Vendredi 23 Juin 2017

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Articles de H.P. Blavatsky

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Helena Petrovna Blavatsky (1831 - 1891) ou Madame Blavatsky fut sans conteste la femme la plus extraordinaire du 19e siècle. Née d'une famille de la grande noblesse russe, elle entreprendra pendant plus de 20 années, une série d'interminables voyages autour de la terre. Elle rencontra d'authentiques maîtres spirituels. Au contact de ces maîtres, en Inde et surtout au Tibet, elle découvrit ce qu'elle allait appeler la Théosophie, philosophie ésotérique représentant la Tradition commune à toutes les religions.Elle consacra toutes ses forces à propager cette philosophie qui pour elle devait servir à unir les hommes, au-delà des sectarismes.

En fondant avec quelques amis, dont le Colonel Henry S. Olcott et William Q. Judge, la Theosophical Society (Société Théosophique) à New York, en 1875, elle lançait ce qui allait devenir un grand mouvement planétaire de renouveau, dans le domaine philosophique, humaniste et spirituel.

Mme Blavatsky a laissé une œuvre écrite considérable comprenant un millier d'articles et plusieurs ouvrages majeurs : Isis Dévoilée ; La Doctrine Secrète ; La Clef de la Théosophie ; La Voix du Silence ; Raja Yoga ou Occultisme ; Les Cinq messages ; Les rêves et l'éveil intérieur (de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

De nombreux articles de Blavatsky sont accessibles en ligne.

Elle décède le 8 mai 1891 à Londres (Angleterre).

Le thème de la Nature dans la Théosophie

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Le côté occulte de la nature
« On peut dire que le but de cet ouvrage est : de montrer que la Nature n’est pas « un agrégat fortuit d’atomes » et d’assigner à l’homme sa véritable place dans le schéma de l’Univers ; de sauver de la dégradation les vérités archaïques qui sont à la base des religions et de révéler, dans la mesure du possible, l’unité fondamentale d’où elles ont émané ; finalement, montrer que le côté occulte de la Nature n’a jamais été approché par la science de la civilisation moderne ». H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. viii (traduction).

Toute la nature est un lieu consacré
« Chaque corps céleste est le temple d’un dieu, et tous ces dieux sont eux-mêmes les temples de Dieu, le « Non-Esprit » Inconnaissable. Il n’y a rien de profane dans l’Univers. Toute la Nature est un lieu consacré, et comme le dit Young : « Chacune de ces Étoiles et une maison de piété ». ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, pp. 274, 277/8 (traduction).

L’unité fondamentale de la vie – toute la nature est sensible
« L’unité radicale de l’essence ultime de chaque partie constituante des composants de la Nature – de l’Étoile à l’Atome du minéral, du plus haut Dhyan Chohan [Archange] à la plus petite infusoire, dans la pleine acceptation du terme, et qu’il concerne les mondes spirituels, intellectuels ou physiques – ceci est la loi fondamentale de la Science Occulte ». ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. 120.
« C'est de l'acceptation ou du rejet de la théorie de l'Unité de tout dans la Nature, dans son Essence ultime, que dépend principalement la croyance, ou l'incrédulité, en ce qui concerne l'existence, autour de nous, d'autres êtres conscients que les Esprits des Morts. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. 276, (Cahier Théosophique, n°173, p. 17).

La loi d’évolution
« Que l’homme naisse à partir d’une cellule comme les autres animaux et se développe « en passant par des stades dont on ne distingue pas la différence par rapport à celui du poisson, du reptile, et du mammifère jusqu’à ce que l’embryon atteigne un développement hautement spécialisé dans le quadrupède et pour finir dans le type humain », est un axiome occulte vieux de milliers d’années. L’axiome cabaliste « une pierre devient une plante, une plante une bête, une bête un homme, un homme un Dieu » est vrai à travers tous les âges ». ― H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, II, p. 258 (traduction).
« Ainsi, le cabaliste affirme correctement qu’un « HOMME devient une pierre, une plante, un animal, un homme, un Esprit et à la fin un Dieu. Accomplissant ainsi son cycle ou circuit et retournant au point d’où il est parti en tant qu’HOMME céleste ». Mais cet « Homme » est la Monade divine, et non l’Entité pensante, et encore moins son corps physique. » ― H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, II, p. 186 (traduction).
« L'Univers est élaboré et guidé de l'intérieur vers l'extérieur. Il en est en bas comme en haut, sur la terre comme dans le ciel, et l'homme, microcosme et copie miniature du macrocosme, est le témoin vivant de cette Loi Universelle et de son mode d'action. Nous voyons que chaque mouvement, chaque acte, ou geste, manifesté extérieurement, qu'il soit volontaire ou machinal, organique ou mental, est produit et précédé, intérieurement, par un sentiment ou une émotion, une volonté ou volition, et une pensée ou intelligence. De même qu'aucun mouvement ou changement externe, lorsqu'il est normal, ne peut se produire dans le corps extérieur de l'homme sans être provoqué par une impulsion intérieure donnée par l'une des trois fonctions dont nous venons de parler, de même en est-il pour l'Univers externe ou manifesté. Le Kosmos entier est guidé, contrôlé et animé par une série presque infinie de Hiérarchies d'Êtres sensibles, ayant, chacune, une mission à remplir et qui - quel que soit le nom que nous leur donnions, que nous les appelions Dhyân-Chôhan ou Anges - sont des « Messagers » [Messager est le sens du mot grec rendu par « ange ».] uniquement en ce sens qu'ils sont les agents des Lois de karma et du cosmos. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. 276, (Cahier Théosophique, n°173, pp. 13/4).

Coopérer avec la nature
« La « Nature », en tant que Pouvoir d’évolution du physique, n’aurait jamais pu développer l’intelligence sans aide – elle ne peut que créer des « formes dépourvues de sens, » comme nous le verrons dans notre « ANTHROPOGÉNÈSE ». Les « Monades lunaires » ne pouvent progresser, car elles n’ont pas suffisamment de prise avec [le corps] que la Nature avait créé, pour permettre d’accumuler de l’expérience à travers elle. Ce sont les Manasa-Dhyanis [Anges Solaires détenteurs du Feu Divin] qui ont comblé le vide, et qui représentent le pouvoir de l’évolution en rapport avec l’intelligence et le Mental, le lien entre l’« Esprit » et la « Matière » – durant la présente Ronde. […]
« La tentative [de la Nature non aidée] fut encore un échec. C’est l’allégorie de la vanité de la nature physique non aidée dans ses tentatives de produire ne serait-ce qu’un animal parfait – et encore moins un homme. Car les « Pères », les Anges inférieurs, sont tous des Esprits-de-la-Nature, comme les Élémentaux supérieurs qui possèdent une intelligence propre, mais qui n’est pas suffisante pour produire un homme PENSANT. Il fallait le « Feu Vivant », ce feu qui donne au mental humain sa capacité de perception de soi, et de soi-conscience, ou le « Manas ». » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, I, p. 181-2, et II, p. 102 (traduction).
« Sur ce plan, il existe une loi étrange de la Nature selon laquelle, pour ainsi dire, la Nature (Spirituelle) supérieure est asservie à l’inférieur. À moins que l’Ego ne prenne refuge dans l’Atman, le TOUT-ESPRIT, et se fonde entièrement dans son essence, l’Ego personnel pourra le provoquer jusqu’à l’ultime fin amère. Ceci ne peut être complètement compris que si l’étudiant est familiarisé avec le mystère de l’évolution, qui procède selon trois lignes [d’évolution] – spirituelle, psychique et physique. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 109 (traduction).
« Les cycles de Matière seront suivis de Cycles de Spiritualité et de développement complet du mental. Selon la loi du parallélisme entre l’histoire et les races, la majorité de la future humanité sera composée de glorieux Adeptes. L’humanité est l’enfant de la Destinée cyclique, et aucune de ses Unités ne peut échapper à sa mission inconsciente, ou se libérer de la charge d’avoir à travailler en coopération avec la nature. Ainsi l’humanité, race après race, accomplit son nécessaire pèlerinage cyclique. Les climats changeront, et ils ont déjà commencé à le faire, chaque année tropicale, année après année, passant d’une sous-race à l’autre, seulement pour engendrer une race supérieures sur le cycle ascendant ; quand une série de groupes moins favorisés – les échecs de la nature – comme quelques individus humains, s’évanouiront de la famille humaine sans laisser de trace derrière eux.
« Tel est le cours de la Nature sous la LOI DE KARMA : une Nature toujours présente et toujours en devenir. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 446 (traduction).
« Dieu est lumière et Satan les ténèbres ou l’ombre nécessaire à son expression, et sans lesquels la pure lumière serait invisible et incompréhensible. « Pour les initiés, » dit Eliphas Levis, « le diable n’est pas une personne mais une Force créatrices pour le Bien comme pour le Mal ». Les Initiés représentaient cette Force, qui préside à la génération physique, sous la forme mystérieuse du Dieu Pan – ou de la Nature. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 510 (traduction).
« Le nombre [sept] est intimement lié à la lune, dont l’influence occulte se manifeste toujours en périodes septuples. C’est la lune qui est le guide du côté occulte de la nature terrestre, tandiq que le Soleil est le régulateur et le facteur de la vie manifestée ; (voyez aussi la Volume I, Partie II), et cette vérité a toujours été évidente aux Voyants et aux adeptes. Jacob Bœhme, en insistant sur la doctrine fondamentale des sept propriétés de l’éternelle mère Nature, prouva qu’il était bien un grand Occultiste. ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 595 (traduction).

La religion de la nature
« Aucune doctrine humaine, aucune croyance, aussi sanctifiée soit-elle par la tradition et l’antiquité, n’est comparable par son sacré à la religion de la Nature. La Clef de la Sagesse qui déverrouille les portes massives conduisant à l’arcane de ses sanctuaires les plus cachés, ne peuvent être trouvés qu’en son sein. […] Là repose le cœur de la nature, ce sanctuaire d’où sont issues les premières races Humaines, et qui est le berceau de l’homme physique. » ― H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine, II, p. 797 (traduction).

La Fraternité est un fait dans la Nature
« La Fraternité Universelle n'est pas une simple théorie. Elle est un fait, un fait vivant, toujours présent, auquel nulle nation ne peut espérer se soustraire, auquel nul homme ne peut échapper, et celui qui la viole, viole une loi, viole la plus grande loi de la nature; elle réagira sur lui, le faisant souffrir. […] Sur n'importe quel plan, le plan du mental aussi bien que le plan du corps, le plan des émotions, de l'esprit, etc... nous sommes tous unis, et c'est un fait auquel nous ne pouvons échapper. […] Ainsi donc nous insistons : la Fraternité Universelle est un fait dans la nature. Elle est un fait dans l'aspect le plus inférieur de la nature ; dans le règne animal, dans le règne végétal et dans le règne minéral. Nous sommes tous des atomes, obéissant ensemble à la loi. Le fait de la nier n'est pas une preuve contradictoire. […] Il dit que tous les malheurs du monde disparaîtraient instantanément, si les hommes voulaient bien faire seulement le quart de ce qu'ils peuvent et doivent faire. Ce n'est pas Dieu qui vous condamne à la mort ou à la misère. C'est vous-mêmes. » ― W.Q. Judge, « La Fraternité est un fait dans la Nature » (Cahier Théosophique n°92).

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Note : L'epérience de l'Âme

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L’expérience de l’âme implique la connaissance du monde de l’Esprit et celui de la Matière sur chacun des sept plans de l’univers.

Les principes causalité dans l’univers
« L’idée que les choses puissent cesser d’exister et cependant ÊTRE est une concept fondamental de la psychologie de l’Orient. Le point important, derrière cette apparente contradiction dans les termes, concerne un fait de la Nature qu’il est important de saisir par le mental, sans argumenter sur les mots.
« Brahmâ (ou Hari) est le dieu à quatre faces, qui après avoir tiré la Terre des eaux, et « accomplit la création », ne demeure que la cause instrumentale, et, de manière clairement implicite, il n’est pas la Cause idéale. […]
« Ainsi Brahmâ est la cause des potentialités qui doivent être générées avant le travail de « création ». […] Si dans le Védanta et le Nyama, nimitta est la cause efficiente, opposée à la l’upadana, la cause matérielle, (et dans le Sankhya, pradhana, unit les deux fonctions) ; la philosophie Ésotérique, réconcilie tous les systèmes, et sa doctrine est celle qui est la plus proche du Védanta des Advaïtins (l’Advaïta védanta), à savoir qu’on ne peut spéculer que sur l’upadana ; ce qui représente dans l’esprit du Vishishtadvaita l’idéal opposé au réel – ou Parabrahm et Ishvara – qui ne peut trouver de place dans les spéculations publiées, puisque même cet idéal est mal nommé, quand il désigne ce qu’aucune raison humaine, même celle d’un adepte, ne peut concevoir. » ‒ Traduit de The Secret Doctrine, I, pp. 54/55.

Le déploiement de la Vague de Vie - Lumière
« Tous les êtres sensibles complets [hommes au septénaire complet ou êtres supérieurs] sont pourvus, à leurs commencements, de formes et d'organismes en complète harmonie avec la nature et l'état de la sphère qu'ils habitent.
« Les Sphères de l'Être, ou centres de vie, qui sont des noyaux [nuclei] isolés qui engendrent leurs hommes et leurs animaux, sont innombrables ; pas une ne ressemble à ses compagnes-soeurs, ni à aucun autre au sein de sa propre descendance particulière.
« Tous ont une double nature, physique et spirituelle.
« Les nucléoles sont éternels et durent à jamais ; les noyaux, périodiques et finis. Les nucléoles font partie de l'absolu. Ils sont les embrasures dans cette forteresse noire et impénétrable, qui reste à jamais cachée de la vue humaine ou même Dhyânique. Les noyaux [nuclei] sont la lumière d'éternité qui s'en échappe.
« C'est cette LUMIÈRE qui se condense pour donner les formes des ‘Seigneurs de l'Être’' — dont les premiers et plus élevés constituent, collectivement, JIVATMA, ou Pratyagātma [que l'on dit être issu figurativement de Paramâtma. C'est le Logos des philosophes grecs — qui apparaît au début de chaque nouveau Manvantara]. De ceux-ci sont formées en descendant — à partir des ondes [waves] de cette lumière qui se consolident toujours plus, qui devient sur le plan objectif la matière grossière — les nombreuses hiérarchies des Forces Créatrices, certains sans forme, d'autres ayant leur propres formes, d'autres encore les plus inférieures (les Elémentaux), n'ayant aucune forme propre mais adoptant une forme en fonction des conditions environnantes.
« Ainsi il n'y a qu'un Upadhi [base] Absolu dans le sens spirituel, à partir duquel, sur et dans lequel SOI construits pour les besoins du Manvantara les innombrables centres basiques sur lesquels s'appuient pour se dérouler les Evolutions universelle, cyclique et individuelles pendant la période d'activité. » ‒ Traduit de The Secret Doctrine, II, pp. 33/34.

L’univers et la conscience
« Au point de vue de la métaphysique la plus haute, l'Univers entier, y compris les Dieux, est une illusion (Mâyâ). Mais l'illusion de celui qui n'est lui-même qu'une illusion, varie sur chaque plan de conscience et nous n'avons pas plus le droit de dogmatiser sur la nature possible des facultés de perception d'un Ego du sixième plan, par exemple, que nous n'avons le droit d'identifier nos perceptions avec celles d'une fourmi, ou de les prendre pour type de son mode de conscience. L'Idéation Cosmique centrée dans un Principe, ou Oupâdhi (Base), a pour résultat la conscience de l'Ego individuel. Sa manifestation varie suivant la nature de l'Oupâdhi. Avec celui que nous appelons Manas, par exemple, elle se manifeste comme Conscience Mentale ; avec Bouddhi, formée d'éléments plus finement différenciés (sixième état de la matière) et ayant pour base l'expérience de Manas, elle se manifeste sous forme d'un courant d'Intuition Spirituelle.
« Le pur Objet, séparé de la conscience, nous est inconnu, tant que nous vivons sur le plan de notre monde à trois dimensions, car nous ne connaissons que les états mentaux qu'il suscite dans l'Ego qui le perçoit. Et tant que durera le contraste entre le Sujet et l'Objet – c'est-à-dire tant que nous ne jouirons que de nos cinq sens et que nous ne saurons pas comment dégager notre Ego, qui perçoit tout, de l'esclavage de ces sens – il sera impossible à l'Ego personnel de rompre la barrière qui le sépare d'une connaissance des "choses-en-soi" ou Substance.
« Cet Ego, progressant suivant un arc de subjectivité ascendante, doit épuiser l'expérience de chaque plan. Mais avant que l'Unité soit noyée dans le TOUT, que ce soit sur ce plan ou sur tout autre, et avant que Sujet et Objet ne disparaissent tous deux dans l'absolue négation de l'Etat Nirvânique – négation, rappelons-le, par rapport à notre plan seulement – on ne pourra pas gravir ce sommet de l'Omniscience qui est la connaissance des choses-en-soi, et approcher de la solution de l'énigme plus terrible encore, devant laquelle le plus haut des Dhyân Chohan lui-même doit se prosterner silencieusement sans comprendre – de l'Indicible Mystère, de ce que les Védantins appellent PARABRAHMAN.
« Aussi, les choses étant ce qu'elles sont, tous ceux qui ont essayé de donner un nom au Principe Inconnaissable l'ont simplement dégradé. Parler même de l'Idéation Cosmique – sauf dans son aspect phénoménal – équivaut à essayer d'emmagasiner le Chaos primordial, ou de coller une étiquette sur l'ÉTERNITÉ. » ‒ Extrait de La Doctrine Secrète (Éd. Adyar, Vol. II, pp. 34-35)

Origine physique et spirituelle de l’homme
« Je vous ai entendu dire que l'identité de notre origine physique est prouvée par la science, et celle de notre origine spirituelle par la Religion-Sagesse. Cependant les darwinistes ne font pas montre d'une grande affection fraternelle. C'est parfaitement vrai. C'est justement ce qui montre l'insuffisance des systèmes matérialistes et qui prouve que c'est nous, théosophes, qui avons raison. Savoir que nous avons une même origine physique ne stimule pas en nous des sentiments plus élevés et plus profonds. La matière, privée de son âme et de son esprit, c'est-à-dire de son essence divine, ne peut parler au cœur humain. Mais l'identité de l'âme et de l'esprit, de l'homme réel et immortel, ainsi que la Théosophie nous l'enseigne, une fois démontrée et bien enracinée dans notre cœur, devrait nous conduire loin sur le chemin de la vraie charité et de la bienveillance fraternelle.
« Mais comment la Théosophie explique-t-elle l'origine commune de l'humanité ? En enseignant que la racine de toute la Nature, objective et subjective, et de tout ce qui peut exister d'autre dans l'univers, visible et invisible, est, a été, et sera toujours une essence unique absolue, d'où tout émane et au sein de laquelle tout retourne. Telle est la philosophie aryenne, qui n'est complètement représentée que dans les systèmes védantique et bouddhique. Avec cet objet en vue, c'est le devoir de tous les théosophes de contribuer par tous les moyens pratiques, et dans tous les pays, à répandre une éducation non sectaire. » ‒ Extrait de La Clef de la Théosophie, p.57.

Le Bien et le Mal
« Le Bien et le Mal ne sont que les deux pôles d'une même chose. Dans l'Absolu, le Mal est ainsi la même chose que le Bien. Celui qui possède la connaissance absolue peut voir à la fois le Bien et le Mal, mais il ne ressent pas le Mal comme une chose dont il faut s'éloigner, aussi lui faut-il l'appeler simplement l'autre pôle […]. L'expérience, nous devons en avoir, et si nous l'acceptons quand elle nous arrive, nous sommes sages. C'est-à-dire que, tout en nous efforçant de faire tout notre devoir envers le monde et nous-mêmes, nous n'avons pas à revivre le passé par de vains et nuisibles regrets, ni à condamner quiconque, quels que soient ses actes, puisque nous ne pouvons pas en connaître la véritable cause. Nous ne sommes pas karma, nous ne sommes pas la Loi, et condamner un homme c'est nous rendre coupable de cette sorte d'hypocrisie qu'elle condamne si profondément. Si la Loi laisse vivre un homme, c'est la preuve qu'il n'a pas encore été jugé par cette autorité supérieure. Cependant, nous devons garder et nous garderons en tout temps notre faculté de discernement.
« Quand à s'élever au-dessus du Bien et du Mal, cela ne signifie point faire le mal, bien sûr. Mais, en fait, il ne peut exister ni Bien ni Mal réels ; si notre but est juste, nos actes ne peuvent être mauvais. Ajoutez à cela que tous les actes sont morts, une fois accomplis ; c'est dans le cœur qu'ils sont conçus et ils s'y trouvent déjà exécutés : leur réalisation physique est en elle-même une chose morte. Ainsi, nous pouvons faire une action supposée bonne, qui assurément apparaîtra telle, vue de l'extérieur, et cependant, dans la mesure où notre motif est peut-être mauvais, l'acte est nul, bien que l'intention compte.
« Le grand Dieu a tout fait, le Bien comme le Mal. Entre autres choses, il y a celles qui semblent mauvaises, mais Il ne doit pas en être affecté pour autant. Si nous suivons la Bhagavad-Gîtâ, chapitre III, nous ne devons accomplir que les œuvres que nous croyons bonnes, comme une offrande à Dieu et non pour nous-mêmes, et, si nous sommes désintéressés vis-à-vis des conséquences, ce n'est pas notre affaire si celles-ci paraissent bonnes ou mauvaises. Comme le cœur et le mental sont les plans réels de l'erreur, il est clair que nous devons veiller à accomplir tous les actes simplement parce qu'ils sont là pour être faits. Il nous reste alors la difficulté de nous séparer de l'acte. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 33/35.
« Le mal n'est pas non plus en nous, mais dans notre ignorance ; c'est là l'une des grandes illusions de la Nature. Toutes ces illusions portent l'âme à faire des expériences dans la matière, jusqu'à ce qu'elle ait clairement pris connaissance de chaque partie : ensuite, il lui faut apprendre à connaître l'ensemble — et tout à la fois — ce qu'elle ne peut accomplir qu'en opérant sa réunion avec l'Esprit, le Suprême, ou la Divinité. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 36/37.

La purification et l’élévation de l’âme
« Quant à l'âme immortelle — le Spectateur — elle n'a aucune participation à l'action mauvaise ; c'est seulement la personnalité, la partie élémentaire de l'âme, qui a péché. Tout ce qui retient l'âme attachée à l'existence matérielle est mal, c'est pourquoi nous ne pouvons pas distinguer l'un de l'autre. Le seul bien ultime c'est l'Unité ; et, en réalité, rien d'autre n'existe que cela. En conséquence, nos jugements se situent seulement dans le temps. Et nous n'avons pas non plus le droit d'exiger une vie pour une vie. « La vengeance m'appartient », dit le Seigneur (la Loi), « je donnerai le juste salaire ». Avec l'exécution capitale, nous devenons complices d'assassinat en élaborant de telles lois humaines. Par ailleurs, je n'affirme pas que chaque expérience doive être vécue dans le corps, car il en est qui sont éprouvées dans le mental. Je ne cherche pas non plus à justifier aucune d'elle : la seule justification est dans la Loi. […]
Ainsi, la nature fait la guerre à la nature, toujours dans le but de favoriser la purification et l'évolution de l'âme. La Nature n'existe que pour le dessein de l'âme. [..] Nous devons éviter toutes les choses ordinairement reconnues comme immorales, et bien d'autres qui ne sont pas considérées comme telles par la masse, mais qui le sont tout autant quand nous savons à quel point elles augmentent l'ignorance et l'obscurité par le ferment qu'elles introduisent dans la nature, et combien cela empêche la pénétration des clairs rayons de la Vérité. […]
Mais même maintenant, dans l'incapacité où nous sommes de maîtriser ces thèmes élevés, nous pouvons avoir une patiente confiance dans les processus de l'évolution et dans la Loi, en ne blâmant ni ne jugeant aucun homme, mais en vivant nous-mêmes selon nos intuitions les plus hautes. La pierre de touche d'un homme gît dans son motif que nous ne voyons pas — pas plus que ses actes ne l'expriment toujours. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 37/38.

Deux adversaires de l’âme : ignorance et action
« Voilà donc deux grands adversaires de l'âme : l'ignorance et l'action. […] Pourtant, quand on reconnaît son ignorance, on doit bien agir afin de la détruire. Comment y parvenir sans toujours demeurer dans le tourbillon de l'action [c'est-à-dire karma, qui cause les renaissances] ? Telle est la question.
« Sachant que les actes se passent tous dans le champ de ces trois qualités naturelles [de la Nature], et pas du tout dans l'âme, il faut commencer par se débarrasser de l'idée que quelque chose est réellement fait par soi-même […] Il faut ensuite faire reposer toutes ses actions sur la dévotion. C'est-à-dire sacrifier toutes ses actions au Suprême, et non à soi-même. On doit dès lors (en laissant de côté l'indifférence), ou bien se considérer comme le Dieu auquel on sacrifie, ou bien choisir l'autre, le vrai Dieu — Krishna — et dès lors orienter tous ses actes et toutes ses aspirations vers soi-même ou bien vers le Tout. Ici intervient l'importance du motif. Car, celui qui accomplit pour l'humanité des actes magnifiques de vaillance ou de service, ou qui acquiert une connaissance lui permettant d'aider ses semblables, en ayant pour seul mobile la pensée que, de cette manière, il atteindra le salut, ne fait qu'agir dans son intérêt personnel et, par conséquent, ne sacrifie qu'à lui-même. C'est donc une dévotion intérieure au Tout qu'il faut avoir, c'est-à-dire faire reposer toutes ses actions sur le Suprême, en sachant qu'on n'en est pas l'auteur, mais leur simple témoin [voir Bhagavad-Gîtâ, V, 8-9, XIII, 29 et XIV, 19]. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 37/39.

La condition d’Être
« La spiritualité est donc une condition de l'Être qui ne peut être exprimée par le langage. Appelez-la un taux de vibration, bien au-delà de notre compréhension. Son langage est le langage du mouvement, à son premier stade, et sa perfection transcende les mots et même la pensée.
« La connaissance du Principe Suprême est un silence divin, et l'état de repos de tous les sens. » [Hermès Trismégiste, Traité X, § 5.] ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, p. 49.

Amour et Altruisme
C'est cette charité sans bornes de l'amour qui fit dire au Bouddha : « Que les péchés de cet âge sombre retombent sur moi afin que le monde puisse être sauvé » — et non pas un désir de fuite ou de connaissance. L'idée est exprimée dans la phrase : « LE PREMIER PAS DANS LA VÉRITABLE MAGIE CONSISTE À SE CONSACRER AUX INTÉRÊTS D'AUTRUI. » Krishna a dit, de même : « Proche du renoncement est le salut » [Bhagavad-Gîtâ, XII, 12]. ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, p. 114.

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Les pensées d'un mort

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(Traduction d’un extrait de l’ouvrage Théosophique The Modern Panarion, page 481 ‒ Éd., The Theosophy Company, USA)

Si un homme meurt d’une maladie contagieuse, un morceau de vêtement, ou un objet qu’il avait touché pendant sa maladie pourra, des mois, voire des années, après sa mort communiquer cette maladie à une personne plus sensible physiologiquement que d’autres qui seront insensibles à la maladie. Alors, pourquoi une idée, ou une pensée n’exercerait-elle pas la même influence ? Une pensée n’est pas moins matérielle ni objective que ne le sont les germes impondérables et mystérieux des virus des maladies infectieuses, dont les causes sont un puzzle pour la science. Si le mental d’une personne vivante peut influencer le mental d’un autre, et que le premier peut forcer le second à penser et croire ce qu’il veut – en bref, il peut influencer psychologiquement son mental (en anglais : psychologize) –la pensée d’une personne décédée peut aussi le faire. Une fois générée et émise, cette pensée va vivre portée par sa propre énergie. Elle est devenue indépendante du cerveau ou du mental qui lui a donné naissance. Tant que son énergie concentrée n’est pas dissipée, elle peut agir comme une influence potentielle si elle entre en contact avec le cerveau ou le système nerveux d’une personne vivante convenablement prédisposée. L’action mauvaise ainsi provoquée peut mettre le sensitif dans un état de folie passagère et d’auto-illusion, qui lui brouillera la perception de sa propre individualité. L’action morbide une fois induite, c’est tout l’ensemble des pensées vagabondes du décédé qui se précipitent sur le cerveau du sensitif, et de manière répétée il pourra donner l’impression de la présence du décédé et convaincre un investigateur favorablement prédisposé qu’une intelligence, « contrôle », « guide » et communique effectivement.

Pour les personnes intéressées, voici le lien vers un article paru dans la revue The Path, "The Worship of the Deads", d'août 1889 (pages 134 à 136)

L’Éthique de la Théosophie (citations)

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Éthique et devoir
Précepte universel bouddhiste : « Ne condamne jamais un homme en son absence, et, quand tu es obligé de lui faire un reproche, fais-le devant lui, mais avec douceur et par des paroles pleines de charité et de compassion. Car le cœur humain est semblable à la plante Kusûli : elle ouvre sa corolle à la douce rosée matinale mais la ferme à une pluie violente. » (Précepte bouddhiste.)
« Ne jugez pas pour n'être pas jugés. » (Aphorisme chrétien.)
« Dans le treizième numéro de la Revue Lucifer (septembre 1888) a été publié un article sur « La Signification d'un Serment ». Des sept clauses qui constituent le Serment (dont six seulement ont été rendues publiques), la première, la quatrième, la cinquième et surtout la sixième exigent une grande force morale de caractère, une volonté de fer jointe à un désintéressement profond, à une promptitude au renoncement, et même à l'abnégation, pour tenir un tel pacte. Pourtant, beaucoup de théosophes ont signé avec enthousiasme cette solennelle « Promesse » d'œuvrer au bien de l'humanité, en oubliant le Soi, sans un seul mot de protestation — si ce n'est à l'égard d'un seul point. Aussi étrange que cela paraisse, c'est la troisième règle qui, dans presque tous les cas, fait hésiter le candidat et le plonge dans l'inquiétude. […]
« Quel est donc ce terrible serment qui semble être au-delà de la force du commun des mortels ? Tout simplement ceci : « Je m'engage à ne jamais prêter l'oreille sans protester à un mal dit d'un Frère théosophe et à m'abstenir de condamner les autres. » […]
« La clause 3 n'est-elle pas un principe fondamental du code éthique qui devrait guider tout membre qui aspire à devenir réellement un théosophe ? Cette clause ne devrait-elle pas faire partie intégrante des obligations de chaque membre — actif ou figurant — qui s'affilie au Mouvement Théosophique, si on considère les dimensions d'un tel groupement qui est composé d'hommes et de femmes si différents sous l'angle des nationalités, caractères, croyances et façons de penser, ce qui fournit par là-même des prétextes faciles aux disputes et aux querelles ? […] Dans une Société qui a des prétentions à un système éthique sublime — l'essence de tous les codes éthiques du passé — et qui confesse ouvertement son désir de rivaliser avec les fidèles de toutes les religions et de leur donner des leçons par son exemple pratique et ses façons de vivre, un tel Serment constitue la condition sine qua non du succès de cette Société. Dans un groupement où « près de l'ortie nuisible fleurit la rose », et où les épines agressives sont plus nombreuses que les fleurs suaves, un Serment de cette nature est le seul salut. Aucune Éthique, en tant que science des devoirs réciproques d'homme à homme — aussi bien sur le plan social que religieux ou philosophique — ne peut être complète ou cohérente, si elle n'impose pas une règle de cette nature. […] Aucun honnête homme — et encore moins aucun théosophe — ne peut condamner ces vers d'Horace :

« Celui qui se dresse contre ses amis absents,
« Ou entend dire du mal d'eux sans les défendre,
« Qui médit d'eux et les discrédite,
« Un tel homme est un FRIPON — méfiez-vous de lui. »
Extrait de l’article d’H.P. Blavatsky « La dénonciation est-elle un devoir ? » - Cahier Théosophique n°138.

Suis-je le gardien de mon frère - Notre devoir vis-à-vis des autres : « La question du devoir est de celles que seul l’individu lui-même peut résoudre entièrement. Il ne sera donné aucun code de lois ni aucune table de règles, invariables et inflexibles, à quoi, tous devraient répondre pour agir ou pour découvrir le devoir.
« Nous sommes si ignorants, ou depuis si peu de temps informés d'une partie de la Volonté Divine, que généralement nous sommes peu à même de dire avec exactitude ce qui est erroné, ou mal.
« Chaque homme est à lui-même la loi — la loi qui décide de ce qui est vrai et faux, bien et mal. Aucun autre individu ne peut violer la loi de cet homme, pas plus que toute autre loi, sans produire l’inévitable résultat d’une pénalité pour avoir enfreint une loi. […]
« Si les hommes vilipendent un autre, le persécutent ou lui font du tort, pourquoi résister ? Peut-être c’est mal, mais tant que cela n’affecte que notre moi, cela n’a pas de grande importance. Si le besoin, la peine ou la douleur nous arrivent, pourquoi résister ou pousser des cris ? Dans la résistance, ou l’opposition violente, nous créons de plus grands maux. S’ils n’affectent que notre moi, ils devraient avoir peu de poids, alors qu’en même temps ils nous apportent d’inestimables leçons dans leurs mains. Bien compris ils amènent l’individu à s’oublier lui-même dans le désir d'aider les autres mis dans des situations semblables, et contribuer à ce que s’épanouisse le Lotus du devoir — ou de l'amour pour l'homme — hors de la tourbière du Nil de la vie. Ne résistez pas au mal, car il est inséparable de la vie. C'est notre devoir de vivre, et d’accepter sans plainte, tout de la vie. Ne résistez pas au mal, mais plutôt apprenez de lui tout le bien qu'en réalité il ne fait que voiler.
En lui, comme dans le bien lumineux, allez en quête du Mystère ; et alors des deux viendra à se manifester la même forme-identique sur le front de laquelle est écrit le mot « Devoir » (qui se traduit comme signifiant les efforts pour le bien de tous les autres hommes) tandis que sur son cœur est écrit : « Je suis le gardien de mon frère. »
Extrait de l’article de W.Q. Judge « Suis-je le gardien de mon frère ».

Éthique et altruisme
« Personne, plus que les Théosophes, ne croit fermement à l’Unité de la Loi Éternelle. […]
« Le bonheur ne peut pas exister là où la Vérité est absente. Bâti sur le sable mouvant des fictions et des hypothèses humaines, le bonheur n’est qu’un château de cartes, tombant au premier souffle; il ne peut exister réellement, tant que l’Égoïsme règne, suprême, dans les sociétés civilisées. Tant que le progrès intellectuel se refusera d’accepter une position subordonnée au progrès moral et que l’égoïsme ne s’effacera pas devant l’Altruisme prêché par Gautama et le vrai Jésus historique (le Jésus du sanctuaire païen, non le Christ des Églises), le bonheur pour tous les membres de l’humanité, demeurera une utopie. […]
« Il n’y a qu’un moyen d’améliorer jamais la vie humaine: c’est l’amour du prochain pour lui-même et non pour notre gratification personnelle. Le plus grand théosophe — c’est-â-dire celui qui aime la vérité divine sous toutes ses formes — est celui qui travaille pour le pauvre et avec le pauvre. Il y a, de par le monde, un homme connu de toute l’Europe-Amérique intellectuelle et qui n’a peut-être jamais entendu prononcer le nom de la Société théosophique; je veux parler du comte Léon N. Tolstoï, l’auteur de La Guerre et la Paix. Ce grand écrivain est le vrai modèle de tout aspirant à la vraie théosophie. C’est lui qui le premier, dans l’aristocratie européenne, a résolu ce problème : «Que puis-je faire pour rendre heureux tout homme pauvre que je rencontrerai? […]
« Faites entrer ce progrès matériel dans la voie morale et les « missionnaires » du Lotus et des Indes vous reconnaîtront comme leurs maîtres. Mais vous n’en faites rien. Vous avez tari ou travaillé à tarir l’unique source de consolation pour le pauvre, la foi dans son Moi immortel et vous ne lui avez rien donné en échange […]. »
Extraits de l’article de H.P. Blavatsky « Fausses conceptions » paru dans la revue Le Lotus de septembre 1887.

Éthique et vie pratique
« La Théosophie ne doit pas être présentée comme une simple série de vérités morales, un paquet d’Éthiques métaphysiques présentées en abrégés de dissertations théoriques. La Théosophie doit être rendue pratique, et être libre de tout discours inutiles… Elle doit trouver son expression objective dans un code de vie qui embrasse tout et qui soit pleinement imprégné de son esprit ‒ l’esprit de tolérance mutuelle, de charité et d’amour. Ses fidèles doivent donner l’exemple d’une moralité fermement exprimée et vécue. […] Le problème de la pure théosophie et de sa grande mission est de montrer en termes clairs, non ambigus, quels sont les idées éthiques et les devoirs qui satisfont au mieux nos meilleurs sentiments d’altruisme et de justice ; et de montrer combien ils concernent la vie quotidienne et comment ils peuvent être appliqués avec la plus d’équité. » ‒ Traduction d’un extrait de l’article d’H.P. Blavatsky, “Original programme Manuscript”, paru en 1886.

« Ceux d'entre vous qui désireraient se connaître eux-mêmes dans l'esprit de vérité, ont à apprendre à vivre seuls au milieu des grandes foules qui peuvent parfois vous environner. Cherchez à entrer en communion et en rapport constant seulement avec le Dieu qui est caché dans le tréfonds de votre âme, et est appelé la CONSCIENCE LA PLUS HAUTE, mettez sans plus attendre vos bonnes intentions en pratique, et ne laissez jamais la moindre d'entre elles ne rester qu'une intention. Et, par ailleurs, n'espérez ni récompense, ni même reconnaissance pour le bien que vous avez pu faire. Récompense et reconnaissance sont en vous-mêmes et sont inséparables de vous, étant donné que c'est votre Soi Intérieur seul qui peut les apprécier à leur importance et à leur valeur réelles. Car, au cœur de son tabernacle intérieur, chacun de vous possède cette Cour Suprême — avec son avocat, son procureur, son jury et ses juges — dont la sentence est la seule qui soit sans appel, ainsi personne ne peut vous connaître mieux que vous-mêmes une fois que vous avez appris à juger ce Soi, votre personne, à la lumière qui jamais ne vacille de la divinité intérieure : votre Conscience la plus haute. » ‒ Extrait de l’article « Quelques mots sur la vie journalière », Cahier Théosophique N°4.

Éthique et vertus
« Les compagnons-disciples doivent être accordés par le Guru [Maître] comme les cordes d'un luth (ou vina), chacun différent des autres, mais émettant cependant des sons en harmonie avec tous. Collectivement, ils doivent être comme un clavier vibrant dans toutes ses parties, au moindre effleurement (le toucher du Maître). C'est ainsi que leur mental s'ouvrira aux harmonies de la Sagesse pour vibrer en tant que connaissance à travers chacun et tous, en produisant des effets agréables aux dieux qui président (anges protecteurs ou tutélaires), et utiles au lanou [disciple]. Ainsi, la Sagesse s'imprimera à jamais dans leur cœur et l'harmonie de la loi ne sera jamais rompue. […]
« Le cœur doit être rempli du sentiment de sa non-séparativité avec le reste des êtres, et avec tout dans la Nature, sans cela aucun succès n'est possible. […]
« La méditation, l'abstinence en tout, le respect des devoirs moraux, les bonnes pensées, les bonnes actions et les paroles aimables, comme aussi la bonne volonté envers tous, et un oubli complet de Soi sont les moyens les plus efficaces pour obtenir la connaissance et se préparer à recevoir la sagesse supérieure.
« C'est uniquement en observant strictement toutes les règles [des disciples], qu'un élève peut espérer acquérir en temps voulu les siddhi [pouvoirs] des Maîtres, et le développement qui l'amènera graduellement à devenir Un avec le TOUT UNIVERSEL. » ‒ Extraits de l’article de H.P. Blavatsky « L’Occultisme pratique ».

« La première tâche indispensable est de conquérir et maîtriser son corps. » ‒ Citation de l’article de H.P. Blavatsky « The Great Paradox ».

« Les ennemis qui se dressent dans le corps,
« Durs à combattre – les passions mauvaises –
« Doivent être combattus à la main, celui qui les conquière
« Est égal au conquérant du monde » ‒ Kiratarjuniya.

Éthique universelle, karma et les cycles
« Pour rendre le fonctionnement du Karma dans les rénovations périodiques de l'Univers plus évident et intelligible à l'étudiant lorsqu'il aborde l'origine et l'évolution de l'homme, il doit examiner maintenant avec nous l'influence ésotérique des Cycles Karmiques sur l'Éthique Universelle. La question est : ces mystérieuses divisions du temps, dénommées Yugas et Kalpas par les hindous, et si graphiquement, [kuklos], « cycle », anneau ou cercle, par les Grecs, ont-elles quelque influence ou lien direct avec la vie humaine ? Même la philosophie exotérique explique que ces cercles perpétuels du temps reviennent toujours sur eux-mêmes, périodiquement et intelligemment dans l'Espace et l'Eternité. Il y a des « Cycles de la matière » et il y a des « Cycles de l'évolution Spirituelle ». Des cycles raciaux, nationaux, et individuels. » ‒ Lire tout l’extrait de La Doctrine Secrète, pp. 637/9 - L'évolution cyclique et karma.

Éthique et les lois de karma et de réincarnation
« Les doctrines [de Karma et de Réincarnation] se comprennent facilement et sont bienfaisantes pour tout le monde, non seulement parce qu'elles fournissent nécessairement une base solide pour l'éthique ou pour toute conduite humaine, mais parce qu'elles constituent les notes toniques de l'évolution supérieure de l'homme. Sans Karma et Réincarnation, l'évolution reste fragmentaire ; un processus dont les débuts sont inconnus et dont le résultat ne peut être discerné, un aperçu de ce qui pourrait être, un espoir de ce qui devrait être. Mais à la lumière du Karma et de la Réincarnation, l'évolution devient la logique de ce qui doit être. Tous les anneaux de la chaîne de l'être y sont présents et les cercles de la raison et de la vie sont complets. Karma est la loi éternelle d'action et la Réincarnation fournit le champ illimité à ses manifestations. Des milliers de personnes sont capables de comprendre ces deux principes, de les adopter comme base de conduite et de les intégrer dans leur vie, mais ne peuvent pas saisir la synthèse complète de cette évolution infinie dont ces doctrines forment une part si importante. En offrant ainsi, même au penseur superficiel et à celui qui raisonne d'une façon faible et illogique, une base parfaite pour la morale et un guide infaillible dans la vie, la Théosophie contribue à la réalisation future de la Fraternité Universelle et de l'évolution supérieure de l'homme. » - Article de W.Q. Judge, « La synthèse de la science occulte », CT N°98, pp. 19/20.

La Théosophie ne présente pas une éthique nouvelle
« La Théosophie ne présente pas une éthique nouvelle, car, pour elle, la véritable éthique est la même pour toujours. Mais, dans les doctrines de la Théosophie, nous trouvons les bases raisonnables et philosophiques qui fondent l'éthique et incitent, d'une façon naturelle, à la mettre en pratique. La Fraternité Universelle sera réalisée en agissant envers les autres comme vous voudriez qu'ils agissent envers vous, et en aimant votre prochain comme vous-mêmes. Telle est la voie déclarée comme bonne et juste par tous les instructeurs des grandes religions du monde. » - W.Q. Judge, extrait des « Principes généraux ».


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