Samedi 24 Juin 2017

Mis à jour le Sam. 24 Jui. 2017 à 16:25

Retour H.P. Blavatsky

Articles de H.P. Blavatsky

AddThis Social Bookmark Button

Helena Petrovna Blavatsky (1831 - 1891) ou Madame Blavatsky fut sans conteste la femme la plus extraordinaire du 19e siècle. Née d'une famille de la grande noblesse russe, elle entreprendra pendant plus de 20 années, une série d'interminables voyages autour de la terre. Elle rencontra d'authentiques maîtres spirituels. Au contact de ces maîtres, en Inde et surtout au Tibet, elle découvrit ce qu'elle allait appeler la Théosophie, philosophie ésotérique représentant la Tradition commune à toutes les religions.Elle consacra toutes ses forces à propager cette philosophie qui pour elle devait servir à unir les hommes, au-delà des sectarismes.

En fondant avec quelques amis, dont le Colonel Henry S. Olcott et William Q. Judge, la Theosophical Society (Société Théosophique) à New York, en 1875, elle lançait ce qui allait devenir un grand mouvement planétaire de renouveau, dans le domaine philosophique, humaniste et spirituel.

Mme Blavatsky a laissé une œuvre écrite considérable comprenant un millier d'articles et plusieurs ouvrages majeurs : Isis Dévoilée ; La Doctrine Secrète ; La Clef de la Théosophie ; La Voix du Silence ; Raja Yoga ou Occultisme ; Les Cinq messages ; Les rêves et l'éveil intérieur (de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

De nombreux articles de Blavatsky sont accessibles en ligne.

Elle décède le 8 mai 1891 à Londres (Angleterre).

Le Symbole du Lotus

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Généralités

Cette section est tirée de l’article de la revue Théosophie, IX, n°9, paru sous le titre « Le Lotus – Fleur de pouvoir ».
« La nature parle par symboles et par signes.  » - Whittier.

L’étude du sens caché de toutes les religions et légendes païennes, de toutes les nations grandes ou petites, et en particulier des traditions de l’Orient, a occupé la plus grande partie de la vie de H.P. Blavatsky. Elle était de ceux qui sont convaincus qu’aucune histoire mythique, aucun événement traditionnel dans le folklore d’un peuple n’a jamais été une pure fiction, et que chacun de ces récits a une valeur historique réelle. Elle croyait que l’histoire spirituelle et ésotérique de chaque nation était contenue dans des symboles.
Une parabole est un symbole exprimé par des mots ; ce n’est ni une fiction ni une fable comme certains le croient. C’est, selon la philosophie ésotérique, une représentation allégorique des réalités de la vie, d’événements et de faits. Même les contes de fées n’appartiennent pas qu’aux enfants, et certains hommes, peu nombreux certes, ont compris leur sens caché et ont essayé de les expliquer. Horace dit, dans son Ars Poetica : « Les mythes ont été inventés par les sages pour faire comprendre les lois et enseigner des vérités morales ». Horace essaya de faire comprendre l’esprit et l’essence des anciens mythes. Plutarque, qui était initié aux mystères secrets de Dionysos, écrivait à un collègue au sujet de la mort : « Les symboles mystiques nous sont bien connus, à nous qui appartenons à la Fraternité ».
Blavatsky consacre un part importante de sa Doctrine Secrète à l’explication des symboles dont elle montre les degrés de profondeur. Un exemple important est celui du Lotus : le symbole de l’évolution et de la perfectibilité humaine dans leur aspect le plus élevé.

Mantram sacré associé au Lotus
Le Lotus Sacré représente le Saint des Saints, le Cœur de l’Homme. C’est vers cela que le Bouddhiste est invité à diriger son esprit, lorsqu’il répète « Aum Mani Padme Hum » – « Ô, le Joyau dans le Lotus ». Le véritable ésotérisme est celui qui pénètre au cœur même de la matière et qui regarde l’âme des choses, là où le profane ne voit que l’œuvre extérieure de la forme.
« Au Tibet, dans l’interprétation exotérique, Avalokiteswara, “le Seigneur qui regarde” est Padmapani (le porteur de lotus et celui qui est né du lotus), le premier ancêtre divin des Tibétains, l’incarnation ou l’Avatar d’Avalokiteswara ; mais dans la philosophie ésotérique Avaloki, celui “qui regarde”, est le Soi Supérieur, alors que Padmapani est l’Ego Supérieur ou le Manas [le Mental]. L’invocation mystique « Om mani padme hum » est spécialement utilisée pour invoquer l’aide conjointe des deux. […] L’interprétation ésotérique voit en Avalokiteswara, le Logos, à la fois céleste et humain […]. » ‒ Mot « Avalokiteswara » du Glossaire Théosophique.


Nous donnons, ci-après, pour l’étude et la méditation, quelques citations sur le symbole du Lotus dans les écrits d’H.P. Blavatsky :

 

Un symbole très ancien
« C'est du Padma-Yoni – « le sein du lotus » – de l'Espace absolu ou de l'Univers, hors du temps et de l'espace, qu'émane le cosmos conditionné et limité par le temps et l'espace. L’Hiranya Garbha, « l'œuf » (ou la matrice) d'or, d'où surgit Brahmâ est nommé souvent le lotus céleste. Le dieu Vishnou, la synthèse du Trimurti ou la trinité hindoue, flotte assoupi, pendant les « nuits de Brahmâ », sur les eaux primordiales, étendu sur une fleur de lotus. Sa déesse, la belle Lakshmi, surgissant comme la Vénus Aphrodite du sein des eaux, a, sous les pieds, un lotus blanc. C'est du barattage, par les dieux réunis, de l'Océan de lait – symbole de l'espace et de la voie lactée – que, formée de l'écume des ondes crémeuses, Lakshmi, la déesse de la beauté et la mère de l'amour (Kama), apparut devant les dieux émerveillés, portée par un lotus et tenant à la main un autre lotus. De là, les deux principaux titres de Lakshmi : padma, le lotus, et Kshirabdhi-tanayâ – la fille de l'Océan de lait. » – H.P. Blavatsky « La légende du Lotus bleu ».

« Il n’y a pas d’anciens symboles, sans une signification profonde et philosophique qui ne leur soit attachée ; leur importance et leur signification augmentent avec leur antiquité. Tel est le cas du LOTUS. C’est la fleur consacrée à la nature et ses Dieux et elle représente les Univers abstraits et concrets, étant l’emblème des pouvoirs générateurs de la nature spirituelle et de la nature physique. Depuis la plus haute antiquité, les Hindous aryens, les Égyptiens et, après eux les Bouddhistes, la considéraient comme sacrée. Elle fut vénérée en Chine et au Japon et adoptée comme emblème chrétien par les Églises grecque et latine qui en firent un messager, comme le font les Chrétiens maintenant en la remplaçant par le lys d’eau (1). Elle avait, et elle a encore, sa signification mystique, qui est la même pour chaque nation sur terre. » (Trad. The Secret Doctrine, vol. I, p. 379, éd. originale anglaise).

(1) Dans la religion chrétienne, dans toutes les représentations picturales de l’Annonciation, l’Archange Gabriel tiens dans sa main une gerbe de nénuphar [lys d’eau], quand il apparaît devant la Vierge Marie. Cette gerbe illustre parfaitement le feu et l’eau, ou l’idée de la création et de la génération, et symbolise précisément la même idée que le lotus dans la main du Bodhisattva qui annonce à Maha-Maya, la mère de Gautama la naissance du Bouddha – le sauveur du monde. De même, Osiris et Horus étaient constamment représentés par les Égyptiens associés à une fleur de lotus ; les deux étant des dieux solaires ou du Feu. (Le Saint Esprit est aussi symbolisé par des « langues de feu » ‒ Actes).

« En Inde, Padma, le nénuphar, est une des images qui symbolise le Double pouvoir créateur dans la nature (la matière et la force sur le plan matériel). Le Lotus est le produit de la chaleur (le feu) et de l’eau (la vapeur ou l’Éther) ; le feu représente dans tous les systèmes philosophiques et religieux l’Esprit de la Déité, le principe générateur actif, mâle ; et l’Éther, ou l’Âme de la matière, la lumière du feu, est le principe féminin passif, d’où tout a émané dans cet Univers. Ainsi, l’Éther ou l’Eau est la Mère, et le Feu est le Père. Sir W. Jones (et avant lui la botanique primitive) a montré que les graines du Lotus contiennent – avant même leur germination – les feuilles parfaitement formées, la forme miniature de ce qui deviendra un jour, des plantes parfaites : la nature nous donne ainsi un spécimen de la préformation de sa production […].
« Le Lotus, ou Padma, est, un symbole très ancien et une illustration imagée du Cosmos et de l’homme. Parmi les raisons courantes qui en sont données il y a, en premier, l’idée qui vient d’être mentionnée que la graine du Lotus contient en elle-même, la miniature parfaite de la plante future, ce qui symbolise le fait que les prototypes spirituels de toutes choses existent dans le monde immatériel avant de se matérialiser sur Terre ; deuxièmement, le fait que la plante du Lotus croît dans l’eau, ayant ses racines dans l’ilus, ou la vase, et épanouit sa fleur dans l’air, au-dessus de l’eau. Le Lotus symbolise ainsi la vie de l’homme et également celle du Cosmos ; car la Doctrine Secrète enseigne que tous deux sont faits des mêmes éléments, et que tous deux ont une même ligne de développement. La racine du Lotus qui plonge dans la vase représente la vie matérielle ; la tige qui remonte dans l’eau caractérise l’existence dans le monde astral, et la fleur, qui flotte sur l’eau et s’ouvre vers le ciel, symbolise l’état spirituel » (Trad. The Secret Doctrine, vol. I, pp. 57-8, éd. originale anglaise).

Le lotus symbole des pouvoirs créateurs conjugués de l’Esprit et de la Matière
« Avec les hindous, le lotus est l’emblème du pouvoir producteur de la nature, par l’action du feu et de l’eau (esprit et matière). Dans la Bhagavad-Gîtâ [ch. IX, v. 15], il est dit : « Ô Dieu des Dieux, je vois […] le Seigneur Brahmâ sur son trône de lotus ». […] En Inde, le lotus est le symbole de la terre fertile, et surtout, du Mont Mérou [le domaine des hiérarchies divines, la montagne des dieux]. Les quatre anges ou génies des quatre points cardinaux célestes (les Maharajah des Stances [de la Doctrine Secrète]) reposent chacun sur un lotus. Le lotus est la double nature de l’hermaphrodite Divin et humain, étant, pour ainsi dire, bisexué.
« Pour les Hindous, l’esprit du Feu (ou la Chaleur) qui éveille, fructifie, et développe en formes concrètes tout ce qui (à partir de son prototype idéal) est né de l’EAU ou de la Terre primordiale, émana Brahmâ. La fleur de lotus, représentée comme poussant du nombril de Vishnou – le Dieu reposant sur les eaux de l’espace et son Serpent d’Infinité – est l’allégorie la plus pittoresque qui n’ait jamais été faite : l’Univers émanant du Soleil central, le POINT, le germe à jamais caché. Lakshmi, qui est l’aspect féminin de Vishnou (1), et qui est aussi appelée Padma, le lotus, est de la même manière figurée comme flottant lors de la « Création », sur une fleur de lotus, et lors « du barattage de l’océan » de l’espace, elle jaillit de la « mer de lait », comme Vénus de l’écume. […]
« L’idée derrière ce symbole est très belle, et elle montre, un peu plus, sa même parenté dans tous les systèmes religieux. Que ce soit sous l’aspect d’un lotus ou d’un nénuphar, il indique une même idée philosophique – à savoir, l’émanation de l’objectif à partir du subjectif, l’idéation divine passant de l’abstrait au concret ou à la forme visible. Car, dès que la TÉNÈBRE – ou plutôt ce qui est « ténèbres » pour l’ignorant – a disparu dans son propre espace de Lumière éternelle, ne laissant derrière elle que son Idéation divine manifestée, les LOGOI créateurs eurent leur entendement éveillé, et virent dans le monde idéal (jusqu’à présent caché dans la pensée divine) les formes archétypales de tout, et il se mirent à copier et construire, ou façonner, à partir de ces formes modèles évanescentes et transcendantes.

(1) Lakshmi est Vénus-Aphrodite, et comme cette dernière, elle jaillit de l’écume de l’océan avec un lotus dans sa main. Dans le Rāmāyana elle est appelée Padma.
(Trad. The Secret Doctrine, vol. I, pp. 379/80, éd. originale anglaise).

Le Lotus et la création du monde
« Brahmâ est une déité secondaire, et comme Jéhovah il “se meut sur les eaux”. Il est le dieu créateur, et dans ses représentations allégoriques à quatre têtes, il correspond aux quatre points cardinaux. Il est le démiurge, l’architecte du monde. « Dans l’état primordial de la création », nous dit Polier dans sa Mythologie des Indous, « l’univers rudimentaire, submergé dans l’eau, reposait dans le sein de l’Éternel. Surgissant de ce chaos et de ces ténèbres, Brahmâ, l’architecte du monde, se balançait sur une feuille de lotus qui flottait (se mouvait ?) sur les eaux, incapable de discerner autre chose que l’eau et les ténèbres. » Ceci est très proche de la cosmogonie Égyptienne, qui montre au commencement, Hathor où la Mère de la Nuit (qui représente les ténèbres illimitées) comme étant l’élément primitif qui couvre l’abîme infini, animée par l’eau et l’esprit universel de l’Éternel, et qui demeure seule dans le Chaos. Comme dans les Écritures juives, l’histoire de la création commence avec l’esprit de Dieu et son émanation créative – une autre Déité (1). Percevant cet état lamentable, Brahmâ consterné se dit à lui-même : « Qui suis-je ? D’où suis-je venu ? » Il entendit alors une voix : « Adresse ta prière à Bhagavat – l’Éternel, connu, aussi, comme Parabrahm. » Brahmâ, se levant de sa position de repos aquatique, s’assit sur le lotus dans une attitude de contemplation, et réfléchit à l’Éternel, qui, satisfait de cette preuve de piété, dispersa les ténèbres primordiaux et lui éveilla l’entendement. « Après cela, Brahmâ émane de l’œuf universel – (le chaos infini) comme une lumière, car son entendement est maintenant éveillé, et il se met au travail ; se mouvant sur les eaux éternelles, avec l’esprit de Dieu en lui. Dans son aptitude à se mouvoir sur les eaux il est Narayana ».

(1) Nous ne considérons pas le sens courant ou accepté de la Bible, mais le sens juif réel expliqué cabalistiquement.

« Le Lotus, la fleur sacrée des Égyptiens, et des Hindous, est le symbole d’Horus comme celui de Brahmâ. On ne trouve pas de temple au Tibet où au Népal sans ce symbole dont le sens est extrêmement suggestif. Les brins de nénuphar [ou lys] que l’archange tiens dans la main, pour les offrir à la Vierge Marie, dans les tableaux de l’“Annonciation”, ont précisément la même signification dans le symbolisme ésotérique. […]
« Tous ces faits montrent l’identité de parenté des trois systèmes religieux, Hindou, Égyptien, et Judéo-Chrétien. Partout où le nénuphar (ou lotus) mystique est utilisé, il signifie l’émanation de l’objectif à partir du caché, ou du subjectif – la pensée éternelle de la Déité, à jamais invisible, qui passe de l’abstrait au concret ou à la forme visible. Car dès que les ténèbres furent dispersées et « que la lumière fut », l’entendement de Brahmâ s’ouvrit, et il vit dans le monde idéal (qui jusqu’à présent reposait éternellement caché dans la pensée Divine) les formes archétypales de toutes les choses futures et innombrables qui seraient appelées à l’existence, et donc à devenir visibles. À ce premier stade de développement, Brahmâ n’était pas encore devenu l’architecte, car, le bâtisseur de l’univers, comme tout architecte, dût d’abord prendre connaissance du plan, puis réaliser les formes idéales qui étaient enfouies au sein de l’Un Éternel, comme les futures feuilles de lotus sont cachées dans la graine de la plante. Et c’est dans cette idée que nous devons chercher pour trouver l’origine et l’explication du verset de la cosmogonie juive, qui se lit : « Et Dieu dit, que la terre produise… les arbres fruitiers, selon leur espèce, donnant des fruits, contenant leur semence » [Genèse, I, 11]. Dans toutes les religions primitives, le « Fils du Père » est le Dieu créateur – c’est-à-dire, Sa pensée rendue visible ; et avant l’ère chrétienne, depuis la Trimurti des Hindous jusqu’aux trois têtes de la cabale des écritures expliquées par les Juifs, le dieu à trois têtes de chaque nation était complètement défini et substantialisé à travers ses allégories. Dans le crédo Chrétien nous ne voyons que le greffage artificiel d’une nouvelle branche sur le vieux tronc ; et l’adoption par les Églises Grecque et Romaine du symbole du nénuphar [ou lys] que tiens l’archange, au moment de l’Annonciation, montre une pensée qui a précisément la même signification métaphysique.
« Le lotus est le produit du feu (chaleur) et de l’eau, d’où le symbole double de l’esprit et de la matière. Le Dieu Brahmâ est la seconde personne de la Trinité, comme le sont Jéhovah (Adam-Kadom) et Osiris, ou plutôt Poimandres, le Pouvoir de la Pensée Divine, d’Hermès ; car c’est Poimandres qui représente la racine de tous les dieux Solaires égyptiens. L’Éternel est l’Esprit du Feu, qui réveille, fructifie et développe dans une forme concrète tout ce qui est né de l’eau ou la terre primordiale, émanée de Brahmâ ; mais l’univers est lui-même Brahmâ qui est l’univers. C’est la philosophie de Spinoza, dérivée de celle de Pythagore ; et c’est pour cette philosophie que Bruno mourut martyr. De combien la théologie Chrétienne s’est égarée de son point de départ, est démontré dans ce fait historique. Bruno fut assassiné pour l’exégèse d’un symbole qui avait été adopté par les premiers Chrétiens, et exprimé par les apôtres ! Les brins de nénuphars du Bodhisattva et plus tard de Gabriel, symbolisent le feu et l’eau, ou l’idée de la création et de la génération ; qui devint le premier dogme du sacrement du baptême. »

H.P. Blavatsky, traduction d’Isis Dévoilée (Isis Unveiled, Volume I, pp. 91 à 93).

top-iconRetour en Hauttop-icon


 

La légende du lotus bleu

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Tout titre de Revue ou de livre doit avoir sa raison d'être – celui d'une publication théosophique, surtout. Le titre est tenu d'exprimer l'objet en vue, en symbolisant, pour ainsi dire, le contenu du journal. L'allégorie étant l'âme des philosophies d'Orient, bien à plaindre serait celui qui n'apercevrait, dans le nom du « Lotus Bleu », que celui d'une plante aquatique – la Nymphœa Cerulea ou Nelumbo. A coup sûr, un lecteur de cette force ne verrait aussi que du bleu dans le sommaire de notre nouveau journal.
Afin d'éviter une pareille méprise, nous allons es­sayer d'initier nos lecteurs sur le symbolisme du lotus en général et du lotus bleu, en particulier. Cette plante mystérieuse et sacrée fut, de tout temps, considérée comme le symbole de l'Univers, en Egypte comme aux Indes. Pas un monument dans la vallée du Nil, pas un papyrus, où cette plante n'ait eu sa place d'honneur. Depuis les chapiteaux des colonnes égyptiennes jusqu'aux sièges et à la coiffure des rois-dieux, le lotus se retrouve partout symbolisant l'Univers. Il devint nécessairement un attribut indispensable de tout Dieu créateur comme de toute déesse – cette dernière n'étant, en philosophie, que l'aspect féminin du Dieu, androgyne d'abord, mâle ensuite.
C'est du Padma-Yoni – « le sein du lotus » – de l'Espace absolu ou de l'Univers, en dehors du temps et de l'espace, qu'émane le cosmos conditionné et limité par le temps et par l'espace. Le Hiranya Garbha, « l'œuf » (ou la matrice) d'or, d'où surgit Brahmâ est nommé souvent le lotus céleste. Le dieu Vishnou, la synthèse du trimourti ou la trinité hindoue, flotte assoupi, pendant les « nuits de Brahmâ », sur les eaux primordiales, étendu sur une fleur de lotus. Sa déesse, la belle Lakshmi, surgissant comme la Vénus Aphrodite du sein des eaux, a, sous les pieds, un lotus blanc. C'est au barattage, par les dieux réunis, de l'Océan de lait - symbole de l'espace et de la voie lactée – que, formée de l'écume des ondes 'crémeuses, Lakshmi, déesse de la beauté et mère de l'amour (Kama), apparut devant les dieux émerveillés, supportée par un lotus et tenant à la main un autre lotus.
De là, les deux principaux titres de Lakshmi : padma, le lotus, et Kshirabdhi-tanayâ – fille de l'Océan de lait... Gautama, le Bouddha, qui ne fut jamais dégrade au niveau d'un dieu, étant, néanmoins, le premier mortel hardi qui, à l'époque historique, interrogea le sphinx muet qu'on nomme l'Univers, et finit par lui arracher les secrets de la vie et de la mort, quoique jamais déifié – nous le répétons – fut, cependant, reconnu par les générations en Asie comme dominant l'Univers. Et c'est pourquoi ce vainqueur et maître du monde intellectuel et philosophique est représenté assis sur un lotus épanoui – symbole de cet univers deviné par lui. Aux Indes et à Ceylan, le lotus est généralement couleur d'or ; parmi les bouddhistes du Nord, il est bleu.
Mais il existe, de par le monde, une troisième espèce de lotus, le Zizyphus. Celui qui en mange oublie sa patrie et ceux qui lui sont chers, disaient les anciens. Ne suivons pas cet exemple ; n'oublions pas notre patrie intellectuelle, le berceau de la race humaine, et le lieu de naissance du lotus bleu.
Levons donc le voile de l'oubli qui recouvre une des plus anciennes allégories, une légende védique, que les chroniqueurs Brâhmes ont cependant préservée. Seulement, comme ces chroniqueurs la racontent chacun à sa manière et y ajoutent des variations (1), nous l'avons donnée ici, non d'après les versions et traductions incomplètes de Messieurs les Orientalistes, mais d'après la version populaire. C'est ainsi que la chantent les vieux Bardes du Rajistan lorsqu'ils viennent, pendant les soirées chaudes de la saison des pluies, s'asseoir sous la véranda du bungalow des voyageurs. Nous laissons donc les orientalistes à leurs spéculations fantaisistes. Que nous importe que le père du prince poltron et égoïste qui fut la cause de la transformation du lotus blanc en lotus bleu s'appelât Harischandra ou Ambarisha ? Les noms n'ont rien à faire, ni avec la poésie naïve de la légende, ni avec sa morale – car on en trouvera une, si l'on cherche bien. Remarquons plutôt que l'épisode principal rappelle curieusement une autre légende – celle de l'Abraham biblique et du sacrifice d'Isaac.
N'est-ce point une preuve de plus que la doctrine Secrète de l'Orient pourrait bien avoir raison de soutenir que le nom du patriarche n'est ni un nom chaldéen, ni un nom hébreu, mais bien une épithète et un surnom sanskrits signifiant a-bram, c'est-à-dire un non brâhme (2), un brâhme débrahmanisé, ou déclassé et ayant perdu sa caste ? Ensuite, comment ne pas soupçonner, dans les Juifs modernes, les Tchandalas des temps du : Rishi Agastya, – les ouvriers en briques, dont la persécution commença il y a 8.000 ou 10.000 ans, mais qui émigrèrent en Chaldée 4.000 ans avant l'ère chrétienne, lorsque tant de légendes populaires dans l'Inde du Sud rappellent les récits bibliques ? Louis Jacolliot en parle dans plusieurs de ses vingt et un volumes sur l'Inde brahmanique, et il a raison, pour cette fois.

Nous en parlerons un autre jour. En attendant voici la légende du :

Lotus bleu

Siècles sur siècles se sont écoulés, depuis qu'Ambarisha, roi d'Ayodhyâ, régnait dans la ville fondée par le Saint-Manou Vaivasvata, le fils du soleil. Le roi était un Soûryavansa (un descendant de la race Solaire) et se disait le serviteur le plus fidèle de Varoûna, l'Eternel, le dieu le plus grand comme le plus puissant dans le Rig-Veda (3). Mais l'Eternel avait refusé des héritiers mâles à son adorateur, ce qui rendait le roi tout déconfit.

« Hélas ! – se lamentait-il tous les matins, en faisant son poudja (dévotions) devant les dieux inférieurs. – Hélas ! à quoi me sert d'être le plus grand roi sur la terre, si l'Eternel me refuse un successeur de mon sang ! Une fois mort et placé sur le bûcher funéraire, qui remplira auprès de moi le doux devoir filial de briser le crâne à mon cadavre, afin de libérer mon âme de ses dernières entraves terrestres ? Quelle est la main étrangère qui, pendant la pleine lune, placera le riz du Sraddha, pour faire honneur à mes mânes ? Les oiseaux de la mort (4) ne se détourneront ils pas eux-mêmes du festin funèbre ? Car, pour sûr, mon ombre rivée à la terre par son grand désespoir ne leur permettra point d'y toucher ! (5) »

Ainsi se désolait le roi, lorsque son grihasta (chapelain de famille) lui inspira l'idée de faire un vœu. Si 1’Eternel lui envoyait deux ou plusieurs fils, il promettait au dieu de lui sacrifier l'aîné, dans une cérémonie publique, lorsque la victime aurait atteint l'âge de la puberté. Alléché par cette promesse de chairs saignantes et fumantes, – en si bonne odeur chez tous les grands dieux, – Varoûna accepta la promesse du roi, et l'heureux Ambarisha eut un fils, suivi de plusieurs autres. L'aîné, l'héritier de la couronne, pro tempare, fut appelé Rohita (le rouge), et surnommé le Devarata, ce qui, traduit littéralement, signifie le « Dieu donné ». Devarata grandit et devint bientôt un vrai prince charmant, mais aussi égoïste et rusé que beau, si nous en croyons les légendes.
Lorsque le prince eut atteint l'âge voulu, l'Eternel, parlant par la bouche du même chapelain de la cour, somma le roi de tenir sa promesse. Mais, Ambarisha, inventant chaque fois des prétextes pour éloigner le moment du sacrifice, l'Eternel, à la fin, se fâcha. En dieu jaloux et colérique qu'il était, il menaça le roi de toute sa colère divine.
Pendant longtemps, ni sommations, ni menaces, n'eurent l'effet désiré. Tant qu'il y avait des vaches sacrées qui passaient des étables royales dans celles des Brâhmes, et de l'argent dans les trésoreries, pour remplir les cryptes des temples, les Brâhmes réussissaient à faire tenir Varoûna tranquille. Mais, lorsqu'il ne resta plus ni vaches ni argent, l'Eternel menaça le roi de submerger son palais avec lui et ses héritiers, et, s'ils en réchappaient, de les brûler tout vifs. A bout de ressources, le pauvre roi Ambarisha fit appeler son premier-né et l'informa du sort qui l'attendait. Mais le Devarata n'entendait pas de cette oreille. Il refusa de se soumettre à la double volonté paternelle et divine.
Aussi, lorsque les feux du sacrifice eurent été allu­més et que toute la bonne ville d'Ayodyha se fut rassemblée toute en émoi. – le prince héritier fut le seul qui manquât à la fête.
Il s'était sauvé dans les forêts des yogis.
Or, ces forêts étaient habitées par de saints ermites, et Devarata se savait là inattaquable et imprenable. On pouvait l'y venir voir, mais personne ne pouvait lui faire violence, – pas même Varoûna, l'Eternel. C'était tout simple. Les austérités religieuses des Aranyakas (les saints de la forêt), dont plusieurs étaient des Daityas (des Titans, race de géants et de démons), leur donnaient une telle puissance que tous les dieux tremblaient devant leur omnipotence et leurs pouvoirs surnaturels, – même l'Eternel.
Ces yogis antédiluviens, paraît-il, avaient le pouvoir de détruire cet Eternel lui-même, à volonté, – peut-être bien parce que c'était eux qui l'avaient inventé.
Devarata passa dans les forêts plusieurs années ; puis, à la fin, il en eut assez. S'étant laissé dire qu'il pouvait satisfaire Varoûna en trouvant un substitut qui se ferait immoler à sa place, – pourvu que le remplaçant fut un fils de Rishi, – il se mit en route et finit par découvrir ce qu'il lui fallait.
Dans le pays qui s'étend près des rivages fleuris du fameux lac Poushkara, il y avait famine, et un grand saint, nommé Ajigarta (6), était sur le point d'y mourir de faim, avec toute sa famille. Il avait plusieurs fils, dont le second, un adolescent vertueux, appelé Sunahsepha, était en train de devenir un Rishi, lui aussi. Profitant de la disette et pensant avec raison que ventre affamé aurait plus d'oreilles que ventre satisfait, le rusé Devarata mit le père au courant de son histoire. Après quoi il lui offrit cent vaches contre Sunahsepha, pour lui servir de substitut comme viande d'offrande sur l'autel de l'Eternel. Le père vertueux refusa net, d'abord. Mais le doux Sunahsepha s'offrit de lui-même et parla ainsi à son père :

« Qu'importe la vie d'un seul, lorsqu'elle peut sau­ver celles de tant d'autres ? L'Eternel est un Dieu grand, et sa miséricorde est infinie ; mais il est aussi un dieu fort jaloux, et son courroux est prompt et vengeur. Varoûna est maître de la terreur, et la mort obéit à son commandement. Son esprit ne contestera pas toujours avec celui qui lui désobéit. Il se repentira d'avoir créé l'homme, et alors il brûlera vifs cent mille lakhs (7) de personnes innocentes, pour un seul coupable. Si sa victime lui échappait, pour sûr, il dessécherait nos fleuves, mettrait la terre en feu, et fendraient les femmes enceintes, dans sa bonté infinie... Laisse-moi donc me sacrifier, mon père, pour cet étranger qui nous offre cent vaches ; car cela t'empêcherait, toi et mes frères, de mourir de faim et sauverait des milliers d'autres d'une mort terrible. »
« A ce prix, l'abandon de la vie m'est doux. »

Le vieux Rishi versa des larmes ; mais il finit par consentir ; et s'en fut préparer le bûcher du sacrifice (8).
Le lac Poushkara (9) était un des sites favorisés sur cette terre par la déesse Lakshmi-Padma (lotus blanc), qui se plongeait souvent dans ses ondes fraîches, pour rendre visite à sa sœur aînée, Varoûni, l'épouse de Varoûna l'Eternel (10). Laksmi-Padma entendit l'offre de Devarata, vit le désespoir du père, et admira le dévouement filial de Sunahsepha. Pleine de pitié, la mère de l'amour et de la compassion, envoya quérir le Rishi Visvamitra, l'un des sept Manous primordiaux et fils de Brahmâ, et réussit à l'intéresser au sort de son protégé. Le grand Rishi lui promit son aide. Apparaissant à Sunasepha, tout en restant invisible aux autres, il lui enseigna deux versets sacrés (Mantras) du Rig-Véda, lui faisant promettre de les réciter sur le bûcher. Or, celui qui prononçait ces deux mantras (invocations) forçait tout le conclave des dieux, – Indra en tête, – à venir à son secours, et devenait par cela même Rishi, dans cette vie ou dans sa réincarnation future.
L'autel était dressé au bord du lac, le bûcher préparé et la foule assemblée. Etendant, puis liant son fils sur le santal parfumé, Ajigarta s'arma du couteau du sacrifice. Déjà, il levait son bras tremblant au-dessus du cœur de son fils bien-aimé, lorsque celui-ci entonna les versets sacrés. Encore un instant d'hésitation et de douleur suprême... et, comme l'enfant finissait son mantram, le vieux Rishi plongea son couteau dans le sein de Sunahsepha...
Mais, ô miracle !... Au même instant, Indra, le dieu d'azur (le Firmament), glissa des cieux et tomba au milieu de la cérémonie. Enveloppant le bûcher et la victime d'un épais nuage azuré, le brouillard éteignit les flammes du bûcher et délia les cordes qui tenaient l'enfant captif. C'était comme si un coin du ciel bleu s'était affaissé sur les lieux, illuminant le pays entier et colorant toute la scène de son azur doré. Effrayés, la foule et le Rishi lui-même tombèrent sur le nez, à moitié morts de peur.
Lorsqu'ils revinrent à eux, le brouillard avait dis­paru, et un complet changement de scène s'était opéré.
Les feux du bûcher s'étaient rallumés d'eux-mêmes, et, étendue dessus, on vit une biche (Rohit) (11) qui n'était autre que le Prince Rohita, le Devarata, – qui, le cœur percé du couteau qu'il avait dirigé contre un autre, brûlait lui-même en holocauste pour son péché.
A quelques pas de l'autel, étendu aussi, mais sur un lit de lotus, dormait paisiblement Sunahsepha. Et à la place où le couteau s'était abaissé sur son sein, on voyait s'épanouir un beau lotus bleu. Le lac Poushkara, lui-même, recouvert, un moment auparavant, de lotus blancs, dont les pétales brillaient au soleil comme des coupes d'argent pleine d'amrita (12) reflétait maintenant l’azur du ciel ; – les lotus blancs étaient devenus bleus.
Alors on entendit une voix mélodieuse comme la voix du vina (13), s'élevant dans les airs du fond des ondes, prononcer ces paroles et cette imprécation :

« Un prince qui ne sait pas mourir pour ses sujets, est indigne de régner sur les enfants du Soleil. Il renaîtra dans une race aux cheveux rouges, une race barbare et égoïste ; et les nations qui descendront de lui n'auront pour héritage que le couchant. C'est le puîné d'un ascète mendiant, celui qui sacrifie sans hésiter sa vie pour sauver celle des autres, qui deviendra roi et régnera à sa place. »

Un frémissement d'approbation mit en mouvement le tapis fleuri qui recouvrait le lac. Ouvrant à la lumière d'or leurs cœurs bleus, les lotus sourirent de joie et envoyèrent un hymne de parfum à Sourya, leur soleil et maître. Toute la nature se réjouit, excepté Devarata qui n'était plus qu'une poignée de cendres.
Alors Visvamitra, le grand Rishi, quoique père déjà de cent fils, adopta Sunahsepha pour son fils aîné, et maudit d'avance, en matière de précaution, tout mortel qui se refuserait à reconnaître, dans le dernier né du Righi, l'aîné de ses enfants et l'héritier légitime du trône du roi Ambarisha.
En raison de ce décret, Sunahsepha naquit, à sa prochaine incarnation, dans la famille royale d'Ayodhyâ, et régna sur la race Solaire pendant quatre-vingt-quatre mille années.
Quant à Rohita, tout Devarata ou dieu donné qu'il fût, il subit le sort auquel Lakshmi-Padma l'avait voué.
Il se réincarna dans la famille d'un étranger sans caste (Mleccha-Yavana), et devint l'ancêtre des races barbares et à cheveux rouges qui habitent l'Occident.


C'est pour la conversion de ces races que le Lotus Bleu a été fondé.
Et si d'aucuns de nos lecteurs se laissaient aller à douter de la vérité historique de cette aventure de notre ancêtre Rohita, et de la transformation des lotus blancs en lotus d'azur, ils sont invités à faire un tour à Ajmir.
Une fois-là, ils n'auraient qu'à se rendre au bord du lac trois fois saint, nommé Poushkara, où tout pèlerin qui s'y baigne, pendant la pleine lune du mois de Korthktika (octobre-novembre), atteint la plus haute sainteté, sans se déranger autrement. Là, les sceptiques pourront voir de leurs yeux le site où s'éleva le bûcher de Rohita, ainsi que les eaux fréquentées jadis par Lakshmi.
Ils pourraient même voir les lotus bleus, si, grâce à une nouvelle transformation décrétée par les dieux, la plupart de ces plantes ne s'étaient changées, depuis, en crocodiles sacrés, que personne n'a le droit de déranger. Ce qui fait que neuf pèlerins sur dix, qui se plongent dans les eaux du lac, ont la chance d'entrer dans le Nirvana presque aussitôt après, et que les crocodiles sacrés sont les plus gros de leur espèce.

H. P. Blavatsky.
Article écrit en français par H. P. Blavatsky, pour la revue Le Lotus Bleu (Vol. l, avril 1890).

Notes :

(1) Comparez l'histojre de Sunahsepha, dans « Bhâgavata », IX, XVI, 35 ; le Ramayana, livre 1, ch. LX ; Manou, X, 105, Koulloûka Bhatta (l'Historien) ; Bahwruba et Aitareya Brâhmanas ; Vishnou Pourana, etc., etc... – Chaque livre donne sa version.
(2) La particule a, dans le mot sanskrit, le montre bien. Placée devant un substantif, cette particule désigne toujours la négation ou le contraire du contenu dans le terme qui suit. Ainsi Saura (Dieu), écrit a-soura, devient non-dieu ou le démon. Vidya, c'est la Science, et a-vidya l'ignorance, ou le contraire de la Science, etc., etc...
(3) Ce n'est que bien plus tard, dans le Panthéon dogmatique et le polythéisme symbolique des Brâhmes, que Varouna devint le Poseidon ou Neptune qu'il est maintenant. Dans le Veda, c'est le plus ancien des dieux, un avec l'Ouranos grec ; c'est-à-dire une personnification de l'espace céleste et des cieux infinis, le créateur et le gouverneur du ciel et de la terre, le Roi, le Père et le Maître du monde, des dieux et des hommes. L'Uranus d'Hésiode et le Zeus des Grecs en un.
(4) Les corneilles et les corbeaux.
(5) Le Sraddha est une cérémonie posthume observée pendant neuf jours par le plus proche parent du défunt. Il fut un temps où elle était magique. A l'heure qu'il est, elle consiste principalement à éparpiller, entre autres pratiques, des boulettes de riz cuit, devant la porte de la maison du mort. Si les corneilles dévorent promptement le riz, c'est un signe que l'âme est libérée et se trouve en paix. Sinon, ces oiseaux si voraces, ne touchant pas à la nourriture, fournissent la preuve que le pisatcha ou bhout (fantôme) est là pour les en empêcher. Le Sraddha est une superstition, sans doute, mais pas plus, à coup sûr, que les neuvaines et messes des morts.
(6) D'autres le nomment Rishika et font du roi Ambarisha, Harixhandra, le fameux Souverain qui fut le parangon de toutes les vertus.
(7) Un lakh est une mesure de 100.000, qu'il s'agisse d'hom­mes ou de pièces de monnaie.
(8) Manou (liv. X, 105), faisant allusion à cette histoire, remarque qu'Ajigarta, le saint Rishi, ne commit aucun péché en vendant la vie de son fils – puisque ce sacrifice préservait sa vie à lui et celle de toute sa famille. Ceci nous rappelle une autre légende, plus moderne, pouvant servir de parallèle à celle-ci. Le Comte Ugolino, condamné à mourir de faim dans son donjon, ne dévora-t-il pas ses enfants – « pour leur conserver un père ? » La légende populaire de Sunahsepha est plus belle que le commentaire de Manou – une interpolation des Brâhmes dans les manuscrits falsifiés, évidemment.
(9) Ce lac est quelquefois appelé Pokher, de nos jours. C'est un fameux lieu de pèlerinage annuel, situé dans un site charmant et à cinq milles anglais d'Ajmir, dans le Rajistan. Poushkara signifie « lotus bleu », l'eau du lac étant recouverte, comme d'un tapis, de ces belles plantes. Mais la légende assure qu'elles étaient d'abord blanches. Poushkara est aussi un nom propre d'homme, et le nom d'une des « sept îles sacrées », dans la Géographie des Hindous – les Sapta dwipa.
(10) Varouni, déesse de la chaleur (plus tard, déesse du Vin), est née aussi de l'Océan de lait. De « quatorze objets précieux » produits par le barattage, elle apparaît la seconde, et Lakshmi, la dernière, précédée de la coupe d'Amrita – le breuvage qui donne l'immortalité.
(11) Un jeu de mots. Rohit, en sanskrit, est le nom de femelle du daim, de la biche, et Rohita veut dire « le rouge ». C'est pour sa lâcheté et sa peur de mourir qu'il fut changé en biche par les dieux, selon la légende.
(12) L'élixir qui confère l'immortalité.
(13) Une espèce de luth. Un instrument dont l'invention est attribuée au dieu Siva.La légende du lotus bleu


top-iconRetour en Hauttop-icon

L'interaction entre l'humanité et les hiérarchies divines

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Le fondement de l'astrologie
« Le Cinquième groupe [de la hiérarchie des Pouvoirs Créateurs] est très mystérieux, parce qu'il est en rapport avec le Pentagone Microcosmique, l'étoile à cinq branches qui représente l'homme. En Inde et en Égypte ces Dhyanis [hiérarchies Divines] sont associées au Crocodile, et ils résident dans le Capricorne. Ces termes, dans l'astrologie Indienne sont convertibles, et ce (dixième) signe du Zodiaque est appelé Makara, vaguement traduit par « crocodile ». Le mot est interprété de différentes manières en occultisme, comme on le verra plus loin. En Égypte, le défunt – dont le symbole est le pentacle ou l'étoile à cinq branches, avec les pointes qui représentent les membres d'un homme – était de manière emblématique transformé en un crocodile : Sebek, Sevekh, ou « le septième », et comme le montre M. Gerald Massey, celui qui est le symbole de l'intelligence, est en réalité un dragon et non un crocodile [Sebek = le dragon-crocodile]. Il est le « Dragon de Sagesse », ou le Manas, « l'Âme Humaine », le mental, le principe d'intelligence, appelé dans la philosophie ésotérique le « Cinquième » principe. » ‒ Traduction de The Secret Doctrine, I, p. 219.

L'humanité rationnelle
« Ce fût le travail de la cinquième Hiérarchie – ces êtres mystérieux qui président la constellation du Capricorne, Makara, ou du « Crocodile » en Inde et en Égypte – d'informer la forme animale, vide et éthérée, pour en faire l'Homme Rationnel. Ceci est un des sujets sur lequel très peu peut en être dit au grand public. C'est un MYSTÈRE, vraiment, mais seulement pour celui qui est prêt à rejeter l'existence, dans l'Univers, d'Êtres spirituels intelligents et conscients, et qui limite la pleine conscience à l'homme, et à « une fonction du cerveau ». De nombreuses Entités Spirituelles se sont incarnées corporellement dans l'humanité, depuis le début de son apparition, et qui, malgré cela, demeurent toujours aussi indépendantes, qu'avant, dans les infinités de l'Espace... » ‒ Traduction de The Secret Doctrine, I, p. 233.

Le symbole du Capricorne
« Regardons ce qui a été déjà dit, dans la littérature théosophique au sujet de la constellation du Capricorne, et ce qui en est généralement connu. Chacun sait que

  Signe zodiacal du Capricorne

est le dixième signe du Zodiaque dans lequel le Soleil entre au solstice d'hivers, environ le 21 décembre. Mais très peu, dit-on, savent – même en Inde, hormis les initiés – quelle est la relation mystique réelle qui semble exister entre les noms de Makara et de Kumara. Le premier représente, selon certains orientalistes, un animal amphibie appelé cavalièrement « crocodile », et le second est le titre du grand patron des yogis (voir le Siva Purana), les Fils de Rudra (Siva) qui sont unis à Lui ; un Kumara lui-même. C'est par leur connexion à l'Homme que les Kumaras sont aussi reliés au Zodiaque. Essayons de trouver ce que le mot Makara signifie.
« Le mot Makara, nous dit l'auteur des Douze signes du Zodiaque, [article M. Subba Row, paru dans l'ouvrage Five Years of Theosophy] « contient en lui-même la clef de son interprétation correcte. La lettre Ma équivaut au chiffre 5, et Kara signifie la main. [...] Ainsi Makaram ou Panchakaram signifient un Pentagone » ‒ l'étoile à cinq branches ou le pentagone représentant les cinq membres de l'homme (*) ».
« (*) Quelle est la signification et la raison de cette figure ? C'est que le Manas est le cinquième principe, et que le pentagone est le symbole de l'Homme ‒ non seulement de celui qui a cinq-membres, mais plutôt de l'HOMME pensant, et conscient. » ‒ Traduction de The Secret Doctrine, II, p. 576.

Un symbolisme universel
« L'ésotérisme du Nouveau Testament confirme tout à fait celui des Livres Mosaïques Hébreux ; et comme à, la même période, nombre de symboles, en général, purement égyptiens et païens – la Trinité par exemple – furent copiés et incorporés dans, les synoptiques et [l'évangile de] saint Jean, il est évident que l'identité de ces symboles était connus des auteurs (quels qu'ils furent) du Nouveau Testament. [...] Ainsi l'eau, le feu, la Croix, ainsi que la Colombe, l'Agneau, et d'autres animaux sacrés, avec toutes leurs combinaisons, qui ont la même signification, d'un point de vue ésotérique. »
« Le Lotus et l'Eau sont parmi les plus vieux symboles, et leur origine est purement aryenne, et sont devenus une propriété commune [...] [avec l'humanité actuelle]. Donnons un exemple. Les lettres, comme les nombres, sont tous mystiques, tant pris en combinaison que séparément. La lettre M est la plus sacrée de toutes les lettres, et elle est à la fois féminine et masculine, ou androgyne ; et symbolise l'EAU, le grand abîme. Elle est mystique dans toutes les langues, Orientales et Occidentales, et sa forme représente des vagues : Signe de Makara. Dans l'ésotérisme aryen et sémite, cette lettre était toujours associée aux eaux ; i.e. en sanskrit à MAKARA – le dixième signe du Zodiaque – qui représente un crocodile, ou plutôt un monstre aquatique toujours associé à l'eau. La syllabe MA équivaut et correspond au nombre 5 – composé d'un binaire, symbole des deux sexes séparés, et d'un ternaire, symbole de la troisième vie, la progéniture du binaire. Cela encore, est souvent symbolisé par le Pentagone, qui est un signe sacré, un Monogramme divin. MAITREYA est le nom secret du Cinquième Bouddha, et le Kalki Avatar des Brahmanes – le dernier MESSIE qui viendra à la culmination du Grand Cycle. C'est aussi la première lettre du mot grec Metis ou la Divine Sagesse, le « verbe » ou Logos ; et de Mithra (le Mihr), la Monade, le Mystère. Tous sont nés dans, et à partir, du grand Abîme, et ils sont les Fils de Maya – la Mère ; en Egypte, de Mouth, en Grèce de Minerve (sagesse divine), de Marie, ou Myriam, Myrrha, etc. ; de la Mère du Logos chrétien, et de Maya, la mère du Bouddha. Madheva et Madhavi sont les noms des dieux et déesses les plus importants du panthéon hindou. Finalement, Mandala est en sanskrit « un cercle », ou un orbe (les dix sections du Rig Veda). Les noms les plus sacrés en Inde commencent généralement avec cette lettre – de Mahat, la première manifestation de l'intellect, et Mandara, la grande montagne utilisée par les dieux pour baratter l'Océan, et jusqu'à Mandakin, le Ganga(Gange) céleste, Manu, etc., etc. »

« Nous avons aussi Moïse – trouvé dans les eaux du Nile – avec une consonance symbolique dans son nom. Et la fille du pharaon l'appela du nom de Moïse, car, « je l'ai tiré des EAUX » (Exode, ii, 10) (*). A côté de cela le nom hébreux sacré de Dieu, formulé avec la lettre M, est Meborach, le « Saint » ou le « Béni », et le nom des eaux du Déluge est M'bul. Un rappel des « trois Maries » à la Crucifixion et leur lien avec Mar, la Mer, ou l'Eau, pourrait clore les exemples. C'est pourquoi dans le Judaïsme et le Christianisme le Messie est toujours associé à l'Eau, au Baptême, aux Poissons (le signe zodiacal appelé Meenam en sanskrit), et même avec l'Avatar Matsya (poisson), et le Lotus – le symbole de la matrice, ou son homologue le nénuphar.
« Sur les reliques de l'ancienne Egypte, plus les objets de symboles et d'emblèmes votifs exhumés sont anciens, plus souvent les fleurs de lotus et l'eau sont dédiés aux Dieux Solaires. Le dieu [Noun] (Khnoom) – le pouvoir humide – l'eau, comme l'enseigne Thales, étant le principe de toutes choses, est assis sur un trône enchâssé d'un lotus (époque saïte, serapeum). [...] La « grenouille ou le crapaud divin » était parmi les principales déités créatives cosmiques, à cause de sa nature amphibie, et surtout à cause de son apparente résurrection, après avoir passé une longue période cachée dans de vieux murs, rochers, etc ; et elle participa non seulement à l'organisation du monde, avec [Noun] (Khnoom), mais fut aussi associée au dogme de la résurrection (**). Il doit y avoir quelques sens profonds et sacrés attaché à ce symbole, puisque, malgré le risque du reproche d'une zoolâtrie dégradante, les premiers Chrétiens égyptiens l'adoptèrent dans leurs Eglises. Une grenouille ou un crapaud enchâssé dans un lotus, ou simplement sans cet emblème, était une forme adoptée pour les lampes d'Eglise, sur lesquelles était gravés ces mots « Je suis la résurrection » [ego eimi anastasis]. On retrouve ces grenouilles divines sur toutes les momies. »
(*) Quand les sept filles du prêtre de Midian, vinrent puiser de l'eau, c'est par Moïse que troupeau put être abreuvé, et pour ce service Midian offrit Çippora (de sippara = la vague brillante) comme épouse à Moïse (Exode, II). Tout ceci à un sens secret.
(**) Avec les Egyptiens la résurrection avait lieu après 3000 ans de purification, dans le Devachan ou « dans les champs de béatitude ».

Extraits de The Secret Doctrine, II, pp. 384-6.

top-iconRetour en Hauttop-icon

Citations sur le mystère de l'année solaire

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

L'année solaire et le cycle de l'initiation
« Certains auteurs intéressés par le sujet – en particulier les maçons – ont essayé d'identifier Hénok (Hénoc) au Toth de Memphis, au grec Hermès, et même au Mercure latin. En tant qu'individus, tous sont distincts les uns des autres ; professionnellement – si un tel mot peut être utilisé, alors que son sens est maintenant si limité – ils appartiennent chacun et collectivement à la même catégorie d'auteurs sacrés, ou d'Initiateurs et de Dépositaires de Sagesse Occulte ancienne. Ceux qui dans le Coran (voir la Surate XIX) sont appelés du nom générique d'Edris, les « Savants » (ou les Initiés), portaient en Egypte le nom de « Toth », l'inventeur des arts, des sciences, de l'écriture ou de l'alphabet, de la musique et de l'astronomie. Chez les juifs les Edris devinrent « Hénok », qui, selon Bar-Hebraeus, « fut l'inventeur de l'écriture », des livres, des arts, et des sciences, et le premier qui définit le système du mouvement des planètes. En Grèce il était appelé Orphée, et ainsi son nom fut changé dans chaque nation. Le nombre sept est attaché et relié à chacun de ces Initiateurs primitifs, ainsi qu'au chiffre 365, le nombre de jours de l'année, et astronomiquement, il définit la mission, le caractère, et le devoir sacré de tous ces hommes, mais certainement pas de leurs personnalités. Hénok est le septième Patriarche ; Orphée est le possesseur de la phorminx, la lyre à sept cordes, qui est le septuple mystère de l'initiation. Toth, portant sur la tête le Disque Solaire à sept rayons, parcourt dans le bateau Solaire, les 365 degrés, et, tous les quatre ans, saute un jour. Finalement, Toth-Lunus est le dieu septuple des sept jours, ou de la semaine. Esotériquement et spirituellement, Enoichion signifie « le Voyant à l'Œil Ouvert ». ‒ Traduction de The Secret Doctrine, II, pp. 529-30.

Pendant l'année garder l'espérance dans le Christos intérieur
« Il est peu probable qu'un chiffre aussi sombre que 1888 puisse apporter beaucoup de joie et de prospérité à ceux qui vivent pour la vérité ; cependant l'année est annoncée par la glorieuse étoile de Venus-Lucifer, qui brille si intensément qu'elle fut prise pour, ce visiteur encore plus rare, l'étoile de Bethléem. Ceci est à portée de main ; et sûrement quelque chose de l'esprit du Christos devrait naître, sur terre, sous de telles conditions. » ‒ Extrait de l'article de H.P. Blavatsky « 1888 ».
« Il y a un an, [...] il avait été dit que 1888 était une combinaison sombre de nombres : ceci a été prouvé depuis. Des tremblements de terre, de terribles éruptions volcaniques, des raz de marée et des glissements de terrains, des cyclones et des incendies, des catastrophes ferroviaires et maritimes se sont succédés rapidement les uns aux autres. Le temps, durant toute l'année, a été complètement perturbé, malsain, instable. [...] Presque toutes les nations furent frappées par quelques graves calamités ; et, parmi elles, l'Allemagne, plus particulièrement. Ce fut en 1888 que l'Empire atteignait les 18 ans de son unification. C'est durant cette fatale combinaison de quatre chiffres 8 elle perdit deux de ses Empereurs, et planta les graines de beaucoup de [futures] conséquences karmiques graves. » ‒ Extrait de l'article de H.P. Blavatsky « The Year is Dead. Long Life the Year »

top-iconRetour en Hauttop-icon.