Lundi 24 Juillet 2017

Mis à jour le Lun. 24 Juil. 2017 à 16:25

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Qu'est-ce que la Théosophie ?

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Qu'est-ce que la Théosophie ?
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En quoi consiste la Théosophie ? La question se pose au tout début de l'étude de La Doctrine Secrète. Et l'étudiant apprend, ou est amené à voir, qu'il existe deux notions importantes à garder constamment présentes à l'esprit. 1° La Théosophie en soi est la Sagesse Divine, la Vérité Éternelle, et ses doctrines constituent un système complet de pensée, dont toutes les branches sont cohérentes et forment un tout parfait. Ce système est désigné sous diverses appellations par H.P.Blavatsky [H.P.B.]. qui utilise très souvent les deux termes : Religion-Sagesse et Philosophie Ésotérique. 2° Dans chaque civilisation et à toute époque, des parties ou des aspects de cette Religion-Sagesse ou Philosophie Ésotérique ont été enseignés. Mais, à aucune époque et dans aucun pays, le système n'a jamais été révélé, pleinement et complètement, dans son entier. Cependant, des individus par leurs efforts et leurs entraînements se sont rendus à même de le maitriser. Ces quelques élus ont incarné la Théosophie et l'ont enseignée à d'autres, permettant ainsi à cette grande lumière d'être toujours resplendissante.

En tant que système de pensée, la Théosophie est aussi ancienne que l'homme pensant (comme le dit H.P.B. dans le Theosophical Glossary, en définissant le mot Theosophia, p.328). Qui composa ce système ? Personne, car il n'est ni l'invention d'une puissante intelligence quelconque, ni le résultat des spéculations d'une grande école de penseurs. C'est la connaissance des Lois de la Nature dont les opérations ont été observées dans tous les départements et domaines de la Nature – matériels et spirituels, psychiques et noétiques. Par qui ces observations ont-elles été faites ? Par des Intelligences au mental pur, dont les observations et les découvertes étaient (et sont encore de nos jours) sans erreur, à cause de la nature pure et vierge de leur mental. Ces Intelligences au mental pur sont connues dans la sagesse hindoue sous le nom de Kumâras et elles s'incarnèrent dans les races humaines sans mental, afin d'aider ces races dans leur évolution. Parmi les nombreux actes de sacrifices qu'elles accomplirent est l'institution de la méthode par laquelle leur connaissance devait être transmise de génération en génération.

C'est ainsi que la Théosophie – la Religion-Sagesse et la Philosophie Ésotérique avec ses enseignements définis et ses doctrines – en tant que système de pensée devint une tradition orale dont des parties furent transmise oralement d'une race à l'autre. Pendant ce temps les quelques élus mentionnés plus haut l'ont conservée intacte et complète et l'ont transmise à leurs pairs, qui tous appartiennent à la « Race que ne meurt jamais ». Cette tradition orale fut consignée par écrit dans des annales au cours de la Quatrième Race, la Race des Atlantes (The Secret Doctrine [S.D.], I, p. 646).

Quelle était la nature de ces Annales ? Elles étaient composées de signes [géométriques] et de glyphes, de symboles et d'emblèmes. Elles furent l'objet d'une étude prolongée de la part de ceux qui furent sauvés et qui échappèrent au cataclysme qui détruisit les communautés atlantes hautement civilisées (S.D., I, p. 273). Ce sont ces Annales Originales de Théosophie qui sont la source mère et la fontaine originelle des philosophies religieuses des temps préhistoriques et historiques. H.P.B. donne la réponse suivante à la question capitale (et si importante que nous l'imprimons dans sa totalité) de : Qu'est-ce que la Théosophie ?  top-iconRetour en Hauttop-icon


« La Doctrine Secrète est la Sagesse accumulée des Âges et sa cosmogonie est, à elle seule, le système le plus prodigieux et le plus élaboré qui soit, même tel qu'il apparaît, par exemple, dans la forme exotérique des Purânas. Mais tel est le pouvoir mystérieux du symbolisme occulte que quelques pages de glyphes et de signes géométriques suffisent à consigner tous les faits qui ont réellement tenu d'innombrables générations de voyants initiés et de prophètes occupés à les coordonner, les enregistrer et les expliquer durant la suite vertigineuse du progrès de l'évolution. Le regard rayonnant de lumière de ces voyants a pénétré au cœur même de la matière et observé l'âme des choses, là où un simple profane, aussi érudit fût-il, n'aurait perçu que le jeu extérieur de la forme. Mais la science moderne ne croit pas à « l'âme des choses » et, de ce fait, rejettera le système entier de la cosmogonie antique. Inutile de dire que le système en question n'est pas dû à l'imagination d'un ou de plusieurs individus isolés ; qu'il constitue les annales ininterrompues de milliers de générations de Voyants dont les expériences respectives ont été faites pour éprouver et vérifier les traditions transmises oralement d'une race ancienne à une autre, et porteuses des enseignements d'êtres supérieurs d'un rang très élevé ayant veillé sur l'enfance de l'Humanité ; que pendant de longs âges les « Sages » de la Cinquième Race, provenant de la souche sauvée et rescapée du dernier cataclysme et bouleversement de continents, ont passé leurs vies à apprendre et non à enseigner. À la question : comment s'y sont-ils pris ? Il est répondu : en contrôlant, en éprouvant et vérifiant dans chaque département de la nature les traditions anciennes grâce aux visions indépendantes de grands adeptes ; c'est-à-dire d'hommes ayant développé et perfectionné leurs organismes physique, mental, psychique et spirituel au plus haut degré possible. Aucune vision d'un adepte n'était acceptée avant d'être vérifiée et confirmée par les visions d'autres adeptes — obtenues dans des conditions assurant un témoignage indépendant — et par des siècles d'expériences. » (S.D., I, p. 272-3, point (1) – Traduite dans les Textes Fondamentaux, éd. Textes Théosophiques, Paris).

En commentaire à cette déclaration hautement significative et très importante, nous pouvons citer le passage suivant, qui concerne l'origine de ces Annales :
« La Science Occulte a ses traditions immuables depuis les temps préhistoriques. Elle peut se tromper sur des détails ; mais elle est incapable de commettre une erreur au sujet des lois Universelles, pour la bonne raison que cette Science, qualifiée justement de « divine » par la philosophie, est née sur les plans [spirituels] les plus élevés, et fut apportée sur Terre par des êtres qui étaient plus Sages que ne le sera l'homme, dans la Septième Race de la Septième Ronde » (S.D., I, p. 516).

On nous dit ensuite comment ces Annales virent le jour. Dans ses deux livres, Isis Dévoilé et La Doctrine Secrète, H.P.B. parle « d'un vieux Livre – si ancien que nos archéologues modernes pourraient pâlir sur ses pages pendant un temps indéfini sans pourtant pouvoir être tout à fait d'accord quant à la nature du parchemin sur lequel il est écrit. C'est la seule copie originale qui existe de nos jours » (Isis Unveiled, I, 1). H.P.B. en parle également dans La Doctrine Secrète :
« La tradition rapporte qu'il fut écrit en Senzar, la langue sacerdotale secrète, d'après les paroles que des Êtres Divins dictèrent aux fils de la Lumière, en Asie Centrale, au tout début de la 5e race [notre humanité actuelle]. Car il fut un temps où cette langue (le Senzar) était connue des Initiés de chaque nation, quand les ancêtres des Toltèques la comprenaient aussi aisément que les habitants de l'Atlantide perdue. Ces Initiés l'avaient hérité des Sages de la 3e Race, les Manushis qui l'avaient eux-mêmes apprise directement des Dévas des 2e et 1ère Races » (S.D., I, XLIII).

Il est impossible de relater la fascinante histoire de l'influence de ces Annales sur les diverses civilisations. On ne saura jamais complètement quel est le rôle joué durant des millénaires par ses Gardiens pour éduquer le mental de la race. Ces Annales ont été révélées partiellement au cours des âges, modelant les cultures des diverses époques, et, encore aujourd'hui, nous pouvons en trouver la trace dans les restes des civilisations éteintes ou en déclin. Ces traces sont nombreuses et se ramifient dans des directions sans fins. Mais, nous pouvons en suivre l'influence principalement dans les religions et les philosophies du monde entier et dans les éthiques pures et divines.

Mais toutes les évidences [de l'influence de ces Annales] que nous pouvons trouver appartiennent à notre Cinquième Race Aryenne, car, ainsi que le dit H.P.B. (S.D., II, p. 351) : « L'Histoire ne commence pas avec elle [la Cinquième Race], mais la tradition vivante et toujours récurrente le fait. »

Les Adeptes de la Cinquième Race étudièrent ces Annales, les résumèrent par écrit et, ensuite écrivirent des commentaires à leur sujet. A ce propos, nous pouvons citer ce que dit H.P.B. sur ce qui peut être considéré comme la version hindoue de la Tradition Orale condensée de ces Annales :
« Avant d'être transcrits par écrit le Véda des premiers Aryens influença chaque nation Atlanto-Lémurienne, et c'est ainsi que fût semé les premières graines de toutes les vieilles religions qui existent et se meurent aujourd'hui. Les rejetons de l'arbre immortel de Sagesse ont éparpillé leurs feuilles desséchées y compris sur la chrétienté judaïque » (S.D., II, p. 483)

Nous trouvons également une allusion dans La Doctrine Secrète (S.D., I, p. 612) de l'influence des Annales Orientales sur l'Occident :
« Les Mystères de la Nature... furent consignés par les élèves de ces "hommes célestes", invisibles de nos jours, en figures géométriques et en symboles. Les clefs pour les déchiffrer passèrent d'une génération "d'hommes sages" à l'autre. Quelques uns de ses symboles passèrent d'Orient à l'Occident, rapportés par Pythagore, qui ne fut pas l'inventeur de son fameux "Triangle" ».

Et ceci nous amène à un point très important. La diffusion des instructions contenues dans ces Annales s'est faite de deux manières : parfois par une traduction directe de quelques parties ou aspects de ces Annales, comme ce fût le cas avec Pythagore, dont on vient de parler ci-dessus ; d'autres fois, par des traductions successives, et des interprétations d'interprétations. La première méthode est relativement rare, la seconde est tout à fait commune. top-iconRetour en Hauttop-icon


H.P.B. a utilisé la première méthode, la méthode directe, mais tout en présentant les instructions originales, elle s'est également servie des nombreuses traductions et interprétations disponibles dans beaucoup de pays et dans maints domaines. Le lecteur doit se le rappeler quand il lit le passage suivant (S.D., I, p. XX) :
« Les annales que nous voulons présenter au lecteur englobent les principes ésotériques du monde entier depuis le début de notre humanité. »

Le passage suivant peut être considéré comme une description exacte des efforts d'H.P.B. Il est extrait de La Doctrine Secrète (S.D., II, p. 67) :
« Devant l'œil spirituel pénétrant de l'Adepte et du prophète de toute race, le fil d'Ariane sans discontinuité ou défaut, sûrement et fermement, remonte dans la nuit des temps bien au-delà de la "période historique" ; et la main qui le tient est trop puissante pour le laisser s'échapper, ou même se briser. Ces Annales existent, bien qu'elles puissent être rejetées comme fantaisistes par le profane ; et malgré que beaucoup d'entre elles aient été tacitement reconnues par des philosophes et des hommes de grand savoir, elles rencontrent l'invariable déni de l'ensemble du corps scientifique orthodoxe officiel. Et comme ce dernier refuse de nous donner ne serait-ce qu'une idée approximative de la durée des âges géologiques – hormis quelques hypothèses qui s'opposent et se contredisent – voyons ce que la philosophie aryenne peut nous enseigner. »

L'étudiant doit prendre en compte toutes ces citations de La Doctrine Secrète quand il apporte sa propre réponse à la question : « Qu'est-ce que la Théosophie ? » Beaucoup de confusions seraient évitées aujourd'hui si on étudiait l'histoire du Mouvement Théosophique en tenant compte du point de vue particulier [de ces citations]. On pourra trouver la cause des dissensions, séparations et échecs dans le Mouvement dans cet enseignement important sur ce qu'est la Théosophie. Dans son Glossaire, quand elle définit ce qu'est la Religion-Sagesse, H.P.B. termine en disant que : « c'est cette Religion-Sagesse qui est la base même de la Théosophie. » Notez les italiques.

Il existe une tendance, parmi beaucoup de ceux qui bien que sincèrement attachés à la Cause de la Théosophie, négligent les implications d'une compréhension juste de la Théosophie, à savoir qu'elle est un système précis de pensé, une philosophie aux principes clairement définis et une science aux découvertes exactes. Leur désir de montrer largeur de vue et tolérance les conduit à décrire la Théosophie comme un système qui inclut tout jusqu'à devenir obscur, et si général qu'il devient vague. Voici un exemple, avec le canadien A.E.S. Smythe, que tous devons respecter pour être un champion persévérant de la pure Théosophie, quand il dit :
« La Théosophie n'est pas un credo, c'est la grâce de Dieu dans notre vie ; le pouvoir de Dieu dans notre travail ; la paix de Dieu dans notre repos ; la Sagesse de Dieu dans notre cœur ; et la beauté de Dieu dans nos relations avec autrui. »

Même en comprenant, comme Smythe le faisait, que le nom de « Dieu » signifie le Soi Supérieur dans chaque homme, il y a néanmoins le danger que le chercheur et l'étudiant soient amenés à considérer la Théosophie comme étant tout sauf une connaissance précise. Nous ne trouvons aucun mal à une telle définition, car elle est belle et elle a son attrait ; mais un danger s'y cache. Que dirions-nous d'un homme qui, ignorant tout de la navigation, lancerait son bateau sur l'océan attiré par ses eaux bleues qui scintillent au soleil et jouent de la musique sur le rivage ? En peu de temps il fera naufrage. Tenter d'éviter le piège d'un dogmatisme étroit pour tomber dans le vaste abîme de vagues généralités est, pour le moins, ni sage et ni profitable.

En son temps H.P.B. disait dans l'article « La Pseudo-Théosophie » (traduit dans la revue Théosophie, vol. II, janvier 1927, p. 85) :
« Si les "faux prophètes de la Théosophie" sont laissés en paix, les vrais prophètes seront bientôt confondus avec les faux, comme ceci s'est déjà passé... Nous croyons qu'il ne faut pas tolérer l'incorporation d'éléments d'opprobre dans la Théosophie, par crainte "qu'un seul élément faux dans la doctrine", ne "vienne ébranler la confiance" dans le tout. »

Que l'étudiant de la génération actuelle ne perde pas de vue toute la signification de cette remarque d'H.P.B. dans La Clef de la Théosophie (p. 103, éditions Textes Théosophiques, Paris) : « Nous n'avons pas deux croyances ou deux hypothèses sur le même sujet ».

« La RELIGION-SAGESSE a toujours été une et, comme elle est le dernier mot de toute connaissance humaine possible, elle a été soigneusement préservée. Elle existait depuis de longs âges avant les théosophes alexandrins, elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours et elle survivra à toute autre religion et philosophie. » La Clef de la Théosophie. p. 21.
« Mais voici en fait ce que je crois : 1) un enseignement oral ininterrompu a été révélé aux élus de la race par des hommes divins vivants, pendant l'enfance de l'humanité ; 2) cet enseignement nous est parvenu sans altération, et 3) les MAÎTRES sont entièrement versés dans la science fondée sur cet enseignement ininterrompu. » – H.P.B., dans Lucifer, V, p. 157 – Article « Que ferons-nous pour nos semblables » – Cahiers Théosophiques n°147).

N.d.t. : Les citations, traduites ici en français, des ouvrages Thosophical Glosary, The Secret Doctrine et Isis Unveiled, sont extraites des éditions en anglais publiées par Theosophy Company, LA, USA.


[Article de la série Studies in the Secret Doctrine de B.P. Wadia édité par Théosophy Company (India). L'article a été publié pour la première fois en français dans la revue Théosophie, Paris]  top-iconRetour en Hauttop-icon