Samedi 23 Septembre 2017

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Vers une réelle fraternité
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La longue élaboration de la nature de l'homme n'est possible que par le processus cyclique du retour, ou réincarnation.

La réincarnation et la loi du progrès par l'effort individuel ou Karma, comme on la nomme aux Indes, constituent une base indispensable pour façonner le mental humain et lui permettre de s'ouvrir au divin en réalisant la Fraternité Universelle. Réincarnation et Karma, ces deux « sœurs jumelles » de la philosophie archaïque de l'Orient, non seulement expliquent l"homme, en ce qu'il a de visible et de caché, mais encore le situent dans son entourage familial, national, racial, et dévoilent ses rapports secrets avec la nature entière.

Il n'y a pas une pensée, pas une action qui n'aura tôt ou tard sa répercussion infime ou gigantesque sur son créateur et, par association, sur les autres êtres. Ainsi par le fil invisible mais puissant des causes se tisse la destinée enchevêtrée des hommes. Par affinité ou par répulsion, ils s'assemblent dans les mêmes courants sans pour cela se connaître. Dans cet immense panorama de l'évolution des êtres vivants, ce point mouvant, vivant, qu'est une vie humaine est à peine discernable, mais cependant il constitue en lui-même et avec les autres les couleurs exaltantes ou ternes du paysage.

« Si l'action d'un seul réagit sur la vie de tous — et c'est là la réelle idée scientifique — il s'ensuit que l'on n'atteindra cette véritable solidarité qui est à la hase même de l'élévation de la race, que si tous les hommes deviennent frères et toutes les femmes sœurs, et que si leur vie quotidienne devient l'expression d'une vraie fraternité. » H.-P. Blavatsky.

Pour l'occidental, le temps inexorable est son implacable ennemi. Il entreprend avec ardeur ce qui est à l'échelle des quelques années de sa brève existence, mais il laisse toujours aux générations suivantes le soin de réaliser ce qui lui semble bon, mais utopique. Poussé par le souci de réalisations immédiates, il néglige l'emploi des moyens sûrs qui pourtant, à long terme, construiraient sur des bases solides un avenir fraternel pour l'Humanité. Il s'intéresse plus à l'instruction qu'à l'éducation, plus à l'élaboration de systèmes administratifs, économiques et politiques pour lier les hommes dans une interdépendance, qu'à une union profonde et intime sur le plan du cœur et de l'intellect. Pour avoir une optique plus large l'Homme doit faire éclater les limites de la notion du temps, et seule la doctrine de la Réincarnation le lui permet.

La fraternité, l'amour pour l'homme et la nature entière, n'est pas possible aujourd'hui... Qu'importe ! Il faut œuvrer pour qu'un jour elle soit un fait et pour cela nous utiliserons les moyens qui modifieront le mental et le cœur et les ouvriront à l'universel. Tel est le point de vue de celui qui vit à l'échelle du temps de l'âme et non à celle du corps.

« L'ignorance vaut mieux que la Science-de-tête sans la Sagesse de l'Ame pour l'illuminer et la guider. » - La Voix du Silence (recueil de pensées transcrites par H.-P. Blavatsky).

Le Moyen Âge promit l'amour, il n'aboutit qu'à la crainte. La Renaissance prôna l'intelligence et s'enlisa dans la séparativité. Tout développement harmonieux réclame une collaboration judicieuse de la tête et du cœur. Aussi n'est-il pas suffisant de bien concevoir les idées basiques énoncées ci-dessus, faut-il encore qu'elles enflamment le désir d'accomplir, des actes d'amour. Mais quelle est donc cette muraille contre laquelle viennent se briser nos plus belles résolutions mentales et qui finalement nous emprisonne dans notre vie végétative, dans le ronronnement de notre confort et la tranquillité de notre indifférence ?

Celte muraille c'est la création du « sens de la séparativité » qui est un prolongement monstrueusement défiguré de l'égoïté - le sens du moi individuel.

Tout être humain, même le plus intellectuellement simple, a ce sentiment d'être un « ÊTRE ». Cette identité qui se reflète en lui-même lorsqu'il dit « Je suis » ne peut être supprimée sans en même temps détruire l'indi¬vidualité pensante.

C'est la propriété du mental humain de se mouvoir dans un univers de pensées et de sensations qui se referme sur lui-même en se définissant comme une totalité de soi conscience. Si l'univers de perceptions est exigu, l'homme vit sur lui-même, pour lui-même, il est l'image de l'égoïsme. Si ses pensées sont dirigées exclusivement vers ce qui l'entoure immédiatement, il pratique un égoïsme élargi à la cellule familiale, et cet égoïsme peut devenir national s'il ne considère que le bien de son pays, Cependant, à chaque étape de l'élargissement de son champ mental, il abandonne progressivement la notion du « moi individuel » séparé. Il le sacrifie pour l'identifier au bien d'un univers plus grand.

Ces héros de l'humanité, ces Christ, ces Bouddha, ces grandes âmes, qui si magnifiquement exprimèrent la vertu première qui enfante toutes les autres : l'Amour universel, ont élargi leur Univers en embrassant non seulement l'humanité, mais encore la nature entière.

C'est l'Amour qui est le maître-pouvoir qui brisera la prison de la vie personnelle tout engluée de l'esprit de séparativité.

« Vivre au bénéfice de l'Humanité est le premier pas. Pratiquer les Six Vertus Glorieuses est le second » - La Voix du Silence.   top-iconRetour en Hauttop-icon