Mardi 22 Août 2017

Mis à jour le Mar. 22 Août 2017 à 09:43

L'immortalité

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Quelques généralités en rapport avec l’immortalité de l'homme
« L’Immortalité, ou l’état de ce qui dure toujours, doit être différenciée de la survivance, car il est parfaitement possible de concevoir que quelques parties de notre composition très complexe, spirituelle et psychique, survivent à la mort du corps physique pour un certain temps et soient cependant elles-mêmes soumises à une décrépitude graduelle et à la mort. En vérité, c’est probablement ce qui se produit pour les éléments purement psychiques en nous, pour la partie inférieure ou personnelle de l’homme intérieur, et il est probable que les « messages » des séances spirites, lorsqu’ils ne viennent pas du sub-conscient du médium ou de celui des assistants, viennent de ces restes psychiques en désagrégation des êtres qui sont morts.
« Si une partie de nous-mêmes est immortelle et dure à jamais, il est évident que ce ne peut être l’être extérieur personnel, le nom, la forme corporelle et la mémoire des événements qui donnent la forme à la personnalité et qui sont regardés par la plupart des Occidentaux comme ce qui constitue l’homme véritable. Le soi personnel, constitué par les habitudes, ne peut être immortel, car il est évident qu’il commença à exister à un moment donné ; et le Père le Temps, comme le raconte l’ancienne fable grecque, dévore tous ses enfants. La théorie, jadis si généralement admise, que l’homme qui commençait à la naissance, continuerait, par quelque miracle surnaturel, à exister à jamais, est à la fois contraire à la raison et en opposition avec notre sens logique. Qui que ce soit d’entre nous est-il si satisfait de son soi extérieur qu’il désire être identifié ou associé avec lui à jamais ? Passer l’éternité comme John Smith ou Ram Gopal, quelle perspective attrayante ! Non, ce qui est né doit sûrement mourir et si nous désirons vérifier ce qui, en nous, survivra à la mort, nous devons tout d’abord trouver quelle partie de nous-mêmes est antérieure à la naissance, car, nous pouvons raisonnablement supposer que nous emporterons avec nous de la vie ce que nous avions amené dans cette vie. Ce que nous avons amené avec nous dans la vie était un assemblage de tendances, d’aptitudes, d’affinités, en un mot le caractère, ce qui a été appelé « la mémoire de l’âme ». Nos actions et nos pensées pendant la vie modifient et développent ce caractère, soit en bien, soit en mal ; et, s’il y a survivance, c’est ce caractère ainsi modifié que nous emmènerons avec nous à travers les portes de la mort.
« Mais le caractère lui-même, bien que permanent si on le compare à la personnalité, ne l’est que relativement ; il est, comme nous l’avons vu, sujet au changement et à la croissance et par conséquent, comme la personnalité, il est voué à devenir la proie du Temps qui dévore tout. Nous devons regarder plus profondément encore dans les plus intimes profondeurs de notre être pour trouver un principe immortel.
« Mais ceci n’est pas tout. La conception même de nous-mêmes et de l’univers comme un courant de changements, un composé de choses relatives, serait impossible s’il n’y avait derrière tout changement et toute relativité un noumène qui ne change pas. Si nous-mêmes et l’univers n’étions rien de plus que des composés temporaires d’esprit et de matière, nous déplaçant constamment d’un état ou d’une forme dans un autre, nous ne pourrions pas être plus conscients du changement qu’un homme, flottant dans le courant d’une rivière dont il ne pourrait voir les bords, pourrait être conscient du mouvement.
« Lorsque, rétrospectivement, nous plongeons de plus en plus profondément en nous-mêmes, nous découvrons progressivement que le corps, les émotions, le mental, la volonté et ainsi de suite, avec lesquels nous avions commencé à nous identifier, peuvent tous être objectivés et, par conséquent, ne sont pas le Soi. Mais, aussi loin que nous puissions poursuivre ce processus, il y a toujours un JE qui fait l’analyse, un Soi à l’arrière-plan, un sujet pour qui tout le reste est l’objet. Dans le processus qui consiste à « désidentifier » ainsi le vrai Soi de tous les objets de pensées possibles, nous avons renversé toutes les barrières et toutes les limites qui le renfermaient en lui-même et semblaient le séparer des autres Sois et du Soi Universel. Le Soi est Un. Dans le langage de l’Occident, l’Esprit est un avec Dieu. Ou, selon les mots d’une très ancienne écriture orientale :

« Il (le Soi) est l’Eternel qui ne change pas, il est le Suprême qui ne change pas…il est la base excellente, la base qui ne change pas ; connaissant cette base un homme est puissant dans le monde éternel.
« Plus petit que ce qui est petit, plus grand que ce qui est grand, ce Soi est caché dans le cœur de l’homme…S’il comprend ce grand seigneur, le Soi, qui est sans corps dans le corps, qui est stable « parmi ce qui est instable, l’homme sage ne peut pas se plaindre…Celui qui n’a pas cessé de faire le mal, qui n’est pas ferme, dont les émotions ne sont pas au repos, ne peut pas l’atteindre par la connaissance. »

Cet article est traduit de la revue The Aryan Path (Bombay, Inde) d’octobre 1933 ‒ Paru dans la revue Théosophie, IX, n°11, de juillet 1934.
 
Seul l’Esprit divin est immortel
« Le Théosophe croit à l’immortalité : non pas à celle de l’âme, mais à celle de l’Esprit divin, ou plutôt à l’immortalité de l’Ego qui se réincarne. [...] Nous disons que l'homme et l'Âme doivent conquérir leur immortalité en s'élevant vers l'unité à laquelle, s'ils réussissent à l'atteindre, ils se trouvent finalement liés et dans laquelle ils finissent, pour ainsi dire, par être absorbés. Après la mort, l'individualisation de l'homme dépend de l'esprit, non de l'âme et du corps. Bien que le terme « personnalité », au sens où on l'entend d'ordinaire, soit une absurdité si on l'emploie littéralement pour désigner notre essence immortelle, cette dernière est néanmoins, en tant que notre Ego individuel, une entité distincte, immortelle et éternelle par soi-même. […] Si cette union entre le Manas inférieur, ou personnel, et l'Ego individuel, l'entité qui se réincarne, ne s'est pas effectuée pendant la vie, alors le premier est abandonné et doit partager le sort des animaux inférieurs, pour se dissoudre peu à peu dans l'éther et subir l'annihilation de sa personnalité. Mais, même alors l'Ego demeure un être distinct. Après cette vie spéciale qui, dans ce cas, est en fait inutile, l'Ego spirituel […] se réincarne presque immédiatement, après avoir, pendant une courte période, joui de sa liberté en tant qu'esprit planétaire. » ‒ La Clef de la Théosophie, pp. 117 à 120.
 
Toucher l’aspect le plus profond de l’être
« Une « entité » est immortelle, mais elle ne l'est que dans son essence ultime, non dans sa forme individuelle. Arrivée au dernier point de son cycle, elle est absorbée dans sa nature primordiale et elle devient esprit, perdant alors son nom d'Entité.
« En tant que forme, l'immortalité de l'entité est limitée à son cycle de vie, le Mahâmanvantara [le grand cycle de manifestation de l’univers] ; celui-ci écoulé, elle est indissolublement unie avec l'Esprit Universel et identique à lui, en cessant d'être une Entité distincte. Quant à l'Âme personnelle, c'est-à-dire l'étincelle de conscience qui conserve dans l'Ego Spirituel l'idée du « Moi » personnel de l'incarnation précédente, elle ne dure, en tant que souvenir séparé et distinct, que jusqu'à la fin de la période dévachanique [période de repos et de béatitude entre deux vies]. À l'expiration de celle-ci, elle s'ajoute à la série des autres incarnations innombrables de l'Ego, comme le souvenir qui reste dans notre mémoire, à la fin de l'année, d'un seul jour parmi tous les autres. Voulez-vous lier à des conditions finies l'infinitude que vous attribuez à votre Dieu ? Seul est immortel ce qui est indissolublement cimenté par Âtma [l’Esprit] (c'est-à-dire Buddhi-Manas [l’Âme spirituelle et le Mental]). L'Âme de l'homme (c'est-à-dire de la personnalité) n'est en soi ni immortelle, ni éternelle, ni divine. Comme le dit le Zohar (Vol. III, p. 616) [Zohar, I, 65c, 66a] : « Quand elle est envoyée sur cette terre, l'âme se couvre d'un vêtement terrestre, pour se préserver ici-bas ; de même, elle reçoit en haut un vêtement lumineux, afin de pouvoir regarder sans préjudice dans le miroir dont la lumière provient du Seigneur de Lumière. » Le Zohar nous enseigne, en outre, que l'âme ne peut atteindre le séjour de béatitude avant d'avoir reçu le « saint baiser » : avant d'être réunie à la substance dont elle est émanée, l'esprit [Zohar, II, 65c, 97a]. » ‒ La Clef de la Théosophie, p. 123.

L’effet de la croyance en l’immortalité de son âme
« Pour celui qui n'a aucune perception intérieure de l'immortalité de son âme, ni aucune foi en elle, dans cet homme, l'âme ne peut jamais devenir Buddhi-Taijasî [une âme spirituelle unie au divin] mais restera tout simplement Manas ; or il n'y a pas d'immortalité possible pour Manas seul. Et, pour vivre d'une vie consciente dans le monde suivant, il faut avant tout y croire dans cette vie, pendant l'existence terrestre. C'est sur ces deux aphorismes de la Science Secrète que s'érige toute la philosophie de la conscience post mortem et de l'immortalité de l'âme. L'Ego reçoit toujours selon ses mérites. Pour lui, après la dissolution du corps, commence, selon les cas, une période de conscience pleinement éveillée, ou un état de songes chaotiques, ou encore un sommeil entièrement dépourvu de rêves que l'on ne saurait distinguer de l'annihilation. » ‒ La Clef de la Théosophie, pp. 179-180.

Les conditions pour accéder à l’immortalité
« Nous avons fait voir, d'autre part, que la "doctrine secrète" ne concède pas à tous les hommes l'immortalité au même degré. "L'œil ne verrait jamais le soleil s'il n'était pas de même nature que le soleil", dit Plotin. Ce n'est "qu'au moyen de la plus sublime pureté et chasteté que nous pouvons nous rapprocher de Dieu, et recevoir, dans Sa contemplation, les véritables sagesse et pénétration", écrit Porphyre. Si l'âme humaine a négligé pendant sa vie de recevoir l'illumination de son Esprit Divin, notre Dieu personnel, il est fort difficile pour l'homme grossier et sensuel de survivre longtemps à sa mort physique. De même qu'un monstre difforme ne peut vivre longtemps après sa naissance physique, de même l'âme, une fois qu'elle s'est trop matérialisée, est incapable d'exister après sa naissance dans le monde spirituel. La viabilité de la forme astrale est si faible que ses particules n'adhèrent pas fermement les unes aux autres lorsqu'elles s'échappent de la capsule rigide du corps externe. Ses particules obéissant graduellement à l'attraction désorganisatrice de l'espace universel, s'échappent finalement hors de toute possibilité de se ré-agréger. Lorsqu'une catastrophe de cette nature a lieu, la personnalité cesse d'exister ; son glorieux Augoeides l'a abandonnée. Pendant la période intermédiaire entre sa mort physique et la désintégration de sa forme astrale, celle-ci, attachée par l'attraction magnétique à son hideux cadavre, erre à l'entour de celui-ci et puise de la vitalité chez des victimes possibles. L'homme, qui s'est fermé à tous les rayons de la lumière divine, se perd dans l'obscurité et, par conséquent, s'attache à la terre et à ce qui est terrestre.
« Aucune âme astrale, pas même celle des purs, des bons et des vertueux, n'est immortelle au sens strict du mot ; "elle a été formée d'éléments – et aux éléments elle doit retourner p. Mais, tandis que l'âme du méchant disparaît, et est absorbée sans rédemption, celle de tous les autres, même modérément purs, ne fait que changer ses particules éthérées contre d'autres plus éthérées encore : et tandis qu'il reste en elle une étincelle du Divin, l'homme individuel, ou plutôt l'essence de son égo personnel, ne mourra pas. "Après la mort", dit Proclus, "l'âme [l'esprit] continue à séjourner dans la forme aérienne [forme astrale] jusqu'à sa complète purification de toutes ses passions irritables et voluptueuses... elle se débarrasse alors du corps aérien par une seconde mort, ainsi qu'elle l'avait déjà fait pour son corps terrestre. C'est ainsi que les anciens prétendent qu'un corps céleste est toujours uni à l'âme, laquelle est immortelle, lumineuse et de la nature des étoiles". »
Isis Dévoilée, Éditions Adyar, volume I, pages 163-164 (Isis Unveiled, Vol. I, p. 432).

Le pouvoir de ressuscitation
« "A la mort, dit le philosophe, un des corps s'échappe de l'autre, par osmose et à travers le cerveau ; il est maintenu près de son ancienne enveloppe, par une double attraction, physique et spirituelle, jusqu'à ce que cette dernière se décompose ; et si les conditions convenables sont remplies, l'âme peut se réincarner et reprendre la vie suspendue. Elle le fait dans le sommeil ; elle le fait encore plus complètement dans la léthargie ; et enfin elle le fait d'une façon plus surprenante encore au commandement, et avec le concours d'un adepte de l'Hermétisme. Jamblique déclarait qu'une personne bien douée de ce pouvoir de ressusciter était "remplie de Dieu". Tous les esprits subordonnés des sphères supérieures sont à ses ordres, car il n'est plus un mortel, mais bien un dieu lui-même. Dans son Epître aux Corinthiens [1 Co, 14, v. 32], Paul remarque que "les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes" ». − Isis Dévoilée, Éditions Adyar, volume I, pages 215-216 (Isis Unveiled, Vol. I, p. 476).

Le symbolisme en rapport avec la croix et l’immortalité
« La croix philosophique, les deux lignes courant dans des directions opposées, l'horizontale et la perpendiculaire, la hauteur et la largeur, que la Divinité géométrisant divise au point d'intersection, et qui forme le quaternaire magique, aussi bien que scientifique, lorsqu'elle est inscrite dans un carré parfait, est la base de l'occultiste. Dans sa mystique enceinte se trouve la clé qui ouvre la porte de toute science, physique aussi bien que spirituelle. Elle symbolise notre existence humaine, car le cercle de la vie circonscrit les quatre pointes de la croix qui représentent, dans leur succession, la naissance, la vie, la mort et l'IMMORTALITE. Chaque chose en ce monde est une trinité, complétée par le quaternaire (*), et chaque élément est divisible d'après ce même principe. La physiologie peut diviser l'homme à l'infini, de même que la science physique a divisé les quatre éléments primordiaux et principaux, en plusieurs douzaines d'autres ; elle ne réussira à en changer aucun. La naissance, la vie et la mort seront toujours une trinité qui n'est complétée qu'à la fin du cycle. Même dans le cas où la science arriverait à changer l'immortalité désirée en annihilation, elle serait toujours un quaternaire ; car Dieu "géométrise". » ― Isis Dévoilée, éd. Adyar, Vol II, p. 252. (Isis Unveiled, Vol. I, p. 508).
(*) Dans les nations anciennes, la divinité était une trinité complétée par une déesse l'Arba-il ou Dieu quadruple. (Sepher Yetzirah, 1.)

L’Immortalité pour un petit nombre
« […] Cela n’a jamais été une doctrine secrète que « peu d’êtres parmi les mortels luttent pour la perfection, et que parmi ceux-là, un seul sur dix mille atteint le but désiré ». Ces paroles se trouvent dans la Bhagavad Gita, qui fut imprimée en anglais pour la première fois, il y a cent ans. Mais, même si nous n’avions pas l’affirmation directe de la Bhagavad-Gîta, les doctrines Théosophiques fondamentales nous obligeraient à conclure que beaucoup d’êtres n’atteindront pas l’immortalité. Toutefois, puisque ces mêmes doctrines nous enseignent à analyser et à déterminer ce que signifient les termes « beaucoup » ou « nous-mêmes », nous voyons que la théorie en question s’applique uniquement à l’ego inférieur, ou strictement humain, et non à l’Esprit. Par conséquent le but de la Réincarnation, c’est que tous les egos puissent avoir l’occasion de devenir immortels en s’unissant à l’Esprit. S’ils ne le font pas, ils sont perdus. En outre, toutefois, on enseigne que les périodes d’évolution se suivent en une succession infinie, et que tous ceux qui sont « laissés en arrière » sans être sauvés à la fin d’une quelconque de ces périodes, sont repris par l’évolution suivante dans le but de leur permettre d’arriver à la perfection. Ainsi, à chaque Manvatara un certain nombre d’Egos atteint la perfection, car cette période est très longue si on l’évalue en années mortelles. Je dis « un certain nombre » car en vérité, ce nombre est très important, quoique, si on le compare au tout, il puisse encore paraître minime.
« C’est pour cela que les Théosophes travaillent, non seulement en vue d’atteindre eux-mêmes la perfection, mais afin d’aider tous les autres hommes à faire de même. Et ils devraient se souvenir que, le désirant ou non, les lois de la vie les ramènent sur terre maintes et maintes fois, jusqu’au moment où ils croiront à la doctrine, acquerront l’aspiration et transformeront les deux en action. […] ». — W.Q. Judge (Publié dans The Theosophical Forum, mars 1890 ‒ L’extrait de l’article traduit en Français dans la revue Théosophie, VII, N°4, décembre 1931).