Dimanche 25 Juin 2017

Mis à jour le Dim. 25 Jui. 2017 à 16:25

Retour Autres auteurs Articles autres auteurs Une version du Songe de Scipion

Une version du Songe de Scipion

  • PDF
AddThis Social Bookmark Button

Une version du « Somnium Scipionis » de Cicéron
Traduction de l'article publié par Madame Blavatsky en anglais pour la première fois dans la revue Lucifer, de Juillet 1889.

Pour ceux qui cherchent les perles éparses, qui ornèrent autrefois la poitrine sacrée de la vierge pure des mystères, avant qu'elle ne soit déshonorée et que sa robe et ses joyaux ne soient piétinés dans la fange, ce court extrait de Cicéron, connu généralement sous le nom de Songe de Scipion (1), est peut-être le récit le plus intéressant parmi les écrits volumineux du grand orateur romain.
Il importe peu, présentement, de savoir si Tulle (2) a tiré son information, d'écrits d'écoles exotériques de philosophie pythagoricienne ou platonicienne, ou de sources privées.
Ces derniers temps, pour défendre sa cause, l'Antiquité a fait appel à un haut tribunal, et nous accueillons, comme témoin à ce procès important, le noble Scipion et l'invitons à la tribune libre et impartiale de Lucifer, pour plaider en paroles si éloquentes, sages et claires, que le jury – les bons lecteurs de Lucifer – n'aura pas besoin de solliciter d'autres témoignages (3).
Pour ceux qui aiment les dates et les faits, ainsi que les descriptifs anatomiques et excessifs de la chronique moderne, disons que le songe se produisit dans les circonstances suivantes :

Au début de la Troisième Guerre punique, en 149 avant J.-C., Scipion Émilien (4), le philosophe et homme de lettres distingué, accompagnait l'armée romaine en Afrique. Là, il rencontra le vieux Massinissa, prince de Numidie, l'ami de son bisaïeul par adoption, le célèbre Africain (premier). Après avoir passé la journée à discuter des institutions politiques de leurs pays respectifs, et que le vieux prince eût rappelé ses souvenirs de l'Africain aîné, pour lequel il gardait la plus vive affection, Scipion, fatigué par la longue conversation, et épuisé par son voyage, se retira sur sa couche et tomba vite en profond sommeil. Et tandis qu'il dormait, son grand-père lui apparut, en songe, sous une forme ressemblant plus à celle de sa statue qui lui était familière que de sa propre personne. Et après avoir prédit les exploits futurs de son petit-fils adoptif et les circonstances de sa mort dans tous leurs détails, il continua ainsi (c'est Scipion qui relate l'histoire) :

« Afin que tu sois mieux préparé à protéger ton pays, soit convaincu de ceci. Tous ceux qui ont préservé, aidé ou agrandi leur pays, ont au ciel une place certaine et assignée, où ils jouissent de béatitude durant des âges sans fin. Car pour la Déité Suprême, qui régit tout l'univers, rien, sur Terre, n'est plus agréable que les assemblées et les réunions, où les hommes sont unis par la loi, et qu'on nomme les États. C'est de ce lieu que viennent les régents et les protecteurs des États, et où ils retournent. »

Là-dessus, quoique extrêmement troublé, je demandai si mon père Paul [Émile] et d'autres, que nous croyions disparus, vivaient encore (5).

« Très certainement, » répondit l'Africain « ils vivent, car ils se sont libérés, comme d'une prison, des chaînes de leur corps. Ce que vous appelez la vie est la mort. Mais regarde ton père Paul qui s'approche de toi. »
Et quand je vis mon père, j'éclatai en larmes. Mais lui, me serrant sur sa poitrine en m'embrassant réprima mon émotion. Et dès que j'eus séché mes larmes et fus capable de parler, je lui demandais : « Prythee, mon père si vénéré et excellent, d'après ce que je viens d'entendre de l'Africain, pourquoi dois-je rester sur Terre, et ne puis-je vous rejoindre pour partager votre condition (6) ? »

« Ce n'est probablement pas possible », répondit-il, « car à moins que la Déité, dont le temple est formé de tout ceci, ne te libère des liens qui t'attachent au corps, la voie jusqu'ici ne peut t'être ouverte. Car c'est la loi qui gouverne la naissance des hommes ; ils doivent prendre soin de ce globe que tu vois, qui est au milieu de ce temple, et qu'on appelle la Terre. Une âme a été donnée à chacun qui émane de ces feux éternels que vous appelez les constellations et étoiles. Celles-ci globulaires et rondes, sont animées par des esprits divins, et elles parcourent leurs cycles et leurs orbites à une vitesse étonnante. C'est pourquoi toi, Publius, et tous les hommes bons, vous devez faire que votre âme soit la gardienne de vos corps, et vous ne devrez pas quitter la vie des mortels sans l'ordre de cet Être par lequel une âme vous fut donnée, et que vous n'ayez accompli votre devoir envers l'humanité tel que vous l'a assigné la Déité. Pratique donc la justice et l'esprit du devoir (7), comme ton grand-père et moi-même, ton père, l'avons fait. Or, le devoir, aussi excellent qu'il soit, lorsqu'il est pratiqué envers les parents et la famille, est meilleur encore lorsqu'il est accompli pour son pays (8). Ce choix de vie est le sentier qui conduit au Ciel et à cette assemblée d'hommes qui ont vécu, et sont maintenant libérés de leurs corps terrestres, et habitent le lieu que tu vois. »

Ce lieu était un halo circulaire lumineux d'une splendeur éclatante parmi les corps flamboyants (9), que nous, à la suite des grecs, appelons la Voie lactée, et dont, tous les autres astres me paraissaient, tandis que je les regardais, excessivement brillants et merveilleux. Il y avait des astres non visibles de la Terre ; et dont la taille de chacun dépassait tout ce que nous pouvions imaginer. Le plus petit était celui, le plus proche de la Terre, qui était le plus éloigné du Ciel divin, et qui brillait d'une lumière empruntée (10). De plus, les globes stellaires dépassaient de beaucoup la taille de la Terre, qui, maintenant, m'apparaissait si petite que j'avais peine à voir notre empire réduit, pour ainsi dire, à un point (11).
Et tandis que je continuais à regarder avec un intérêt croissant, l'Africain continua :
« Combien de temps ton attention restera-t-elle rivée à la Terre ? Ne vois-tu pas dans quel sanctuaire (12) tu es entré ?
« Toutes les choses sont liées ensembles par neuf sphères ou globes. La dernière de celles-ci est céleste et contient tous les autres ; étant cette Déité suprême qui les régule et les contient. Dans cette sphère sont inscrites les révolutions cycliques et éternelles des astres (13) ; et, les sept sphères lui sont soumises et tournent dans un mouvement opposé, et rétrograde par rapport à elle (14). Parmi ces astres, il y a cette sphère qu'on nomme sur Terre, Saturne. À proximité, il y a cette splendeur qu'on appelle Jupiter, et qui est bienfaisante et salutaire pour la race humaine. Puis une sphère de couleur rouge, redoutable pour la Terre, que vous appelez Mars. Vient ensuite, proche de la région moyenne, le Soleil, le conducteur, le chef et régent des autres lumières, le mental du monde et son principe-guide, qui par sa taille illumine et inonde tout de sa lumière. Les deux orbites de Vénus et Mercure suivent le Soleil, comme des serviteurs. Dans la sphère inférieure, la Lune accomplit sa révolution, éclairée par les rayons du Soleil. En dessous d'elle, il n'y a rien qui ne soit pas sujet à la mort et à la déchéance, hormis les âmes accordées à la race des hommes par le don des dieux. Au-dessus de la Lune, toutes les choses sont éternelles. Quant à la Terre, elle est au centre la neuvième sphère ; elle ne se meut pas et est la plus basse, et tous les corps pondérables sont attirés à elle par leur gravité naturelle (15). »

Et quand je quittais la contemplation étonnante de toutes ces choses, je demandais, « Qu'elle est cette harmonie puissante et mélodieuse qui emplit mes oreilles ? »

Il me répondit : « Cette mélodie formée d'intervalles irréguliers, et harmonieusement proportionnés, est produite par l'impulsion et le mouvement des sphères elles-mêmes qui, en unissant les tons aigus et graves, compose continuellement diverses symphonies. Des mouvements aussi puissants ne peuvent s'accomplir en silence, et la nature fait en sorte que les extrêmes donnent à un bout une note grave, et à l'autre une note aigue. Par conséquent, j'ai mentionné les astres qui sont sur la plus haute orbite, dont la révolution est la plus rapide, et qui se meuvent avec un son aigu et fort, alors que la sphère de la Lune, qui est la plus basse, produit un son très grave. Tandis que la Terre, la neuvième, toujours immobile, se tient à l'endroit le plus bas, et embrasse la place centrale dans l'univers (16).
« Les huit sphères (17) dont deux ont un même pouvoir, Mercure et Vénus, créent une gamme de tons formant sept intervalles distincts ; ce nombre [sept] est le principe (18) qui uni presque toutes les choses. Et les hommes cultivés qui imitent ce mystère à l'aide de cordes et d'harmonies vocales, gagnent pour eux-mêmes le droit de revenir en ce lieu ; comme ceux qui, doués de pouvoirs naturels extraordinaires, ont étudié les sciences divines au cours de la vie terrestre (19).
« Mais, les mortels sont devenus sourds à ces sons, car leurs oreilles sont continuellement saturés de ces sons ; de sorte que l'ouïe est le plus émoussé des sens, comme il en est pour ceux qui habitent près des cataractes du Nil dont l'ouïe est sourde. Ainsi, ce son généré par la révolution extrêmement rapide de tout le Cosmos (20), est si puissant, que les oreilles humaines ne peuvent plus le distinguer ; pas plus que vous ne pouvez regarder le soleil en face sans que votre vue et vos sens soient vaincus par ses rayons. »

Maintenant tandis que j'étais frappé d'étonnement par ces choses, je tenais toujours les yeux tournés vers la Terre. Alors, l'Africain me dit : « Je vois, Scipion, que tu fixes toujours le lieu et la demeure des mortels. Mais si elle te paraît si petite, comme elle l'est réellement, ne serait-il pas préférable de garder tes yeux toujours fixés sur ces perceptions célestes et les détourner de la Terre. Car quelle renommée de la bouche des hommes, ou quelle véritable gloire, peux-tu espérer ? Tu vois que la population terrestre est confinée dans quelques endroits dispersés et petits, et que de grandes étendues inhabitées entourent les zones habités. Tu vois que les habitants de la Terre sont séparés les uns des autres, et les contacts entre eux sont impossibles : que des hommes se tiennent de côté, d'autres en arrière, d'autres exactement à l'opposé de toi (21), et dont tu ne peux espérer aucune gloire. Tu vois, aussi, que la Terre est environnée et entourée, pour ainsi dire, de ceintures : dont deux séparées par une très grande distance sont situées aux deux extrémités sous les pôles célestes (22), et sont couvertes d'une couche rigide de glace ; et la zone médiane, qui est aussi la plus large, est brulée par la chaleur du soleil. Deux de ces ceintures sont habitables : la zone au sud, où les habitants ont les pieds tournés vers toi (23), n'a aucun rapport avec ton peuple. Quant à la zone (tempérée) au nord qu'habite ton peuple, regarde quelle petite portion vous en possédez. Toute sa surface qui s'étend un peu au nord et au sud, et beaucoup plus à l'est et à l'ouest, n'est qu'une bande (24) insignifiante entourée par la mer que vous nommez sur Terre l'Atlantique, la Grande Mer ou l'Océan. Et pourtant, vois comme cette zone est petite en dépit de son grand nom. Comment, alors, est-il possible que ton nom ou celui de quiconque de nos compatriotes puisse dépasser ces pays familiers et bien connus, et traverser le Caucase que tu vois, et franchir le Gange qui s'étend là-bas ? Qui, ailleurs dans le monde, en orient ou en occident, dans l'extrême sud ou l'extrême nord, entendra ton nom ? Et si tu fais abstraction de cela, tu vois aisément, dans quelles limites étroites peut se répandre ta gloire.

« Pendant combien de temps ceux qui parlent de toi, le feront-ils encore ? Car même si les générations futures désirent transmettre les louanges de l'un de nous, tels qu'ils ont pu les recevoir de leurs pères, les cataclysmes par l'eau et le feu (25) qui doivent se produire à des périodes déterminées, feront que nous ne pourrons pas avoir de renommée durable, et encore moins éternelle. Car quel profit peux-tu tirer des hommes qui naîtront après toi parlent de toi, alors que ceux qui naquirent avant toi, assurément non moins nombreux et certainement meilleurs sont silencieux. Et, en plus, aucun de ceux qui pourraient transmettre notre renommée n'est capable de garder la mémoire des faits d'une seule année. Or, les hommes considèrent habituellement l'année en se référant au soleil, c'est-à-dire à la révolution d'une étoile : mais ce n'est que lorsque toutes les constellations (26) ont retrouvé leurs positions initiales, et ont ramené la même configuration céleste après de longs intervalles, qu'on peut parler d'une révolution complète du soleil. Et ce cycle, je n'ose dire combien il inclut de siècles humains. Car comme autrefois, quand l'âme de Romulus entra dans ces maisons [du zodiaque], et que les hommes virent le soleil s'obscurcir et s'éteindre, il s'obscurcira à nouveau quand lui-même et tous les signes et les étoiles retrouveront la même position et période. C'est alors seulement qu'on pourra dire que le cycle est achevé. Mais sache qu'il ne s'est pas encore écoulé le vingtième de cette année (27).

« Ainsi donc, si tu espères revenir en cet endroit, là où les hommes grands et excellents jouissent de toutes choses, de quelle valeur, je te demande, est cette gloire humaine, qui ne dure qu'une si minime partie du cycle ? Alors regarde, s'il te plait, vers le haut et fixe ton attention sur cet état et sur ta demeure éternelle, au lieu de consacrer ta vie à espérer une gloire vulgaire, et les richesses provenant des récompenses humaines. Le véritable mérite, par son seul pouvoir, devrait te conduire au vrai succès. Ce que les autres disent de toi, laisses-les faire ; rien ne pourra les taire. Mais une telle gloire est limitée aux bornes étroites des régions que tu vois. Aucun homme n'a joui d'une renommée durable, car elle est détruite par la mort et anéantie par l'oubli de la postérité (28). »

« Ô, l'Africain », dis-je « puisqu'il existe effectivement un sentier d'accès (29) à la grande route du ciel, ouvert aux hommes qui ont bien mérité de leur patrie – comme depuis mon enfance je marche sur les traces de toi-même et de mon père, et n'ai jamais été déloyal à votre noble renommée – maintenant, avec une telle perspective devant moi, je m'efforcerai d'être encore plus vigilant que jamais. »

« Persévères », répondit-il, « avec l'assurance que ce n'est pas toi qui es sujet à la mort, mais ton corps. Car ce qui est réellement toi-même, ce n'est pas l'entité que ta forme corporelle prétend être, mais c'est l'homme réel, le principe pensant (30) en chacun ; et ce n'est pas la forme qui peut être touchée du doigt. Alors, avec cela, sois convaincu que, tu es un Dieu ; et la divinité en chacun est douée de volonté, sensation, mémoire, prévision, et peut régir, réguler et mouvoir le corps dont elle a la charge, comme le fait la Divinité Suprême pour l'univers. Et comme la déité éternelle qui guide le Cosmos qui est sujet dans une certaine mesure à la décrépitude (31), de même l'âme éternelle anime le corps périssable. Maintenant ce qui est toujours en mouvement est éternel. Mais ce qui communique le mouvement à quelque chose d'autre et qui est mis en mouvement par une cause extérieure, doit nécessairement cesser d'exister, lorsque son énergie s'épuise.
« Par conséquent, ce qui a en lui-même le principe du mouvement qui ne peut lui faire défaut, représente la seule possibilité d'existence éternelle, et c'est la source et le principe causal du mouvement de tous les corps animés. Ce principe ne peut toutefois avoir de cause antécédente. Car toutes choses émanent de ce principe qui ne peut, par la nature des choses, être généré par quoi que ce soit d'autre ; car s'il en était ainsi, il cesserait d'être la cause première. Et s'il est sans commencement, il ne peut évidemment avoir de fin, car si le principe de la causalité devait disparaître, il ne pourrait renaître de rien, ni donner naissance à quoi que ce soit indépendant de lui-même ; et, tout doit nécessairement être généré à partir du principe causal. Ainsi, le principe du mouvement provient de ce qui est doué du mouvement inhérent, et qui ne souffre ni la naissance ni la mort. Sinon le ciel lui-même s'écroulerait, et toute la nature s'immobiliserait nécessairement, puisqu'elle ne pourrait plus bénéficier de cette force qui l'impulse depuis son origine.

Ainsi donc, puisqu'il est évident que seul ce qui est mû par lui-même est éternel (32), qui pourrait nier que c'est l'attribut rationnel des âmes ? Tout ce qui est mis en mouvement par une cause externe est privé du principe de l'âme (33), tandis que tout ce qui est doué d'une âme (34) est animé par un mouvement intérieur et auto-créé ; car c'est la nature et le pouvoir propre de l'âme. Et si l'âme seule a l'attribut du mouvement inhérent, elle n'est certainement pas sujette à la naissance, mais elle est éternelle. Exerce donc ton âme aux aspirations les plus nobles. Maintenant, le motif le plus haut d'un homme est pour le bien de son pays ; et si l'âme s'emploie et s'exerce à la poursuite de cet idéal, elle prendra plus rapidement son envol vers ces régions et sa propre maison. Et le moment de cette réalisation sera grandement hâté si dès à présent, l'âme dépasse les limites de la prison du corps, et tout en contemplant les choses qui ne sont pas matérielles, elle se sépare autant que possible de son tabernacle terrestre.

« Car les âmes de ceux qui s'adonnent aux plaisirs du corps, qui sont esclaves des sens, et prisonniers des passions, et dont le but est le plaisir, transgressent les lois des dieux et des hommes ; en quittant le corps, elles errent autour de la Terre, et ne retournent pas à ce havre céleste avant d'avoir été tourmentées durant de longs âges (35). »
Il disparut, et je me réveillai de mon sommeil.

— E. E. O. (M.S.T.)

NOTES :
(1) - [Le texte de Cicéron figure dans le chapitre VI de son ouvrage De la République ‒ N.D.T.] (retour texte)
(2) - [Tulle, prénom de Cicéron ‒ N.D.T.]
(3) - Les passages les plus remarquables sont imprimés en italiques.
(4) - [Scipion du mot latin scipio qui signifie « bâton », ou « bâton triomphal ». Surnom d'une illustre branche romaine de la gens Cornelia au IIe et IIIe siècle av. JC. On distingue en particulier :

• Scipion l'Africain, le premier Africain (en latin : Publius Cornelius Scipio Africanus major ‒ 253-183 av. JC),
• Scipion Émilien, le second Africain (nom latin : Publius Cornélius Scipio Æmilianus Africanus minor ‒ 185/4-129 av. JC, fils du général romain Paul Émile. Il fut adopté par la famille Cornélius,). Le Gaffiot et Larousse ‒ N.D.T.]

(5) - Le mot extinctos, est très fort par opposition à viveret qui exprime la continuation de la vie [c.-à-d., l'immortalité ‒ N.D.T.].
(6) - Hac, [adv. = par ici. – F. Gaffiot] [Les conditions évoquées sont en rapport avec l'immortalité de l'âme – N.T.D.]
(7) - Pietas. [= sentiment qui fait reconnaître et accomplir tous les devoirs envers les dieux, parents, patrie, etc. – F. Gaffiot – N.T.D.]
(8) - Le mental romain ne voyait pas de devoir plus élevé que celui-ci. C'était nécessairement le summum bonum d'une race qui, dans ses meilleurs jours, fut toujours une race de guerriers et d'hommes d'Etat.
(9) - Inter flammas, corps flamboyants.
(10) - Le Ciel (coelum) signifie ici la Lactaeus Orbis, la Voie lactée.
(11) - Les lignes ci-dessus, ainsi que le passage plus extraordinaire encore qui se trouve dans la suite, écrites quelque cinquante ans avant J.C., constituent une réelle pierre d'achoppement pour les critiques, qui on émis à leur sujet les hypothèses les plus fantastiques sous une apparente érudition. Parmi celles-ci, en voici une qui est intéressante : « Si nous comparons ce chapitre avec le 40e chapitre des Prophéties d'Isaïe et avec d'autres fragments de la même prophétie, il nous sera difficile de croire que ce livre inspiré n'était pas, tout ou en partie, connu des romains, à l'époque de Cicéron ». Le passage d'Isaïe invoqué est le suivant (v. 22) : « Il trône au-dessus du cercle de la terre dont les habitants sont comme des sauterelles, il tend les cieux comme une toile, les déploie comme une tente où il habite » [trad. Bible de Jérusalem ‒ N.D.T.]. Les autres passages signalés n'ont pas encore été découverts par le traducteur. Verbum sapienti satis.
(12) - Templum signifie un espace des cieux séparé du reste ; c'était le terme technique correspondant à la « Maison des Cieux » des augures.
(13) - Illi, qui volvuntur, stellarum cursus sempiterni, un passage assez obscur ; la traduction « les principes originaux de ces révolutions sans fin que les planètes accomplissent » n'est pas confirmée par le Latin.
(14) - Voir Platon, Timée, XII, « ...et fit l'un des cercles extérieur, l'autre intérieur. Il proclama que le mouvement du cercle extérieur serait la ressemblance, et celui du cercle intérieur la différence. »
(15) - Si de ces neuf sphères, nous soustrayons la sphère céleste ultime et la Terre, qui est périssable, nous aurons, comme dans le système oriental, un septénaire, car les soi-disant premier et septième principes ne sont pas véritablement des principes. Il faut laisser à l'intuition de l'étudiant le soin de décider si l'écho de cette ancienne science, ce rayon fugitif de la lampe des Mystères, doit être appliqué littéralement, ou pas, aux sept corps physiques appelés planètes en astronomie ancienne ; ceci n'est qu'une suggestion pour ceux qui ont des oreilles pour entendre. « Car le Mercure des Philosophes n'est pas le mercure ordinaire ». Dans la science occulte, les sept « planètes » physiques de l'astrologie sont simplement les symboles des sept principes de tout corps matériels. Voir La Doctrine Secrète [Vol. I, pp. 152/3 de l'édition anglaise].
(16) - Complexa medium mundi locum ; ceci se traduit généralement par « occupant le point central de l'univers » une traduction assez étrange et peu courante de complexa, qui n'est jamais rencontré avec ce sens dans d'autres contextes. En lui donnant, toutefois, son sens courant d' « embrassant », une clef est donnée pour comprendre qu'il s'agit d'une sphère. Les lecteurs intéressés par les harmonies mystiques, la musique des sphères et leurs correspondances occultes, devraient soigneusement étudier les premiers chapitres du Timée de Platon ; ceci sera toutefois une entreprise difficile s'ils s'appuient que sur les traductions courantes.
(17) - La sphère céleste n'est pas comprise, étant donné que les tons variés sont produits par la vitesse différente des sphères tournant en sens opposé à elle.
(18) - Nodus [= nœud, (poét.) ceinture – F. Gaffiot – N.T.D.]
(19) - Qui praestantibus ingeniis in vitae humana divina studia coluerunt.
(20) - Totius mundi, une preuve de plus que la description précédente ne se rapporte pas aux planètes physiques.
(21) - Sed partin obliquas, partim aversos, partim etiam adversos stare vobis. Un passage assez difficile à expliquer ; le paragraphe suivant prouve toutefois, sans aucun doute, que les positions se rapportent à une surface sphérique et non à une surface plane.
(22) - Si Cicéron pensait que la Terre était plate, comment aurait-t-il pu parler de ses deux pôles ?
(23) - Quorum australis ille, in quo qui insitunt, adversa vobis urgent vestigia, nihil ad vestrum genus. Il n'y a certes aucune expression qui peut mieux témoigner de la science des anciens ! Un enfant même pourrait conclure l'argumentation par un C.Q.F.D. triomphant, et pourtant écoutez ce que dit un commentateur des écoles orthodoxes : « Voici un passage très curieux, et s'il faut croire les interprètes de notre auteur, celui-ci connaissait la vraie forme de la terre, une découverte qu'on attribue généralement à Sir Isaac Newton (?!), et qui fut confirmée par des expériences ultérieures ; mais j'avoue que j'ai quelques doutes quant au sens des mots de l'auteur et je me demande s'il ne voulait pas parler ici, non de la surface totale de la terre, mais de cette partie qu'en possédaient ou qu'en avaient conquise les Romains ». Guthrie. Requiescat in pace !
(24) - Infula, littéralement un cordon ou ruban sacré employé comme ornement dans les sacrifices.
(25) - Propter eluriones, exustiones que terrarum.
(26) - Astra ; le terme astrum [= astre, étoile, constellation ; (pl., fig.) = ciel – F. Gaffiot – N.T.D.] ne s'applique jamais aux planètes ; il signifie généralement une constellation ou un signe du zodiaque, et s'emploie au pluriel pour désigner les cieux. La traduction courante est toutefois, « planètes », ce qui est indubitablement une perversion du sens véritable.
(27) - Ce cycle astronomique était appelé par les romains Annus Magnus ou Annus Mundanus ; c'est une période d'environ 25.000 années solaires et c'est la clef des mystères des cycles Manvatariques, des Rondes, des Races et des Sous Races. La méthode de calcul de tels cycles est une des branches les plus importantes de l'astronomie occulte, et est jalousement gardée. Même dans notre Renaissance actuelle, ont tient les chiffres secrets.
(28) - À travers cet exposé remarquable sur la vanité de la gloire, le grand précepte, « tue toute ambition », est repris et amplifié, par l'esprit logique et pratique du mental romain. Il défie la Raison, et ébranle le sceptique par des faits concrets.
(29) - Une suggestion qui indique que si le véritable patriotisme n'est pas le Sentier, il peut y tende.
(30) - Mens : le Manas, le mental [= faculté intellectuelle, intelligence – F. Gaffiot – N.T.D.].
(31) - C.-à-d., le Pralaya [période de repos entre deux univers] cosmique.
(32) - C'est pourquoi l'Absolu, le Principe divin inconnu, est appelé « le Mouvement Absolu » dans La Doctrine Secrète ["the Absolute Motion" – The Secret Doctrine, Vol. I, p. 56]. Un « Mouvement » qui n'a certainement rien à voir et ne peut être expliqué par ce qu'on appelle, sur la Terre, le mouvement.
(33) - Inanimum [= inanimé – F. Gaffiot – N.T.D.].
(34) - Animal [= être vivant, animal, bête – F. Gaffiot – N.T.D.].
(35) - C'est-à-dire, se réincarnent .

top-iconRetour en Hauttop-icon