Jeudi 27 Juillet 2017

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Tsong-Kha-Pa - Page 3

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Tsong-Kha-Pa
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Le Premier Logos, trop élevé, « ne peut se manifester, mais envoie, dans le monde de la manifestation, son... "Cœur de diamant"... le second Logos » (ibid, I, 571). Celui-ci aussi est appelé Avalokiteshvara, car « il y a deux Avalokiteshvaras en Ésotérisme ; le premier (le Logos non manifesté) et le second (le Logos manifesté) » (S.D., I, 72). « Cette première manifestation » (second Logos), étant (aussi) la « synthèse ou l'agrégat de la Sagesse Universelle... contient en lui-même les Sept Armées Créatrices » (ibid, I, 72). C'est « l'agrégation synthétique de tous les Esprits planétaires, les Dhyâni-Chohans » (ibid, I, 471). Ou, en d'autres termes, du second Logos « émanent les Sept... Dhyâni-Bouddhas ». Jusqu'à ce jour, « cinq seulement se sont manifestés », les « deux derniers doivent venir dans la sixième et la septième Races-racines » (ibid, I, 108). Logos signifie donc une Collectivité de Forces, d'Êtres, d'Intelligences, unis à leur Sagesse et à leurs pouvoirs.

Pourtant, puisque « de tels centres d'énergie [comme ces Logoï] sont presque innombrables dans le sein de Parabrahman » (ibid, I, 428), et puisque la coutume orientale permet aux disciples l'emploi des noms de leurs supérieurs occultes, il peut ne pas sembler étrange que le nom d'Avalokiteshvara (quoique rendu sacré du fait qu'il est attaché à ce premier et ce second Logos d'une matière si élevée) soit aussi appliqué autrement, et que ce mot ait « passé par plusieurs transformations ». « L'imagination populaire réclame pour Avalokiteshvara bien des incarnations sur terre... mais, dans la philosophie ésotérique, Avaloki, le "veilleur", est le Soi Supérieur, tandis que "l'Ego supérieur ou Manas" est ce qui se réincarne, en faisant le pont qui réunit les principes inférieurs aux deux principes supérieurs. « Quand Buddhi absorbe notre EGOtisme (et le détruit)... Avalokiteshvara [le Soi Supérieur] devient manifesté pour nous » (ibid, I, XIX).

Dans ces relations subtilement métaphysiques gît une possibilité de confusion exotérique. Avalokiteshvara, comme Âtman peut ne pas être clairement conçu comme focalisé dans l'Ego individuel réincarnant Buddhi-Manasique, mais il peut être en partie anthropomorphisé par « l'imagination populaire », pour en faire une personnalisation. Pourtant, par les enseignements de la Théosophie, on apprend à voir dans Avalokiteshvara, comme être humain, la même essence divine, quoiqu'à un degré moindre, que dans le Premier Logos non manifesté et, par cela même, on peut éviter toute confusion quand le nom s'applique au véhicule humain de l'Entité spirituelle. Une telle incarnation et « transformation » peut être le fait qu'Avalokiteshvara est « le saint patron du Tibet » et qu'il y eut une importante lamaserie « fondée par lui » (Isis Unveiled, II, 616).

Les cinq Dhyâni-Buddhas qui ont émané d'Avalokiteshvara comme Second Logos, appartiennent au « monde de l'être incorporel ». Par leur emploi de Dhyâna — qui est la « contemplation entièrement indépendante des sens », « la méditation abstraite et les pouvoirs mystiques » — ils émanent leurs « fils », leurs « Soi célestes, les Bodhisattva supra-humains (S.D., I, 571). Ceux-ci sont également appelés « leurs chhayas (ombres), les Bodhisattva des royaumes célestes » (ibid, I, 572). Le passage dans une substance-matière plus dense est clairement indiqué par le mot « ombre » qui est employé dans le sens occulte pour signifier « corps ». Et ce processus continue. Car les Bodhisattva célestes sont « les prototypes des Bodhisattva supraterrestres », et ils s'incarnent au commencement de chaque cycle humain, sur terre, comme des hommes mortels ». Grâce à leur mérite personnel quand ils sont des hommes, ils deviennent occasionnellement des Bodhisattva parmi les Fils de l'Humanité, ils deviennent « des fleurs de minuit de Bouddha », ou « de grands Adeptes initiés ». (La Voix du Silence, pp. 29 et 84).

Des cinq Dhyâni-Bouddhas très élevés, l'un est Amitabha. Ce nom aussi a plusieurs équivalents. Il est employé pour désigner « l'Âge sans borne » (Note 2), « l'Espace illimité Parabrahman », « la Lumière sans borne », quoique « la conception originale... d'une lumière divine impersonnelle ait été anthropomorphisée avec le temps ». Dans le sens le plus haut, en tant que Parabrahman, Amitabha a symboliquement un paradis où il y a deux Bodhisattva, l'un étant Kwan-Shi-Yin (autre nom, comme on l'a vu, pour Avalokiteshvara comme Premier Logos). En tant qu'émanation du Second Logos « Amitabha est le Dhyâni-Bouddha [prototype divin] de Gautama Sakyamuni » (S.D., I, 108).

Du mot Bouddha, les passages cités ont incidemment illustré des emplois variés. Ce terme désigne aussi des Êtres et des degrés qui s'étagent dans l'évolution, et le service, du premier Logos au Sage humain. Tandis que, pour Gautama, « le Réformateur (incarné) le plus grand qui fut jamais connu », c'est un grand compliment d'être appelé le Bouddha. Le fait de limiter cette appellation à lui seul, comme on le fait ordinairement en Occident, montre l'ignorance que l'on a de l'usage oriental.

Bouddha signifie, d'abord, « l'Illuminé », « le plus haut degré de connaissance », « son acquisition par le mérite et les efforts personnels ». Le mot est directement relié à Bodha, Sagesse, et Buddhi, le principe-Sagesse, véhicule de l'Esprit Universel, dans le Kosmos et dans l'homme. En second lieu, le nom est un titre dont on honore un Être qui s'est distingué par la possession et la manifestation de cet état sublime comme Bouddha.

On voit ainsi clairement que Gautama le Bouddha eut de nombreux prédécesseurs ainsi nommés, parmi les humains, dans les âges antérieurs comme des êtres qui avaient atteint l'état de Bouddha et à qui on donna ce titre d'honneur. En réalité, vu dans la longue lignée de l'humanité, Gautama, probablement né en 621 av. J.-C., est plutôt un Bouddha récent.

L'état de Bouddha de Gautama Sakyamuni avait été prédit, et, à sa naissance, il reçut le nom de Bouddha Siddhârtha. Mais, étant homme, il du gagner par lui-même cet état de Bouddha. Et l'histoire de sa personnalité, comme Gautama, le montre fuyant les plaisirs des sens de la cour royale de son père, devenant un dévot, un yogi, et finalement un Bouddha achevé — « entièrement par son propre mérite et... ses efforts » (voir le Theosophical Glossary : Buddha-Siddhârta). Dans les personnalités précédentes, il avait manifesté « le plus haut degré d'altruisme, de sacrifice de soi et de charité ». Et, dans cette personnalité-ci, sa vie fut si irréprochable et sainte qu'à lui, plus qu'à tout autre homme fut décerné ce titre d'honneur : Bouddha. Ce titre finit par s'amalgamer avec lui, en devenant, comme cela s'était produit à sa naissance, une partie intégrante de son nom.

A la fin de sa vie, il refusa « la robe Dharmakâya », c'est-à-dire, qu'il renonça à dessein à la paix et au repos nirvânique qu'il avait gagnés, parce que dans cet état il lui eût été impossible « d'assister les hommes, même dans la faible mesure où Karma le permet ». Au lieu de cela, il choisit de rester un Bouddha de Compassion, un Nirmânakâya, « afin d'endosser les misères » de ce monde. (La Voix du Silence, pp. 93, 58.)

Or, tel est l'Être dont Tsong-Kha-Pa fut un Avatar. Même, si bien des liens échappent à notre compréhension, ou ne peuvent être rendus évidents, cependant quelle chaîne de développement spirituel peut être ressentie ! Quel pouvoir de contrôle sur le corps, le cerveau, le mental et les forces cosmiques était dans son héritage et fut ensuite réellement maîtrisé par Tson-Kha-Pa pour son usage, et rendu effectif dans sa propre vie !

Et puisque Gautama reste, en tant que Nirmânakâya en contact avec l'humanité terrestre, en se manifestant à l'occasion pour son bénéfice, Tsong-Kha-Pa ne doit-il pas être aussi un Nirmânakâya accomplissant exactement le même service que son grand ancêtre spirituel ? Quelle autre supposition pourrait-on faire encore ?

La réponse affirmative, et sa preuve, sont contenues dans l'histoire exquise de ces réapparitions fortuites parmi les Adeptes. La Voix du Silence (pages 24-25) décrit un Yogi assez avancé pour avoir la perception réelle du haut et du bas, du grand et du petit. Il parvient à être « "un Marcheur du Ciel" qui foule les vents au-dessus des vagues, avec ses pas n'effleurent pas les ondes ». « Son corps devient graduellement comme formé de vent.., il observe les choses qui sont au-delà des mers et des étoiles ». Tsong-Kha-Pa est un tel "Marcheur du Ciel". On nous dit que sa « forme lumineuse... sous l'apparence d'une nuée de feu, qui se sépare des rayons dansants du soleil, s'entretient », dans une immense lamaserie, « avec une grande congrégation de lamas réunis par milliers avec sa voix qui descend des hauteurs, comme le murmure de la brise à travers le feuillage. Et bientôt, disent les Tibétains, la belle apparence s'évanouit parmi les ombres des arbres sacrés dans le parc de la lamaserie ». (Isis Unveiled, II, 616).  top-iconRetour en Hauttop-icon