Jeudi 27 Juillet 2017

Mis à jour le Jeu. 27 Juil. 2017 à 16:25

L'attention

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Dans les Aphorismes du Yoga de Patanjali, le mental apparaît comme le facteur important dans la conduite de la vie. Les organes intérieurs du cœur (pour les désirs) et du mental sont maîtrisés par l'attention. Patanjali montre « que le mental est, modifié par tous les objets ou sujets qui lui sont présentés ou vers lesquels il est dirigé. » Dans le Vedanta Paribhasha, le mental est « comparé à l'eau, en raison de son aptitude à s'adapter à la forme de n'importe quel moule » et prendre ainsi la forme de n'importe quel objet ou sujet. « Tandis que l'organe interne se moule ainsi sur l'objet, il reflète en même temps cet objet avec ses propriétés sur l'âme. Les canaux par lesquels le mental est tenu de passer pour aller à un objet ou sujet sont les organes de la vue, du toucher, du goût, de l'ouïe, etc. Ainsi donc, par le moyen de l'ouïe, il épouse la forme de l'idée qui peut être donnée par le langage ; ou, par le moyen des yeux, dans la lecture, il prend la forme de ce qui est lu ; et encore, les sensations telles que la chaleur et le froid le modifient directement et indirectement, par association et souvenir ; et il en va de même dans le cas de tous les sens et de toutes les sensations. »

La perception et la connaissance exactes ne sont donc possible qu'après avoir maîtrisé les organes des sens, les désirs et le mental. La volonté doit intervenir, ce qui implique d'avoir une compréhension correcte de la nature de l'Ego spirituel (l'âme spirituelle), notre foyer intérieur d'intuition, de créativité, de connaissance, d'amour, de paix et de pouvoirs.

Dans les Aphorismes du Yoga de Patanjali, l'attention est définie comme la capacité de fixer le mental de manière soutenue sur un seul point. Ceci implique de se libérer de l'influence des sens physiques et astraux, et des désirs de l'âme personnelle. Les causes de perturbations sont multiples : l'ignorance, l'égoïsme, l'attraction au monde extérieur, l'absence de vrais principes universels et l'absence d'une véritable métaphysique et compréhension de la nature intérieure spirituelle de l'homme.

Il y a une progression dans la maîtrise de notre vie intérieure et dans l'union avec l'âme spirituelle. Les étapes sont ainsi définies par Patanjali : « Les pratiques conduisant à la concentration sont au nombre de huit : Abstinence, Observances Religieuses, Postures, Régulation de la respiration, Contrôle des sens, Attention, Contemplation et Méditation » (Livre II, verset 29).

On remarque que l'attention implique la maîtrise de toute la nature inférieure de l'homme, c'est-à-dire : le corps et le psychique, ou plus précisément les quatre principes de la nature inférieure : corps physique, principe de vie (prana), corps astral, et principe des désirs et des passions (le kama). Et quand un étudiant tourne son attention « vers la vie supérieure et désire intensément trouver la voie, son âme commence à s'éveiller et à parler. Elle a entendu la voix de l'esprit. Alors, les sens internes commencent à s'épanouir, d'abord si faiblement et si délicatement, que l'on entend à peine leur message. » (citation des Lettres qui m'ont aidé, page 17).

Les quatre premiers versets du Livre III des Aphorismes, définissent les étapes à passer pour atteindre la véritable méditation, qui est l'union avec l'Esprit Suprême (le SOI) :

1. La fixation du mental sur un point, objet ou sujet, est l'Attention (en sanskrit Dharana).
2. La continuation de cette attention est la Contemplation (en sanskrit Dhyana).
3. Cette contemplation, quand elle est pratiquée seulement sur un sujet ou un objet des sens de nature matérielle, est la Méditation (en sanskrit Samadhi).
4. Quand cette fixité de l'attention, de la contemplation et de la méditation est réalisée en rapport avec un seul objet, cette pratique, dans son ensemble, est appelée Sanyama.
Nous n'avons, pas de mot en Occident correspondant à Sanyama. Les traducteurs ont employé le mot « restriction », mais il est inadéquat et trompeur, bien que la traduction soit correcte. Quand un hindou dit qu'un ascète pratique la « restriction » sur un objet selon ce système, il entend qu'il s'agit de Sanyama. Tandis qu'en anglais il peut signifier qu'il se prive lui-même de quelque chose ou d'un acte particulier, et ceci n'est pas le sens de Sanyama. Nous avons employé le terme du texte, mais l'idée est peut-être mieux rendue par « concentration parfaite ».
5. Quand la pratique de Sanyama — ou la fixation de l'attention, de la contemplation et de la méditation — devient naturelle et facile, un pouvoir de discernement exact se développe en conséquence.
Ce « pouvoir de discernement » est une faculté distincte que seule cette pratique développe, et que ne possèdent pas les personnes ordinaires qui n'ont pas cultivé la concentration.

Quelques liens utiles pour une meilleure compréhension du sujet de l'Attention :

Les sept principes dans l'homme : La Clef de la Théosophie, page 107-8.

Article de W.Q. Judge, « La culture de la concentration ».

Article de W.Q. Judge, « Méditation, concentration, volonté ».

Article de R. Crosbie, « La culture de la concentration ».

• Articles publiés par H.P. Blavatsky, « La purification du désir » et « La volonté et le désir ».