Vendredi 18 Août 2017

Mis à jour le Ven. 18 Août 2017 à 09:43

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Le symbolisme de Pâques

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Lorsque le 25 décembre, les Chrétiens fêtent Noël, la Nativité de l'Enfant Jésus, se doutent-ils que bien avant l'ère actuelle, les mondes « païens » avaient choisi cette même date pour fêter la naissance de leurs Dieux ? Noël, fête de la lumière, de l'amour, de l'espoir, se situe au moment du solstice d'hiver, après cette courte période de trois jours pendant lesquels le soleil semblant hésiter dans sa course, la durée des jours cesse de diminuer mais ne progresse pas encore. Noël, fêté à minuit entre le 24 et le 25 décembre se place dans un cycle remarquable au moment où les ténèbres vont enfin céder la place au retour de la lumière tant attendue. Lumière, chaleur, vie, telle est la promesse de ce Noël qui est le premier élan vers le printemps.
Les Anciens respectaient les lois de la nature et c'est pourquoi leurs fêtes et leurs rites corres-pondaient aux cycles qu'ils avaient observés ou dont la connaissance leur avait été transmise par tradition. Ainsi, le 25 décembre, l'Égypte ancienne célébrait la naissance d'Osiris et d'Horus, la Perse fêtait celle de Mithra. En Grèce, ce jour était consacré à la naissance d'Hercule, de Bacchus et d'Adonis. Que ce soient les Phéniciens, les Syriens, les Romains, les Mexicains, les Hindous, tous célébraient, à cette époque de l'année, l'accouchement de la Reine du Ciel ou Vierge Céleste.
Les coutumes et les traditions qui donnent à Noël son caractère particulièrement mystique, ont leurs origines dans l'antiquité. Pour ne citer que quelques exemples, la bûche Yule était brûlée par les anciens Germains, tandis que les Druides allumaient des feux de joie sur les hauteurs. À Rome, le « Jour du Soleil invincible » donnait lieu à de multiples réjouissances et à des échanges de cadeaux. Les arbres à feuilles persistantes symbolisaient l'éternelle jeunesse et la vigueur de Dionysos. Même l'idée de la crèche si riche en symbolisme, est bien antérieure à celle de Bethléem, car déjà en Égypte, le dieu nouveau-né gisait dans une mangeoire à l'intérieur d'une grotte.
L'époque de la naissance de Jésus n'est pas connue et son existence même est mise en doute par de nombreux historiens. Ce n'est que vers le IVe siècle que l'Eglise a choisi la date du 25 décembre pour commémorer la nativité et ce choix ne pouvait être meilleur car il correspond aux traditions populaires et situe, du point de vue de la Théosophie, la figure de Jésus dans un contexte universel, parmi la longue lignée des Instructeurs de l'Humanité — que ceux-ci soient considérés comme des dieux, des demi-dieux, ou des Instructeurs, comme Gautama le Bouddha,. Krishna, Lao-Tseu et bien d'autres encore.
Lorsque l'on étudie attentivement le Nouveau Testament, tout en gardant en pensée les traditions qui existèrent bien avant qu'il ne fut rédigé — ce qui fut fait assez tardivement d'ailleurs — le chercheur se rend compte qu'il y a trop de points communs, trop de ressemblances, un symbolisme trop éclatant, pour que l'on puisse s'y attacher à la lettre et lui donner un sens purement historique. Qui fut Jésus ? Personne, honnêtement ne peut le dire. Que révèlent les Évangiles ? Ils renferment des contradictions indéniables sur ce que l'on désirerait considérer comme des faits historiques, mais incontestablement contiennent l'enseignement d'un Grand Instructeur de l'Humanité. Le récit concernant la vie de Jésus illustre tout le symbolisme de la longue ascension de l'homme vers l'initiation finale qui fait de lui un homme christos « Oint du Seigneur ». Jésus n'est pas le sauveur unique de l'humanité. Il est un Adepte venu apporter aux hommes souffrants une sagesse mise à leur portée. Les sauveurs de l'humanité sont nombreux. Chacun a un rôle particulier situé dans une race, à une époque déterminée. Jésus lui-même n'est-il pas sensé dire : « Je suis venu pour les brebis perdues d'Israël ? ».
En replaçant les origines du Christianisme et ses traditions propres dans le contexte de son temps, la Théosophie permet de mieux comprendre la distinc¬tion essentielle que l'on devrait faire entre Jésus, l'homme né selon la chair, et le Christ, esprit omni¬présent. Le nom de Jésus-le-Christ indique qu'un homme nommé Jésus a réalisé le pouvoir Christique en sa conscience humaine et ainsi est devenu Fils de Dieu, né sans parents, car il s'agit d'une naissance à de nouveaux états de conscience conférant, à celui qui les réalise, la connaissance, la sagesse et la compassion divines.
« Nous ne pourrons assez répéter que c'est seulement par les doctrines des philosophes anciens qu'on peut arriver à comprendre la doctrine prêchée par Jésus. Pythagore, Confucius et Platon nous permettent de comprendre l'idée qui est contenue dans le terme « Père » dans le Nouveau Testament ». Cette affirmation, H.-P. Blavatsky l'explique en faisant remarquer que l'idée de Dieu selon ces philosophes est très différente de ce qu'elle est devenue maintenant. Ce qu'ils nomment Dieu est le Père de toutes choses, ils rejettent la notion anthropomorphe selon laquelle Dieu aurait un corps matériel. Ils disent de Lui qu'Il est invisible et éternel, omniscient, omnipotent, immuable. Il ne peut désirer changer ses propres lois, ni se laisser influencer par des prières et des sacrifices.
« Vous êtes le temple de Dieu » dit St Paul. « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (St Jean). Jésus dit à Nicodème que « ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit », Ces passages ne deviennent compréhensibles que si l'on se réfère à l'enseignement védique à propos de l'homme recherchant la perfection spirituelle, Selon cet enseignement, cet homme doit subir trois naissances : la première est la naissance dans un corps physique fourni par ses parents, la seconde est la naissance spirituelle au moyen de l'initiation, la troisième et dernière est celle qui s'accomplit dans le monde de l'esprit et qui fait de l'Initié un être immortel.
Cette seconde naissance, la régénération de l'esprit, après la naissance naturelle de ce qui est né de la chair, était certes de nature à étonner un législateur Juif. Néanmoins, elle avait déjà été enseignée 3.000 ans avant la venue du grand prophète de Galilée, non seulement dans l'Inde antique, mais à tous les époptes des initiations païennes instruits dans les grands mystères de la Vie et de la Mort. Ce secret des secrets, était pratiquement démontré par les Yogis. Ayant libéré leur âme des liens de la matière et de la perception physique des sens, ils développaient leur puissance spirituelle et la force de leur volonté au point d'acquérir le pouvoir de communiquer avec les mondes supérieurs et de pratiquer ce qu'on nomme à tort des « miracles ». Les hommes ayant atteint sur cette terre le pouvoir de communier avec le « Père dans le Secret » peuvent « ressusciter des morts » dans le monde de l'Esprit.
Pâques est l'aboutissement de Noël. La date de cette fête est calculée, elle aussi, selon un cycle solaire, celui de l'équinoxe de printemps, en tenant compte, de plus, d'un cycle lunaire. C'est la promesse réalisée. La graine sous terre a accompli son travail de gestation, les bourgeons se sont emplis de sève jeune et forte, les œufs dans les nids des oiseaux, les milliers de vies qui partout semblaient endormies, s'éveillent et s'épanouissent. Pâques est le « passage » de la mort apparente à la vie réelle. C'est la preuve éclatante de la jeunesse éternelle de la vie qui infatigablement élabore des formes. Quel meilleur symbole naturel que l'Oeuf en cette saison du renouveau ? Quelle meilleure période pour fêter la promesse réalisée par l'Instructeur spirituel ? Mais en quoi consistait cette promesse ?
Pâques, c'est le moment où l'Initié réalise l'immortalité : la résurrection de la vie en esprit. Selon les termes de St Paul : « Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible ; il est semé méprisable, il ressuscite glorieux ; il est semé infirme, il ressuscite plein de force ; il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel ». Puis il explique que l'homme est double : le premier homme tiré de la terre est terrestre, le second homme est du ciel. « Ce que je dis, frères, c'est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu et que la corruption n'hérite pas l'incorruptibilité ». « Nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés ».
Ces paroles d'un grand Initié peuvent paraître obscures sinon contradictoires. Cependant, elles contiennent l'enseignement occulte de la résurrection. Il est bien évident que le corps physique qui, après la mort, se désagrège assez rapidement et dont les constituants retournent aux éléments naturels, ne peut ressusciter. Cela n'est d'ailleurs absolument pas souhaitable, car, il faut bien le reconnaître, de nombreux problèmes seraient difficiles à résoudre pour concilier l'idée d'une béatitude éternelle avec les limitations de ce corps humain. L'homme physique n'est que le véhicule terrestre de l'homme intérieur, l'âme, qui doit gagner son immortalité. L'origine de cette âme est divine, elle est un rayon individualisé de la divinité et par conséquent sa nature essentielle est éternelle. Mais, en tant que véhicule individualise de la conscience divine, elle doit s'élever jusqu'à l'immortall1é, en éveillant ses pouvoirs latents par l'expérience dans la vie incarnée. Cette âme se trouve donc dans une situation médiane, participant à la fois des plans divins et de la vie animale, terrestre, sensible, affective, émotionnelle. La renaissance spirituelle est réalisée progressivement au cours des incarnations à mesure que l'âme devient capable de maîtriser le soi inférieur et d'élever tout son être par la dévotion à une Cause universelle, la purification des désirs et la recherche de la connaissance véritable. La résurrection, ou immortalité, est le couronnement de cette naissance spirituelle, car l'Adepte forge, au fur et à mesure de ses progrès spirituels, un véhicule permanent — un « corps glorieux » — qui deviendra le siège de sa conscience ininterrompue.
La tradition chrétienne enseigne que le sacrifice de Jésus-le-Christ sur la croix a permis la Rédemption de ceux parmi les hommes qui le reconnaîtraient comme le Sauveur, l'unique Fils de Dieu. Selon la Théosophie, la Rédemption est possible pour tous les hommes qui gravissent leur propre calvaire, réalisant ainsi leur propre renaissance spirituelle, et ressuscitent enfin des morts pour vivre en Esprit (Christ). Le récit de la mort de Jésus et des événements qui la suivent en est le symbole. La description de la longue agonie, des souffrances morales et physiques d'un Sauveur Divin, Glorieux, qui souhaitait cette fin pour sauver l'Humanité, n'est qu'une déformation de la véritable tradition initiatique. Elle fait appel à la nature émotionnelle de l'homme et non à sa nature spirituelle et mystique. La véritable tradition, c'est l'image de l'Initié qui crucifie définitivement son soi inférieur dans la souffrance pour ressusciter incorruptible.
Qu'il s'agisse de la Croix, de la descente aux enfers, de la Résurrection, tout n'est que symbolisme, cachant un enseignement que l'on retrouve dans les traditions initiatiques de la pensée religieuse de tous les temps et qui pendant longtemps n'a été révélé que dans le secret des temples.
Dans ses écrits, et spécialement dans Isis Dévoilée et la Doctrine Secrète H.P. Blavatskv éclaire en de nombreux points ce symbolisme antique.
Le mythe ésotérique d'Hercule et de Thésée descendant dans les régions infernales ; le voyage aux Enfers d'Orphée qui trouva son chemin grâce au pouvoir de sa lyre, celui de Krishna, et finalement celui du Christ qui « descendit aux Enfers et ressuscita des morts le troisième jour », ont été rendus méconnaissables par les adaptateurs non initiés des rites païens qui les transformèrent en dogmes et rites de l'Église.
Du point de vue astronomique, cette descente aux Enfers symbolise le soleil durant l'équinoxe d'automne ; on supposait alors qu'il abandonnait les hautes régions sidérales, qu'un combat se livrait entre lui et le démon des ténèbres qui s'emparait alors de la majeure partie de notre lumière. On imaginait le soleil subissant une mort temporaire et descendant dans les régions infernales. Mais, du point de vue mystique, cette allégorie symbolise les rites de l'initiation dans les cryptes du Temple appelées le « monde inférieur » (Hadès). Bacchus, Héraclès, Orphée, Asklepios et tous les autres visiteurs de la crypte, descendaient tous aux enfers d'où ils remontaient le troisième jour car tous étaient des initiés et des « constructeurs du temple inférieur ». Les paroles adressées par Hermès à Prométhée enchaîné sur les rocs arides du Caucase — Prométhée lié par l'ignorance et dévoré par le vautour des passions — s'appliquaient à chaque néophyte, à chaque Chrestos pendant les épreuves. « Il n'y a pas de terme à ton supplice jusqu'à ce que Dieu (ou un dieu) apparaisse et te relève de tes douleurs, consentant à descendre avec toi dans le ténébreux Hadès, aux sombres profondeurs du « Tartare ». Ceci veut dire simplement tant que Prométhée (ou l'homme) n'aura pu trouver le « dieu », ou le Hiérophante (l'Initiateur), qui acceptera de descendre avec lui dans les cryptes de l'initiation et de le diriger autour du Tartare, le vautour des passions ne cessera de dévorer ses organes vitaux. De là découlent toutes les allégories contenues dans les œuvres d'Homère, d'Ovide, de Virgile, etc... que les savants modernes prennent dans leur sens littéral. Le Phlégéthon était le fleuve dans les enfers où l'Initié était plongé trois fois par le Hiérophante, après quoi les épreuves étaient terminées. L'homme était né de nouveau ; il avait laissé pour toujours dans le sombre courant le vieil homme de péché, et, le troisième jour, lorsqu'il sortait du Tartare, il était une individualité : sa personnalité était morte ; chaque allégorie, telle que celle d'Ixion, Tantale, Sisyphe, etc... est une personnification de quelque passion humaine.
Eschyle en tant qu'Initié ne pouvait rien dire de plus ! Mais Aristophane, moins pieux, ou plus audacieux, divulgua le secret à ceux qui n'étaient pas aveuglés par des préjugés trop enracinés, dans son immortelle satire sur la « descente aux enfers » d'Héraclès (Les Grenouilles). Nous trouvons là le chœur des bienheureux (les Initiés), les Champs Elysées, l'arrivée de Bacchus (le dieu Hiérophante) avec Héraclès, la réception avec des torches allumées, emblème de la Nouvelle Vie et de la Résurrection des ténèbres de l'ignorance humaine, à la lumière de la connaissance spirituelle, la Vie Éternelle.
Les initiations finales avaient toujours lieu durant la nuit. Par conséquent, parler de quelqu'un comme étant descendu aux Enfers équivalait dans l'antiquité à le désigner comme un Initié Parfait.
Chaque nation possédant un système astronomique, et tout spécialement l'Inde, avait une grande vénération pour la croix, car elle était la base géométrique du symbolisme religieux des avatars, la manifestation de la Divinité, ou du Créateur dans sa créature (l’Homme), de Dieu dans l'humanité et de l'humanité en Dieu en tant qu'Esprit, Les plus anciens monuments de la Chaldée, de la Perse et de l'Inde mettent en lumière la double croix, ou croix à huit pointes.
La croix Mondiale Céleste a sa réflexion ici-bas dans les plantes et dans l'homme double ; c'est l'homme physique se substituant à l'homme spirituel.
Le symbole de la croix, ou le Tau égyptien, est antérieur de bien des siècles à la période assignée à Abraham, le soi-disant ancêtre des Israélites, car autrement. Moïse n'aurait pas appris à le connaître par les prêtres, Le Tau était sacré chez les Juifs, de même que chez les autres nations « païennes ».
Seul, parmi les Apôtres de la religion occidentale, Paul semble avoir compris, sinon révélé, le mystère archaïque de la croix. Quant à tous les autres qui, en crucifiant et en individualisant la Présence Universelle, l'ont synthétisée en un seul symbole — le point central du crucifix — ils prouvent par là qu'ils n'ont jamais compris le véritable esprit de l'enseignement du Christ, mais qu'ils l'ont plutôt dégradé, de plus d'une façon, par leurs interprétations erronées. Ils ont oublié l'esprit de ce symbole universel et l'ont monopolisé avec égoïsme, comme si l'Illimité ou l'Infini pouvait jamais être limité et conditionné en une seule manifestation individualisée en un seul homme, ou même en une seule nation !
Les quatre bras de la croix de St André et ceux de la croix hermétique, dirigés vers les quatre points cardinaux étaient bien compris des mystiques hindous, brahmanes et bouddhistes, plusieurs centaines d'années avant que l'on n'en entendit parler en Europe.
La croix philosophique avec ses deux lignes suivant des directions opposées — l'horizontale et la verticale, la largeur et la hauteur — est la base de l'Occultisme. Dans ses limites se trouve la clef maîtresse qui ouvre la porte de toutes les sciences, tant physiques que spirituelles. Elle symbolise notre existence humaine, car le cercle de la vie circonscrit les quatre pointes de la croix, représentant successivement: la naissance, la vie, la mort et l'immortalité.
Le Tau et la croix astronomique d'Égypte sont visibles dans plusieurs ouvertures des ruines de Palenque. Dans un des bas-reliefs du Palais de Palenque, du côté ouest, on voit un Tau sculpté comme un hiéroglyphe, juste au-dessous d'un personnage assis. Le personnage debout qui se penche au-dessus du premier, est représenté au moment où il couvre sa tête de la main gauche, avec le voile de l'initiation, tandis qu'il avance la droite avec l'index et le médius dirigés vers le ciel. C'est précisément l'attitude d'un évêque chrétien qui donne sa bénédiction, ou celle dans laquelle Jésus est souvent représenté durant les dernières Agapes.
En vérité, l'on peut retrouver les traces de la croix jusque dans les profondeurs des insondables, époques archaïques ! Le mystère qui l'enveloppe, s'épaissit, plutôt qu'il ne s'éclaircit, lorsque nous la retrouvons sur les statues de l'Ile de Pâques, dans l'antique Égypte, dans l'Asie Centrale, gravée sur le roc, sons forme de Tau et de Svastika, dans la Scandinavie pré-chrétienne, partout enfin !
« Crucifier devant le Soleil » est l'expression employée dans l'initiation. Elle vient d'Égypte et, primitivement, des Indes. L'Adepte Initié, qui avait subi avec succès toutes les épreuves était attaché, non pas cloué, mais simplement lié, sur une couche en forme de Tau en Égypte ; en ferme de Svastika (sans les prolongements additionnels) aux Indes ; puis il était plongé dans un profond sommeil, le « Sommeil de Siloam », comme l'appellent jusqu'à présent les Initiés de l'Asie Mineure, de la Syrie et même de la Haute Égypte. Il était laissé dans cet état pendant trois jours et trois nuits, période pendant laquelle son Ego Spirituel était considéré comme « s'entretenant avec les Dieux », comme descendant dans le Hadès, l'Amenti, ou Patala — suivant le pays — et comme accomplissant des œuvres charitables en faveur des Êtres invisibles, Âmes d'hommes ou Esprits Elémentaux ; pendant tout ce temps, son corps restait dans la crypte d'un temple, ou dans une caverne souterraine. En Égypte ce corps était placé dans le Sarcophage de la Chambre du Roi de la Pyramide de Chéops et, pendant la nuit qui précédait le troisième jour, il était transporté à l'entrée de la galerie, où, à une certaine heure, les rayons du Soleil levant éclairaient la figure du Candidat en catalepsie, qui s'éveillait pour être initié par Osiris et Thot, le Dieu de Sagesse.
Le Soleil et la croix, dès la plus haute antiquité ont une double capacité génératrice et spirituellement régénératrice. Sur la tombe de Baite Oxly, sous le règne de Ramsès II, on découvre des croix de toutes, les formes et dans toutes les positions, de même que sur le trône de ce souverain, et enfin sur un fragment provenant de la Salle des Ancêtre de Touthmès III et représentant l'adoration de Bagkan Aléaré qui se trouve à la Bibliothèque Nationale de Paris. Cette sculpture et cette peinture extraordinaire représentent le disque du Soleil rayonnant sur une croix ansée, placée elle-même sur une croix dont celles du Calvaire sont de parfaites copies. Les manuscrits en font mention comme de « rudes couches de ceux qui étaient en travail (spirituel) dans l'acte de se donner naissance à eux-mêmes ». Une quantité de ces « couches » cruciformes, sur lesquelles les Candidats, plongés dans une profonde catalepsie à la fin de leur suprême Initiation, étaient placés et fixés ; furent découvertes dans les salles souterraines des temples Egyptiens, après leur destruction. Les vénérables et saints Pères, du genre de Cyrille et de Théophille en faisaient librement usage, pensant qu'elles avaient été apportées et cachées là par de nouveaux convertis. Origène seul, et après lui Clément d'Alexandrie et d'autres ex-initiés, en' savaient davantage, mais ils préférèrent garder le silence.
L'idée originale de « l'homme crucifié » dans l'espace, appartient certainement aux anciens Hindous, les gravures qui représentent Vittoba, une des formes de Vishnou, en témoignent. Platon l'adopta dans sa croix décussée dans l'espace, le « second Dieu qui s'imprima sur l'univers sous la forme de la croix » ; on nous montre de même Krishna «crucifié ». Cela se trouve encore répété dans l'Ancien Testament, dans la curieuse injonction de crucifier les hommes devant le Seigneur, le Soleil — ce qui n'est nullement une prophétie, mais possède une signification directement phallique.
Les clous de la croix ont leurs têtes en forme d'une pyramide pleine et les clous eux-mêmes ont une tige carrée et terminée en pointe, en forme d'obélisque, ou d'emblème phallique. Si l'on considère la position des trois clous, fixant les extrémités de l'homme sur la croix, on constate qu'ils forment ou indiquent un triangle à chacun des sommets duquel se trouve un clou. Les plaies ou stigmates, des extrémités, sont nécessairement au nombre de quatre et désignent le carré... Les trois clous et les trois plaies forment un total de 6 qui indique les 6 faces du cube déployé (qui constitue la croix ou la forme de l'homme, ou 7, en comptant trois carrés horizontaux et quatre carrés verticaux), sur lequel l'homme est placé et celui-ci, à son tour, suggère l'idée de la mesure circulaire trans¬portée sur les bords du cube. La plaie unique des pieds se divise en deux lorsque les pieds sont séparés, formant ensemble trois en tout, et quatre une fois séparés, ou 7 en tout autre nombre basique féminin très saint (selon les Juifs).
Ainsi, tandis que la signification phallique ou sexuelle des « clous du crucifiement » est établie par l'interprétation géométrique et numérique, leur sens mystique est indiqué par les brèves remarques faites ci-dessus et qui établissent un rapport entre eux et Prométhée. Celui-ci est une autre victime, car il est crucifié sur la Croix d'Amour, sur le roc des passions humaines ; sacrifice dû à son dévouement à la cause de l'élément spirituel de l'Humanité.
Or, le système primordial, le double glyphe caché sous l'idée de la croix, n'est pas une « invention humaine », parce qu'il a pour base l'Idéation Cosmique et la représentation spirituelle de l'Homme, l'Ego Divin. Plus tard il s’élargit et devint la belle idée adoptée et représentée dans les Mystères, celle de l'homme régénéré, du mortel qui, en crucifiant l'homme de chair et ses passions sur le lit de torture de Procuste, naquit à nouveau comme Immortel. Laissant derrière lui le corps, l'homme animal, attaché sur la Croix de l'Initiation, comme une chrysalide vide, l'Âme Ego devient aussi libre qu'une abeille. Plus tard encore, par suite de la perte graduelle de la spiritualité, la croix finit par n'être plus, dans la cosmogonie et l'Anthropologie, qu'un symbole phallique. Plus tard, en raison de son emploi par les Romains comme d'un instrument de torture et par suite de l'ignorance des premiers organisateurs chrétiens, la croix, cet arbre de vie, est devenu exotériquement l'arbre de la mort.
Pour les ésotéristes des époques les plus reculées, l'Âme Universelle ou Anima Mundi, le reflet matériel de l'Idéal Immatériel, était la Source de la Vie de tous les êtres et du Principe Vital des trois règnes. Celui-ci était considéré comme septénaire par les Philosophes Hermétiques, ainsi que par tous les Anciens. Il est, en effet, représenté sous forme d'une croix septuple, dont les branches sont respectivement, la lumière, la chaleur, l'électricité, le magnétisme terrestre, la radiation astrale, le mouvement et l'intelligence ou ce que certaines personnes appellent la soi-conscience.
Enfin, le signe de la croix, bien avant d'être adopté par le Christianisme, était employé comme signe de reconnaissance parmi les Adeptes et les Néophytes.
Ces quelques aperçus sur le symbolisme de Pâques devraient permettre de mieux comprendre pourquoi, selon la Théosophie, un Instructeur comme Jésus s'intègre harmonieusement parmi les traditions relatives aux dieux de tous les temps, et que le fait de vouloir en faire un cas unique en le retranchant de son contexte universel ne peut amener que des erreurs et des déceptions.

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