Samedi 24 Juin 2017

Mis à jour le Sam. 24 Jui. 2017 à 16:25

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Articles de H.P. Blavatsky

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Helena Petrovna Blavatsky (1831 - 1891) ou Madame Blavatsky fut sans conteste la femme la plus extraordinaire du 19e siècle. Née d'une famille de la grande noblesse russe, elle entreprendra pendant plus de 20 années, une série d'interminables voyages autour de la terre. Elle rencontra d'authentiques maîtres spirituels. Au contact de ces maîtres, en Inde et surtout au Tibet, elle découvrit ce qu'elle allait appeler la Théosophie, philosophie ésotérique représentant la Tradition commune à toutes les religions.Elle consacra toutes ses forces à propager cette philosophie qui pour elle devait servir à unir les hommes, au-delà des sectarismes.

En fondant avec quelques amis, dont le Colonel Henry S. Olcott et William Q. Judge, la Theosophical Society (Société Théosophique) à New York, en 1875, elle lançait ce qui allait devenir un grand mouvement planétaire de renouveau, dans le domaine philosophique, humaniste et spirituel.

Mme Blavatsky a laissé une œuvre écrite considérable comprenant un millier d'articles et plusieurs ouvrages majeurs : Isis Dévoilée ; La Doctrine Secrète ; La Clef de la Théosophie ; La Voix du Silence ; Raja Yoga ou Occultisme ; Les Cinq messages ; Les rêves et l'éveil intérieur (de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

De nombreux articles de Blavatsky sont accessibles en ligne.

Elle décède le 8 mai 1891 à Londres (Angleterre).

Janus - Le dieu à double face (Citations d'écrits d'H.P. Blavatsky)

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Janus le dieu à double face
« Le premier janvier qui ouvrait le nouvel an était consacré à Janus [Janus = la « porte » ou une entrée quelconque ; la porte qui ouvre l'année], lequel donna son nom au mois de Januarius ou janvier. [...] Ce jour-là, tout le monde [dans l'Empire Romain] s'affublait, en l'honneur de Janus, à la double face, d'un faux nez plus ou moins saillant, de bonté, de franche cordialité et de sincérité. [...] Ni faux nez, ni masque ne pourraient empêcher un vieux païen de reconnaître, dans l'apôtre qui renia son Maître, son Janus à double face. Les deux sont identiques, et tout le monde a le droit de prendre son bien où il le trouve. Saint Pierre n'est le cœli Janitor que parce que Janus le fut. Le vieux concierge du ciel, qui tirait le cordon de la porte du palais du Soleil, à chaque nouveau jour, comme à chaque nouvel an, et la refermait sur eux, en les reconduisant, n'est que trop reconnaissable dans son nouveau rôle. Il était écrit, dans les étoiles qui gouvernent la destinée des dieux comme celle des mortels, que Janus – qui tenait la clef du ciel dans une main et une hallebarde de l'autre, tout comme saint Pierre le fait depuis qu'il lui a succédé – céderait sa place de portier du Soleil à celui qui deviendrait le gardien des portes du Paradis – la demeure du Christ-Soleil. Le nouveau cœli Janitor a succédé à toutes les fonctions et privilèges de l'ancien, et nous n'y voyons aucun mal. Salomon l'a dit : « Il n'y a rien de nouveau sous le soleil » – et il a bien dit. [...] Dans toutes les cérémonies religieuses, le nom de Janus était toujours invoqué le premier, car ce n'est que par son immédiate intercession que les prières des fidèles idolâtres pouvaient parvenir aux oreilles des dieux immortels. » ‒ H.B. Blavatsky, extrait de l'article « Pensées sur le Nouvel An et les Faux Nez » (Cahier Théosophique n°133).
« Janus, le dieu à double face, était à la tête de douze dieux, et dans ses représentations il était montré tenant les clefs des domaines célestes ». Isis dévoilée, (Isis Unveiled, Vol. II, p. 448).

Janus et le caractère ésotérique des Évangiles
« Le culte de la lettre morte de la Bible n'est qu'un autre genre d'idolâtrie, rien de plus. Un dogme fondamental de la foi ne peut exister sous une forme de Janus à double visage. La « justification » par le Christ ne petit être obtenue par l'homme à son choix et à sa fantaisie, seulement « par la foi », ou « par les œuvres » ; et comme, à ce sujet, Jacques (Epitre ; 2, 25) (Note 1) et Paul (Hebreux ; 11, 31) se contredisent mutuellement (Note 2), l'un des deux doit avoir tort. Il en résulte que la Bible n'est pas la « Parole de Dieu », mais, dans le meilleur des cas, contient la parole d'hommes faillibles, et d'instructeurs imparfaits. Cependant, si on la lit ésotériquement, elle contient effectivement, sinon toute la vérité, du moins « rien que la vérité », sous un déguisement allégorique ou sous un autre. Il faut seulement ne pas oublier : « Quot homines tot sententiae » (Note 3) ». [...]
« Si on demande d'expliquer les noms IESOUS CHREISTOS, la réponse est celle-ci : étudiez la mythologie, les soi-disant « fictions » des Anciens, et elles vous donneront la clef. Réfléchissez à Apollon, le dieu solaire et le « Guérisseur », et à l'allégorie concernant son fils Janus (ou Ion) (Note 4), son prêtre à Delphes, qui était le seul canal par lequel les prières pouvaient atteindre les dieux immortels ; songez aussi à son autre fils Asclépios, appelé Sôtêr, le Sauveur. Vous avez ici un feuillet du livre de l'histoire ésotérique, rédigé en tournures symboliques par les vieux poètes grecs.
La ville de Chrisa [Krisa ] (Note 5) (la moderne Crisa) fut construite en mémoire de Kréousa (ou Créüse), la fille du roi Erechthée, et la mère de Janus (ou Ion) par Apollon, pour rappeler le danger auquel Janus avait échappé (Note 6). Nous apprenons que Janus, abandonné par sa mère dans une grotte, « pour cacher la honte d'une vierge qui avait donné naissance à un fils », y fut découvert par Hermès ; ce dernier emmena le jeune enfant à Delphes, le nourrit près du sanctuaire et de l'oracle de son père, où, sous le nom de Chrêsis (χρησις), Janus devint d'abord un Chrêstês (un prêtre, devin, ou Initié), puis presque un chrêstêrion, « une victime sacrificielle » (Note 7), car il échappa de peu à un empoisonnement par sa propre mère ; celle-ci, en effet, ignorante de son identité, et mue par la jalousie, l'avait pris pour un fils de son mari [Xouthos], sur la base d'une vague indication de l'oracle. Janus la poursuivit jusqu'à l'autel, avec l'intention de la tuer, mais elle fut sauvée par la pythonisse qui révéla à tous deux le secret de leur parenté. C'est ainsi qu'en souvenir de ce salut gagné de justesse, Creüse, la mère, bâtit la ville de Chrisa, ou Krisa. Telle est l'allégorie, et elle symbolise simplement les épreuves de l'Initiation (Note 8).
Il apparaît donc que Janus, le Dieu solaire et le fils d'Apollon, le Soleil, signifie l'« Initiateur » et « Celui qui ouvre la Porte de la Lumière » (ou de la sagesse secrète des mystères), qu'il est issu de Krisa (ésotériquement Chris) et qu'il était un Chrêstos par lequel parlait le Dieu, et finalement qu'il était Ion, le père des Ioniens et, selon certains, un aspect d'Asclépios, un autre fils d'Apollon : avec ces éléments, il est facile de saisir le fil d'Ariane dans ce labyrinthe d'allégories. Toutefois ce n'est pas ici le lieu de démontrer des questions mineures en mythologie. Il suffit de faire ressortir le lien qui existe entre les personnages mythiques d'une lointaine antiquité et ce qu'on trouve dans les fables plus récentes qui ont marqué le début de notre ère de civilisation. Asclépios (Esculape) était le divin médecin, le « Guérisseur », le « Sauveur », Σωτήρ [Sôtêr], comme on l'appelait (titre également attribué à Janus de Delphes) ; et IASO, la fille d'Asclépios était la déesse de la guérison, sous le patronage de qui étaient placés tous les candidats à l'initiation dans le temple de son père — les novices ou chrêstoï, appelés « les fils d'Iasô ». ‒ Extrait de l'article de H.P. Blavatsky « Le caractère ésotérique des Evangiles » (Cahiers Théosophiques n°162/3/4).

Note 1 : [Jacques (2, 26) précise clairement : « De même que sans souffle le corps est mort, de même aussi, sans ouvres, la foi est morte ».]
Note 2 : Pour st Paul, il n'est que juste de remarquer que cette contradiction est sûrement due à une altération ultérieure de ses Epîtres, Paul était lui-même un gnostique, c'est-à-dire un « Fils de la Sagesse » et un initié aux vrais mystères de Christos, bien qu'il ait lancé ses foudres (ou, du moins, on s'est arrangé pour le faire croire) contre certaines sectes gnostiques qui, de son temps, existaient en grand nombre. Mais le Christos dont il a parlé n'était pas Jésus de Nazareth, ni aucun homme vivant, comme l'a montré avec tant de compétence M, Gerald Massey dans sa conférence : « Paul, l'adversaire gnostique de Pierre », C'était un Initié, un vrai « Maître-constructeur » ou adepte, comme il a été décrit dans Isis Unveiled (II, 90-91).
Note 3 : [« Autant d'hommes, autant d'opinions » (Cicéron).]
Note 4 : [Dans tout le passage qui suit, H.P.Blavatsky identifie Ion (héros antique qui a donné son nom aux Ioniens, considérés comme les premiers Grecs) et Janus, une des plus anciennes divinités du panthéon romain. La tragédie grecque d'Euripide, Ion, qui retrace la légende du personnage, ignore le nom latin de Janus.]
Note 5 : Aux temps d'Homère, cette ville, célèbre jadis pour ses mystères, nous apparaît comme le principal siège de l'Initiation, et le nom de Chrêstos y était employé comme un titre, pendant les mystères. Elle est mentionnée dans l'Iliade (II, 520) sous la forme Krisa [en ionien : Krisè]. [...].
Note 6 : Les racines grecques de Chrêtos et Chrêstos sont identiques ; c'est le verbe [chraô], qui a pour signification « consulter l'oracle », dans un sens, mais, dans un autre, également: « consacrer », mettre à part, attacher à un temple ou un oracle, ou vouer au service d'un oracle. Par ailleurs, [chré] (de [chréô]) veut dire « obligation », dette, devoir, ce qui renvoie à celui qui est sous l'obligation de serments, ou de vœux, qu'il a prononcés.
Note 7 : Le terme grec [chrêstos] fut aussi employé comme adjectif apposé à des noms propres, à titre de compliment, comme dans Platon (Théétète, 166 A) : [houtos dê ho Sôcratês ho chrêstos], « voici Socrate le Chrêstos » [= voilà bien le brave Socrate !] ; également à titre de surnom, comme on en voit un exemple chez Plutarque (Vies, Phocion, 746 c) qui se demande comment un personnage aussi rude et austère que Phocion a bien pu être surnommé Chrêstos [= Bon].
Note 8 : Il y a pour un Occultiste d'étranges aspects, tout à fait suggestifs, dans ce mythe de Janus (s'il s'agit bien d'un mythe). Certains font de Janus [le dieu latin] la personnification de Kosmos, d'autres, de Coelus (le ciel); il a donc un « double visage » en raison de son double caractère d'esprit et de matière; et n'est pas seulement « Janus bifrons » (à deux visages) mais aussi quadrifrons [à quatre visages] — le carré parfait, l'emblème de la Déité de la Kabbale. Ses temples furent construits à quatre côtés égaux, avec une porte et trois fenêtres sur chaque côté. Pour les mythologues, il s'agit d'une représentation des quatre saisons de l'année et des trois mois de chaque saison et, dans l'ensemble, des douze mois annuels. Toutefois, au cours des mystères de l'Initiation, Janus devenait le Soleil du Jour et le Soleil de la Nuit. C'est pourquoi on le voit souvent figuré avec dans une main le nombre 300 [en chiffres romains : CCC] et dans l'autre le nombre 65 [= LXV], ce qui totalise les jours de l'année solaire. Si maintenant on pense à H'anokh [= « initié », ou « initiant »] (Henoch ou Enoch dans la Bible), il constitue — comme on peut le montrer sur l'autorité de la Kabbale — un seul et même personnage, qu'il soit fils de Caïn, fils de Seth [sous le nom d'Enos], ou fils [de Jared, père] de Mathusalem. En tant que H'anokh (selon Fuerst) « il est l'Initiateur, l'Instructeur — à l'origine du cercle astronomique et de l'année solaire » : si on considère l'Enoch qui fut le père de Mathusalem, il passe pour avoir vécu 365 ans, [cf. Genèse, 5, 23] et avoir été enlevé vivant au ciel, comme représentant du Soleil (ou Dieu). (Voir Livre d'Enoch). Ce patriarche a bien des traits communs avec Janus, lequel est Ion exotériquement, mais IAO du point de vue de la Kabbale, ou Jehovah, le « Seigneur Dieu de la Génération », le mystérieux Yod, ou UN (nombre phallique). Car Janus, ou Ion, est aussi surnommé Consivius [= le planteur], du fait qu'il préside à la génération. Il est représenté comme donnant l'hospitalité à Saturne (Chronos, le temps) [chassé de Grèce par Jupiter] et il est l'Initiateur de l'année, ou le temps divisé en 365.

Le mystère du Jardin d'Eden
« Le mystère relatif au drame d'Eden, a été, dit-on, d'abord enseigné par Janus, qui fut aussi le premier à introduire dans les temples, le symbole de la « graine », dans le sacrifice du « pain » et du « vin » qui commémore la « chute [de l'homme] dans la reproduction [sexuée] ». ‒ Traduction d'Isis dévoilée (Isis Unveiled, Volume II, p. 44).
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1888

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Extraits de l'article « 1888 » d'H.P. Blavatsky

Habituellement les gens souhaitent à leurs amis une heureuse année, et parfois "prospère" est ajouté à "heureuse". Il est peu probable que beaucoup de bonheur et de prospérité puisse venir à ceux qui vivent pour la vérité sous un chiffre aussi sombre que 1888 ; mais cependant l'année est influencée par la glorieuse étoile de Vénus-Lucifer, brillant de manière si resplendissante qu'elle a été prise pour ce visiteur plus rare encore, l'étoile de Bethléem. Ceci est, aussi, à notre portée de mains, et sûrement quelque chose de l'esprit du Christos peut naître sur terre sous une telle condition. Même si la joie et la prospérité sont absentes, il est possible de trouver quelque chose de plus grand qu'elles dans cette nouvelle année. Venus-Lucifer est la marraine de notre magazine, et comme nous choisissons de trouver la lumière sous son auspice, nous espérons atteindre sa noblesse. Ceci est possible pour chacun de nous personnellement, et au lieu de souhaiter à nos lecteurs une nouvelle année heureuse et prospère, nous nous sentons plus d'humeur de les prier de faire de cette année une année digne du brillant messager. Ceci peut être entrepris par ceux qui sont courageux et résolus. Thoreau signalait qu'il y avait des artistes dans la vie, des personnes qui peuvent changer la couleur d'un jour et en faire quelque chose de magnifique pour tous ceux avec lesquels ils sont en contact. Comme dans tous les arts, nous affirmons qu'il y a des adeptes, des maîtres de la vie qui la rendent divine. N'est-ce pas le plus grand art, que de pouvoir affecter l'atmosphère même dans laquelle nous vivons ? Que ceci soit le plus important se comprend immédiatement, quand nous nous souvenons que chaque personne qui respire la vie affecte l'atmosphère mentale et morale du monde, et aide à colorer la journée de ceux qui sont autour de lui. Ceux qui n'aide pas à élever les pensées et les vies des autres doivent par conséquence soit les paralyser par leur indifférence, soit les tirer fortement vers le bas. [...]  Personne ne peut rester tout à fait inactif. [...] L'occultiste reconnaît pleinement sa responsabilité et ne réclame son titre qu'après avoir éprouvé et acquis la connaissance de ses propres pouvoirs.

Le Théosophe sincère, reconnait sa responsabilité et s'efforce de trouver la connaissance, et de vivre, entre temps, en accord avec le plus haut standard dont il soit conscient. A tous, Lucifer envoie ses salutations ! La vie de l'homme est entre ses mains et il détermine son destin lui-même. Alors pourquoi 1888 ne serait pas l'année d'un plus grand développement spirituel que ne le furent toutes les autres années que nous avons déjà vécues ? Il ne dépend que de nous de le faire. C'est un fait réel, non un pieux sentiment. Dans un jardin de tournesols chaque fleur se tourne vers la lumière. Pourquoi pas nous ?
Et que personne n'imagine qu'attacher de l'importance à la naissance de l'année ne soit que fantaisie. La terre passe dans une période particulière et l'homme avec elle ; et de même qu'un jour peut être coloré, l'année peut l'être aussi. La vie astrale de la terre est jeune et forte entre Noël et Pâques. Ceux qui forment leurs vœux durant cette période auront une force accrue pour les satisfaire de manière conséquente.

H. P. Blavatsky ‒ Aticle paru dans la revue Lucifer, de janvier, 1888.

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Le Babel de la pensée moderne

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Extraits de l'article « The Babel of Modern Thought » de H.P. Blavatsky
[...] La Doctrine Secrète ne développe aucune philosophie nouvelle, elle ne fait que révéler le sens caché de quelques allégories religieuses de l'antiquité, et la lumière qu'elle projette sur elles est celle des sciences ésotériques. Elle montre, aussi, la source commune, d'où ont jaillies toutes les religions et les philosophies du monde. Son but principal est de montrer, que quel que soit les divergences qui semblent exister, sur le plan extérieur ou objectif, entre les doctrines et les systèmes du passé, l'accord entre toutes devient parfait, dès que le sens ésotérique ou intérieur de ces croyances et de leurs symboles est analysé et comparé avec soin. Il est aussi affirmé que ses doctrines et sciences, qui forment un ensemble entier de faits universels cosmiques, d'axiomes et de vérités métaphysiques, représentent un système complet et sans failles. Celui qui est suffisamment brave et persévérant, et qui est prêt à écraser l'animal en lui-même et à oublier son moi humain, pour le sacrifier à son Ego Supérieur, pourra toujours trouver son chemin pour être initié à ces mystères. C'est la seule prétention de la Doctrine Secrète.


 La période pendant laquelle l'Humanité naissante, suivant la loi d'évolution naturelle et double, descendait avec l'esprit dans la matière – est close. Nous (l'Humanité) sommes maintenant en train d'aider la matière à s'élever vers l'esprit ; et pour cela nous devons aider la substance à s'affranchir de l'étreinte vicieuse des sens. Nous sommes, la cinquième Race Racine [i.e., toute l'humanité actuelle], les descendants directs de l'Humanité primitive de cette Race ; ceux qui, après le Déluge, essayèrent, en la commémorant, de sauver la Vérité et la Sagesse antédiluviennes, ont été freinés dans leurs efforts par le sombre génie de la Terre – l'esprit de matière, que les Gnostiques appelaient Ildabaoth et les Juifs Jéhovah. Pensez-vous, que même la Bible de Moïse, ce livre que vous connaissez si bien et comprenez si mal, ait laissé sans témoins les affirmations de l'Ancienne Doctrine ? Elle ne l'a pas fait. Permettez de terminer avec un passage qui (vous) est familier, mais en l'interprétant dans sa vraie lumière.

A l'origine, ou plutôt, pendant l'enfance de la cinquième Race, « toute la terre était d'une lèvre, et d'une parole », dit le chapitre XI de la Genèse. Lue à la lumière de l'ésotérisme, cela signifie que l'humanité avait une doctrine universelle, une philosophie, commune à tous. Les hommes étaient unis par une religion, que ce terme dérive du latin relegere, « rassembler, ou être unis » en parole et en pensée, de religens, « révérer les dieux, » ou de religare, « être fortement liés ensemble ». Considéré d'une manière ou d'une autre, cela signifie indéniablement et pleinement que nos ancêtres après le « déluge » partageaient en commun une vérité i.e., ils croyaient en cet ensemble de faits subjectifs et objectifs qui forme le tout consistant, logique et harmonieux que nous appelons la Religion Sagesse.
Maintenant, si on lit les neuf premiers versets du chapitre XI entre les lignes, nous trouvons l'information suivante. Les Sages de cette époque, nos premiers pères, étaient évidemment au courant de cette vérité évidente et impérissable qui enseigne que c'est dans l'union seule que se trouve la force – et bien entendu, l'union de pensée autant que l'union entre les nations. Sinon, en désunion ils seraient « dispersés sur la surface de la terre » ; et, en conséquence, leur religion-Sagesse serait brisée en un millier de fragments ; et ils ne s'élèveraient plus comme avant, par la connaissance, vers les cieux, mais seraient attirés, par une foi aveugle, vers la terre – les hommes sages, « venus d'Orient », imaginèrent un plan. À cette époque, les temples étaient des lieux d'enseignement, et non de superstition ; les prêtres enseignaient la Sagesse divine, non des dogmes inventés par l'homme, et l'ultima thule de leurs activités religieuses n'était pas focalisée sur la boite à deniers, comme à présent. Ainsi : « 'Allons,' dirent-ils 'bâtissons une ville et une tour, dont le sommet puisse atteindre les cieux, et faisons-nous un nom'. Et ils firent des briques cuites et les utilisèrent comme pierre, et construisirent avec une ville et une tour ».
Jusque-là, c'est une très vieille histoire, connue aussi bien du premier venu de l'école de catéchisme du Dimanche que de Monsieur Gladstone. Tous deux croient très sincèrement que ces descendants des « maudits de Cham » étaient d'orgueilleux pêcheurs dont le but était semblable à celui des Titans, qui ayant atteint « les cieux », la demeure supposée des deux, insultèrent et détrônèrent Zeus-Jehova. Mais puisque nous trouvons l'histoire racontée dans les Écritures révélées (1), elle doit avoir, comme toutes les autres écritures, son interprétation ésotérique. Pour cela, le symbolisme Occulte nous aidera. Toutes les expressions que nous avons mises en italique, quand elles sont lues dans le texte original Hébreux et selon les canons du symbolisme ésotérique, conduisent à l'interprétation suivante :
1. - « Et toute la terre (l'humanité), était d'une lèvre (c.-à-d., professait les mêmes enseignements) et de mêmes mots » - et non « d'une même langue » comme dans la version autorisée.
Maintenant, le sens Cabaliste des termes « mots » et « mot » peut être trouvé dans le Zohar et aussi dans le Talmud. « Mots » (Dabarim) signifie « pouvoirs », et mot au singulier, est un synonyme de Sagesse ; ex., « Par la prononciation de dix mots le monde fut créé » - (Talmud « Pirkey Aboth » c. 5, Mish. I). Ici les « mots » renvoient aux dix Sefirots, les Bâtisseurs de l'Univers. Ou également, « Par ce Mot (Sagesse, Logos) de YHVH les Cieux furent créés » (Ibid.).
2-4. – « Et l'homme (2) (le chef suprême) dit à ses voisins, 'Allons, faisons des briques (des disciples) et faisons les cuire dans un feu (les initier, les remplir du feu sacré), bâtissons une citée (établir les mystères et enseigner la Doctrine (3)) et une tour (Ziggourat, une tour temple sacrée) dont le sommet puisse atteindre les cieux' » (la plus haute limite atteignable de l'espace). La grande tour de Nébo, de Nabi dans le temple de Bel, était appelée « la maison des sept sphères des cieux et de la terre, » et « la maison de la forteresse (ou de la solide, tagimut) et la pierre de fondation des cieux et de la terre ».
Le symbolisme occulte enseigne, que cuire des briques pour une citée signifie enseigner la magie à des disciples. Une « pierre taillée » signifiait un initié complet. Les mots désignant la pierre, Petra en grec et Kephas en araméen, ont le même sens, c.-à-d., « un interprète des mystères », un Hiérophante. L'initiation suprême était désignée par l'expression « la cuisson à grand feu ». Ainsi, l'expression d'Isaïe « les briques sont tombées, mais nous allons en faire de nouvelles avec des pierres taillées » devient claire. Pour avoir l'interprétation correcte des quatre derniers versets de l'allégorie de la Genèse relative à « la confusion des langues » nous pouvons nous tourner vers la version légendaire des Yezidis [appelés également les Yazidis] et lire les versets 5, 6, 7 et 8 du chapitre XI de la Genèse, dans leur sens ésotérique :
« Et Adonaï (le Seigneur) descendit et dit : 'Regardez, le peuple est un (les hommes sont unis en pensée et en actes) et ils ont une lèvre (une doctrine). Et maintenant, ils commencent à la répandre et « rien ne pourra les empêcher d'acquérir ce qu'ils auront imaginé (ils auront les pleins pouvoirs magiques et obtiendront tout ce qu'ils désirent avec ce pouvoir, kriyasakti)' ».
Et maintenant que sont les Yezidis [ou Yazidis], quelle est leur interprétation, et qu'est-ce qu'Ad-onaï ? Ad est « le Seigneur », leur dieu ancestral ; et les Yezidis [Yazidis] sont une secte hérétique musulmane, dispersée entre l'Arménie, la Syrie, et principalement autour de Mossoul, le véritable lieu de Babel (lisez le « Récit chaldéen de la Genèse »). Ils sont connus sous le non étrange d'« Adorateurs du Diable ». Leur profession de foi est très originale. Ils reconnaissent deux pouvoirs ou dieux – Allah et Ad, (ou Adonaï) mais identifient le second à Sheitân ou Satan. Ceci est tout naturel puisque Satan est aussi « un fils de dieu » (4) (voir Job, I). Comme indiqué dans Les Conférences d'Hibbert (Hibbert Lectures, pp. 346 et 347), Satan l'« Adversaire », était l'ange de Dieu et son envoyé. Ainsi, quand ils sont interrogés sur la raison de leur curieuse vénération de celui qui est devenu l'incarnation du Mal et du sombre esprit de la Terre, ils en expliquent la raison de la manière la plus logique, même si elle est irrévérencieuse. Ils vous disent qu'Allah, étant Tout-bon, ne voudrait pas nuire à la plus petite de ses créatures. Ainsi, il n'a besoin ni de prières, ni d'holocaustes des « premiers-nés les plus gras du troupeau ». Mais Ad, ou le Mal, étant Tout-mauvais, cruel, jaloux, revanchard et orgueilleux, ils doivent, pour se protéger, l'apaiser par des sacrifices et des holocaustes aux odeurs flattant ses narines, et le cajoler et le flatter. Demandez à n'importe quel cheik des Yezidis [Yazidis] de Mossoul ce qu'ils ont à dire, sur la confusion des langues ou paroles, quand Allah « descendit voir la ville et la tour que les fils des hommes avaient bâties ». Ils vous diront, que ce n'est pas Allah mais Ad, le dieu Satan, qui le fit. Les esprits jaloux de la terre devinrent envieux des pouvoirs et de la sainteté des hommes (comme le dieu Vishnou qui devint jaloux des grands pouvoirs des Yogis, quand ils devinrent des Daityas [les Titans de jadis]) ; et ainsi cette déité de matière et de concupiscence confondit leur esprits, les tenta et fit que les Bâtisseurs tombèrent dans ses filets ; et ainsi perdant leur pureté, ils perdirent leur connaissance et leurs pouvoirs magiques, ils se marièrent entre eux et furent « dispersés sur la surface de la terre ».
Ceci est plus logique que d'attribuer à son « Dieu », le Tout-bon, des stratagèmes impies tels que ceux qu'on lui attribue dans la Bible. De plus, la légende de la tour de Babel et de la confusion des langues, est comme beaucoup d'autres, non l'original, mais provient des Chaldéens et Babyloniens. Georges Smith en trouva le récit sur un fragment mutilé de tablettes Assyriennes, sur lequel rien n'est dit à propos de la confusion des langues. « J'ai utilisé le mot 'langue' avec a priori, dit-il (dans le Récit chaldéen de la Genèse), car « je n'ai jamais vu de mot Assyrien ayant ce sens ». Celui qui lit la traduction des fragments de G. Smith, des pages 160 à 163 [de l'édition anglaise] de l'ouvrage cité, trouvera que la version [Assyrienne] est plus proche de celle des Yezidis que ne l'est la version de la Genèse. C'est lui, dont « le cœur était mauvais » et qui était « méchant », qui confondit « leur secret » et non leurs « langue », et qui brisa « le Sanctuaire... qui transmettait la Sagesse », et « avec amertume ils pleurèrent sur Babel ».
Et ainsi devraient 'pleurer' tous les philosophes et les amants de la Sagesse Ancienne ; car c'est depuis lors que les mille et un substituts exotériques de la vraie Doctrine unique ou lèvre ont eu leur origine, obscurcissant de plus en plus l'intellect des hommes, et faisant verser le sang innocent dans un fanatisme furieux. Si nos philosophes modernes avaient étudié les vieux Livres de Sagesse, au lieu de s'en moquer – comme le dit la Cabale – ils auraient trouvé ce qui leur aurait dévoilé maints secrets de l'Église et de l'État du passé. Cependant, comme ils ne l'ont pas fait, le résultat est évident. Le cycle sombre du Kali Yuga a ramené une Babel de la pensée moderne, en comparaison de laquelle la « confusion des langues » parait une harmonie. Tout est sombre et incertain ; sans preuves dans aucun département de la science, philosophie, droit, ou même de la religion. Mais, « Malheur à ceux qui appelle le mal bien, et le bien mal ; qui prennent les ténèbres pour la lumière, la lumière pour les ténèbres » dit Isaïe [Ch. V, 20, trad. La Bible de Jérusalem]. Les éléments eux-mêmes semblent perturbés, et les climats changent, comme si les « dix supérieurs » célestes eux-mêmes avaient perdu leur tête. Tout ce qu'on peut faire est de s'assoir tranquillement, et regarder, triste et résigné ! [...]

Extraits de l'article "The Babel of Modern Thought" - 1891 – H. P. Blavatsky

(1) [...] Le mot 'révéler' ou 'révélé' est dérivé du latin revelare, 'dévoiler' et non révéler. Ainsi, devrait-on dire dévoiler au lieu de révéler.
(2) Ceci est traduit de l'hébreu d'origine ; « chef suprême » (Rab-Mag) signifiant littéralement l'Enseignant-Magicien, le Maître ou Guru, comme ce fût le cas de Daniel à Babylone.
(3) Quelques héros homérique, comme Laomédon, le père de Priam, bâtirent des villes, c.-à-d., instituèrent les Mystères et propagèrent la Religion-Sagesse dans des contrées étrangères.
(4) Il est ordonné dans l'Ecclésiastique, XXI, 27 [trad. La Bible de Jérusalem], de ne pas maudire Satan, « Quand l'impie maudit Satan, il se maudit soi-même ». Pourquoi ? Parce que dans leur permutation « le Seigneur Dieu », Moïse et Satan sont un. [...]

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Métaphysique et Nature (citations de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

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L'Unité fondamentale de la vie
« L'unité radicale de l'essence ultime de chaque constituant qui forme les composés dans la Nature – de l'Étoile à l'Atome minéral, du plus haut Dhyan Chohan [entité céleste] au plus petit microbe, et dans la plus grande acceptation du terme, que ce soit dans les mondes spirituel, intellectuel, ou physique – est la loi fondamentale de la Science Occulte » (La Doctrine Secrète, I, p. 120 [*])
« L'unité de Type, commun, dans un sens, aux règnes animal et humain, est, [...] un témoignage de l'unité essentielle du « plan-de-base » que la Nature a suivi en façonnant ses créatures ». (La Doctrine Secrète, II, p. 737 [*])

La Trinité primordiale et éternelle
« [Pour les Anciens] l'éther et le chaos, ou dans le langage platonicien, le mental et la matière, étaient les deux principes premiers et éternels de l'univers, totalement indépendants de quoi que ce soit d'autre. Le premier était le principe intellectuel vivifian tout ; le chaos était, un principe liquide informe, sans "forme ni sens", et de l'union des deux l'univers jaillissait à l'existence, ou plutôt le monde universel, la première déité androgyne – la matière chaotique devenant son corps, et l'éther son âme. [...] Ceci constitue la trinité universelle. (La Doctrine Secrète, I, p. 343 [*])

Pas de création par un Dieu personnel, ni « Dessein intelligent »
« Il n'y a ici ni "création spéciale", ni "Dessein" quelconque, mais seulement le "plan-de-base" général  élaboré par la loi universelle. Mais il y a certainement des "architectes", bien que ceux-ci ne soient ni omnipotents ni omniscients au sens absolu du terme. Ils sont simplement les Constructeurs, les Maçons, travaillant sous l'impulsion qui leur est donnée par le Maître Maçon, à jamais inconnaissable (sur notre plan) – la VIE UNE et la Loi. » (La Doctrine Secrète, II, p 732 [*])

Le Grand Cycle de la Vie dans l'Univers
Dans l'ouvrage Isis Dévoilée (Vol., I, pp 348/9 [*]), il est dit que dans un temple souterrain situé à proximité d'une grande pagode bouddhiste, se trouve une fresque représentant les cycles entrelacés qui forment le Grand Cycle cosmique de la Vie universelle :
« Imaginez un point dans l'espace primordial. Puis tracez avec un compas un cercle autour de ce point ; là où se rejoignent le début et la fin de la ligne de circonférence, l'émanation de l'univers débute et sa réabsorption prend fin. Le long de la circonférence sont dessinés, comme des anneaux d'un bracelet, d'innombrables cercles plus petits. Chaque anneau représente la ceinture d'une déesse qui symbolise un globe. À mesure que l'on parcourt l'arc descendant du grand cercle jusqu'au point le plus bas — le nadir, où l'artiste mystique a placé notre planète — le visage des déesses s'assombrit et s'enlaidit au-delà de ce que notre imagination d'Européens peut concevoir. Sur la ceinture de chacune des déesses sont dessinés des plantes, des animaux et des êtres humains qui représentent la flore, la faune et l'humanité vivant sur ce globe. Les globes sont espacés les uns des autres, pour montrer qu'après une série de transmigrations sur un globe l'âme jouit d'un nirvâna temporaire, qui efface en elle tout souvenir des souffrances passées. L'espace étherique entre les globes est habité par des êtres étranges. Les créatures qui occupent l'espace entre l'éther céleste et la terre, sont celles de la nature intermédiaire, les esprits de la nature ou les élémentaux des cabalistes. » (Extrait du Cahier Théosophique n°10 – « La Loi des Cycles »).

La Loi des Cycles dans la Nature et dans l'Homme
La Loi des Cycle peut être résumée ainsi :
« 1°) Nous sommes les créateurs de certains cycles : par l'opération du karma individuel, nous traçons le cercle de nos réincarnations individuelles ; par nos actions collectives, nous traçons les cycles de contraction ou d'expansion de ce qui sera la croissance ou le déclin de la communauté ou de la nation ; par le karma spirituel, nous progressons lentement mais sûrement, vers le bord du "Cercle primordial" — qui est le Nirvâna (1) lorsqu'on y entre soi-consciemment et le Pralaya (2) lorsqu'on y entre inconsciemment.

(1) Nirvâna : l'état d'existence absolue et de conscience absolue dans lequel l'Ego d'un homme qui a atteint le plus haut degré de perfection et de sainteté au cours de la vie entre, après la mort du corps, ou exceptionnellement pendant la vie, comme ce fut le cas de Gautama le Bouddha et d'autres Sages, (d'après le Theosophical Glossary)
(2) Pralaya : Une période d'obscuration ou de repos entre deux périodes de manifestation.

« 2°) Chaque être humain vit en étroite communion avec la Nature, évolue au milieu de la Nature et doit réaliser que son Être est la Nature. De roue en roue, de cycle en cycle, la Vie Une en manifestation trace le Cercle du Temps dans l'Espace Abstrait, qui est la Durée. » (Citation extraite de l'article « La Loi des Cycles », Cahier Théosophique n°10).

Les Hiérarchies célestes
« [Les hiérarchies célestes] (AH-HI ou Dhyan-Chohans) sont les armées collectives d'êtres spirituels – les Armées d'Anges de la Chrétienté, les Elohim et "Messagers" des Juifs – qui sont le véhicule pour la manifestation, de la pensée et de la volonté divines ou universelles. Ils sont les Forces intelligentes qui donnent et impriment dans la Nature ses "lois", alors qu'eux-mêmes agissent en accord avec des lois qui leurs sont imposées, de manière similaire, par des Pouvoirs encore plus élevés ; mais ils ne sont pas les "personnifications" des pouvoirs de la Nature, comme on le pense par erreur. Cette hiérarchie d'Êtres spirituels, à travers laquelle le Mental Universel entre en action, est comme une armée – une "Légion" vraiment – au moyen de laquelle l'esprit combatif d'une nation se manifeste, et qui est composée de corps d'armée, divisions, brigades, régiments, et ainsi de suite, chacun avec son individualité ou sa vie propre, et son degré limité de liberté d'action et ses responsabilités limitées ; chacun contenu dans une individualité plus large, à laquelle ses propres intérêts sont subordonnés, et chacun contenant en lui-même des individualités inférieures ». (La Doctrine Secrète, I, p. 38)

La Loi d'Analogie
« L'analogie est la loi qui guide dans la Nature, le seul véritable fil d'Ariane qui peut nous conduire, à travers les sentiers inextricables de son domaine, vers ses premiers et derniers mystères. La Nature, en tant que puissance créative, est infinie, et aucune génération de scientifiques du physique ne pourra jamais se vanter d'avoir épuisé la liste de ses voies et méthodes, malgré l'uniformité des lois par lesquelles elle procède. (La Doctrine Secrète, II, p. 153).

La Nature symbolisée par le féminin et la matière
« La Nature est féminine, et d'une certaine manière, objective et tangible, et le Principe esprit qui la fructifie est caché. » (La Doctrine Secrète, I, p. 5).

La Nature géométrise
« La Nature géométrise universellement dans toutes ses manifestations. Il y a une loi inhérente – non seulement dans le [monde] primordial, mais aussi dans la matière manifestée de notre plan phénoménal – par laquelle la Nature corrèle ses formes géométriques, et par la suite, également, ses éléments composés ; et dans laquelle il n'y a pas de place pour le hasard ou la chance. C'est une loi fondamentale en Occultisme, qu'il n'y a pas de repos ni de cessation du mouvement dans la Nature. Ce qui semble repos est seulement le changement d'une forme à une autre ; le changement de substance allant de pair avec celui de la forme – comme nous l'enseigne la physique Occulte, qui semble bien avoir anticipé la découverte de la « Conservation de la matière » depuis un temps considérable. » (La Doctrine Secrète, I, p. 97).

Qu'est-ce que le Chaos? – « La Nature a horreur du vide »
« Les Eaux de Vie, ou Chaos – le principe féminin du symbolisme – sont le vide (à notre perception mentale) dans lequel résident, latents, l'Esprit et la Matière. » (La Doctrine Secrète, I, p. 64)
« "La Nature a horreur du vide" disaient les Péripatéticiens... [Et] Démocrite enseignait que les premiers principes de toutes choses contenues dans l'Univers étaient les atomes et un vide. Ce dernier signifiant simplement la Déité ou force latente, qui, avant sa première manifestation quand elle devint VOLONTÉ (communiquant la première impulsion à ces atomes), était le grand Rien, Ain-Soph, ou NON-CHOSE ; et était, donc, pour tous les sens, un Vide – ou CHAOS. (La Doctrine Secrète, I, p. 343 [*])

Pas de Matière morte – Toute la Nature évolue
« L'erreur principale et la plus fatale faite par la Science dans on égarement, au regard des Occultistes, réside dans l'idée de la possibilité d'une chose telle que de la matière morte ou inorganique, dans la nature. Est-ce que ce qui est mort ou inorganique est capable de transformation ou de changement ? demande l'Occultisme. Et, y a-t-il quoi que ce soit sous le soleil qui demeure immuable et sans changement ? » (La Doctrine Secrète, I, p. 507 [*])
« La Nature est l'"Éternel-devenir". » (La Doctrine Secrète, I, p. 250 [*])
« Hermès, le triple grand Trismégiste, disait "Oh, mon fils, la matière devient ; auparavant elle était ; car la matière est le véhicule du devenir. Le devenir est le mode d'activité de la déité incréée. Ayant été dotée des germes du devenir, la matière (objective) est amenée à naître, car la force créative la façonne d'après les formes idéales. La matière non encore engendrée n'a pas de forme ; elle devient quand elle est mise en action." » (La Doctrine Secrète, I, p. 281 [*])
«Tout dans l'Univers progresse régulièrement dans le Grand Cycle, bien que sans cesse montant et descendant durant les cycles mineurs. La Nature n'est jamais stationnaire pendant un manvantara [cycle d'un univers], car elle est toujours en devenir (**), et n'est pas simplement étant. (La Doctrine Secrète, I, p. 257 [*])
(**) Le grand métaphysicien Hegel pensait de même. Pour ce dernier, la Nature était un perpétuel devenir. Un concept purement ésotérique. Une Création ou Origine, au sens chrétien du terme, est absolument impensable. Comme disait ce penseur : "Dieu (l'Esprit Universel) s'objective lui-même à travers la Nature, et émerge à nouveau de celle-ci" ».

Ésotérisme de la Nature
« De nos jours, la science est, indéniablement, ultra-matérialiste, mais elle trouve, en un sens, sa justification. Le Nature se comportant dans son action d'une manière toujours ésotérique, et étant, comme les Kabbalistes le disent, in abscondito [dans le secret], peut seulement être jugée par le profane d'après son apparence, et cette apparence est toujours trompeuse sur le plan physique. D'un autre côté, les naturalistes refusent de mélanger le physique avec le métaphysique, le corps avec son âme qui l'habite et son esprit, qu'ils préfèrent ignorer. ». (La Doctrine Secrète, I, p. 257 [*]).

La Nature est un lieu consacré
« Chaque corps céleste est le temple d'un dieu, et ces dieux eux-mêmes sont les temples de DIEU, le "Non-Esprit" Inconnu. Il n'y a rien de profane dans l'Univers. Toute la Nature est un lieu consacré, comme le dit Young : "chacune de ces Étoiles est une demeure religieuse" ». (La Doctrine Secrète, I, p. 578 [*])

La Nature n'est pas inconsciente
« L'ordre de la nature témoigne d'une marche progressive vers une vie supérieure. Il y a un dessein dans l'action des forces qui semblent complètement aveugles. Tout le processus de l'évolution avec ses adaptations sans fin en est une preuve. Les lois immuables, qui éliminent les espèces faibles et inadaptées, pour laisser la place au plus fort, et qui permettent la "survivance du plus apte", quoique cruelles dans leur action immédiate – œuvrent toutes à l'avènement du grand but. Le simple fait que de telles adaptations se produisent, que le plus apte survive dans le combat pour l'existence, montre que ce qui est appelé "la Nature inconsciente" (*) est en réalité un agrégat de forces manipulées par des entités semi-intelligentes (les Elémentaux) guidées par de Hauts Esprits Planétaires (Dhyan Chohan), dont l'agrégat collectif forme le Verbe manifesté du LOGOS non-manifesté, et constitue tout en même temps le MENTAL de l'Univers et sa LOI immuable. (La Doctrine Secrète, I, pp. 277/8 [*])
« (*) La Nature considérée dans son sens abstrait, ne peut pas être « inconsciente », cas elle est l'émanation, et ainsi un aspect (sur le plan de la manifestation) de la conscience ABSOLUE. Où est cet homme audacieux qui voudrait priver le végétal et même les minéraux d'une conscience qui leur propre. Tout ce qu'il peut dire est que cette conscience est au-delà de sa capacité de compréhension. »

Au sujet des animaux
« Inconsciemment, les bêtes sauvages sont averties de l'opposition humaine générale qu'elles perçoivent focalisée dans chaque être humain. » (W.Q.Judge, Les Lettres qui m'ont aidé, p. 124.)
« Nous faisons donc appel à tous ceux qui désirent s'élever et élever leurs compagnons — hommes et bêtes — au-dessus de la routine irréfléchie de la vie quotidienne égoïste. Il n'est pas question que cette Utopie puisse être réalisée en un jour ; mais, à force de répandre l'idée de la Fraternité Universelle, la vérité en toute chose pourra être découverte. Ce qu'il faudrait c'est une connaissance réelle de la condition spirituelle de l'homme, de son but et de sa destinée. Une telle étude nous conduit à accepter le précepte [...] : "Soyez maîtres de vous-mêmes, soyez libéraux, soyez miséricordieux : c'est là la mort de l'égoïsme". » (W.Q. Judge, Les Lettres qui m'ont aidé, p. 151.)

[*] Nota : les numéros des pages correspondent à l'édition anglaise publiée par Theosophy Compagny, Los Angeles.

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