Vendredi 23 Juin 2017

Mis à jour le Ven. 23 Jui. 2017 à 16:25

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Le symbolisme de Pâques

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Lorsque le 25 décembre, les Chrétiens fêtent Noël, la Nativité de l'Enfant Jésus, se doutent-ils que bien avant l'ère actuelle, les mondes « païens » avaient choisi cette même date pour fêter la naissance de leurs Dieux ? Noël, fête de la lumière, de l'amour, de l'espoir, se situe au moment du solstice d'hiver, après cette courte période de trois jours pendant lesquels le soleil semblant hésiter dans sa course, la durée des jours cesse de diminuer mais ne progresse pas encore. Noël, fêté à minuit entre le 24 et le 25 décembre se place dans un cycle remarquable au moment où les ténèbres vont enfin céder la place au retour de la lumière tant attendue. Lumière, chaleur, vie, telle est la promesse de ce Noël qui est le premier élan vers le printemps.
Les Anciens respectaient les lois de la nature et c'est pourquoi leurs fêtes et leurs rites corres-pondaient aux cycles qu'ils avaient observés ou dont la connaissance leur avait été transmise par tradition. Ainsi, le 25 décembre, l'Égypte ancienne célébrait la naissance d'Osiris et d'Horus, la Perse fêtait celle de Mithra. En Grèce, ce jour était consacré à la naissance d'Hercule, de Bacchus et d'Adonis. Que ce soient les Phéniciens, les Syriens, les Romains, les Mexicains, les Hindous, tous célébraient, à cette époque de l'année, l'accouchement de la Reine du Ciel ou Vierge Céleste.
Les coutumes et les traditions qui donnent à Noël son caractère particulièrement mystique, ont leurs origines dans l'antiquité. Pour ne citer que quelques exemples, la bûche Yule était brûlée par les anciens Germains, tandis que les Druides allumaient des feux de joie sur les hauteurs. À Rome, le « Jour du Soleil invincible » donnait lieu à de multiples réjouissances et à des échanges de cadeaux. Les arbres à feuilles persistantes symbolisaient l'éternelle jeunesse et la vigueur de Dionysos. Même l'idée de la crèche si riche en symbolisme, est bien antérieure à celle de Bethléem, car déjà en Égypte, le dieu nouveau-né gisait dans une mangeoire à l'intérieur d'une grotte.
L'époque de la naissance de Jésus n'est pas connue et son existence même est mise en doute par de nombreux historiens. Ce n'est que vers le IVe siècle que l'Eglise a choisi la date du 25 décembre pour commémorer la nativité et ce choix ne pouvait être meilleur car il correspond aux traditions populaires et situe, du point de vue de la Théosophie, la figure de Jésus dans un contexte universel, parmi la longue lignée des Instructeurs de l'Humanité — que ceux-ci soient considérés comme des dieux, des demi-dieux, ou des Instructeurs, comme Gautama le Bouddha,. Krishna, Lao-Tseu et bien d'autres encore.
Lorsque l'on étudie attentivement le Nouveau Testament, tout en gardant en pensée les traditions qui existèrent bien avant qu'il ne fut rédigé — ce qui fut fait assez tardivement d'ailleurs — le chercheur se rend compte qu'il y a trop de points communs, trop de ressemblances, un symbolisme trop éclatant, pour que l'on puisse s'y attacher à la lettre et lui donner un sens purement historique. Qui fut Jésus ? Personne, honnêtement ne peut le dire. Que révèlent les Évangiles ? Ils renferment des contradictions indéniables sur ce que l'on désirerait considérer comme des faits historiques, mais incontestablement contiennent l'enseignement d'un Grand Instructeur de l'Humanité. Le récit concernant la vie de Jésus illustre tout le symbolisme de la longue ascension de l'homme vers l'initiation finale qui fait de lui un homme christos « Oint du Seigneur ». Jésus n'est pas le sauveur unique de l'humanité. Il est un Adepte venu apporter aux hommes souffrants une sagesse mise à leur portée. Les sauveurs de l'humanité sont nombreux. Chacun a un rôle particulier situé dans une race, à une époque déterminée. Jésus lui-même n'est-il pas sensé dire : « Je suis venu pour les brebis perdues d'Israël ? ».
En replaçant les origines du Christianisme et ses traditions propres dans le contexte de son temps, la Théosophie permet de mieux comprendre la distinc¬tion essentielle que l'on devrait faire entre Jésus, l'homme né selon la chair, et le Christ, esprit omni¬présent. Le nom de Jésus-le-Christ indique qu'un homme nommé Jésus a réalisé le pouvoir Christique en sa conscience humaine et ainsi est devenu Fils de Dieu, né sans parents, car il s'agit d'une naissance à de nouveaux états de conscience conférant, à celui qui les réalise, la connaissance, la sagesse et la compassion divines.
« Nous ne pourrons assez répéter que c'est seulement par les doctrines des philosophes anciens qu'on peut arriver à comprendre la doctrine prêchée par Jésus. Pythagore, Confucius et Platon nous permettent de comprendre l'idée qui est contenue dans le terme « Père » dans le Nouveau Testament ». Cette affirmation, H.-P. Blavatsky l'explique en faisant remarquer que l'idée de Dieu selon ces philosophes est très différente de ce qu'elle est devenue maintenant. Ce qu'ils nomment Dieu est le Père de toutes choses, ils rejettent la notion anthropomorphe selon laquelle Dieu aurait un corps matériel. Ils disent de Lui qu'Il est invisible et éternel, omniscient, omnipotent, immuable. Il ne peut désirer changer ses propres lois, ni se laisser influencer par des prières et des sacrifices.
« Vous êtes le temple de Dieu » dit St Paul. « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (St Jean). Jésus dit à Nicodème que « ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit », Ces passages ne deviennent compréhensibles que si l'on se réfère à l'enseignement védique à propos de l'homme recherchant la perfection spirituelle, Selon cet enseignement, cet homme doit subir trois naissances : la première est la naissance dans un corps physique fourni par ses parents, la seconde est la naissance spirituelle au moyen de l'initiation, la troisième et dernière est celle qui s'accomplit dans le monde de l'esprit et qui fait de l'Initié un être immortel.
Cette seconde naissance, la régénération de l'esprit, après la naissance naturelle de ce qui est né de la chair, était certes de nature à étonner un législateur Juif. Néanmoins, elle avait déjà été enseignée 3.000 ans avant la venue du grand prophète de Galilée, non seulement dans l'Inde antique, mais à tous les époptes des initiations païennes instruits dans les grands mystères de la Vie et de la Mort. Ce secret des secrets, était pratiquement démontré par les Yogis. Ayant libéré leur âme des liens de la matière et de la perception physique des sens, ils développaient leur puissance spirituelle et la force de leur volonté au point d'acquérir le pouvoir de communiquer avec les mondes supérieurs et de pratiquer ce qu'on nomme à tort des « miracles ». Les hommes ayant atteint sur cette terre le pouvoir de communier avec le « Père dans le Secret » peuvent « ressusciter des morts » dans le monde de l'Esprit.
Pâques est l'aboutissement de Noël. La date de cette fête est calculée, elle aussi, selon un cycle solaire, celui de l'équinoxe de printemps, en tenant compte, de plus, d'un cycle lunaire. C'est la promesse réalisée. La graine sous terre a accompli son travail de gestation, les bourgeons se sont emplis de sève jeune et forte, les œufs dans les nids des oiseaux, les milliers de vies qui partout semblaient endormies, s'éveillent et s'épanouissent. Pâques est le « passage » de la mort apparente à la vie réelle. C'est la preuve éclatante de la jeunesse éternelle de la vie qui infatigablement élabore des formes. Quel meilleur symbole naturel que l'Oeuf en cette saison du renouveau ? Quelle meilleure période pour fêter la promesse réalisée par l'Instructeur spirituel ? Mais en quoi consistait cette promesse ?
Pâques, c'est le moment où l'Initié réalise l'immortalité : la résurrection de la vie en esprit. Selon les termes de St Paul : « Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible ; il est semé méprisable, il ressuscite glorieux ; il est semé infirme, il ressuscite plein de force ; il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel ». Puis il explique que l'homme est double : le premier homme tiré de la terre est terrestre, le second homme est du ciel. « Ce que je dis, frères, c'est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu et que la corruption n'hérite pas l'incorruptibilité ». « Nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés ».
Ces paroles d'un grand Initié peuvent paraître obscures sinon contradictoires. Cependant, elles contiennent l'enseignement occulte de la résurrection. Il est bien évident que le corps physique qui, après la mort, se désagrège assez rapidement et dont les constituants retournent aux éléments naturels, ne peut ressusciter. Cela n'est d'ailleurs absolument pas souhaitable, car, il faut bien le reconnaître, de nombreux problèmes seraient difficiles à résoudre pour concilier l'idée d'une béatitude éternelle avec les limitations de ce corps humain. L'homme physique n'est que le véhicule terrestre de l'homme intérieur, l'âme, qui doit gagner son immortalité. L'origine de cette âme est divine, elle est un rayon individualisé de la divinité et par conséquent sa nature essentielle est éternelle. Mais, en tant que véhicule individualise de la conscience divine, elle doit s'élever jusqu'à l'immortall1é, en éveillant ses pouvoirs latents par l'expérience dans la vie incarnée. Cette âme se trouve donc dans une situation médiane, participant à la fois des plans divins et de la vie animale, terrestre, sensible, affective, émotionnelle. La renaissance spirituelle est réalisée progressivement au cours des incarnations à mesure que l'âme devient capable de maîtriser le soi inférieur et d'élever tout son être par la dévotion à une Cause universelle, la purification des désirs et la recherche de la connaissance véritable. La résurrection, ou immortalité, est le couronnement de cette naissance spirituelle, car l'Adepte forge, au fur et à mesure de ses progrès spirituels, un véhicule permanent — un « corps glorieux » — qui deviendra le siège de sa conscience ininterrompue.
La tradition chrétienne enseigne que le sacrifice de Jésus-le-Christ sur la croix a permis la Rédemption de ceux parmi les hommes qui le reconnaîtraient comme le Sauveur, l'unique Fils de Dieu. Selon la Théosophie, la Rédemption est possible pour tous les hommes qui gravissent leur propre calvaire, réalisant ainsi leur propre renaissance spirituelle, et ressuscitent enfin des morts pour vivre en Esprit (Christ). Le récit de la mort de Jésus et des événements qui la suivent en est le symbole. La description de la longue agonie, des souffrances morales et physiques d'un Sauveur Divin, Glorieux, qui souhaitait cette fin pour sauver l'Humanité, n'est qu'une déformation de la véritable tradition initiatique. Elle fait appel à la nature émotionnelle de l'homme et non à sa nature spirituelle et mystique. La véritable tradition, c'est l'image de l'Initié qui crucifie définitivement son soi inférieur dans la souffrance pour ressusciter incorruptible.
Qu'il s'agisse de la Croix, de la descente aux enfers, de la Résurrection, tout n'est que symbolisme, cachant un enseignement que l'on retrouve dans les traditions initiatiques de la pensée religieuse de tous les temps et qui pendant longtemps n'a été révélé que dans le secret des temples.
Dans ses écrits, et spécialement dans Isis Dévoilée et la Doctrine Secrète H.P. Blavatskv éclaire en de nombreux points ce symbolisme antique.
Le mythe ésotérique d'Hercule et de Thésée descendant dans les régions infernales ; le voyage aux Enfers d'Orphée qui trouva son chemin grâce au pouvoir de sa lyre, celui de Krishna, et finalement celui du Christ qui « descendit aux Enfers et ressuscita des morts le troisième jour », ont été rendus méconnaissables par les adaptateurs non initiés des rites païens qui les transformèrent en dogmes et rites de l'Église.
Du point de vue astronomique, cette descente aux Enfers symbolise le soleil durant l'équinoxe d'automne ; on supposait alors qu'il abandonnait les hautes régions sidérales, qu'un combat se livrait entre lui et le démon des ténèbres qui s'emparait alors de la majeure partie de notre lumière. On imaginait le soleil subissant une mort temporaire et descendant dans les régions infernales. Mais, du point de vue mystique, cette allégorie symbolise les rites de l'initiation dans les cryptes du Temple appelées le « monde inférieur » (Hadès). Bacchus, Héraclès, Orphée, Asklepios et tous les autres visiteurs de la crypte, descendaient tous aux enfers d'où ils remontaient le troisième jour car tous étaient des initiés et des « constructeurs du temple inférieur ». Les paroles adressées par Hermès à Prométhée enchaîné sur les rocs arides du Caucase — Prométhée lié par l'ignorance et dévoré par le vautour des passions — s'appliquaient à chaque néophyte, à chaque Chrestos pendant les épreuves. « Il n'y a pas de terme à ton supplice jusqu'à ce que Dieu (ou un dieu) apparaisse et te relève de tes douleurs, consentant à descendre avec toi dans le ténébreux Hadès, aux sombres profondeurs du « Tartare ». Ceci veut dire simplement tant que Prométhée (ou l'homme) n'aura pu trouver le « dieu », ou le Hiérophante (l'Initiateur), qui acceptera de descendre avec lui dans les cryptes de l'initiation et de le diriger autour du Tartare, le vautour des passions ne cessera de dévorer ses organes vitaux. De là découlent toutes les allégories contenues dans les œuvres d'Homère, d'Ovide, de Virgile, etc... que les savants modernes prennent dans leur sens littéral. Le Phlégéthon était le fleuve dans les enfers où l'Initié était plongé trois fois par le Hiérophante, après quoi les épreuves étaient terminées. L'homme était né de nouveau ; il avait laissé pour toujours dans le sombre courant le vieil homme de péché, et, le troisième jour, lorsqu'il sortait du Tartare, il était une individualité : sa personnalité était morte ; chaque allégorie, telle que celle d'Ixion, Tantale, Sisyphe, etc... est une personnification de quelque passion humaine.
Eschyle en tant qu'Initié ne pouvait rien dire de plus ! Mais Aristophane, moins pieux, ou plus audacieux, divulgua le secret à ceux qui n'étaient pas aveuglés par des préjugés trop enracinés, dans son immortelle satire sur la « descente aux enfers » d'Héraclès (Les Grenouilles). Nous trouvons là le chœur des bienheureux (les Initiés), les Champs Elysées, l'arrivée de Bacchus (le dieu Hiérophante) avec Héraclès, la réception avec des torches allumées, emblème de la Nouvelle Vie et de la Résurrection des ténèbres de l'ignorance humaine, à la lumière de la connaissance spirituelle, la Vie Éternelle.
Les initiations finales avaient toujours lieu durant la nuit. Par conséquent, parler de quelqu'un comme étant descendu aux Enfers équivalait dans l'antiquité à le désigner comme un Initié Parfait.
Chaque nation possédant un système astronomique, et tout spécialement l'Inde, avait une grande vénération pour la croix, car elle était la base géométrique du symbolisme religieux des avatars, la manifestation de la Divinité, ou du Créateur dans sa créature (l’Homme), de Dieu dans l'humanité et de l'humanité en Dieu en tant qu'Esprit, Les plus anciens monuments de la Chaldée, de la Perse et de l'Inde mettent en lumière la double croix, ou croix à huit pointes.
La croix Mondiale Céleste a sa réflexion ici-bas dans les plantes et dans l'homme double ; c'est l'homme physique se substituant à l'homme spirituel.
Le symbole de la croix, ou le Tau égyptien, est antérieur de bien des siècles à la période assignée à Abraham, le soi-disant ancêtre des Israélites, car autrement. Moïse n'aurait pas appris à le connaître par les prêtres, Le Tau était sacré chez les Juifs, de même que chez les autres nations « païennes ».
Seul, parmi les Apôtres de la religion occidentale, Paul semble avoir compris, sinon révélé, le mystère archaïque de la croix. Quant à tous les autres qui, en crucifiant et en individualisant la Présence Universelle, l'ont synthétisée en un seul symbole — le point central du crucifix — ils prouvent par là qu'ils n'ont jamais compris le véritable esprit de l'enseignement du Christ, mais qu'ils l'ont plutôt dégradé, de plus d'une façon, par leurs interprétations erronées. Ils ont oublié l'esprit de ce symbole universel et l'ont monopolisé avec égoïsme, comme si l'Illimité ou l'Infini pouvait jamais être limité et conditionné en une seule manifestation individualisée en un seul homme, ou même en une seule nation !
Les quatre bras de la croix de St André et ceux de la croix hermétique, dirigés vers les quatre points cardinaux étaient bien compris des mystiques hindous, brahmanes et bouddhistes, plusieurs centaines d'années avant que l'on n'en entendit parler en Europe.
La croix philosophique avec ses deux lignes suivant des directions opposées — l'horizontale et la verticale, la largeur et la hauteur — est la base de l'Occultisme. Dans ses limites se trouve la clef maîtresse qui ouvre la porte de toutes les sciences, tant physiques que spirituelles. Elle symbolise notre existence humaine, car le cercle de la vie circonscrit les quatre pointes de la croix, représentant successivement: la naissance, la vie, la mort et l'immortalité.
Le Tau et la croix astronomique d'Égypte sont visibles dans plusieurs ouvertures des ruines de Palenque. Dans un des bas-reliefs du Palais de Palenque, du côté ouest, on voit un Tau sculpté comme un hiéroglyphe, juste au-dessous d'un personnage assis. Le personnage debout qui se penche au-dessus du premier, est représenté au moment où il couvre sa tête de la main gauche, avec le voile de l'initiation, tandis qu'il avance la droite avec l'index et le médius dirigés vers le ciel. C'est précisément l'attitude d'un évêque chrétien qui donne sa bénédiction, ou celle dans laquelle Jésus est souvent représenté durant les dernières Agapes.
En vérité, l'on peut retrouver les traces de la croix jusque dans les profondeurs des insondables, époques archaïques ! Le mystère qui l'enveloppe, s'épaissit, plutôt qu'il ne s'éclaircit, lorsque nous la retrouvons sur les statues de l'Ile de Pâques, dans l'antique Égypte, dans l'Asie Centrale, gravée sur le roc, sons forme de Tau et de Svastika, dans la Scandinavie pré-chrétienne, partout enfin !
« Crucifier devant le Soleil » est l'expression employée dans l'initiation. Elle vient d'Égypte et, primitivement, des Indes. L'Adepte Initié, qui avait subi avec succès toutes les épreuves était attaché, non pas cloué, mais simplement lié, sur une couche en forme de Tau en Égypte ; en ferme de Svastika (sans les prolongements additionnels) aux Indes ; puis il était plongé dans un profond sommeil, le « Sommeil de Siloam », comme l'appellent jusqu'à présent les Initiés de l'Asie Mineure, de la Syrie et même de la Haute Égypte. Il était laissé dans cet état pendant trois jours et trois nuits, période pendant laquelle son Ego Spirituel était considéré comme « s'entretenant avec les Dieux », comme descendant dans le Hadès, l'Amenti, ou Patala — suivant le pays — et comme accomplissant des œuvres charitables en faveur des Êtres invisibles, Âmes d'hommes ou Esprits Elémentaux ; pendant tout ce temps, son corps restait dans la crypte d'un temple, ou dans une caverne souterraine. En Égypte ce corps était placé dans le Sarcophage de la Chambre du Roi de la Pyramide de Chéops et, pendant la nuit qui précédait le troisième jour, il était transporté à l'entrée de la galerie, où, à une certaine heure, les rayons du Soleil levant éclairaient la figure du Candidat en catalepsie, qui s'éveillait pour être initié par Osiris et Thot, le Dieu de Sagesse.
Le Soleil et la croix, dès la plus haute antiquité ont une double capacité génératrice et spirituellement régénératrice. Sur la tombe de Baite Oxly, sous le règne de Ramsès II, on découvre des croix de toutes, les formes et dans toutes les positions, de même que sur le trône de ce souverain, et enfin sur un fragment provenant de la Salle des Ancêtre de Touthmès III et représentant l'adoration de Bagkan Aléaré qui se trouve à la Bibliothèque Nationale de Paris. Cette sculpture et cette peinture extraordinaire représentent le disque du Soleil rayonnant sur une croix ansée, placée elle-même sur une croix dont celles du Calvaire sont de parfaites copies. Les manuscrits en font mention comme de « rudes couches de ceux qui étaient en travail (spirituel) dans l'acte de se donner naissance à eux-mêmes ». Une quantité de ces « couches » cruciformes, sur lesquelles les Candidats, plongés dans une profonde catalepsie à la fin de leur suprême Initiation, étaient placés et fixés ; furent découvertes dans les salles souterraines des temples Egyptiens, après leur destruction. Les vénérables et saints Pères, du genre de Cyrille et de Théophille en faisaient librement usage, pensant qu'elles avaient été apportées et cachées là par de nouveaux convertis. Origène seul, et après lui Clément d'Alexandrie et d'autres ex-initiés, en' savaient davantage, mais ils préférèrent garder le silence.
L'idée originale de « l'homme crucifié » dans l'espace, appartient certainement aux anciens Hindous, les gravures qui représentent Vittoba, une des formes de Vishnou, en témoignent. Platon l'adopta dans sa croix décussée dans l'espace, le « second Dieu qui s'imprima sur l'univers sous la forme de la croix » ; on nous montre de même Krishna «crucifié ». Cela se trouve encore répété dans l'Ancien Testament, dans la curieuse injonction de crucifier les hommes devant le Seigneur, le Soleil — ce qui n'est nullement une prophétie, mais possède une signification directement phallique.
Les clous de la croix ont leurs têtes en forme d'une pyramide pleine et les clous eux-mêmes ont une tige carrée et terminée en pointe, en forme d'obélisque, ou d'emblème phallique. Si l'on considère la position des trois clous, fixant les extrémités de l'homme sur la croix, on constate qu'ils forment ou indiquent un triangle à chacun des sommets duquel se trouve un clou. Les plaies ou stigmates, des extrémités, sont nécessairement au nombre de quatre et désignent le carré... Les trois clous et les trois plaies forment un total de 6 qui indique les 6 faces du cube déployé (qui constitue la croix ou la forme de l'homme, ou 7, en comptant trois carrés horizontaux et quatre carrés verticaux), sur lequel l'homme est placé et celui-ci, à son tour, suggère l'idée de la mesure circulaire trans¬portée sur les bords du cube. La plaie unique des pieds se divise en deux lorsque les pieds sont séparés, formant ensemble trois en tout, et quatre une fois séparés, ou 7 en tout autre nombre basique féminin très saint (selon les Juifs).
Ainsi, tandis que la signification phallique ou sexuelle des « clous du crucifiement » est établie par l'interprétation géométrique et numérique, leur sens mystique est indiqué par les brèves remarques faites ci-dessus et qui établissent un rapport entre eux et Prométhée. Celui-ci est une autre victime, car il est crucifié sur la Croix d'Amour, sur le roc des passions humaines ; sacrifice dû à son dévouement à la cause de l'élément spirituel de l'Humanité.
Or, le système primordial, le double glyphe caché sous l'idée de la croix, n'est pas une « invention humaine », parce qu'il a pour base l'Idéation Cosmique et la représentation spirituelle de l'Homme, l'Ego Divin. Plus tard il s’élargit et devint la belle idée adoptée et représentée dans les Mystères, celle de l'homme régénéré, du mortel qui, en crucifiant l'homme de chair et ses passions sur le lit de torture de Procuste, naquit à nouveau comme Immortel. Laissant derrière lui le corps, l'homme animal, attaché sur la Croix de l'Initiation, comme une chrysalide vide, l'Âme Ego devient aussi libre qu'une abeille. Plus tard encore, par suite de la perte graduelle de la spiritualité, la croix finit par n'être plus, dans la cosmogonie et l'Anthropologie, qu'un symbole phallique. Plus tard, en raison de son emploi par les Romains comme d'un instrument de torture et par suite de l'ignorance des premiers organisateurs chrétiens, la croix, cet arbre de vie, est devenu exotériquement l'arbre de la mort.
Pour les ésotéristes des époques les plus reculées, l'Âme Universelle ou Anima Mundi, le reflet matériel de l'Idéal Immatériel, était la Source de la Vie de tous les êtres et du Principe Vital des trois règnes. Celui-ci était considéré comme septénaire par les Philosophes Hermétiques, ainsi que par tous les Anciens. Il est, en effet, représenté sous forme d'une croix septuple, dont les branches sont respectivement, la lumière, la chaleur, l'électricité, le magnétisme terrestre, la radiation astrale, le mouvement et l'intelligence ou ce que certaines personnes appellent la soi-conscience.
Enfin, le signe de la croix, bien avant d'être adopté par le Christianisme, était employé comme signe de reconnaissance parmi les Adeptes et les Néophytes.
Ces quelques aperçus sur le symbolisme de Pâques devraient permettre de mieux comprendre pourquoi, selon la Théosophie, un Instructeur comme Jésus s'intègre harmonieusement parmi les traditions relatives aux dieux de tous les temps, et que le fait de vouloir en faire un cas unique en le retranchant de son contexte universel ne peut amener que des erreurs et des déceptions.

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Les vœux et serments

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Questions et réponses au sujet des vœux et serments

Questions : Je comprends que pour pouvoir avancer loin sur le sentier il est nécessaire de prendre des vœux de secret, de fidélité, etc... Ces vœux sont-ils uniquement mentaux, ou doivent-ils être écrits ou prononcés devant un grand occultiste ? Si c’est le cas comment peut-on entrer en contact avec une telle personne, et comment peut-on savoir s’il est responsable, c’est-à-dire, compétent pour recevoir un tel vœux ou serment, et pour ensuite enseigner ?

Réponse : On doit toujours se souvenir, au sujet de la loi ou de la pratique occulte, que l’enseignement n’a un caractère d’autorité que s’il provient d’une personne initiée aux mystères et qui par conséquent a la connaissance. Les opinions de ceux qui sont hors du cercle des initiés sont toujours spéculatives. Cependant dans le cas présent quelques considérations évidentes serviront de réponses, sachant que certains points ont déjà été clairement énoncés dans l’article « Aux aspirants disciples » de la revue The Path, et qui ont été repris, pour l’information de tous, dans Les Lettres qui m’ont aidé. À partir de cela les explications suivantes peuvent être apportées :

1/ L’essence de toute évolution intérieure réside dans la domination graduelle de la nature inférieure par la supérieure. Cela implique beaucoup plus que le contrôle des passions sensuelles, de l’ambition égoïste, et des particularités de tempérament. C’est la substitution des idéaux et intérêts conventionnels qui nous ont jusqu’à présent animés par des idéaux et des intérêts de nature élevés, un déplacement progressif des buts temporels vers des buts éternels, un élargissement de la perception de la vérité dans tous ses aspects, physiques, moraux, spirituels, et une plus grande proximité avec tout ce qui concerne le bienêtre de l’humanité dans son ensemble. Cela signifie, aussi, une plus grande manifestation de la volonté sur nos opérations mentales, pour les contrôler, les guider, et les obliger à clarifier progressivement la faculté d’intuition, et pour assurer une croissance volontaire en conscience, but et actions. C’est, en résumé, un renversement par rapport aux pensées humaines courantes telles qu’on peut les voir en nous-mêmes ou chez les autres.

2/ Une telles transformation doit nécessairement être très lente. C’est comme un changement total dans le corps humain par l’élimination des atomes usés et la sécrétion de nouveaux. Mais dans le premier cas le processus n’est pas automatique, et requiert un effort délibéré, et, au lieu d’être en continuité avec les tendances naturelles, il est en opposition avec elles. On nous dit qu’on ne peut devenir un Adepte en une incarnation, il en faut au moins sept. La tâche de changer radicalement le caractère, et les innombrables obstacles et échecs qu’il faudra affronter, font qu’il faudra beaucoup de temps pour progresser de manière significative sur le sentier.

3/ La croissance intérieure est autant sous le règne de la loi et de l’ordre qu’une croissance dans le monde extérieur. Il n’est pas question d’esquiver des étapes, ou de fermer les yeux aux imperfections, ou d’avoir des préférences, ou de chercher des acquits prématurés. Les tests viennent naturellement et non de manière artificielle ; la force se manifeste spontanément par la capacité de plus grandes enjambées ; l’imperfection se révèle d’elle-même en nous ralentissant ou en nous arrêtant. La connaissance progresse au fur et à mesure que le mental est capable de l’assimiler ; la capacité permet d’acquérir, non comme une concession, mais comme un droit. Il en est de même avec ce que l’on appelle les « privilèges » qui, pour être exact, n’en sont pas, parce que Karma est tout autant inflexible quand il apporte, au moment opportun, ce qui est dû, que quand il retient ce qui ne l’est pas. Quand l’âme bourgeonnante bute sur une limite incapable de la contenir, cette limite se brise, le bourgeon s’ouvre, et plus de lumière et d’air le pénètre. Tout se déroule en séquences régulières, l’effet suit la cause de manière naturelle.

4/ Il en est ainsi, que la possibilité pour toute âme de recevoir quelque chose qui requiert le secret est déterminé par son aptitude à recevoir la chose en question, et non par sa disposition à promettre de garder le secret. Si elle est trop immature pour de tels sujets, ou si elle manque de confiance, ces sujets seraient prématurés ou la promesse ineffective. Une nature peu mature ou peu ferme ne peut avoir de prétention, et par conséquent ne peut pas recevoir quelque chose de confidentiel. Il en est de même avec la fidélité. Elle, aussi, présuppose d’avoir acquis un caractère animé de motifs élevés, et une ténacité prouvée par l’expérience, qui montrent la capacité à avoir des relations plus proches avec des autorités plus élevées ; si l’aptitude est là les relations s’en suivront. Le passeport pour un statut plus noble est, en bref, d’être apte à ce statut.

5/ Les vœux et les serments, s’ils sont authentiques, sont la reconnaissance formelle d’un état des choses qui existe déjà. Un homme et une femme prononcent le vœu de s’aimer l’un l’autre dans le service du mariage. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas aimé avant mais qu’ils continueront à le faire après la cérémonie ; ils s’aiment maintenant et les mots ne sont que l’enregistrement formel de ce fait. Il signifie, évidemment, aussi, qu’ils ont décidé de continuer à le faire, mais eux-mêmes ni personne d’autre ne sait quels changements peuvent leur survenir et quel sera l’aboutissement de leur amour. Mais comme l’amour n’est pas une question de volonté, ce serment n’est pas une garantie pour le futur. Il n’est rien de plus qu’une affirmation du présent et un engagement pour sa prolongation. Il y a une différence avec un vœu en occultisme. Là le candidat a, compte tenu de sa préparation, une bien plus grande connaissance de sa nature que le fiancé ne peut l’avoir de ses sentiments ; le contraste n’est pas qu’une question de volonté mais provient de conditions jugées et régulées par la loi ; et toute la question est supervisée par Ceux qui ont pleinement compris tous les faits et qui ont observé le plus profondément la nature du candidat. Ainsi il y a une assurance quant à son bon aboutissement. S’il n’était pas prêt pour le vœu, il n’aurait pas eu l’opportunité de le prononcer ; s’il est prêt, il sera probablement fidèle.

6/ Comme l’essence du vœu en occultisme est dans la préparation et la volonté du candidat, il importe peu que le vœu ou le serment soit prononcé au cours d’une cérémonie devant un supérieur ou pas. Dans l’article « Aux aspirants disciples » ceci n’est pas demandé, car il est dit que parfois les personnes sont acceptées comme disciple (ou Chélas) sans qu’elles le sachent. Ceci ne pourrait pas être si leur acceptation devait se faire au cours d’une cérémonie consciente. La même chose est sous entendue dans la remarque que les lois qui régissent une Loge se régissent elles-mêmes, et non par des officiels ou par des tribunaux. Cependant il se peut très bien que tous les cas ne soient pas semblables, et qu’en certaines circonstances le mode opératoire diffère. Le langage utilisé dans les lettres reçues par Damodar (bien qu’il fût lui-même à un degré bien plus avancé) montre le fait d’initiations distinctes, et des initiations impliquant des serments et un initiateur.

7/ Une personne qui n’est pas prête à prononcer des serments ne peut espérer trouver un supérieur pour les recevoir. Une personne qui est prête n’a pas à se soucier de cette recherche. « Quand le disciple est prêt, le Maître l’est aussi ». Il est bon de se rappeler que les membres actuels de la Loge comprennent le caractère de ceux qui s’approchent d’eux beaucoup mieux que les candidats eux-mêmes, et si des serments doivent être acceptés, ils les prennent en charge. Évidemment les demandes de ceux qui qui ne sont pas prêts ne sont pas prises en compte, et pour celui qui est prêt la démarche est inutile. La condition spirituelle de chaque aspirant est parfaitement connue de ceux qui ont la charge de responsabilités spirituelles, et quand ils voient que le moment est venu pour un contact direct et pour guider un candidat, ils ne failleront pas dans ce devoir comme en tout autre devoir. Il est donc sage de leur laisser prendre l’initiative.

8/ Celui qui entre en contact avec un véritable Maître n’aura jamais de doute quant à Sa compétence et Sa responsabilité. Nous rencontrons parfois des hommes dont les caractères évidents sont à leurs crédits. Des douzaines de certificats ne présenteront jamais l’assurance que montre ce qui vient de leurs lèvres, d’une expression de leurs yeux, du ton de leurs voix. La réalité est palpable. Dans une bien plus grande mesure ceci est vrai pour un Maître, et bien qu’il soit inutile de spéculer sur Son attitude et paroles, ou magnétisme, nous pouvons bien penser qu’ils sont tous concluants. Si nous devenons privilégié au point d’en rencontrer un, et qu’Il nous estime prêt, il n’y aura probablement ni incertitude ni besoin de lettre de crédit.

Tout ceci peut se résumer ainsi. Si un homme pense qu’il est prêt pour prononcer des vœux, il peut avant se tester en se posant les questions suivantes : dans quelles mesures a-t-il vécu conformément à ses idéaux (qui sont les vrais modèles auxquels son âme a prêté serment de manière informelle), et jusqu’à quel point a-il scrupuleusement préservé le secret ? S’il a failli par rapport aux standards connus, pourquoi désirerait-il en prononcer des plus élevés et qu’il n’a pas compris ; s’il est largement défaillant et négligeant, comment espérer pouvoir les garder ? Mais s’il est sans blâme et de confiance, les Maîtres en sont avertis beaucoup plus que lui-même, et karma rendra son dû au moment opportun. S’il montre un retard, c’est parce qu’il s’est surestimé et qu’il n’est pas vraiment prêt. Dans ce cas les vœux seraient prématurés et dangereux. Ainsi que celui qui n’est pas engagé par des vœux comprenne qu’il en est ainsi parce que c’est mieux. Quand il devra l’être, il le sera. En attendant il faut mieux être satisfait qu’impatient.

Traduction de l’article de la revue Theosophical Forum – N°61 – Juillet 1894

Le jour du Lotus blanc - H.P. Blavatsky : rappels historiques et témoignages

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Sommaire
Ce qu'elle croyait
Comment elle a acquis la connaissance
L'importance de son oeuvre
Le Sphinx du XIXe siècle

Ce qu’elle croyait
« Voici ce en quoi je crois ; 1° qu’il a existé constamment des enseignements oraux révélés aux élus parmi les hommes, par des hommes divins, qui vivaient pendant l’enfance de l’humanité ; 2° que ces enseignements nous sont parvenus inaltérés, et 3° que les Maîtres possèdent à fond la science fondée sur cet enseignement continu. » – H.P. Blavatsky.

Les enseignements principaux d’H.P. Blavatsky peuvent se résumer dans les propositions suivantes :

« La Morale est basée sur la LOI et les faits.
« La Loi Morale est la Loi Naturelle.
« L'Évolution assure l'accomplissement de la Justice.
« L'identité fondamentale de toutes les âmes avec la Sur-Âme », rend possible la contagion morale, grâce au milieu psychique subtil.
« L'Identité Spirituelle de tous les êtres implique que la Fraternité Universelle est le seul sentier que puissent suivre ceux qui cherchent la vérité. » – W.Q. Judge, article « Morte elle nous parle encore ».

Comment elle a acquis la connaissance
« La connaissance parvient dans des visions, d'abord en rêve puis sous forme d'images présentées à l'œil intérieur au cours de la méditation. C'est ainsi que me fut enseigné tout le système de l'évolution, avec les lois de l'être et tout ce que je sais d'autre — les systèmes de la vie et de la mort, les opérations de karma. Pas un mot ne me fut dit de tout cela de la manière ordinaire, si ce n'est peut-être à titre de confirmation de ce qui m'était ainsi donné — rien ne me fut enseigné par écrit. Et la connaissance ainsi obtenue est si claire, si convaincante, si indélébile dans l'impression qu'elle fait dans le mental, que toutes les autres sources d'information, toutes les autres méthodes d'enseignement qui nous sont familières se réduisent à moins que rien en comparaison avec celle-ci. L'une des raisons qui me font hésiter à répondre sans beaucoup de précautions à certaines questions qu'on me pose est la difficulté qu'il y a à exprimer dans un langage suffisamment précis des choses qui me sont données en images, et que je saisis par la Raison pure — comme l'appellerait Kant.
« Les Maîtres ont une méthode synthétique d'enseignement : les grandes lignes générales sont données en premier, puis c'est un aperçu du mode de travail suivi, ensuite sont mis en lumière les grands principes et les notions les plus larges et finalement commence la révélation des points de détail. » ‒ H.P. Blavatsky, Les rêves et l’éveil intérieur, pp. 182-3.

L’importance de son œuvre
« H.P. Blavatsky est morte, mais H.P.B., notre instructrice et amie, est vivante, et elle vivra toujours dans nos cœurs et nos mémoires. Dans notre douleur présente, c’est particulièrement cette pensée que nous devons toujours garder à l’esprit. Il est vrai que la personnalité d’H.P. Blavatsky n’est plus parmi nous ; mais il est également vrai que sa noble et grande individualité, que la grande âme, qui a enseigné, à nous tous, hommes et femmes, à vivre des vies plus pures et plus désintéressées, est toujours vivante. […]
« Fort heureusement pour nous tous, H.P.B. laisse une œuvre qui repose sur des fondations fermes et complètement organisées. En dépit d’une santé déclinante et d’un corps souffrant, notre guide bien aimé a, jusqu’au dernier moment de sa vie, continué à œuvrer pour la cause à laquelle nous sommes tant attachée. Elle n’a jamais cessé d’être vigilante dans la défense des intérêts de cette cause. Elle rappelait constamment à ceux qui l’entouraient quels étaient les principes et les méthodes sur la base desquels le travail devait être mené, sans jamais penser que la mort de son corps puisse être un frein à l’accomplissement du devoir qui incomberait plus que jamais sur chaque membre sincère de la Société [Théosophique]. Ce devoir qui s’affiche si clairement devant nous, et dont H.P.B. fut un exemple si frappant, est de propager la connaissance de la Théosophie par tous les moyens en notre pouvoir, et particulièrement par l’exemple de nos propres vies.
Malgré tout l’amour et le respect que nous pouvons avoir pour notre guide, notre dévotion dans le travail ne doit pas reposer sur un attachement affectif et passager à une personnalité, mais sur les fondations solides d’une conviction que c’est dans la Théosophie elle-même, et en elle seule, que se trouvent ces principes spirituels éternels de la pensée juste, la parole juste et l’action juste, qui sont essentiels au progrès et à l’harmonie de l’humanité. » ‒ Extrait de l’allocution de G.R.S. Mead, prononcée lors de la crémation de H.P. Blavatsky ("The Cremation", revue Lucifer, June 1891).

« Je peux témoigner que, malgré son immense connaissance, elle restait toujours sans égoïsme […], libre de tout orgueil et ambition personnels, et qu’elle rejetait tout ce qui était offert dans un but d’adulation ou d’intérêt. Si on l’appelait « grande » ou « sage », elle répliquait : « je ne suis que la servante des Maîtres qui sont effectivement grands ». […]
« Je parle ici de ces sujets, qui sont généralement bien connus, parce qu’au fur et à mesure où les années passèrent, ils fournirent une confirmation supplémentaire qu’elle ne fut ni une égoïste intéressée, ni une « aventurière », mais une travailleuse pour la cause de la vérité et de l’humanité qui se dévoua totalement à son travail. Cette chaîne ininterrompue d’évidences, commença avec la création de la Société [Théosophique] et se termina avec son dernier souffle. Pas plus que je n’ai jamais eu la moindre évidence du contraire, malgré que des personnes ignorantes et sans scrupules aient prononcé contre elle des accusations viles et absurdes. […]
« Le véritable instructeur de la sagesse ancienne qui cherche vraiment à améliorer l’homme, ne peut être égotique, ambitieux, mercantile, ou opportuniste. Pendant quatorze ans, j’ai appliqué ce test à H.P.B. et le résultat a toujours confirmé mes premières impressions. Elle sacrifia fortune, honneurs, santé, et au final sa vie-même, pour une idée, et cette idée était avant tout d’enseigner les vérités de la Théosophie, pour le bénéfice de l’humanité ». Extrait de l’allocution de J.D. Buck, "H.P. Blavatsky as seen through her work", revue Lucifer, June 1891.

Le Sphinx du XIXe siècle
« La véritable vie, dans tout être humain spirituellement éveillé, est sa vie intérieure et pas sa vie extérieure. […] Si nous tentions de résoudre le mystère du « Sphinx du dix-neuvième siècle » et de raconter l’histoire du véritable Ego d’H.P. Blavatsky, nous devrions avant toute chose apprendre qui est l’individualité, la « créature nouvelle » (Épître aux Galates, vi, 15), qui était incarnée dans la forme d’H.P.B., et connaître quelque chose de ses vies précédentes, afin de pouvoir comprendre ce qui causa sa réapparition sur terre dans une forme de femme. Nous devrions alors accepter la théorie que l’âme d’un être régénéré est capable de vivre et d’agir au-delà des limites de la forme physique qui est sa demeure et l’instrument de sa manifestation extérieure, et que l’âme spirituelle d’une telle personne peut être dans une forme astrale éthérée dans un quelconque pays distant – disons le Tibet – alors que le corps physique est toujours vivant et agissant consciemment en Europe et en Amérique. […]
« Pour comprendre le vrai mystère qui entoura H.P.B., il sera nécessaire de comprendre d’abord le Mystère qu’on appelle l’« Homme » : car l’Initié, comparé au vulgaire, est comme un oiseau comparé à un œuf. L’oiseau connait les œufs et leur histoire, mais les œufs ne connaissent rien de l’existence des oiseaux. Pour résoudre le grand mystère de l’homme, l’humanité devra s’extraire de l’« œuf philosophique » et, s’étant libérée, atteindre la noble soi-connaissance de la Divinité dans l’Humanité ; mais, à ce jour, il semble qu’il y en ait peu, même parmi les prétendus « Théosophes », qui aient la moindre conception de ce que signifie la « soi-connaissance divine ».
« C’est à cause de la mauvaise compréhension de la vraie nature de l’homme et de l’ignorance de tout ce qui est divin dans cette nature, qu’H.P.B. a été universellement incomprise et rabaissée. Après une longue et patiente observation, une conviction que j’avais constamment refusé d’admettre, s’est imposée à moi, à savoir, que, sur ce point, beaucoup plus de torts ont été faits à H.P.B. par ses amis et admirateurs trop zélés, que par ses ennemis. H.P.B. n’a jamais demandé à être adorée, et elle niait posséder des pouvoirs miraculeux ; mais il y eut beaucoup de ses sympathisants qui lui portèrent une adoration superstitieuse, faisant des déclarations des plus insensées et des plus extravagantes sur elle, qui ne résistaient pas à l’investigation, et ainsi ne pouvaient que porter un discrédit sur elle et sa Société [Théosophique]. À quelques exceptions près, ces amis enthousiastes furent les premiers à l’abandonner et à devenir ses ennemis, quand les illusions, qu’ils avaient eux-mêmes crées, ont volé en éclat. […]
« De son propre aveu, H.P.B. n’était pas une femme érudite. Elle n’était pas même adroite. Au contraire, toutes ces grandes choses qu’elle fit, furent réalisées par elle et quelques-uns de ses associés, de manière si maladroite, que cela entachait souvent le bon résultat. Quand l’agent de la Société de Recherches Psychiques l’appela « le plus grand imposteur de son époque », il ne fit que prouver sa propre incapacité à juger son caractère, car H.P.B. – comme l’attesteront tous ceux qui étaient dans son intimité – n’a jamais été capable de se dissimuler ; et toute imposture, grande ou petite, qu’elle aurait pu tenter, aurait été immédiatement découverte, même par un enfant. H.P.B. était ni adroite ni « brillante », mais elle possédait ce dont manquent cruellement la plupart de ses critiques, à savoir, la connaissance de l’âme, un département de la « science » qui n’a pas encore été découvert par les scientifiques modernes et les soi-disant philosophes. L’âme qui vivait en elle était une grande âme, un Mahatma (de Maha = grand et Atma = âme). Cette grande âme, et non l’habit qu’H.P.B. portait habituellement, devrait être notre sujet d’investigation, non pas dans le but de satisfaire une curiosité scientifique, mais pour profiter de l’exemple.
« Celui qui découvre l’Amour découvre la Vie spirituelle (Proverbes, viii, 35), mais celui qui rejette l’amour rejette la lumière et choisit les ténèbres et la mort. L’homme a été appelé un « être mixte », car il n’est pas entièrement physique, il est aussi spirituel dans sa nature. Il est (comme le dit Jacob Boehm) le champ de bataille de trois royaumes : le royaume de la lumière, le royaume des ténèbres et le royaume de la nature. « Car la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas comprise » [Jean, i, 5] ; mais quand les ténèbres seront chassées par la lumière et que l’Esprit dans l’homme s’éveillera à sa divine soi-conscience, alors s’élèvera dans l’homme un nouvel ensemble de facultés intérieures, une nouvelle série de perceptions et de pouvoirs spirituels, et la mémoire qui appartient à l’Ego intérieur réincarnant sera accessible au mental terrestre tourné vers extérieur. Ces enseignements, qui sont incompréhensibles pour beaucoup, parce que hors de portée de leur expérience, sont de la plus haute importance et encouragent le petit nombre qui désire suivre le sentier parcouru par cette âme qui fut incarné dans le corps d’H.P. Blavatsky. Par conséquent ‒ au lieu de perdre notre temps à investiguer sur de telles futilités qui appartiennent à sa personnalité (par exemple l’oubli de préciser les références [de ses citations]) ‒ nous devrions essayer d’étudier sa vie intérieure et suivre l’élévation de son âme vers le trône de la Sagesse Divine. » ‒ Extraits de l’article de F. Hartmann, "H.P. Blavatsky and her mission", paru dans le revue Lucifer, de juin 1891.


 

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En souvenir de W.Q. Judge - La confiance en soi

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[M. Judge mourut à New-York le 21 mars 1896. L'article de George W. Russel ci-dessous parut dans The Irish Theosophist de mai 1896 sous la signature bien connue de Æ et avait pour titre « Self-Reliance » (« Confiance en soi »). Les idées contenues dans cet article sont, pour les étudiants d'aujourd'hui, aussi vraies qu'elles l'étaient pour ceux d'autrefois et à qui elles s'adressaient.]

Nous devrions peut-être profiter de ce que nous sommes dans un état de transition pour considérer ce que nous sommes nous-mêmes, surtout quand les vieux chefs ont disparu et que les nouveaux n'ont pas encore pris leurs places en avant des autres. Il y a quelques questions que nous devrions nous poser à nous-mêmes sur ce mouvement. Où ses fondations furent-elles posées ? Quels sont les liens qui font un tout de ce mouvement ? Où est la source de sa force ? À la première question vous répondez « l'Amérique » ou « l'Inde ». Mais si cette ancienne doctrine des émanations est vraie, il faudrait répondre que ces fondations ne sont pas sur la terre mais dans le monde céleste où nos esprits immortels sont étroitement liés. C'est là qu'il est vraiment né et en se développant il s'étendit vers la terre. Tous nos espoirs, nos efforts et nos actions ici-bas ne sont que le vague reflet de ce qui était vrai et parfait en idée. Cette idée initiale était le désir de beaucoup de cœurs de sauver les générations allant vers leur perdition. Ceux qui nous protégeaient dans les premières années du mouvement étaient plus sages, plus forts, plus grands que nous. Ils étaient là parmi nous, rafraîchissant notre mémoire, murmurant dans nos cœurs le message de la signification de la vie, nous rappelant l'effort éternel de l'esprit pour acquérir la liberté, la connaissance et la maîtrise. Malgré tout, c'est notre mouvement et non seulement celui des Maîtres. C'est notre propre travail que nous accomplissons ; c'est notre propre volonté que nous essayons de manifester. Il est bien que les grands sages abandonnent leur corps qui n'était pour eux que tourment et souffrance. Ils le prirent pour notre salut et nous pouvons ici-bas leur adresser un adieu reconnaissant et nous pouvons penser que les sphères invisibles sont enrichies par leur présence, et sont plus désirables et plus dignes d'être atteintes. Je pense vraiment que là, ils sont plus près de notre cœur et de notre mental que lorsqu'ils sont ici. Ce qui est réel en nous ne peut pas rompre le lien de fraternité qui nous unit à de tels êtres quand ils franchissent les portes de la mort. Dans un rayonnement constant, dans un enfantement sans fin d'énergie, de pensée et de volonté, dans un épanouissement éternel de joie, d'amour et d'espoir, s'échange d'âme à âme la lumière. J'aimerais mieux entendre une de leur parole dans mon cœur que mille dans mon oreille. J'aimerais mieux penser à mon guide, à mon instructeur comme à une belle flamme, plutôt qu'emprisonné dans un corps d'argile. Quoique nous puissions regarder cette figure douce et grave qui ne vit plus, l'influence magique, le souffle de feu qui avant, nous venait de son âme, ne peut avoir cessé de vivre pour nous. Nous sentons au plus profond de notre cœur que celui que l'on dit mort, est à jamais, éternellement vivant.

Il a gagné son repos. Un profond repos, si toutefois des êtres comme lui cessent de travailler. Nous, nous pouvons continuer notre chemin, sûrs que les liens sont intacts. Quels étaient ces liens ? Est-ce le fait que vous connaissiez un être qui connaissait les Maîtres ? Une telle présence et un tel compagnon seraient naturellement une aide et un lien. Mais je crois que là où il y a croyance en notre être supérieur, en la justice, en notre unité et notre destinée spirituelle, là où la fraternité existe, il y a des liens, des nœuds, des attaches étincelantes qui partent du divin et qui nous rattachent sans interruption à lui. Ainsi, nous trouvons en nous-mêmes, dans notre propre nature, non pas tout ce qui nous permettrait de nous perfectionner dans les mystères, mais assez pour éclairer notre chemin, pour nous montrer le degré suivant et pour nous donner la force nécessaire pour accomplir notre devoir. Nous ne devrions pas constamment chercher de l'aide en dehors de nous-mêmes ; rappelons-nous qu'un jour il nous sera nécessaire de nous tenir débout, seuls. Ne nions pas, ne diminuons pas notre être secret, notre gloire cachée. Le fait que nous ayons accepté ces vérités, même comme une intuition, qu'il nous était impossible de justifier intellectuellement, est une preuve que nous avons en nous ce qui a été initié dans le passé, cette partie de nous-mêmes qui connaît et qui vit dans ce qui n'est qu'un espoir dans ce monde d'illusion. Nous ne comprenons pas le progrès d'une partie de nous-mêmes. Nous avons accompli des actes dans un rêve évanoui et nous avons médité plus profondément dans les silences oubliés du sommeil. L'Immortel fait son chemin dans la chair en descendant de sphère en sphère ; l'âme a des expériences dans l'état de rêve, et la sagesse qui en découle n'est pas perdue parce que notre mémoire n'en garde pas le souvenir. Mais assez a été dit pour nous donner des indications, des signes, qui nous permettent de remonter les courants de force jusqu'à leurs sources. Nous nous éveillons un jour, à l'aurore, et dans notre cœur se trouve aussi cette aurore, ainsi que l'amour, une énergie de flamme, une douceur magnétique qui se répand dans notre sang. Si nous pouvons remonter à la source de ce pouvoir énergisant, nous pourrions peut-être voir qu'en nous endormant une mémoire ancienne s'est éveillée dans notre âme, ou alors par le pouvoir du Maître, l'âme, transformée par le pouvoir enchanté du Soi, est partie à la recherche de la Terre Sainte. Que nous ayons un guide ou non, une chose est certaine, c'est que derrière nous et en nous, « le Père accomplit son travail intérieur », un guerrier combat pour nous. Nos pensées sont les pointes des flèches de son carquois. Il les tire avec ardeur et les lance par le Souffle Divin. Elles arriveront au but si notre pensée est juste. Qu'importe si dans le brouillard nous ne voyons pas où elles frappent. Elles servent toujours. Après un certain temps les brumes s'évanouiront et l'horizon deviendra clair ; les pouvoirs étincelants nous salueront comme vainqueurs.

Je n'ai pas de doute sur l'avenir ; je suis sûr que nous aurons un guide et une succession ininterrompue de guides. Mais je crois que leur tâche serait plus facile, que notre route serait moins enténébrée par la tristesse et le doute, si nous placions notre confiance non pas dans une hiérarchie d'êtres, si augustes soient-ils, mais dans la Loi dont ils sont les serviteurs. Leur Pouvoir, quoique très grand, a son flux et reflux en même temps que la nature se contracte et s'étend. Comme nous, ils ne sont que des enfants dans les denses infinitudes. Je pense que les Grands Êtres voudraient que chacun de nous parle ainsi : « Ô, Fraternité de Lumière, quoique j'aspire à être avec vous, quoique la pensée que vous êtes derrière moi me soutienne, quoique mes pas aient été affermis par votre aide, cependant si la Loi ne vous permet pas d'agir pour moi aujourd'hui, j'ai confiance dans le Grand Tout dont l'amour est comme un souffle ardent qui ne cesse jamais. Je m'appuie sur lui avec exaltation. Je mets ma confiance en lui joyeusement ». N'est-ce pas pour montrer la vie infinie que les frères aînés envoyèrent leurs messagers, pour nous dire que c'est sur elle que nous devrions nous appuyer, et aussi pour nous montrer des trônes plus majestueux que ceux qu'ils occupent ? Il est bien de se préparer à faire face avec un esprit calme à tout ce qui peut arriver ; soit de se trouver dans l'obscurité avec des pensées de gaieté et de courage, ou de saluer la Lumière avec révérence, amour et joie. Mais je sens dans mon cœur que nous ne sommes pas abandonnés. Comme les cycles accomplissent leurs rondes, les figures héroïques de l'aurore réapparaissent. Quelques-unes sont passées avant nous, d'autres avec le même esprit et pouvoir suivront ; quand un nouveau jour se lève le soleil et l'étoile du matin l'annoncent. Quand ce jour viendra, puisse-t-il ne pas nous trouver engourdis après notre nuit, mais puisse-t-il nous trouver éveillés, préparés et prêts à quitter notre maison de sommeil, et étendre nos mains vers la lumière, pour vivre et travailler dans la joie en ayant les Dieux pour guides et amis.

George W. Russel

[Cet article est paru en anglais dans la revue Theosophical Movement de Bombay, Inde, Vol. III, N° 5. La traduction ci-dessus est celle publiée dans la Revue Théosophique, Volume XI, n°7, de mars 1936, Paris]
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