Vendredi 23 Juin 2017

Mis à jour le Ven. 23 Jui. 2017 à 16:25

Retour Cœur de la Théosophie Le mystère de la vie et de la mort

Le mystère de la vie et de la mort

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La mort a toujours présenté aux humains, un mystère insondable : est-elle la porte ouvrant sur un anéantissement total, ou est-elle l'accès à un tribunal des âmes, avec le risque pour elles d'une damnation éternelle, ou l'espoir d'un salut final, dans la Félicité d'un Paradis, impossible à imaginer ?
Pour la Théosophie, ces peurs ou ces espérances (souvent agitées par les religions exotériques, pour maintenir les foules dans le droit chemin prêché par leurs bons apôtres) doivent être écartées, comme sans fondement réel.
La mort n'est qu'une étape dans le grand pèlerinage de la vie, que parcourent les âmes humaines au fil d'incarnations successives. La naissance dans un corps leur permet de faire les expériences nécessaires à leur éveil progressif au grand Mystère de leur être intime, leur Soi spirituel, qui est comme un rayon du Grand Soleil Spirituel Universel.
Cependant une seule naissance ne suffit pas pour atteindre un but aussi élevé, de l'ordre divin. Elle n'est au fond, qu'une étape de notre grand pèlerinage sur la terre. La mort permet de sortir du chemin, le temps d'un repos nécessaire, mais aussi pour faire un bilan provisoire des acquis, ou des imperfections, qui ont marqué l'étape qui vient d'être franchie.
Tout ceci est, en somme, planifié par la Loi d'ordre de la vie, qui ne laisse rien au hasard, et qu'il faudrait accepter en toute confiance.
L'homme est, pour le moment, comme un apprenti, inspiré par sa conscience, son sens inné du Beau, du Vrai, du Juste, mais aussi soumis à mille tentations, qui le poussent à jouir des avantages dont il dispose, pour en tirer bénéfice. L'apprenti agit selon sa volonté, mais rien ne sera gratuit pour lui : chaque action – par l'effet de la Loi de Karma – entrainera une réaction, dont il bénéficiera ou aura à souffrir, selon le sens éthique de ses comportements. Karma intervient dans toutes les étapes du pèlerinage. Cependant la mort, qui achève une étape, ne vient pas comme un temps de punition, ou de récompense. Elle ouvre sur un monde d'effets sans aucun doute, car l'âme privée désormais de ses instruments terrestres, ne peut plus agir, ni décider, pour aller dans un sens ou dans un autre, mais elle va rester consciente, dans sa partie la plus intime, pour bénéficier au mieux de ce temps de repos, avant d'affronter une nouvelle étape incarnée.
L'article, ci-joint, « L'aventure posthume », résume l'enseignement de la théosophie sur les différents états de l'homme après la mort et avant sa prochaine renaissance sur terre.

Les citations suivantes sur la mort sont tirées des ouvrages théosophiques :

Le moment de la mort – Le mourir
« Lorsque le souffle quitte le corps, nous disons que l'homme est mort, mais ce n'est là que le commencement de la mort ; elle se poursuit sur d'autres plans. Quand le corps est froid et que les yeux sont clos, toutes les forces du corps et du mental se précipitent à travers le cerveau, et la vie entière qui vient de se terminer s'imprime, par une série de tableaux, d'une manière indélébile dans l'homme intérieur, non seulement dans ses grandes lignes, mais jusqu'en ses moindres détails, jusqu'aux impressions les plus légères et les plus fugitives. À ce moment, bien que tous les symptômes fassent décréter la mort par le médecin, et bien qu'à tous points de vue la personne soit morte à cette vie, l'homme réel est à l'œuvre dans le cerveau et, tant que sa tâche n'y est pas terminée, la personne n'a pas quitté ce monde. Cette œuvre solennelle achevée, le corps astral se détache du corps physique, et l'énergie vitale s'étant retirée, les cinq principes restants se trouvent sur le plan de kâma loka [le plan astral du désir]. (Océan de Théosophie – W.Q. Judge – pp 104-5)

Le passage par le kâma loka et la seconde mort
Une fois la mort prononcée l'être perd tout souvenir. Il est mentalement, annihilé, et dort d'un sommeil spirituel pendant tout le temps de séjour en kâma loka. Le temps de séjour dans le cas d'une mort naturelle, pourra durer, est-il dit, quelques heures, jours ou mois, et parfois quelques années.
Qu'est-ce que le kâma loka et la seconde mort ? « Quand l'homme meurt, ses trois principes inférieurs se séparent de lui pour toujours ; il s'agit du corps, de la vie, et du véhicule de cette dernière (c'est-à-dire le corps astral, ou le double de l'homme vivant). Alors, ses quatre principes — le principe central ou intermédiaire (l'âme animale, ou kâmarûpa) avec ce qu'il a assimilé du Manas [mental] inférieur, et la triade supérieure se trouvent en kâma loka. Le kâma loka est une localité astrale, les limbes de la théologie scolastique, l'Hadès des anciens ; strictement parlant, ce n'est une localité que dans un sens relatif. Il n'a ni étendue ni frontières définies, mais il existe dans les limites de l'espace subjectif, c'est-à-dire, au-delà des perceptions de nos sens. Il existe néanmoins, et c'est là que les eidôla astraux [restes, ou fantômes psychiques] de tous les êtres qui ont vécu, attendent leur seconde mort. Pour l'eidôlon humain, elle commence quand la triade [supérieure, Âtma-Buddhi-Manas, ou l'Esprit, l'Âme spirituelle et le Mental] « se sépare », comme il est dit, de ses principes inférieurs, ou du reflet de l'ancienne personnalité, pour se plonger dans l'état dévachanique. » (La Clef de la Théosophie – H.P. Blavatsky – p. 159)

Le devachan – L'état de grande béatitude posthume
Qu'est-ce que le devachan ? « Appelez-le le « paradis », si ça vous plaît, ou pour le moins un « lieu de béatitude et de félicité suprême » ; dans un tel lieu (disons plutôt un tel état), la logique nous montre que l'on ne saurait y éprouver le moindre chagrin, ni même l'ombre d'une douleur ». (La Clef de la Théosophie – H.P. Blavatsky – p. 161)
« Pendant chaque période dévachanique, l'Ego, omniscient comme il l'est per se, se revêt, pour ainsi dire, du reflet de la « personnalité » qui fut. Je viens de vous dire que l'efflorescence idéale de toutes les qualités, ou attributs, de caractère abstrait, donc de nature impérissable et éternelle, s'attachait à l'Ego après la mort et le suivait ainsi en devachan. Il s'agit de qualités telles que l'amour, la miséricorde, l'amour du bien, du vrai et du beau, qui se sont toujours manifestées dans le cœur de la « personnalité » de son vivant. Alors, pour la durée de cette période, l'Ego devient la réflexion idéale de l'être humain qu'il fut la dernière fois sur terre, mais cette réflexion-là n'est pas omnisciente. Si elle l'était, il ne serait jamais dans l'état que nous appelons devachan. [...] La béatitude en devachan est totale. C'est l'oubli absolu de tout ce qui lui a causé de la souffrance ou du chagrin dans l'incarnation passée. [...] L'être vit entouré de tout ce à quoi il a vainement aspiré et en compagnie de tous ceux qu'il a aimés sur terre. Les plus ardents désirs de son âme se trouvent comblés. Et ainsi, il vit pendant de longs siècles une existence de béatitude sans mélange, qui est la récompense des douleurs qu'il a endurées pendant la vie terrestre. » (La Clef de la Théosophie – HP Blavatsky – pp. 163-4)
« Ayant lutté pour se dégager du corps, l'homme entier entre en kâma loka, au purgatoire ; là, luttant à nouveau, il se dégage des skandha [attributs de la personnalité] inférieurs. Cette période de naissance ayant pris fin, les principes supérieurs, [de l'Être : Âtma-Buddhi-Manas] commencent à penser d'une manière différente de celle que le corps et le cerveau leur permettaient durant la vie. C'est là l'état de devachan, [mot tibétain signifiant « béatifique »], où l'âme éprouve la félicité ; mais, les dieux n'ayant pas de corps semblables aux nôtres, le Soi en devachan est dépourvu de corps mortel. Il est dit dans les livres anciens que cet état dure « un nombre infini d'années », ou « pendant une période proportionnée aux mérites de l'être » et, quand les forces mentales particulières à cet état sont épuisées, « l'être est attiré de nouveau vers la terre pour renaître dans le monde des mortels ». Devachan est donc un intermède entre les naissances sur terre. La loi de karma, qui nous oblige à naître ici-bas, opérant continuellement dans un champ d'action universel, agit aussi sur l'être en devachan car c'est uniquement la force ou l'action de karma qui nous fait sortir du devachan.
« Cet état post mortem est l'une des nécessités de l'évolution résultant de la nature du mental et de l'âme. La nature même de Manas [le mental] exige un état dévachanique, dès que le corps est abandonné à cause de l'effet du relâchement des liens placés sur le mental par ses enveloppes physiques et astrales. Pendant la vie, nous ne pouvons mettre à exécution que partiellement nos pensées de chaque instant ; quant à épuiser les énergies psychiques produites par les aspirations et les rêves de chaque jour, nous le pouvons encore moins. L'énergie ainsi produite n'est cependant pas perdue ou annihilée mais est conservée dans Manas, alors que le corps, le cerveau et le corps astral ne permettent pas son plein épanouissement. Gardée ainsi en réserve dans un état latent jusqu'à la mort, cette énergie s'affranchit alors des liens affaiblis qui la retenaient, et plonge Manas, le penseur, dans l'épanouissement, l'utilisation et le développement de la force-pensée engendrée pendant la vie. L'impossibilité d'échapper à cet état nécessaire est due à l'ignorance de l'homme au sujet de ses propres pouvoirs et facultés. De cette ignorance surgit l'illusion, et Manas, n'étant pas complètement libéré, est entraîné par sa propre force dans le mode de penser dévachanique. Mais, bien que l'ignorance soit la cause qui nous plonge dans cet état, le processus, dans son ensemble, est réparateur, reposant, bienfaisant ; car, si l'homme ordinaire reprenait immédiatement un nouveau corps dans la civilisation qu'il vient de quitter, son âme serait complètement épuisée et privée de l'opportunité nécessaire au développement de la partie supérieure de sa nature. » (L'Océan de Théosophie – pp. 115-7)

Le retour à l'incarnation (la vision prospective de la nouvelle vie)
« De même qu'au moment de la mort l'homme passe en revue rétrospectivement la vie qu'il a menée, de même, au moment où il renaît sur terre, l'Ego qui se réveille de l'état du devachan a une vision prospective de la vie qui l'attend et se rend compte de toutes les causes qui l'y ont conduit. Il en prend conscience et voit le futur, parce que c'est entre le devachan et la re-naissance que l'Ego regagne sa pleine conscience manasique, et redevient, pendant un court espace de temps, le dieu qu'il était avant de descendre pour la première fois dans la matière, conformément à la loi karmique, et s'incarner dans le premier homme de chair. Le « fil d'or » voit toutes ses « perles » et il n'en manque pas une. » (La Clef de la Théosophie – HP Blavatsky – pp. 177-8)

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