Samedi 24 Juin 2017

Mis à jour le Sam. 24 Jui. 2017 à 16:25

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La conscience

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La conscience est le siège de la vie réelle de l'individu humain. La simple activité de ses fonctions corporelles n'est pas sa vie. Ces fonctions sont les voies et moyens par lesquels son être réel communique avec le monde phénoménal et avec d'autres unités de conscience semblables la sienne. Par elles, sa vie est grandement affectée ; par leur influence, ses pensées sont nourries, ses sentiment sont modifiées, ses actes inspirés. Mais considérons les modes d'activité de la conscience, et les formes spéciales selon lesquelles elle se manifeste. En observant les modes d'être des humains et les buts de la vie, on remarque trois classes de conscience. En d'autres termes, il y a trois modes d'existence que la conscience de l'individu peut revêtir, ou selon lesquels elle peut se manifester, et le fait d'adopter un de ces modes particuliers, sciemment et délibérément, ou l'inverse, détermine le caractère et la valeur intrinsèque de la conscience.
Le mode de conscience élémentaire ou le plus simple, nous le désignons sous le nom de linéaire. A cet état de conscience, les sentiments, les pensées et les énergies de l'individu sont centrés non seulement sur un plan, mais ils sont limités à une seule direction de ce plan.
La conscience qui appartient à ce plan est limitée à la faculté de se mouvoir d'arrière en avant selon une ligne droite. Elle est asservie à cette voie spéciale comme l'est un train à sa voie ferrée. Cette forme de conscience est très courante. C'est le sort de ceux qui n'ont qu'un seul but dans la vie, but d'ordre personnel. Quel que puisse être le but principal de la vie, qu'il s'agisse d'un commerçant qui vise simplement à gagner de l'argent, ou d'un professionnel dans sa sphère spéciale, ou d'hommes et de femmes de la société constamment tiraillés de droite à gauche par le tourbillon des plaisir et de l'agitation – cela importe peu ; la conscience qui est l'essence de l'individu, s'exerce et ne possède de pouvoir que dans la sphère limitée qu'on vient de décrire. Il suffit de regarder autour de soi pour observer de nombreux exemples de cette classe. Un très grand nombre d'hommes et de femmes de l'époque actuelle appartiennent à ce groupe.

La seconde classe de conscience permet une liberté plus large d'activité.
Les dimensions du royaume qu'elle régit comportent deux directions ; car, en surplus du mouvement en arrière et en avant, cette conscience peut parcourir des régions qui s'étendent à droite et à gauche.
Cette forme de conscience, nous l'appellerons superficielle ; elle est douée de longueur et de largeur, mais n'a pas de profondeur.
Elle est possédée par ceux qui, tout en se consacrant à une occupation spéciale qui absorbe leurs principales énergies, s'adonnent également à des activités supplémentaires dans d'autres sphères qui ont pour eux un intérêt spécial. Cette conscience est celle qui prédomine largement parmi les hommes et les femmes qui, suivant leur vocation jour après jour pour subvenir aux besoins de l'existence, ont assez d'énergie mentale ou émotionnelle pour les amener à s'occuper de choses qui exercent la pensée ou poursuivent un dessein. Les gens doués de cette forme de conscience sont actifs et semblent viser à un but, quoique celui-ci puisse être dépourvu de noblesse ou de valeur intrinsèque. Naturellement, cette conscience jouit beaucoup plus de la vie que celle qui appartient à la classe dite linéaire. Les gens d'affaires qui ne sont pas complètement absorbés par le désir de gagner de l'argent, les ecclésiastiques et les prêtres doués d'une sympathie tolérante, les professeurs non limités à une tendance particulière de pensée, et les personnes dont la vie est en général utile et active, appartiennent à cette seconde classe de conscience superficielle.

La conscience dont il nous reste à parler est d'une étendue infiniment plus vaste que celle des deux classes déjà décrites.
Ses dimensions s'étendent dans trois directions. Elle existe non seulement dans toutes les directions superficielles, mais elle pénètre de plus sous la surface par sa qualité de profondeur. Il est vrai que la surface peut varier en étendue. Elle peut paraître, à l'œil de l'observateur, limitée, ou peut sembler s'étendre au loin, mais la profondeur de sa nature ne peut être connue que de quelques-uns, et encore d'une façon partielle seulement. L'épaisseur sous la surface doit-être perçue et évaluée par les facultés d'une conscience de nature identique. Dans la profondeur d'un objet réside sa capacité de substance, et la conscience est d'une nature si réelle que partout où elle existe en tant que profondeur, elle manifeste la substance réelle. Les objets qui appartiennent aux formes linéaires et superficielles de conscience, sont de caractère temporaire et fugace, mais ceux qui sont l'apanage de la forme solide sont à l'abri de tout changement possible.
Dans cette région profonde existe des voies inextricables, infinies par la variété et le nombre, qui s'enfoncent jusqu'aux limites où elle s'étend.
En les explorant, la conscience trouve des occupations innombrables. Cette classe de conscience donne au monde les hommes qui lui fournissent des connaissances, et dont la nature profonde est l'abîme d'où jaillissent les fontaines, les ruisseaux qui irriguent la vie, qui font tourner ses roues et la rendent fertiles.
Ces hommes sont les plus riches des êtres terrestres ; leur fortune est inépuisable et impérissable. Cette profondeur où leur conscience se complaît, appartient à un autre monde que celui de l'existence humaine ordinaire ; c'est l'univers de la vie éternelle et infinie dont ils sont déjà les sujets.

Nous devrions appeler sensorielle la première forme de conscience, ou celle qui agit simplement par les sens et le système nerveux ; la seconde forme pourrait être appelée intellectuelle ou inter-sensorielle ; la troisième forme est la conscience spirituelle ou super-sensorielle.
La conscience sensorielle se complaît uniquement dans les formes externes des objets et ne reçoit des impressions que de ces formes telles que nous les voyons.
La conscience intellectuelle trouve la cause de son activité moins dans les formes des objets extérieurs que dans leurs mouvements et les effets de ces mouvements sur les objets eux-mêmes.
La conscience spirituelle se meut parmi les causes cachées de la conscience sensorielles et de l'intellectuelle.

[Cet a été publié par H.P. Blavatsky dans la revue Lucifer, d'octobre 1888. Il est paru en français dans la revue Théosophie, Volume V, n°3]

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La véritable éducation dans l'optique Théosophique - Citations de Blavatsky, Judge et Crosbie

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Sommaire

L'apport de la mère dans la prime enfance
Humaniser l'enfant ;
Conscience et éducation ;
Quelques réflexions complémentaires.
Karma est le grand instructeur ;
L'éducation morale.
L'instructeur

L'apport de la mère dans la prime enfance
« C'est une évidence, trop ancienne, et une connaissance confirmée par toutes les nations civilisées depuis l'antiquité, que la prospérité d'un état quelconque est basée sur le bon fondement des principes familiaux. Personne ne peut nier que l'éthique sociale dépende largement de la première éducation reçue par les nouvelles générations. À qui est dévolue le devoir de guider cette éducation de la prime enfance ? Qui, mieux qu'une tendre mère peut le faire, dès que sa valeur morale est reconnue de tous, et qu'aucun rapport négatif ne vient souiller sa bonne réputation ? Sa jeunesse et son éducation intellectuelle ultérieure peuvent bien être confiées à la main ferme du père ; mais le soin de son enfance appartient par tous les décrets divins et humains, à la mère seule ; le parent qui a donné à son enfant non seulement une partie de sa chair et de son sang, mais aussi une partie de son esprit immortel — ce qui créera plus tard l'homme réel, l'EGO véritable. C'est l'A B C de tous les devoirs de la vie humaine ; et c'est le premier devoir de ceux qui au pouvoir sont en charge de protéger les droits maternels sacrés contre toute violation brutale » — H.P. Blavatsky, traduction d'un passage de l'article « Our Christian XIX Century Ethics », revue Lucifer, août 1888, pp. 482-3.

Humaniser l'enfant
« C'est un grand bien pour un petit enfant élevé dans des quartiers sordides, qui n'a pour jouer que le ruisseau, qui est condamné à grandir dans un milieu où il n'entendra que des jurons et ne verra que des scènes écœurantes, de se trouver tous les jours dans une salle d'école propre, bien éclairée, ornée de tableaux, et souvent égayée par des fleurs. Là, on lui enseigne la propreté, les manières douces et l'ordre ; il apprend à chanter et à jouer ; là, on lui donne des jouets qui servent à éveiller son intelligence, et il apprend à faire habilement usage de ses doigts ; on lui parle, non plus d'un air renfrogné, mais avec un sourire ; on le reprend avec douceur et on l'encourage gentiment au lieu de lui hurler des injures. Tout cela humanise les enfants, stimule leur cerveau et les rend sensibles aux influences intellectuelles et morales. Sans doute, les écoles ne sont pas tout ce qu'elles pourraient et devraient être. Mais comparées aux foyers de ces enfants, ce sont des paradis, et elles réagissent peu à peu sur la vie de famille. » (H.P. Blavatsky – La Clef de la Théosophie, p. 277-8)

Conscience et éducation
« La conscience dépend-t-elle un sujet d'éducation ? La conscience semble être une faculté qui peut être inhibée ou stimulée. Mon opinion est que sa source est dans le Soi Supérieur, et quand elle descend de plan en plan elle perd de sa force ou retient son pouvoir selon la condition de vie et d'éducation de l'être sur terre. La conscience d'un sauvage est limitée par son éducation comme le sont les consciences des bigots de la Nouvelle Angleterre et d'Europe qui ont massacré des hommes au nom de Dieu et du Christ. Nous ne pouvons pas justifier que les hommes qui se sont adonnés à des persécutions religieuses n'agissaient pas en accord avec ce qu'ils considéraient être leur conscience. Par cela je ne veux pas dire que la conscience soit une affaire d'éducation, mais que le pouvoir qui permet son expression sera limitée par notre éducation. Il en découle que si nous avons une religion bigote ou un système non-philosophique, nous risquons de nous empêcher d'entendre notre propre conscience. Et dans les cas où les hommes agissent mal en accord avec ce qu'ils appellent leur conscience, il est certain que c'est parce qu'ils ont tant étouffé leur intuition qu'ils ne peuvent plus comprendre la voix du moniteur intérieur. »

« Comment pouvons-nous discerner si c'est la conscience divine qui nous anime et nous guide dans une certaine direction, ou si c'est l'âme animale qui cherche à se libérer d'environnements qui semblent défavorables ? La conscience divine agit, à travers toutes les épreuves, pour une amélioration, mais elle est plus ou moins voilée en chacun par l'éducation et l'habitude de penser ; ainsi sa clarté varie. Il n'est pas possible d'établir une règle fixe pour déterminer la nature du motif qui a animé. Si nous essayons d'atteindre un meilleur état, c'est à nous de décider si c'est simplement et entièrement par égoïste. Toutes les actions sont entourées par le désir comme la rouille autour du métal poli ou la fumée autour du feu, mais nous devons essayer. Ainsi si nous nous fixons la règle d'essayer de faire du mieux pour les autres, nous serons généralement bien guidés. Si nous comptons sur le soi supérieur et que nous aspirons à être guidés par lui, nous serons conduits vers le bien même si la route passe par la douleur, car la peine et la douleur sont nécessaires pour la purification de l'âme. Mais si nous désirons fuir une situation parce qu'elle nous déplait, sans essayer d'y vivre sans en faire partie, nous ne nous changerons pas mais ne modifierons que les circonstances, et nous n'en tirions aucun bénéfice. – W.Q. Judge – Theosophical Forum, pp. 88/9, 94.

Quelques réflexions complémentaires
• « Le défaut marqué de ce siècle, est l'inattention. [L'autre] vous écoute, mais n'entend qu'une partie et ensuite, quand il répète ce qu'il dit vous avoir entendu dire, il en donne une version entièrement différente de la vôtre. On bien, s'il écoute un débat ou une discussion, il ne prête l'oreille qu'aux arguments qui, pour lui être familiers, le frappent favorablement [...] Tous ces défauts, ne serait-ce que faiblement, [...] sont tous le résultat de la prédominance du soi inférieur, car ils traduisent tous une disposition à mettre le Moi personnel en avant. Ils représentent le triomphe actuel du soi inférieur sur les efforts du soi supérieur. » – W.Q. Judge, « Le Soi est l'ami du soi mais aussi son ennemi ». pp. 3/4.
• « II n'est pas d'observateurs plus impartiaux que les enfants lorsqu'ils pensent à autre chose qu'à eux-mêmes. » – Les Lettres qui m'ont aidé, p. 30.
• « Hommes et femmes sont complémentaires en caractère et donc adaptés les uns aux autres. Il est naturel que chaque sexe prenne plaisir à la compagnie de l'autre, et ce qui est naturel ne peut être mauvais. De plus, il est parfaitement légitime [...] [qu'ils] fondent un foyer, en élevant une famille avec de bons principes et de nobles motifs. Celui qui donne naissance à des enfants qui prendront sa place après sa mort, et poursuivront sa vie de droiture et d'altruisme, contribue à servir l'humanité. »
• « [Le] système [d'éducation] pernicieux fait de la production sur commande, sans tenir aucun compte des penchants naturels ou des talents de la jeunesse. [...] En fait d'Histoire, par exemple, il n'acquerra qu'une connaissance suffisante de son pays particulier pour se retrouver enfermé dans une armure d'acier faite de préjugés contre tous les autres peuples, et plongé dans l'écœurant cloaque des annales historiques où dominent haines nationales et soif de sang. » – (La Clef de la Théosophie, pp. 277-282.)

Karma est le grand instructeur
« Aucune des idées que nous recevons n'est autre chose qu'une extension d'idées antérieures. En d'autres termes, elles sont causes et effets dans une succession sans fin : chacune engendre la suivante et y demeure de façon inhérente. Ainsi, nous sommes tous différents, et certains ont des similitudes entre eux. Mes idées d'aujourd'hui, et les vôtres, sont teintées par celles de notre jeunesse, et ainsi nous poursuivrons sans cesse la ligne inévitable que nous avons tracée dès le début. Bien sûr nous changeons toujours un peu, mais jamais avant que nos vieilles idées aient reçu une extension à d'autres idées. Les fausses idées que l'on écarte de temps en temps ne doivent pas entrer en ligne de compte ; elles jettent pourtant une ombre çà et là. Mais, par l'effet de la Fraternité, nous recevons la connaissance des autres et nous l'examinons jusqu'au point où (si elle nous agrée) elle devient nôtre. Pour ce qui est de vos conclusions personnelles, faites toujours usage de votre discernement. N'adoptez aucun point de vue définitif simplement pour l'entendre énoncé par une personne en qui vous avez confiance : retenez seulement les conclusions qui s'accordent avec votre intuition. Être illusionné, même inconsciemment, par l'influence d'un autre c'est avoir une foi manquant d'authenticité. La connaissance spirituelle embrasse toutes les actions.
« [Les épreuves] vous saviez qu'elles devaient se présenter : ainsi on apprend, et le but de la vie est d'apprendre. Elle consiste tout entière à apprendre. » — Les Lettres qui m'ont aidé, pp. 31 et 180.

L'éducation morale
Mme Blavatsky présentait dans la revue The Theosophist de décembre 1883, l'excellent ouvrage du Professeur Buchanan, L'éducation morale. Voici un extrait de quelques passages de cet article :
« Il a perçu la source du danger réel qui d'une manière obscure couve au dessus du monde Occidental et qui le menace d'une ruine morale et spirituelle. Il s'agit de la culture de l'intellect seul, pour assurer le progrès matériel, en laissant la partie supérieure de l'homme se faner, sans soin et en la négligeant. L'éducation est une tentative pour réaliser l'harmonisation entre l'homme et la nature. C'est de trouver le but réel et le sens de la vie, et quand on les a trouvé de leur rendre, toute la vie, une dévotion inébranlable. L'éducation a pour but d'acquérir la capacité d'aimer de la vie dans toute sa plénitude, son manque est un suicide, partiel ou complet. L'idéal du Professeur Buchanan va dans le même sens que le notre. »

L'instructeur
« Un instructeur [...] doit non seulement être d'un abord avenant à l'extérieur, mais aussi, à l'intérieur, nourrir des sentiments purement aimables et plein de douceur, car si l'intérieur ne coïncide pas, effectivement, avec l'extérieur, des difficultés ne manquent pas de surgir. Lorsque l'extérieur est agréable mais l'intérieur faux, c'est un peu comme une coquille creuse, et tout le bon magnétisme est coupé. Lorsque l'extérieur est rugueux tandis que l'intérieur souhaite être dans le vrai, il y a sincérité : dans ce cas, il est vrai, le magnétisme n'est pas coupé, mais il arrive souvent que naisse un courant d'opposition qui engendre erreur et fausses conceptions, et élève un obstacle. [...] Il faut rendre l'attitude intérieure entièrement douce et affable : l'extérieur se trouvera vite amené à lui correspondre ». – Les Lettres qui m'ont aidé, p. 214.

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Les Maîtres de Sagesse - (Citations de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

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Sommaire des citations :
Un enseignement oral ininterrompu

Les maîtres veillent au progrès spirituel de l'humanité
L'humanité n'a jamais été privée d'amis
Le Mur Gardien
L'origine des « Idées innées »
Les Maîtres et le Mouvement Théosophique
Y a-t-il une différence entre un Maître et un Adepte ?

Un enseignement oral ininterrompu
« En réponse à une question d'un Théosophe au sujet des Maîtres, Mme Blavatsky répondit : "Voici, en fait, ce que je crois : un enseignement oral ininterrompu a été révélé aux élus de la race par des hommes divins vivants, pendant l'enfance de l'humanité ; cet enseignement nous est parvenu sans altération, et les Maîtres sont entièrement versés dans la science fondée sur cet enseignement ininterrompu." » - Extrait du Cahier Théosophique N° 147 de H.P. Blavatsky

Les maîtres veillent au progrès spirituel de l'humanité
« Pendant le dernier quart de chaque siècle, ces « Maîtres », font une tentative en vue de favoriser, d'une façon nette et marquante, le progrès spirituel de l'humanité. Vers la fin de chaque siècle, vous trouverez invariablement un déversement d'énergies ou un bouleversement dans le sens d'une montée dans le domaine de la spiritualité ou, si vous le préférez, du mysticisme. A ces époques, une ou plusieurs personnes se révèlent dans le monde comme agents des Maîtres, et on voit se répandre, sur une échelle plus ou moins grande, un enseignement et une connaissance occulte. Si vous en aviez l'envie, vous pourriez suivre la trace de ces mouvements, en remontant de siècle en siècle, aussi loin que s'étendent les annales historiques détaillées que vous possédez. » - Extrait de La Clef de la Théosophie de H.P. Blavatsky

L'humanité n'a jamais été privée d'amis
« L'être le plus intelligent de l'univers, l'homme, n'a donc jamais été privé d'amis ; une lignée de frères aînés veille continuellement sur le progrès des moins avancés, conserve le savoir acquis à travers de longs âges d'épreuve et d'expérience, et cherche continuellement des occasions pour porter l'intelligence croissante de la race - sur notre globe ou sur tout autre - à considérer les grandes vérités concernant la destinée de l'âme. Ces frères aînés conservent aussi la connaissance qu'ils ont acquise des lois de la nature dans tous les domaines, et sont prêts à l'employer pour le bien de l'humanité, quand la loi cyclique le permet. Ils ont toujours constitué une confrérie, se connaissant mutuellement quelle que soit la partie du monde où ils se trouvent, et œuvrant tous par différents moyens pour le bien des hommes. A certaines époques, ces frères aînés sont bien connus des hommes et se déplacent parmi eux quand l'organisation sociale, la vertu et le développement des nations le permettent.
« S'ils devaient se montrer de nos jours ouvertement et si tout le monde parlait d'eux, les uns les adoreraient comme des dieux et les autres les pourchasseraient comme des démons. Aux époques de leur apparition, certains d'entre eux sont des souverains, d'autres des instructeurs, quelques-uns de grands philosophes, tandis que d'autres demeurent inconnus sauf des membres les plus avancés du groupe.
« C'est la tâche du Maître de conserver la véritable philosophie, mais l'aide des compagnons est nécessaire pour la redécouvrir et la promulguer. Les frères aînés ont indiqué une fois de plus où l'on pouvait trouver la vérité - la Théosophie - et les compagnons, dans le monde entier, s'efforcent de la présenter pour en accroître la diffusion et la propager.
« Les Frères Aînés de l'humanité sont des hommes qui ont atteint un stade de perfection dans des périodes d'évolution antérieures.
« Un Mahatma est difficile à trouver. Mais, indépendamment de toute discussion au sujet de dénominations précises, il y a assez de preuves et d'arguments pour démontrer qu'une confrérie d'hommes, possédant la prodigieuse connaissance décrite plus haut, a toujours existé et existe probablement encore aujourd'hui.
« Si la Théosophie - l'enseignement de cette Grande Loge - est, comme on l'affirme, à la fois scientifique et religieuse, nous avons encore plus de preuves de caractère éthique. Bouddha, Confucius et Jésus forment une triade puissante qui agit sur l'éthique et par elle. Le premier, un hindou, fonda une religion qui aujourd'hui a beaucoup plus d'adhérents que le Christianisme ; des siècles avant Jésus, Bouddha enseigna la même éthique que celui-ci et qui avait déjà été promulguée de longs siècles avant lui. Jésus, qui vint réformer son peuple, répéta cette ancienne éthique et Confucius fit de même pour l'antique et vénérable Chine.
« Pour le théosophe, tous ces grands noms représentent des membres de l'unique Fraternité, ayant tous une doctrine unique. Les personnages extraordinaires qui apparurent de temps à autre dans la civilisation occidentale, tels que Saint-Germain, Jacob Boehm, Cagliostro, Paracelse, Mesmer, le comte de Saint-Martin et Mme Blavatsky, étaient des agents envoyés pour accomplir, à l'heure propice, l'œuvre de la Grande Loge. Il est vrai que ces êtres sont généralement outragés et traités d'imposteurs, bien que personne ne puisse en comprendre la raison, puisque leur action est généralement bienfaisante et qu'ils proposent des idées ou font des découvertes dont la grande valeur pour la science est reconnue après leur mort. Jésus lui-même serait traité aujourd'hui d'imposteur s'il apparaissait dans certaines églises théâtrales de la Cinquième Avenue [New York], et admonestait ceux qui font profession d'être des chrétiens. Paracelse fut à l'origine de méthodes et de traitements précieux pour la médecine et aujourd'hui universellement adoptés. Mesmer fit connaître l'hypnotisme sous un autre nom. Mme Blavatsky attira une fois de plus l'attention de l'Occident sur le système le plus important concernant l'homme, sa nature et sa destinée, connu de la Loge depuis longtemps. » Extraits de L'Océan de Théosophie de W.Q. Judge

Le Mur Gardien
« A travers la vaste littérature hindoue nous trouvons un très grand nombre de noms de grands Adeptes, parfaitement connus du peuple, qui tous enseignaient la même doctrine : la grande épopée de l'âme humaine. Leurs noms ne sont pas familiers à l'oreille occidentale, mais les témoignages de leurs pensées, de leurs œuvres et de leurs pouvoirs demeurent. De plus, il existe de nos jours, dans l'Orient silencieux et immuable, des centaines de personnes qui savent, par leur expérience personnelle, que la Grande Loge existe toujours, avec ses Mahâtmas, ses Adeptes, ses Initiés et ses Frères. En outre, on trouve dans cette contrée un nombre si considérable d'hommes experts dans la mise en pratique d'un pouvoir mineur, mais néanmoins très surprenant, sur la nature et sur ses forces, que nous avons là un ensemble indéniable de témoignages humains à l'appui de ce que nous avançons.
« On peut concevoir que ces Maîtres - qui représentent les éléments les plus avancés de l'évolution humaine, et qui, en aînés, prennent sur eux la responsabilité de veiller sur leurs cadets. - ne passent pas leur temps à méditer sur l'Absolu et à siéger dans des ashrams ouverts au premier venu, en quête de solution à son mal de vivre. Aidés de leurs disciples, sélectionnés pour leur altruisme et leur aptitude à servir la Cause qu'ils ont à cœur, ces Maîtres ont le pouvoir d'être sans cesse présents aux réels besoins de l'humanité, sans limite de distance et sans considération de personne, pourvu que le bénéfice de leur action en revienne à la collectivité.
« On touche ici l'un des aspects les plus généreux de la Théosophie. À l'individu qui, avec elle, prend conscience de sa place dans l'univers - où chaque point vivant est relié à tous les autres, et où l'homme, à son niveau, est responsable non seulement de son évolution mais aussi du bien-être de l'ensemble - la Théosophie ne propose pas une voie de salut accélérée permettant d'en finir au plus vite avec la réincarnation, afin de s'engouffrer dans un nirvana sans retour. Elle offre la perspective de se joindre au Mur Gardien (1) formé par ceux qui n'ont franchi la porte de la plus haute initiation que pour être de plus efficaces défenseurs de la masse des hommes, qui vont trébuchant dans leurs propres ténèbres sur la voie incertaine de leur émancipation. » Extraits des Les lettres qui m'ont aidé de W.Q. Judge
(1) La Voix du Silence évoque ce mur protecteur comme un puissant symbole (p. 90) : « Construit par les mains de nombreux Maîtres de Compassion, érigé par leurs tortures, par leur sang cimenté, ce mur abrite le genre humain depuis que l'homme est homme et le protège contre des misères et douleurs potentielles encore plus grandes »

L'origine des « Idées innées »
« Nous avons connu la Loge des Maîtres dans des âges révolus. Ils ont provoqué en nous la naissance de la conscience réfléchie, et ont imprimé la Sagesse en caractères de Feu – que nous nommons maintenant les « idées innées » - Sagesse qui a la substance de la Divine Intuition. » Extrait de la revue The Theosophical Movement - Article de B.P. Wadia.

Les Maîtres et le Mouvement Théosophique
« Le Mouvement Théosophique, à toutes les époques et sous tous les climats, est créé par le travail des Maîtres, est maintenu en vie par la Richesse de Leur Sagesse et se trouve régénéré, à l'abri de la corruption, siècle après siècle, cycle après cycle. Le Mouvement ne meurt jamais, parce que ce triple processus est maintenu vivant par les Grands Maîtres et leurs fidèles serviteurs. » Extrait du Cahier Théosophique N° 135 de B.P. Wadia

Y a-t-il une différence entre un Maître et un Adepte ?
Il y a une grande différence : un adepte est celui qui est sur le sentier de la Maîtrise. Il y a de nombreux degrés d'Adeptat. Les Maîtres en raison de l'évolution et du grand effort qu'ils continuèrent au cours de nombreuses vies, sont maintenant au point, physiquement, mentalement et spirituellement où des adeptes et d'autres êtres qui font des efforts intenses seront dans un avenir éloigné. Ce sont des hommes vivants, simplement plus élevés et plus saints que nous. Quoiqu'en réalité ce soient des hommes vraiment vivants, nous ne devons cependant pas concevoir qu'ils soient semblables à nous-mêmes. Ils ont un corps, mais le corps est fait de la matière la plus hautement raffinée et spiritualisée, matière dont nous n'avons pas la moindre conception. Dans ces corps-là toutes les forces qui appartiennent à 1'homme, et par celles-ci, nous entendons la, plus sublime expression des grandes forces de la nature, jouent constamment, et doivent avoir un effet sur quiconque peut se trouver directement exposé à leur influence. Avec une telle conception de la nature de Leurs corps, il nous est possible de percevoir faiblement à quel degré de pouvoir et de gloire Leur nature intérieure s'est élevée. Si nous parvenons ainsi à saisir faiblement la nature des Maîtres, nous serons capables de Les révérer dans nos cœurs, et d'essayer de nous approcher plus près d'Eux dans notre être le plus intime. Nous ne nous laisserons pas non plus abuser par les prétentions formulées par ou pour telle ou telle personne. Enfin nous ne tiendrons pas pour acquis que des livres qui se proposent de définir les pouvoirs, la résidence, ou les prétendues caractéristiques individuelles des Maîtres, aient une valeur quelconque. Il n'y a dans tout cela que des simples spéculations et, en réalité, une tentative ayant pour objet de faire descendre ces grands Etres à notre plan de conception terrestre – « un emploi abusif des noms sacrés »; comme l'écrivit H. P. Blavatsky dans la Clé de la Théosophie. Les Maîtres sont des faits dans la Nature, des faits toutefois que nos idéaux les plus nobles ne pourront pas totalement embrasser. Dotons-Les donc du plus haut idéal que nous puissions concevoir d'Eux, essayons d'assimiler ce « sublime » idéal en nous-mêmes, tâchons de nous approcher d'Eux dans le plus profond de nos cœurs, et formons ainsi pour nous-mêmes cette ligne de communication à la construction de la quelle Ils ont déclaré qu'ils seraient toujours prêts à nous aider. Gardons cet idéal comme une chose sacrée dans le sanctuaire de notre cœur non pour y penser ni en parler à la légère, mais comme le réceptacle de nos aspirations les plus nobles, sûrement gardé à l'abri de toute intrusion, sacré et secret. Ainsi et ainsi seulement, pouvons-nous avec le temps, arriver à Les connaître face à face. (Réponses aux questions sur l'Océan de Théosophie, par Robert Crosbie, Ch. I, qestion n° 63)

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L'aventure posthume

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Le scénario du moment de la mort
Mourir n'est pas aussi simple qu'on le croit. Qu'on envisage l'événement du point de vue du corps autant que de la conscience.
Mme Blavatsky avait déjà signalé (en 1877) qu'il ne fallait pas trop se fier aux apparences. Les signes classiques de la mort qui, à l'époque, autorisaient la rédaction du bulletin de décès n'étaient pas des critères sûrs. Tant que le corps subtil n'a pas relâché ses liens avec le physique, et que les organes vitaux n'ont pas subi de dommages irréparables, un réveil est toujours possible. On s'en est rendu compte avec les techniques modernes de réanimation.
Quant à l'être conscient, le dernier soupir exhalé par le corps ne marque pas la fin de tout. Loin de là. De même qu'au théâtre, une fois tombé le rideau sur la dernière scène, le plateau et les coulisses deviennent le siège d'une grande activité, de même l'homme, quittant la scène du monde, découvre en se retirant dans sa sphère psychique un étrange spectacle, d'une extraordinaire intensité : la revue complète de toute sa vie écoulée. Même en cas de mort violente.
Dans un article publié en 1889 « La mémoire chez les mourants » Mme Blavatsky cite un texte théosophique (datant de 1883) dont l'actualité saute aux yeux après les enquêtes du Dr Moody :
« Au dernier moment, la vie tout entière est reflétée dans notre mémoire : elle émerge de tous les recoins oubliés, image après image, un événement succédant à l'autre. Le cerveau mourant déloge les souvenirs avec une impulsion de la dernière énergie et la mémoire restitue fidèlement chacune des impressions qui lui avaient été confiées pendant la période d'activité du cerveau...
« Aucun homme ne meurt fou ou inconscient — comme l'affirment certains physiologistes. Même un individu en proie à la folie, ou à une crise de delirium tremens, a son instant de parfaite lucidité au moment de la mort, bien qu'il soit incapable de le faire savoir aux assistants. Souvent, l'homme peut paraître mort. Pourtant, après la dernière pulsation, entre le dernier battement de son cœur et le moment où la dernière étincelle de chaleur animale quitte le corps, le cerveau pense et l'Ego passe en revue en quelques brèves secondes l'intégralité de sa vie.
« Aussi parlez tout bas vous qui vous trouvez près du lit d'un mourant, en la présence solennelle de la mort.
« Tout spécialement observez le calme dès que la mort aura posé sa main moite et froide sur le corps. Parlez tout bas, dis-je, de peur de troubler le cours naturel des pensées qui reviennent et d'empêcher l'activité intense du Passé projetant sa réflexion sur le voile du Futur... [Note 1] »
Que se passe-t-il en réalité ? Dans l'article cité, ainsi que dans La Clef de la Théosophie, Mme Blavatsky donne d'importants détails. A l'instant où le corps et les sens physiques cessent leurs fonctions, la conscience de la personne se fraie graduellement une voie d'évasion à travers les couches de son monde psychique (souvent, les mourants « voient » des parents décédés les accueillir avec affection) pour atteindre finalement, en pleine lucidité, une zone spirituelle directement placée sous la lumière propre de l'Ego.
Pendant un court instant, l'ego personnel devient un avec l'Ego individuel et omniscient.
« Si, au moment du grand changement que l'homme appelle la mort, ce que nous désignons comme "la mémoire" semble nous revenir dans toute sa vigueur et sa fraîcheur... ne serait-ce pas dû simplement au fait que, pendant quelques secondes au moins, nos deux mémoires (ou plutôt les deux états de conscience, l'inférieur et le supérieur) se rencontrent pour ne faire qu'une et que le mourant se trouve sur un plan où il n'y a ni passé ni futur mais où tout est en un seul présent ? [Note 2] »
Les descriptions des rescapés de la mort, interrogés par le Dr Moody, concordent étonnamment avec ces explications psychologiques de la Théosophie.
Dans cette extraordinaire expérience de transfert de la conscience terrestre jusqu'au plan de l'Ego, ce dernier a été perçu comme un Être de Lumière, plein d'amour et de bienveillance. Les témoins assurent : une compréhension mutuelle s'établit d'emblée, dans un dialogue sans mot. Comment s'en étonner ? La personnalité a été tout au long de son existence comme une branche soutenue par le tronc vivant de l'Ego. A l'heure où la sève se retire, elle retrouve la source dont elle n'avait jamais été séparée.
C'est aussi à ce moment que s'illumine le sommet du cœur, comme l'a enseigné la Brihadâranyaka Upanishad [Note 3].

L'instant de vérité
Observons bien les conditions de la vision : au seuil même de la mort, plus d'émotion, plus de crainte ni de projet. La pleine lumière. En un clin d'œil, le mourant se révèle à lui-même.
« Mais cet instant suffit pour lui montrer tout l'enchaînement des causes qui ont opéré sa vie durant. Il se voit et se comprend tel qu'il est, dépouillé de toute flatterie et cessant d'être dupe de ses propres illusions. Il lit sa vie en spectateur qui contemple l'arène qu'il quitte ; il sent et reconnaît la justice de toute la souffrance qu'il a subie [Note 4]. »
Sans exception, chacun vit un jour cet instant de vérité. Parfois même, c'est le film de plusieurs vies successives qui se déroule à l'œil intérieur d'hommes bons et saints [Note 5] : « ils reconnaissent alors la loi de karma dans toute sa majesté et sa justice... ».
Tous ceux qui ont vécu cette expérience, et ont eu la chance de revenir, affirment avoir perdu toute crainte de la mort. Et la vie a pris désormais le sens nouveau d'une partie à jouer avec ferveur. Sur deux tableaux : comprendre et aimer. C'est précisément sur cette double voie — jñâna (connaissance) et bhakti (amour et service dévotionnels) — que l'Ego pousse sa personnalité sur l'échiquier terrestre — si elle veut bien obéir à ses sollicitations.

L'aventure posthume
Et après ?
Personne, dit-on, n'est revenu pour décrire la suite de l'aventure posthume.
L'homme ordinaire qui vit rivé à son corps physique est bien incapable de s'en passer pour penser et vouloir, alors que certains mystiques tibétains s'exercent, dit-on, au transfert de la conscience hors de ce corps. Ce qui leur permet de traverser le Bardo (la période post mortem) en voyageurs avertis [Note 6]. En attendant cet exploit futur, M. Dupont meurt bel et bien. La séparation définitive qui se produit entre l'âme personnelle et son soutien de chair entraîne une désorganisation profonde : la machinerie psychique est mise hors service pour un temps.
Quelles que soient les conditions du décès, mort naturelle ou violente, survenant dans l'enfance ou à un âge avancé, et que l'homme soit bon, mauvais ou indifférent la conscience le quitte aussi soudainement que la flamme quitte la mèche quand on la souffle. Le matérialiste triomphe ?
Détrompons-nous. Il faut le temps que des mécanismes naturels se déclenchent pour organiser dans le corps psychique, « choqué » par la mort, une espèce de « cerveau » assez structuré pour autoriser une vague conscience personnelle à ce niveau. Mme Blavatsky a fait cette suggestion : « Le corps astral qui, pendant la vie est recouvert de l'enveloppe physique grossière, devient à son tour — une fois que la mort physique l'a libéré de cette carapace — la coquille qui abrite un autre corps plus éthéré. »
Cette élaboration commence aussitôt après la mort. Un tel processus se répète à chaque transition quand la conscience passe d'une sphère à l'autre. « Mais l'âme immortelle... ne change jamais, et reste indestructible. »
Rappelons ici ce que nous avons appris de l'Inde : le décédé doit se constituer un corps spécial (deha ou sharîra) pour goûter les jouissances ou souffrances post mortem. En fait, on le voit, ce corps est plutôt une base intérieure de conscience, un champ psychique assez structuré pour y recevoir les expériences propres au plan abordé.
La conscience personnelle va-t-elle d'ailleurs se réveiller complètement à chaque étape avant de rejoindre sa source ?
La réponse est non. En général. Il y a des exceptions [Note 7]. Et des exceptions aux exceptions [Note 8].
Cette disposition de la Nature est d'ailleurs fort heureuse. Car le monde de la mort est un monde d'effets que subit la conscience, sans pouvoir exercer le contrôle de la volonté. Et il se trouve que la traversée de l'univers psychique, ou astral, n'est pas de tout repos.

Un étrange creuset d'alchimiste
Faisons le point : le corps subtil privé de son prolongement physique n'est plus d'aucune utilité pour l'Ego. Commence alors un phénomène de rejet de cette enveloppe qui a fait son temps, et est vouée à la décomposition. Mais en se dégageant de cette entrave, l'Ego va entraîner avec lui — un peu comme un puissant aimant attire la limaille de fer en suspension dans un liquide — toutes les énergies psychiques du corps astral qui sont en harmonie avec sa nature. Une image plus poétique est celle du cygne (Hamsa) de la légende indienne qu'on dit capable de séparer, pour s'en nourrir, le lait de l'eau.
Cette phase est capitale : elle permet à l'Ego de réunir tout le butin spirituel de la vie qui vient de s'écouler. Il paraît que cette opération, qui finalement ampute l'animal psychique de ses forces vives, ne se fait pas sans mal. Ce n'est pas une idéale décantation. On peut évoquer un creuset d'alchimiste où travaille une masse en fusion pour aboutir à séparer le métal pur de ses scories. Mais ici nous n'avons pas affaire à des éléments inertes : la séparation des énergies terrestres et célestes est un processus... énergique.
Il est question d'une sorte de lutte à mort, un combat suprême entre les deux pôles de la personnalité. C'est qu'il y a une énorme force psychique cachée dans nos passions, nos désirs insatisfaits, notre attachement farouche à la terre.
De toutes les régions du kâma loka des bouddhistes, cette zone astrale où a lieu cette expérience purgatorielle, est bien celle où les énergies de kâma (le désir) se déchaînent de toute leur force [Note 9], jusqu'au moment de la seconde mort qui libère l'Ego de son fardeau.
S'il existe un jugement des morts, ne serait-ce pas à ce point du kâma loka qu'il se situe ? Il est vrai qu'il y a eu déjà la vision panoramique de la vie à l'heure dernière. Une vision globale, impartiale, mais sans condamnation. Ici, au contraire, l'âme personnelle est dans la balance. Tout l'agrégat des énergies psychiques d'une vie entière va-t-il être abandonné comme un inutile rebut dont rien ne mérite d'être sauvegardé ? Ou bien se trouvera-t-il, dans toute cette masse, quelque filon d'humanité spirituelle à exploiter par l'Ego, pour l'intégrer à sa nature impérissable ?
Sauf exception, dans le cas d'êtres grossiers et méchants dont la personnalité se réveille et s'active dans le climat de ce kâma loka, l'homme n'assiste pas consciemment à cette tempête, qui serait pour lui un inutile cauchemar — de même que la nature le préserve de sentir la désagrégation de son corps physique avant la mort.
Dans son aventure posthume, l'homme normal — ni ange ni bête — ne souffre pas les tortures dont le menace l'exotérisme des religions. Et dans le kâma loka, il ne purge pas une peine en attendant de mériter le ciel : il se dépouille de tout ce qui ne peut y entrer.
Les peines viendront plus tard, dans la prochaine incarnation, où les conséquences des actes erronés se présenteront dans des conditions où l'homme complet, avec une intelligence et une volonté actives, pourra y faire face en mobilisant toutes ses ressources. Dans les conditions mêmes où il a engagé sa responsabilité karmique dans la vie précédente.
En attendant, la mort est une phase de repos et d'intense assimilation pour l'Ego.
Quant au corps psychique abandonné après la seconde mort, il est voué à la désagrégation. On lui donne le nom imagé de coque astrale (en anglais : astral shell) pour signifier qu'il est vide de toute conscience humaine. Ce n'est qu'une enveloppe bourrée d'énergies de désir (un kâma rûpa). Privée de toute intelligence et de sens moral, elle conserve cependant, comme une bande magnétique, toutes les informations relatives à la personnalité défunte — en fait, tous les skandha [Note 10] y sont comme photographiés. Qu'un médium se mette en rapport avec une pareille entité — en lui offrant les services de sa propre constitution humaine — il donnera l'illusion parfaite aux assistants d'être relié à l'esprit vivant d'un décédé. Mémoire des faits, intonation de la voix, façon d'écrire, de dessiner, tics, habitudes — toute l'information est là, comme dans une cassette de haute fidélité. Il suffit de l'activer par le canal d'un « lecteur » convenable [Note 11]. Pendant ce temps-là, l'Ego est loin. Si l'on peut dire.

Une naissance au ciel
Sauf si l'Ego n'a rien pu glaner — auquel cas la réincarnation presque immédiate est inévitable — une nouvelle métamorphose va se produire.
Les éléments spirituels soutirés à la personnalité vont maintenant induire l'élaboration par l'Ego d'un cadre particulier permettant de les assimiler. Il s'agit ici de la production d'un corps céleste indispensable pour accéder a l'état de conscience du devachan [Note 12]. C'est effectivement une période de gestation qui commence. On se prend à songer que l'Ego tisse, de sa propre substance, une enveloppe éphémère qui va faire revivre tout le côté lumineux de l'homme terrestre, et offrir une libre carrière à ses énergies les plus nobles. Le développement de cet enfant céleste dans la matrice de l'Ego a une durée proportionnée à la qualité spirituelle de l'individu. Pendant cette attente, aucune conscience personnelle.
La Théosophie ne s'étend pas beaucoup sur ce point. Vers la fin de la période de gestation, la conscience se réveille par étapes. Peut-être le temps de s'adapter à l'atmosphère céleste où elle émerge.
C'est maintenant une béatitude sans mélange du devachan [Note 13]. Enfermé dans les images idéales de sa personnalité sublimée, l'Ego va vivre une expérience subjective dont rien ne peut donner une image approchante. L'instant de bonheur terrestre le plus complet, la vision la plus lumineuse ne donnent qu'une pâle idée de l'intensité et de la félicité de cette sorte de rêve, où aucune limite n'existe plus, aucune ombre, aucune contrainte, rien de ce qui mélange ici-bas toujours un peu de fiel à la plus douce ambroisie. Là, tous les élans d'amour généreux, les souhaits non réalisés, les aspirations nobles, les désirs de progrès inassouvis, les appels à la justice divine dans les souffrances que l'on croyait imméritées, en somme toutes les énergies de la vie psychique qui ont quelque support de nature spirituelle, tous les besoins légitimes frustrés sont autant de germes qui vont croître et s'épanouir en visions sublimes, en actions vécues, en réalisations sans cesse plus parfaites.
Isolé dans sa sphère, l'être se voit entouré de ceux qu'il a aimés — la mère choie des enfants idéaux qui lui rendent son amour, le philanthrope sert une humanité enfin heureuse et le musicien goûte à l'infini les harmonies sublimes qu'il avait vainement recherchées. Le fidèle entre dans la lumière du Dieu qu'il a appelé de ses prières, selon les images que sa foi lui avait proposées.
L'Ego médite en lui-même sa dernière incarnation — en dehors des limites du temps et de l'espace. Toujours, un présent intense. Dans cet état indescriptible où la personnalité est enfin heureuse, au-delà de tout ce qu'elle aurait pu imaginer, il n'y a plus aucun contact possible avec les vivants. Mais il est dit que la mort n'est pas un obstacle à la force de l'amour entre les êtres.
C'est ici vraiment que l'enveloppe de l'Ego mérite son nom védantique : gaine-de-félicité.

Le retour à l'incarnation
La fin d'un paradis
Illusion que tout cela ! Temps perdu ! murmure le chercheur d'Absolu. Sans doute, mais étape inévitable et bienfaisante sur la voie de la libération. Si l'homme à l'état incarné était sans cesse conscient de sa nature profonde et se comportait comme un digne ambassadeur du Monarque intérieur, ses actions renforceraient en lui l'empire de ce Roi, il ne se projetterait pas constamment dans des chimères en s'y épuisant — et ce paradis ne serait plus nécessaire.
Il est vrai que ce séjour peut nous retenir au ciel bien longtemps. La Bhagavad-Gîtâ avait dit : de très nombreuses années. Dans le cas de l'aspirant yogi [Note 14].
Pour les hommes que nous sommes, la moyenne de l'intervalle entre deux vies s'établit aux environs de 1.000 à 1.500 ans. Tout étant proportionné à l'ampleur de la moisson d'une vie, on ne peut fixer de chiffre précis, applicable à chaque cas. Dans une maternité, deux enfants qui naissent en même temps ont eu certainement des aventures pré-natales fort différentes : peut-être 300 ans de repos pour l'un, 3.000 pour l'autre. Une chose est sûre : le paradis n'est pas éternel, et l'être qui le vit y traverse diverses phases, comparables à l'enfance et à l'âge mûr. Et un moment arrive où s'épuisent les énergies qui soutenaient l'Ego dans son rêve : progressivement, il s'en dégage. Et la conscience personnelle, qui a eu son heure de gloire, vient à s'éteindre définitivement.
On dit alors que l'âme a traversé le fleuve du Léthé : rien ne reste plus de l'homme ou de la femme qui a vécu jadis sur la terre. Rien, sinon la riche moisson d'expériences humaines que l'Ego a récoltée, et qu'il a ajoutée comme une perle à « un collier précieux — la succession de toutes ses vies antérieures » [Note 15].
Dégagé des dernières images de sa personnalité évanouie, l'Ego jouit de sa pleine liberté, comme un foyer de conscience universelle... avant que l'heure du retour sonne à l'horloge karmique. Les liens magnétiques qui l'unissent à la terre se réaffirment. Une nouvelle incarnation est inévitable. Mais, dans sa liberté un moment retrouvée, il a une vision prospective de la vie qui l'attend et réalise toutes les causes qui y ont conduit. Mme Blavatsky précise : le « fil d'or », voit toutes ses « perles » et il n'en manque pas une.
Cette vision semble avoir lieu juste avant la naissance. L'Ego y perçoit les lignes du futur et leur justice. Il se charge de sa croix : un nouvel enfant est né sur la terre.

Un être tout neuf
Peu de détails précis sur le processus de la conception : il semble que même avant ce moment une certaine connexion s'établisse entre l'Ego et la future mère. Quoi qu'il en soit, l'enfant se développera sur une trame définie par le karma venu à maturité, sur des programmes où se réaffirment les tendances et caractéristiques physiques, psychiques et spirituelles des incarnations précédentes.
Pour la Théosophie, c'est un être tout neuf qui vient au monde, bien que porteur de multiples hérédités — celles de ses parents, de sa race et... de son âme. Cerveau et corps neufs. Corps astral nouveau, où va se constituer un nouveau psychisme. Les bouddhistes avaient raison : c'est une conscience nouvelle qui s'établit dans un nouveau domaine. Rien d'étonnant d'ailleurs à ce que le nouvel être ignore tout de ses prédécesseurs : le souvenir des vies passées lui est inaccessible — étant dans la partie permanente de l'Ego.
Il y a pourtant des exceptions. Ce sont les cas de réincarnation presque immédiate signalés par Mme Blavatsky :
— enfants morts en bas âge : avortements, enfants décédés avant d'avoir vécu une vie d'êtres responsables [Note 16],
— idiots congénitaux (donc irresponsables).
Si on laisse de côté les cas déjà évoqués des yogis et des bodhisattva, qu'arrive-t-il à ces êtres fauchés par la mort, souvent en pleine vitalité ? Les forces ascensionnelles qui les éloigneraient de la terre sont inexistantes, alors que toute la vie qu'ils portent en eux les entraîne au contraire vers l'incarnation.
Ils renaissent donc, mais avec le même corps psychique, les mêmes éléments de personnalité; en particulier, avec la mémoire de leur existence précédente. Et, parfois, ils racontent leurs souvenirs. Les adultes n'en reviennent pas. Le professeur Ian Stevenson a dans ses dossiers plus d'un cas qui se range dans cette description [Note 17].
Ne confondons pas ces exemples avec ceux des hommes grossiers dont l'Ego est rappelé à une incarnation très rapide : ils renaissent en ayant abandonné dans la psychosphère de la terre une coque astrale qui, dans leur cas, peut mettre des siècles à se désintégrer. Un danger public. Notons d'ailleurs que le plus bestial des hommes ne s'incarnera jamais dans un corps animal. La Nature ne revient jamais en arrière [Note 18].
L'Ego ne tombe pas dans n'importe quel corps : le germe idéal de l'enfant à naître n'est sûrement pas fourni par les parents. Et l'Ego est attiré vers eux par des affinités du passé.
Ajoutons, si c'était nécessaire, que parler d'incarnation pour l'Ego est un peu un abus de termes. Cet Être ne descend pas dans un corps de chair pour s'y enfermer. Il n'est pas dans ma main qui écrit, ni dans votre œil qui lit. Mais s'il n'animait pas ce corps de quelque manière, nous ne serions pas des penseurs, réfléchissant à la réincarnation.

[Extrait de l'ouvrage La réincarnation, des preuves aux certitudes,
disponible aux Editions Textes Théosophiques, à Paris] top-iconRetour en Hauttop-icon
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NOTES
1. Ces recommandations, émanant d'un personnage vénéré de Mme Blavatsky, contrastent fortement avec la pratique courante — au Tibet en particulier — consistant à crier à l'oreille d'un mourant les instructions de la religion exotérique.
2. Rien ne peut disparaître de la mémoire de l'Ego. Pour lui ce n'est d'ailleurs pas une mémoire mais « une réalité toujours présente sur un plan qui se trouve au-delà de nos conceptions de l'espace et du temps ».
3. Brihadâranyaka Upanishad :

« Comme un chariot lourdement chargé s'avance en craquant,
Ainsi le soi-du-corps, portant sur lui le soi-de-connaissance, s'en va gémissant
A l'heure de rendre le dernier soupir.
Quand il perd ses forces, par le vieil âge ou la maladie,
De même que la mangue, le fruit du figuier udumbara, ou de l'arbre pippal,
Se détache de la tige,
De même cet être (purusha) se détache de ses membres
Pour regagner son origine...
De même que gardiens de l'ordre, magistrats, écuyers et chefs de villages
Entourent un roi à l'heure de son départ,
De même à l'heure de la fin, toutes les énergies vitales
S'assemblent autour de ce soi, au moment où l'homme va rendre le dernier soupir...
Alors le sommet du cœur s'illumine, et, dans cette splendeur (pradyota), ce Soi (Âtman) s'échappe.
Il quitte le corps par l'œil, par la tête ou quelque autre partie.
La vie s'échappe avec lui et tous les souffles l'accompagnent.
Le Soi est conscience, et c'est conscient qu'il transmigre. »

4. La Clef de la Théosophie, page 177.
5. Ce privilège marque bien que chaque être subit d'une façon personnalisée l'effet d'une loi générale. Les enquêtes auprès des mourants rescapés confirment bien ce point ; la qualité des expériences est très variable : certains ont parlé simplement d'une succession rapide d'images, d'autres ont nettement compris les conséquences à longue portée de leurs actes ; d'autres ont même fait une sorte d'expérience d'omniscience au contact de l'Être de Lumière. Rappelons ici le mot de Mme Blavatsky : l'Ego est presque omniscient, dans sa nature immortelle.
6. Les adeptes du yoga spirituel, qui apprennent à maîtriser et purifier tous leurs instruments, savent passer consciemment sur tous les plans de leur nature et y exercer leurs pouvoirs. Prenons garde à cette tentation du « transfert de la conscience » : devenir actif sur le plan astral, ou psychique, c'est se payer le luxe de créer du karma nouveau qui risque d'être encore plus lourd que le karma terrestre que nous traînons. Sans parler des dangers de l'aventure.
7. Dans les cas spéciaux, il faut ranger les suicidés et les individus décédés de mort violente (exécution capitale, etc.) arrachés à la vie en pleine force et avec d'immenses désirs inassouvis. Ils ne sont morts qu'en apparence mais restent pris dans les remous de la zone la plus sensible de leur psychisme. Si les hommes savaient, ils en finiraient une bonne fois avec la peine capitale. Quant au suicide, ce n'est pas un hasard si les religions l'interdisent.
8. Citons par exemple le cas des accidentés, morts avant le terme de leur programme biologique. La Théosophie suggère la possibilité pour eux d'une période d'attente où s'épuise la réserve de vitalité qui les aurait portés à un âge bien plus avancé. Cette attente se fait dans une semi-inconscience peuplée de rêves paisibles. Sauf si ces individus sont morts avec la haine au cœur, ou pleins de désirs bestiaux.
9. Les théosophes donnent généralement le nom de Kâma loka à cette phase particulière de la vie post mortem.
10. Les skandha sont les attributs de chaque personnalité qui, après la mort, forment la base, pour ainsi dire, d'une nouvelle incarnation karmique.
11. Si l'on tient compte de ce que le « lecteur » (le médium en l'occurrence) peut en « rajouter », de son propre cru, ou en puisant dans le mental des assistants ou encore dans le mental collectif de la Lumière Astrale, on arrive à un ensemble inépuisable de messages possibles en provenance de l'« au-delà ».
12. La Théosophie a appelé cet état exalté le devachan, d'après un mot tibétain emprunté à l'exotérisme bouddhique, où il désigne apparemment le paradis occidental d'Amitabha.
13. Sauf pour le sceptique endurci.
14. Au contraire, un yogi entraîné, un initié, apprend à éviter cette longue période d'assimilation et de repos, pour continuer sans retard sa progression ou, comme le bodhisattva, œuvrer au salut des autres.
15. L'Ego est appelé aussi Sutrâtma, l'Âme-fil qui réunit entre elles toutes les perles du collier un tout. Shankarâchârya précise que la gaine-de-félicité est le produit des bonnes actions accomplies en d'autres existences — ce qui prend tout son sens avec les explications de la Théosophie sur la vie post mortem.
16. On fixe traditionnellement à 7 ans l'âge de raison ; c'est à ce moment que l'influence morale de l'Ego commence à se faire sentir et que l'enfant devient créateur de karma, selon le mot consacré.
17. Par exemple dans son ouvrage Twenty Cases Suggestive of Reincarnation.
18. Par la qualité de sa pensée, l'homme est censé non seulement progresser lui-même mais aider aussi les êtres des règnes inférieurs. Comme il échange constamment des énergies et des substances de toute sorte avec le cosmos, il arrive que ces éléments humains aillent vitaliser des règnes inférieurs en les marquant de leur empreinte, noble ou grossière. L'homme ne s'incarne jamais dans un animal, mais ses « atomes vitaux » peuvent communiquer leur magnétisme au monde animal, s'y « incarner » pour ainsi dire. C'est l'explication théosophique de la superstition de la métempsychose.
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