Samedi 23 Septembre 2017

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Retour Cœur de la Théosophie Qui était William Quan Judge - Le disciple

Qui était William Quan Judge - Le disciple

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Bref rappel historique

Judge est né en Irlande, à Dublin, en 1851. En 1864, il émigre aux États Unis avec sa famille. Très tôt il se passionne pour le mysticisme et dévore quantité de livres. Il termine ses études à New York, où il devient un avocat d'affaire apprécié. Marié en 1874, il n'aura qu'un enfant qui mourut très jeune. Sa rencontre avec H.P. Blavatsky, en 1874, bouleversera sa vie qui sera dès lors consacrée, en dehors de ses activités professionnelles, à la Théosophie. Il restera son ami fidèle, son digne co-travailleur, et le disciple de ses Maîtres.
William Quan Judge fut l'un des trois principaux fondateurs de la Société Théosophique originelle en 1875, avec H.P. Blavasky et H.S. Olcott. Il se sacrifia à la Cause de la Théosophie, et il fut le principal instigateur du développement du Mouvement Théosophique en Amérique. Il mourut à New York le 21 avril 1896.

Le lien indissoluble entre W. Q. Judge et H.P. Blavatsky
Les enseignements de W. Q. Judge sont les mêmes que ceux de Mme Blavatsky mais présentés d'une manière qui nous est plus accessible.
Il avait rencontré Blavatsky pour la première fois en 1874 (il avait 23 ans) et il eut tout de suite l'impression de l'avoir connue dans des vies antérieures. Elle le reconnut aussi. Elle était le professeur et lui l'élève et elle lui révéla encore une fois les plans de travail. Voici ce que Judge écrivit en 1891 :

« C'est à New York, en 1874, que, pour la première fois dans cette vie, j'ai rencontré H.P.B. A sa demande et par l'intermédiaire du colonel H.S. Olcott, la rencontre eut lieu dans ses appartements d'Irving Place, où elle était alors entourée d'hommes préoccu¬pés, d'intellectuels, de bohèmes, de riches et de pauvres, qui d'ailleurs ne la quittèrent pas tout au long de son orageuse carrière. Ce fut son regard qui m'attira, celui de quelqu'un que j'avais dû connaître dans un lointain passé, dans d'autres vies. Je vis par ce regard — qui jamais ne changea par la suite — qu'elle me reconnut dès cette première heure. Ce n'était pas pour l'interroger sur des philosophies que j'étais venu en sa présence, ni comme un chercheur tâtonnant dans les ténèbres pour retrouver des lumières obscurcies par certaines écoles et théories fantaisistes, mais bien plutôt comme un homme qui, après avoir longtemps erré dans les couloirs de la vie, était en quête des amis qui pourraient lui montrer où avaient été cachés les plans de l'œuvre à réaliser. Elle répondit loyalement à cet appel et révéla à nouveau ces directives — sans donner à leur sujet d'explications verbales, mais en se contentant de les indiquer — puis elle se remit à l'ouvrage. C'était comme si nous nous étions quittés la veille au soir, en laissant inachevés certains détails d'une tâche entreprise dans un but commun. Nous étions comme maître et élève. Frère aîné et frère cadet, tous deux tournés vers un même objectif, mais elle avait la puissance et la connaissance qui n'appartien¬nent qu'aux lions et aux sages. Ainsi, amis dès le début, je me sentis en sécurité. D'autres, je le sais, ont considéré avec suspicion des apparences qu'ils ne pouvaient pas comprendre ; et s'il est vrai qu'ils présentent des preuves nombreuses qui, à les en croire, suffiraient à envoyer en enfer sages et dieux, il n'en est pas moins vrai que c'est uniquement leur aveuglement qui les a empêchés de voir le regard de lion et le cœur de diamant de H.P.B. » ‒ Article de W.Q. Judge « Votre jusqu'à la mort et au-delà, H.P.B. »

Dans son cinquième et dernier message aux Théosophes américains réunis en Congrès de la Section américaine de la Société Théosophique, le 15 avril 1891, Blavatsky écrivait peu de temps avant sa mort :

« FRÈRES THÉOSOPHES,
« J'ai omis à dessein de mentionner mon plus vieil ami et collaborateur, W.Q. Judge, dans le message collectif que je vous ai envoyé. Je pense en effet que les efforts infatigables et pleins d'abnégation qu'il a déployés pour instaurer la Théosophie en Amérique méritent une mention spéciale.
« Sans W.Q. Judge, la Théosophie n'en serait pas au point qu'elle a atteint aujourd'hui aux États-Unis. C'est lui principalement qui a édifié le Mouvement parmi vous ; c'est lui qui, de mille manières, a donné la preuve de son entière loyauté envers les intérêts les plus hauts de la Théosophie et de la Société.
« L'admiration réciproque ne doit jouer aucun rôle dans un Congrès Théosophique, mais l'honneur doit être rendu là où l'honneur est dû. Je saisis avec joie cette opportunité pour affirmer publiquement, par la bouche de mon amie et collègue Annie Besant, ma profonde appréciation du travail de votre Secrétaire Général, et de lui exprimer publiquement, au nom de la Théosophie, mes remerciements les plus sincères et ma gratitude la plus profonde pour la noble tâche qu'il a accomplie et continue d'accomplir. » ‒ H.P. Blavatsky, lesCinq Messages.

On sait, par ailleurs, que W.Q. Judge a rencontré des Adeptes en Amérique du Sud.
Mais les disciples ne sont pas prolixes sur leur vie qui de toute façon doit rester secrète. Ils disent en quelque sorte : « ne regardez pas le doigt de la main mais la direction qu'il indique » et cette direction est celle des enseignements des Maîtres spirituels.
En tant qu'instructeur W.Q. Judge dit dans la préface de son ouvrage l'Océan de Théosophie :

« Des assertions audacieuses y sont faites basées sur la connaissance de l'auteur [...] Le ton de profonde conviction qui peut paraître imprégner ces chapitres n'est dû ni au dogmatisme ni à la suffisance ; il découle de la connaissance basée sur les faits et l'expérience. »

Le rôle de William Quan Judge dans le Mouvement Théosophique
W.Q. Judge n'aura pas l'audace d'écrire des livres « originaux » sur la Théosophie et l'Occultisme, ni l'orgueil de chercher à « améliorer » les écrits d'H.P. Blavatsky. Il traduira fidèlement la pensée de cette dernière en un style qui nous soit plus compréhensible, sans rien ajouter, intercaler, ou soustraire. Il sera un transmetteur, marchant exactement sur les traces de ses prédécesseurs, ce que chacun peut vérifier par lui-même en étudiant ses quelques livres et nombreux articles.
« Vous les reconnaîtrez à leurs fruits » dit la Bible : W.Q. Judge doit être connu par ses écrits, afin de trouver les raisons de le respecter. Sa plume n'a pas la vigueur ni la profondeur de celle de H. P. Blavatsky. Elle était le Messager et lui (avec quelques autres) était un fidèle de ce qu'elle enseignait, et un infatigable transmetteur de ce qu'elle transmettait elle-même. Un de ses proches dira : « Lorsque la "PRÉSENCE" est sur lui, il sait bien ce que d'autres ne font que soupçonner et "deviner". »

Le pionnier du développement de la Théosophie en Amérique
Au moment de la mort de H.P. Blavatsky, Judge qui était Vice-président de la Société Théosophique entière et Secrétaire Général de la Section Américaine, continuera à ensemencer avec les graines qu'elle laissait derrière elle. Il travaillera, humblement, sans se pousser en avant, et sans attirer l'attention sur sa propre personne. Il sera un merveilleux instructeur de la Théosophie, tout dévoué aux enseignements et au service de l'humanité.
Il fût un merveilleux administrateur, dont la connaissance de la nature humaine et la capacité de guider ses semblables furent d'un ordre très élevé qui le mettaient en état de donner une ligne de conduite toujours juste et conforme aux Principes et à l'Ethique de la Théosophie.
En 1886, il créa la revue The Path qui sera un instrument puissant pour la propagation du Mouvement. Sa contribution en articles de grandes valeurs, signés sous différents pseudonymes, révèlent sa maîtrise de l'enseignement, sa profondeur spirituelle, et sa qualité de transmetteur éclairé. Il créa en 1889 la revue The Theosophical Forum qui était un outil de dialogue actif avec les Théosophes dans le monde.
Il travaillera comme un disciple fidèle des Maîtres et de la Cause de la Théosophie pendant vingt-et-un an (trois périodes de sept ans). Frappé par une maladie incurable contractée au cours d'un de ses déplacements professionnels en Amérique centrale, il se battra pour ne pas mourir avant d'avoir suffisamment imprégné le Mouvement du levain de sa connaissance de la Vérité et de son expérience de la méthode du Service de l'Humanité.
Il restera longtemps grandement méconnu ; beaucoup de choses erronées seront dites à son sujet. Si les ennemis de H.P. Blavatsky furent en dehors du Mouvement Théosophique, ceux de son Élève seront à l'intérieur. Tout chercheur honnête peut, et tout Théosophe doit étudier ses écrits pour comprendre la profondeur du mental et du cœur de William Quan Judge.

Un guide vers notre propre nature spirituelle
« On peut trouver la preuve évidente de la grandeur et de la capacité de William Q. Judge, en tant qu'Instructeur, dans ses écrits. [...] On devrait rechercher ces écrits et les étudier en liaison avec ceux d'H.P. Blavatsky. Cette étude amènera à la conviction que tous deux furent de grands Instructeurs — chacun ayant une mission particulière — que l'un et l'autre étaient sui generis, que leur travail était complémentaire et qu'au¬cun d'eux n'a eu et ne pouvait avoir quelque successeur que ce fût. » – Article de Robert Crosbie « Dans les débuts » (Cahier Théosophique N°131, p. 14)
« Le bon sens Théosophique en appelle à chaque être humain dans le monde ; la grande chose est de posséder ce bon sens. W.Q. Judge l'avait par excellence ; son conseil est sûr et bon à suivre. [...]
« Nous considérons que les écrits de W.Q. Judge sont particulièrement adaptés aux besoins des occidentaux. Nous connaissons leurs valeurs. Nous savons, aussi, que le monde en général et les théosophes en particulier ne sont pas conscients de leur existence, et c'est notre désir et intention qu'ils soient connus ; dans toute la mesure où le permettront les circonstances et les opportunités. Ainsi, nous devons nous attacher à notre but, non parce qu'il est le nôtre, mais parce que c'est le plus grand bien et la meilleure chose que nous puissions faire. Afin qu'eux, aussi, puissent voir comme nous voyons ». – R. Crosbie, Le philosophe amical.

Le lien entre l'Orient et l'Occident
Son rôle principal au sein du Mouvement Théosophique sera d'être le lien, l'intermédiaire, entre les hommes et la Fraternité des Maîtres de Sagesse.
Madame Blavatsky dira de W.Q. Judge « qu'il est l'Antaskarana [= l'organe vivant de communication consciente], le chaînon, entre les deux Manas, la pensée américaine et la pensée indienne, ou plutôt la Connaissance ésotérique trans-himalayenne ».

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