les nucléoles sont éternels et durent à jamais ; les noyaux, périodiques et finis. Les nucléoles font partie de l'absolu. Ils sont les embrasures dans cette forteresse noire et impénétrable, qui reste à jamais cachée de la vue humaine ou même Dhyânique. Les noyaux [nuclei] sont la lumière d'éternité qui s'en échappe.
« C'est cette LUMIÈRE qui se condense pour donner les formes des ‘Seigneurs de l'Être’' — dont les premiers et plus élevés constituent, collectivement, JIVATMA, ou Pratyagātma [que l'on dit être issu figurativement de Paramâtma. C'est le Logos des philosophes grecs — qui apparaît au début de chaque nouveau Manvantara]. De ceux-ci sont formées en descendant — à partir des ondes [waves] de cette lumière qui se consolident toujours plus, qui devient sur le plan objectif la matière grossière — les nombreuses hiérarchies des Forces Créatrices, certains sans forme, d'autres ayant leur propres formes, d'autres encore les plus inférieures (les Elémentaux), n'ayant aucune forme propre mais adoptant une forme en fonction des conditions environnantes.
« Ainsi il n'y a qu'un Upadhi [base] Absolu dans le sens spirituel, à partir duquel, sur et dans lequel SOI construits pour les besoins du Manvantara les innombrables centres basiques sur lesquels s'appuient pour se dérouler les Evolutions universelle, cyclique et individuelles pendant la période d'activité. » ‒ Traduit de The Secret Doctrine, II, pp. 33/34.

L’univers et la conscience
« Au point de vue de la métaphysique la plus haute, l'Univers entier, y compris les Dieux, est une illusion (Mâyâ). Mais l'illusion de celui qui n'est lui-même qu'une illusion, varie sur chaque plan de conscience et nous n'avons pas plus le droit de dogmatiser sur la nature possible des facultés de perception d'un Ego du sixième plan, par exemple, que nous n'avons le droit d'identifier nos perceptions avec celles d'une fourmi, ou de les prendre pour type de son mode de conscience. L'Idéation Cosmique centrée dans un Principe, ou Oupâdhi (Base), a pour résultat la conscience de l'Ego individuel. Sa manifestation varie suivant la nature de l'Oupâdhi. Avec celui que nous appelons Manas, par exemple, elle se manifeste comme Conscience Mentale ; avec Bouddhi, formée d'éléments plus finement différenciés (sixième état de la matière) et ayant pour base l'expérience de Manas, elle se manifeste sous forme d'un courant d'Intuition Spirituelle.
« Le pur Objet, séparé de la conscience, nous est inconnu, tant que nous vivons sur le plan de notre monde à trois dimensions, car nous ne connaissons que les états mentaux qu'il suscite dans l'Ego qui le perçoit. Et tant que durera le contraste entre le Sujet et l'Objet – c'est-à-dire tant que nous ne jouirons que de nos cinq sens et que nous ne saurons pas comment dégager notre Ego, qui perçoit tout, de l'esclavage de ces sens – il sera impossible à l'Ego personnel de rompre la barrière qui le sépare d'une connaissance des "choses-en-soi" ou Substance.
« Cet Ego, progressant suivant un arc de subjectivité ascendante, doit épuiser l'expérience de chaque plan. Mais avant que l'Unité soit noyée dans le TOUT, que ce soit sur ce plan ou sur tout autre, et avant que Sujet et Objet ne disparaissent tous deux dans l'absolue négation de l'Etat Nirvânique – négation, rappelons-le, par rapport à notre plan seulement – on ne pourra pas gravir ce sommet de l'Omniscience qui est la connaissance des choses-en-soi, et approcher de la solution de l'énigme plus terrible encore, devant laquelle le plus haut des Dhyân Chohan lui-même doit se prosterner silencieusement sans comprendre – de l'Indicible Mystère, de ce que les Védantins appellent PARABRAHMAN.
« Aussi, les choses étant ce qu'elles sont, tous ceux qui ont essayé de donner un nom au Principe Inconnaissable l'ont simplement dégradé. Parler même de l'Idéation Cosmique – sauf dans son aspect phénoménal – équivaut à essayer d'emmagasiner le Chaos primordial, ou de coller une étiquette sur l'ÉTERNITÉ. » ‒ Extrait de La Doctrine Secrète (Éd. Adyar, Vol. II, pp. 34-35)

Origine physique et spirituelle de l’homme
« Je vous ai entendu dire que l'identité de notre origine physique est prouvée par la science, et celle de notre origine spirituelle par la Religion-Sagesse. Cependant les darwinistes ne font pas montre d'une grande affection fraternelle. C'est parfaitement vrai. C'est justement ce qui montre l'insuffisance des systèmes matérialistes et qui prouve que c'est nous, théosophes, qui avons raison. Savoir que nous avons une même origine physique ne stimule pas en nous des sentiments plus élevés et plus profonds. La matière, privée de son âme et de son esprit, c'est-à-dire de son essence divine, ne peut parler au cœur humain. Mais l'identité de l'âme et de l'esprit, de l'homme réel et immortel, ainsi que la Théosophie nous l'enseigne, une fois démontrée et bien enracinée dans notre cœur, devrait nous conduire loin sur le chemin de la vraie charité et de la bienveillance fraternelle.
« Mais comment la Théosophie explique-t-elle l'origine commune de l'humanité ? En enseignant que la racine de toute la Nature, objective et subjective, et de tout ce qui peut exister d'autre dans l'univers, visible et invisible, est, a été, et sera toujours une essence unique absolue, d'où tout émane et au sein de laquelle tout retourne. Telle est la philosophie aryenne, qui n'est complètement représentée que dans les systèmes védantique et bouddhique. Avec cet objet en vue, c'est le devoir de tous les théosophes de contribuer par tous les moyens pratiques, et dans tous les pays, à répandre une éducation non sectaire. » ‒ Extrait de La Clef de la Théosophie, p.57.

Le Bien et le Mal
« Le Bien et le Mal ne sont que les deux pôles d'une même chose. Dans l'Absolu, le Mal est ainsi la même chose que le Bien. Celui qui possède la connaissance absolue peut voir à la fois le Bien et le Mal, mais il ne ressent pas le Mal comme une chose dont il faut s'éloigner, aussi lui faut-il l'appeler simplement l'autre pôle […]. L'expérience, nous devons en avoir, et si nous l'acceptons quand elle nous arrive, nous sommes sages. C'est-à-dire que, tout en nous efforçant de faire tout notre devoir envers le monde et nous-mêmes, nous n'avons pas à revivre le passé par de vains et nuisibles regrets, ni à condamner quiconque, quels que soient ses actes, puisque nous ne pouvons pas en connaître la véritable cause. Nous ne sommes pas karma, nous ne sommes pas la Loi, et condamner un homme c'est nous rendre coupable de cette sorte d'hypocrisie qu'elle condamne si profondément. Si la Loi laisse vivre un homme, c'est la preuve qu'il n'a pas encore été jugé par cette autorité supérieure. Cependant, nous devons garder et nous garderons en tout temps notre faculté de discernement.
« Quand à s'élever au-dessus du Bien et du Mal, cela ne signifie point faire le mal, bien sûr. Mais, en fait, il ne peut exister ni Bien ni Mal réels ; si notre but est juste, nos actes ne peuvent être mauvais. Ajoutez à cela que tous les actes sont morts, une fois accomplis ; c'est dans le cœur qu'ils sont conçus et ils s'y trouvent déjà exécutés : leur réalisation physique est en elle-même une chose morte. Ainsi, nous pouvons faire une action supposée bonne, qui assurément apparaîtra telle, vue de l'extérieur, et cependant, dans la mesure où notre motif est peut-être mauvais, l'acte est nul, bien que l'intention compte.
« Le grand Dieu a tout fait, le Bien comme le Mal. Entre autres choses, il y a celles qui semblent mauvaises, mais Il ne doit pas en être affecté pour autant. Si nous suivons la Bhagavad-Gîtâ, chapitre III, nous ne devons accomplir que les œuvres que nous croyons bonnes, comme une offrande à Dieu et non pour nous-mêmes, et, si nous sommes désintéressés vis-à-vis des conséquences, ce n'est pas notre affaire si celles-ci paraissent bonnes ou mauvaises. Comme le cœur et le mental sont les plans réels de l'erreur, il est clair que nous devons veiller à accomplir tous les actes simplement parce qu'ils sont là pour être faits. Il nous reste alors la difficulté de nous séparer de l'acte. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 33/35.
« Le mal n'est pas non plus en nous, mais dans notre ignorance ; c'est là l'une des grandes illusions de la Nature. Toutes ces illusions portent l'âme à faire des expériences dans la matière, jusqu'à ce qu'elle ait clairement pris connaissance de chaque partie : ensuite, il lui faut apprendre à connaître l'ensemble — et tout à la fois — ce qu'elle ne peut accomplir qu'en opérant sa réunion avec l'Esprit, le Suprême, ou la Divinité. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 36/37.

La purification et l’élévation de l’âme
« Quant à l'âme immortelle — le Spectateur — elle n'a aucune participation à l'action mauvaise ; c'est seulement la personnalité, la partie élémentaire de l'âme, qui a péché. Tout ce qui retient l'âme attachée à l'existence matérielle est mal, c'est pourquoi nous ne pouvons pas distinguer l'un de l'autre. Le seul bien ultime c'est l'Unité ; et, en réalité, rien d'autre n'existe que cela. En conséquence, nos jugements se situent seulement dans le temps. Et nous n'avons pas non plus le droit d'exiger une vie pour une vie. « La vengeance m'appartient », dit le Seigneur (la Loi), « je donnerai le juste salaire ». Avec l'exécution capitale, nous devenons complices d'assassinat en élaborant de telles lois humaines. Par ailleurs, je n'affirme pas que chaque expérience doive être vécue dans le corps, car il en est qui sont éprouvées dans le mental. Je ne cherche pas non plus à justifier aucune d'elle : la seule justification est dans la Loi. […]
Ainsi, la nature fait la guerre à la nature, toujours dans le but de favoriser la purification et l'évolution de l'âme. La Nature n'existe que pour le dessein de l'âme. [..] Nous devons éviter toutes les choses ordinairement reconnues comme immorales, et bien d'autres qui ne sont pas considérées comme telles par la masse, mais qui le sont tout autant quand nous savons à quel point elles augmentent l'ignorance et l'obscurité par le ferment qu'elles introduisent dans la nature, et combien cela empêche la pénétration des clairs rayons de la Vérité. […]
Mais même maintenant, dans l'incapacité où nous sommes de maîtriser ces thèmes élevés, nous pouvons avoir une patiente confiance dans les processus de l'évolution et dans la Loi, en ne blâmant ni ne jugeant aucun homme, mais en vivant nous-mêmes selon nos intuitions les plus hautes. La pierre de touche d'un homme gît dans son motif que nous ne voyons pas — pas plus que ses actes ne l'expriment toujours. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 37/38.

Deux adversaires de l’âme : ignorance et action
« Voilà donc deux grands adversaires de l'âme : l'ignorance et l'action. […] Pourtant, quand on reconnaît son ignorance, on doit bien agir afin de la détruire. Comment y parvenir sans toujours demeurer dans le tourbillon de l'action [c'est-à-dire karma, qui cause les renaissances] ? Telle est la question.
« Sachant que les actes se passent tous dans le champ de ces trois qualités naturelles [de la Nature], et pas du tout dans l'âme, il faut commencer par se débarrasser de l'idée que quelque chose est réellement fait par soi-même […] Il faut ensuite faire reposer toutes ses actions sur la dévotion. C'est-à-dire sacrifier toutes ses actions au Suprême, et non à soi-même. On doit dès lors (en laissant de côté l'indifférence), ou bien se considérer comme le Dieu auquel on sacrifie, ou bien choisir l'autre, le vrai Dieu — Krishna — et dès lors orienter tous ses actes et toutes ses aspirations vers soi-même ou bien vers le Tout. Ici intervient l'importance du motif. Car, celui qui accomplit pour l'humanité des actes magnifiques de vaillance ou de service, ou qui acquiert une connaissance lui permettant d'aider ses semblables, en ayant pour seul mobile la pensée que, de cette manière, il atteindra le salut, ne fait qu'agir dans son intérêt personnel et, par conséquent, ne sacrifie qu'à lui-même. C'est donc une dévotion intérieure au Tout qu'il faut avoir, c'est-à-dire faire reposer toutes ses actions sur le Suprême, en sachant qu'on n'en est pas l'auteur, mais leur simple témoin [voir Bhagavad-Gîtâ, V, 8-9, XIII, 29 et XIV, 19]. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 37/39.

La condition d’Être
« La spiritualité est donc une condition de l'Être qui ne peut être exprimée par le langage. Appelez-la un taux de vibration, bien au-delà de notre compréhension. Son langage est le langage du mouvement, à son premier stade, et sa perfection transcende les mots et même la pensée.
« La connaissance du Principe Suprême est un silence divin, et l'état de repos de tous les sens. » [Hermès Trismégiste, Traité X, § 5.] ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, p. 49.

Amour et Altruisme
C'est cette charité sans bornes de l'amour qui fit dire au Bouddha : « Que les péchés de cet âge sombre retombent sur moi afin que le monde puisse être sauvé » — et non pas un désir de fuite ou de connaissance. L'idée est exprimée dans la phrase : « LE PREMIER PAS DANS LA VÉRITABLE MAGIE CONSISTE À SE CONSACRER AUX INTÉRÊTS D'AUTRUI. » Krishna a dit, de même : « Proche du renoncement est le salut » [Bhagavad-Gîtâ, XII, 12]. ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, p. 114.

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Les pensées d'un mort

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(Traduction d’un extrait de l’ouvrage Théosophique The Modern Panarion, page 481 ‒ Éd., The Theosophy Company, USA)

Si un homme meurt d’une maladie contagieuse, un morceau de vêtement, ou un objet qu’il avait touché pendant sa maladie pourra, des mois, voire des années, après sa mort communiquer cette maladie à une personne plus sensible physiologiquement que d’autres qui seront insensibles à la maladie. Alors, pourquoi une idée, ou une pensée n’exercerait-elle pas la même influence ? Une pensée n’est pas moins matérielle ni objective que ne le sont les germes impondérables et mystérieux des virus des maladies infectieuses, dont les causes sont un puzzle pour la science. Si le mental d’une personne vivante peut influencer le mental d’un autre, et que le premier peut forcer le second à penser et croire ce qu’il veut – en bref, il peut influencer psychologiquement son mental (en anglais : psychologize) –la pensée d’une personne décédée peut aussi le faire. Une fois générée et émise, cette pensée va vivre portée par sa propre énergie. Elle est devenue indépendante du cerveau ou du mental qui lui a donné naissance. Tant que son énergie concentrée n’est pas dissipée, elle peut agir comme une influence potentielle si elle entre en contact avec le cerveau ou le système nerveux d’une personne vivante convenablement prédisposée. L’action mauvaise ainsi provoquée peut mettre le sensitif dans un état de folie passagère et d’auto-illusion, qui lui brouillera la perception de sa propre individualité. L’action morbide une fois induite, c’est tout l’ensemble des pensées vagabondes du décédé qui se précipitent sur le cerveau du sensitif, et de manière répétée il pourra donner l’impression de la présence du décédé et convaincre un investigateur favorablement prédisposé qu’une intelligence, « contrôle », « guide » et communique effectivement.

Pour les personnes intéressées, voici le lien vers un article paru dans la revue The Path, "The Worship of the Deads", d'août 1889 (pages 134 à 136)